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Aoife Nessa Frances, Land Of No Junction (Ba Da Bing Records)

Land of No Junction est le premier album de la nord-irlandaise Aoife Nessa Frances qui n’est pas une complète inconnue puisqu’elle a fait ses armes dans le courant des années 2010 en tant que moitié du duo confidentiel shoegaze Princess qu’elle formait alors avec son frère. Du shoegaze des débuts, la chanteuse a conservé ce phrasé aérien mais a troqué les atmosphères vaporeuses pour un retour appuyé à ses racines folk. Pour cela, elle s’est entourée du talentueux guitariste Cian Nugent, à la production et cosignataire d’une bonne part des compositions, dont on comprend à l’écoute du disque que l’apport a été significatif. Continuer « Aoife Nessa Frances, Land Of No Junction (Ba Da Bing Records) »

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FAME 2020 : Quatorze ans de Barbara Carlotti

Quatorze ans de Barbara Carlotti
Quatorze ans de Barbara Carlotti

« On connaît tous les arrangements de tous les morceaux, on connaît tous les enchaînements du DJ, on peut même jouer au guitar hero, on sait mimer les parties de synthé « 

Le plus court chemin, la fameuse voie du désir, du musicien vers le cinéma serait donc la comédie musicale, via le court-métrage. Barbara Carlotti passe derrière le miroir en adaptant sa chanson la plus imagée, en plus d’être la plus évidemment autobiographique : Quatorze ans est présente sur mon album préféré de la dame, L’amour, l’argent, le vent (2012) et raconte son adolescence passée à danser dans des petites boîtes de nuit de Corse. Continuer « FAME 2020 : Quatorze ans de Barbara Carlotti »

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FAME 2020 : Felix in Wonderland de Marie Losier

Felix in Wonderland de Marie Losier
Felix in Wonderland de Marie Losier

Depuis plus d’une trentaine d’années, Felix Kubin élabore une œuvre parmi les plus iconoclastes de la scène électronique allemande. Creusant une esthétique kraftwerkienne à la théâtralité rétro-futuriste encore plus marquée, son travail a pu s’imposer en jouant sur quelques motifs obsessionnels orchestrés au gré d’une discographie pléthorique et de prestations scéniques joyeusement décalées, comme en à témoigné un passage mémorable au festival BBmix à Boulogne en 2013. Continuer « FAME 2020 : Felix in Wonderland de Marie Losier »

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FAME 2020 : Cool Daddio, The Second Youth of R. Stevie Moore de Monika Baran et Imogen Putler

+ Interview « Mots-Clés » et Playlist consacrée au parrain du home recording

Cool Daddio, The Second Youth of R. Stevie Moore de Monika Baran et Imogen Putler
Cool Daddio, The Second Youth of R. Stevie Moore de Monika Baran et Imogen Putler

Difficile d’échapper aux chiffres quand il s’agit de R. Stevie Moore. Cinquante années d’enregistrements, quatre cents albums, des centaines de vidéos. Des chiffres et des nombres hors normes, fruits du travail d’un passionné toujours resté à la marge. Surtout, il est dommage qu’il n’existe pas d’unité de mesure de la liberté et de l’honnêteté, car ce sont les domaines d’excellence de R. Stevie. C’est justement de ce double mérite que le film de Monika Baran et Imogen Putler, Cool Daddio : The Second Youth of R. Stevie Moore, tente de témoigner. Continuer « FAME 2020 : Cool Daddio, The Second Youth of R. Stevie Moore de Monika Baran et Imogen Putler »

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FAME 2020 : Cosmic Trip, la musique à la conquête de l’espace de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte

Cosmic Trip, la musique à la conquête de l’espace de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte
Cosmic Trip de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte

Ce n’est pas tous les jours qu’on voit les Spacemen 3 à la télévision. Et pourtant, cela arrivera avec la diffusion probable et prochaine de Cosmic Trip, la musique à la conquête de l’espace sur une chaîne culturelle franco-allemande bien connue. En attendant, cette somme imposante mise en forme et composée par Christophe Conte (ex-Inrocks, Libération) et Gaëtan Chataigner (The Little Rabbits, les clips de Katerine et un peu plus que ça…) est à découvrir en avant-première dans le cadre de cette nouvelle édition du FAME. Continuer « FAME 2020 : Cosmic Trip, la musique à la conquête de l’espace de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte »

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FAME 2020 : A Dog Called Money de Seamus Murphy, avec PJ Harvey

A Dog Called Money de Seamus Murphy
A Dog Called Money de Seamus Murphy

De l’amitié entre le photo-reporter Seamus Murphy et la singer-songwriter PJ Harvey, nous savions déjà qu’il en avait résulté un album de cette dernière (Let England Shake en 2011) mis en images par une série de courts films réalisés par ce dernier. Cet album ajoutait une corde inattendue à l’arc discographique de la mythique recluse du rock britannique qui, parmi les multiples masques souvent introspectifs égrenés au fil de sa solide carrière, nous offrait cette fois-ci un visage tourné vers une observation grave mais poétique du monde extérieur, sous la forme d’un portrait de l’Angleterre qu’on ne savait pas encore pré-Brexit. Continuer « FAME 2020 : A Dog Called Money de Seamus Murphy, avec PJ Harvey »

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FAME 2020 : Khamsin de Grégoire Orio et Grégoire Couvert


