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LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE DÉCEMBRE 2021

Feu d’artifice final pour une année résolument compliquée. Alignés comme une configuration astrale prometteuse, nos hérauts (Spiritualized, Dean Wareham, Jarvis), ceux en passe de le devenir (Cate Le Bon, Exek) et ceux qui les côtoient avec grandeur et style dans cette fournée hivernale à écouter au chaud, le temps que tout cela passe.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer ou Spotify et en version mixée sur Mixcloud. Et aussi, sur agnès b. radio.

NDLR : Les playlists Deezer et Spotify ne comportent pas l’intégralité des titres de cette sélection.

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Borne d’écoute : Le Chemin de la Honte

Lors d’un rude hiver Drômois, Le Chemin de la Honte, formation au son froid et caverneux, voit le jour lors de répétitions communes hebdomadaires entre Seb Normal, Liliane Chansard, Olivier Lanthlem et Stéphane Calin entrecoupées de discussions, de clopes fumées et de canettes vidées. Des chansons s’esquissent : “Les morceaux parlaient alors d’amour (amical et familial), d’addiction, de non-travail, du temps qui passe“. Au départ de Stéphane, Danièle Venoux rejoint l’aventure, happé par le son si singulier du groupe qu’il voit à leur premier concert. Le premier album éponyme sort en 2015 chez Danger et c’est un succès, un son rond mais rugueux.

Chacun s’affairant à d’autres activités, Le Chemin de La Honte est un point de rencontre de plusieurs personnes qui ont besoin de se retrouver après des temps d’absences plus ou moins longs pour être et composer ensemble.

Leur deuxième album Un Château Perpétuel est prêt dès 2019, mais reste dans le flou du temps qui s’arrête pour les raisons que l’on connaît. Sa sortie est donc retardée mais il n’en demeure pas moins très actuel, au vu des sujets abordés dans les textes de Liliane : “Les thèmes sont d’actualité, des thématiques individuelles qui sont des reflets plus généraux de l’état du monde et des êtres humains.“.  Leurs compositions sont glaçantes, tendues et anguleuses avec néanmoins un côté plus expérimental comme sur Toute Distance et ses douze minutes façon autoroute qui clôturent l’album.


Un Château Perpetuel est disponible dès aujourd’hui en digital sur 24H/Jamais.

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Selectorama : Nick Drunken Broken Arms & His False Dylan Cobb

Photo : Mono Sterio

Originaire de Sheffield où il jouait au sein de son premier groupe garage-psych-country-soul The Jesus Loves Heroin Band, Nick Wheeldon débarque à Paris en 2012, et à depuis su montrer son talent et son hyperactivité auprès de Os Noctàmbulos, Sex Sux, Necessary Separation et autres 39th and the Nortons. Il compose également en solo de magnifiques balades pop qu’il a sorti récemment sur l’album Communication Problems (Mauvaise Foi / Le Pop Club Records). Parallèlement, Nick organise également des concerts sous le nom de Silence Kills à la Pointe Lafayette à Paris ou tout un essaim de groupes ont pu jouer dans cette cave microscopique où les murs suintent déjà de souvenirs mémorables. Durant le premier confinement, Nick à composé seul une série d’albums dont Everybody’s Trying To Fuck, I Just Want To Make Love est le premier à voir le jour. Il s’entoure de quatre compères Bordelais : Stéphane Gillet (Bootchy Temple), Chop (Prêcheur Loup) et Jules (Cockpit) pour l’enregistrement, et décident collectivement du grain à donner à l’ensemble. Ils forment dans la foulée Nick Drunken Broken Arms And His False Dylan Cobb et accouchent de ce brûlot urgent et incandescent qui sent bon l’Angleterre de Billy Childish comme sur Do You, mais aussi la ballade mélodique (Window Shopping) dont lui seul à le secret de composition. Le groupe prévoit de jouer live début 2022, et ne s’interdit pas de composer ensemble.. encore un nouvel album. Pour ce Selectorama , Nick et Stéphane nous livrent leurs influences sur dix titres qu’ils ont choisi ensemble. Continuer la lecture de « Selectorama : Nick Drunken Broken Arms & His False Dylan Cobb »

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Andrew Taylor And The Harmonizers, Andrew Taylor And The Harmonizers (Rock Indiana)

Écouter les mêmes notes ; ressasser les mêmes mots : depuis vingt ans, Andrew Taylor compose des chansons magnifiques et trop peu de gens s’en soucient. Le résumé des épisodes précédents tient donc en une seule sentence lapidaire et ce n’est sans doute la publication de ce nouvel album, vendredi prochain, qui infléchira radicalement la suite du récit. Rien ici n’est fait pour déjouer l’implacable réalisme des prévisions ni même les attentes des rares impatients, déjà séduits par l’œuvre considérable du petit maître écossais et de tous ses alias – Dropkick, The Boy With The Perpetual Nervousness. Continuer la lecture de « Andrew Taylor And The Harmonizers, Andrew Taylor And The Harmonizers (Rock Indiana) »

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L’agenda des concerts de décembre

Avis à la POP.ulation de la région Parisienne ! Comme tous les mois, on vous propose une sélection de concerts proposée par François Salvador et la rédaction de Section26. Imprimez-le, gardez-le en poche, et allez découvrir des groupes tant qu’on vous le permet encore.

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Fleetwood Mac, Rumours (1977, Warner)

Fleetwood Mac Rumours1977, la révolution punk gronde, pourtant le soft rock se porte merveilleusement bien et continue de se vendre par palette entière. Si les Ramones ou Talking Heads font vibrer les petits cœurs fragiles de critiques extatiques, le grand public américain se précipitent sur les disques de Steely Dan ou des Doobie Brothers. En France, le rock d’avant le punk se porte aussi très bien. De Dire Straits en passant par Supertramp ou Alan Parsons Project, les Français ne sont pas franchement convertis aux épingles à nourrice. Longtemps considérés avec une certaine défiance, les gros vendeurs des seventies ont, ces dernières années, été largement réhabilités. Cité par de nombreux artistes (Best Coast, Haim etc.) comme une référence, Fleetwood Mac est incontestablement une des têtes d’affiche de la décennie. Continuer la lecture de « Fleetwood Mac, Rumours (1977, Warner) »

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Jerusalem In My Heart, Qalaq (Constellation)

Qalaq Jerusalem In My HeartA Granular Buzuk, un titre du deuxième LP de Jerusalem In My Heart (If He Dies, If If If If If If, 2015) qui exprime en une image frappante la singularité du projet multimédia du producteur libano-canadien Radwan Ghazi Moumneh. D’un côté le Bouzouki (“Buzuk”), un instrument à corde traditionnel du répertoire de la Méditerranée orientale. D’un autre l’adjectif “granulaire”, qui renvoie à une technique de synthèse sonore bien connue des praticiens du sound-design aventureux. Une formule qui évoque un syncrétisme ethno-futuriste qui serait évidemment tout sauf arbitraire : on pense à Jon Hassel et son concept de “quatrième monde”, comme esthétique de l’hybridation du modernisme avant-gardiste et des musiques dites “traditionnelles” – “Un son futuriste combinant les caractéristiques des différentes musiques ethniques et traditionnelles avec des techniques électroniques avancées”. Car les disques de Jerusalmen In My Heart explorent ces territoires aux frontières par définition indéterminées que constituent la rencontre des chants mélismatiques arabes et de l’expérimentation électro-acoustique. Continuer la lecture de « Jerusalem In My Heart, Qalaq (Constellation) »

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Desolation Center de Stuart Swezey (2018)

Mojave Auszug, 1984 / Photo : Fredrik Nilsen Hacke

Pour leur première sortie en DVD le 4 décembre prochain, le festival bordelais de documentaires musicaux Musical Ecran propose un film réalisé par l’américain Stuart Swezey, dont nous vous avions parlé il y a deux ans.

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Le début des années 1980. Los Angeles. Une scène locale punk (Black Flag, le groupe d’Henry Rollins, The Screamers, avec son chanteur sosie de Jim Carrey, Germs…), filmée par Penelope SpheerisWaynes’s World en 1992, c’est elle – dans le premier volet de sa trilogie The Decline of Western Civilzation (1981) n’a rien à envier à celle de New York et Londres une décennie plus tôt, avec pour correspondance européenne paradoxale, Berlin. Indésirables en ville, quelques activistes fans de musique extrême vont trouver refuge dans le désert de Mojave, celui de Zabriskie Point (1970) de Michelangelo Antonioni puis de la mort de Gram Parsons en 1973, quelques années avant de servir de décor à la pochette du The Joshua Tree (1987) de U2 photographiée par Anton Corbijn. Le réalisateur Stuart Swezey, l’un de ces amateurs paradoxaux de Throbbing Gristle et autres joyeusetés antinomiques du style de vie californien, a proposé de 1983 à 1985 une poignée de concerts, matière de son documentaire Desolation Center, récit d’une jeunesse ô combien sonique. Continuer la lecture de « Desolation Center de Stuart Swezey (2018) »

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Peter Holsapple (The dB’s) : “Je crois que quand R.E.M. a triomphé, nous avons tous triomphé.”

