Vivre en France pourrait donner à certains amateurs de pop l’impression d’être éloignés de l’action. Certes, nous sommes séparés du Royaume-Uni par un petit bras de mer et des États-Unis par un océan, mais l’aventure est parfois au coin de la rue, et ce, même sans être à Twin Peaks ! À moins de 500 km de Paris se trouve Amsterdam, capitale (constitutionnelle) des Pays-Bas et ville natale des Nits. Ne pas être dans l’œil du cyclone britannique ou américain nous offre cette chance de pouvoir évaluer la formation batave pour ce qu’elle est, un grand groupe de pop. Continuer la lecture de « The Nits, Tent (1979, CBS) »
Catégories station to station
Sur le vif

Sur le vif (à propos d’une série de quatre chansons capturées à leur origine, sur le vif, avec une caméra Sony Handycam que Lael Neale a nommées Demos / Off the Cuff).
Un matin de janvier, je dois me rendre dans la ville de Dôle depuis la gare de Saint-Claude. J‘emprunte la ligne dite des Hirondelles, elle fraye un chemin parmi les tunnels et les aqueducs innombrables, souvent au bord du vide. Je compte trois passagers, un homme avec mallette, un autre en tenue de chantier, et moi collé aux vitres embuées, dans le sens inverse de la marche de telle sorte que les paysages m’apparaissent à rebours. Depuis la veille au soir, il n’a pas cessé de neiger et les voies gardent la trace des chutes devenues à présent inédites. Continuer la lecture de « Sur le vif »
Catégories sous surveillance
Sous Surveillance : Magasin

Qui ?
Où ?
Catégories billet d’humeur
Sur le fil

Je ne sais pas comment vous allez vous, en ce moment, mais moi ça ne va pas trop trop bien. Le monde part en vrille, partout la colère, la vengeance et la pensée bas de plafond rognent peu à peu ce qu’il me restait d’espoir pour les années à venir. Alors je m’accroche à tout ce que je peux, le soleil revenu, l’amour des miens, les mots des livres et les chansons. Je cherche la beauté et parfois il arrive qu’elle me parvienne, car oui la beauté existe encore, j’en suis convaincue, il faut le croire. Continuer la lecture de « Sur le fil »
Catégories chronique nouveauté
Chiens de Faïence, Touché Coulé (Safe in the Rain/Langue Pendue)
Je l’ai écouté pour la première fois un vendredi soir dans le bus 46 entre Montgallet et Voltaire, à la nuit déjà tombée. Vous voyez un peu la scène, vous connaissez le moment : la fin de semaine un peu hard, celle qui déconnecte des sentiments, qui laisse une pellicule un peu dégueu sur à peu près tout. À la première seconde d’écoute, je sais déjà que Touché Coulé va être un de mes trucs préférés. Comment se peut-il qu’on puisse encore en faire quelque chose comme ça, un truc, un disque, un EP. Que je trouve ça formidable de ne pas en revenir d’avoir un cœur, une pompe, un truc qui marche alors que tout autour est cassé. J’en reviens pas des êtres humains qui font encore des trucs d’êtres humains.
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Catégories playlist
LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE FÉVRIER 2026

On nettoie, on élague, on rafraîchit, ça bourgeonne, ça verdit et c’est reparti. Au moins une chose qui se régénère cycliquement de manière immuable. Catégorie pop moderne, c’est toujours un peu une somme des heurts passés, des expériences d’avant, qui détermine ce qu’on écoutera la prochaine saison. Ici, une petite sélection de ce qu’on a aimé ce mois-ci, en provenance des quatre coins du globe.
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Catégories mardi oldie
Boudewijn de Groot, Picknick (1968, Decca)
Avec Elvis, les Shadows et enfin les Beatles, la musique pop est devenue un phénomène presque universel. Du Pérou (Los Shain’s), en passant par Singapour (The October Cherries), le Japon, le Zimbabwe, l’Australie et bien sûr l’Europe Continentale, des jeunes gens ont pris les guitares et essayé d’imiter leurs idoles. Ces tentatives furent parfois maladroites mais des voix singulières ont aussi émergé de ce bouillonnement créatif. Le barde batave Boudewijn de Groot est de celles-ci. Né en 1944, dans un camp de concentration japonais, à côté de Jakarta (à l’époque Batavia !), en Indonésie, il débarque aux Pays Bas avec son père. Elevé par sa tante, il s’intéresse très vite à la musique. Continuer la lecture de « Boudewijn de Groot, Picknick (1968, Decca) »
Catégories interview
Ulrika Spacek : « Il est assez évident qu’on ne peut pas refaire le même album qu’en 2016. »

