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Inédit : Unschooling, Random Acts Of Total Control EP (Howlin Banana)

Unschooling / Photo : Luisa Loreal
Unschooling / Photo : Luisa Loreal

Non, nous ne sommes pas à Vancouver ou Calgary, mais bien à Rouen ou les garçons de Unschooling orchestrent avec un gant de velours, un post punk teinté de guitares mathématiques. Après une confidentielle et magnifique cassette Defensive Designs parue en 2019, le quatuor déboule avec Random Acts Of Total Control, à paraître chez Howlin Banana records le 16 Avril prochain. Sur cet EP, cinq titres métronomiques où les guitares sont saillantes et dissonantes, la batterie réglée sur pilotage automatique. L’atmosphère générale des morceaux est tendue, mais Unschooling peut se targuer d’avoir trouver la bonne recette avec d’un côté, un soupçon de violence due aux effets résonnants comme des déflagrations, et de l’autre avec une rythmique chaloupante très apaisante. Vite, un concert.

Pour battre la mesure…

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Tim Cohen, You Are Still Here (Bobo Integral)

Il n’est jamais aisé de parfaire la spontanéité, de progresser dans l’imperfection ou de peaufiner le fragile. Représentant notable de cette culture indie-pop qui nous tient précisément à cœur pour cette capacité à ériger l’approximation en étendard de l’œuvre, Tim Cohen est parvenu à accumuler sous diverses appellations – The Fresh & Onlys, Magic Trick – une bien jolie collection de petits bibelots d’inconstance sonore, attachants du fait même de leur incapacité à procurer la plénitude, vacillant souvent d’un style à un autre – tantôt folk, tantôt garage ou psychédélique. Toujours enraciné dans les cultures musicales de son San Francisco d’attache, Cohen se risque, à l’occasion de ce sixième album solo, à canaliser davantage son inspiration foisonnante en conférant à ses créations une forme plus ambitieuse et plus aboutie. Continuer la lecture de « Tim Cohen, You Are Still Here (Bobo Integral) »

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Boards Of Canada : Les moissons du ciel

Hell Interface
Boards of Canada

Sans nouvelles des écossais depuis Tomorrow’s Harvest en 2013, date de cette rare interview donnée par les frères de Boards Of Canada, généralement peu friands des média, on espère toujours entendre un nouvel album en provenance de leurs studios isolés à la campagne. Sept ans s’étaient écoulés entre le lumineux The Campfire Headphase (2005) et cet album plus sombre, il n’est donc pas utopique d’espérer encore. En attendant, voici un état des lieux de leur création à l’époque de la sortie du dernier disque en date.


Marcus Eoin et Mike Sandison auront beau le nier, ils sont très soucieux de la manière dont le public perçoit leur musique. Il n’y a absolument rien de méprisable à cela, bien au contraire. S’il avait pu, Stanley Kubrick aurait repeint lui-même les salles de cinéma qu’il n’estimait pas assez obscures pour projeter ses films. Pour Boards Of Canada, c’est un peu la même chose. Bon, d’accord, ils ne viendront pas régler eux-mêmes l’équaliseur de votre chaine hi-fi ou changer la disposition de vos enceintes audiophiles, mais ils prennent soin de tous les détails, de l’enregistrement jusqu’à la promotion. Continuer la lecture de « Boards Of Canada : Les moissons du ciel »

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Le club du samedi soir # 43 : My Bloody Babies

A la suite de notre mixtape précédente, il fallait bien deux volumes pour célébrer la descendance des irlandais My Bloody Valentine. Par Etienne Greib, Pauline Nunez, Coralie Gardet, David Jégou et Xavier Mazure.

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Nervous Twitch

Nervous Twitch
Nervous Twitch

A Leeds, ville qui a vu naître Delta 5, The Mekons, The Wedding Present, Soft Cell, The Pale Saints, ou plus récemment The Manhattan Love Suicides, le flambeau de la pop ne s’est jamais éteint. Le groupe Nervous Twitch est là pour en témoigner, qui depuis 2011 a régulièrement pondu nombres de micro-tubes cool et entêtants qui méritent le détour. Le trio, qui puise son inspiration du côté des Ramones, de Shonen Knife, des formations riot grrrls des années 1990, des girls groups des sixties, du rock fifties et de la surf music, vient juste de sortir un quatrième album éponyme. C’est l’occasion pour nous de revenir sur les meilleurs titres du groupe et ceux de leur dernier disque, chansons qui s’écoutent comme on déguste des milkshakes colorés qu’on pourrait boire sans soif. Continuer la lecture de « Nervous Twitch »

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GY!BE dans le train Saint-Flour-Chaudes-Aigues / Béziers

[Aumont-Aubrac]

La première fois, ce fut pour eux.
La première fois que j’écrivis plus loin qu’une chambre, ce fut pour eux.
Il y avait longtemps déjà qu’on n’espérait plus les voir. On appelait ça le hiatus. On avait pas mal besoin d’eux, on ressentait ce besoin.
Je les avais vus un soir d’avant, tournée Yanqui U.X.O., à l’affiche avec (smog), c’était à Clermont-Ferrand et ça n’arrive plus. Une soirée dédiant la poésie à l’intelligence, ou l’inverse, je ne sais plus trop. J’étais allé seul à ce concert. On est un peu seul dans cette musique, seul et pas seul, seul et complètement là, complètement dans le tout de la masse sonore, dans la durée, comme dans une chanson qui est le monde.
Je n’en parlai pas. Continuer la lecture de « GY!BE dans le train Saint-Flour-Chaudes-Aigues / Béziers »

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L’école de la vie – Ryley Walker, Nathalie Quintane, Pascal Thomas

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Ryley Walker
Ryley Walker

Le printemps offre ses disques. Il y a plus de vingt ans, je quittais une mansarde haut perchée, rue de Rome à Marseille. Une rue morne et folle à la fois où on trouvait, en longeant des trottoirs particulièrement amochés, des magasins de fringues ignobles, de grandes tablées de bijoux fantaisies et le temple des instruments de musique inaccessibles : Scotto. Je rêvais dans les rues marseillaises avec Tara, une canadienne mélancolique au regard noir fusain. Continuer la lecture de « L’école de la vie – Ryley Walker, Nathalie Quintane, Pascal Thomas »

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Sinaïve reprend “Changer” de Stereolab

La cassette de reprises réalisée pour le fanzine Langue Pendue comportait déjà en couverture cette figure de femme forte, béret sur la tête et cigare aux lèvres, sorte de Che Guevara au féminin comme si elle était réinventée par Guy Peellaert sur fond doré. L’engagement n’est pas chose vaine pour notre quatuor strasbourgeois préféré, qui illustre cette cover de StereolabChanger, tout est déjà dans le titre – par des images d’une salle de cinéma déserte et d’un pas de danse improvisé par des danseuses en tutu blanc sur le parvis de l’Opéra Garnier en grève. Poétique et percutant, à l’heure où la culture se meurt.

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Selectorama : Le Syndicat des Scorpions

Parfois, un Selectorama permet d’y voir plus clair sur un artiste ou un label méconnu. La région Grand Est compte autant de départements que d’artistes énigmatiques, de la grande triple alliance internationale de l’Est à TG Gondard, en passant par Zad Kokar. Au cœur d’un maillage de salles, labels, fanzines façonnés par des passionné(es), un label messin obscur. En place depuis plus de 5 ans, Le Syndicat des Scorpions édite nombre d’albums d’artistes solo ou groupes au noms aussi intrigants que Accou, Violent Quand On Aime, Regis Turner ou encore Scarlatine. Loin des sentiers balisés, il faudrait presque sortir son GPS pour arriver à lui coller la moindre étiquette. Nicolas défend les musiques à tendance électronique, parfois chantées en français, intimistes, bruitistes et la plupart du temps fabriquées dans des endroits à taille réduite. Un soin particulier est mis dans les pochettes, quelquefois fleuries, toujours colorées. Seul maître à bord, il parvient à sortir des cartons quatre productions par année, une par saison en somme. Dernière cassette en date : Du désespoir plein la trompette de  Magicien Windows parue le 2 mars dernier et déjà épuisée. Depuis 2018, il propose des sélections de qualité sur LYL radio dans l’émission L’Hypothèse Grise que nous vous recommandons fortement. Eclectisme de mise, à l’instar de sa sélection. La preuve en dix titres !

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Sous Surveillance : le nouveau label Too Good To Be True

Too Good To Be True
Too Good To Be True

Qui ?

Tout commença avec beko, très estimé label défricheur brestois, qui connut deux périodes – de 2009 à 2011, beko dsl, avec des singles voire des albums téléchargeables chaque semaine gratuitement, débutant par Death In Vanilla, finissant en beauté par Ela Orléans ; et à partir de 2012, beko disques, avec un passage aux réalisations physiques vinyle, k7 et CD, et une pelletée de singles digitaux. La sortie CD de La Houle marque la fin de l’aventure beko en 2017, après la publication de 370 artistes. Continuer la lecture de « Sous Surveillance : le nouveau label Too Good To Be True »

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Kükens, Moselle malchance (autoproduction)

Kükens“J’voudrais remercier tous les hommes qui à la fin des concert nous donnent des conseils, c’est super, by the way, on fait pas de la musique, on fait de l’art, merci, allez bisous”

Une cassette en autoproduction à quelques dizaines d’exemplaires, il n’en faut pas plus pour me faire bouger les moustaches. Les Kükens de Metz m’avaient été recommandées par Renz, qui les a vues en concert l’année dernière après le premier confinement. Sans doute le seul concert qui a eu lieu en 2020 dans le coin. Continuer la lecture de « Kükens, Moselle malchance (autoproduction) »

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Essaie de comprendre 6/8

Échantillons d’une histoire du label Lithium, prélevés dans l’édition spéciale du fanzine Langue Pendue #11, Les Années Lithium

1996 : au cœur du réacteur, Stéphane Teynié tient le rôle de l’ingénieur, tête froide, idées claires, avec pour but de  mener l’expérience jusqu’au bout. Face à lui, un groupe remanié, en fusion, qui travaille, (se) cherche, sur le point d’enregistrer un album sorti de nulle part : c’est le #3 de Diabologum, bien sûr, chef-d’œuvre reconnu depuis de la discographie du label Lithium, et réédité il y a quelque temps par le label Ici d’ailleurs. Il raconte sa version de l’histoire.

