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Le club du samedi soir #52 : Knäckebröd, Surströmming & Aquavit

Sandhamn / Photo : TS

Et pourquoi donc une playlist suédoise ? Je n’ai jamais mis les pieds en Suède, je ne parle pas le suédois – mais il n’est jamais trop tard pour s’y mettre parce qu’une langue qui abuse des trémas et des petits ronds au-dessus de la lettre A est forcément attractive. Je me suis intéressée à la scène suédoise grâce à Reno, taulier chez Badseeds Recordshop et Music From the Masses à l’époque où il co-dirigeait le petit mais excellent label défricheur Beko. Et au hasard des rencontres Facebook, j’avais échangé avec les Suédois de Luxury Records – je me souviens d’un deal parfait, je leur avais fait quelques badges et ils m’avaient envoyé leurs dernières sorties. Et puis il y a eu mon amour définitif pour The Radio Dept., qui m’a aussi donné envie de creuser un peu plus et d’aller piocher dans des labels comme Sincerely Yours, Hybris ou Labrador. Voilà donc une playlist 100% suédoise, bien pop et totalement subjective. Je n’ai pas ajouté Abba (trop facile) mais rien ne vous empêche de mettre Waterloo à fond dans votre salon et de danser comme des petits fous. Continuer la lecture de « Le club du samedi soir #52 : Knäckebröd, Surströmming & Aquavit »

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Queen Of The Meadow – Couple princier

Queen Of The Meadow
Queen Of The Meadow / Photo : Audrey Chapelet

Il est parfois compliqué de poser des mots adéquats sur l’évidence. La beauté radieuse du troisième album de Queen Of The Meadow se révèle plus facilement qu’elle ne se décrit. Les compositions d’Helen Ferguson nourrissent, au fil des écoutes, trop d’impressions contrastées pour que l’on parvienne à en fixer la substance dans une synthèse fixe et bien formulée, un peu à l’image de cette pochette où les postures différentes se superposent. Survival Of The Unfittest apparaît donc comme un album en mouvement, insaisissable. Bien loin, en tous cas, de cette étiquette pop-folk réductrice qui tend pourtant à coller aux basques du duo depuis ses débuts en 2016. Des chansons à la fois limpides et complexes, très intimes et parfaitement pudiques, au diapason de ces arrangements, riches et discrets à la fois, confectionnés par Julien Pras, et qui rehaussent les chansons d’Helen sans les envahir. L’enthousiasme mêlé de perplexité appelait donc un échange avec les principaux intéressés, seuls en mesure d’apporter leurs éclaircissements. Continuer la lecture de « Queen Of The Meadow – Couple princier »

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L’autre miroir – Flaming Lips, Suzanne Lindon, Richard Brautigan

Richard Brautigan / Photo : Jim Marshall
Richard Brautigan / Photo : Jim Marshall

Il se cache parfois, derrière une apparence scintillante, un élément nocturne – une partie du miroir fêlée. Nietzsche disait qu’il en fallait de la force, de l’énergie vitale pour composer une tragédie. Je n’ai jamais pris The Soft Bulletin pour un simple disque pop et psychédélique. Je ne l’ai jamais écouté comme on écoute un album de plage. C’est bien plus que cela et grâce au Disquaire Day, certains d’entre vous découvriront l’autre partie du miroir de ce disque. Deux galettes couleur ciment où un puissant venin a été injecté : The Soft Bulletin Companion. Continuer la lecture de « L’autre miroir – Flaming Lips, Suzanne Lindon, Richard Brautigan »

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The Purcells reprend “O Solitude” de Henry Purcell et fait chanter Laetitia Sadier

The Purcells / Visuel : Guillaume Long
The Purcells / Visuel : Guillaume Long

Touche à tout aux identités multiples, Mickaël Mottet n’a pas froid aux oreilles. Après Mark E. Smith, le voici rendant hommage à Henry Purcell, compositeur baroque britannique du XVIIème siècle. Ses pièces courtes sont pour lui construites comme de parfaites petites pop songs, qui pourraient facilement sonner comme du Pavement teinté de krautrock. Si on ne peut oublier la fabuleuse Cold Song de Klaus Nomi, il fait signe à son comparse Flavien Girard, accompagné du multi instrumentiste JeanChristophe Lacroix pour un 4 titres, accompagné sur l’un d’entre eux par une surprise de taille au chant : leur amie Laetitia Sadier sur cet O Solitude minimal, métronomique et poétique.

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Selectorama : Marina Allen

Marina Allen
Marina Allen / Photo : Garret Miller

Il aura suffi de moins de vingt minutes et sept chansons pour comprendre que Marina Allen est une artiste qui va compter. Candlepower, son premier et court album, est habité d’une grâce rare. Pour se faire une idée, imaginez un croisement entre le vivier qu’était la scène de Laurel Canyon au début des 70’s et le talent que des artistes comme Sharon Van Etten ou Angel Olsen ont mis des années à développer. Candlepower est un disque cérébral réussissant le tour de force de ne pas ennuyer malgré sa diversité, mais plutôt de captiver et d’intriguer. Marina Allen fait partie de ces artistes animés par une vision et une détermination sans faille. Si l’album est plus ou moins minimaliste, chaque détail a son importance. Sa décision de produire seule une partie des morceaux n’y est sans doute pas pour rien. Le son ample et chaleureux, le chant tout en subtilité sont des invitations à voyager dans une dimension parallèle. Une dimension où la beauté, la tristesse, le drame et l’amour ne font qu’un. Les morceaux qu’elle a sélectionnés pour nous en sont le parfait reflet. Continuer la lecture de « Selectorama : Marina Allen »

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Sous Surveillance : Delivery

Delivery
Delivery / Photo : Sam Harding

Qui ?

Delivery, toute nouvelle formation Australienne est composée de…
Rebecca Allan : basse et chant
James Lynch : guitare et chant
Lisa Rashleigh : guitare et chant
Seamus Whelan : guitare
Daniel Devlin : batterie

Tout ce beau monde joue également dans Gutter Girls, Future Suck , The Vacant Smiles, Kosmetika, House Deposit, Polly and the Pockets, Blonde Revolver, soit un panel plutôt représentatif de la scène foisonnante qui vit de ce côté-là de l’hémisphère.

Où ?

Melbourne, Victoria : The best city in the world, dixit Daniel.

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Quivers, Golden Doubt (Bobo Integral/Ba Da Bing !)