Peter Holsapple / The dB's
Peter Holsapple / The dB’s

The dB’s est toujours apparu comme un groupe interstitiel, de ceux dont l’œuvre, considérablement sous-estimée pendant bien des décennies, se niche dans ces anfractuosités confidentielles qui échappent à bien des classifications réductrices : entre les genres – ni totalement punk ou new-wave, ni vraiment power-pop ; entre les époques ou les scènes. C’est sans doute ce qui a conféré au quartette fondé à New-York en 1978 par Chris Stamey et Peter Holsapple ce statut un peu particulier. Un groupe culte, sans doute. Mais surtout, un maillon essentiel dans la succession des générations qui structure l’histoire de la musique américaine. C’est en effet dans les premiers albums des dB’s – et particulièrement dans les premières démos du groupe, saisissantes de vitalité, rééditées cet automne sur I Thought You Wanted To Know 1978-1981 – que se trouvent à la fois les prolongements du garage-rock des années 1960 et de ces mélodies qui ont surgi sous les doigts d’adolescents encore sous le choc de la British Invasion et les prémisses de l’indie-rock des années 1980. Après avoir contribué à briser quelques barrières, Holsapple et ses camarades se sont fait déborder ensuite – avec une complaisance confraternelle souvent appréciable – par les jeunots qui se bousculaient sur leurs traces de R.E.M. à Yo La Tengo. Il ne leur en tient aucun grief, bien au contraire. Et c’est avec une bonhomie enjouée qu’il accepte de revenir sur un engagement musical qui s’étale désormais sur six décennies. Continuer la lecture de « Peter Holsapple (The dB’s) : “Je crois que quand R.E.M. a triomphé, nous avons tous triomphé.” »

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Cour de récré, s/t (Elefant)

“A chacun sa nouvelle vague,
mais la mienne est d’Hokusai”

C’est clair, fallait pas nous inviter : date de naissance – 1971, enfant conscient de 1977 à 1986, incollable pour déjouer toute la quincaillerie années 1980 brinquebalée par Cour de récré. D’abord les citations quasi texto (Le générique de Platine 45 dans Chanson cathartique, Le téléphone d’Elli & Jacno déguisé en Coeur cruel, Vice et Werther sous la mousse de Cache cache dans l’espace / Tétéou de Lio & Jacky), il ne manquerait plus que le disque sorte sur Vogue, ou que la pochette convoque Mondino ou Pierre & Gilles… Et puis ces sonorités à peine troublées par l’autotune (à moins qu’on ne soit en présence d’un vocodeur ?) sorties tout droit des compilations de technopop japonaise, produite par le YMO, Sakamoto, et les trucs catchy aussi bien chipés chez Dorothée, Indochine, Daho, Turboust que dans les tubes bizarres britanniques, “novelty”, adorés par Lawrence. Bref, on est pas loin de la crise de foie, celle qui nous prenait après un anniversaire un peu trop arrosé de Fruité ou de Tang, un peu trop gâté de cigarettes en chocolat (celles qui avaient de la farine coincée entre le papier et le chocolat et quand on soufflait, ça faisait comme de la fumée, incroyable). Continuer la lecture de « Cour de récré, s/t (Elefant) »

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Selectorama : Faust

Faust
Faust / Photo : Juergen Ensthaler

Krautrock ! Qui mieux que Faust, grand pataquès protéiforme, Velvet Underground occulte de Wümme (alors RFA) à l’influence avérée sur des centaines d’autres têtes chercheuses (de Nurse With Wound à Joy Division en passant par Pascal Comelade) aurait pu faire sien et détourner un terme à priori xénophobe ? Car l’appellation, aujourd’hui reconnue AOC de qualité fut au départ un terme vaguement méprisable énoncé par une presse anglaise pas vraiment finaude, ni tout à fait remise du blitz. Rock choucroute, le kraut étant non seulement ce fascinant légume, mais aussi le petit nom donné à nos amis d’Outre Rhin, eut égard aux horreurs d’un conflit alors récent. Alors, quitte à détourner l’insulte, Faust en fit, en ouverture de son quatrième album (Faust IV, chez Virgin, 1973) un morceau hypnotique, terrassant et dont la toxicité ne se démentira toujours pas, presque cinq décennies plus tard. Et qui ouvrira ce concert tant attendu au festival BBMix ce dimanche puisque l’incarnation actuelle rejouera dans son intégralité ledit album. Rarement cité en premier lorsqu’il s’agit de Krautrock, Faust a pourtant eu un retentissement durable et permanent. Sur le marché anglais en faisant vendre son troisième album (The Faust Tapes, 1973) au prix d’un single, et en écoulant ainsi plus que prévu (“Certains s’en sont servi pour jouer au frisbee, pour d’autres ça a changé leurs vies…”), d’autre part en réussissant de manière absolument tonitruante sa reformation au mitan des années 90. Alors même si l’on sait à peu près à quoi s’attendre, on ne saurait pourtant trop vous conseiller d’y aller avec le moindre sentiment de sécurité, un concert de Faust étant par nature beaucoup plus imprévisible, toxique, ouvert et libre que le tout venant, bref, tout sauf ordinaire. En prélude, quelques vraies pépites et pas moins de fausses pistes dans ce selectorama concocté par Jean Hervé Péron. Continuer la lecture de « Selectorama : Faust »

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Magdalena Bay, Mercurial World (Luminelle Recordings)

Avant même de se lancer tête baissée dans un plébiscite sans filtre du premier album du duo américain Magdalena Bay, envie de tout simplement leur dire merci pour avoir eu le bon goût d’être à la hauteur des attentes. Une série de quatre singles égrainés au fil des mois, tous plus réussis, entêtants et dingues les uns que les autres, culminant sur un album du même acabit, délesté de toute faute de goût. Ne pas décevoir quand on a tout à prouver, quel bonheur en ces temps de blase. Et d’autant plus grand quand il vient d’un groupe qui jusqu’ici avait eu un léger goût de divertissement, façon verre de grenadine un peu trop dilué. Certes il y avait eu de charmants EP et d’amusants petits tubes (How To Get Physical, bas du front mais diaboliquement attachant), mais il était difficile de parier un organe sur le fait que la paire serait capable de sortir de son chapeau le meilleur album de synthpop de 2021. Et pourtant, nous y voilà, il s’appelle Mercurial World, et il est im-pe-ccable. Continuer la lecture de « Magdalena Bay, Mercurial World (Luminelle Recordings) »

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Patrice Rushen, Straight From The Heart (Elektra, 1982)

Figure essentielle de la scène boogie/post-disco américaine des années 80, Patrice Rushen connaît pourtant un parcours atypique. Après avoir gagné un concours de jazz au Monterey Jazz Festival à 17 ans avec son groupe, la pianiste signe avec le label Prestige. Au début de sa vingtaine, Patrice Rushen publie ainsi trois albums sur le label entre 1974 et 1977. La musicienne opère un virage à 180 degrés un an plus tard lorsqu’elle signe chez Elektra. Label mythique dans les années 60 (The Doors, The Stooges, Love…), la structure est rachetée par Warner au début des seventies. Elektra contribue alors à développer un certain son californien (Leon Ware, Bread, Lee Ritenour, Carly Simon) aux cotés de leurs collègues d’Asylum également chapeautés par WEA. Dans cet environnement moins puriste, Patrice Rushen s’épanouit et ose aller vers une production plus funky, dansante et surtout pop, ce qui est vécu comme une trahison par les amateurs de jazz. Continuer la lecture de « Patrice Rushen, Straight From The Heart (Elektra, 1982) »

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Rémi Parson, Pour un empire (Isolaa Records)

« J’écris ces phrases avant la nuit,
ce rideau d’enfer qui tombe dru
et tout détruit,
c
hemin de croix,
machines arrières
»

Tout est histoire d’impressions. Quand je chausse mon casque Audio-Technica emprunté au travail, j’attends d’un disque qu’il me promène : géographies intimes ou imaginaires, dimensions temporelles, souvenirs, mondes alternatifs… Je n’attends que ça. A l’écoute de Pour un empire, je suis servi. Continuer la lecture de « Rémi Parson, Pour un empire (Isolaa Records) »

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Mark Tranmer (Gnac) : Discographie commentée

Mark Tranmer
Mark Tranmer

Depuis plus de trois décennies, Mark Tranmer est demeuré présent dans bon nombre des histoires musicales qui ont compté à nos yeux. Des histoires de petite dimension : celles, si précieuses, qui sont faites de souvenirs intimes ou collectifs ; celles qui occupent une place considérable dans une vie où l’essentiel semble, un peu plus chaque jour, constitué de l’assemblage de ces détails. La première fois, il était sur scène un soir de février 1990 – le premier concert partagé avec ma future femme, cela compte forcément – pour le festival Sarah Records. Quelques années plus tard, il y a eu ce concert de The Montgolfier Brothers – ce duo si mémorable avec feu Roger Quigley qu’Alan McGee avait comparé à une version de Durutti Column avec Ian Curtis au chant – sur une péniche parisienne où le public était presque exclusivement constitué d’amis futurs et de relations à venir, dont bon nombre de collaborateurs de la Revue Pop Moderne et de soutiens, proches ou lointains, des années de passion musicale partagée, jusqu’à ce jour. Continuer la lecture de « Mark Tranmer (Gnac) : Discographie commentée »

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Sous Surveillance : Alex Pester

Alex Pester
Alex Pester

Qui ?

Une bouille d’angelot à peine sorti de l’adolescence ; un talent d’un autre âge : à vingt ans, Alex Pester compose, arrange et interprète seul des chansons comme on ne croyait plus pouvoir en entendre. Un vieux Mac de 2011 équipé de GarageBand, quelques instruments : il ne lui en a pas fallu davantage pour commencer à dessiner les contours d’un univers intime aux frontières du folk et de la pop baroque. Il semble y jouir d’une liberté presque sans limite, comme en témoignent les quatorze minutes de Love On Our Shoulders, cette suite invraisemblable publiée il y a quelques semaines où les violoncelles classiques s’entremêlent aux fragments instrumentaux émancipés tout droit sortis d’un vieux disque de Soft Machine. Selon ses propres dires, son épiphanie personnelle a eu lieu lorsque, à treize ans, il a déniché une copie de Bryter Layter de Nick Drake (1970), égarée dans les rayons d’un grand magasin Sainsbury’s. Continuer la lecture de « Sous Surveillance : Alex Pester »

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Selectorama : Mess Esque

Mess Esque
Mess Esque

Lorsque l’on évoque le natif de Melbourne Mick Turner, on pense immédiatement aux essentiels Dirty Three dont il fut le membre fondateur. Ce serait faire l’impasse sur quarante années de projets dont le dernier en date, Mess Esque, vient de sortir sur Drag City. Le groupe est né en 2020 sur la base d’échanges à distance entre Mick Turner et Helen Franzmann qui s’est fait connaître en sortant des albums sous le nom de McKisko. Leurs chansons sont de purs produits de la pandémie, chaque titre respire l’isolation, la solitude et la mélancolie. Il s’en dégage pourtant une chaleur et une beauté qui nous invite à pénétrer dans leur cercle intime sans voyeurisme. On y trouve même un certain réconfort. Cela est d’autant plus incroyable que Mick et Helen ne se sont jamais rencontrés physiquement. La formule fonctionne grâce au juste équilibre entre minimalisme, expérimentations et mélodies foutraques. Ce Selectorama proposé par les deux membres du groupe vous éclairera sur leur univers étrange et fusionnel qui a donné à naissance à deux albums en moins d’un an. On espère qu’il y en aura beaucoup d’autres. Continuer la lecture de « Selectorama : Mess Esque »

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The Parrots, Dos (Heavenly Recordings / PIAS)

Dos by The ParrotsLa dernière fois que j’ai vraiment prêté attention à leurs chansons, c’était en 2019, dans la moiteur d’un été madrilène, pendant un festival où je m’étais rendu avec une femme pour voir The Cure. Je ne connaissais pas grand-chose de ces gars-là : une reprise très addictive d’un hit reggaeton (!) – Soy Peor, le temps d’une version à faire passer les Happy Mondays pour les Petits Chanteurs à la Croix de Bois –, des accointances avec les filles de Hinds – voir et revoir le clip de Davey Crockett (une reprise de Thee Headcoats, je le précise car sinon Etienne et Bertrand, parmi les meilleurs d’entre nous, pourraient avoir envie à très juste titre de me casser le figure alors que je suis plutôt un pacifiste) – et le fait qu’un ami pour la vie était tellement persuadé de leurs talents qu’il s’est entiché de leur destinée – et cet ami-là s’est rarement trompé pour ces choses-là (et pour d’autres aussi). Continuer la lecture de « The Parrots, Dos (Heavenly Recordings / PIAS) »

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Avant-première : “La Notte” de Radio Hito

Et voilà que Radio Hito nous revient avec Voce Lillà, un nouvel EP à sortir sur le label belge KRAAK ce 27 novembre 2021 et avec le clip vidéo de la piste 7 intitulée La Notte, animée et mise en image par l’artiste et graphiste Morgat Bry offert ici en avant-première à vos yeux et à vos oreilles que nous espérons charmés et émus.