Khamsin de Grégoire Orio et Grégoire Couvert

Khamsin de Grégoire Orio et Grégoire Couvert

Le film commence. L’image est plate, sans contraste et bruitée ad nauseam. Je me dis alors que la vidéo sur bande est décidément ce qui est arrivé de pire à l’image animée ; c’était mieux avant la VHS, le Beta et le Hi-8 et ça sera aussi mieux après. Dès les premières secondes, je suis agacé par ce que je pense être du maniérisme de vidéaste. Les images défilent. Le désert. Des immeubles éventrés par des obus. Des rues envahies par les ordures. Des ruines modernes. Des ruines antiques. Le soleil. Et ce vent brûlant, chargé de sable qui gifle le pays et balaye au passage mes a priori esthétiques. Continuer « FAME 2020 : Khamsin de Grégoire Orio et Grégoire Couvert
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En Attendant Ana, Juillet (Trouble In Mind)

En Attendant Ana avait fait forte impression avec leur premier disque Lost and Found en 2018. Publié par deux labels français, Buddy Records et Montagne Sacrée, l’album avait été réédité par la suite par la structure chicagoane Trouble In Mind, connue notamment pour avoir hébergé Jacco Gardner, les Limiñanas ou Morgan Delt. Ce Debut LP offrait une des plus belles démonstrations d’indie-pop entendues en France ces dernières années, un équilibre parfait entre les mélodies et l’énergie. Les Franciliens reviennent deux ans plus tard avec Juillet, toujours sur le même label. Continuer « En Attendant Ana, Juillet (Trouble In Mind) »

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Selectorama : Tristesse Contemporaine

Tristesse Contemporaine
Leo, Narumi et Maïk – Tristesse Contemporaine / Photo : Cassandra Shier

Une décennie déjà que ces trois-là nous magnétisent de leur chaud-froid dansant et hypnotique. Le chanteur Maïk, passé par Bristol grande période dans une vie antérieure, la claviériste Narumi, connue comme le loup blanc chez nous notamment face au très large public de Jeanne Added, et Léo Hellden, auparavant guitariste de Jay-Jay Johanson entendu dans Aswefall, Slove, ou Camp Claude avec Maïk. De retour prochainement avec un quatrième album sur lequel ils ont déjà bien avancé, ils seront sur la scène du festival How To Love au Petit Bain. En mise en bouche, voici la quintessence de leurs influences musicales en quatorze titres géniaux. La Tristesse durera toujours.

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Charlène Darling, Saint-Guidon (L’Amour Aux 1000 Parfums)

Soupesons l’enthousiasme : depuis trois semaines qu’il est arrivé jusqu’ici – grâce à l’ami Zacharie, encore, qui a eu le mérite certain d’insister – Écoutez ! –, Saint-Guidon tourne en boucle. Matin et soir dans les transports, midi et après-midi quand les tâches le permettent, et dans toutes les rues de toutes les villes solitaires – au casque très fort. Un maître disque, une mesure ; bientôt, transmettre le même intense sentiment d’être vivant que le fait Charlène Darling sur les amas de 0 et de 1 qui agitent processeurs et donc écouteurs et donc synapses sera la nouvelle gageure. Continuer « Charlène Darling, Saint-Guidon (L’Amour Aux 1000 Parfums) »

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Flóp, Puissance, Racine (Les Disques Bien) / David Lafore, Incompréhensible (autoproduction / La Triperie)

« L’anarchie ne vaincra pas, l’anarchie a déjà vaincu, elle se loge dans chaque brin de chanvre  et dans les impétueux épis dressés au bord de ma calvitie et dans le repli de chaque chambre, c’est peine perdue »

« Non, ce ne sont pas les bons mots, ce ne sont pas les bons sons, pour moi, ces mots sont incompréhensibles »

Je sais combien il est ardu et plutôt sensible de toucher à la singularité d’un artiste, j’en suis CONSCIENT. Difficile donc, d’associer deux personnalités aux parcours si différents, aux chemins qui ne se sont à ma connaissance jamais croisés, si ce n’est le temps de cette chronique finalement dérisoire (quelques minutes de lectures au total). Bon, si j’écris contre le temps, contre le rythme de folie qui s’impose devant autant de musiques produites qui me touchent, je peux bien me mettre dans la mouise, pour une fois. Vous me pardonnerez ce rapprochement, et j’espère que les deux chanteurs le feront aussi.  Continuer « Flóp, Puissance, Racine (Les Disques Bien) / David Lafore, Incompréhensible (autoproduction / La Triperie) »

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Primal Scream, Screamadelica (Creation)

Traîtres à la cause, tâcherons, ignobles, vulgaires et bourrins. Les indie popeux n’auront pas de mots assez durs pour dézinguer Primal Scream à la sortie de leur second album éponyme en 1989. Il faut dire que Bobby Gillespie en a déjà sous le coude lorsque paraît, deux ans plus tôt, Sonic Flower Groove, le premier LP de son groupe. Avant cela, il avait joué le faire-valoir au sein de The Wake et un peu plus que ça chez The Jesus And Mary Chain. Sonic Flower Groove, donc, disque aussi brillant que rétro, déjà culte avant même sa sortie, faisant la part belle aux obsessions sixties de ses auteurs (Love, The Byrds) et érigeant Bobby Gillespie en sex-symbol improbable d’une nation indie en anorak. Autant dire que le passage du soleil californien à la rudesse rock de Detroit fait jaser… Et pourtant. Au milieu de ce disque rétrograde, et plutôt bon rétrospectivement (avec The Stooges et MC5 en ligne de mire), trônent quelques déchirantes ballades sous haute influence Big Star. Par exemple, la pépite I’m Losing More Than I’ll Ever Had, devenue Loaded sous les ciseaux avisés mais pas encore experts d’Andrew Weatherall, va transformer leur vie et la nôtre. Continuer « Primal Scream, Screamadelica (Creation) »