Quivers Golden DoubtCe n’est pas tous les jours qu’on se reconnecte à soi au détour d’un disque. Même si l’on a pris l’habitude de vivre avec les versions successives de soi-même, la superposition reste, la plupart du temps, un peu cloisonnée. Comme pour tout le monde, l’adolescence a façonné nos goûts de façon déterminante mais trop de choses ont changé pour que la continuité demeure autrement que sous la forme résiduelle de la nostalgie attendrie. Réécouter les albums qui ont nourri ces premières passions, procure généralement la même impression que la contemplation des photos d’enfance :  les traits sont les mêmes, bien sûr, mais le temps a laissé des traces et de l’usure, y compris dans ces chansons favorites que l’on aurait aimé préserver pour toujours. On peut les retrouver, les apprécier parfois, mais combien de fois avec une fraction significative de l’enthousiasme initiale, sincèrement ? Le souvenir des premières découvertes est quasiment devenu plus précieux que le support musical lui-même, dont la fréquentation s’avère même cruelle, de temps en temps. Et quand quelques jalons se révèlent, en apparence, inaltérables, c’est qu’ils sont devenus, au fils des ans, les compagnons et les support d’interprétations nouvelles et différentes : ce sont les mêmes œuvres, évidemment, mais dont le temps a transformé l’écoute et le sens que l’on en retire, rendant la continuité largement illusoire. Continuer la lecture de « Quivers, Golden Doubt (Bobo Integral/Ba Da Bing !) »

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Comment mon groupe préféré m’a mis mal à l’aise – Can, Live in Stuttgart 75

Can, période Damo Suzuki.
Can, période Damo Suzuki.

La première fois que j’ai écouté Can, c’est comme si j’avais marché sur la Lune. Mon ami d’alors avait préparé cérémonieusement le moment de cette écoute, sûr de l’effet que cette musique aurait sur moi, et très excité de me la faire découvrir. Il a commencé par le début en insérant le CD de Monster Movie (1969) dans le lecteur. You Doo Right concentre déjà quasiment toute leur musique : l’intensité du chant, le groove de la basse, le cosmique de l’orgue et des claviers, la progressivité du morceau, le sens mélodique de la guitare et la rythmique hypnotique de la batterie. Je n’ai jamais rien entendu d’aussi parfait pour ma psyché et ma sensibilité. Je suis scotchée au canapé, partie dans un voyage qui durera toute une nuit. Continuer la lecture de « Comment mon groupe préféré m’a mis mal à l’aise – Can, Live in Stuttgart 75 »

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Charles, Let’s Start A Family Tonight (Babe City Records)

Les grands artistes (1) ont un avantage indéniable sur le commun des mortels. Quand bien même on les détesterait – pour de bonnes ou de mauvaises raisons, là n’est pas la question -, il arrive souvent qu’on leur rende de curieux hommages, parfois même inconsciemment. Si Ariel Pink n’est crédité que sur quatre morceaux pour sa contribution à la basse  et à la guitare, on sent bien qu’il a inspiré très largement le disque de son ex, Charlotte Ercoli Coe. Certes, on l’entend pousser des hurlements sur The Offended Olympics (si ce n’est lui, c’est donc son frère) avec une ironie qui ne manque pas de piquant, Fallogentrismo ressemble étonnamment à The Bottom, Rex Harrison partage une partie du refrain de Kitchen Witch qu’elle avait par ailleurs coécrite. On retrouve aussi un goût pour l’ambivalence, le travestissement, un jeu sur l’identité masculine et féminine dont aime jouer le Californien. Mais surtout, il y a cette production typique, tissée dans le coton des rêves, qui a infusé depuis quinze ans la musique pop des artistes lo-fi de Los Angeles en premier lieu pour se répandre un peu partout. Continuer la lecture de « Charles, Let’s Start A Family Tonight (Babe City Records) »

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Suicide – Résurrection

Suicide
Suicide en 1978 / Photo : George Wilkes via Libé

On ne croyait plus entendre parler d’Alan Vega et de Martin Rev ailleurs que dans les pages rééditions des magazines rock ou dans les encyclopédies musicales. Qu’attendre alors du retour en studio de Suicide en 2002 ? Rien de bien nouveau, certes. Juste un album, American Supreme, presque à la hauteur de la légende du duo, d’une intensité jamais prise en défaut et qui confirme une fois de plus la lucidité presque effrayante de ses auteurs. Contrairement à ce qu’affirme trop rapidement le sens commun, on peut réussir plusieurs fois son Suicide. Continuer la lecture de « Suicide – Résurrection »

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A CERTAIN RADIO IS BORN !

Une proposition musicale 24/7 en continu par l’équipe de Section26
Pop, Indé, Post-Punk, Cold, Electronique, Soul, Jazz, Rock, Noise…

Une émission par jour, 3 le week-end, à partir du 21 juin sur la toile.
Des invités de choix parmi les oreilles les plus affutées du quartier. #staytuned

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Le club du samedi soir #51 : Britpop remembered

“C’est Nono” (Etienne Greib)

En marge de leur livre, chroniqué ce matin dans nos pages, nous avons demandé à Nico Prat et Benjamin Durand de nous extraire dix pépites commentées de la période britpop, s’en est logiquement suivie l’idée de prolonger la soirée et les pintes en distanciel sous la forme d’une mixtape et pour compléter le tableau et rester dans le sujet, on s’achève au petit matin avec 8 morceaux « rares » ou face B de Lilian et Nono, à déguster d’un trait. En un mot : Cheers mate(s) ! Continuer la lecture de « Le club du samedi soir #51 : Britpop remembered »

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“Oasis ou la Revanche des ploucs” de Benjamin Durand & Nico Prat (Editions Playlist Society)

Oasis Playlist SocietyY a-t-il encore quelque chose à écrire sur Oasis ? Tout et n’importe quoi a déjà été raconté à leur sujet. Surtout n’importe quoi d’ailleurs. Premier manager, premier batteur, grand frère, amis plus ou moins proches, beaucoup ont déjà tenté de raconter l’histoire des Gallagher dans les livres sentant souvent l’opportunisme. Souvent remplis d’anecdotes et de fables en tout genre sur les frasques et disputes de ces deux fils d’immigrés Irlandais, presque aucun ouvrage ne réussit à cerner avec intelligence le phénomène mondial qu’a été Oasis et l’importance du contexte politique, social et culturel sur son ascension météorique. Continuer la lecture de « “Oasis ou la Revanche des ploucs” de Benjamin Durand & Nico Prat (Editions Playlist Society) »

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Voyage, Voyage – Chloé Zhao, Jean Baudrillard, Orchid Mantis

Frances McDormand dans "Nomadland" de Chloé Zhao
Frances McDormand dans “Nomadland” de Chloé Zhao