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The Primitives, Lovely (RCA Records, 1988)

Formés en 1984 à Coventry dans les West Midlands, The Primitives furent un des groupes les plus à succès de la vague C86. Ils obtiennent, en effet, la sixième place du chart album britannique, avec leur premier disque Lovelysorti en 1988. Ce succès, ils le doivent en particulier à l’inoubliable tube Crash. Comme beaucoup de grandes chansons, le titre a très vite sa propre existence. Six ans après sa parution initiale, un remix, avec d’inutiles nouvelles pistes, se fraye un chemin sur la bande original de Dumb and Dumber, succès des frères Farrelly. Trop pop pour les puristes, pas assez pour le grand public, les Primitives souffrent parfois de cette position intermédiaire. Continuer la lecture de « The Primitives, Lovely (RCA Records, 1988) »

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The War On Drugs, I Don’t Live Here Anymore (Atlantic)

The War On Drugs, I Don’t Live Here Anymore

Bribes de conversation avec un ami disquaire :

— Mais bordel, pourquoi tu t’infliges ce genre de merde ?!

— Conscience professionnelle, dude. Si des clients viennent m’en parler je suis un peu obligé de savoir de quoi il en retourne. Même si c’est totalement à chier.

J’ai parfois moi aussi, des crises de conscience professionnelle, un peu moins désagréable qu’une colite, mais tout juste. Aussi, après le formidable album virtuel de Daft Punk d’Abba, j’ai écouté pour vous le nouvel album de The War On Drugs. Je l’ai écouté en entier, vraiment, de bout en bout et au moins deux fois. Je pourrais donc affirmer à la va-vite, mais en toute bonne foi, que c’est une merde de plus mais ce n’est pas si simple. Car, un jour, vers 2011, j’ai eu foi en ce groupe. Voir notre Sunday Archive de la veille, histoire de fournir des preuves tangibles, mais oui, j’y ai cru. Pas bien longtemps et merci bien. Pour paraphraser brièvement un Mark Kozelek qui n’est plus en odeur de sainteté pour cause de metoo : « I Hate This Lead Guitar Beer Commercial Shit ».

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The War On Drugs, Slave Ambient (Secretly Canadian, 2011)

The War On Drugs, Slave Ambient A l’automne 2011, soit 10 ans tout juste ou presque, je restais plein d’espoir sur les premières facéties d’Adam Glanduciel. Je vous expliquerais demain et avec quelques détails, pourquoi, j’avais vu juste mais j’avais, en fait, tout faux.


Forcement à l’ombre du phénoménal deuxième album de Girls, véritable soleil sombre de cette rentrée pop moderne, la deuxième incursion de The War On Drugs mérite tout de même une attention soutenue. Car s’il on reparlera à foison pour les premiers d’un son mercuriel inauguré par Bob Dylan et achevé à Birmingham au mitan des 80’s (Lawrence et Felt, pour ne pas les nommer), on saisira l’importance capitale de ce même songwriting Dylanien sur celui d’Adam Granduciel, lui-même rejoint par quelques obsessions britanniques. Continuer la lecture de « The War On Drugs, Slave Ambient (Secretly Canadian, 2011) »

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Rachel Love (Dolly Mixture) – Amour éternel

Rachel Love
Rachel Love

Au début, elles étaient trois. Trois lycéennes de Cambridge toutes pressées de s’insinuer dans les interstices musicaux entrouverts par le séisme du Punk. Sous le nom de Dolly Mixture, Debsey Wikes (basse), Rachel Love (guitare) et Hester Smith (batterie) ont hissé à des hauteurs durablement appréciables l’étendard d’un amateurisme adolescent et éclairé, laissant derrière elles un héritage dont la maigreur quantitative – une poignée de singles et une double compilation de démos publiée à titre posthume – n’a cessé de contraster, plus intensément encore au fil des décennies, avec l’importance esthétique. C’est, en effet, dans cette fusion originale entre la féminité flamboyante et assumée des Shangri-La’s et l’énergie mélodique rafraichissante des Buzzcocks ou des Undertones qu’une bonne partie des disciples autoproclamés de ce trio éphémère ont commencé à puiser, quelques années plus tard, une bonne partie de leur inspiration. Continuer la lecture de « Rachel Love (Dolly Mixture) – Amour éternel »

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Selectorama : Charlene Darling

Charlene Darling
Charlene Darling

Charlene Darling est née alors que Charlotte avait déjà 16 ou 17 ans, au moment où elle écrivait pour la revue Minimum Rock’n’Roll. Un peu plus tard, elle tentait ses premières expérimentations musicales dans Pussy Patrol. Elle y jouait sans technique, à l’instinct : “J’aimais bien que ça joue mal, parce que j’avais en tête les Shaggs, ce genre de groupe.” Le principe restera le dénominateur commun de tous les projets dans lesquels elle a joué, prouvant que l’amateurisme ou les erreurs peuvent devenir magnifiques. Octobre 2019, Charlotte Kouklia de son état civil, que l’on a pu entendre dans Rose Mercie mais également dans La Ligne Claire, sort Saint-Guidon, un album sous le nom de Charlene Darling.

Un clip exclusif pour commencer…


Continuer la lecture de « Selectorama : Charlene Darling »

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En écoute en avant-première, “Guilt”, le nouvel album d’Anna chez Howlin’ Banana / Another Record.

 
Anna
Anna


Anna est un groupe de quatre garçons, mais fût à l’origine un projet solo. Du côté de Tours, Martin Vidy bricolait tout seul à la maison ses compositions lo-fi qui ont tout de même fini par donner trois albums. Avec trois nouvelles recrues, il s’émancipe et ouvre ses oreilles au son d’une pop tout à fait kaléidoscopique, en s’illuminant de clins d’œil à ses origines anglaises (Broadcast, Stereolab), allant jusqu’à quelques accents Beck-iens. On le savait fan d’Anna Karina (obligé), Daniel Johnston ou Tim Presley, le voici aux manettes de Guilt, un album à la fraîcheur déconcertante et au mélodies décomplexées qui sortira en fin de semaine chez Howlin’Banana en collaboration avec Another Record, en écoute tout de suite et dans son intégralité ci-dessous.
 


Guilt par Anna sera disponible vendredi sur le bandcamp de Howlin Banana.

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Aimee Mann, Queens Of The Summer Hotel (SuperEgo Records)

Aimee MannDébut de la chanson, début de la consultation, le docteur dit :
Give me fifteen, give me fifteen, give me fifteen minutes
That is all I need to make the call
Give me fifteen, give me fifteen, give me fifteen minutes
Women are so simple after all.
Et hop : hôpital psychiatrique.
Pont :
You’re feminine, you’re crazy
Et hop, et fin de la chanson : le docteur ne demande pas plus de quinze minutes pour se prononcer, et prononcer sa sentence, et en reste là :
Give me fifteen.
Aimee Mann sort un nouvel album, et ce devrait être un événement – dans un monde meilleur – et c’est un événement. Continuer la lecture de « Aimee Mann, Queens Of The Summer Hotel (SuperEgo Records) »

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Led Zeppelin, Id. (1969, Atlantic)

Groupe aussi détesté que vénéré, Led Zeppelin ne laisse guère indifférent. Le formation britannique enregistre, en l’espace de trois ans, quatre classiques du rock.  S’il y a beaucoup à dire sur les pillages (de textes, riffs, etc.) opérés par le gang londonien, le talent et la force de Led Zeppelin rayonnent dès leur premier disque en 1969. Le groupe se forme, l’année précédente, sur les limbes des Yardbirds. Devant assurer des engagements avec ces derniers, Jimmy Page (guitariste) et le manager Peter Grant montent les éphémères New Yardbirds. Ils deviennent quelques mois plus tard Led Zeppelin. Jimmy Page est alors un guitariste émérite et expérimenté. En plus de sa participation à un groupe qui a compté trois guitaristes reconnus (lui, Clapton et Beck), il a fait ses armes, à la dure, en tant que session man. Continuer la lecture de « Led Zeppelin, Id. (1969, Atlantic) »

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“La Mort Des Amants” par La Houle

La Houle
Simon, La Houle / Photo : Jean-Louis Carli

Après un unique album paru chez Croque Macadam et enregistré en groupe, Simon Sokel revient avec ce single, La Mort Des Amants, enregistré en solo dans l’atelier de son grand père situé en terres Boulonnaises à son retour de Londres. Ambiance de fin du monde où de lendemain de fête dans la brume, il y murmure ses sentiments liés à la perte humaine et les questionnements sur l’identité qui en découlent, sur fond de guitares réverbées et de sonorités électroniques. Il s’entourera d’un solide line up pour les concerts, histoire de donner encore plus de puissance à l’affaire. A vérifier le 24 Novembre lors de sa release party à L’international à Paris. Disque à paraître dans la foulée, le 3 Décembre chez October Tone et Music From The Masses.

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Sous surveillance : KAEL

KAEL
KAEL

Qui ?

Théo Serre, 25 ans, joue dans le super groupe Pogy et les Kéfars de Marseille. KAEL (en capitales) est l’identité sous laquelle il écrit et interprète ses propres chansons depuis 2016. Rien d’écoutable, dixit le principal intéressé, avant cette année 2021 où il a enregistré au printemps, en trois jours, les sept titres de Diagnostic. Il a hérité du  « blase » KAEL (Michael Kael, Groland, vous l’avez ?), une mauvaise blague, dans son groupe de lycée, et quand il s’en est fait tej, il l’a finalement gardé « par défaut ». Tranquille. Pour KAEL, Théo (basse, guitare, voix) est accompagné de David Hoffman (croisé dans nos pages, déjà dans un Sous Surveillance, celui de Seppuku) à la batterie, de Téo Tannières (chœurs) et de Rudy Romeur qui a enregistré, produit, mixé et masterisé. Continuer la lecture de « Sous surveillance : KAEL »

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Shannon Lay : “J’assume mon super pouvoir : tenir une salle rien qu’avec ma guitare et ma voix.”