C’est dans un hôtel de la Gare du Nord que l’on avait rendez-vous. Un lieu de carrefour, au débarquement de l’Eurostar et du RER de Roissy pour le groupe divisé entre Londres et Stockholm où réside désormais le frontman Rhys Edwards. Il y a deux semaines paraissait EXPO, le quatrième album de ceux que l’on suit avec tant d’attention depuis dix ans déjà. Un disque qu’ils décrivent comme plus froid, possédé par des forces plus obscures, mais qui par tous ses sillons suinte le nom d’Ulrika Spacek : « C’est un moment agréable dans la vie d’un groupe quand on réalise qu’on a créé un son qui nous est propre ». Malgré l’absence du batteur Callum Brown et du guitariste Rhys Jenkins, les trois musiciens (Rhys Edwards, Joseph Stone et Syd Kemp) se sont attardés, dans un vrai échange, sur leur processus créatif, leur besoin viscéral d’autonomie et leurs dilemmes éthiques face à une industrie musicale avec laquelle ils doivent malheureusement composer quand ils ne souhaitent finalement qu’une chose : atteindre leur public.
Catégories chronique nouveauté
Pokett, Fives (autoproduit)
On ne va pas vous faire des secrets de polichinelle, on a souvent croisé la route de Stéphane Garry aka Pokett. Lors de la sortie de Crumble son premier album (2004) sur le label Intercontinental puis encore plus amicalement vôtre, lors d’une micro tournée en compagnie du géant et désormais très culte Paloma où des prises de bec exquises à propos de Dave Mustaine (Megadeth) nous ont finalement rapprochés. Et je crois bien que dans l’un des scopitones du groupe, l’on peut voir l’une de mes guitares, récupérée depuis en meilleur état qu’à l’origine, quoique. Mais il est vrai que depuis son départ pour l’Ouest, je n’avais pas franchement fait l’apéricouille avec ledit Garry. Et c’est donc d’autant plus réjouissant de se retrouver aujourd’hui par voie de presse avec Fives, le cinquième album de Pokett. Une fois de plus, après tout de même sept ans d’absence depuis le Time For A Change madré de 2019, on a su prendre son temps et faire les choses bien, voire au mieux. Continuer la lecture de « Pokett, Fives (autoproduit) »
Catégories selectorama
Selectorama : Heavenly

S’il n’y a nul besoin de justifier le fait de porter un vieux cardigan chéri, il est parfois délicat de s’enthousiasmer publiquement pour des groupes qui nous accompagnent depuis plus de trente ans, au risque de passer pour une vieille baderne. Et pourtant les raisons qui faisaient qu’on écoutait Heavenly plutôt que Gala en 1996* sont plus valables que jamais. Le regard bienveillant mais la langue (et les guitares) acérées de Heavenly offre toujours la même respiration, le même sentiment d’appartenance à une minorité qui privilégiera éternellement les pubs et les médiathèques aux salles de crossfit (bonus si vous ne voyez même pas ce que c’est). Highway To Heavenly, le nouvel album du groupe, n’est donc pas une autoroute vers un paradis perdu nostalgique, mais un sentier alternatif qui contient la promesse de cieux plus radieux, même si pour l’instant, il pleut.
Catégories chronique nouveauté
Bertolf & Nomden, All Good Things (Excelsior)
N’en déplaise aux tours-opérateurs de Liverpool, le plus grand musée du monde consacré aux Beatles se visite à Alkmaar, aux Pays-Bas. Un signe parmi d’autres de l’affinité qui s’est nouée, au fil des décennies, entre la scène musicale hollandaise et le patrimoine des Fab Four. Et même si leurs œuvres peinent parfois à rayonner au-delà des frontières nationales, des groupes comme Johan, Daryll-Ann ou, plus récemment, The Maureens sont parvenus à entretenir avec ferveur et brio cet héritage revendiqué. Vétérans aguerris et rompus séparément aux prouesses du classicisme pop au sein de nombreuses formations, Bertolf Lentink et Diederik Nomden racontent qu’ils se sont rencontrés en 2003 à l’occasion d’un concert de Paul McCartney. Auraient-ils prétendu s’être croisés par hasard dans les coulisses d’un show de Metallica qu’on aurait eu davantage de peine à les croire en découvrant, vingt-trois ans plus tard, le premier produit tardif de leur collaboration amicale. Tout vient ici à point à qui sait attendre : comme son titre proverbial l’indique, All Good Things ne contient que des mélodies d’excellente facture mises en valeur par des harmonies vocales remarquablement inspirées et des arrangements haut-de-gamme. Comme si la face B d’Abbey Road (1969) ou Band On The Run (1973) avaient été réinterprétés par les Everly Brothers. Continuer la lecture de « Bertolf & Nomden, All Good Things (Excelsior) »
Catégories Chronique en léger différé
Stephan Eicher, Poussière d’Or (Barclay)
Je m’en suis rendu compte il y a quelques jours : j’entretiens avec certains artistes – pour la plupart, les artistes qui ont participé activement à mon éveil musical et m’ont ouvert quelques horizons – des relations amoureuses pas si éloignées que cela de celles qui (dés)unissent Ana et Oscar dans la série Los Años Nuevos de Rodrigo Sorogoyen – et si jamais vous ne l’avez pas encore vue, faites-moi le plaisir de vous laisser tenter (ne serait que pour entendre cette chanson-là).
Mais ça consisterait en quoi, ces relations-là ? La passion comme aveugle des premiers jours, des premiers (é)mois, les habitudes, bonnes comme mauvaises, qui s’installent sans en avoir l’air, les premiers reproches, les liens qui se défont, la séparation houleuse ou silencieuse, les claquements de porte (d’appartement, de voiture, de taxi…), l’éloignement, le rapprochement, les doutes, les questions, les “et pourquoi en sommes-nous arrivés là ?” qui restent parfois sans réponse évidente. Continuer la lecture de « Stephan Eicher, Poussière d’Or (Barclay) »
Catégories selectorama
Selectorama : Jacuzzi Boys