Il y a quelques jours, je regardais ce documentaire passionnant concernant Michael Cimino. Jean-Baptiste Thoret, le réalisateur, nous faisait prendre la route pour ainsi dire, cette route immense et large où chaque voyageur peut projeter ses rêves et désillusions. Les paysages, grandioses, ont toujours quelque chose de remarquable et de menaçant chez Cimino. Une pureté, un échec à taire… En découvrant un autre film, celui de Chloé Zhao, j’ai compris à quel point, certains plans, jouent à un éternel retour. Continuer la lecture de « Voyage, Voyage – Chloé Zhao, Jean Baudrillard, Orchid Mantis »

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Selectorama : Gilb’r

Gilb'r
Gilb’r

Il a eu mille vies, à contribué à une belle poignée d’avant-gardes. Si Gilb’r habite désormais aux Pays-Bas (à Amsterdam, depuis 6 ans), il ne s’est point éloigné du nerf de sa guerre : la musique via son label Versatile. Lequel fête d’ailleurs ses 25 ans ce printemps, avec une première sortie qui avait littéralement catapulté le label au firmament de la french touch d’alors avec le légendaire Disco Cubizm d’I:Cube remixé par Daft Punk. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts, et le boss de la maison-mère de la Folie-Régnault n’a cessé de se diversifier. De très belles signatures (Zombie Zombie, Acid Arab, I:Cube – partner in crime de toujours – ou l’album de  Parrenin / Weinrich récemment) en productions perso (Château Flight, Aladdin avec Nicolas Ker, Quixote inviant Lisa Li-Lund…), il a été l’indispensable sélecteur de Radio Nova dès 1991, et pendant des années. Pour revenir à son actualité, On Danse Comme Des Fous, son tout premier album solo vient juste de sortir, et il contient sans doute le meilleur de son univers, aussi vaste soit-il. Sur un départ aux accents de messe kraut, des bulles d’extase ambient, de la syncope en clin d’oeil à ses années Jungle Vibes (j’ai toujours le CD, je l’adore, ndlr), et un disque qui finalement, contrairement à ce que son titre On Danse Comme Des Fous suppose, ne contient pas de banger housey mais une bonne dose de génie bien supérieure. On est très fiers d’avoir le patron aux commandes d’un Selectorama pas piqué des hannetons, qui prouve son écléctisme total et sa curiosité furieuse toujours aussi vive. Continuer la lecture de « Selectorama : Gilb’r »

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Pearl & The Oysters “Treasure Island” (Tip Top Recordings/Feeltrip)

Pearl & The Oysters
Pearl & The Oysters / Photo : Laura Moreau

Pearl & The Oysters, duo français formé de Juliette Davis et Joachim Polack, désormais installé à Los Angeles après avoir écumé la Floride, revient le 3 septembre avec un nouvel album intitulé Flowerland (Tip Top Recordings/ Feeltrip). Si le groupe a changé de label, après deux albums chez Croque Macadam (le label que j’ai fondé), Pearl & The Oysters (2017) et Canned Music (2018), les amateurs de la formation pop ne seront pas déroutés par les nouvelles compositions du duo. Treasure Island, envoyé en éclaireur, donne le ton. La chanson confirme l’appétence des Franco-américains pour les tempi modérés et les teintes mi-figue mi-raisin. Groovyla composition évoque la nostalgie des étés finissants, quand le soleil a doré la peau et qu’il est temps de repartir au boulot… Une chanson délicate et élégante avec ce petit soupçon de fantaisie dans la production. Un nouvel album qui saura sans doute trouver son public, notamment chez les amateurs de Mild High Club, Dent May, Drugdealer, Mac Demarco ou Homeshake.

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Intersystems, #4 (Waveshaper Media)

Intersystems #4Le psychédélisme est aujourd’hui une catégorie consacrée, qui renvoie à une esthétique et un vocabulaire sonore omniprésents au sein du paysage pop contemporain. À tel point qu’il semble trop souvent flirter avec un certain cliché qui sied si bien au marketing culturel. Mais ce serait oublier qu’il a toujours attiré dans son sillage d’authentiques francs-tireurs, par définition rétifs à toute catégorisation trop étroite ou attendue. C’est le cas ici avec ce nouveau disque des pionniers canadiens Intersystems, incontestables fous furieux praticiens du collage sonore, d’une early electro psyché dont la radicale liberté n’aurait d’égal que celle de créateurs aussi singuliers que Sun Ra ou Morton Subotnick, par exemple. Et c’est peu dire que la sortie sur Waveshaper Media de #IV constitue un événement important : quatrième disque du groupe, il fait suite à Free Psychedelic Poster Inside, qui date de 1968. Une manière de reprendre un travail à plus de cinquante années de distance, comme si ce qui avait été expérimenté dans le sillage des esthétiques 60’S post-fluxus pourrait encore s’avérer pertinent aujourd’hui. Continuer la lecture de « Intersystems, #4 (Waveshaper Media) »

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New Order (A Life), #4

Ou comment la musique de New Order infuse dans nos vies.

"Blow Up" de Michelangelo Antonioni (1967)
“Blow Up” de Michelangelo Antonioni (1967)

Je pose le CD sur la platine. La tiédeur du soir entre dans l’appartement. Les premières notes m’emportent toujours vers un autre espace, un autre temps. L’adolescence, oui, sûrement, mais sans que je puisse préciser les contours d’un instant précis. Nul objet ou souvenirs tangibles. Rien sinon l’intensité de la musique. I like walking in the park when it gets late at night. C’est Sub-culture et sa boucle synthétique. C’est Sub-culture et Low-Life, depuis toujours mon disque préféré de New Order, sans doute parce qu’il a été le premier à m’avoir vraiment bouleversé. La chronologie fait parfois toute la différence. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours eu l’impression de n’avoir jamais retrouvé, dans aucun autre album du groupe, cet équilibre précaire et miraculeux à la fois, entre l’énergie rock de ses origines et les sonorités électroniques devenues sa principale signature. Sans doute aussi, jamais depuis Movement un disque de New Order n’a jamais été autant habité par la figure de l’absent, celle de Ian Curtis, de la vague puissante de Sunrise au sommet d’émotion que constitue Elegia. Continuer la lecture de « New Order (A Life), #4 »

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Spearmint, A Week Away (hitBACK, 1999)

