à la une

Catégories billet d’humeurÉtiquettes

L’Italie me manque

ou l’écoute de façon continue de “Immensità” d’Andrea Laszlo de Simone

Il n’y aura pas d’Italie cet été, et pour me consoler de l’absence de mes paysages familiers, j’écoute de façon continue le dernier album d’Andrea Laszlo de Simone, Immensità, sorti au début du printemps 2020. De façon continue et en boucle tant l’album est court. Il ne comporte que quatre titres et dure vingt-cinq minutes et quelques secondes. ll n’y aura pas d’Italie mais il y a la mer, celle de Marseille d’abord, celle de Corse bientôt après les onze heures de traversée nocturne qui doivent me mener à Ajaccio, retrouver les miens. Continuer “L’Italie me manque”

à la une

Catégories coverÉtiquettes , , , ,

Raoul Vignal reprend “Take Me Home (Part 2)” de Cabane

Raoul Vignal Thomas Jean Henri Cabane
Raoul Vignal et Thomas Jean Henri / Cabane

Au début, je n’ai pas voulu l’écouter. Parce que je trouve tellement parfaite la version originale de cette chanson admirable – sa douceur, sa mélancolie érigée en art de vivre, la voix feutrée de Bonnie « Prince » Billy, les chœurs qui emportent le cœur – que je me suis dit “à quoi bon” ; Et aussi, parce que je peux bien l’avouer, depuis quelque temps maintenant, je suis incapable de réécouter cette chanson, et le sublime album auquel elle appartient (Grande Est La Maison, un petit chef d’œuvre d’intimité déclinée en clair-obscur) qui ont bercé mon quotidien pendant plusieurs semaines – ces semaines de confinement dont je ne me rendais pas compte à quel point elles étaient traumatisantes. Mais ne plus pouvoir écouter un disque, ce n’est pas la première fois que ça m’arrive et en général, ça m’arrive avec des disques importants – le dernier, c’était La Question de Françoise Hardy, que j’ai tenu éloigné de ma platine pendant presque deux ans

. Continuer “Raoul Vignal reprend “Take Me Home (Part 2)” de Cabane”

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , , , ,

“À la ligne” sur scène : Joseph Ponthus, Michel Cloup et Pascal Bouaziz

Joseph Ponthus

J’écris comme je pense sur ma ligne de production divaguant dans mes pensées seul déterminé
J’écris comme je travaille
À la chaîne
À la ligne

Ce sont peut-être ces mots qui m’ont happée dès la première lecture, ces mots et puis tous les autres, ceux du poétique et nécessaire roman de Joseph PonthusÀ la ligne, publié en janvier 2019. Un matin, j’ai écrit tout le bien que je pensais de ce texte sur un réseau social et le soir, l’auteur m’a appelée (je me souviens bien, j’étais dans mon bain et l’eau avait eu le temps de refroidir avant que je ne pense à en sortir). Avec Joseph, nous avons longuement parlé, du singulier, du collectif, du cœur qui continue d’espérer. C’était formidable. Le bonhomme rencontré un peu plus tard est à l’image de son texte, humble, intense et d’une grande générosité. Je n’ai donc pas été surprise, mais c’était encore mieux que ce à quoi je m’attendais. Continuer ““À la ligne” sur scène : Joseph Ponthus, Michel Cloup et Pascal Bouaziz”

à la une

Catégories sériesÉtiquettes , ,

Section Sixteen #4 : Mayli

Qu’écoutent réellement nos kids ?

Khalid 8teen
Extrait de la Lyrics Video de Khalid, “8teen”.
Section16
Logo : Gabrielle

Elles / ils sont des filles de, fils de – ou peut-être des cousines ou des cousins, des nièces, des neveux. Toute la journée, toute la semaine, ils subissent la musique forcément cool qu’écoutent leurs parents ou les membres de leur famille avant que ces derniers n’écrivent quelques lignes ou des tartines pour Section26 – voire d’autres sites du même acabit. Alors, ces ados et pré-ados sont-ils déjà condamnés à écouter ce qu’on leur impose au presque quotidien ? Pas forcément, la preuve par 16, comme en témoigne la quatrième mixtape de cette série, concoctée par Mayli.