En décembre dernier, nous étions loin de nous attendre à la parution d’un nouvel album des Jacuzzi Boys dont le dernier LP Ping Pong était sorti il y a plus de dix ans déjà. Le trio garage pop basé à Miami – cousins éloignés des Black Lips, en moins déglingués quand même – n’avait pourtant jamais vraiment disparu du paysage. Depuis leur formation en 2007, les Floridiens s’étaient en effet toujours habitués à ravir régulièrement nos esgourdes avec une myriade de singles réjouissants. Depuis leur premier album No Seasons en 2009, salué à l’époque par Iggy Pop en personne, et qui contenait quelques mémorables bombinettes comme Smells Dead ou Island Ave, on avait apprécié la tendance des trois compères de Miami à osciller de vivifiantes punkeries comme Do The Coma ou Coral Girls vers des titres plus psyché comme Blowin Kisses, en passant par des tubes pop surf comme Bricks of Coconuts et Out of the Black ou d’autres, plus garage, comme Christian’s Tune (Don’t Go). Continuer la lecture de « Selectorama : Jacuzzi Boys »
Catégories post live
Sharp Pins au Malandar à Séville, lundi 9 février 2026

C’est à peu près la première pensée que j’ai eue, alors que les musiciens jouaient avec une fougue toute juvénile leur premier morceau sur la scène du Malandar, une salle de concert située juste à la sortie des ruelles bariolées du quartier populaire de la ville de Séville. “Il est à la fois Pete Townshend circa 1966-1967 et Paul Weller circa 1977” – ce qui, je peux en convenir assez aisément, relève peu ou prou du pléonasme. “Il”, c’est le jeune prodig(u)e Kai Slater, 20 ans au compteur – boucles brunes qui lui mangent le visage, chemise avec col pêlatarte, pantalon cigarette et veste cintrée qu’il est absolument interdit de déboutonner – et seul maitre à bord de Sharp Pins, groupe-homme dont on est quand même persuadé qu’il est un ami d’Amérique de notre Hibernatus : pour résumer l’histoire, le gamin a dû tomber dans un coma profond en 1967, s’est brièvement réveillé vers 1977 avant de “renaitre” au début des années 2020… Depuis, il ne chôme pas et a déjà réalisé trois albums – et même deux pour la seule année passée, dont le désormais fameux Balloon Balloon Balloon et sa pochette psychédélique distingués par le titre honorifique de « meilleur disque 2025 » décerné par la Section26. Continuer la lecture de « Sharp Pins au Malandar à Séville, lundi 9 février 2026 »
Catégories portrait
« Oui, c’est qui ? C’est Miki »

C’était il y a un peu plus d’un an : son premier single Echec Et Mat, dans lequel elle se présente comme « une meuf kétaminée pâteuse pétasse » avant de se comparer à « la pom’pote au fond du frigo que personne n’ose plus toucher ni jeter » fait le tour des réseaux et médias avec son clip tourné devant un Buffalo Grill. Aujourd’hui ? Elle remplit l’Olympia et publie son album Industry Plant (comprendre : la chanteuse que l’industrie a placé là). Et histoire d’ironiser au sujet des critiques qu’elle reçoit, elle y répond dans son premier titre Yes : « Y’a des gens qui me traitent de silicone mais Billy Joel ! ». Sans tomber dans un album dédié à ses haters, elle les bénira simplement de « sa pop d’usine ». Continuer la lecture de « « Oui, c’est qui ? C’est Miki » »
Catégories mardi oldie
Rocketship, A Certain Smile, A Certain Sadness, (Slumberland, 1996)
On a beau avoir eu l’impression de faire ça toute notre vie et que finalement, cahin caha, on aurait pas un peu fait le tour de la question que la notion de trésor caché, comme le reste de l’actualité, pourrait devenir à plus ou moins long terme, navrante. Mais par ce biais précisément, la petite étincelle arrive toujours. Et se rapproche de nous puisqu’à l’instar de Numero Group qui semble avoir décidé de remettre sur la table le moindre groupe emo / slow / shoegaze de fac des années nonantes, et c’est probablement une mine intarissable (spoiler : j’y étais), Slumberland réédite une de ses premières références, et dans le genre c’est plus que simplement pas mal. Le premier album de Rocketship, projet pléonasmique d’un certain Dusty Reske. Continuer la lecture de « Rocketship, A Certain Smile, A Certain Sadness, (Slumberland, 1996) »
Catégories billet d’humeur, léger différé
Retour sur End Of The Middle de Richard Dawson