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The Keys, Unlocked (Flash Bang Records)

The Keys, Unlocked (Flash Bang Records)C’est bien connu, les révolutions présentent entre autres avantages d’offrir parfois une seconde virginité aux ringards les plus anonymes et de faire table rase du passé pour mieux effacer les casiers musicaux les plus chargés. À l’instar de bon nombre de leurs compatriotes britanniques – Elvis Costello, The Stranglers, The Only Ones ou même Joe Strummer –, les membres de The Keys ne présentent que bien peu de traits communs avec les jeunes perdreaux de l’année 1977. Qu’à cela ne tienne ! Une bonne coupe de cheveu – en témoigne la banane de compétition arborée sur la pochette par le chanteur et bassiste Drew Barfield – suivie d’un bref lifting musical et les hippies, les ex-fans de rock progressif ou les pub rockers d’hier retrouvent en un clin d’œil une seconde jeunesse. Continuer la lecture de « The Keys, Unlocked (Flash Bang Records) »

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Jackson Reid Briggs & The Heaters, “Waiting In A Corner” (Drunken Sailor / Legless)

Jackson Reid Briggs & The Heaters
Jackson Reid Briggs & The Heaters

Sa première date avec un backing band français, c’était à l’Espace B, accompagné de Pierre et Bastien. Depuis, l’Australien et sa bande de Stakhanovistes ont sorti deux albums sur leur label Grubby Publications, et leur petit dernier l’an passé sur un label Breton qui lorgne depuis longtemps sur les terres Australes, Beast Records. Ces hyperactifs reviennent début avril avec Waiting In A Corner paru chez Drunken Sailor pour l’Europe et Legless pour l’Australie. A la filiation, on retrouve les Saints et Dead Moon ; c’est rugueux, le mélange guitares lourdes et voix rocailleuse est puissant, mais le groupe a aussi cette capacité de proposer mélodies et harmonies au sein du fracas. Pour rentrer dans l’œil du cyclone, c’est par ici…

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Whitney K., Two Years (Maple Death)

Whitney K. Avant ce disque, le Montréalais Konner Whitney, qui se présente ici en groupe sous le nom de Whitney K., n’avait sorti que deux cassettes à une échelle pour le moins confidentielle (soixante exemplaires édités pour When the Party’s Over, la seconde). Aujourd’hui, le voici donc qui revient avec ce superbe Two Years, son véritable premier album, une œuvre dont la beauté vacillante et la poésie gentiment cintrée semblent le situer dans la lignée des héros oubliés de l’Antifolk new-yorkais du début des années 2000. Continuer la lecture de « Whitney K., Two Years (Maple Death) »

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À propos de Cathal Coughlan

Cathal Coughlan
Cathal Coughlan

Notre mémoire nous joue souvent de sacrés tours. Ce que nous retenons est lié à notre situation, je veux dire à l’endroit où nous sommes, à la position que nous occupons et ce qui nous a marqué ne marque pas forcément les autres de la même manière. Il est donc probable que ce que je vais évoquer n’ait pas été mémorisé à l’identique par Eva Schwabe, ma partenaire artistique, et encore moins par Cathal Coughlan.

par François Ribac, compositeur de théâtre musical et sociologue

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Le club du samedi soir # 42 : My Bloody Boomers

MBV

Chez Section 26, nous sommes nombreux à avoir su garder une âme d’enfant et toute l’ingénuité qui va avec. Aussi, en début de semaine, lorsque My Bloody Valentine s’est fendu d’un tweet énigmatique pour teaser du vent, nous avons à nouveau caressé bien des espoirs. La seule véritable information est venue d’une interview accordée au New York Times publiée le 31 mars dans laquelle Kevin Shields a annoncé que lui et ses amis étaient en plein travail sur deux nouveaux albums lorsque la Covid les a interrompus. On y apprend aussi que Kevin Shields est (probablement pour la première fois de sa vie) pressé de mener à bien ce projet.

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Cathal Coughlan : “C’est ma conclusion provisoire.”

Cathal Coughlan
Cathal Coughlan

A l’échelle de notre petit monde, c’est un événement qu’il convient donc de célébrer avec la considération qu’il mérite. Demeuré presque entièrement silencieux depuis dix ans, Cathal Coughlan renoue enfin le fil d’un discours musical original et cohérent, trop longtemps interrompu. Song Of Co-Aklan (Dimple Discs) confirme brillamment les dons uniques de l’ancien leader de Microdisney et The Fatima Mansions. On y retrouve cette pop à deux visages, entre rage lyrique à peine contenue et compositions mélancoliques immédiatement mémorables. Ce talent singulier, c’est l’un de ses collaborateurs et amis – François Ribac – qui a accepté d’en retracer quelques-uns des contours. Avant que le principal intéressé ne consente lui-même à un petit moment d’introspection partagée pour une interview plus classique. Continuer la lecture de « Cathal Coughlan : “C’est ma conclusion provisoire.” »

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Le parfum – William T. Vollmann, The Durutti Column, Terrence Malick

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Vini Reilly / Durutti Column
Vini Reilly / Durutti Column

Je regardais, il y a peu, une braise en dehors du feu. C’était bien avant ces jours de printemps où l’air semble saturé de pollen et de tiédeur. Je regardais cette braise, éloignée de son foyer, continuer sa mission. Elle s’obstinait à se consumer, sans relâche. Continuer la lecture de « Le parfum – William T. Vollmann, The Durutti Column, Terrence Malick »

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The Reds, Pinks & Purples reprend “Chemtrails Over The Country Club” de Lana Del Rey

Glenn Donaldson
Glenn Donaldson

C’est ma fille qui n’arrêtait plus de parler d’elle, après l’avoir découverte au fil de ses écoutes sur Deezer, et m’avait demandé si je la connaissais – j’adore quand elle me demande si je connais un.e artiste et surtout, j’adore si c’est bien le cas… Je lui ai dit la vérité, que je n’avais pas vraiment accroché « à l’époque » – et sincèrement, à part mon léger snobisme d’alors, je ne comprends pas pourquoi parce que cette chanteuse avait quand même – et ce jusqu’à son nom d’artiste à consonance hispanique – beaucoup d’atouts pour me plaire (mon ami Hervé m’avait d’ailleurs bien dit que j’avais tort). Alors, pour un autre média, j’ai demandé le mois dernier à écrire la chronique du nouvel album de Lana Del Rey, sans doute pour impressionner (un peu) ma fille et aussi parce que j’en avais déjà entendu deux ou trois chansons, et c’étaient deux ou trois belles chansons, des chansons de peu, surtout habillées par un piano et une voix débarrassée de toute frime, en particulier celle qui allait donner son titre au disque – et oui, il n’est pas vain de préciser que Chemtrails Over the Country Club, c’est quand même un bel album, hein…

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Selectorama : Blackmail

Blackmail
Blackmail

Après Bones (2013) et Dur Au Mal (2015), on attendait une continuation dans la graduation de l’excellence pour les ex Bosco et Prototypes (Stéphane Bodin et François Marché) flanqués de l’ex Beat Mark Sylvain Coatleven. On s’est pourtant méchamment pris dans les dents cette Hallucination française, scan possible et affligeant (pas le disque en revanche) de l’état d’un pays psychiquement cerné par quatre années de présidence Macron et d’un an de pandémie gérée comme une problématique de grande école par la pire classe (crasse ?) de bureaucrates auto-centrés et définitivement incompétents. Si l’écoute du disque ne colle pas comme les précédents l’envie de se la mettre dans les grandes largeurs avant de dévaster un dancefloor improbable, son pari est pourtant rempli, assurant même plusieurs pistes possibles pour le futur de Blackmail, groupe trop sous-estimé à l’heure où l’on glorifie une énième fois les petits marquis d’une variété rock, un peu déviante certes, mais finalement ridicule et prévisible. Comme il disent, tu flippes ta race et ça nique tout. Pour le coup ce Selectorama pose une thématique hallucinatoire dont les prolongations n’ont rien d’un pois(s)on d’Avril. Continuer la lecture de « Selectorama : Blackmail »

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Sous Surveillance : Seppuku

Seppuku
Seppuku

Qui ?

Seppuku est composé de…
Lully Gaster : synth, chant
David Hofmann : guitare, chant
Mattieu Angely : basse
Valentin Bossion : guitare, chant
Maxime Maurel : batterie
La bande des cinq à joué – ou joue encore dans les projets suivants : Antonin Appaix, Dolce Vita, Club Meth, La Secte du Futur, Departure Kids, Tomy & The Cougars, Sun Sick… Un savant jeu de chaises musicales pour plus de création au final.

Où ?

Derby OM / PSG, mais ils viennent tous de la cité phocéenne.