Continuer “Section Sixteen #4 : Mayli”

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , ,

Selectorama Jonathan Fitoussi

Jonahan Fitoussi
Jonahan Fitoussi / Photo : Oliver Vaccaro

Le nouvel album de Jonathan Fitoussi, Plein soleil, file la double métaphore de la luminosité et de la géographie imaginaire. Une manière de convoquer l’utopisme futuriste typique des débuts de la musique électronique : comme par exemple avec Amazonie ou encore Vents magnétiques, qui évoquent certaines figures mythiques comme celles de Morton Subotnik ou de Suzanne Ciani, en célébrant cet art subtil de la synthèse modulaire analogique et ce qu’elle peut porter comme visions d’avenir fantasmatiques. Et pour le coup, l’album de Jonathan Fitoussi place la barre très haut. Sa force d’évocation révèle un musicien en pleine possession de ses moyens. Continuer “Selectorama Jonathan Fitoussi”

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Jerry Paper, Abracadabra (Stones Throw Records)

Jerry PaperL’été fut l’occasion de rattraper un peu notre retard sur l’année écoulée en matière de nouveautés. Sorti mi-mai, quelques jours après la fin du confinement, Abracadabra de Jerry Paper n’avait pas eu l’honneur d’une chronique ici contrairement à Like a Baby, son prédécesseur, sorti fin 2018. Enfin physiquement récupéré et posé sur la platine, Abracadabra est aussi séduisant que le précédent si ce n’est plus. Certes Jerry Paper reste fidèle à son esthétique et continue d’œuvrer dans la même direction mais le résultat est toujours aussi charmant, espiègle et élégant. Continuer “Jerry Paper, Abracadabra (Stones Throw Records)”

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Alex Izenberg, Caravan Château (Domino)

alex izenbergLe californien Alex Izenberg a tout de l’élève trop doué et fantasque qui sait qu’il n’a pas besoin d’en faire trop. Son premier album Harlequin, paru en 2016, en a sûrement perdu plus d’un alors que celui-ci célébrait une belle folie dandyesque masquée par un certain je-m’en-foutisme. Il faut reconnaître au garçon, par ailleurs diagnostiqué schizophrène, le don de frustrer son auditoire et maquiller sous des faux airs de démos à peine abouties des compositions pop baroques et psychédéliques pourtant au final vraiment exquises. Quelque chose comme les ambitions démesurées d’un jeune Van Dyke Parks enregistrées sur un 4-pistes de seconde main et accompagnées par la fanfare de la MJC du coin. Continuer “Alex Izenberg, Caravan Château (Domino)”

à la une

Catégories interview, sunday archiveÉtiquettes , , , ,

The Apartments – Sans Domicile Fixe (1995)

The Apartments
Interview The Apartments, extrait du numéro 1 de la RPM, daté de mars-avril 1995.

On ne doit pas rencontrer ses héros ? Sans doute. Mais il y a toujours des exceptions. Lorsque j’ai rencontré Peter Milton Walsh pour la première fois, c’était dans les locaux de son label français – New Rose, peut-être – un matin de novembre, au lendemain d’une prestation électrique au festival des Inrockuptibles. Je crois qu’il avait une légère gueule de bois – et il n’a donc pas dû s’apercevoir que je tremblais légèrement et que j’avais la bouche désespérément sèche. Au moment de lancer le magnéto pour enregistrer ses propos, je ne me doutais pas qu’on parlerait de Kylie et de Dusty, je ne me doutais pas qu’il me laisserait un exemplaire de son premier 45 tours. Et je me doutais encore moins qu’un quart de siècle plus tard, j’écrirais encore à son son sujet – avec la même peur de ne pas être à la hauteur. 

À l’orée des années 90, on avait depuis longtemps rédigé l’épitaphe de Peter Walsh et de The Apartments. « Compositeur australien surdoué, contemporain de Robert Forster et de Grant McLennan, responsable d’un album essentiel – The Evening Visits… Ans Stays For Years – et d’une poignée de singles. A disparu aux environs de 1987, sans laisser d’adresse ». Et puis, l’an passé, l’homme donnait de ses nouvelles, comme si de rien n’était. Drift, disque bleuté et séduisant, confirmait un talent intact. Aujourd’hui, Peter Walsh annonce même la sortie prochaine d’un nouvel album. Une occasion rêvée pour une visite guidée inespérée. État des lieux.