Shannon Lay
Shannon Lay / Photo : Denee Segall

“Ainsi, l’apparition de Shannon Lay apparut”, aurait-on pu transcrire, un peu pataud.

Une silhouette bleue arc-boutée, recroquevillée sur un bitume en bordure de grève, des mèches rousses dissimulant les traits d’un visage enfoui, l’océan ne faisant qu’un avec le ciel grisâtre. C’était l’image de Living Water, il y a presque cinq ans, déjà. On y entendait un oranger, une lune lésée, un soleil précieux. Et puis ce Recording 15 comme extrait de la mémoire d’une boîte vocale, une confession qu’elle n’avait pas pris le temps de titrer tant il y avait urgence à chanter ce qu’elle préférait ne pas ressentir. Sa voix désarmait à ne pas vouloir trop en faire non plus, elle visait toujours juste dans le désir et la mélancolie. Comme d’autres avant elle, elle semblait situer la bonne distance entre l’intime et le mystère, la candeur et la noirceur. Continuer la lecture de « Shannon Lay : “J’assume mon super pouvoir : tenir une salle rien qu’avec ma guitare et ma voix.” »

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ABBA, Voyage (Les disques du mal-être / Universal)

Voici un digest succinct de ce chédeuvrabsolu, sur lequel gageons que tous les rédacteurs de ce site de pointe auront leur mot à dire et émettront un avis valable. Je vous livre mes notes de lecture au débotté, sous le coup d’une vive émotion, tel un François Busnel scrutant l’actualité du disque. Un “track by track” aussi spontané que parfaitement honnête, soyez-en sûrs.

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Homebrew

Le duo suédois pop psyché Astral Brain donne des couleurs à la grisaille de l’automne.

Astral Brain
Astral Brain

Dans nos temps post-traumatiques, Astral Brain, groupe Suédois originaire de Stockholm, diffuse un air de fraicheur et d’innocence retrouvée qui n’est pas sans nous rappeler l’âge d’or de nos soirées pop endiablées à danser au son de Stereolab ou autres compilations du DJ anglais Gilles Peterson. Somme de la production musicale d’Einar Ekström et du travail vocal de Siri af Burén, Astral Brain vient de sortir The Bewildered Mind, un premier album aux couleurs pop-psychédéliques, sur le label américain indépendant Shelflife Records. Let’s dream ! Continuer la lecture de « Homebrew »

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L’agenda des concerts du mois de novembre

Franciliens ! A partir de ce mois, on vous propose une sélection de concerts proposée par François Salvador et la rédaction de Section26. Imprimez-le et gardez-le en poche !

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Selectorama : SUUNS

SUUNS
SUUNS

Retour sur la route des tournées pour les montréalais SUUNS, partis défendre ce cinquième album The Witness face à un public enfin retrouvé. En presque 15 ans d’existence, le groupe est désormais devenu un trio après le départ du claviériste Max Henry, présent depuis leurs débuts. Cette fois, ils ont travaillé en symbiose avec leur époque, en auto-enregistrant et autoproduisant ces huit titres pendant l’année noire, en 2020. Le résultat dénote, surprend, et nous envoie dans une sorte d’écho à ce monde parallèle vécu, où tout s’est ralenti et confiné. Mélodies minimales et éthérées, tempos ralentis, tout prête à l’introspection. Pour ce nouveau chapitre, ils ont accepté de nous livrer quelques-unes des clés de leur univers.

Propos recueillis par David Jégou Continuer la lecture de « Selectorama : SUUNS »
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The Reds Pinks & Purples, Don’t Come Home Too Soon (Tough Love Records)

Il y a des groupes comme ça. Des groupes qui sont comme taillés sur mesure, des groupes dont on sait déjà qu’ils ne nous décevront pas – et entre nous, il n’y a que des groupes pour réussir ça. Xavier, l’ami qui m’a fait écouter les chansons de ce type-là pour la première fois (parce que oui, pour celles et ceux qui n’auraient vraiment pas suivi, cette histoire, c’est avant tout l’histoire d’un homme seul, Glenn Donaldson), aurait sans doute résumé tout cela mieux que moi, aurait bien mieux dit la fausse légèreté de ces mélodies qu’on connait par cœur avant même de les avoir écoutées… Mais voilà, Xavier n’est pas là et c’est à moi de rappeler que justement, en matière de cœur, The Reds, Pinks & Purples ne fait jamais les choses à moitié, comme sur ce nouveau single à peu près parfait pour ponctuer l’été indien et annonciateur d’un quatrième album à paraitre le 4 février 2022.

The Reds Pinks & Purples, Summer at Land's End

Alors, en trois minutes et treize secondes (environ), quand bien même on s’était juré qu’on ne se laisserait plus prendre, Don’t Come Home Too Soon (ce titre, une fois encore) porte haut les couleurs de la mélancolie en donnant une idée assez précise de comment auraient pu sonner certaines des plus belles chansons de The Field Mice (toutes, donc) reprises par St. Christopher. C’est vous dire la splendeur des ébats.


Don’t Come Home Too Soon par The Reds Pinks & Purples, premier single du nouvel album Summer at Land’s End, sortie le 4 février 2022 chez Tough Love Records.
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Ian M Bailey, Songs To Dream Along To (Kool Kat Musik)

Comme souvent, tout est affaire, ici, de proximité et de connections fortuites. Entre les co-auteurs de cet album, en premier lieu, mais pas uniquement. Il y a quelques mois, Daniel Wylie évoquait au cours d’une interview estivale l’imminente publication d’un album cosigné avec un certain Ian Bailey. De ce dernier, on ignorait à peu près tout : quelques maigres indices ça et là, dont un album publié avec Charlotte Newman au sein de The Lost Doves – Set Your Sight Towards The Sun, 2020. L’automne est arrivé et Songs To Dream Along To avec lui, comme annoncé. On y reconnait d’emblée la patte coutumière du leader de Cosmic Rough Riders, son sens toujours captivant de l’accroche mélodique chaleureuse. Au-delà de ces retrouvailles ponctuelles avec la familiarité d’une œuvre chère, il y a quelque chose d’immédiatement accueillant dans cette première collection de onze chansons qui semblent toutes habitées par l’esprit de ceux qui ont construit, au fil des décennies, ces improbables ponts musicaux transatlantiques entre l’Ecosse et l’Amérique. De Teenage Fanclub à Dropkick, ils peuplent tous notre Panthéon personnel qui abrite donc un nouveau venu. Continuer la lecture de « Ian M Bailey, Songs To Dream Along To (Kool Kat Musik) »

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Yma Sumac, Mambo ! (1954, Capitol)

Pour beaucoup d’entre nous, les années cinquante ressemblent à un continent éloigné, une terre perdue dans la brume. La faute à ces maudites années soixante ! Essentielles dans la construction de la musique que nous aimons (Beatles, Beach Boys, Velvet Underground, Byrds…), elles relèguent la décennie précédente dans les limbes. Tout au mieux, nous savons qu’il y avait les pionniers Rock & Roll, de Chuck Berry en passant par Buddy Holly ou Little Richard et du Jazz bien sûr, énormément de Jazz. Les fifties furent pourtant fort variées : Doo Wop, Exotica, danses de salon (Mambo, Cha-Cha-Cha…) Mambo! d’Yma Sumac, paru en 1954 sur Capitol, témoigne de l’excitation qu’il régnait après guerre dans les foyers américains. Au léger répond l’étrange. L’album fascine par sa capacité à faire entrer la personnalité singulière d’Yma Sumac, dans le registre connoté du mambo. Continuer la lecture de « Yma Sumac, Mambo ! (1954, Capitol) »

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Oi Boys, s/t (La Face Cachée, Hidden Bay, Neutral…)

  1. Revue de presse :

“D’un minimalisme brutal, la plupart des compositions fait appel au strict nécessaire : un duo kick-snare binaire, quelques accords de synthés en boucle, et des notes de guitare éparses à qui la réverb’ à burne donne des allures de pulsations. “ Du barbelés dans les tympans.

“L’ambiance désenchantée et la froideur de ces schlags magnifiques est irrésistible.” Core&Co

“Les textes sont noirs et transpirent la virilité associée à une réflexion sans détour sur la vie, les relations, les potes, tels des manifestes qui préfèrent les uppercuts aux bavardages de salon.” Benzine Mag

“Oi Boys se révèle être un premier album très prometteur à l’ambiance sombre et captivante.” Addict-Culture

“Une new-wave post-punk à prise rapide, l’essayer c’est l’adopter !” Julien Casbah

“Les sonorités, froides, métalliques, proches de l’indus à certains moments, ajoutent une couche bien épaisse de raideur à ce disque. “ Gonzaï

(…) Continuer la lecture de « Oi Boys, s/t (La Face Cachée, Hidden Bay, Neutral…) »

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Gamine, Voilà les anges (Barclay, 1988)

C’est fou comme certains disques sont liés à une époque, à un lieu, à une image, même si on les a écoutés longtemps après toutes ces scènes-là, même si on les écoute encore aujourd’hui – pour preuve, ma fille reconnait le groupe dès les premiers accords de cette chanson parfaite qu’est Les Gens sont Si Bizarres. Et puis, c’est Biarritz, l’été 1989, la R5 rouge et la cassette en boucle, Nathalie au volant parce qu’en bon Parisien (ou tout comme), “on n’a pas besoin du permis”. Les histoires qu’on inventait parce que nous étions toujours ensemble sans même être un couple (“Oui, nous sommes cousins”), les allers et retours aux plages d’Anglet, les verres partagées sur le Port des Pêcheurs, au Big Ben, les nuits au Play Boy, les serviettes posées sur la Grande Plage pour se remettre de la soirée de la veille, les siestes sous le soleil exactement, les sandwichs du Milk Bar, les parties de Badminton du samedi soir – j’ai encore la raquette que Nathalie m’a offerte pour ma fête, un 21 août, et je crois bien que c’était cet été-là. Continuer la lecture de « Gamine, Voilà les anges (Barclay, 1988) »

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LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE NOVEMBRE 2021

Les feuilles tombent et les affaires reprennent. A la queue-leu-leu, nos chers indépendants nous donnent de leurs nouvelles et guess what, elles sont excellentes. Grouper, Cate Le Bon, Laetitia Sadier, The Wedding Present pour les plus confirmés, et une foule de nouveaux venus tout aussi attachants. Toi aussi, choisis ton nouveau coup de cœur.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer ou Spotify et en version mixée sur Mixcloud. Et aussi, sur agnès b. radio.