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Alexandre Bazin, Concorde (Kowtow Records)

Concorde Alexandre BazinQui s’intéresse au domaine des musiques expérimentales a de grandes chances d’avoir déjà croisé le nom d’Alexandre Bazin. Comme réalisateur et collaborateur de l’excellente émission L’expérimentale sur France Musique, ou encore comme réalisateur de reportages de tout premier ordre sur ces mêmes musiques (mention spéciale à l’émission consacrée à l’histoire du synthétiseur de recherche Serge). Mais aussi et surtout comme compositeur et musicien, que ce soit avec Jonathan Fitoussi dans le cadre du duo électronique Two Colors, ou encore en solo avec différents projets parus sur Important Records, Umor Rex, ou encore Polytechnic Youth. Continuer la lecture de « Alexandre Bazin, Concorde (Kowtow Records) »

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Essaie de comprendre 5/8

Échantillons d’une histoire du label Lithium, prélevés dans l’édition spéciale du fanzine Langue Pendue #11, Les Années Lithium

L’année dernière a vu refleurir la tombe de Diabologum avec une réédition bienvenue des premières œuvres du groupe toulousain. C’est le label Ici d’ailleurs qui a pris l’initiative de regrouper la discographie officielle pré #3 sous la forme d’une très belle compilation au titre délicieusement explicite : La jeunesse est un art. Anne Tournerie, chanteuse et clavier, raconte pour Les Années Lithium, ses années d’insouciance passées avec Michel, Pierre, Arnaud et Den’s, notamment autour d’une émission de radio qui va se transformer en quelque chose d’imprévu.  Continuer la lecture de « Essaie de comprendre 5/8 »

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The Zombies, Odessey And Oracle (CBS, 1968)

L’ histoire est écrite par les vainqueurs ; cependant, les passionnés de musique et les journalistes tentent parfois de réparer les plus criantes injustices, de donner un peu de place aux perdants magnifiques. Parmi les plus connus, Odessey And Oracle est un cas d’école : un groupe qui part en lambeaux, un label guère motivé à pousser le disque, un album peut-être trop mignon pour une époque marquée par la révolution sociale et culturelle (Mai 68, l’opposition à la guerre du Viêt-Nam). La trajectoire de The Zombies aurait pu être très différente. Groupe surdoué originaire de St Albans, à 35 km de Londres, la carrière de la formation démarre sous des cieux cléments. Après avoir gagné un concours de talents, le groupe signe avec le label Decca. Continuer la lecture de « The Zombies, Odessey And Oracle (CBS, 1968) »

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Bertrand Betsch, Demande à la poussière (Microcultures) / Institut, L’effet whaou des zones côtières (Rouge-déclic) / Da Capo, Paradise (Autruche)

Plongé dans la rédaction des Années Lithium, je sens mes oreilles se déformer lentement au gré des musiques qui me parviennent de mes jeunes années, forcément rêvées, imaginées, recomposées. Forcément aussi, comme mû par ce vieux réflexe de sonder les réseaux sociaux à la recherche d’amis collège-lycée-fac, je me suis piqué de reprendre l’histoire où elle s’était arrêtée : rien ne vaut le présent finalement pour éclairer ce passé qui passe trop vite. Et on peut dire que ces derniers temps, les retrouvailles ont été belles avec les anciens de la maison Lithium. C’est d’abord Superbravo et La Fresto dont j’avais relaté les aventures ici, mais on pourrait citer aussi Michel Cloup Duo & Pascal Bouaziz, en compagnie du regretté Joseph Ponthus, sur À la ligne – Chansons d’usine, Nicolas Paugam et son magnifique Le ventre et l’estomac de 2019 (et sa chanson-vie parfaite, Rendez-vous au sommet). Ces dernières semaines, avec l’annonce d’un nouvel opus de Mendelson et de Françoiz Breut, c’est au tour de Da Capo, d’Institut et de Bertrand Betsch de remettre le couvert. Continuer la lecture de « Bertrand Betsch, Demande à la poussière (Microcultures) / Institut, L’effet whaou des zones côtières (Rouge-déclic) / Da Capo, Paradise (Autruche) »

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LA PLAYLIST DES NOUVEAUTES DE MARS 2021

agnès b. radioDans un effort de concision, nous avons composé cette première sélection du printemps d’une trentaine de titres, dont l’éclectisme ne surprendra pas les habitués. De Squid à Lana del Rey en passant par Gruff Rhys, Floating Points & Pharoah Sanders ou Spiritual Mafia, voici ce que nous avons découvert et apprécié ce mois-ci. Notez que nous sommes désormais également diffusés sur agnès b. radio, sur leur compte Spotify, ainsi que dans leurs boutiques à travers le monde. Si jamais vous entendez un morceau de pop ou de post-punk dans une boutique à Paris, Kyoto, Berlin ou New York, c’est nous !

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer ou Spotify.
NDLR : Les playlists sur Deezer et Spotify ne comportent pas l’intégralité des 40 titres de cette sélection

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Le club du samedi soir #41 invite le webzine Musique Journal

Toujours dans l’idée d’inviter les gens qu’on aime, voici non pas un fanzine mais un webzine. Créé dans le giron de la formidable revue Audimat et des Siestes électroniques, Musique Journal publie quotidiennement de passionnants points de vue sur leurs obsessions très variées : Ambient de bureau, Japonophilie, disques pour enfants, Musique et soin, Post-club, Utopie 80, France parallèle… Le tout sous forme d’abonnement. Mais laissons plutôt la parole à Étienne Menu, son grand architecte.

“Quand j’ai lancé Musique Journal il y a deux ans, une de mes envies était d’explorer les facettes méconnues de la musique française, qu’elle soit pop ou plus expérimentale, et depuis mes collègues et moi avons en effet très souvent parlé de disques plus ou moins obscurs sortis dans notre pays. J’ai donc sélectionné pour Section26 des morceaux exclusivement produits par des francophones, qui ont presque tous été postés sur le site, et pour la plupart édités entre 1980 et 2000.” 

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De l’éducation populaire de la K7

Photo : Christophe Basterra

Lou Ottens est décédé. Selon l’expression consacrée, cet ingénieur hollandais de chez Philips n’est pas connu du grand public, pourtant il a joué un rôle essentiel dans la musique populaire du second vingtième siècle. Il en a changé peut-être même les codes, en inventant la K7 audio. Il faudra un jour replacer les techniciens à leur juste place dans l’histoire de l’art – la photocopieuse a modifié le rapport à la lecture largement autant que le livre de poche quelque part. La K7 audio, donc. Un objet et un support qui vont non seulement transformer et amplifier l’utilisation ou la circulation de la musique, mais aussi son usage et le rapport à son appropriation. Voilà pour la grande analyse sociologique entre Mythologies de Roland Barthes et La Société de Consommation de Jean Baudrillard. On convoquera peut-être l’école de Francfort et Adorno pour l’effroi élito-marxiste devant les méfaits de la réification capitaliste de la culture et Walter Benjamin sur le cinéma pour remettre tout le monde d’accord sur l’importance de la culture dite de masse. La K7 audio est autant un préliminaire qu’une préhistoire de ce que nous vivons. Et elle subsiste aussi bien en tant que produit, par exemple dans le monde arabe où les enregistrement de Nass El Ghiwane tournent dans les ghettoblasters du souk de Saleh, que dans le principe, comme témoigne la transmigration du procédé gnostique de la mixtape. Continuer la lecture de « De l’éducation populaire de la K7 »

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Sauvez Willie ! – Willie Dunn, Aurélien Bellanger, Kōji Wakamatsu

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Willie Dunn
Willie Dunn

L’arrivée timide du printemps rend d’humeur baroque, forcément. Mes choix de lectures, les disques écoutés ou les films vus semblent se soumettre à un désir de papillonner. L’art de papillonner, c’est une joie que l’on crayonne, avec vivacité, sur le papier peint crasseux d’une période décidément blindée de noirceur. On est en mode Soulages depuis trop longtemps. Il est vrai que l’on peut s’habituer au sombre comme lorsque l’on doit se déplacer dans une pièce plongée de nuit et que, peu à peu, certains détails apparaissent. Détails essentiels. Continuer la lecture de « Sauvez Willie ! – Willie Dunn, Aurélien Bellanger, Kōji Wakamatsu »

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Zozo (The Konki Duet) et Domo (Domotic) reprennent “Blue Moon” d’Elvis Presley (inédit)

Zozo (The Konki Duet) et Domo (Domotic)
Zozo (The Konki Duet) et Domo (Domotic) / Photo : SMITH


“Zozo et Domo ont presque 90 ans a eux deux.

Ils reprennent des vieilles chansons sur des vieux instruments et font une pause d’un an entre chaque morceau.
Le dimanche ils s’assoient sur un banc et imaginent la vie de leurs alter ego Kebs et Darçouille, détectives animaliers.”
Zozo

Vivement l’année prochaine.

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Selectorama : Brigade Cynophile

Ventoline
Ventoline, fanzine géré par Félicité Landrivon (Brigade Cynophile)

Lyonnaise de souche, Félicité Landrivon est investie dans les aventures du Grnd Zero (salle de concert autogérée, espaces de répétition et ateliers) basé à Vaulx-en-Velin en tant graphiste au départ, mais également comme programmatrice aux bon goûts de concerts. Liste non exhaustive : Mdou Moctar, Horse Lords, Bitchin Bajas, Calvin Johnson, No Age, Sun Araw, DUDS, Lithics, Exek, Mope Grooves, Tanz Mein Herz, Will Guthrie

Brigade CynophileBrigade Cynophile, comme on l’appelle dans le milieu par passion pour les canidés, est le nom d’une émission sur la pointue LYL Radio où Félicité passe ses coups de cœur sans restrictions de genre. Hyperactive, elle dégaine ses productions sous différents formats (affiches, flyer, pochettes de disques) dans tout le champ culturel (labels indépendants, salles de concerts, groupes, éditeur(ices). Comme elle l’aime le rappeler, ce n’est pas là qu’elle fait fortune, mais elle y fait ses armes, essaie des choses. Le graphisme c’est large, Félicité s’occupe de diverses manières depuis que la pandémie a mis à l’arrêt la machine. Elle fait des “semaines pédagogiques” en lycée, des workshops en écoles d’art, de la mise en page de livre, du merch pour les labels.

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Sous Surveillance : Go Lamborghini Go

Go Lamborghini Go
Go Lamborghini Go

Qui ?