Interview : Les Frères Poussière. Photos : Michelle Pavlou

Continuer “The Apartments – Sans Domicile Fixe (1995)”

à la une

Catégories mixtapeÉtiquettes , , , , ,

Le club du samedi soir #16 : The Apartments

Peter Milton Walsh, The Apartments
Peter Milton Walsh, The Apartments

Et alors, on écrit quoi ? On écrit quoi sur un groupe au sujet duquel on a déjà tant écrit ? On écrit quoi sur un groupe qu’on chérit – et peut-être le dernier groupe pour lequel on serait encore prêt à en venir aux mains ? On écrit quoi sur un groupe dont on pense à chaque disque qu’il a réalisé son meilleur album alors que bien évidemment, le suivant nous fout à nouveau par terre, nous laisse le souffle coupé, nous donne envie de nous servir un dernier verre ?  Alors, on écrit quoi ? Des faits, peut-être. Continuer “Le club du samedi soir #16 : The Apartments”

à la une

Catégories interviewÉtiquettes ,

Oddfellow’s Casino – Potion magique

Oddfellow's Casino
Oddfellow’s Casino

Vingt ans. Pas moins. Répétons-le une fois, au moins, pour en prendre toute la mesure : vingt ans que David Bramwell, seul maître à bord d’un vaisseau taillé par ses propres soins à la dimension de ses compositions étincelantes et méconnues, navigue dans les eaux les plus secrètes de la pop britannique. Depuis les rivages de Brighton, ce dandy touche-à-tout, écrivain, druide de fraîche date, et laborantin pour la BBC à ses heures pas si perdues, n’a eu de cesse de contempler les paysages embrumés d’une Angleterre mi-réelle, mi-fantasmée et dont il excelle à restituer en chansons les mystères poétiques. Sans rompre le fil continu d’une œuvre désormais considérable, Burning ! Burning !, septième album publié en plein cœur du mois d’août, prouve une fois de plus à qui aura le bonheur de l’entendre que Bramwell excelle dans l’art délicat de la rêverie musicale mélancolique et raffinée où, comme chez ses maîtres Mark Hollis et Robert Wyatt, les arrangements savamment dosés et les respirations silencieuses confèrent tout leur relief à des mélodies d’une délicatesse admirable. Mieux encore : afin de célébrer dignement ses deux décennies de passion musicale, il précise dans la foulée que cette nouvelle collection constitue, en réalité, le premier volet d’un triptyque déjà enregistré et dont la suite et la fin  s’enchaîneront dès l’automne. Autant de prétextes bienvenus pour profiter de l’occasion festive et engager avec lui la discussion, tout aussi captivante et riche de surprises que ses chansons. Continuer “Oddfellow’s Casino – Potion magique”

à la une

Catégories portraitÉtiquettes , ,

Golden Daze – Été indien

Golden Daze
Golden Daze / Photos : Ian Tilghman

J’ai croisé Ben Schwab pour la première fois en mai 2019, sur la terrasse du Point Ephémère à Paris. Drugdealer, pour qui il donnait de la voix et de la guitare, venait avec sa bande d’achever un moment inoubliable. Alors que je tombais sur lui à la sortie de la salle, je ne manquais pas de le féliciter pour ce qui était déjà (et est resté) pour moi le plus beau concert de l’année. Puis, craignant une suspicion de fayotage, je glissais un compliment impassible sur un autre de ses accomplissements : Golden Daze, son projet partagé avec Jacob Loeb, et Simpatico qui, sorti à peine trois mois plus tôt, tournait en boucle dans mes oreilles et dans ma tête. C’est en pleine pandémie, à plus de 9 000 kilomètres de distance, que nous avons eu l’occasion de poursuivre cette discussion maladroitement entamée un an plus tôt. Le prétexte ? La publication des premiers enregistrements de Simpatico (réunis sous le simple titre de Simpatico Demos), ou l’occasion de redécouvrir un album resté trop confidentiel. Continuer “Golden Daze – Été indien”

à la une

Catégories coverÉtiquettes , , ,

The Stroppies reprennent “Used To” de Wire

The Stroppies
The Stroppies

Depuis quelques années, tout se passe comme si le centre de gravité de la pop indé s’était déplacé vers l’Australie et en particulier vers la ville hyper-créative de Melbourne, où crèchent les Stroppies. Pour mémoire, l’émission Transmission #32 de Section 26 avait donné un bel aperçu de cette nouvelle scène pop australienne en pleine effervescence.