Le premier contact avec ce disque est une phrase. “Ça devrait te plaire”, m’avait prévenu mon ami Nicolas P. en me tendant le CD – et quand je repense à cet emploi du conditionnel, je ne peux m’empêcher de sourire. Je me souviens bien de ces mots-là, et pourtant, je ne me souviens pas de la période, ni de l’année exacte – mais c’est bien sûr 1999, il suffit aujourd’hui parfois d’un clic pour étayer sa mémoire. Et puis, je me souviens aussi du lieu, les bureaux de la RPM du boulevard Ménilmontant, ceux d’un septennat qui aura vu l’arrivée de la couleur, du rythme mensuel, des piges enfin payées et des salaires au lance-pierre, l’époque de l’âge de la déraison où l’avenir semblait appartenir à ceux qui se couchaient (plutôt) tard.
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Frøkedal & Familien, Flora (Autoproduit)

Frøkedal & Familien

On avait déjà évoqué en ces pages – virtuelles, certes, mais pages tout de même – le talent d’Anne-Lise Frøkedal à l’occasion de la publication de l’avant-dernier album d’I Was A King  – Slow Century (2019) – l’un des groupes auxquels elle continue de contribuer tout en construisant depuis 2016 un parcours plus personnel. Troisième étape de cette carrière solo, Flora confirme les dons singuliers d’auteur et d’interprète de la Norvégienne. Les poncifs de l’écriture pop associent fréquemment les femmes qui chantent – a fortiori, quand elles évoquent des images naturalistes, comme c’est souvent le cas sur Flora, et en particulier sur Set Your Spirit Free, jolie protest-popsong aux échos écolos – à des figures imaginaires confortablement balisées : les fées des bois souvent, les sorcières parfois. Continuer la lecture de « Frøkedal & Familien, Flora (Autoproduit) »

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Bonnie “Prince” Billy : les années Palace

Bonnie "Prince" Billy
Bonnie “Prince” Billy / Photo : Lindsey Rome


A l’heure (du loup) où Will Oldham se réacoquine avec son compère Matt Sweeney sous le nom de Superwolves, nous avons remis la main sur cette interview d’avril 2004, où il évoque ses années Palace.


En choisissant de réenregistrer des chansons de ses diverses incarnations Palace (Brothers, Songs, Music), sélectionnées par le vote des internautes sur le site du label américain Drag City, Will Oldham est parvenu à revisiter de manière sobre et cohérente les différentes pièces d’un palais où régnait souvent l’intranquillité. Soucieux du moindre détail, il revient sur les lieux d’un des plus imposants édifices de la musique américaine contemporaine, ce Greatest Palace Music en forme de best of fantasmé.

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LA PLAYLIST DES NOUVEAUTES DE JUIN 2021

LA PLAYLIST DE JUIN 2021

Nous sommes à deux doigts de l’été, et pourtant, on se fait toujours rincer comme des bigoudènes dépressives en octobre. Peu importe, la production musicale rayonne et scintille, comme le prouve cette chaleureuse fournée de nouveautés. La Pop J Pop des Tapeworms, les girls band excitées Chai et The Linda Lindas, le retour de nos aussies d’amour Goon Sax, un duo russe glaçant comme une vodka on the rocks, quelques amours de toujours (Damien Jurado, Gruff Rhys)… N’hésitez pas, appuyez sur play et laissez-vous embarquer vers le soleil. (TS)

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer ou Spotify et petite nouveauté, en version mixée sur Mixcloud. Et aussi, sur agnès b. radio.

NDLR : Les playlists Deezer et Spotify ne comportent pas l’intégralité des titres de cette sélection.

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L’immensité – Rebecca Elson, Rose Melberg & Tony Molina, Jacques Rivette

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Juliet Berto
Juliet Berto

Attendre la pluie pour finalement recevoir le soleil. Changer le chagrin en un talisman lumineux, jamais fané de gaieté. Il y a toujours dans l’immensité du ciel de Bretagne, ce basculement et ce vertige. Sur le chemin bordé d’ajoncs, il y a du mauve et du jaune crus à la André Derain ; ailleurs, c’est le gris et le brun salé de Vilhelm Hammershøi. Je me languis de voir tes jambes nues et tes cheveux bouclés se fondre dans le coloris d’un sable tendre. Pas loin, les roches roses de Primel livreront leur couleur à des embruns noircis de pluie retenue. Viennent les premiers bains sous les grappes d’étoiles. Ce désir de voir un détail caresser l’idée d’un infini, c’est peut-être l’impulsion première de la poésie. Continuer la lecture de « L’immensité – Rebecca Elson, Rose Melberg & Tony Molina, Jacques Rivette »

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Selectorama : Nine Antico

Laetitia Dosch et Sara Forestier dans "Playlist" de Nine Antico
Laetitia Dosch et Sara Forestier dans “Playlist” de Nine Antico

De petits boulots en coups de cœur souvent illusoires, Sophie (Sara Forestier), la presque trentaine, erre dans un Paris en noir et blanc filmé par Nine Antico, qu’on connaissait avant tout par son coup de crayon générationnel bien senti (Girls Don’t Cry, Le Goût du paradis, Coney Island Baby, entre autres). Comme dans ses BD à l’humour bittersweet, elle émaille ça et là son film de références musicales comme de petites pierres blanches qui nous ont immédiatement parlé. Jugez plutôt : Daniel Johnston, Electrelane, Yo La Tengo et trois morceaux de Lispector, dont on vous a souvent parlé ça et sont dans la BO, Bertrand Belin, Lescop et Berroyer dans le casting. Frais et piquant, Playlist s’éloigne vite d’une colorimétrie de posture pour un cadre graphique parfaitement saisi, et de la promesse de romcom vendue sur l’affiche vers un portrait de fille dans la tourmente d’une vie pas toujours facile, mais terriblement touchant et drôle. On a évidemment eu très envie de lui demander de nous détailler un peu ses choix musicaux entre trois coups de fil et deux e-mails en cette période effrénée de sortie de son film en salles. Continuer la lecture de « Selectorama : Nine Antico »

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Ryley Walker, Course in Fable + Ryley Walker & Kikagaku Moyo, Deep Fried Grandeur (Husky Pants)

Depuis 2014, Ryley Walker construit une œuvre étonnamment clivée avec, d’un côté, des albums solos souvent très intéressants, façonnés par le désir de réinventer, ou de réactualiser un héritage musical parfois un brin envahissant (John Fahey, Van Morrison, John Martyn, Tim Buckley, etc), et de l’autre, des albums instrumentaux, enregistrés en collaboration (avec Bill McKay ou Charles Rumback, principalement) et ouvrant sur des terrains plus expérimentaux où se mêlent jazz, acid folk et rock progressif. Continuer la lecture de « Ryley Walker, Course in Fable + Ryley Walker & Kikagaku Moyo, Deep Fried Grandeur (Husky Pants) »