Viêt Phương Vũ : Basse, chant
Denes Bieberich : Batterie, chant
Oskar Militzer : Guitare
Julius Berger : Guitare
Alexander Günther : Claviers et effets
Christian Ramisch : Claviers et production
Go Lamborghini Go n’est pas un groupe à proprement parler, il s’agit plutôt d’une bande d’amis qui officient dans une poignée de groupes post punk / wave en vue en ce moment à Berlin : Liiek, Pigeon, Gilb, NOJ, Die Letzen Ecken, Benzin, Ostseetraum. Un line up mouvant avec pour seul camp de base, les locaux de l’allée des Cosmonautes dans l’Est de la ville. Lieu saint de la clique du label Flennen dont nous avions parlé dans un sous surveillance, ils sont d’ailleurs présents sur plusieurs compilations du label.
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Monokultur, Ormens Väg (Mammas Mysteriska Jukebox / Ever/Never)

Par les temps qui stagnent, ils sont précieux ces disques qui font voyager sans avoir à quitter son salon. Nécessité faisant loi, ces songes musicaux (merci de ne pas parler de dream pop) sont même devenus d’une importance capitale. Le dépaysement, c’est justement ce que Monokultur nous offre avec Ormens Väg, cette seconde collection de rêveries sonores qui marie dans les limbes le familier et l’étrange.
Tout au long de ce disque, on repère de nombreuses influences qui semblent limpides : ici Grouper, là Peaking Lights, His Name Is Alive, Delia Derbyshire ou encore Scientist. Continuer la lecture de « Monokultur, Ormens Väg (Mammas Mysteriska Jukebox / Ever/Never) »

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Essaie de comprendre 4/8

Échantillons d’une histoire du label Lithium, prélevés dans l’édition spéciale du fanzine Langue Pendue #11, Les Années Lithium

On peut penser Lithium comme une organisation informelle, à l’anglo-saxonne : un fondateur, directeur artistique à forte personnalité, une volonté de ne pas se détourner du marché, des groupes proches entre eux, une distribution professionnelle (du moins pendant l’association avec Labels)… Dans ce cadre, Olivier Dangla est celui qui est amené à penser l’identité graphique du label, à la manière d’un Vaughn Oliver pour 4AD, par exemple. Toutes proportions gardées et même s’il n’a jamais eu la prétention de jouer parmi les étoiles du graphisme, il a touché de sa palette graphique quelque chose de l’âme du label : froideur, rigueur, radicalité. Continuer la lecture de « Essaie de comprendre 4/8 »

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The Band Of Holy Joy, More Tales From The City (Flim Flam, 1987)

Tout ça avait été orchestré à mon insu mais j’aurais eu bon dos de m’en plaindre. Nick Currie avait ce soir-là débarqué à l’improviste à la maison, histoire de piocher dans le rituel chili con carne communautaire concocté par Valentine. C’était, en février 1988, le lendemain ou le surlendemain du concert de Momus au Rex Club, où The Beloved avait ouvert, palliant au pied levé la désaffection de Biff Bang Pow! (cette tête de lard d’Alan McGee avait encore dû, à l’instar du cahoteux van de tournée, pété une durite). Continuer la lecture de « The Band Of Holy Joy, More Tales From The City (Flim Flam, 1987) »

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Exclu : “Ennemi commun”, le premier album de Special Friend (Howlin’ Banana / Hidden Bay records)

Special Friend
Special Friend / Photo : Coralie Gardet

Deux ans déjà, qui donnent pourtant le sentiment d’avoir traversé une décennie. Nous invitions alors Lispector à l’Espace B à Paris, et découvrions en première partie un groupe auquel nous avions consacré un Sous Surveillance, et qui venait tou juste de sortir leur debut EP chez Buddy Records, Gravity Music, Hidden Bay et Howlin’ Banana. A deux, ils jouaient leur shoegaze lunaire au parfum d’Electrelane, Erica Ashleton à la batterie / voix et Guillaume Siracusa à la guitare / voix, dans un dispositif à la simplicité élémentaire aussi spontané que touchant. La seconde étape est désormais franchie avec ce premier album, Ennemi Commun. Vincent Hivert (En Attendant Ana, Belmont Witch) leur prête main forte l’été dernier, pour l’enregistrer sur un Tascam 8 pistes, dans la maison de leur amie Tara Clamart à Montreuil. Cette fois, le travail sur les harmonies de voix s’est affiné, et guitares et claviers se superposent, toujours sur des structures aussi dépouillées, entre slowcore et noise pop. Onze titres qui vous sont offerts à l’écoute ici et dans le player ci-dessous avant leur sortie officielle cette fin de semaine, à nouveau sur les labels Hidden Bay et Howlin’ Banana. Continuer la lecture de « Exclu : “Ennemi commun”, le premier album de Special Friend (Howlin’ Banana / Hidden Bay records) »

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Mustang, Memento Mori (Close Harmonie)

Mustang…Commencer par la fin – Memento Mori -, se souvenir effectivement que l’on va mais alors que les dernières notes s’évaporent, s’apercevoir que ces dix chansons nous laissent entre deux eaux – entre la vie et la mort – avec des questions plein la tête, et dans la bouche, pour reprendre les lignes d’un poème lu récemment, « le goût du sang mêlé au goût d’une figue fraîche ». Parler de Memento Mori en désordre, au gré des marques qu’il a laissé, et vous présenter toutes ses chansons et ses personnages. Continuer la lecture de « Mustang, Memento Mori (Close Harmonie) »

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Shack, une histoire vraie

Alors que la si chic structure anglo-française Violette Records fête aujourd’hui ses huit ans et un jour – et que sa naissance est intimement liée à ce garçon dont la carrière aura été aussi chaotique que la vie – et qu’hier, ce site a mis à l’honneur cette scène tout juste incroyable du Liverpool des années 1980 – où a grandi The Pale Fountains –, il était impensable de ne pas se souvenir qu’en 1999, à la sortie du troisième album de Shack, Michael Head a failli être reconnu à sa juste valeur : le songwriter le plus doué de sa génération – voire bien plus, si affinités. Continuer la lecture de « Shack, une histoire vraie »

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Le club du samedi soir # 40 : Revolutionary spirit — Liverpool, 1978-1989

Echo And The Bunnymen
Echo And The Bunnymen

C’est comme un conte de fées. Comme un film de Frank Capra. Comme un fantasme. Voilà : c’est ce genre d’histoire improbable qui a priori ne peut pas être vraie, avec des héros qui n’ont pas des corps d’athlètes mais des têtes de dieux grecs, des héros qui ne marchent jamais seuls. C’est la fin des années 1970, dans une Grande-Bretagne déjà meurtrie. Ce sont des jeunes gens qui n’ont pas beaucoup d’avenir – “On n’a pas le choix pour s’en sortir : footballeur ou rock star” (rock star martyr était aussi une option) –, écrasés par le passé de leur ville portuaire – un passé incarné par un quatuor qu’on n’a pas le droit de ne pas aimer sous peine d’être excommunié. Oui, mais. Continuer la lecture de « Le club du samedi soir # 40 : Revolutionary spirit — Liverpool, 1978-1989 »

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Dix-neuf ans après – Tim Keegan et Departure Lounge

Retour des anglais avec “Transmeridian”, un nouvel album chez Violette Records

Departure Lounge
Departure Lounge

Quatre années d’activité et autant de traces discographiques – si on ajoute aux trois albums signés par le groupe Long Distance Information (1998), attribué à Tim Keegan & The Homer Lounge – et puis plus rien. Une trajectoire fulgurante et éphémère suivi d’une longue éclipse. Trop longue en tous cas pour tous ceux qui, au tournant des deux siècles, avaient découvert avec Departure Lounge une tentative, bien plus aboutie que chez la plupart de ses concurrents d’alors, pour célébrer la fusion entre le songwriting classique de l’indie-pop et les sonorités modernes des musiques électroniques. De temps en temps, on pouvait encore se consoler en entrevoyant les lueurs, intermittentes mais toujours étincelantes, du talent de Tim Keegan – deux albums solo, un par décennie, en 2007 et 2015. Juste de quoi entretenir la flamme du souvenir. Pour l’espoir, franchement, on n’y croyait plus vraiment. Continuer la lecture de « Dix-neuf ans après – Tim Keegan et Departure Lounge »

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L’Ivresse Vaine – Damien Jurado, Leslie Jamison, Michel Lang

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Damien Jurado
Damien Jurado

Il pense à lui chaque jour. Cette tristesse de perdre un ami. Un ami et un fou de l’éclairage musical, un mercenaire usant ses coudes, jour comme nuit, sur du zinc plus ou moins fameux. Saloperie de bouteille, d’ivresse. Saloperie d’alcoolisme. Richard Swift n’a jamais réellement dit adieu à Damien Jurado car Damien Jurado pense à lui chaque jour. Mais ce coma éthylique éternellement imposé n’offre que vide et absence. Il y avait déjà dans la voix de Jurado, ces petites miettes de fleur bleue créant les grandes interprétations et les vastes tristesses. Continuer la lecture de « L’Ivresse Vaine – Damien Jurado, Leslie Jamison, Michel Lang »

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Selectorama : Lael Neale

Lael Neale
Lael Neale

Avec Acquainted With Night, son deuxième album récemment sorti chez Sub Pop, Lael Neale excelle dans l’art d’aller à l’essentiel. Évoluant principalement autour d’un Omnichord, aucun son, aucune parole ne paraît superflu. A tel point que l’on a l’impression d’entendre un album de chansons jouées dans l’instant, une collection de démos enregistrées dans une chambre. De façon contradictoire, les titres d’Acquainted With Night sont taillés pour les grands espaces, les roads trips où la musique qui ne fait plus qu’une avec cette immensité. Si la magie opère quasi immédiatement, c’est en grande partie grâce à la voix et aux textes poétiques de Lael. Une intemporalité s’en dégage. A l’image des dix titres choisis par Lael pour ce Selectorama où l’on ne retrouve que des vieux titres toujours pertinents et percutants aujourd’hui.  Continuer la lecture de « Selectorama : Lael Neale »

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“Vacationland”, extrait du nouvel album de The Pink Noise, “Economy Of Love” (Celluloïd Lunch)

Au départ, un projet solo de Mark Sauner basé à Toronto, devenu groupe à Montréal depuis quelque temps déjà, The Pink Noise sort son 8ème album chez Celluloïd Lunch, label tout beau, tout neuf créé et géré par Hélène Barbier et Joe Chamandy. Dans le clip de Vacationland, filmé en mode dashcam sur les routes de campagne d’Ontario, des rythmiques quasi enfantines côtoient une ambiance plus sombre. Le refrain comporte tous les ingrédients pour être explosif : guitare lente qui rentre dedans, voix caverneuse et cuivres qui s’agitent. Une bonne chanson qui donnera envie aux curieu(ses) d’aller plus loin en écoutant l’album Economy Of Love dans le lien ci-dessous.