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Nada Surf : Matthew cause

Nada Surf
Nada Surf / Photo : Annie Dressner

« Jamais très loin du cœur » : c’est la meilleure traduction que l’on puisse proposer du titre de ce neuvième album de Nada Surf, Never Not Together. Approximative, sans doute, si l’on s’en tient à la lettre. Mais fidèle à l’état d’esprit qui nous anime à l’heure d’en discuter avec le principal intéressé, Matthew Caws. Car même si l’on s’habitue trop facilement au luxe et au confort, Nada Surf fait partie des très rares formations qui, depuis un quart de siècle, ne nous ont jamais vraiment déçus. Comme souvent – presque toujours à vrai dire – les retrouvailles procurent cette fois-ci ce sentiment de familiarité immédiate et englobante, où le plaisir de la découverte semble inextricablement mêlé aux délices de la nostalgie. Continuer « Nada Surf : Matthew cause »

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Destroyer : « Donner forme à un album reste un mystère pour moi »

Destroyer
Destroyer / Photo : Alain Bibal

Destroyer vient de sortir Have We Met, son treizième album. Projet initialement centré autour de la paranoïa liée au changement de siècle, il s’est transformé en un recueil de titres intenses mais pop. Dan Bejar le crie haut et fort, s’il est l’homme à tout faire de Destroyer, il délègue une bonne partie du processus créatif à ses fidèles collaborateurs. Il a conçu Have We Met en isolement total, lançant les idées et attendant impatiemment de recevoir les résultats par e-mail. La prise de risque artistique a payé. Ce disque qu’il pensait ne pouvoir jamais finir s’éloigne des influences parfois flagrantes de ces albums précédents. Bejar nous a accordé un long entretien au cours duquel il nous parle ouvertement de ses conflits intérieurs, de ses albums passés, de ses obsessions musicales et de son rapport à la vieillesse. Continuer « Destroyer : « Donner forme à un album reste un mystère pour moi » »

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Papivole #10, mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : le fanzine Ductus Pop

Ductus Pop
Le fanzine Ductus Pop

Un fanzine A5, un label de cassettes… Entre Strasbourg et Toulouse, l’effet miroir avec ma petite entreprise (Langue Pendue : un fanzine A5 et ses cassettes) est étonnant. En découvrant Ductus Pop (numéro 25 déjà !) et le label Hidden Bay (plus de trente références !) par l’entremise de mes amis de Section26, mon cœur a battu la chamade, évidemment. J’y ai lu ce qui fait l’essence d’un fanzine : un mélange subtil d’auto-fiction, d’improvisations graphiques, de constat politique à la première personne, d’interventions d’amis et de proches, et de passion évidente pour les petites choses pop (souvent anglo-saxonnes mais pas que) qui constellent la toile. Manon, dont la boussole interne s’affole parfois vers le sud (l’Espagne, notamment) commente les premiers efforts de jeunes groupes balbutiants, qu’elle recrute parfois dans un même geste pour son propre label. J’avais envie d’en savoir plus sur ses goûts, ses méthodes et son expérience du présent. Rencontre. Continuer « Papivole #10, mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : le fanzine Ductus Pop »

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Vaughan Oliver par ceux qui l’ont aimé #2

Une célébration du travail de l’immense graphiste pour le label 4AD

Vaughan Oliver
Vaughan Oliver

En complément de l’hommage à Vaughan Oliver déjà publié, nous vous proposons trois témoignages inédits. Reçus plus tardivement, il nous est évidemment apparu indispensable de les partager, car chacun offre un éclairage supplémentaire et intime sur l’œuvre de cet artiste hors normes. Tout d’abord, celui de Simon Larbalestier, photographe, collaborateur de longue date de Vaughan (les pochettes des Pixies c’est lui). Pour cette occasion, il nous offre quelques photos de ses archives personnelles. Terry Dowling, le professeur, tuteur et ami de Vaughan revient avec émotion sur cet élève génialement rebelle qui est venu chercher conseil et approbation auprès de lui jusqu’à la fin de sa vie. Enfin, Ian Masters des Pale Saints parle de sa collaboration avec Vaughan pour la pochette de In Ribbons (1992).
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Vaughan Oliver by the ones who loved him #2

A celebration of the work of 4AD’s unforgettable art director

Vaughan Oliver
Vaughan Oliver

Following our tribute to Vaughan Oliver, we bring to you three previously unpublished pieces. We still felt it was essential for us to share them, despite receiving them after our original piece. First, Simon Larbalestier, photographer and long-time colleague of Vaughan’s (his credits include the Pixies album covers) shares an emotionally powerful account of his relationship with Vaughan Oliver, illustrated with photos from his personal archives. Terry Dowling, Vaughan’s teacher, tutor and friend speaks with emotion of his brilliantly rebellious student who came to him for advice and his approval until the end of his life. Finally Ian Masters of the Pale Saints recalls working with Vaughan for the cover of In Ribbons (1992). Continuer « Vaughan Oliver by the ones who loved him #2 »