Continuer “The Stroppies reprennent “Used To” de Wire”

à la une

Catégories sous surveillanceÉtiquettes , ,

Sous Surveillance : Bubble Tea and Cigarettes

Bubble Tea And Cigarettes
Bubble Tea And Cigarettes

Qui ?

Un duo new-yorkais formé de Kat (chant, guitares) et Andi (chant, guitares, basses, synthétiseurs). Le couple, en musique comme dans la vie, a fréquenté les mêmes écoles en Chine mais n’ont commencé à vraiment se fréquenter que depuis leur installation à New York.

Où ?

Le couple écrit, enregistre et autoproduit ses titres dans la chambre de son logement à New York. Pour son dernier titre, les deux musiciens ont fait appel pour le mixage à Anthony “Rocky” Gallo (Norah Jones, Cat Power, Yeasayer, Cigarettes After Sex…) Continuer “Sous Surveillance : Bubble Tea and Cigarettes”

à la une

Catégories sériesÉtiquettes , ,

Section Sixteen #3 : Tiago

Qu’écoutent réellement nos kids ?

Kraftwerk Lego

Kraftwerk X Lego

Logo : Gabrielle
Logo : Gabrielle

Elles ou ils sont des filles de, des fils de – ou peut-être des cousines ou des cousins, des nièces, des neveux. Toute la journée, toute la semaine, ils subissent la musique forcément cool qu’écoutent leurs parents ou les membres de leur famille avant que ces derniers n’écrivent quelques lignes ou des tartines pour Section26 ou d’autres publications du même acabit. Alors, ces ados et pré-ados sont-ils déjà condamnés à écouter ce qu’on leur impose au presque quotidien ? Pas forcément, la preuve par 16, comme en témoigne la troisième mixtape de cette série qu’on espère la plus longue possible, concoctée par Tiago.


Continuer “Section Sixteen #3 : Tiago”

à la une

Catégories festivalsÉtiquettes , , , ,

Musical Ecran 2020 : Brian Ferry, “Don’t Stop The Music” de Catherine Ulmer-Lopez

Brian Ferry
Brian Ferry, le dernier des célèbres playboys internationaux

Dans ce documentaire “made in” Arte diffusé prochainement sur la chaine de télévision culturelle franco-allemande coécrit avec Jean-Daniel Beauvallet, ancien rédacteur en chef “musique” du magazine Les Inrockuptibles, l’artiste Bryan Ferry, chanteur du groupe Roxy Music, est présenté comme une pièce majeure, sinon essentielle, de la pop britannique. Dans le cadre du panorama désormais habituel depuis les Beatles, s’intéresser à la figure de Bryan Ferry permet surtout, pour reprendre l’expression anglo-saxonne, de “Join the dots” (“relier les points”) parmi une cosmogonie dont l’astre majeur resterait David Bowie. Continuer “Musical Ecran 2020 : Brian Ferry, “Don’t Stop The Music” de Catherine Ulmer-Lopez”

à la une

Catégories avant-premièreÉtiquettes , , , ,

Avant- première : le nouvel album de Chiens de faïence en écoute

chiens de faience

La petite chose pop ourlée à la maison à toujours de beaux jours devant elle. Et il ne s’agit pas uniquement d’une histoire de confinement, au centre de la création artistique de cette année noire. Chiens de faïence avaient déjà poussé les meubles de leur salon pour un premier album en 2017, No Reason, (Hellzapoppin Records et Royal Calin Records). Revoici le trio pour le fameux second album, celui qui confirme ou désavoue, que Boris Cuisinier, Harmonie Aupetit (guitare, basse, chant) et Malo Vannet (batterie) ont eu l’idée maline d’appeler Fail & Foil (échouer et déjouer), pour mieux chasser le mauvais oeil. A Nanterre, dans leur home sweet home, ils ont remis le couvert pour une collection de pop songs au charme parfois ingénu, aussi attachantes que joliment troussées. Ils aiment Beat Happening, The Clean, The Moldy Peaches, Daniel Johnston ou Younolovebunny, et s’inscrivent parfaitement dans leur descendance, pour preuve, ces 14 titres produits par l’aussie Mikey Young (Eddy Current Suppression Ring, Total Control) que nous vous proposons d’écouter une semaine avant leur sortie sur Howlin’Banana Records, Hellzapoppin Records et Safe In the Rain Records.