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Exclu Clip : Pop Crimes, Up To The Moon + There Were Smiles (Howlin Banana / Safe In The Rain)

Pop Crimes
Pop Crimes / Photo : Melvin Ghandour

Il y a quelques mois, le quatuor francilien Pop Crimes nous offrait une petite session filmée en studio qui témoignait de l’énergie tendue et de la justesse de ses compositions. Et comme nous aimons suivre ceux qu’on aime surtout en ces temps compliqués, les revoici avec une ballade absolument désarmante du genre à réchauffer les cœurs et à nous envoyer dans l’espace, Up To The Moon, mise en clip par Gaspard Rolland, à retrouver des vendredi 4 juin sur un 45 tours co-publié par les labels Howlin Banana et Safe In The Rain. Enregistré par leurs bons soins cet hiver dans le studio où Romain travaille – au micro cette fois, quand ce n’est pas Nicolas -, il a été masterisé par Etienne Colin, qui a entre autres déjà travaillé sur les disques de Volage ou Buvette. Sur l’autre face tout aussi temporairement assagie, There were smiles qu’il faudra par contre attendre jusqu’à vendredi pour écouter, mais n’en doutez pas, le jeu en vaut clairement la chandelle.


Up To The Moon + There Were Smiles par Pop Crimes sera disponible sur le bandcamp de Howlin Banana et celui de Safe In The Rain le 04/06.

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The Doobie Brothers, Minute By Minute (Warner, 1978)

The Doobie Brothers Minute by MinuteMinute By Minute (1978) des Doobie Brothers est un des albums emblématiques du son westcoast de la fin des années soixante-dix. Plus gros succès commercial du groupe, le disque est pourtant, un quasi chant du cygne. Il sème les graines de la discorde et scelle le destin des Californiens. En dix morceaux, le groupe arrive cependant à construire un pont entre la soul voluptueuse de Leon Ware, la country-rock cher aux Byrds et le latin-rock à la Santana, un syncrétisme aussi moelleux qu’éloigné de leurs débuts. En effet, rien ne prédestinait les frères pétard à devenir un standard des programmations Soft-Rock (AOR) des radios FM nord-américaines. Continuer la lecture de « The Doobie Brothers, Minute By Minute (Warner, 1978) »

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Leopardo, Selfish Spoiled Child (Feel It Records / SDZ Records / Le Pop Club)

Leopardo
Leopardo

Filmé en noir et blanc dans le décor du Spazio Morel à Lugano, une ancienne concession Fiat des années 40 reconvertie en un centre artistique Suisse de renom, ce nouveau titre du fribourgeois Leopardo nous reconnecte avec ce projet de Romain Savary dont nous avions parlé il y a quelques mois pour la sortie de leur split avec Augenwasser. Cette fois-ci en groupe, leurs guitares et claviers noncahlants accompagnent parfaitement les aventures d’un jeune homme et de sa caméra pour qui l’assemblée se plie en quatre, de rêves abstraits et enfumés jusqu’au couronnement de celui-ci lors d’un repas maléfique. Quand à la voix de Romain, elle perce et berce quiconque prend le temps d’appuyer sur play.

Selfish Spoiled Child précède un album, Malcantone, qui sortira le 11 Juin chez Feel It Records (USA), SDZ Records et Le Pop Club (Europe) et qui saura sûrement plaire à ceux qui chérissent les Country Teasers et autres Thee Oh Sees (canal historique).

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Friture, Carnet de synthé (ARVO Disques / Eternal Soundcheck)

Friture arvo disques“Papa, comment on fait pour pas être mort ?”

J’avais croisé Yohan, en spectateur, dans le groupe Yves Bernard qu’il partageait entre autres avec Josselin de Taulard. Le punk pop mélodique, concerné, personnel, y faisait mouche grâce à la belle énergie de ce quatuor, délivrée notamment en concert, mais aussi sur son inusable cassette, la bien nommée Demo (et notamment de mon concert crush 2018, Objectifs et compétences). Friture paraît sur la structure Arvo Disques, une sorte de joint venture entre les labels Buddy Records et Future Folklore, surtout tournée vers l’Australie (“L’Australie, c’est super (loin)” est le slogan marrant de la superbe pochette illustrée par Ratcharge). Dans ce groupe solo, Yohan se retrouve face à lui-même et alterne les constats amers vis-à-vis du monde globalisé qui nous entoure. Continuer la lecture de « Friture, Carnet de synthé (ARVO Disques / Eternal Soundcheck) »

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Kim et Cléa Vincent en live chez vous, maintenant.

En direct à 20h sur à la chaine YouTube Arthi Live programmée par Romy’s Music Events.

Kim a trouvé en Cléa, ou Cléa a trouvé en Kim, peu importe, un.e alter-ego de choix puisqu’ils ont déjà à leur actif plusieurs disques dont ces Sessions du Carreau dont nous vous avions parlé à deux reprises, l’an dernier et il y a peu. Depuis, qu’il s’agisse d’un concert ambulatoire extérieur ou d’une session live au petit déjeuner, ils n’ont cessé de trouver, en pleine pandémie, moult occasions pour contourner ces restrictions sanitaires écrasantes et se retrouver, guitare à la main, pour jouer leurs créations devant un public, qu’il soit un ou cent, peu importe. Guitariste chevronné à la voix agile et à l’hyperactivité étourdissante, Kim explore sa pop lo-fi avec autant d’aisance que Cléa Vincent, une des fines plumes d’une pop française rêveuse et inspirée.
Les voici en duo par l’entremise d’une initiative qu’on ne peut que recommander : Arthi Live, comme le studio Arthi, s’est associé à l’agence de programmation événementielle Romy’s Music pour proposer, le temps de la fermeture des lieux de concert, une alternative réjouissante au manque de sensations scéniques. Monté bénévolement, ils offrent une plateforme à ceux qu’ils aiment voir jouer en vrai, renouent un lien avec un public qui les écoute chez eux au moment où on se réunit à quelques-uns devant un verre. Nous sommes ravis de s’associer avec eux pour deux concerts, Kim & Cléa cette semaine et Hoorsees, auteurs d’un album sorti en février dernier chez nos amis du label francilien Howlin’ Banana samedi prochain.