NDLR : Les playlists Deezer et Spotify ne comportent pas l’intégralité des titres de cette sélection.

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Selectorama : Bantam Lyons

Les bretons défendent leur nouvel album samedi au festival Le Grand Saut à Angers.

Bantam Lyons
Bantam Lyons

Après un album et trois EP – le dernier datant de 2017 – on attendait impatiemment le retour de Bantam Lyons. Défi relevé avec brio, le nouvel album Mardell s’imposant comme une suite évidente et superbement brute. Huit titres obsédants qui sentent tous la fumée, la bière, le vent et la pluie. Car on ne peut dissocier Bantam Lyons de Brest et de la Bretagne, en témoigne, s’il le fallait, la fiévreuse Ar Stêr, chanson en breton. Ce n’est pas la Bretagne des toits de chaume et des chaumières ensevelies d’hortensias, mais un pays rêche, sauvage. Et beau.

Certaines chansons finissent en sec coup de fouet – Pintor – d’autres étirent un spleen mélodieusement triste – The Lass of Breacon – d’autres encore tapent un rythme envoûtant – St Dô… A chaque fois un univers dans lequel on se laisse engloutir avec volupté, de la mélancolie feutrée au spleen violent, le sombre décliné jusqu’à l’outre-noir, un vrai Soulages musical mais toujours infusé d’un brouillard lumineux. La sensibilité ne tombe jamais dans l’introspection grandiloquente, peut-être est-ce dû à la langue anglaise, un rempart qui leur permet de préserver l’intime. Continuer la lecture de « Selectorama : Bantam Lyons »

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Mendelson, Le Dernier Disque

Mendelson
Mendelson lors de l’enregistrement de ce dernier album.

C’est une vieille histoire.

Susurrée, de vieux trucs censément parlants, de vieux trucs censément beaux. Sauf que tout, toujours, est vieux, donc je peux enlever ce mot.

Quand Je ne veux pas mourir nous explose les tympans sur une compile de rentrée des Inrocks – tiens – on a déjà fini – de ne pas être vieux – de ne pas être – on a déjà conscience que – disparaître – ce n’est pourtant que le lycée, encore.

J’ai toujours aimé Mendelson, l’idée de Mendelson, et pourtant ces histoires de deux batteries, de contrebasse, de tout ça, m’ont toujours – un peu – fait chier. On s’en fout, c’est vrai, il y a du zim boum et du boum boum, il y a des basses fréquences pour élargir le spectre, ça suffit et le reste ressort de – si j’ai la flemme de l’empathie – ressort de l’indulgence. Sauf qu’avec des paroles pareilles, on ne peut pas – on ne peut pas jouer au free rock – au free truc – on ne peut pas jouer à l’adulte.

Mais, quand même, c’est beau. Continuer la lecture de « Mendelson, Le Dernier Disque »

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Sous Surveillance : Geo

Geo
Geo / Photo : Marciano Riffo Zambrano

Qui?

Geo est une nouvelle formation composée de…
Ype : Claviers / percussions
Maud : basse
Jorne : guitare / chant
Michiel : Guitare
Gijs : Batterie
Tous les membres jouent également dans Lewsberg, Sweat Tongue (qui semble à l’arrêt), Hun Bed, Huub Prins, Goldblum.

Où ?

Les cinq membres du groupe sont dispersés entre Groningen, Amsterdam, Rotterdam. Malgré la distance, le groupe arrive à répéter et échanger les créations de chacun(une) via internet.

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The Brothers Steve, Dose (Big Stir Records)

C’est l’une des nombreuses vertus de la somme imposante que Simon Reynolds a consacrée à ce genre musical – Shock And Awe (2016, traduction française publiée chez Audimat l’an dernier) – que de souligner à quel point le Glam s’articule, dans bon nombre de ses embranchements foisonnants, avec le monde de l’enfance et les plaisirs encore naïfs de l’imaginaire. Les trois minutes réglementaires de la chanson pop comme point d’accès privilégié à un arrière-monde plus lumineux, plus coloré et dont l’inauthenticité même garantit la valeur toute particulière. C’est un peu de cette quête passionnée des artifices insouciants que l’on retrouve dans le second album de The Brothers Steve. Continuer la lecture de « The Brothers Steve, Dose (Big Stir Records) »

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Marie et les Garçons, id. (Celluloid, 1980)

Comme de nombreux autres groupes français des années 60/70, Marie et les Garçons a publié peu de disques. Deux EPs de son vivant pour être exact : l’album Marie et les Garçons (1980) est sorti à titre posthume. Cette modeste discographie ne permet guère de mesurer l’influence du groupe lyonnais sur le rock francophone. Aux côtés des Olivensteins ou d’Asphalt Jungle, Marie et les Garçons représentent une idée du punk, esthète et ouverte. Cela leur a valu certaines inimitiés et réactions très négatives de la part du public, mais aussi une place dans nos cœurs aujourd’hui. Formé en 1975, au Lycée Saint-Exupéry, le groupe s’appelle initialement Femme Fatale, nom trouvé en urgence pour assurer la première partie des futurs Starshooter au concert de fin d’année du bahut. Leur blase définitif leur est suggéré quelques mois plus tard par Marc Zermati de Skydog. Il fait référence à la batteuse du groupe, Marie Girard, ossature de la formation aux côtés d’Erik Fitoussi et Patrick Vidal, guitaristes et compositeurs principaux. Continuer la lecture de « Marie et les Garçons, id. (Celluloid, 1980) »

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Flóp, Deep Fake Flóp (Le Pli)

En marge du Superpizza Club de Kim, un groupe privé mais ouvert à tous et passionnant tant il aborde tous les aspects du métier de musicien, on a beaucoup discuté de l’initiative du propriétaire des lieux : il lançait son Patreon, une sorte d’abonnement à un artiste qui délivre, moyennant une somme mensuelle, des inédits, des albums réservés, des clips en avant-première et autres babioles au choix. C’est avec Flóp que j’ai échangé le plus sur le sujet. Je lui faisais part de mes réserves parce que je voyais le champ de la pop comme un lieu d’infidélité, d’amours éphémères, de retournements de veste honteuses ou assumées, où l’on passe de l’amour fou extravertie à la déception sourde rentrée, et inversement. Je me disais aussi que c’était plus un sujet pour les pages high tech de Sciences & Vie Micro (un peu comme quand Jacques, l’artiste ultra doué, se fend d’un cours sur les BlockChain pour introduire son nouveau single !). Peut-être qu’une relation au long cours, numérique, contractualisée, automatisée, n’est pas de mise entre un fan et son artiste. Peut-être aussi que ça n’est qu’une nouvelle forme de fanclub justement, bien pratiqué avant l’avènement de l’internet par votre serviteur, pas de quoi s’énerver. Bref, Flóp choisit de s’investir dans ce type de relation, et, peu convaincu par les solutions clé-en-mains, décide de produire son club via son ancien site et de proposer contre monnaie trébuchante une promesse de quatre albums pour l’année, et je décide, contre toute attente, de plonger avec lui. Continuer la lecture de « Flóp, Deep Fake Flóp (Le Pli) »

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“Pourquoi aimes-tu Billie Eilish ?”

Tel Bartelby, je préférerai ne pas. Ne pas quoi ? Ne pas écouter Billie Eilish. Je ne me sens pas légitime – « T’es pas trop vieux pour ça ? » – et puis, les vieux réflexes qui reviennent, et qui me fatiguent : y chercher – et trouver ? – des échos du passé, jouer le donneur de leçon, voire le vieux con – « C’était mieux avant » -. Pour ces raisons, j’ai préféré, pendant longtemps, laisser à cette jeunesse à laquelle je n’appartenais pas, ses disques, ses chansons et n’écouter que des choses qui faisaient le lien avec les disques qui m’avaient, on va dire, construit. Je ne sais plus ce qui m’a alors conduit à m’intéresser à Billie Eilish mais je me souviens très bien de la réaction de ma fille, surprise forcément, quand elle s’est aperçue que j’écoutais I love you, moi qui n’avais jamais témoigné la moindre émotion, ni le moindre intérêt, aux musiques qu’elle écoutait. Elle aurait pu être écœurée – à sa place, à son âge, si j’avais surpris mes parents en train d’écouter un de mes disques, je l’aurais été – mais ce dont je me souviens c’est son sourire. Nous sommes tous les deux sur le canapé, je lui rappelle alors ce moment. Face à nous, sur l’écran, la photo d’une Vierge aux yeux baignés de larmes.

NDLR : Pour une meilleure lecture de cet article, nous vous conseillons d’écouter simultanément l’album dont le lien se trouve à la fin de l’article.

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Selectorama : Aquaserge

Aquaserge
Aquaserge

Prog. C’est le vilain adjectif facile que certains bas du front réservent habituellement à ce qui leur pose trop de questions. Un raccourci que j’ai moi-même utilisé sans fard pour Aquaserge. Plus souvent à tort qu’à raison. Car même pour le fan absolu de King Crimson que je suis (pour Yes, c’est toujours NO, en revanche), les circonvolutions tapageuses dont j’ai été le témoin semblaient se poser plus dans une logique de l’exagération que de la finesse. Un concert, il y a quelques années, en Belgique, où j’avais eu peine (malgré une certaine excitation et les excès dus au pays, le bien boire et le bien manger) à devancer le magma facétieux de la formation. Un groupe, restreint, qui semblait effectivement marcher à la Vander. Mais c’est précisemment le genre de question que pose l’étiquette infamante du « prog » à nous, ceusses qui venu à l’esthetique, d’abord râpeuse et affirmée du post punk puis celle, variable et bien plus colorée de la pop anglaise indépendante ou non, puis du rock dit « alternatif » de la vieille union des Amériques. En parlant de post punk, je ne saurais feindre la surprise de trouver  aujourd’hui, précisement, The Possibility Of A New Work From Aquaserge dans la mythique série Made To Measure du prestigieux label bruxellois Crammed Discs. Continuer la lecture de « Selectorama : Aquaserge »

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The Colorist Orchestra & Howe Gelb ft. Pieta Brown, Not On The Map (Dangerbird)

Depuis qu’il a mis un terme à l’œuvre de Giant Sand en 2015 (ce qui ne l’a pas empêché de continuer à réenregistrer les premiers disques du groupe, mais là n’est pas la question…), Howe Gelb semble constamment en recherche de nouveaux horizons musicaux, sans doute plus adaptés avec sa soixantaine déjà bien entamée. Si l’on excepte le superbe Gathered paru en 2019, le parrain officiel de la scène musicale de Tucson a donc déjà enregistré deux albums de jazz (Future Standards en 2016, puis Further Standards, avec Lonna Kelly, l’année suivante), seul (ou presque) au piano, et le voici à présent embarqué dans l’americana fantasmée du très singulier Colorist Orchestra pour ce très beau Not on the Map, rêverie entêtante à situer quelque part entre les clichés néo-country de Calexico et la musique contemporaine du Kronos QuartetContinuer la lecture de « The Colorist Orchestra & Howe Gelb ft. Pieta Brown, Not On The Map (Dangerbird) »

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Lisa Germano, Geek the Girl (1994, 4AD)

Salut ! C’est l’histoire de Geek la fille, une fille qui ne ne sait pas comment être sexuée et cool mais qui découvre qu’elle n’est pas cool et qu’elle est tout le temps exploitée sexuellement, qui en devient malade et préfère laisser tomber mais qui finalement essaie encore de croire en quelque chose de beau et rêve encore d’aimer un homme dans l’espoir qu’il pourra la sauver de sa vie merdique… Ah ah ah, quelle geek !