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Julien Gasc, L’appel de la forêt (Born Bad Records)

Julien Gasc L’appel de la forêtSi vous en avez assez de votre boulot, du stress de la vie, de la misère sociale, que vous cherchez l’amour, le vrai, le passionné et romantique, celui pour lequel vous plaqueriez tout et partiriez vivre comme un punk à chiens, alors L’Appel De La Forêt est là, pour vous, avec l’amour comme principe à suivre, « surtout en ces temps tristes ». Ce disque est un bol d’air montagnard et Julien Gasc est l’Elisée Reclus de la pop. Géographe des sentiments, il s’affirme comme un poète dont les thèmes sont des plus classiques et absolus : l’amour des êtres et de la nature, le désir de faire corps et esprit avec tout. L’Appel De La Forêt, la chanson titre, est la plus belle lettre d’amour à l’âme de la forêt jamais écrite, et en l’occurrence, ici la lettre s’adresse aux premières forêts du parc du Haut-Languedoc, qui d’après les experts de la faune et de la flore que Gasc a contacté seraient nées il y a 55 000 ans. Gasc va jusqu’à hurler son amour (une première dans son œuvre) à la forêt. Et la voix de Catherine Hershey, la fée des bois, qui vient habiter tout le disque, est la chose la plus consolante qui soit. Gasc est l’ami que l’on aimerait pouvoir appeler à toute heure pour enfin pouvoir « se confier dans le calme ». Continuer « Julien Gasc, L’appel de la forêt (Born Bad Records) »

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Alice Boman, Dream On (PIAS)

Alice Boman Dream OnLa suédoise Alice Boman s’est fait connaître en 2013 au travers d’un Ep, Skisser, constitué de démos timides qu’elle n’avait probablement jamais destinées à quelconque public. Des débuts prometteurs qui n’annonçaient pourtant pas l’insolente évidence de ce premier album qui se sera donc fait attendre. Les plus assidus se rappelleront tout de même du très beau single Dreams paru en 2018 qui annonçait bien les thématiques du présent LP. La présence aux manettes de Patrik Berger, producteur bankable de Charli XCX, Robyn ou encore Lana Del Rey et Miike Snow aurait pu laisser craindre un recadrage pop grand public de la native de Malmö. Continuer « Alice Boman, Dream On (PIAS) »

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Return The Gift

Disparition d’Andy Gill, guitariste et membre fondateur des Gangs of Four

Andy Gill
Andy Gill, 2011 / Photo : Philippe Lévy

En 2004, voyait le jour cette compilation de Gang Of Four, qui pouvait alors se targuer alors d’être le groupe le plus pillé de l’ère post-punk. Dans la RPM, j’avais écrit quelques lignes (je n’en prends jamais) pour tenter de dire toute mon admiration au sujet de cette formation assez incroyable dont le guitariste et membre fondateur Andy Gill vient de nous quitter hier. C’est un peu gauche (et pour cause) mais comme toujours, le cœur y était. Continuer « Return The Gift »

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SECTION26 NEWS#1 : 01.2020

De nouvelles sorties nous enthousiasment chaque semaine et, parce que nous ne pouvons parler de tout, certaines ne trouvent parfois pas leur chemin jusqu’à nos pages. Pour soigner cette frustration, nous lançons notre playlist mensuelle, commentée par nos chroniqueurs dans l’article ci-dessous, ou à écouter sur votre plateforme préférée dans le player ci-dessus. En espérant que ces sélections vous révèlent quelques belles découvertes… Continuer « SECTION26 NEWS#1 : 01.2020 »

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Still Raw

Réédition de « Raw Like Sushi » de Neneh Cherry pour les 30 ans de sa sortie

"Raw Like Sushi" photoshoot, par Jean-Baptiste Mondino
« Raw Like Sushi » photoshoot par Jean-Baptiste Mondino

Je me souviens de 1989. C’est l’année où des étudiants sont massacrés sur la place Tian’anmen, où on regarde le mur de Berlin tomber depuis nos écrans de télé, où Ceausescu et sa femme sont arrêtés et exécutés presque en direct et où le Dalaï-Lama reçoit le Prix Nobel de la Paix. C’est une année où la lumière perce parfois derrière les ombres. Continuer « Still Raw »

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Selectorama : Julien Gasc

Julien Gasc
Julien Gasc / Photo : collorantstudios

Pour fêter la sortie de son troisième album solo, (L’appel de la forêt, ce vendredi 31 janvier sur Born Bad Records), nous avons demandé à Julien Gasc (membre d’Aquaserge, entre autres) de nous donner son Selectorama. Ceux qui connaissent l’animal savent que sa culture musicale est impressionnante, et particulièrement en matière de pop. Gasc est un vrai boulimique de musiques, de films, de littérature, d’art. Ses influences sont palpables, mais jamais écrasantes. Son Selectorama reflète assez bien ce qui fait la quintessence de sa musique : de la pop électronique brésilienne qui rend lascif, des vocaux soul pour garder la joie, du soft rock pour sangloter, du bricolage pop pour faire la fête… En attendant de vous parler un peu plus de L’appel de la forêt dans les jours à venir, voici donc onze titres qui ont inspiré cet enfant des bois.