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Fléchés pop #1

la grille de mots fléchés de section26

Au contraire des mots croisés, qui nécessitent un aller-retour permanent entre la liste des définitions et les cases à remplir, les mots fléchés offrent l’avantage de rester sur le plateau des opérations. Avec Pauline Nunez, nous partageons cette étrange petite passion consistant à remplir de lettres des cases prévues à cet effet. Pendant le confinement, cette inclination nous a mené très loin, aussi loin que possible, vu les circonstances, autour de notre chambre comme l’aurait aimablement souligné Xavier de Maistre dès 1794. Un moyen innocent, ludique et efficace de rester connecté à l’écriture lorsque l’inspiration fait défaut. Aussi il ne fallut pas trop nous forcer ni la main, ni le porte mines, pour imaginer une grille à destination de notre lectorat exigeant. Las, si sur le papier la bonne humeur succède aux bons mots tout en sollicitant vos connaissances pop moderne (avec en sus quelques blagues assez finaudes que nous assumons de concert), vous n’imaginez pas un instant le colossal travail de mise en page nécessaire pour parvenir à vous distraire.

Alors imprimez-vous cette grille sans plus attendre et tachez d’être au niveau, dans cet entre-soi toujours flamboyant qui vous mènera à coup sur, aux portes de l’Olympe des fléchistes accomplis.la grille de mots fléchés de section26

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La vie est un songe – Nicholas Krgovich, Elisa Brilli et Giuliano Milani, Abbas Kiarostami

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Abbas Kiarostami
Abbas Kiarostami

Il y a quelques nuits, certainement sous l’effet d’une pleine lune ou d’un mauvais vin blanc, je fis quelques drôles de rêves. J’imaginais dans ce songe à quoi pouvaient ressembler certaines villes du continent nord américain avant l’arrivée des européens. C’était très beau, très fort de voir et ressentir l’immensité de ces paysages, sans intervention humaine ou si peu. Je notais, par exemple, la beauté de Vancouver, les collines en précipice vers la mer, la hauteur majestueuse des futaies. Continuer la lecture de « La vie est un songe – Nicholas Krgovich, Elisa Brilli et Giuliano Milani, Abbas Kiarostami »

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Anita Lane reprend “Sexual Healing” de Marvin Gaye (1993)

Anita Lane
Anita Lane / Photo : Courtesy Mute

Anita Lane* n’avait pas le référencement naturel et ancré. Fondatrice des Bad Seeds aux côtés de Nick Cave, on ne sait que peu de choses d’elle, si ce n’est sa traversée du milieu post-punk australien, via Londres et Berlin. Et quelques hommes. Plus qu’inspirés en la regardant et, pourquoi pas, en l’écoutant. Ils brillent dans le chemin d’Anita, comme on sème des petits cailloux blancs pour ne pas trop se perdre en route. “La plus talentueuse d’entre nous”, dira Nick Cave. Peut-être s’est-elle finalement perdue à donner aux Bad Seeds ses plus grands morceaux, entre autres From Her to Eternity et Stranger Than Kindness, ainsi que plusieurs chansons pour le groupe The Birthday Party.

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Selectorama : Marinero

Marinero
Marinero / Photo : Suchit Upadhyay


Les meilleures rencontres sont souvent liées au hasard. Parmi les dizaines de mails reçus chaque semaine, le nom d’un artiste m’a intrigué :
Marinero. Cela semblait être tellement à l’opposé des groupes que j’écoute habituellement que la curiosité m’a poussé à cliquer sur le lien. Immédiatement plongé dans un univers sixties et seventies, j’ai d’abord été déboussolé. En mélangeant grands classiques américains, bossa, musique folklorique mexicaine à un chant alternant l’anglais et l’espagnol, Jess Sylvester a créé un disque hors du temps aux allures de trésor caché. Comme si Morricone, Gainsbourg, Jobim et quelques autres intouchables avaient grandi sous le soleil de Californie, à quelques kilomètres de la frontière mexicaine. Loin d’être un pastiche, le San Franciscain impressionne par la qualité des arrangements et l’inventivité de ses compositions. Si certains d’entre vous cherchent le disque idéal pour accompagner leur été, ne cherchez pas plus loin. Fermez les yeux, vous vous imaginerez immédiatement déjà au volant de votre voiture, vitres ouvertes, cheveux au vent, paysages sublimes et Hella Love à plein volume. Dans ce Selectorama atypique, Marinero dévoile les morceaux qui ont inspiré et influencé l’album. Vous y croiserez aussi bien Aldo y Los Pasteles Verdes que Gainsbourg ou Cindy Lee. Vous l’aurez compris, Marinero est un homme de goût.
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Amour Courtois, Lisboa Constrictor (Beagle Records)

Amour Courtois / Photo : Aurore Bagarry
Amour Courtois / Photo : Aurore Bagarry

On avait déjà évoqué Amour Courtois et tous les espoirs qu’on nourrit à son sujet à l’occasion d’une reprise plus que rafraîchissante de Testpattern. Nous y sommes presque, le premier EP de Joseph Sainderichin sortira le 10 juin prochain accompagné de cet énigmatique Lisboa Constrictor. Pour décrire cette idylle surréaliste, son auteur nous dit quelques mots, tout en laissant une large place à l’imagination : “J’ai composé la basse de Lisboa Constrictor sur la plage de Cascais en automne 2018. Le texte est une invitation au dépaysement, un clair-obscur sur la possession amoureuse. C’est la première chanson où j’ai mélangé ma TR09 aux percussions brésiliennes (surdo et pandeiro), en m’inspirant des balades d’Arto Lindsay.”

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Cory Hanson, Pale Horse Rider (Drag City)

La dernière fois que le guitariste et chanteur de Wand nous avait impressionnés, c’était avec Laughing Matter (2019), un album dans lequel la formation californienne poursuivait sa recherche, entamée avec Plum (2017), d’un son plus progressif et expérimental. Certains titres les rapprochaient alors davantage de Beak> que de Ty Segall, auquel Wand, avec un début de carrière étiqueté “garage” et un label en partage (Drag City), était souvent assimilé au milieu de la décennie dernière. Pour son second essai en solitaire, Cory Hanson reste fidèle au label de son groupe, et dévoile une pochette drôlement proche de celle de Laughing Matter. Par chance, ce n’est pas tout ce que Pale Horse Rider emprunte à cet album paru trois ans plus tôt : on y retrouve la même élégance, le même souci du détail. Certains noms y reviennent aussi : celui de l’ingénieur du son Zac Hernandez, ou du musicien Robert Cody, qui en signent ensemble l’enregistrement.

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New Order (A Life), #3

Ou comment la musique de New Order infuse dans nos vies.