En parcourant il y a déjà un mois avec attention les diverses listes de fin d’année couronnant les disques préférés des un.e.s et des autres, j’ai été surpris de ne pas voir apparaître le dernier album de Richard Dawson, chanteur et guitariste originaire de Newcastle. Est-ce sa modestie apparente, éloignée des structures plus expérimentales de ses précédents disques, qui a désarçonné et peut-être déçu son auditoire fidèle ? Continuer la lecture de « Retour sur End Of The Middle de Richard Dawson »
Catégories selectorama
Selectorama : Fly Ashtray

Un obscur webzine américain a décrit à raison Fly Ashtray comme “le meilleur groupe dont vous n’avez jamais entendu parler du monde”. S’ils n’ont étrangement jamais atteint la notoriété de formations esthétiquement proches comme Pavement, Sonic Youth, Half Japanese, Sebadoh ou Yo La Tengo, les quatre New Yorkais originellement formés dans le Bronx ont néanmoins toujours fait l’objet d’un micro-culte de la part de quelques fidèles. Alors qu’ils ont commencé à jouer en… 1983 ! Et en une bonne vingtaine de disques sortis depuis, les quatre vétérans sont pourtant très loin d’avoir dit leur dernier mot. La preuve avec leur tout dernier album Most of All Have Fun, qui impressionne par son souffle et son inspiration, comme si le groupe avait gardé intacte sa sève créatrice et que ses membres infatigables se faisaient plaisir comme à vingt ans. Continuer la lecture de « Selectorama : Fly Ashtray »
Catégories borne d'écoute
La victoire de Dééfait

Qui ?
Dééfait, c’est :
Catégories mardi oldie
P. Hux, Purgatory Falls (Nine Eighteen Records, 2001)
Richard Willett Miller, un peu moins inconnu sous le pseudonyme de Parthenon Huxley, est mort vendredi dernier, quelques jours à peine après son soixante-dixième anniversaire. Dans la longue liste des faire-part mortuaires de saison, il y a toutes les raisons pour que celui-ci passe plus inaperçu que beaucoup d’autres. C’est injuste mais c’est logique. Pour la plupart des amateurs de chez nous, les occasions d’entrapercevoir ce nom peu familier – a fortiori celles d’entendre ses compositions – ont été rares : une invitation à jouer du tambourin sur Cynical Days sur Oranges & Lemons (1989) de XTC, une participation en tant que musicien, producteur et co-auteur de quelques morceaux sur A Man Called (E) (1992) et Broken Toy Shop (1993), les deux albums solos de Mark Oliver Everett alias E, avant qu’il ne se lance dans l’aventure Eels. C’est à peu près tout. Il y a pourtant bien des richesses à redécouvrir dans les fragments d’une discographie confidentielle, qui s’est étendue par intermittence sur cinq décennies. Continuer la lecture de « P. Hux, Purgatory Falls (Nine Eighteen Records, 2001) »
Catégories playlist
LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE JANVIER 2026

Tous les mois, la rédaction de section26 propose une playlist constituée à 100% de nouveautés, entre trouvailles que vous n’écouterez qu’ici, sorties de groupes et d’artistes qu’on adore et retours de flamme inespérés. Les voici, une fois encore, choisis avec amour.
Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify, ou autre.
NDLR : les playlists créées sur les plateformes ne comportent pas l’intégralité des titres de la sélection commentée ci-dessous.
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Catégories borne d'écoute
Nick Wheeldon trace sa route

Avec un cinquième album solo, la belle aventure de Nick Wheeldon (amorcée auprès de Os Noctàmbulos, 39th and The Nortons, The Necessary Separations) continue sa route. Le natif de Sheffield pour qui la vie semble se jouer à chaque fois qu’il monte sur scène semble s’être accélérée depuis quelques années. Pas un mois sans qu’il performe sa folk aussi sombre que solaire à travers le pays, qu’il compose ou qu’il enregistre. Ces neuf nouveaux titres, il les aura finalisés en sept jours, enregistrés en analogique à Lüe, une petite commune des Landes, section de cuivres et violon / piano / batterie compris. Continuer la lecture de « Nick Wheeldon trace sa route »
Catégories léger différé
Xan Tyler & Dusty Stray, Home (Last Night From Glasgow)
C’est l’un de ces albums discrets, d’autant plus précieux qu’il finit par imposer sa présence sur le ton du murmure plutôt que de réclamer, à cor et à cri, une attention immédiate. Publié au mois de novembre dernier, Home n’a cessé, depuis, d’apparaître de plus en plus clairement comme une sorte d’antidote absolue au tapage. Issu d’une collaboration à distance et de plusieurs années entre l’autrice-compositrice d’origine londonienne Xan Tyler, désormais écossaise d’adoption, et Jonathan Brown, alias Dusty Stray, songwriter texan installé à Amsterdam, il condense avec une sobriété exemplaire l’essentiel des sentiments qu’ont trouvé à partager, inévitablement, ces deux exilés : la nostalgie d’un « chez soi » dont le manque ne cesse de s’amplifier à mesure que l’éloignement se prolonge et dont ne demeure plus que les souvenirs. Deux voix qui s’entremêlent, une toile de fond instrumentale dépouillée et quelques mots bien choisis : il n’en faut parfois pas davantage pour restituer la profondeur de cette intimité disparue. Et pour s’interroger sur le peu qui subsiste. Continuer la lecture de « Xan Tyler & Dusty Stray, Home (Last Night From Glasgow) »
Catégories borne d'écoute
Les 7 ans de réflexion de Dog Chocolate