à la une

Catégories festivalsÉtiquettes , , , ,

Musical Ecran 2020 : “Felix in Wonderland” de Marie Losier

Felix in Wonderland de Marie Losier
“Felix in Wonderland” de Marie Losier

Depuis plus d’une trentaine d’années, Felix Kubin élabore une œuvre parmi les plus iconoclastes de la scène électronique allemande. Creusant une esthétique kraftwerkienne à la théâtralité rétro-futuriste encore plus marquée, son travail a pu s’imposer en jouant sur quelques motifs obsessionnels orchestrés au gré d’une discographie pléthorique et de prestations scéniques joyeusement décalées, comme en à témoigné un passage mémorable au festival BBmix à Boulogne en 2013. Continuer “Musical Ecran 2020 : “Felix in Wonderland” de Marie Losier”

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Naked Roommate – Do The Duvet (Upset! The Rhythm)

« Je suis le bébé. » C’est l’affirmation répétée tout au long du premier album des Californiens de Naked Roommate. Hommage au nain du roi Stanislas, à l’Epépé de Ferenc Karinthy, simple babille… ou revendication d’une innocence et d’un amour du jeu qui renvoie à toute une tradition de la pop et du post punk ? On ne saurait dire. De mémoire, on n’a jamais vu de bébé avec une si solide éducation, maîtrisant autant son propos et jouant avec tant de charme de sa candeur et de son espièglerie. Continuer “Naked Roommate – Do The Duvet (Upset! The Rhythm)”

à la une

Catégories mixtapeÉtiquettes , ,

Le club du samedi soir #15 : Who Says Girls Can’t Drum ? (partie 1)

Viola Smith et ses 17 percussions en 1941.

Une idée persistante voudrait que la batterie soit un instrument de mec.
Il faut dire que pendant longtemps, les nanas jouant de la batterie se sont faites aussi rares que l’eau dans le désert. Si dans l’histoire des musiques populaires les chanteuses n’ont jamais manqué, les filles ont en revanche mis du temps à se faire une place comme musiciennes professionnelles, quel que soit l’instrument pratiqué. Quant à elles, les batteuses ont longtemps été totalement sous-représentées. La pionnière d’entre elles, Viola Smith, aujourd’hui âgée de 108 ans (!), a dû se sentir bien seule lorsqu’elle se produisait dans les années 1930-1940 dans un milieu de musiciens de jazz archi-macho, trusté par les mâles. Continuer “Le club du samedi soir #15 : Who Says Girls Can’t Drum ? (partie 1)”

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , , , ,

The Beloved : “On faisait partie d’un nouveau mouvement sans nous en rendre compte “

The Beloved
Steve Waddington et Jon Marsh, The Beloved, 1990
The Beloved
The Beloved, sticker promo, 1990

Avec Happiness, The Beloved a marqué une génération de clubbers et d’indie kids au fer blanc. Si certains albums de la même époque, Screamadelica (1991) de Primal Scream en tête, ont aujourd’hui acquis le statut de classiques incontournables, on a tendance à oublier à quel point The Beloved étaient des précurseurs. Contrairement à certains devant en partie leur renommée aux talents de DJ et/ou producteurs, Jon Marsh et Steve Waddington ont incorporé des éléments de house dans leur musique dès 1987. Inlassables têtes chercheuses, ils arriveront à la formule parfaite avec Happiness dont l’enregistrement a été finalisé mi-1989. Le groupe devra encore patienter quelques mois avant de rencontrer un succès mérité. Rares sont les albums ayant réussi à représenter différentes humeurs musicales de l’époque. Du crossover rock-dance d’Hello au chill-out The Sun Rising, on a l’impression de suivre en musique la journée et les humeurs d’un kid anglais de l’époque. Il suffit de se rendre sur la page facebook du groupe animée par Jon Marsh lui-même pour se rendre compte de l’impact de ce disque qui mérite amplement de revenir sur le devant de la scène à l’occasion des 30 ans de sa sortie. Une superbe réédition supervisée par le groupe remonte jusqu’à la genèse d’Happiness en proposant inédits et versions de travail de haute volée. Nous avons longuement échangé avec Jon Marsh à cette occasion. Loin d’être avare en détails et anecdotes, il décrit avec passion et un brin de nostalgie les événements allant de la création de Happiness jusqu’au départ de Steve Waddington une fois le succès rencontré. Une chose est certaine, à écouter Jon Marsh nous parler de cette période de sa vie, Happiness porte vraiment bien son nom. Continuer “The Beloved : “On faisait partie d’un nouveau mouvement sans nous en rendre compte “”