Christine Floating in the Sea, St Barth’s, 1999 / Photo : Nan Goldin

Juin 1987, le simple True Faith / 1963 précède de quelques semaines la publication de Substance, compilation qui referme la première partie de l’histoire de New Order. 1987, même en cherchant bien, je n’ai que peu de souvenirs de cette année-là, hormis ceux parcellaires qui accompagnaient nos vies adolescentes. Des heures perdues, à écouter quelques disques et à rêver de l’une de ces jeunes filles qui m’échappait déjà, pour m’échapper toujours. Des heures perdues et New Order comme bande son idéale pour accompagner, déjà, la mélancolie. Continuer la lecture de « New Order (A Life), #3 »

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The Byrds, Preflyte (1969, Together)

Artistiquement, Preflyte (1969) n’est certainement pas le disque le plus intéressant des Byrds mais il n’en constitue pas moins un témoignage fascinant sur l’un des groupes américains les plus importants des années soixante. En 1964, après un set au Troubadour, Gene Clark fait la rencontre de Jim (Roger) McGuinn. Tous les deux issus de la scène café folk californienne, les musiciens partagent un amour inconditionnel pour les Beatles. David Crosby rejoint à son tour le duo qui commence à répéter à trois, aux studios World Pacific, sous la houlette de Jim Dickson, devenu leur manager. The Jet-Set n’a alors pas encore de batteur ni de bassiste. Ils arrivent cependant à convaincre Elektra de publier un 45 tours sous le nom de The Beefeaters, mis en boite avec l’aide de musiciens de studio. Continuer la lecture de « The Byrds, Preflyte (1969, Together) »

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It Ain’t Me, Babe : The Bob Dylan Covers

Bob Dylan
Bob Dylan

On n’a pas tous les jours 80 ans. Pour Bob Dylan, ça tombe aujourd’hui. Donc autant fêter l’événement avec cette sélection de superbes reprises qui, à défaut de le faire entendre lui, devrait au moins permettre de mesurer, ne serait-ce qu’en partie, l’étendue de son influence.

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Damien Jurado, The Monster Who Hated Pennsylvania (Maraqopa)

Damien JuradoAprès In the Shape of a Storm (2019) et What’s New, Tomboy? (2020), deux albums enregistrés pour le compte de Mama Bird, le label de Portland (Orégon), Damien Jurado revient avec le superbement nommé The Monster Who Hated Pennsylvania, nouvel album qui est aussi la première référence de Maraqopa, la maison de disques qu’il vient tout juste de lancer. Désormais âgé de 47 ans et déjà auteur de dix-huit albums studio, Jurado lance donc le dix-neuvième en toute indépendance, prenant un virage décisif et très significatif qui semblait aussi un peu inévitable dans la carrière d’un artiste de sa nature et de sa dimension. Continuer la lecture de « Damien Jurado, The Monster Who Hated Pennsylvania (Maraqopa) »

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Lambchop en mots-clefs

Lambchop
Lambchop

Cela arrive, de temps en temps. C’est sans doute davantage une question de disponibilité personnelle, d’état d’esprit propice à une réception plus attentive puisque la qualité de la musique n’a jamais été vraiment en cause. Toujours est-il qu’avec la discographie pléthorique de Lambchop, il y a des rencontres fortes, des ponctuations qui marquent plus que d’autres sans que l’on devine forcément très bien pourquoi. C’est le cas ce mois-ci avec Showtunes, ce nouvel album de compromis où Kurt Wagner semble vouloir à la fois s’inscrire dans la continuité des aventures électroniques entamées avec FLOTUS en 2016 et renouer avec les tonalités organiques de ses œuvres plus anciennes. A défaut d’un point d’équilibre stable, on y entend une musique hors-cadre, où les compositions surgissent comme des instants dérobés – ceux que l’on saisirait de manière fugace avant – au moment où l’orchestre s’accorde – ou bien après – les derniers accords las, plaqués en attendant que les applaudissements les interrompent. Wagner partage ce plaisir des interstices, et c’est très beau. Une fois de plus. Continuer la lecture de « Lambchop en mots-clefs »

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Le club du samedi soir #50 : It’s always 5 o’clock somewhere


« It’s always five o’clock somewhere in the world », ou « It’s always cocktail time somewhere in the world », ou la justification que se donnent les anglo-saxons pour boire un cocktail à toute heure. Après des mois privés de bars et de terrasses, nous pouvons enfin goûter de nouveau à l’art du cocktail et des spiritueux. Cette playlist est là pour vous accompagner du premier drink au charme suranné au petit matin douloureux mais joyeux.

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Gruff Rhys – Que la montagne est belle !

Gruff Rhys
Gruff Rhys

Habitué des projets ambitieux et farfelus depuis ses premières armes discographiques fourbies à la tête de Super Furry Animals, celui qui demeure avant tout l’un des grands maîtres incontestés de la composition pop a décidé de consacrer son nouvel album – le dixième en solo environ, selon les décomptes officiels – à la biographie du mont Paektu, au sommet duquel, apprend-on au passage, se trouve le point culminant de la Corée. Tout autre que le génie gallois se serait sans doute pris les pieds dans cet improbable tapis géographico-conceptuel dont on pouvait a priori, redouter les inévitables pesanteurs. Mais pas lui. Dense, lumineux, fascinant de bout en bout, Seeking New Gods apparaît – au-delà du prétexte et de l’argument, pas si loufoques au demeurant – comme une réussite majeure de plus à verser au crédit d’un artiste toujours aussi déroutant. Et qui a consenti à nous éclairer autant que faire se peut sur les méandres tortueux de ce nouveau périple. Continuer la lecture de « Gruff Rhys – Que la montagne est belle ! »

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La disparition – Crosby, Stills, Nash & Young, Akhenaton, Cédric Klapisch

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Crosby, Stills, Nash, and Young
De gauche à droite, David Crosby, Dallas Taylor, Neil Young, Stephen Stills, Graham Nash, et Greg Reeves / Photo : Jack Robinson

J’ai connu la rue de la République avant qu’elle soit lavée et sablée. C’était, à Marseille, un corridor crasseux, enrubanné du noir des pots d’échappement, dans lequel on s’aventurait sans vraie raison valable. Les putes cherchaient leur crack en plein jour et les mamies provençales soufflaient déjà avant de monter leur cent marches pour se rendre dans leur immense appartement qu’elles payaient une misère. Continuer la lecture de « La disparition – Crosby, Stills, Nash & Young, Akhenaton, Cédric Klapisch »

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Lab Coast reprend “I Only Want To Be With You” par The Tourists (qui reprend Dusty Springfield)

Lab Coast
Lab Coast sur la pochette de leur album éponyme de 2017.