(in Notes de pochette de Geek the Girl.)

C’est une histoire américaine, et c’est une histoire universelle. Telle elle nous échappe, si nous décidons de nous tenir à un côté des choses, à un côté d’un océan. Mais pour pouvoir traverser un océan, encore faut-il le voir, et savoir que nous ne savons pas.

Comment peut-on savoir ce que cela veut dire de naître dans une famille de musiciens – Rocco et Betty Germano – musiciens et enseignants – lui, né en Italie, immigré économique enfantin tellement doué pour le violon qu’il finit par fréquenter des pupitres aussi prestigieux que ceux du Chicago ? Je ne le sais pas, je ne l’ai pas vécu, je l’ai lu souvent. Est-ce que ça “veut dire” quelque chose ? Est-ce que ça fait quelque chose ? C’est un événement, c’est là, et on ne sait pas – enfin – je ne sais pas. D’autres savent, ils l’ont vécu, d’autres pensent savoir, ils supposent.

Je peux envisager le non-savoir, et laisser l’insu en pause, en paix, non dit. Continuer la lecture de « Lisa Germano, Geek the Girl (1994, 4AD) »

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Bryan’s Magic Tears, Vaacum Sealed (Born Bad Records)

Benjamin Dupont avait failli signer chez Captured Tracks avec son projet Bryan’s Magic Tears, mais l’histoire en a décidé autrement, heureusement pour nous. Il fut un temps où le label new-yorkais faisait briller les yeux des amateurs d’indie-pop avec un catalogue proche de la perfection. Les têtes d’affiches s’appelaient Beach Fossils, Wild Nothing, DIIV ou encore Minks. Ce renouveau de la pop à guitare brumeuse fut alors un air frais parcourant l’échine. Depuis, cette dynamique a quelque peu capoté. Captured Tracks s’est diversifié, y perdant beaucoup de sa personnalité et son âme. De son côté, Bryan’s Magic Tears a pris son temps et a construit une discographie impeccable, sur des structures françaises. Continuer la lecture de « Bryan’s Magic Tears, Vaacum Sealed (Born Bad Records) »

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Shame – La scène dans la peau

Shame
Shame, le 25 septembre 2021 au festival Lévitation à Angers / Photos : Coralie Gardet

A ce jour, mon meilleur concert reste celui de Shame, le 23 avril 2018, à la Maroquinerie. L’énergie de Charlie Steen et de ses quatre compères londoniens, transmise à un public en furie, s’était chez moi muée en un sentiment de puissance jusqu’alors inconnu, qui avait persisté pendant des heures : sur le chemin pas toujours rassurant du retour, je chantais les airs de Songs of Praise, prête à en découdre avec quiconque oserait m’importuner. Lorsque j’ai eu l’opportunité de les rencontrer le 25 septembre dernier, avant leur passage au Levitation France d’Angers, il m’a semblé évident d’axer notre discussion sur le live. Je me demandais : comment un tel groupe de scène, en pleine explosion, a-t-il survécu aux confinements et aux restrictions de ces mois passés ? Tout d’abord, en publiant en janvier un second album, Drunk Tank Pink, encore plus enragé que le premier, puis en trompant cette faim de spectacle, la leur comme la nôtre, avec Live in the Flesh, un docu-concert filmé au Electric Brixton de Londres en octobre 2020, présentant enfin les versions en sueur de sept de ces nouveaux morceaux.

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Avant-première : “Les Artisans” par Theoreme (Maple Death)

Theoreme
Theoreme


On ne peut pas dire que Maïssa D. alias Théorème joue de la séduction habituelle : en provenance de Lyon, jumelé de force avec les sonorités basses de la drill et du post reggae de l’Angleterre, elle construit son système-son mental, brutal et post industriel et pose les bases radicales d’un album tendu, politique, à sortir en janvier. En avant-première, une première piste, Les Artisans, annonce un spoken word en français exigeant et physique. A venir sur Maple Death, label difficilement géolocalisable (du Canada à Londres et Bologne) guidé par Jonathan Clancy, amateur des marges musicales : un pied sur le dance-floor, un autre dans le seau des expériences (Cindy Lee), et un troisième dans un anti-folk gentiment timbré de très belle facture (Whitney K).


L’album de Theoreme est disponible en pré-commande ici : https://mapledeath.lnk.to/TheoremeLA
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p l a n t c e l l, Nature Reserve (autoproduction, 2021)

Trois ans après le fantastique Landscape, le quintet Japonais Plant Cell – renommé p l a n t  c e l l pour l’occasion – dévoile Nature Reserve, second volume de ses tableaux naturophiles peints à coups de Jazzmasters.

Quand un groupe annonce retirer son dernier LP des plateformes de streaming pour une durée indéterminée, à peine une semaine après la sortie dudit LP et alors qu’on commençait à peine à préparer sa chronique, il peut arriver qu’on se pose quelques questions. D’autant plus quand il s’agit d’un projet tant attendu, à même de figurer en bonne place dans notre classement des meilleurs albums de cette année 2021 sans même l’avoir streamé (millennial oblige) une seule seconde. Ces quelques jours de flottement participent pourtant, à leur façon, à nous le faire appréhender autrement. Peut-être à tempérer nos émotions, aussi  — notamment en écoutant encore plus attentivement l’effort précédent de ses créateurs, histoire de ne pas l’enterrer trop rapidement sous l’autel de la nouveauté. Continuer la lecture de « p l a n t c e l l, Nature Reserve (autoproduction, 2021) »

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Sous Surveillance : Wyndow

Wyndow
Wyndow

Qui ?

Deux femmes, autrices et compositrices, déjà riches de nombreuses années d’expérience sur les scènes folk du Royaume-Uni. C’est sur l’une d’entre elles qu’elles se sont rencontrées – celle du Moseley Folk Festival de Birmingham, il y a deux ans – et qu’elles ont lié connaissance en coulisses en devisant de leur amour partagé pour l’œuvre de Robert Wyatt. Wyndow est né ainsi d’une intention à la fois très précise – enregistrer une reprise à deux voix de Free Will And Testament de l’ex-batteur de Soft Machine – et d’un désir partiellement indéfini d’engager plus avant une collaboration prometteuse. Continuer la lecture de « Sous Surveillance : Wyndow »

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…à la ligne.

“A la ligne” de Joseph Ponthus par Michel Cloup, Julien Rufié et Pascal Bouaziz en tournée

Michel Cloup, Julien Rufié et Pascal Bouaziz adaptent "A la ligne" de Joseph Ponthus / Photo : Stéphane Perraux via Ici D'Ailleurs
Michel Cloup, Julien Rufié et Pascal Bouaziz adaptent “A la ligne” de Joseph Ponthus / Photo : Stéphane Perraux via Ici D’Ailleurs

Lors de cet entretien croisé entre Michel Cloup et Pascal Bouaziz datant de l’hiver 2016, et resté inédit à ce jour, eux ne savent pas encore qu’ils seront sur la scène de Petit Bain ce soir, pour faire vivre les textes de Joseph Ponthus malgré la disparition de leur auteur. Et que deux jours après ce concert (ce Vendredi 15) sortira précisément Le Dernier Album de Mendelson. Sur lequel nous reviendrons, mais peut-être pas aussi vite, parce qu’il faut se laisser le temps de le digérer. Le temps de se préparer pour un (dernier ?) concert de Mendelson, groupe inoui et nécéssaire, toujours à Petit Bain le 11 Novembre prochain.
Pour ma part, je ne sais pas encore que c’est la dernière interview que je ferais en tant que pigiste pour une revue qui va cesser de paraître. Sans l’excellent Renaud Sachet et son excavation salutaire en vue d’un ouvrage très bien troussé et archi documenté à paraitre incessamment (Les Années Lithium, éditions Langue Pendue), ce grand moment de fraternité serait peut-être resté dans des archives informatiques en bien piètre état. On y croise Vincent Chauvier, Townes Van Zandt et Guesch Patti. C’est déjà pas mal.
Extraits. Et à ce soir. Continuer la lecture de « …à la ligne. »

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Stevie Wonder, Innervisions (Motown, 1973)

Au milieu des années soixante-dix, en une demi-décennie, Stevie Wonder publie cinq classiques. La série constitue l’une des plus remarquables de l’histoire de la musique populaire d’après-guerre. Elle place indéniablement Stevie Wonder parmi les génies de la pop, au coté des Beatles, Beach Boys ou de Kraftwerk. Cette affirmation n’a rien de péremptoire. Tout au long de sa carrière, le musicien afro-américain développe un style de composition unique, au point qu’une oreille (un peu) exercée peut identifier distinctement l’une de ses œuvres, y compris quand il les confie aux autres (The Spinners, Syreeta, Sergio Mendes, Minnie Riperton, Dionne Warwick…). Né prématuré (d’où sa cécité) en 1950, le jeune prodige rejoint la Motown en 1962 à l’âge de 11 ans. Il est déjà un musicien accompli sur de nombreux instruments (piano, batterie, harmonica…) Malgré le relatif échec commercial de ses premiers disques, il s’impose dans les années soixante comme une des valeurs sûres de l’écurie de Detroit. Continuer la lecture de « Stevie Wonder, Innervisions (Motown, 1973) »

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Les australiens Low Life en pleine “Agony & XTC”

Low Life
Low Life, via leur facebook.