à la une

Catégories Le stream était presque parfaitÉtiquettes , , ,

Cry Babies, Running In The Outer Space (In Fact !)

Tout l’été, les albums qui ont échappé aux radars des plateformes de streaming.

La power-pop – puisque c’est une fois encore d’elle et de ses évangiles dont il s’agit ici – n’a jamais eu très grosse cote, encore moins dans sa version originale, au beau pays du Yéyé. Prenez My Sharona de The Knack, par exemple : la France demeure à ce jour le seul pays où il aura fallu attendre 2004 et une adaptation façon grosse poilade de Michaël YounComme Des Connards – pour que le tube le plus universel du genre s’impose au sommet des charts. A défaut de pouvoir ici décrypter les fondements cachés de cet atavisme paillard, force est de constater qu’il n’y a que dans l’Hexagone où les très rares exemples de diffusion massive de cette forme musicale pourtant profondément accessible ont systématiquement dû emprunter les chemins dévoyés de la gauloiserie en VF. Continuer “Cry Babies, Running In The Outer Space (In Fact !)”

à la une

Catégories coverÉtiquettes , , , , ,

Èlg reprend “Something Big” par Jim O’Rourke (qui reprend Burt Bacharach)

Portrait du musicien Èlg
“Soudain, un inconnu vous offre des fleurs”. Èlg / Photo : Hélène Bernard

Au jeu des costumes et des masques, Laurent Gérard a.k.a. Èlg est très fort. Preuve en est car, qu’il soit cavalier seul ou en bande organisée (par exemple au sein d’Orgue Agnès ou d’Opéra Mort), il sort depuis plusieurs années de son chapeau de magicien démons et merveilles, autrement dit des bandes-sons intrigantes et à géométrie variable qui ravissent les oreilles en mal de révélations soniques sous forme d’inattendu. Ici musique-de-film (courez voir Les Particules de Blaise Harrison sorti en 2019) ou là tête-de-radio (écoutez un peu pour voir les 10 épisodes d’Amiral Prose), il s’amuse à se laisser aller à l’onirisme le plus délirant, tout en cris ou en murmures, et bâtit un tout fait des bris de glace d’un espace-musique en ruines. Quoi de plus normal alors qu’il nous propose aujourd’hui d’écouter, tel un Dr. Frankenstein facétieux (le titre était initialement sorti sur une compilation du label Vilain chien), une reprise d’une reprise entre quatre z’yeux bleus chers à notre cœur. Sous les visages de Bacharach et d’O’Rourke donc, « j’avais envie d’y injecter un peu de robotisation sensuelle et quelques harmonies plus mélancoliques » — nous dit-il. Something big ? Eurêka !

Continuer “Èlg reprend “Something Big” par Jim O’Rourke (qui reprend Burt Bacharach)”

à la une

Catégories blindtestÉtiquettes , ,

Blind Test : Sylvie Simmons

Sylvie Simmons écoute des poèmes de Leonard Cohen au Jewish Museum de New York en 2019 / Photo Twitter

Alors qu’elle sort Blue on Blue, son superbe deuxième album qui, comme son prédécesseur, a été produit par Howe Gelb et dont elle nous a longuement parlé ici, Sylvie Simmons a accepté de se prêter au jeu d’une sorte de blind test. L’occasion de vérifier que parler de musique avec une personne qui, comme elle, a interviewé tout le monde ou presque, c’est, par exemple, commencer par parler de Tom Waits pour rebondir aussitôt sur ce que Johnny Cash prenait au petit déjeuner. Continuer “Blind Test : Sylvie Simmons”