Lab Coast : le moins qu’on puisse dire, c’est que le nom n’est pas sur toutes les bouches. Pourtant les Canadiens ont tout pour ravir les ex-fans des nineties. D’ailleurs, si ce groupe (très discret au demeurant) avait fait paraître ses disques en même temps que The Lemonheads, Guided By Voices ou Pavement, nul doute qu’on en aurait parlé (il suffit d’écouter ceci ou cela pour s’en convaincre). Pour résumer, Lab Coast, c’est un peu mon Own Private Sebadoh. Après trois ans de silence, la pandémie semblait avoir eu raison de Lab Coast, jusqu’au début du mois de mai où les Calgariens ont mis en ligne une compilation de reprises enregistrées entre 2014 et 2020. On y retrouve Hüsker Dü, The Lemonheads, The Pursuit Of Happiness, Smudge, Camper Van Beethoven et Guided By Voices et cette reprise du hit absolu I Only Want To Be With You. A propos de cette reprise, Chris Dadge écrit : “La première fois que j’ai écouté cette chanson consciemment, c’était avec la reprise de The Tourists, le groupe dans lequel Annie Lennox et Dave Stewart étaient avant Eurythmics. J’ai bien sûr dû écouter la version de Dusty Springfield auparavant, mais le disque de The Tourists a un petit côté punk pré-new wave qui a vraiment retenu mon attention. C’est tout à fait le genre de mélodies avec lesquelles mon pote David Laing pourrait débouler pour l’enregistrer avec Lab Coast.”


L’intégralité de la compilation est écoutable ici avec les commentaires de Chris Dadge.

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Selectorama : Christophe Conte

Christophe Conte
Christophe Conte / Photo : Astrid Karoual


A la parution du premier tome de l’Anti discothèque idéale en 2015, Christophe Conte, qui doit probablement me surestimer un chouia, m’avait gentiment confié que j’y ferais peut être éventuellement 2/3 découvertes. Comprendre que notre attachement aux causes perdues longtemps introuvables était parfois discordant mais pour l’essentiel, similaire. Et de Sagittarius à Linda Perhacs en passant par Felt ou Swell Maps, j’y retrouvais effectivement une bonne partie de mes classiques intimes. Pour ce deuxième volume, on peut dire que le désormais chroniqueur de Libération s’est surpassé parce qu’il met effectivement en avant, dans une écriture allègre et généreuse, plusieurs disques (je vous laisse deviner lesquels, tiens) dont je n’avais JAMAIS entendu parler. Mais des hollandais new wave de Flue au désormais classiques comme l’indispensable If Only I Could remember My Name de David Crosby tout en passant par des marottes largement partagées en ces pages (Plush) il arrive encore à tracer les lignes qui révèlent une histoire discordante mais néanmoins partagée. Le Selectorama qui suit le prouve plus qu’habilement.
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Sous Surveillance : Sir Greggo

Sir Greggo / Photo : Titouan Massé

Qui ?

Sir Greggo c’est…
Charles Jacq, Guitare / Basse & chant
Edouard Vavasseur, Batterie
Philippe Gourves, Flûte traversière
Le greggo en argot Australien signifie une personne fictive dont le groupe Australien Babe Rainbow parle dans son morceau Eureka.
Un peu de généalogie : Sir Greggo est une mutation du groupe Abram qui a donné Sir Edwards, le projet solo de Charles qui souhaitait garder le préfixe Sir. “J’aime l’idée de tout regrouper un peu comme une grande famille, si à l’avenir je dois faire autre chose, j’utiliserai sûrement Sir pour rendre le projet distinctif tout en signifiant que ça vient de chez nous.”

Où ?

Rennes, mais depuis 2019, le groupe habite ensemble dans la Vallée du Guillec, dans le Finistère.

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Johanna Samuels, Excelsior! (Basin Rock/Mama Bird)

Johanna Samuels excelsior!C’est toujours un ensemble de sentiments complexes que celui qui a trait à l’intimité. Davantage encore lorsqu’il s’agit d’en restituer les nuances en chansons. Comment, en effet, exposer publiquement ce qui relève du plus profondément privé sans en détruire – dans l’instant – la substance ? Le premier album de Johanna Samuels s’intitulait déjà Double Bind (2014) et, en matière d’injonction contradictoire, celle à laquelle se confronte une fois de plus la songwriter californienne ne semble pas plus simple à résoudre sept ans après. “Juste avant d’enregistrer cet album, j’avais l’impression d’être plus que jamais éloignée de moi-même”, racontait-t-elle récemment. Continuer la lecture de « Johanna Samuels, Excelsior! (Basin Rock/Mama Bird) »

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Todd Rundgren, Something/Anything? (Bearsville, 1972)

Todd RundgrenSi l’art de la musique pop est né dans les sixties des mains des Beatles, Beach Boys, Love et autre Zombies, la décennie suivante ne fut pas pour autant avare de grands disques à même de perpétuer cet héritage. Parmi eux, figure en bonne place Something/Anything? (1972) de Todd Rundgren. Le musicien de Philadelphie possède alors, derrière lui, une solide expérience. Il fait ses armes dans la formations garage Nazz, dont l’étrange nom fait référence à une chanson des Yardbirds (The Nazz are Blue). Avec le combo, il grave deux albums en 1968 et 1969. Nazz Nazz, le second LP, est aussi à l’origine de son départ :  le double album ambitieux est amputé de moitié par le label avec l’appui d’autres membres du groupe. Curieusement, plutôt que se lancer en solo, Todd Rundgren monte Runt, un nouveau groupe avec les frangins Hunt et Tony Sales. Le temps d’un quasi dyptique, Runt (1970) et The Ballad of Todd Rundgren (1971), le compositeur américain se cache encore derrière le collectif. Pourtant, le deuxième effort est largement enregistré en solitaire par Rundgren. Continuer la lecture de « Todd Rundgren, Something/Anything? (Bearsville, 1972) »

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Exclu : Le premier album de A Trois Sur La Plage (Gone With The Weed)

A Trois Sur La Plage
A Trois Sur La Plage à l’Espace B / Photo : Jenny Jenn Lysiane

Claviers minimalistes, boîtes à rythmes tantôt douces, tantôt lourdes mais toujours métronomiques, rappellent une époque pas si lointaine où des projets synthétiques voyaient le jour aux quatre coins du pays. Après un EP sur cassette sortie en 2019, le duo A Trois Sur La Plage  –Liza Liza (This Is Pop, Calypso) et Sophie Massa – revient avec un premier album à paraître dans quelques jours, ce vendredi 21 Mai chez Gone With The Weed. Enregistré entre Rennes au Fiat Lux Studio par Alexis Lumière (Cité Lumière, les Cavaliers) et au Château Vergogne chez Maxime Smadja (Rixe, Digital Octopus), puis masterisé par Paul Rannaud, le voici en écoute exclusive.


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