La scène souterraine Londonienne est toujours un vivier de bons groupes, preuve encore avec Dog Chocolate. Quartet bruyant et expérimental qui existe depuis treize ans, avec au compteur trois albums en quatre ans. Vous suivez ? Hors des radars depuis sept ans, ils reviennent avec So Inspired, So Done In, leur prochain album qui paraîtra chez Upset The Rhythm! fin Février. Les sujets qui inspirent ses membres sont vastes : du monde du travail aux mycoses (un lien existe t-il peut être ?), en passant par les choses parfois âpres du quotidien et la métamorphose du groupe au fil du temps. Nonchalance et répétition sur Employee, énergie anxieuse et déjantée sur Green Stuff : tout porte à croire que l’album jouera sur cette ambivalence et sera un beau succès. Continuer la lecture de « Les 7 ans de réflexion de Dog Chocolate »
Catégories selectorama
Selectorama : Freshberry

ASK YOURSELF. IT’S NOT TOO LATE. Il n’est jamais trop tard, effectivement, pour découvrir la petite perle inattendue de la seconde moitié de 2025. Diamond Files, premier album de Freshberry — singles essaimés sur les réseaux diaboliques (et désespérément utiles), repérés par les sonars affûtés de la Section. Moi, on m’a passé le bon mot à l’oreille lors d’une soirée d’hiver au Chair de poule. Bien m’en a pris. À la première écoute : frisson délicieusement hérissant. Continuer la lecture de « Selectorama : Freshberry »
Catégories borne d'écoute
Un petit dej de champion avec Special Friend

On pourrait presque dire que le duo franco-américain est né en même temps que ce site, puisque Guillaume Siracusa et l’hyperactive Erica Ashleson (Eggs, SCHØØL, Dog Park aussi) se sont rencontrés aux alentours de 2018 autour de mélodies slowcore et lofi, où planaient quelques fantômes nineties. Quelques années plus tard, après deux albums et pas mal de tournées, voici Clipping, un troisième disque enregistré par Alexis Fugain (Biche) et Margaux Bouchaudon (En Attendant Ana) et mixé à Londres par Syd Kemp (Ulrika Spacek, Caroline, Crack Cloud…) où le groupe s’émancipe de la douceur de ses débuts avec notamment ce pétillant Breakfast, bien plus uptempo que les rythmiques auxquelles le groupe nous avait habitués. Continuer la lecture de « Un petit dej de champion avec Special Friend »
Catégories mardi oldie
V/A, Wizzz! Vol. 5 (Born Bad Records)
Il y a 25 ans (déjà !) sortait la compilation Wizzz!. Derrière la magnifique pochette de Guy Peellaert se dessinait une vision alternative de la musique sixties française. Loin des bluettes de Claude François ou du rock fort de Johnny Hallyday, nous découvrions que les Français eux aussi s’étaient épris de pop, de psychédélisme, à la mode anglaise ou américaine. Nous sommes en 2026, un quart de siècle plus tard, Jean Baptiste Guillot sort un cinquième volume, sur son label Born Bad (ce n’était pas le cas de la première), quatre ans après la quatrième itération. En découvrant la magnifique pochette de Rocky, une question nous brûle les lèvres: cette Wizzz! sera-t-elle à la hauteur des précédentes ? L’interrogation n’est pas si anodine. Nous sommes désormais éloignés par soixante années de 1966. Continuer la lecture de « V/A, Wizzz! Vol. 5 (Born Bad Records) »
Catégories léger différé
Good Flying Birds, Talulah’s Tape (Carpark)
Décidément, le Midwest nous aura bien gâtés en 2025. Tandis que du côté de Chicago, Sharp Pins aura fait les délices des fans des Beatles et d’Alex Chilton en publiant son somptueux Balloon, Balloon, Balloon, les Good Flying Birds – basés à Indianapolis – n’auront pas non plus démérité en sortant leur enthousiasmante compilation-rétrospective Talulah’s Tape. Thurtson Moore himself a d’ailleurs récemment fait figurer leur album dans son monumental top 350 de 2025 (oui vous avez bien lu, son top 350 !!!) S’ils se sont formés en 2021, les Good Flying Birds étaient passés sous les radars, du fait de n’avoir fait connaître leurs enregistrements que par l’intermédiaire de posts sporadiques sur Youtube et via une cassette 4 titres plus ou moins introuvable. Continuer la lecture de « Good Flying Birds, Talulah’s Tape (Carpark) »
Catégories interview
« J’avais envie de réfléchir à des instruments nouveaux pour une nouvelle forme de musique. »
Rencontre in situ dans l’atelier de Léo Maurel, fabricant de vielle à roue, entre autres.