Economy Of Love, The Pink Noise (Celluloïd Lunch)
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Neil Young, Archives Vol.II (Reprise Records, Warner Music)

Avec ce travail de réédition d’albums, de publication de live et de compilation d’inédits entrepris depuis plusieurs dizaines d’années, Neil Young est devenu le gardien de son propre temple, une sorte de Moses Asch monomaniaque et autocentré qui, à 75 ans passés, trouve encore le temps d’enregistrer des disques, et parfois même des bons. Aussi généreux et enthousiasmant soit ce projet, il n’est pas sans poser des problèmes d’éthique. Lorsqu’on raconte ses propres aventures, peut-on aussi être un bon historien ? La question ne se posait pas vraiment pour le premier volume des Archives, paru en 2009. Le Loner y exhumait les premiers trésors d’une trajectoire, certes sinueuse, mais résolument ascendante : des enregistrements des Squires en 1963, jusqu’au succès planétaire de Harvest, consacré cathédrale du folk-rock dès sa sortie en 1972, en passant par la pop lumineuse de Buffalo Springfield, un premier solo sous-estimé, quelques titres avec Crosby, Stills et Nash, le premier Crazy Horse, intense et sale, puis au milieu de tout cela, After The Gold Rush, véritable pierre de touche de cette période Topanga Canyon. Continuer la lecture de « Neil Young, Archives Vol.II (Reprise Records, Warner Music) »

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Essaie de comprendre 3/8

Échantillons d’une histoire du label Lithium, prélevés dans l’édition spéciale du fanzine Langue Pendue #11, Les Années Lithium

Lucievacarme, dont on attend avec grand espoir d’éventuelles rééditions sur le label américain Captured Tracks (et ses archives “shoegazing”) était l’un des membres de la trinité originelle de Lithium, avec Candle et Dominique A . Alors que ce dernier va voir paraître en avril une exégèse de sa Fossette fondatrice (Dominique A, La Fossette par Thierry Jourdain et Pierre Lemarchand, Editions Densité), l’oeuvre du groupe noisy pop toulousain est toujours un champ d’exploration relativement vierge. En attendant que leur album Milky Way fête ses 30 ans l’année prochaine, avec tous les honneurs qu’il mérite, David Amsellem, chanteur guitariste, et Valéry Lorenzo, batteur et photographe, se sont confiés sur leur aventure des Années Lithium. Continuer la lecture de « Essaie de comprendre 3/8 »

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Eliane Radigue, Trilogie de la mort 1988-1993 (Experimental Intermedia)

Eliane Radigue
Eliane Radigue

Invisible habitant l’invisible
Philippe Jaccottet

Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre
Paul Verlaine

C’est Éliane Radigue elle-même qui le dit (*) : « L’écoute est une chose merveilleuse. »
Toute la littérature qui s’accumule sur et autour de l’œuvre d’Éliane Radigue ne peut exonérer de l’expérience fondatrice, originelle, improbable de l’écoute de son œuvre. Il est préférable de commencer par là, même si on sait que la curiosité sera motivée par tel ou tel passeur, tel ou tel passage, qu’elle sera donc nourrie de biais, d’idées, d’une certaine idée de soi aussi – si légère soit-elle, cette idée de soi, croisée avec un certain désœuvrement, sera ce qui permettra de lancer la première écoute de Kyema, le premier des trois morceaux qui forment la Trilogie de la mort. Continuer la lecture de « Eliane Radigue, Trilogie de la mort 1988-1993 (Experimental Intermedia) »

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Mustang en live et en interview chez vous, maintenant.

C’est une sensation un peu bizarre. À chaque fois que je rentre là, par la porte qui donne sur le parvis. Dix mètres dans la pénombre, et elle me saute aux yeux, cette affiche taille XL qui orne l’un des murs de la Petite Coopé, l’une des deux salles – celle-ci fait aussi office de bar – de la fameuse Coopérative de Mai, née il y a 21 ans presque jour pour jour et devenue l’un des lieux emblématiques du Clermont-Ferrand qui rocke, folke, danse, rappe et bien plus si affinités. C’est une couverture de la RPM, une couverture de l’année 2010 où à l’occasion de la sortie du premier album de Mustang, A71 – une autoroute de circonstance pour le trio clermontois alors monté à Paris –, la rédaction du magazine avait pensé à cette rencontre qui semblait tomber sous le sens entre deux amoureux de rock – dans son sens le plus large possible – et de langue française : d’un côté, le chanteur, guitariste, auteur et compositeur en chef Jean Felzine, qui affichait alors 21 printemps, et de l’autre, Daniel Darc, artiste cabossé ressuscité depuis la parution du miraculeux Crèvecœur en 2004… Continuer la lecture de « Mustang en live et en interview chez vous, maintenant. »

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Devoir de mémoire

Début 97, pour la sortie de leur premier album “Homework”, rencontre avec les Daft Punk.

Daft Punk / Photo : Philippe Levy
Daft Punk en une du numéro 12 de la RPM / Photo : Philippe Levy

Je me souviens bien de cette une photographiée par Philippe Levy – parmi les quelque 110 que j’ai accompagnées en quinze ans. Je m’en souviens bien pour un nombre assez incalculable de raisons. L’une des principales, c’est sans doute le débat qu’avait provoqué au sein de notre comité de rédaction haïku – Serge, Philippe, Éric, sans doute Jean-Fabien et moi, donc – la récente décision de ces deux garçons à peine sortis de l’adolescence de ne pas (plus) afficher leur tête, ni sur la couverture, ni dans l’article. Je n’étais pas d’accord avec ça. Je n’étais pas d’accord parce que cette décision me paraissait absurde. D’abord, parce qu’ils avaient déjà joué à visage découvert, parce que des photos d’eux avaient déjà circulé (et à chaque fois que je pense à ça, je pense à la très belle photo prise par Éric Pérez sur la scène de l’Ubu, lors des Trans Musicales de 1995), parce qu’on les avait vus aussi à la télé – pas forcément à une heure de grande audience mais quand même, je me souviens du bus dans les rues de Glasgow  ; ensuite, parce que je ne trouvais pas l’idée si originale que cela : The Residents, Kiss ou pendant un temps, Cabaret Voltaire avaient déjà joué sur l’anonymat. Continuer la lecture de « Devoir de mémoire »

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Le club du samedi soir #39 : The Pyramids sound lovely tonight

Playlist Égypte Elizabeth Taylor Cleopatra Mankiewicz 1963

Qu’Edward Saïd me pardonne ! Qu’avais-je donc en tête ce jour là pour démarrer cette quête thématique, mis à part ce songe vague que du haut de ces pyramides, non seulement quarante siècles, mais aussi quelques décades plus récentes de pop culture me contemplaient ?

Voici donc, sous forme de playlist, un choix de titres puisés dans la source féconde de l’orientalisme le plus flagrant (fatras novelty, resucées mélodiques, rites déterritorialisés et re-territorialisés), mais pas que, car ce choix est aussi guidé par les chemins empruntés sur les nombreux ponts et passerelles entre l’Égypte éternelle, et actuelle, et un ailleurs, qu’il soit géographique ou mystique (artistes de matrice double ou à la recherche de racines ancestrales). Parce que le Nil abreuve toujours notre mer, et nos rêves communs du monde entier, avec un penchant clair pour Alexandrie plus que Babel cette fois-ci. Continuer la lecture de « Le club du samedi soir #39 : The Pyramids sound lovely tonight »

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Jane Weaver : “J’ai rendu hommage à la pop de mon adolescence.”

Jane Weaver
Jane Weaver / Photo : Rebecca Lupton

Avec Flock, son album le plus pop à ce jour, Jane Weaver va certainement conquérir un nouveau public. On parle même d’un classement dans le top 10 en Angleterre au moment où cette interview est retranscrite. Ce qui ne signifie pas qu’elle en a fini avec les expérimentations. Comme pour beaucoup avant elle, essayer de trouver un format pop sans renier pour autant son ADN n’a pas été des plus simples à réaliser. On imagine aisément à quel point le doute et les incertitudes ont été présents pendant les trois années qu’il lui a fallu pour réaliser ce projet. On ne la remerciera jamais suffisamment d’avoir persévéré car Flock est un grand disque de pop expérimentale. Comparer Flock avec ses œuvres passées serait une erreur. Si Jane Weaver ne s’éloigne pas radicalement de sa zone de confort avec ses synthés analogues, un zeste de free jazz ou de krautrock, l’ensemble s’ouvre au glam, à la dance dans un format catchy qui peut surprendre. Pourtant nous avons l’impression de rester en territoire connu, avec des chansons intelligentes, réfléchies, mais dans un format plus court. Que les plus sceptiques se rassurent, l’indie police ne sonnera pas à votre porte si vous posez l’album sur votre platine. L’entretien que Jane Weaver a accordé à Section26 est à l’image de la diversité de Flock, elle y évoque des sujets aussi variés que son envie de s’éloigner du space rock, qu’un séjour glauque à Carnac pour écrire ses paroles ou encore son amour pour l’album Reign In Blood de Slayer. Continuer la lecture de « Jane Weaver : “J’ai rendu hommage à la pop de mon adolescence.” »

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Orgueil et discrétion – Martin Amis, Alex Bleeker, Robert Mulligan

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Martin Amis
Martin Amis

Il y a quelques mois, comme cadeau de départ, une jeune femme m’offrait un présent inespéré : m’enfermer dans une citation. “Je suis un poète mais je ne veux pas être un poète pour d’autres. Je dévorerai mes propres poèmes et j’en vivrai.” Orgueil et arrogance, un simple résumé. Je fus comblé, mais pas que. Continuer la lecture de « Orgueil et discrétion – Martin Amis, Alex Bleeker, Robert Mulligan »

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Selectorama : Motorama

Motorama
Motorama

Hey wake up, It’s Moskow up there. Depuis plus de dix ans, que l’on se situe à Paris ou à Dijon, le groupe de Rostov-sur-le-Don met tout le monde d’accord. Motorama fait donc durer le plaisir en sortant un nouvel album Before The Road, non plus chez nos amis du label bordelais Talitres mais désormais sur leur propre label I’m Home Records. En vingt-cinq minutes à peine, mélodie et mélancolie riment ensemble tandis que la voix envoûtante et hypnotique de Vlad flotte sur une section rythmique toujours impeccable et métronomique. Ledit Vladislav Parshin s’est prêté de bonne grâce au Selectorama et nous livre une parfaite et pointue sélection anglo-russe, accompagné de propos laconiques. Russe jusqu’au bout.