à la une

Catégories blindtestÉtiquettes , ,

Blind Test : Sylvie Simmons (English version)

Sylvie Simmons listens to poems by Leonard Cohen at the Jewish Museum, New York, 2019 / Photo Twitter

As she releases Blue on Blue, her superb second album which, as its predecessor, has been produced by Howe Gelb, Sylvie Simmons has indulged to do a mix between a blind test and a playlist for us. Which leads us to realize that chatting about music with someone who, like her, has interviewed almost everyone in rock music, is, for instance, starting to talk about Tom Waits to quickly sliding to what Johnny Cash used to have for breakfast. Continuer “Blind Test : Sylvie Simmons (English version)”

à la une

Catégories sériesÉtiquettes , ,

Section Sixteen #2 : Brigitte et Nicole

Qu’écoutent réellement nos kids ?

Fairy Tail
L’Anime “Fairy Tail” (“C’est le blockbuster à la maison” dixit le père)

Logo : Gabrielle
Logo : Gabrielle

Elles / ils sont des filles de, fils de – ou peut-être des cousines ou des cousins, des nièces, des neveux. Toute la journée, toute la semaine, ils subissent la musique forcément cool qu’écoutent leurs parents ou les membres de leur famille avant que ces derniers n’écrivent quelques lignes ou des tartines pour Section26 – voire d’autres sites du même acabit. Alors, ces ados et pré-ados sont-ils déjà condamnés à écouter ce qu’on leur impose au presque quotidien ? Pas forcément, la preuve par 16, comme en témoigne la seconde mixtape de cette série qu’on espère la plus longue possible, concoctée par un duo de sœurs : Brigitte et Nicole.

Continuer “Section Sixteen #2 : Brigitte et Nicole”

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Crack Cloud, Pain Olympics (Meat Machine)

Crack CloudLa compilation d’EP et les concerts de Crack Cloud furent une claque en 2018. L’annonce d’un premier album accompagné des clips d’Ouster Stew et Tunnel Vision ne fit qu’amplifier notre impatience. Les deux chansons convoquaient le souvenir encore vif d’un post-punk sachant s’affranchir de ses références sans se trahir. Quand Pain Olympics est arrivé chez un de nos disquaires parisiens préférés, nous nous sommes pas posés la question, d’autant plus que les chroniques affleurantes ici et là étaient fort élogieuses… Sans être une catastrophe, nous nous devons de dégonfler un peu la hype sur un disque bancal, emphatique et dépassé par sa propre ambition. Continuer “Crack Cloud, Pain Olympics (Meat Machine)”

à la une

Catégories chronique rééditionÉtiquettes , , , , ,

Jonathan Richman, I, Jonathan (Rounder, 1992, réédition Craft Records 2020)

 

Jonathan Richman, I, JonathanJojo, le héros.

Le vôtre, le mien, le nôtre, le tout un chacun, chacun sait, chacun à sa version.

C’est un homme qui sort un brin de l’ordinaire.

Faire court ? Lui sait, moi pas. Cette réédition en vinyle d’un album de 1992 permet toutefois d’en dire pas mal. Car c’est le moment où il est notre idole absolue (sur les bons conseils des Pastels, de Galaxie 500, des oubliés Rockingbirds et de Duglas des BMX Bandits) et même s’il ne sait pas trop où il en est lui-même, il sait toujours où nous trouver. Il sort d’ailleurs régulièrement des disques relativement excitants à l’époque, à l’inverse d’un Lou Reed*.

