à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Carla dal Forno, Confession (Kallista Records)

Carla Dal Forno, Confession (Kallista Records)Quelque part dans le bush australien, un ancien hôpital des années 1930 — couloirs vides, lumières bourdonnantes, chambres dépouillées. C’est là que Carla dal Forno enregistre Confession, après son retrait à Castlemaine, poussant plus loin ce que son précédent album, Come Around (Kallista Records, 2022), esquissait : l’abstraction d’un lointain filtré tombe et semble caresser cette fois-ci des désirs plus pop à partir des séismes intérieurs qui suivent l’ajustement au lieu. Avec l’intransigeance d’une « vérité » émotionnelle plus nue, au seuil du dérangeant.

Continuer la lecture de « Carla dal Forno, Confession (Kallista Records) »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Ambassade, Manrira (Pinkman Records)

Pascal Pinkert est un gros bosseur de la scène underground néerlandaise, qui veut s’amuser, qui enjambe franchement les genres. Il est, je crois, surtout connu pour des morceaux cold wave (plutôt sous l’alias De Ambassade – devenu Ambassade) et krautrock/psych (plutôt sous l’alias Dollkraut), parus il y a bientôt une dizaine d’années. Depuis, il n’a pas vraiment cherché à occuper cette niche qui lui a valu un peu d’estime et de succès. Il préfère avancer dans plein de directions, inspiré tant par les styles les plus hétérodoxes du rock, que par les grosses orchestrations à la Jean-Claude Vannier, ou la musique électronique – et cela, de même, de manière bien large. Je vous apprendrai, peut-être, que Patrick Pinkert possède aussi l’alias DJ Europarking, qui produit et mixe de la techno trancée, sans s’encombrer de considérations sur le bon ou le mauvais goût. Continuer la lecture de « Ambassade, Manrira (Pinkman Records) »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , ,

Guilty Razors, Complete Recordings – 1978 (Born Bad Records)

Parfois l’histoire est plus belle que le dénouement. C’est un peu la sensation que certains d’entre nous éprouveront en écoutant Complete Recordings 1978 de Guilty Razors. Il fallait être là en 1978, dans cette France giscardienne, tournée vers le futur, mais rattrapée par la crise pétrolière. Etre punk à la fin des années 70 dans l’Hexagone était une expérience singulière. Honni par la France profonde comme les gauchistes de la révolution culturelle, le punk était une affaire d’inadaptés. À Rouen (Les Olivensteins) comme dans le XVIe arrondissement, des jeunes cherchaient à tromper l’ennui. Ils se plongèrent dans le meilleur des sixties (Nuggets etc.) et cherchèrent cette précieuse vitalité dans les premiers disques punk britanniques ou étatsuniens. Guilty Razors étaient de ceux-là, des vrais de vrais, des purs et souvent durs. Continuer la lecture de « Guilty Razors, Complete Recordings – 1978 (Born Bad Records) »

à la une

Catégories sunday archiveÉtiquettes , , , , , , ,

Richard Hawley, au nom du père

Richard Hawley / Photo : Steve Gullick
Richard Hawley / Photo : Steve Gullick

La première fois, c’était au printemps 2001, au téléphone, dans les bureaux de la RPM : nous avions reçu le mini-album de ce gars dont le nom nous disait bien quelque chose sans savoir où nous l’avions croisé – le principal intéressé nous a rafraichi la mémoire en racontant ses excès avec Longpigs : les sept chansons avaient un gout d’avant, à l’instar d’une pochette au charme suranné et de cette voix à la gravité rassurante. L’homme n’allait pas chômer, en réalisant quelques mois plus tard un premier album aussi magnifique que son titre pouvait le laisser présager, Late Night Final. Nous nous sommes dits alors qu’avec Richard Hawley, ce serait pour la vie – et entre nous, nous n’avions pas vraiment tort. Nous avons alors souvent croisé sa route, comme pour cette interview croisée avec son ami Jarvis Cocker, attablés dans un PMU de la rue Amelot, quelques heures avant que les deux acolytes ne passent des disques dans la cave du légendaire Espace Couleur… Continuer la lecture de « Richard Hawley, au nom du père »

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , , , , , , ,

Sr Chinarro, un lugar en el pasado

Antoni Luque, alias Sr Chinarro / Photo : DR
Antoni Luque, alias Sr Chinarro / Photo : DR