Par Chan Masson et Viktor der Panini Joe

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Vibrations

À propos de “Lovers Rock” de Steve McQueen

"Lovers Rock" de Steve McQueen
Small Axe – Lovers Rock © Small Axe Productions Ltd MMXX

Bon, je n’avais pas prévu d’écrire sur Lovers Rock, le magnifique deuxième épisode de l’anthologie de Steve McQueen, mais je viens de le revoir pour la troisième fois, et ce n’est sans doute pas la dernière. À chaque fois, c’est un ravissement, une illumination (comme si je portais cette ampoule, chaude et luminescente, à l’épaule comme le DJ du Mercury Sound System du film), une joie physique, je me tortille sur mon canapé, je me lève, les bras en l’air devant les 1h10 que dure ce téléfilm, dans la plus grande noblesse du terme – on pense aux téléfilms plus que pointus d’Alan Clarke pour la BBC par exemple : la beauté et l’expérimentation formelle au diapason d’un propos social ou politique. Continuer la lecture de « Vibrations »

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Essaie de comprendre 2/8

Échantillons d’une histoire du label Lithium, prélevés dans l’édition spéciale du fanzine Langue Pendue #11, Les Années Lithium

Le groupe Institut vient de sortir un album aussi étrange que dérangeant, L’effet waouh des zones côtières dont la langue blanche, neutre en apparence, semble coller parfaitement au palais visqueux politique de l’époque. L’un des membres du trio, Arnaud Dumatin, est interviewé longuement à propos de ce nouveau disque sur un site que je vous conseille : Piste 1. Dans Les Années Lithium, il se souvient de ses débuts au sein d’Emma, dont le second album, Trade Winds In A Loft, est sorti en 1998 sur Lithium. Continuer la lecture de « Essaie de comprendre 2/8 »

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V/A, Nuggets (Elektra, 1972)

Sous-titrée Original Artyfacts from the First Psychedelic Era 1965-1968, la compilation Nuggets fut, malgré un tirage modeste, une véritable révolution. Éditer de la musique publiée une demie-douzaine d’années plus tôt n’avait rien d’une évidence au début des années soixante-dix, âge d’or du rock. Le concept de réédition était alors nouveau et peu développé. Il existe cependant quelques précédents. Au milieu des années soixante, le disc-jockey de Pittsburgh, Mad Mike (à ne pas confondre avec celui de Detroit) édita la série Mad Mike Moldies, s’intéressant déjà à des morceaux passés inaperçus et plus tout à fait contemporains. En 1969, Preflyte documenta les débuts des Byrds, avant leur premier album. Continuer la lecture de « V/A, Nuggets (Elektra, 1972) »

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Steve Robinson, Swallowing The Sun (Sunshine Drenchy Records)

Steve RobinsonIl y a environ trente ans de cela, Steve Robinson faisait partie d’un groupe de folk-rock du côté de Tampa en Floride. En marge de la scène locale dominée par les formations de Metal de tous poils – même les plus long, The Headlights s’échinait à convertir un public rétif aux vertus mélodiques et aux arpèges en grains de cristal de The Byrds. Douloureusement confronté à l’indifférence ostensible d’un public qui ne partageait que rarement l’enthousiasme prosélyte de ces missionnaires de la qualité pop égarés en terres païennes, le groupe n’a laissé que de rares traces discographiques témoignant de sa brève existence – un EP en 1989, un album en 1993. Continuer la lecture de « Steve Robinson, Swallowing The Sun (Sunshine Drenchy Records) »

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Le club du samedi soir #38 : Cumbia Viajera

Photo : Pierre Diascorn
Photo : Pierre Diascorn

Si la musique cumbia est apparue sur la côte caraïbe de Colombie d’une fusion de rythmes africains, amérindiens des Antilles et d’influences européennes, c’est à partir des années 1930 qu’elle est enregistrée par le label Discos Fuentes et s’impose dans le pays avant de commencer à s’exporter en Amérique Latine au cours de la décennie suivante. Dans la seconde moitié du XXème siècle, elle arrive au Mexique comme d’autres styles du pays comme le Vallenato via l’immigration colombienne, les tournées d’orchestres colombiens et leurs disques. Dans les quartiers ouvriers de Mexico où la danse populaire a déjà une longue histoire, née la culture Sonidero. Fixés sur leurs systèmes sons bricolés, les sonideros diffusent des disques colombiens à plein volume. Continuer la lecture de « Le club du samedi soir #38 : Cumbia Viajera »

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Arab Strap, As Days Get Dark (Rock Action)

Arab Strap As Days Get Dark

Y réfléchir à deux fois.
Ne pas s’échauffer trop et vite et bien peser le pour comme le contre avant de voir si c’était vraiment une bonne idée.
Nos princes de la cuite ont bien mis ce proverbe à leur ardoise. Avec leur retour aux affaires d’un air de ne pas y toucher, avec leur pataude dégaine de types qui sont juste passés prendre un verre mais couchent tout le monde au petit matin.
Aussi fécondes furent leur retrouvailles scéniques au fil du temps, l’idée d’un nouvel album valait-elle vraiment concrétisation ?
Aidan Moffat et Malcolm Middleton se sont laissé le temps d’y penser, d’y réfléchir sobrement (lol) avant de commettre l’irréparable et c’est bien mieux ainsi. 

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Rendez-vous manqués – Lea Massari, Fabio Viscogliosi, Michel Leiris

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Léa Massari
Léa Massari

Elle a ce teint fauve des blés poussant à l’abri de la lumière. Cette peau brune comme empêchée de soleil. Elle est radieuse mais porte un mascara lourd de désillusion. Elle joue la joie comme la tristesse. Sa voix enroule des lettres merveilleuses. On ne l’écoute pas – on brûle de l’entendre. J’ai voulu tout revoir, dernièrement, de Lea Massari. Cette splendeur, cette fleur poudrée de sel nocturne, cette actrice incroyable. Je citerai donc, à la va vite, quelques films…L’Avventura, Les Choses de la Vie, Les Rendez-vous d’Anna. Continuer la lecture de « Rendez-vous manqués – Lea Massari, Fabio Viscogliosi, Michel Leiris »

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Mixtape Section26 #11 : Geneva Jacuzzi

Geneva Jacuzzi
Illustration : Geneva Jacuzzi

A quoi peut ressembler une Muse en ce début de siècle sinon à Geneva Jacuzzi ? Aucun doute que pour ses amis artistes du Los Angeles underground (dont son inénarrable ex-petit-ami) – et dans une moindre mesure pour nous – c’est ce qu’elle était, et demeure aujourd’hui. En 2010, lorsqu’est paru Lamaze, la demoiselle, curieux hybride entre Madonna et Nina Hagen, avait déjà suscité notre adoration grâce à ses quelques CDRs de démos et deux disques parus sous le nom engageant de The Bubonic Plague sur le petit label-vivier-d’excellence Human Ear Music. Continuer la lecture de « Mixtape Section26 #11 : Geneva Jacuzzi »

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Selectorama : The Stroppies

The Stroppies
The Stroppies / Photo : Naomi Lee Beveridge

Il y a peu, The Stroppies avaient régalé les lecteurs de Section 26 d’une reprise particulièrement convaincante de Wire. Aujourd’hui, Angus Lord (ex-bassiste au sein des excellents The Stevens) et Claudia Serfaty nous font découvrir quelques-unes des chansons qui ont particulièrement compté pour eux. Basé à Melbourne, le groupe fait partie des meilleures formations de cette scène indie australienne en pleine effervescence, parmi lesquelles on compte The Shifters, Terry, Parsnip, ou encore The Goon Sax. Continuer la lecture de « Selectorama : The Stroppies »

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Sous Surveillance : Walk Home Drunk

Walk Home Drunk
Walk Home Drunk

Qui ?

Walk Home Drunk est composé de Daniel, moitié de Docks qui joue avec Robin et Jeronymous pour cet EP.

Où ?

Toulouse, ville Rose.

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“Vies et morts de John Lennon” de Hugues Blineau (Mediapop Editions)

Vies et morts de John Lennon de Hugues Blineau mediapop editions
“Vies et morts de John Lennon” de Hugues Blineau (mediapop editions) / Photo : LB


“Premières lueurs du jour.

Effet retard pour ceux qui n’ont pas appris la nouvelle. Ceux qui ne se sentiront pas concernés, et puis ceux qui réagiront spontanément, par des pleurs ou des cris.”