Continuer “Jonathan Richman, I, Jonathan (Rounder, 1992, réédition Craft Records 2020)”

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , ,

Rose City Band, Summerlong (Thrill Jockey)

Rose City BandUn aveu s’impose d’emblée : à tort, sans doute, on n’avait jamais fait grand cas des déclinaisons multiples de l’œuvre musicale de Ripley Johnson avant qu’il en inaugure l’an dernier cette version un peu décalée et nettement épurée. Un premier album autoproduit, confidentiellement diffusé à compte d’auteur en mai 2019 puis réédité aux premiers mois de l’année du Pangolin par Thrill Jockey – Rose City Band (2019) – puis, dans la foulée, ce Summerlong estival et discret qui confirme et prolonge une première impression saisissante : loin des stridences néo-psychédéliques de Wooden Shijps et de la pop synthétique de Moon Duo, c’est dans cette configuration pastorale et presque nonchalante que Johnson parvient à se rapprocher de l’essentiel. Continuer “Rose City Band, Summerlong (Thrill Jockey)”

à la une

Catégories playlistÉtiquettes , ,

SECTION26 NEWS#8 : 08.2020

Playlist section26 Août 2020

Une année pas comme les autres et un été étrange donneront forcément une rentrée décalée. À l’heure où nous n’avons toujours pas vraiment de nouvelles précises quand à la réouverture des salles de concert et des clubs, exsangues pour la plupart, les sorties se réveillent en douceur, les nouveautés pointent le bout de leur nez. Voici notre moisson aoûtienne, en priant pour que ce gouvernement se réveille enfin et que des mesures soient dictées. Achetez des disques pour le moment, les disquaires indépendants n’attendent que vous. (TS)

Playlist disponible en cliquant juste ici sur YouTube, Deezer et Spotify.

Continuer “SECTION26 NEWS#8 : 08.2020”

à la une

Catégories mixtapeÉtiquettes , , , ,

Le club du samedi soir #14 : Love songs

Love Songs

Que ce soit à la RPM ou avec Section26, j’ai toujours adoré ça : les conversations à bâtons rompus autour d’un coin de table ou d’un coin de Messenger, une idée qui en amuse un, puis l’autre et c’est la naissance d’un projet. C’est exactement comme ça qu’est née cette mixtape, lors d’un échange à trois (oui, trois) un matin de juillet, une remarque au sujet d’une chanson (je crois qu’il s’agissait de la tourneboulante Love At First Sight de The Gist – et nous y reviendrons) et la balle saisie au bond : “Tenez, et si on faisait un Club du Samedi Soir qu’avec des chansons dont le titre contient le mot ‘Love’”. Environ deux cents échanges de liens YouTube plus tard, nous étions persuadés que nous tenions là une vraie fausse bonne idée. Alors, autant la concrétiser. Continuer “Le club du samedi soir #14 : Love songs”

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , ,

Sylvie Simmons – Les Mots bleus

Sylvie Simmons
Sylvie Simmons

Six ans après le très sobrement nommé Sylvie, un premier album qui avait fait forte impression, Sylvie Simmons ressort son ukulélé (!) et présente Blue on Blue, un deuxième LP qui semble l’installer enfin comme une chanteuse à part entière, et plus seulement comme une “journaliste ayant enregistré un disque”. Mais, derrière cette réussite, il y a également l’histoire d’une gestation très mouvementée et marquée, notamment, par un grave accident, par une interruption de deux ans dans le processus d’enregistrement et, surtout, par l’idée que ce disque a vraiment failli ne jamais voir le jour. Continuer “Sylvie Simmons – Les Mots bleus”

à la une

Catégories Le stream était presque parfaitÉtiquettes , , , , ,

Dump, That Skinny Motherfucker With The High Voice (Shrimper, 1998)

Tout l’été, les albums qui ont échappé aux radars des plateformes de streaming.

Il y a quelques jours, la chaîne de télé du net Cinephobe s’apprête à diffuser une version inédite du film I’ll Do Anything de James L. Brooks. Cette version, Graal des adeptes du cinéaste américain, serait le fameux mais invisible montage avec la musique composée à l’époque par Prince (dont neuf chansons) et rejeté au dernier moment. Alors que les communautés cinéphiles s’activent à planifier la récupération des données, quelques heures avant la programmation, tombe une malheureuse nouvelle : la chaîne fait part d’un message reçu en dernière minute. Il s’agit du redoutable cabinet Fredrikson qui gère, depuis la mort de la star, ses droits. Froidement, fermement, les juristes et avocats intiment l’ordre de ne pas diffuser ce programme, sous peine de poursuites dévastatrices. Avec un définitif : pouvez-vous nous joindre par courrier électronique pour signifier que vous avez bien compris ? Compris ? Continuer “Dump, That Skinny Motherfucker With The High Voice (Shrimper, 1998)”