Pour les bruxellois (ou pour ceux que la route n’effraie pas) : il y aura deux releases-parties au lieu Un Peu, à Bruxelles, Julien Gasc jouera accompagné de tous les musiciens ayant participé au disque vendredi 31 janvier et dimanche 2 février, et seront exposées les oeuvres de Sophie Vendryes, qui a réalisé la belle pochette de « L’appel de la forêt » . (info : https://www.unpeu.info/). Continuer « Selectorama : Julien Gasc »

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Sous Surveillance : Athletico

Athletico
Athletico
Qui ?

Deux garçons très discrets, Gauthier et Loïs – voix / guitares / basses / synthés / drum machine – ainsi que Timothée – batteries additionnelles.

Où ?

Paris / Troyes Continuer « Sous Surveillance : Athletico »

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Ray Jane, Les Mondes Perdus de Ray Jane (Gone With The Weed)

En 2013, nous découvrions Skategang, un excellent trio parisien de punk auteur d’un  disque méconnu aussi vif que court. Les carrières des trois intéressés ne cessent depuis de nous passionner. Paul, le batteur, a sorti un excellent album en 2019 de son projet Pleasure Principle. Maxime, le bassiste, enregistre un paquet de bons groupes français (Rendez-Vous, À Trois Sur La Plage, Alex & FabCouz, Pierre & Bastien), en plus d’avoir plusieurs formations de punk francophones paradoxalement plus reconnus à l’étranger qu’en France (Rixe, Condor). Reste le troisième larron de la bande, Mathis, le guitariste. Sa carrière, bien qu’un peu plus discrète que ses collègues n’en est pas moins passionnante. Continuer « Ray Jane, Les Mondes Perdus de Ray Jane (Gone With The Weed) »

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Christian Casoni, Juke, 110 portraits de bluesmen (Le Mot Et Le Reste)

Christian Casoni Juke 110 portraits de Bluesmen Le mot et le resteJ’ai passé la semaine coincé, avec le sentiment de vouloir péter plus haut que mon cul, à vouloir être à la hauteur et à finalement accumuler les fichiers, brouillons, tentatives. Je voulais aussi moins parler de moi en parlant tout de même d’esthétique, donc d’émotions, avec plein de termes élégants et généreux, ceux qui donnent au lecteur le sentiment d’être intelligent, et c’était à ce moment que ça finissait toujours par coincer, version après version, fichier après fichier, brouillon après brouillon, j’étais en train de pondre invariablement le même article, ce feel-intelligent-text – une vieille idée de la maison, comme il y a des feel-good-movies – avec dessus une couche de contentieux, je voulais prouver des choses – essentiellement que j’avais raison, bref, l’inverse de l’objectif. J’étais en train de patouiller comme tous à Section26, j’ose l’imaginer, on patouille parfois : mettre trop et pas assez – manquer d’angle. Continuer « Christian Casoni, Juke, 110 portraits de bluesmen (Le Mot Et Le Reste) »

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Pale Saints, The Comforts Of Madness (4AD)

Pale Saints The Comforts Of Madness
Pale Saints, The Comforts Of Madness (4AD), et sa pochette signée Vaughan Oliver.

Une légende, probablement vérifiable, voudrait que les Pale Saints de Leeds aient envoyé leur première démo à Sarah Records à Bristol. Trop de solo de guitares, trop de scories new wave, c’est tellement vulgaire, merde, et on comprend aisément pourquoi Clare et Matt ne souffrirent pas autant d’émotion. C’est une bonne base de discussion. Quoique. Ça n’enlèvera rien à ce disque qui définit non pas un genre (le chouguezz, restons sérieux…), mais bien une époque.

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Bill Baird ou comment réussir dans l’industrie du disque

Bill Baird
Bill Baird / Photo : Fabian Villa

Après être tombé en admiration devant Spring Break Of The Soul (2013) et avoir rédigé à la va-vite un Sous Surveillance pour la RPM sur son auteur (un Sous Surveillance sur artiste qui avait déjà enregistré une bonne dizaine de disques – quelle idée !), j’ai manqué presque toutes les occasions d’écrire sur Bill Baird. Il faut dire que le prodigieux secret-le-mieux-gardé-des-USA, qui a revisité à sa façon presque tous les genres de la pop (des Beach Boys au krautrock) sans jamais se départir de son style, fait curieusement peu de vagues, dans nos contrées comme ailleurs. Pourtant, on ne peut dire que les opportunités de chroniques ont manqué, puisque l’ancien jeune premier devenu outsider enregistre en moyenne deux albums par an depuis qu’il a claqué avec panache la porte de C(r)apitol Records. Désormais, le Texan résidant en Californie compte une trentaine de disques et cassettes à son Bandcamp sous les noms de Sound Team, Sunset et Bill Baird. Mea culpa, donc. Toutefois, à l’heure des bonnes résolutions, je prends chaque année le temps d’écouter ses derniers disques sortis confidentiellement en me disant que c’est dommage, toutes ces occasions manquées. Et puisque les dernières livraisons (composées entre autres de Gone, Owl (Arthur King Presents) et Daily Ever Drawning) sont excellentes, l’occasion semble (enfin) parfaite pour rattraper minutieusement le temps perdu.

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Pop Crimes

Pop Crimes / Photo : Fanny Pommé
Qui ?