Si leur premier album Dogging (2016) fut apparenté à du post-punk froid et acéré, le second Downer Edn (2019) apparaissait plus innovant, mêlant des sonorités plus électroniques et l’utilisation (avec parcimonie, merci bien) de l’autotune. Tout cela revient en force avec Agony & XTC, le single du troisième album From Squats to lots : The Agony & XTC, à paraître le 5 Novembre prochain chez Alter, Lulu’s Disco Club et Goner Records. Les gars de Sydney restent fidèles à une approche à la fois lugubre et solaire de la musique, avec des guitares coupantes mais atmosphériques, une voix funèbre et des textes écrits autour d’une Australie de gouttière, totalement à l’opposé de celle du cadre sup suant en salle de gym ou de celle du backpacker chevelu et poisseux. Ils appuient là où ça fait mal, en laissant rêveur quiconque écoutera. Grosse impatience pour l’album à venir, en somme.

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I’ll Be Your Mirror, A tribute To The Velvet Underground & Nico (Verve / Universal)

Si elle a toute sa place au rayon de soleil automnal d’un après-midi pluvieux chez Mémé, voire dans les attentats pâtissiers du regretté* Le Gloupier, la tarte à la crème connait depuis plus d’un demi-siècle un développement, ma foi, assez cuisant portant pourtant sur un sujet toujours fascinant, le Velvet Underground. Ou plus précisément l’exercice de style en forme de passage de l’écluse** que constitue la reprise du Velvet par à peu près tout le monde, voire n’importe qui.
On posera comme barrage d’entrée (et ce n’est pas mon excellent camarade François Gorin qui ira me contredira) que la reprise du Velvet a connu son apogée, déjà, en 1984 lorsque Paul Quinn (Bourgie Bourgie) et Edwyn Collins (Orange Juice) livrèrent de manière fraternelle et pour le coup, réellement concernée, les calédoniens le sont souvent à ce sujet, une version absolument intouchable de Pale Blue Eyes. Continuer la lecture de « I’ll Be Your Mirror, A tribute To The Velvet Underground & Nico (Verve / Universal) »

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Blind Test Ian McCulloch (2001)

Ian Mc Culloch
Ian Mc Culloch / Photo Alex Hurst

C’est Michel qui a envoyé le message à la fin du mois de septembre : “Réservez votre soirée du 9 novembre”. Je n’ai compris qu’un peu plus tard qu’il parlait de l’année 2022. Car ce soir-là, dans la ville à côté de laquelle Hervé, Michel et moi vivons (mais pas ensemble) montera sur la scène de La Coopérative de Mai un groupe pas tout à fait comme les autres.
Pour certains adolescents des années 1980, Echo & the Bunnymen, ça a été quelque chose. Parce que parmi les groupes dont nous nous sommes entichés mes amis (mais ce n’était pas encore Michel et Hervé, c’était Laurent, Gilles, Thierry, puis Giuseppe, Vincent, Bruno, Christophe…) et moi, il a toujours eu une aura un peu différente. Sans doute parce que chacun d’entre nous aurait bien aimé ressembler à l’un de ces musiciens qui avaient tous une classe folle – même si le chanteur avait un don certain pour toujours choisir des chaussures un peu ridicules ; sans doute parce que ce groupe n’est jamais devenu aussi populaire que d’autres groupes que nous chérissions alors (et que oui, c’est vrai, nous chérissons toujours) et que nous avions donc un peu l’impression d’être des privilégiés ; sans doute parce qu’il y a eu ce concert diffusé aux Enfants du Rock, ce concert du 18 juillet 1983 au Royal Albert Hall de Londres ; sans doute parce que c’est ce soir-là, devant la télé, qu’on a entendu pour la première fois l’une de ces chansons dont on a su tout de suite qu’on ne se lasserait jamais (même après avoir été massacrée par Pavement), une chanson dont même le titre est parfait : The Killing Moon. Sans doute parce qu’on trouvait les interviews de Ian McCulloch, grande gueule du nord à l’humour décapant et au second degré enivrant, aussi drôles que géniales ; sans doute parce qu’il y a eu ce concert merveilleux au Grand Rex, à l’automne 1987 je crois ; sans doute parce que ça été le premier groupe de cette génération-là à publier une compilation de singles, Songs To Learn And Sing, et que toutes les chansons choisies étaient géniales ; sans doute parce qu’il y a eu la tristesse immense à l’annonce du décès soudain du batteur Pete De Freitas – et que pour la première fois, un musicien d’un groupe qu’on adorait disparaissait… Continuer la lecture de « Blind Test Ian McCulloch (2001) »

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Anika : La fin des compromis

Anika
Anika / Photo : Coralie Gardet

En juillet dernier, Annika Henderson faisait son retour avec un second album, Change, onze ans après celui qui avait fait connaître son nom en 2010, Anika. Alors journaliste politique entre Londres et Berlin, où elle vit désormais, l’Anglaise de Surrey avait répondu à l’appel de Geoff Barrow, membre fondateur de Portishead, à la recherche d’une chanteuse pour un projet encore jeune à l’époque, BEAK>. Neuf titres, dont sept reprises, de Bob Dylan, Ray Davies ou Yoko Ono, étaient nés de cette rencontre. La voix grave et sépulcrale d’Anika, souvent comparée à celle de Nico, assortie d’arrangements entre post-punk et dub, avait soufflé un vent froid mémorable sur ces grands classiques des années 1960. C’est sans surprise qu’on la retrouvait, en 2016, signée sur le plus sombre des labels indés, Sacred Bones, en meneuse du groupe Exploded View. Aujourd’hui, ce sont ces deux maisons, Sacred Bones et Invada, le label de Barrow, que la chanteuse a choisies pour publier son dernier album, son plus personnel et intime. Elle nous parle de son processus de création et de sa manière de le diriger, sans compromis, dans un entretien accordé fin septembre à Angers, quelques heures avant sa performance au Levitation France.

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Shannon Lay, Geist (Sub Pop)

J’aurais pas dû apprendre à parler
Un monde sans mots
Comme j’aurais préféré
Vivre dans un monde où le sens ne prend pas de sens

Tamura Ryûichi

Le vieux Tamura n’a pas trouvé le monde sans les mots, même s’il l’a un peu vu.

C’est une légère nuance.

C’est une joie d’apprendre à fermer son claque-merde. C’est une joie de dire, de s’exprimer, de créer, en fermant son claque-merde. Ou en le laissant s’ouvrir, en le laissant se refermer, en se laissant être inaudible, sans situation, sans direction. Invisible, ou visible dans l’invisible. De l’eau dans de l’eau.

Ploc.

Et parfois un courant, une fluctuation. Plus forte que les autres. Mais comme on est bien peu de choses, comme on n’est pas grand-chose de plus que de la flotte dans des milliards d’hectolitres de flotte, on peut couler tranquillement, épouser le courant, voir du pays avec lui.

Puis constater qu’on s’est laissé attraper par un autre, et un autre, et un autre, et ainsi de suite.

Et donc se laisser attraper d’abord par la voix de Shannon Lay. Continuer la lecture de « Shannon Lay, Geist (Sub Pop) »

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Pat Fish (1957-2021)

Pat Fish
Pat Fish (via Fire records)

J’ai toujours gardé à distance le Jazzbutcher, je ne sais pas trop pourquoi. Il était pourtant l’auteur d’un de mes premiers achats du label Creation, son LP appelé Fishcotheque (1988). En le réécoutant ce matin, j’ai bien aimé ce premier morceau, Next Move Sideways, sur lequel il joue avec cette section rythmique de rêve MorganGoulding, celle qui faisait le bonheur de Peter Astor dans les Weather Prophets. J’ai réécouté aussi Looking For Lot 49 qui faisait écho au livre de Pynchon, Vente à la criée du lot 49 qui trainait dans la bibliothèque de mon père et que du coup, j’avais dévoré (le livre, pas mon père), sans rien y comprendre, fin des années 80. J’avais suivi de loin la carrière de Pat Fish en fait, parce que Lawrence, Peter Astor, Dan Treacy ou Stephen Duffy me dessinaient sans doute une plus flamboyante famille anglaise. Je m’étais arrêté après Bicycle Kid, le dernier morceau qui m’avait accroché l’oreille sur le bien nommé Big Planet, Scarey Planet (1989), on ne peut donc pas dire que je suis un spécialiste ou un fan absolu, vous l’êtes tous, lecteurs, sans doute plus que moi. Continuer la lecture de « Pat Fish (1957-2021) »

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Selectorama : Ivan Smagghe

Ivan Smagghe
Ivan Smagghe / Photo : Kate Green

Ivan Smagghe a consacré les derniers mois dans sa maison de l’Est londonien, à lire toujours plus de livres, à regarder toujours plus de films… avant de retrouver le sens de sa démarche et de reprendre le chemin des clubs, où le Dj et producteur demeure une des personnalités les plus attachantes de ces trois dernières décennies. Sur le fil toujours, des bancs de Science Po aux ondes de Radio Nova, des lignes de la RPM au comptoir du disquaire Rough Trade jadis rue de Charonne, Ivan incarne à son corps défendant une certaine idée de la musique, sans concession, ni chapelle, ni dogme. Dans Passeur, le récit autobiographique de Jean-Daniel Beauvallet à paraître, l’ancien rédacteur en chef des Inrocks se souvient qu’Ivan le Terrible lui conseille alors ainsi le premier album de Palace Brothers : « Ça devrait te plaire, c’est hyper chiant ». Il joue alors aux soirées Respect à côté de la scène émergente, Daft Punk ou Dimitri From Paris en tête, mais c’est un petit club des Grands Boulevards qui l’intronise sommité dark aux Dj sets remarquables. Continuer la lecture de « Selectorama : Ivan Smagghe »

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Lionel Fernandez & Jérôme Noetinger, Outer Blanc (Sonoris) / Contumace, (Matt), (Tanzprocesz)

Figure centrale de la scène expérimentale, dans son versant bruitiste/no-wave, Lionel Fernandez peut aisément être considéré comme l’idéal-type du chercheur et déconstructeur de formes. Avec Sister Iodine tout d’abord, trio emblématique d’une scène sous influence Arto Lindsay/DNA/Sonic Youth, il a pu porter haut le flambeau d’une noise maximaliste dans son appréhension du matériau sonore. Ou encore par exemple avec Discom, Minitel ou Antilles, collectifs explorant des territoires plus électroniques, qui ont su incarner une certaine radicalité caractéristique des musiques aventureuses de la période 2000/2010. Peu étonnant dès lors de le retrouver en cette rentrée avec deux projets à l’insularité sans concession. Outer Blanc avec Jerôme Noetinger d’une part, sorti début septembre sur Sonoris, qui entend confronter guitare (passée au filtre d’une multitude d’effets) et magnéto à bande. Contumace ensuite, avec un disque (Matt) prévu début novembre sur Tanzprocesz, qui s’attaque quant à lui aux esthétiques post-industrielles et minimalistes. Continuer la lecture de « Lionel Fernandez & Jérôme Noetinger, Outer Blanc (Sonoris) / Contumace, (Matt), (Tanzprocesz) »