Fin du mois d’août, je prends ma Berlingo, direction Dangolsheim pour enfin rencontrer in situ Léo Maurel, artisan au service de musiciens bien connus de par chez nous, de Yann Gourdon (France) à Stephen O’Malley (Sunn O)))), en passant par Kali Malone ou Clément Vercelletto et son Engoulevent. Au volant en cet après-midi agréable, je repense à ma collègue de médiathèque Sandrine qui avait invité Léo il y a une dizaine d’années à son animation L’heure instrument : le luthier était venu présenter en public une vielle à roue et ses petites boîtes à bourdon motorisées et j’étais alors bien loin de me douter que se jouait derrière ses objets étranges une petite révolution qui changeait la donne dans une partie du milieu des musiques (néo) traditionnelles et expérimentales. L’artisan, installé dans la région de Strasbourg, allait rayonner bien au-delà et permettre à des musiciens passionnés de répertoires anciens ou avides d’expérimentations actuelles d’accéder à des instruments de facture originale sans se ruiner, en leur proposant de surcroit des personnalisations (notamment à base de moteurs et d’électronique intégrés). Un certain folklore revisité pouvait entrer ainsi de plein pied dans le XXIe siècle, provoquant un regain d’intérêt hors de nos frontières, notamment chez nos amis britanniques (tiens donc) et des passeurs aussi pointus que The Quietus. C’est un garçon souriant, réservé mais affable qui m’a accueilli dans son atelier, au rez-de-chaussée d’une vieille bâtisse, en contrebas de l’église du village, pour me raconter son histoire d’artisan, sa trajectoire d’inventeur d’une lutherie tenant de la tradition mais embrassant des technologies nouvelles, électroniques mais pas que. Rencontre avec un facteur, rêveur d’instruments peu communs. Photographies pour Section 26 et Beurre Noir* : Marie Lagabbe. Continuer la lecture de « « J’avais envie de réfléchir à des instruments nouveaux pour une nouvelle forme de musique. » »
Catégories léger différé
Raisa K, Affectionately (15 love)
Raisa Khan écrit dans des interstices, à vrai dire entre deux stations de métro, pendant la pause déjeuner, au square pendant que les enfants jouent. Affectionately, son premier album toute seule — en collectif indispensable et à côté on la retrouve chez les merveilleux Good Sad Happy Bad — fait sur laptop à Londres, griffonné donc dans les trains et les bus, pendant les pauses du jour comme une fabrication advenant dans le temps volé au quotidien, c’est cet interstice là qui imprègne chaque morceau d’une douceur un peu usée, d’une tendresse un peu abîmée. Raisa Khan écrit des chansons comme on glisse des petits mots sous une porte — sans signature, sans preuve, sans but, mais avec cette certitude qu’une personne va les trouver. Continuer la lecture de « Raisa K, Affectionately (15 love) »
Catégories mardi oldie
Les 12 commandements du skinhead reggae
Retour sur le mètre étalon du genre sorti en 1969 chez Trojan Records
Voici une compilation qui fournit la parfaite démonstration que la suite peut parfois s’avérer infiniment meilleure, voire plus cruciale que le début. Cette compilation a en tout cas accompli l’exploit, au fil du temps, de prendre l’ascendant sur le premier volume de la série. Ce second opus propose davantage qu’un simple florilège d’artistes plus ou moins connus. Ce vinyle incontournable sorti chez Trojan Records a fourni la doxa d’un son qui prendra le nom de « skinhead reggae ». Mais, bien au-delà de l’étiquette, on y trouve nichée, en douze titres, la quintessence de ce qui rendra la Jamaïque fondamentale dans l’histoire de la musique populaire au XXᵉ siècle. Nous sommes en 1969 et, définitivement, bien avant Marley, la première pierre du « Made in Kingston » vient d’être posée. Continuer la lecture de « Les 12 commandements du skinhead reggae »
Catégories léger différé
Lael Neale, Altogether Stranger (Sub Pop)
On imagine que Lael Neale écrit à l’aube, dans le silence de Los Angeles, perchée sur les hauteurs de Sunset Boulevard. Ce troisième album chez Sub Pop creuse sa découverte de l’Omnichord — cet instrument un peu primitif et futuriste à la fois, une sorte de boussole fêlée qui porte en lui l’écho de l’autoharp de Dolly Parton et June Carter. Et à Lael de nous offrir ce double retour étrange d’un hybride analogique et proto-synthétique. Le disque défile depuis sa voix singulière qui se glisse dans un vaste creux de l’histoire de la musique américaine pour y tracer sa propre ligne. Comme ces routes sinueuses dans les films, le travelling ici est en VHS, le montage sonique avec son acolyte Guy Blakeslee. Continuer la lecture de « Lael Neale, Altogether Stranger (Sub Pop) »
Catégories borne d'écoute
Les 100 bonnes choses de Jeffrey Lewis