Quentin – Basse chœurs

Nico – Guitare voix

Romain – Guitare voix

Morgane – batterie

Où ?

Lutèce, Seine, France Continuer « Pop Crimes »

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Sinaïve, Révélation Permanente Bootleg (autoproduction)

Sinaïve« à tous ces enjeux mouvants qui ne m’arrêteront pas »

Il y a quelques jours à peine, j’ai eu la chance de (re)voir Sinaïve – trio strasbourgeois dont j’ai déjà fêté avec ferveur les deux premiers EP, ici et – dans les conditions optimales du lieu dont on ne peut dire le nom : son poussé à fort volume, ambiance apaisée, présence attentive et amicale du public, volutes de fumées non identifiées, verres de bière généreux. Durant une petite heure, Sinaïve a déroulé son psychédélisme empreint d’une froideur concentrée, portée par une rythmique robotique et implacable. Sur place, une rumeur persistante promettait un inédit du groupe, enregistré disait-on avec du matériel analogique, à base de cassette, et de matériel d’equalisation en guise de production rudimentaire. Le disque était là, tiré à 69 exemplaires numérotés pour l’occasion, dans sa pochette de carton brun anonyme – si ce n’est les adresses postales et internet du groupe tamponnées, un polaroid du trio, de dos, à genoux et les mains sur la tête (en écho à de marquantes images de l’actualité récente) et un dépliant en noir et blanc avec les paroles des sept nouveaux morceaux. Continuer « Sinaïve, Révélation Permanente Bootleg (autoproduction) »

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A Girl Called Eddy, Been Around (Elefant/Differ-Ant)

A Girl Called Eddy« C’est à cette heure-ci que tu rentres ? » C’est forcément avec une pointe d’impatience familière que l’on a envie d’interpeler Erin Moran à l’annonce tant attendue de son retour. Tout a été dit ou presque sur ces quinze longues années d’éclipse, sur cet espoir qui n’a cessé de s’atténuer au fil des jours d’entendre la suite infiniment désirée d’un premier album magnifique ou sur la joie enfin ressuscitée fin 2018 par sa collaboration remarquable avec Mehdi Zannad pour The Last Detail. Continuer « A Girl Called Eddy, Been Around (Elefant/Differ-Ant) »

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Jean-Pierre Kalfon, My Friend Mon Ami EP (Pop Supérette)

Jean-Pierre Kalfon« Brigitte n’en fait qu’à sa guise »
Le soin apporté à la redécouverte d’une petite partie de l’œuvre de Jean-Pierre Kalfon est à la hauteur des attentes du collectionneur maniaque de vinyle (« fac-similé », « reproductions de photos inédites »), à tel point qu’on dirait une réédition japonaise avec cet ajout cartonné et explicatif qui enserre la pochette sur son côté droit. Cet appareil historique et critique intégré – très agréable à lire ma foi – aurait presque un effet décourageant sur votre serviteur – pour qui l’acteur est avant tout Rocky Malone, frère de Chet (Bernard Giraudeau), (dés)unis face au brutal Hagen (Bernard-Pierre Donnadieu) dans le singulier film de Gilles Béhat, Rue Barbare (1983) – d’écrire selon son humeur plutôt qu’en tant que connoisseur lettré (laissez-moi rêver). Continuer « Jean-Pierre Kalfon, My Friend Mon Ami EP (Pop Supérette) »

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I Love You But I’ve Chosen Darkness, Dune (Monopsone / Secretly Canadian)

En épitaphe du label Monopsone (2000-2020)

C’est l’une des sales nouvelles de la semaine, le label Monopsone nous a informé qu’après deux décennies à œuvrer pour le bien des musiques exigeantes, la fin était là. Un communiqué détaillé à lire ci-dessous.

2000-2020

Parmi d’autres réussites et un lien fort avec Matthieu Malon et son alias (Laudanum), Monopsone aura eu également l’inconscience, la témérité, la chance et le culot de sortir le second album du groupe texan I Love You But I’ve Chosen Darkness. Pour se souvenir, voici une chronique d’époque sous forme d’hommage posthume (pour le groupe, on attendra le temps qu’il faudra) à un label important d’ici. Merci pour tout. Continuer « I Love You But I’ve Chosen Darkness, Dune (Monopsone / Secretly Canadian) »

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Yuzo Koshiro, Streets of Rage (I-II-III)

Le 30 novembre 1990, l’Europe découvrait la Mega Drive, deux ans après le Japon, l’une des premières consoles 16 bits du marché. Trois décennies plus tard, elle est rééditée par Sega sous forme d’émulateur, une tendance lourde du marché depuis quelques années avec l’apparition de version miniature et moderne (connectique HDMI, alimentation USB etc.) des NES, Super Nintendo, Playstation ou Neo Geo. Au-delà de la nostalgie des trentenaires et quadras pour la console de leur jeunesse, il y a la qualité de nombreux jeux de cette génération, exploitant souvent de manière très ingénieuse les limitations des machines de l’époque afin d’en tirer la quintessence, sur le plan sonore comme visuel. La Mega Drive inspira de nombreux programmateurs ou musiciens. Elle peut ainsi compter sur un solide catalogue, faisant souvent jeu égal avec sa principale rivale. La série Streets of Rage, en particulier les deux premiers épisodes, représente le zénith d’un genre, devenu beaucoup plus discret depuis, le Beat’em Up. Au delà des mécaniques imparables de jeu, la série séduit par son esthétique générale, à laquelle contribue largement la musique géniale de Yuzo Koshiro. Celle-ci se suffirait presque à elle-même, au point d’avoir été rééditée plusieurs fois en vinyle, notamment par le label britannique Data Disc. Continuer « Yuzo Koshiro, Streets of Rage (I-II-III) »