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Jellyfish, Bellybutton & Spilt Milk, (1990 & 1993, Charisma)

C’est la question que l’on redoute par-dessus tout et qui finit tôt ou tard par resurgir. Souvent en plein dîner de famille, parfois dès les premières minutes d’une nouvelle rencontre. Qu’il s’agisse de justifier l’irrationalité inflationniste d’une collection envahissante de quelques milliers de disques ou d’expliquer au profane le contenu exact de ce mystérieux webzine auquel on consacre du temps depuis un bon moment. Immanquablement, elle sera posée avec la naïveté déroutante et involontairement cruelle du Petit Prince face à l’aviateur : “Mais enfin, c’est quoi le genre de musique que tu écoutes ? ” Depuis quelques années, plutôt que de creuser davantage le fossé qui nous sépare de l’interlocuteur curieux en tentant d’échafauder une définition complexe ou en exhibant une liste de noms et de références trop rarement partagées, et qui finissent par éteindre les dernières lueurs de compréhension dans son regard, on préfère opter pour une pédagogie par l’exemple. Et ce sont presque toujours ces deux albums que l’on commence par ressortir. Continuer la lecture de « Jellyfish, Bellybutton & Spilt Milk, (1990 & 1993, Charisma) »

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Boost 3000, Quel album (Pop Supérette / Another Record)

“Est-ce que tu veux bien enlever l’amertume ?”

Voilà ce que c’est, une trop grande proximité avec un label et son gérant, un disque qu’on a écouté à l’avance et qui nous a comblé, les formules qui jaillissent (« Michel Legrand, mono d’une colonie de vacances à Paisley Park », assez imprécise mais spontanée) et qui ne disent pas grand-chose finalement, les kits de presse que personne ne lit (l’histoire d’un garçon et d’une fille qui filent sur une départementale sur une mobylette kitée, les cheveux dans le vent, ce genre, oui c’était un peu de moi, pas de secret entre nous), et on se retrouve fort dépourvus au moment d’écrire LA chronique qu’on aimerait à la hauteur de ce qu’on entend. Peine perdue, pas grave. Les gens bienveillants de Section26 savent que notre écriture est ancrée dans le fanzinat, pas dans la presse quotidienne nationale, ni la revue universitaire. L’excuse parfaite. Continuer la lecture de « Boost 3000, Quel album (Pop Supérette / Another Record) »

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LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS D’OCTOBRE 2021

Cette playlist de nouveautés du début d’automne, on y glisse comme dans un cocon groovy, à la chaleur bienveillante et aux rythmes apaisés, mais pour mieux revenir à l’électricité et à la tension. Richesse des contrastes et beauté des découvertes, c’est tout section26.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer ou Spotify et en version mixée sur Mixcloud. Et aussi, sur agnès b. radio.
NDLR : Les playlists Deezer et Spotify ne comportent pas l’intégralité des titres de cette sélection.

Continuer la lecture de « LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS D’OCTOBRE 2021 »

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Bonnes feuilles : Rosario Ligammari, “Buongiorno Pop” (Le Mot Et Le Reste)

Lucio Battisti
Lucio Battisti

Pas la peine de tourner autour du pot, je ne connais pas grand-chose à la pop italienne. Un single par ci, un album par-là, Litfiba grâce aux années new-wave (et tenez, penser à réécouter Istanbul ce matin même), Lucio Battisti grâce à Fabio Viscogliosi, les tubes des années adolescentes (Sarà Perché Ti Amo, Ma Quale Idea), les abonnés aux succès (Umberto Tozzi, Eros Ramazzotti, Zucchero), les quelques mots de Lio dans Week-End À Rome, Battiato grâce à Phœnix et puis le tour n’est pas loin d’être joué – en trichant, j’ajouterais bien Paninaro des Pet Shop Boys. Continuer la lecture de « Bonnes feuilles : Rosario Ligammari, “Buongiorno Pop” (Le Mot Et Le Reste) »

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Sous Surveillance : Snooper

Spooner
Spooner, dont les photos non pixellisées sont introuvables.

Qui ?

Blair Trammel : chant
Connor Cummins : guitare, basse, batterie, boîte à rythmes

Où ?

Nashville, Tennessee, USA. Continuer la lecture de « Sous Surveillance : Snooper »

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Constant Follower, Neither Is, Nor Ever Was (Shimmy-Disc/Joyful Noise)

Constant FollowerIl est des albums dont l’importance se révèle dans un contexte d’autant plus inattendu que leur beauté singulière contraste alors avec la triste banalité de l’instant. En l’occurrence un quai bondé de RER en panne, l’attente qui semble interminable et l’accablement du début de semaine qui s’ajoute aux angoisses agoraphobes. Dans ces cas-là, le désir de musique a tendance à disparaître, submergé par les envies envahissantes de circonstances : sortir, avancer, récupérer un peu de vie et ne plus être là, tout simplement. Même s’il ne saurait se réduire à cette seule dimension thérapeutique, Neither Is, Or Never Was s’est imposé comme la bande-son parfaite d’une matinée très mal engagée sur ces mauvais rails, encombrés par les débris sinistres d’un énième incident voyageur. L’un des très rares à susciter immédiatement un sentiment de tranquillité protectrice, comme une bulle apaisée au milieu de la foule trop compacte et dans laquelle résonnerait des sons qui étouffent d’emblée tous les bruits parasites aux alentours. Continuer la lecture de « Constant Follower, Neither Is, Nor Ever Was (Shimmy-Disc/Joyful Noise) »

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Inédit : “Meteore”, le nouveau single des québécois Bleu Nuit

Découverts par Michel Records sur leur terre natale québecoise, le quatuor Bleu Nuit avait sorti un premier album avant la vague en 2019, Le Jardin des Mémoires, par l’entremise des parisiens Requiem Pour Un Twister. De retour avec un second album, Metal sortira le 5 novembre chez le label strasbourgeois October Tone. Toujours en français dans le texte – saluons ce qui parait toujours comme une audace -, le single Météore atterrit en premier lieu pour planter le décor. C’est probablement, comme pour beaucoup d’artistes, les conditions d’écriture qui l’ont conditionné. L’exiguïté d’un studio minuscule en temps de pandémie a noirci le propos, toujours entre art-rock, post-punk et new wave, avec cette petite touche pop qui n’est pas pour déplaire.


Métal de Bleu Nuit sortira le 5 novembre chez October Tone.

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In Memoriam, Trish Keenan : Distant Call (Demo, 2000)

Trish Keenan / Broadcast
Trish Keenan / Broadcast

Plus de dix ans ont passé déjà depuis ce terrible 14 janvier 2011 et Trish Keenan nous manque toujours autant. Il est fascinant de constater à quel point, à chaque chanson, que son compagnon James Cargill a l’émouvante attention de nous adresser, à elle et à nous, par les voies de l’internet, pour ses anniversaires, révèle un peu mieux la dimension ésotérique de l’œuvre de la poétesse de Birmingham. Distant Call, Where Are You ?, Tunnel View apparaissent comme autant de psalmodies médiumniques où Trish vivante semble communiquer, inconsciemment, avec son elle-même dans l’au-delà. Comme si des voix lui commandaient d’écrire ces chansons. Cette version demo de la magnifique Distant Call, enregistrée sur bande, chantée et jouée à la guitare sèche par Trish paraît surgir de la nuit des temps. Et c’est bien ce que semble avoir toujours recherché Broadcast : jouer une musique alchimique et intemporelle, spirite et fantomatique, comme jouée par des esprits ayant pris possession des corps de simples mortels. Et l’ironie morbide du sort semble avoir rendue grâce à ce projet dont on se demande parfois dans quelle mesure il relevait sérieusement du domaine de l’occulte ou si c’était un ensemble de hasards enchevêtrés, liés aux inspirations artistiques qui donnent à cette œuvre son caractère si durablement intriguant. Trish Keenan et James Cargill ont baigné dans les séries fantastiques anglaises, les films de la Hammer et The Wicker Man, de Robin Hardy, les livres de Poe, de Lewis Carroll ou de Vítězslav Nezval, et il est singulier que des influences aussi équivoques aient marqué la musique d’un groupe, leur faisant dépasser le simple statut de groupe pop. Broadcast nous a apporté plus que d’élégantes chansons, par eux notre regard sur les choses et les œuvres a changé, à travers leurs disques, leurs mixtapes ou leurs vidéos, ils nous auront fait découvrir des musiques de films tchèques oubliés signées Luboš Fišer, Zdeněk Liška ou Alexeï Rybnikov, aimer autant Bernard Parmegiani que United States of America, Ennio Morricone et The Springfield Rifle… Peu de groupes pop vous cultivent. Les relations entre le hasard, la magie noire, et les sources culturelles dans lesquelles baignaient Trish et ses camarades des West Midlands et du Worcestershire nous intrigueront encore longtemps.

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Leon Ware, Rockin’ You Eternally (Elektra, 1981), Marcos Valle, Vontade de Rever Você (Som Livre, 1981)

Leon WareLe coup de foudre artistique entre Leon Ware et Marcos Valle est peut-être une des rencontres musicales les plus méconnues de la musique populaire moderne. À la toute fin des seventies, le duo écrit ensemble une quinzaine de chansons. Celles-ci sont enregistrées (pour certaines) sur les albums respectifs des deux musiciens de l’époque, plus particulièrement sur Rockin’ You Eternally et Vontade de Rever Vocêtous les deux publiés en 1981. Les deux disques suivants, Leon Ware (1982) et Marcos Valle (1983), accueillent également plusieurs compositions réalisées à quatre mains. Rien ne prédestinait ces deux là à collaborer. Leon Ware, afro-américain, né à Détroit en 1940, démarre sa carrière de compositeur à la Motown en 1967 écrivant pour les Isley Brothers, Jackson Five ou Martha and the Vandellas. Dans les années soixante-dix, il devient un producteur et arrangeur demandé. Continuer la lecture de « Leon Ware, Rockin’ You Eternally (Elektra, 1981), Marcos Valle, Vontade de Rever Você (Som Livre, 1981) »