Arrivé à la fin de la deuxième face du dernier disque de Jeffrey Lewis – The Even More Freewheelin’ Jeffrey Lewis – qu’une jolie bien inspirée m’a offert à Noël-, je me maudissais intérieurement de ne pas avoir fait figurer cet album dans mon top de fin d’année. Comment avais-je pu passer à côté de ces dix titres plus admirables les uns que les autres ? Et comment mes camarades de Section26 avaient-ils eux aussi pu n’en faire aucune mention ? Quoi qu’il en soit, je ne pouvais que constater que le génial New Yorkais, seul rescapé du mouvement anti-folk à avoir conservé intacte son éthique, n’avait peut-être jamais autant maîtrisé son art, parvenant comme il en a toujours eu le secret à marier une lucidité un peu désespérée avec l’humour et l’autodérision d’un Woody Allen, comme un Woody Guthrie qui se serait fait l’émule de Schopenhauer mais aurait su surmonter son blues grâce au rire. Continuer la lecture de « Les 100 bonnes choses de Jeffrey Lewis »
Catégories léger différé
Paris Banlieue, Dans Des Lieux (Snap! Clap! Club / Cartelle / Langue Pendue)
Écouter Paris Banlieue c’est renouer avec l’énergie de ses douze ans, patiner plein gaz sur un bitume fraichement posé grâce à des semelles en aluminium sanglées à ses Stan Smith, enclencher une K7 de Foreigner dans son walkman Sony, s’échapper dans la forêt tropicale avoisinante pour cueillir des bananes à même l’arbre ou faire couler le liquide puant du durion, laisser dépasser un sein naissant dans sa robe devenue trop petite, inventer une BD pour sa frangine déprimée qui repasse son bac et raconter n’importe quoi aux copines… Continuer la lecture de « Paris Banlieue, Dans Des Lieux (Snap! Clap! Club / Cartelle / Langue Pendue) »
Catégories léger différé
Now, Now Does the Trick (K Records / Perennial)
Lumière de fin d’après-midi. Cassettes criblées. Films en 8 mm. Bordées sans fin de ces trottoirs américains qui sont à peine des surfaces sur lesquels marcher, des portes de garage ouvertes ou fermées. Ça, c’est pour le décor. Now — William Smith (Cindy), Hannah Forrester (Thunder Boys), Oli Lipton (Cindy, Violent Change) — c’est un trio DIY de la baie de San Francisco avec une prédilection les romans pulp, les beat groups, le glamour et les films de série B. Un premier disque, Saturday’s Child, masterisé par Saint-Kramer. Maintenant : K/Perennial en badge de scouts de l’indie. Douze poèmes mélodisés — The Ballad of Joy Bang, Careening, In Pathécolor, Pointe Shoes — des titres qui sonnent comme des rêves épinglés sur des murs de papier peint à motifs. Une pop onirique-érudite. Il faut aimer les maniéristes, moi j’adore. Continuer la lecture de « Now, Now Does the Trick (K Records / Perennial) »
Catégories À écouter, playlist
Ceux qu’on a aimés en 2025

Pas toujours évident de s’en sortir dans la foison de suggestions des classements de l’année. La meilleure façon de l’aborder est sans doute de laisser parler la musique, et d’être séduit par l’un ou l’autre des titres de cette playlist. On vous la livre ici comme un court résumé de ce qu’on a aimé cette année, en espérant suffisamment titiller votre curiosité. Bonne fin d’année et restez connectés.
Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify et ci-dessous en version mixée.
NDLR : les playlists créées sur les plateformes ne comportent pas l’intégralité des titres de la sélection commentée ci-dessous.
Catégories léger différé
Maria Somerville, Luster (4AD)
Un ciel bas, des vitres embuées. Le shoegaze c’est avoir la tête penchée. Maria Somerville est rentrée chez elle, dans le Connemara, là où les montagnes plongent dans l’Atlantique et où le lac Corrib réfléchit des ciels changeants — et Luster, son deuxième album paru chez 4AD, porte en lui toute la lumière diffuse de ce retour-là. Dans le petit studio de son salon, avec des comparses de l’île (Henry Earnest, Finn Carraher McDonald, Ian Lynch de Lankum à la cornemuse uilleann sur Violet), Somerville a filé 12 titres comme des petits tableaux sonores — le paysage irlandais vu à travers l’eau perlée d’une brume, comme J. M. W. Turner quand il vise le point d’abstraction atmosphérique (soit le train ou la guitare). Une musique comme un linge humide posé sur un front fiévreux : apaisement mais chute du linge au moment exact où nous penchons la tête justement. Continuer la lecture de « Maria Somerville, Luster (4AD) »
Catégories classement
Le classement de la rédaction 2025