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East Village : Les accroche-cœur

East Village Martin Kelly
East Village / Photo : Collection personnelle Martin Kelly

C’est un samedi après-midi, à Londres – le Londres d’avant l’Eurostar, où pour s’y rendre il faut un bus ou un train, un ferry, puis un train ou un bus qui nous dépose à Victoria Station au tout petit matin. C’est un samedi après-midi à Londres, et les éclaircies succèdent aux averses. Je ne sais plus si c’est l’automne ou le printemps mais je me souviens du pub. Un pub avec une terrasse dont nous ne profiterons pas. Un pub empli à craquer, à Notting Hill – je suis à peu près sûr que nous étions d’abord passés à Rough Trade, à l’adresse historique sur Talbot Road. Ils sont installés dans un coin, ils sont avec des amis – dont Will Pepper, qui est alors connu pour être l’ancien bassiste d’un groupe nommé Thee Hypnotics (et sincèrement, je ne sais pas pourquoi je me souviens si précisément de cette présence).
Ils, ce sont trois des quatre membres d’East Village (c’est John qui est absent), un groupe qui n’existe alors déjà plus et qui est pourtant sur le point de sortir son premier album, Drop Out, sur un label qui colle si précisément à nos envies du moment que c’en est étourdissant. Continuer « East Village : Les accroche-cœur »

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Avant-première : Pop Crimes, Debuts (Howlin’ Banana)

Pop CrimesToujours dans la famille pop indépendante parisienne qui vit de beaux jours en ce moment, Pop Crimes, un nouveau venu composé de membres d’Amazone, Blondi’s salvation, Young Like Old Men  et un ex-En Attendant Ana. Sur ce quatre titres enregistré à peine le quatuor formé, on retrouve ces envolées de guitares qui rappellent les Pastels, Pavement et Sarah Records. Avant de les retrouver un peu plus en détail pour un Sous Surveillance dans peu de temps sur section26, voici ces morceaux que leur label Howlin Banana (très productifs ces jours-ci) nous propose de découvrir au cul du camion, juste avant leur sortie.

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Alexandra Savior, The Archer (30th Century Records)

Alexandra SaviorAucun doute, c’est une américaine. Alexandra Savior porte en elle les grands espaces, les canyons et les précipices, ceux d’une femme qui déambule dans son histoire accompagnée des fantômes d’un passé proche et lointain, en vrac, les westerns spaghetti des années soixante-dix, Bang Bang de Nancy Sinatra, Maria avec et sans rien de Joan Didion, les filles en noir et blanc des films de Russ Meyer, les paysages arides de Paris Texas, la combinaison jaune de Uma Thurman dans Kill Bill.

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Hovvdy, Heavy Lifter (Double Double Whammy)

HovvdyForme abrégée de « How do you do? », howdy est la salutation des cow-boys, une formule typique du Sud américain et pour cause ; c’est dans les banlieues de Dallas, Texas, qu’ont grandi Charlie Martin et Will Taylor. C’est pourtant à Austin, capitale du Lone Star State où ils vivent leur vie de jeunes aspirants musiciens, qu’ils se rencontrent en 2014. Les deux batteurs se reconnaissent l’un en l’autre et, en quelques semaines, délaissent leurs groupes respectifs, réunissent leurs ébauches et enregistrent un EP sous le nom de Hovvdy (à prononcer « Howdy », donc). Deux ans plus tard, ils confirment l’essai avec un album, Taster, auquel succède l’excellent Cranberry en 2018. Continuer « Hovvdy, Heavy Lifter (Double Double Whammy) »

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Saint Etienne, Foxbase Alpha (Heavenly Recordings / PIAS)

Saint Etienne Fox Base Alpha1991. Pas vraiment une année comme les autres pour le milieu indie britannique. Pourtant, un presque trente ans après les faits, on a oublié. Oublié à quel point elle s’est s’avérée déterminante dans la définition des canons musicaux d’une décennie à peine amorcée… En plein mois de novembre, le label Creation Records, pas encore “anobli” par la découverte d’Oasis, publie trois albums qui vont faire date. My Bloody Valentine force le bruit à se mettre au service des mélodies le temps du rougeoyant Loveless ; sous un ciel étoilé, Teenage Fanclub revisite le classicisme des années 60 avec l’imparable Bandwagonesque ; Primal Scream, enfin, se réinvente grâce au lumineux Screamadelica, où il fait convoler rock et house en justes noces et invite la musique de danse sur la platine du salon.
Ce disque est, pour beaucoup, l’équivalent d’une année Zéro : il anéantit les dernières frontières et ouvre de nouveaux horizons à des adolescents qui deviendront plus tard The Chemical Brothers ou Daft Punk. Mais Bobby Gillespie et ses acolytes ne sont pas les seuls à dessiner les contours d’un néo(n)-futur. Continuer « Saint Etienne, Foxbase Alpha (Heavenly Recordings / PIAS) »