John Lennon est mort le 8 décembre 1980. Je ne m’en souviens pas, cela ne m’a pas marquée. Je vivais alors avec ma mère qui n’écoutait pas les Beatles et, par la suite, je ne les ai guère écoutés moi non plus. Je me souviens vaguement que certaines de mes amies de lycée le trouvaient beau, aimaient ses chansons ou portaient des lunettes de la même forme que les siennes. Rien de cela pour ma part, j’aurais sans doute été du camp des non concernés.

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Échantillons d’une histoire du label Lithium, prélevés dans l’édition spéciale du fanzine Langue Pendue #11, Les Années Lithium

Il y a deux ans et demi, j’ai sorti un numéro de mon fanzine sous-titré, un peu pompeusement, Les Années Lithium. L’idée de rendre hommage à ce label, Lithium (1991-2003), était très importante pour moi, et ce, pour deux raisons :

– parce qu’à l’époque, j’entendais enfin des gens de ma génération qui me parlaient, à moi, sans filtre (style, langue). J’ai ainsi eu, sur le moment, la chance de pouvoir vivre intensément des sorties de disques qui m’ont impressionné (La Fossette, le #3, Mon cerveau dans ma bouche) et d’assister à des concerts de Dominique A, bien sûr, mais aussi de Peter Parker Experience (dans le sous-sol d’un restaurant kebab ou à l’Arapaho à Paris), de Lucievacarme, Mendelson, Diabologum, Françoiz Breut (tous à Colmar), d’Expérience (à la Laiterie de Strasbourg), de Programme (à Ososphère, toujours à Strasbourg)… 

– parce que bien au-delà de cette explosion générationnelle et de la simple nostalgie qui pourrait en découler, le label, malgré sa fermeture vers 2003, a continuellement alimenté mon rapport à la musique, m’a interrogé jusqu’à aujourd’hui, notamment sur l’expression en français, qui est au cœur de Langue Pendue et de Groupie. Une question qui reste centrale dans les textes que j’écris aussi pour Section 26 où j’ai toujours le plaisir de découvrir les nouvelles aventures – et d’en rendre compte parfois – de Superbravo, La Fresto, Michel Cloup, Mocke, Bertrand Betsch, Nicolas Paugam, Institut... Tous, jeunes musiciens en devenir, sont passés par la maison (de disque) fondée par Vincent Chauvier. Continuer la lecture de « Essaie de comprendre 1/8 »

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Marc Almond & La Magia, The Stars We Are (Strike Force entertainment / Cherry Red)

Marc Almond
Marc Almond

Du précédent et bien nommé Mother Fist And Her Five Daughters (1987), nous avions un souvenir biaisé, évoquant les bas fonds barcelonais, le stupre (toujours, oui) et une atmosphère à la fois feutrée et vaguement angoissante. Suite à une dithyrambe bien sentie de Bayon dans Libé, nous rentrions enfin de plain-pied dans un disque solo de Marc Almond, et le réécouter aujourd’hui (pourquoi se gêner, hein) nous constatons ébahis que la veuve poignet n’était pas si honteuse et étouffante que ça. Bien que jouant encore sur sa fibre méditerranéenne, Almond y met déjà beaucoup plus de lumière qu’à l’accoutumée. Mais rien ne nous préparait alors à la luxuriance du suivant, le parfaitement intitulé The Stars We Are (1988), richement réédité ces jours-ci via Cherry Red. Ici, fini les caves sombres du Barrio Chino, tout y est excessif, merveilleusement troussé, en un mot : fabuleux. Fini la bamboche, bienvenue à Las Vegas. Qu’Almond quitte alors Virgin pour Parlophone, tout en gardant ses attaches chez Some Bizzare, ne doit pas être étranger à cette débauche absolue de lyrisme, d’intensité et de lumière. Si sur son successeur Enchanted (1990*) le beau Marc s’étouffe parfois sous les paillettes et le régime chantilly y amarena, le strass est ici alors à une dose parfaitement maîtrisée, excessive mais juste, le glaçage est toujours épais mais encore digeste.  Continuer la lecture de « Marc Almond & La Magia, The Stars We Are (Strike Force entertainment / Cherry Red) »

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Augenwasser / Leopardo (We Don’t Make It Records)

On n’entend que trop peu parler dans nos contrées de rock indépendant Helvétique, scène foisonnante sans restrictions de styles. Et pourtant, ce split 45 tours sorti il y a quelques jours présente deux projets solo, Augenwasser et Léopardo qui méritent le coup d’oreille.
En face A, Augenwasser ouvre le bal. Ce projet d’Elias Raschle, venant de Biel (ou Bienne, tout dépend du côté de la frontière où l’on se trouve, Suisse Alémanique ou Romande) a débuté en 2014 avec un 45 tours chez La Suisse Primitive records, maison de qualité, suivi d’une poignée d’albums chez Les Disques Bongo Joe, et un projet partagé avec la légende Kelley Stoltz. Un morceau qui mêle tendresse et passion grâce à cette boîte à rythmes tout juste en retrait et cette guitare saturée mais solaire.
De l’autre face, Léopardo, initialement projet solo du Fribourgeois Romain Savary, que l’on connait pour ses deux albums superbes Di Caprio & Is It An Easy Life ? parus chez Montagne SacréeTortellini Records & We Don’t Make It Records, clame son amour pour le psychédélisme et les country teasers. Il propose deux morceaux en un, dont la première partie Happiness a été entendue sur son dernier album dans une version ralentie et acoustique tout aussi jolie. Paradise, qui clôture ce split, a été enregistrée à Lugano au Spazio Morel, et regorge d’expérimentations sonores, de claviers crépusculaires, d’une basse ronde et d’une guitare tranchante.
Exercice réussi pour ces deux projets dont on reparlera sûrement bientôt.

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Rat Columns, Pacific Kiss (Tough Love)

Cela fait plus de 8 ans, mais je me souviens assez bien de mon premier coup de foudre pour une chanson de Rat Columns. Et si je ne me rappelle pas les circonstances exactes de ma première écoute de Spectre Hole, je serai plus précis sur l’émotion instantanée que m’a laissée la chanson Summer Thighs. C’est rare, mais ça arrive parfois, d’être ému immédiatement par une chanson. Dans un magma bruitiste et lofi, lorsqu’arrive l’éclaircie et que la mélodie s’élève, j’ai été pris de jalousie : j’aurais aimé écrire cette chanson faite de trois bouts de ficelle. La pureté d’une mélodie surgie du chaos, l’élégance et la distance, alors même qu’on imagine le jeune homme suspendu à une paire de jambes (“ces compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie”, comme chez Truffaut). En peu de mots : le romantisme et une certaine grâce… Certes, je m’égare, mais puisse l’écoute de Summer Thighs vous donner l’envie de prolonger jusqu’au titre suivant, This Night Mocks Lovers.

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LA PLAYLIST DES NOUVEAUTES DE FEVRIER 2021

La playlist du mois de février 2021

Pas un moment de répit entre les nouvelles sorties, nombreuses, d’un mois de février pourtant si court. C’est comme si les artistes, jusque là réticents à dévoiler leurs ouvrages en temps de pandémie, s’étaient finalement résignés : puisque le bout du tunnel semble encore loin, autant en animer le chemin. Notre dernière compilation, à rallonge donc, est là pour cela. (Coralie Gardet)

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer ou Spotify.
NDLR : Les playlists sur Deezer et Spotify ne comportent pas l’intégralité des 40 titres de cette sélection

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Le club du samedi soir #37 invite le fanzine Ductus Pop

Collage envoyé par Manon / Ductus Pop
Collage envoyé par Manon / Ductus Pop

Quatrième invité·e du Club du samedi soir dans la catégorie fanzine, j’ai nommé Ductus pop, joli exemple de ce que l’on peut faire de ses dix doigts et de son amour de la musique. Depuis Toulouse, Manon, à la tête du fanzine qui se distingue par de jolis collages en une, raconte :  “J’ai créé Ductus pop en 2016 il me semble, après avoir tenu des blogs musicaux pendant des années, tous fermés les uns après les autres parce que je glissais des liens mp3 à télécharger. Je lisais des fanzines papiers et je me suis dit que ça correspondrait finalement bien à ma vision des choses, à un rythme moins effréné.”  Vingt-cinq numéros à son actif, et une aventure en parallèle avec son label, Hidden Bay Records. Continuer la lecture de « Le club du samedi soir #37 invite le fanzine Ductus Pop »

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De l’europop française aux débuts de la house

Born Bad Records explore les prémices de la house française version top 50 dans une compilation, “Dynam’hit”

Fred de Fred
Fred de Fred à Sheffield, au début des années 90.