Dites 33. Lorsqu’on lance les messages concernant le classement de l’année auprès des auteurs de ce site, on sent un léger retrait, comme une goutte de citron sur le bord de la coquille d’une huitre. Puis, après quelques messages plus insistants, les réponses fusent. Cette année, on est 33 à avoir répondus. 33 comme les tours d’un vinyle, l’indicatif téléphonique de notre bon pays en disgrâce totale, le numéro atomique de l’arsenic, qu’on a failli gober volontairement à de maintes reprises cette année. 33 personnes se sont donc investies dans ce classement dont on est fiers, car il nous ressemble. A la fois dans l’idée d’une pop à l’ancienne, fière de ses origines, toujours aussi vaillante, toujours aussi indépendante, comme ce Sharp Pins qui trône dignement en première place. Mais aussi dans la diversité, via des choix plus tranchés comme ces albums somptueux de Joanne Robertson ou Jemima, complètement anesthésiés de beauté. Ou encore Andrea Laszlo de Simone, qui pourrait être là chaque fois qu’il sort un disque. Un classement où se côtoient les jeunes filles de Horsegirl et les darons de Pulp et The Apartments, et aussi l’incroyable épopée noise pop des rouennais Ellah A Thaun. Ecoutez-les, achetez leurs disques, allez les voir sur scène, aimez-les autant que nous. Et ne cédez jamais à la modération. (TS)
01. SHARP PINS, Balloon, Balloon, Balloon (K Records / Perennial)
02. BLOOD ORANGE, Essex Honey (RCA/Domino)
03. HORSEGIRL, Phonetics On and On (Matador Records/Beggars)
04. JOANNE ROBERTSON, Blurrr (AD 93)
05. ANDREA LASZLO DE SIMONE, Una Lunghissima Ombra (Ekler/Hamburger)
06. PULP, More (Rough Trade)
07. JEMIMA, Even The Dog Knows (All Night Flight Records)
08. ELLAH A THAUN, The Seminal Record Of Ellah A Thaun (Flippin Freaks Records / Howlin Banana)
09. THE APARTMENTS, That’s What The Music is For (Talitres)
10. JEFF TWEEDY, Twilight Override (dBpm Records)
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Catégories sous surveillance
Sous Surveillance : Païkan

Qui ?
Rémi aka Païkan est producteur de musique électronique, touche-à-tout talentueux qui navigue entre création, médiation, DJing, développement de projets associatifs, labels… mais qui trouve quand même le temps de jouer avec ses synthétiseurs.
Où ?
À Dijon, où il réside, au sein du studio uma, un indispensable lieu pluridisciplinaire dédié à l’audiovisuel où se fréquentent artistes et associations. Mais aussi dans d’autres lieux/résidences, selon les opportunités. L’album qu’il prépare pour 2026 a principalement été composé à la campagne à Collonges, pas loin de Tournus dans le 71, chez ses copaines du groupe Marie Madeleine dont il avait transformé la maison en studio de musique. Continuer la lecture de « Sous Surveillance : Païkan »
Catégories Chronique en léger différé
Brooke Combe, Dancing At The Edge Of The World (Modern Sky)
On ne l’a pas tout de suite su, mais c’était là dès le début. Dès l’achat de The Gift de The Jam (au printemps 1982, après le concert à Amsterdam diffusé dans l’émission Mégahertz d’Alain Maneval) et l’une des photos de la pochette intérieure – une photo bleutée où un type réalisait une sorte de figure acrobatique ; dès le premier album de Dexys Midnight Runners aussi, les hommages à Geno et bien sûr, la reprise – dont on a mis du temps à apprendre que c’était une reprise. Et ensuite, c’est revenu comme un ressac au fil des ans, des clins d’œil, des hommages, un titre, un nom, un état d’esprit. Paul Weller – que reprend d’ailleurs Brooke Combe avec brio – comme chef de file, à la tête du Style Council puis en solo. The Verve et son deuxième album qui portait un titre sans ambiguité. Le single incroyable de Contempo, U B Naughty, les samples de Spearmint, les clins d’œil de Pulp ; Doves et le nom du label où tout a commencé – Casino –, la réinvention de Texas – et la culture du bassiste Johnny McElhone, n’en déplaise à beaucoup –, les plaisirs simples de Tindersticks… Mais tout le reste aussi : Tainted Love de Soft Cell, le set DJ de Bob Stanley – je crois que c’était en 2002 – au Pop In (notre Casino à nous, justement), les coups de cœur de Birdie, l’une de mes toutes premières playlists pour Les Vinzelles – intitulée Hit The North(ern soul) – que j’avais d’ailleurs imaginée pour tenter d’impressionner l’une des deux patronnes… Continuer la lecture de « Brooke Combe, Dancing At The Edge Of The World (Modern Sky) »
Catégories chronique nouveauté
Oneohtrix Point Never, Tranquilizer (Warp)
La musique électronique, dans ses formes les plus modernistes et avant-gardistes, a toujours eu une dimension conceptuelle. Que l’on évoque, au hasard, Chiastic Slide d’Autechre (1997) ou Prototypes d’Alva Noto (2000), un rigorisme formel s’impose à l’auditeur.rice. On pense à ce qu’écrivait Jonas Mekas à propos du cinéma « structurel » (Michael Snow, Ken Jacobs) : la « manipulation consciente » (1) de formes. Un art qui se définit par un haut degré de réflexivité, par la place centrale qu’il accord au matériau – ici le medium électronique. Or c’est précisément depuis ce bord le plus souvent spéculatif, mais en empruntant une voie qui lui serait légèrement oblique, que Daniel Lopatin élabore depuis une grosse vingtaine d’années l’une des œuvres les plus importantes du répertoire contemporain – sous différent allias (Chuck Person, Ford & Lopatin, etc.) mais aussi et surtout avec Oneohtrix Point Never, son projet le plus célèbre et marquant. Continuer la lecture de « Oneohtrix Point Never, Tranquilizer (Warp) »