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Arab Strap, The Week Never Starts Round Here / Philophobia (Chemikal Underground)

Deux ploucs. Deux sales ploucs indignes et cradingues, à première vue un groupe de nazes, de pouilleux complets, d’alcoolos malpropres insortables, de pue-la-bite en maraude. Telle est notre première réaction amusée devant l’arrivée de The Week Never Starts Round Here, premier album d’Arab Strap, un sombre jour de novembre 1996. Car ils n’ont pas fière allure, les deux zouaves de Falkirk, petite ville écossaise paumée au Nord de Glasgow, plus connue pour son passé industriel et sa célèbre bataille qui, en 1298 mit fin aux velléités indépendantistes de William Wallace, que pour son présent morose et dont la seule contribution à l’histoire du rock tient, à l’époque, dans le fait qu’elle soit la ville natale d’Elisabeth Frazer des Cocteau Twins. Continuer « Arab Strap, The Week Never Starts Round Here / Philophobia (Chemikal Underground) »

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Vaughan Oliver par ceux qui l’ont aimé

Une célébration du travail de l’immense graphiste pour le label 4AD

Vaughan Oliver
Vaughan Oliver / Photo Giles Revell via Designboom

Il est rare que les fans de musique pleurent la disparition d’un artiste n’ayant jamais enregistré la moindre note. C’est ce qui s’est passé fin décembre avec le décès du designer Vaughan Oliver. Ses pochettes de disques inventives, intrigantes, parfois dérangeantes pour les Pixies, Cocteau Twins, Lush et tant d’autres ont transporté les auditeurs dans un univers unique. Parfois plus que celui de la musique des artistes pour lesquels il travaillait. Section26 a voulu lui rendre hommage en recueillant les témoignages de quelques-uns de ses collaborateurs, amis ou fans. Autour de leur pochette préférée de Vaughan, ils évoquent pour nous des expériences de travail insensées, les traits de caractère bien marqués de l’un des plus grands graphistes de sa génération, ou simplement le choc de la découverte de son travail. Continuer « Vaughan Oliver par ceux qui l’ont aimé »

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Vaughan Oliver by the ones who loved him

A celebration of the work of 4AD’s unforgettable art director

Vaughan Oliver / Photo Giles Revell via Designboom
Vaughan Oliver / Photo Giles Revell via Designboom

It is very rare that music fans mourn the loss of an artist who has never recorded a single note. Yet this is exactly what happened when we lost the designer Vaughan Oliver at the end of December. His inventive, intriguing and often downright disturbing album covers for Pixies, Cocteau Twins, Lush and so many others, transported listeners to his unique universe. Sometimes more so than the very music of the artists for whom he worked.
Section26 wanted to pay tribute to him by collecting the memories of some of his collaborators, friends and fans. It’s by remembering the album design which marked them most that they recall their extraordinary experiences of working alongside him, his singular character traits or simply the shock of discovering his work for the first time. Continuer « Vaughan Oliver by the ones who loved him »

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Selectorama : A Girl Called Eddy

Erin Moran / A Girl Called Eddy
Erin Moran / A Girl Called Eddy

C’était il y a quinze ans, pendant l’été – et la saison était plutôt bien choisie : le premier album d’une chanteuse américaine dont le nom d’artiste avait tout pour (me) plaire – A Girl Called Eddy, en clin d’œil même pas dissimulé à A Girl Called Dusty – sortait un premier album formidable de pop vintage. Un album qui devait beaucoup à la période charnière des années 1960 et 1970, aux filles dont le prénom se terminait par le son « i » et au savoir-faire d’un admirateur métamorphosé en producteur, le toujours hautement recommandable Richard Hawley. D’une voix légèrement voilée, Erin Moran chantait avec cette pointe de mélancolie qui rythme si souvent la vie des mélodies jolies comme des cœurs, parfaitement servies par des arrangements d’un autre temps. En dix compositions et une reprise, la jeune femme surgie d’un peu nulle part signait le genre de disque qui allait faire que nos nuits allaient être pendant plusieurs mois plus belles que vos jours. Continuer « Selectorama : A Girl Called Eddy »

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Tribute à Vaughan Oliver

Vaughan Oliver
Vaughan Oliver / Photo : Luca Giorietto via le site 4AD

Il ne l’a jamais su, il ne le saura jamais mais cet homme-là a changé ma vie. Car cet homme-là était l’une des raisons pour laquelle une dizaine de jeunes gens se sont retrouvés un samedi du mois d’avril 1991 dans un appartement de la rue Boyer-Barret, Paris XIVe, avec pour objectif de pérenniser un fanzine qui avait sorti son numéro 0 quelques semaines plus tôt. Bien évidemment, pour faire le malin et parce que j’étais un peu con, j’avais vite signifié que je préférais la sobriété de Factory à l’exubérance de 4AD – bon, ce n’était pas tout à fait faux mais quand même un peu risible de la part d’un garçon qui chérissait la pochette d’After The Snow de Modern English. Par chance, ni Serge, ni Éric, ni Philippe, ni Jean-Fabien ne m’en ont tenu rigueur… Surtout ce dernier d’ailleurs, qui était l’un des principaux artisans d’une exposition dédiée aux œuvres de 23 Envelope (ou V23), l’agence graphique de Vaughan Oliver, à Nantes, en février 1990. Continuer « Tribute à Vaughan Oliver »