Les dix titres de la compilation publiée par Born Bad Records témoignent d’une hybridation unique et méconnue entre la house naissante et la variété pop à la française. Musicalement amusant, historiquement passionnant.
Dynam'hitC’était il y a 30 ans. Quelques poussières à l’échelle de l’humanité, une éternité dans le cycle des musiques électroniques. La France l’ignore mais elle sera bientôt l’épicentre de l’électro planétaire. En cette première moitié de la décennie 90, les futurs Daft Punk font encore leurs armes dans un groupe d’indie rock. La vague french pop poursuit sa percée (Daho, Les Rita Mitsouko, Lio, Niagara…) mais le pays subit encore l’héritage de la variété à la Drucker et de ses poids lourds balourds. La liberté telle qu’on la connait aujourd’hui se gagne ici, dans une émancipation de la bonne vieille chanson et une digestion des innovations débarquées de l’étranger, cruciales pour débroussailler de nouvelles voies. C’est à cet improbable carrefour que se sont croisés les dix titres réunis sur la compilation Dynam’Hit que publie ce mois-ci le label Born Bad Records. Ils ne dessinent en aucun cas une scène mais des projets disparates, entre dance de boite de nuit tournant la page disco et ébauches de maquettes en 3D pour la french touch à venir. Continuer la lecture de « De l’europop française aux débuts de la house »

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The Wild Kindness – Joseph Ponthus, Bill Callahan, Will Oldham & Cassie Berman, François Truffaut

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Pok Pok
Pok Pok / Photo : Facebook Joseph Ponthus

J’ai reconnu, tout de suite, dans ton regard bleu – le tourment. Ça brûle, parfois, ce type de regard, cela reste. Et je ne l’oublierai jamais. Tu es donc parti. Aujourd’hui, je me suis baladé au bord de la mer, en Bretagne. Certains oiseaux commencent leur migration, la marée amène ses couleurs mélancoliques – gris ardoise, bleu roi, vert d’eau, beige lessivé et autre corail. Ici, il y a des arbres remarquables, pluri-centenaire, qui nous rappellent que nous ne sommes que de passage. Mais c’est trop violent cette brièveté Joseph, vraiment. Continuer la lecture de « The Wild Kindness – Joseph Ponthus, Bill Callahan, Will Oldham & Cassie Berman, François Truffaut »

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Le nouveau single de The Reds, Pinks and Purples : “The Record Player and The Damage Done”

« Ce qui n’est pas déchirant est superflu, en musique tout au moins. » La phrase est de Cioran mais elle illustre à merveille la nouvelle chanson de Glenn Donaldson, et dans une très large mesure tout ce qui existe sous le nom de The Reds, Pinks & Purples. The Record Player and The Damage Done – qui ressemble à s’y méprendre à une lettre d’intention – est un hommage nostalgique à toutes ces chansons qui nous ont bouleversés sans avoir la moindre expérience du vécu qu’elles accompagnent. « Je n’écris pas toujours consciemment, mais je peux tenter une interprétation de cette chanson. Pour moi, elle parle du pouvoir spirituel des disques. Je suis sûr que tu connais The Needle and The Damage Done. J’ai simplement remplacé l’héroïne par les disques. J’imagine donc qu’il y a une part d’humour noir… Mais aussi, plutôt qu’une révolution politique ou spirituelle, je préfère un morceau dévastateur qui signifie quelque chose pour moi et qui me sauvera la vie. Ironiquement, donc, mon besoin de musique est aussi spirituel. »

Uncommon Weather de The Reds, Pinks & Purples sortira chez Tough Love Records / Differ-Ant le 9 avril 2021. Continuer la lecture de « Le nouveau single de The Reds, Pinks and Purples : “The Record Player and The Damage Done” »
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Selectorama : Arab Strap

Arab Strap
Arab Strap

Fidèles à ce que l’on attendait d’eux, Arab Strap a effectué un retour remarquable avec le single The Turning Of Her Bones. Le morceau évoque le comeback du groupe avec l’humour qui leur est propre, sous l’angle de la résurrection et du sexe. A l’écoute de ce titre introductif, on s’est mis à rêver d’un nouvel album aventureux, ne reprenant pas les choses là où le groupe les avait laissées en 2005 avec The Last Romance. Sans tout révolutionner, As Days Get Dark passe le cap du changement haut la main. D’une dominante générale plutôt sombre, l’album sait rester aventureux sans désorienter, même lorsqu’un solo de saxo surgit de nulle part. La présence de Paul Savage, producteur historique du groupe et de certains de leurs projets solo, n’y est sans doute pas pour rien. Si Aidan Moffat et Malcom Middleton arrivent à nous mettre à genoux tant ils content le désespoir avec beauté, leurs choix respectifs pour ce Selectorama nous prouvent qu’ils ne passent pas leur temps à pleurer leur désespoir dans leurs pintes de Lager. Ils sont aussi capables de danser sur du Cerrone ou de s’émerveiller devant un solo de guitare d’Alice In ChainsContinuer la lecture de « Selectorama : Arab Strap »

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Sous surveillance : All-Ashore!

All-Ashore!
All-Ashore!

Qui ?

Chris : guitare et chant
Meriel : orgue et chant
Tonieee : basse et chant
Elodie : guitare et chant
Ian : batterie et tambourin

Où ?

Sheffield, Angleterre

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Kim & Cléa, Quelque chose qui me chiffone / Antinomique (autoproduction)

“Chercher à mettre un rond dans un carré / Célébrer l’animal et le manger / Hidalgo dans les limbes à Paris / Y’a du sang dans les fresques d’Annie”

Il n’est jamais trop tard : je découvre en ce moment l’objet idéal de ma vocation tardive de rock-critique (et de Monsieur Du Snob, un peu) : le tout petit tirage. Si possible amical et confidentiel, il détient ce quelque chose d’humanité et de proximité qui renverse la table de l’habitude. Pressé, dupliqué, gravé, scotché, crayonné, passé de la main à la main, ou mieux, envoyé par la Poste, il exhale à une micro échelle ce petit goût de l’attente, ce parfum de découverte, cette jouissance de l’instant, tout en trouvant la quantité adéquate à son rayonnement intime. Continuer la lecture de « Kim & Cléa, Quelque chose qui me chiffone / Antinomique (autoproduction) »

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Vieilles gens mödernes – Hervé Paul et Floo Flash

Floo Flash
Floo Flash

Un quart de siècle, presque. Cela ne rajeunit personne mais je me souviens quand même. J’ai rencontré Hervé Paul un peu après avoir entendu ses chansons et, d’abord, son nom. Je me souviens de la plaisanterie qui trainait à l’automne 1997, dans les bureaux de cette maison de disques, quand il était question de son œuvre. Un autre Monsieur Paul – Henri, de son prénom – venait tout juste d’accéder à son quart d’heure de notoriété posthume en fracassant une berline et ses célèbres passagers sur le pilier du tunnel de l’Alma. Autour de la machine à café, il était même évoqué l’idée d’enregistrer un version hommage au chauffeur – Ricard In The Wind, tel en serait le titre, pour parodier le succès mondial du single larmoyant consacré par Elton John à la princesse défunte. Ça faisait sourire : il n’en fallait pas beaucoup. Mais ne nous égarons pas davantage et revenons-en à Hervé Paul. Continuer la lecture de « Vieilles gens mödernes – Hervé Paul et Floo Flash »

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Au commencement…

C’est le 6e arrondissement de Paris. À l’ombre du Panthéon. C’est un disquaire indépendant, un samedi après-midi, un été indien comme tant d’autres, des clients qui viennent, flâner, écouter des nouveautés (et parfois quelques classiques), boire un café. C’est l’automne 1992 et deux d’entre eux ont des têtes de vrais gamins, à tel point qu’ils ne font même pas les 17 et 18 ans que leur prête l’état civil. Quelques mois plus tôt, en février, ils ont piqué un titre d’une chanson des Beach Boys pour former un groupe. Ils ont un album de chevet, c’est Screamadelica de Primal Scream, sorti l’année d’avant. Mais pas que. Ils parlent de Pierre Étoile, de Urge Overkill, du MC5, d’Andy Weatherall. Ils ont donné un concert surréaliste en banlieue – je crois que c’était à Anthony, mais je n’en suis plus sûr, pour lequel ils avaient peint des étoiles sur leurs joues. Avant cela je crois, je me souviens de l’un d’entre eux, assis sur le bord de la scène, qui avait pleuré pendant toute la prestation touchée par la grâce du revenant Arthur Lee, à l’Européen de Paris. Ils ont trouvé en la personne de Daniel Dauxerre, disquaire, mélomane et érudit, alors bassiste de Colm et collaborateur du fanzine magic mushroom, un manager enthousiaste – et entre nous, on le serait à moins. Alors quand le journal a décidé de faire un état des lieux de la scène d’ici, il était impensable de ne pas évoquer ces jeunes gens, dont la démo venait de séduire Tim Gane et Laetitia Sadier de Stereolab, qui avaient retenu deux titres pour un double 45 tours dont personne ne pouvait prédire l’importance historique (et qui paraitra au printemps 1993). Aussi timides qu’enthousiastes, ils avaient alors répondu à ces quelques questions…

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Indigo Sparke, Echo (Sacred Bones)

Si vous avez déjà entendu le nom d’Indigo Sparke, alors il y a de grandes chances pour que vous ayez connu et apprécié la musique d’Adrianne Lenker et de son projet Big Thief. Dès 2017, la complicité intime et artistique partagée par l’Australienne et l’Américaine conduit Indigo Sparke à assurer les premières parties de Big Thief en Australie. Elle joue alors les titres de Nightbloom, son premier EP, dont le secret reste d’abord gardé de son côté de l’océan. C’est en 2019, invitée au festival texan SXSW, qu’elle se fait repérer par NPR : le Tiny Desk Concert qui en résulte, début 2020, lui augure une belle année ; avant que l’univers n’en décide autrement.

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FAME 2021 : “Crock Of Gold, A Few Rounds With Shane MacGowan” de Julien Temple

Dans la sélection en ligne du festival, un bouleversant récit chronologique de la vie fracassée du leader des Pogues.

"Crock Of Gold, A Few Rounds With Shane Mac Gowan" de Julien Temple
“Crock Of Gold, A Few Rounds With Shane Mac Gowan” de Julien Temple

L’homme est un sujet idéal. Le mythe est un piège. Pour Julian Temple, il n’a donc sans doute pas été totalement aisé de concevoir ce récit filmé des boires et des déboires de l’ex-leader des Pogues. Shane MacGowan a lui-même tout fait, ou tout laissé faire plutôt, à certaines périodes clefs de son existence pour finir par être réduit à la dimension schématique et limitée d’un cartoon. Comme pour Polnareff, les déclinaisons d’un logo – stylisé sous forme de quelques accessoires pourrait amplement suffire à entretenir l’illusion visuelle d’une présence et les souvenirs lointains d’une grandeur passée : une paire de Wayfarer bien accrochée sur des oreilles surdimensionnées, une dentition poreuse dont s’échappe un ricanement aussi célèbre qu’inarticulé, cette onomatopée impossible à retranscrire, quelque part entre les soubresauts d’une boite d’écrou mal secouée et le chuintement bien imbibé d’un dernier souffle. Continuer la lecture de « FAME 2021 : “Crock Of Gold, A Few Rounds With Shane MacGowan” de Julien Temple »