Pas la peine de tourner autour du pot : je tiens le dénommé Antonio Luque, la tête pensante du groupe Sr Chinarro, comme l’un des auteurs-compositeurs les plus doués de sa génération. En et hors d’Espagne. Depuis la découverte de son premier EP, Pequeño Circo – grâce à des connexions espagnoles qui ont rythmé plus que bercé mes années 1990, mes années folles en quelque sorte, avec la naissance de la RPM canal historique, les quelques mois comme disquaire, la casquette honorifique de « manager », pseudo-animateur d’une émission de radio très indépendante intitulée Eldorado et dont le générique était… la version instrumentale de la magnifique Mi Caracola Loca de Sr Chinarro –, j’ai souvent succombé aux mélodies douces-amères imaginées par cet homme au charisme plutôt inné, à la langue assez bien pendue et dotée – à l’instar de Jean-Louis Murat – d’une détermination de tous les instants, d’une passion inassouvie pour le verbe de sa langue natale. Continuer la lecture de « Sr Chinarro, un lugar en el pasado »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , , ,

Jean-Louis Murat, Tour de France 2022 (Scarlett, Wagram, Cinq7)

« As-tu aimé poser ton cœur à l’intérieur d’un être heureux ? »

C’est une vieille question qui revient à l’écoute de Tour de France 2022, l’ultime album – à date – de Jean-Louis Murat, et le premier posthume de ce que les fans les plus insatiables espèrent voir devenir une série – une nouvelle carrière, peut-être.

Le rêve d’un coffre aux merveilles, d’un vault comparable à celui de Prince à Paisley Park, a été entretenu par l’Auvergnat lors de ses interviews. Il aimait gloser sur la discipline de l’artisan, sur l’écriture quotidienne, et les comptes montent vite : malgré le rythme effréné de publication adopté à partir des années 2000, des montagnes de chansons inconnues dorment quelque part – peut-être. Continuer la lecture de « Jean-Louis Murat, Tour de France 2022 (Scarlett, Wagram, Cinq7) »

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , , ,

Penny Arcade : « J’utilise ce que j’ai sous la main pour mes morceaux »

James Hoare (Penny Arcade) / Photo : Titouan Massé
James Hoare (Penny Arcade) / Photo : Titouan Massé

Malgré un des CV les plus impressionnants de l’indie pop de ces dernières années (The Proper Ornaments, Ultimate Painting, Veronica Falls, Your Twenties), James Hoare a pris la décision de se lancer en solo sous le nom de Penny Arcade. Il sort aujourd’hui son deuxième album Double Exposure, album à humeurs variées qui s’est construit autour de deux instruments, l’orgue et la boîte à rythmes. La magie de Hoare est de faire passer des chansons qui pourraient chez d’autres être considérées comme simplement rudimentaires pour des classiques instantanés. Tout a été enregistré dans son home studio, souvent spontanément, et c’est cette impression de proximité avec l’auditeur alliée à la chaleur du son et la mélancolie qui s’en dégage qui fait que Double Exposure se classe parmi les meilleurs enregistrements de Hoare à ce jour. Habitant depuis peu le sud de la France, Penny Arcade va beaucoup s’y produire lors d’une tournée qui commencera par une date à Paris le 4 juin prochain. C’est dans ce cadre que nous l’avons rencontré, au Chaton Indépendant rue Amelot à Paris, dans un des fiefs de l’indie parisienne, pour une interview basée sur ces premières années en solo, mais aussi les Beatles et le vieux Rock’n Roll. Continuer la lecture de « Penny Arcade : « J’utilise ce que j’ai sous la main pour mes morceaux » »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Dorian Pimpernel, Flowers Too (Born Bad Records)

Douze ans après Allombon (2014) quelle surprise de revoir le groupe parisien Dorian Pimpernel avec Flowers Too, un nouvel album dans sa besace. Si étonnant que soit ce retour, Dorian Pimpernel a joué la carte de la continuité : même label (Born Bad), même peintre (Silvia Idili) et même contenu.

Oui, Flowers Too est la suite logique d’Allombon. La formation française y explore les contrées reculées de la moonshine pop ; ils en sont les thurifères et inventeurs. Dorian Pimpernel aime à pratiquer l’uchronie sur leur temps libre. En effet, ils imaginent une suite à la sunshine pop des années soixante, comme si la musique avait évolué dans une direction légèrement différente des voies progressives qu’elle empruntait alors. Continuer la lecture de « Dorian Pimpernel, Flowers Too (Born Bad Records) »

à la une

Catégories chronique nouveauté, livresÉtiquettes , , , , , ,

Superpoze, Blandine Rinkel et Valérie Lefèvre, Le Disque de ma Mère (Banville)

Le Disque De Ma Mère / Photo : Lisa Balavoine
Le Disque De Ma Mère / Photo : Lisa Balavoine

C’est un disque qui relève de la magie, je ne sais pas comment le dire autrement. Une femme écrit des textes de chansons entre 1984 et 2018. Cette femme ne les chante pas, ne les met pas en musique mais elle écrit des chansons comme on écrit sa vie, pour ressentir plus fort, pour dire plus intensément. Elle écrit des chansons comme des consolations, comme des tempêtes aussi. Elle écrit des chansons parce qu’elle ne peut pas faire autrement. C’est elle qu’elle y dépose, c’est là qu’elle se confie. Continuer la lecture de « Superpoze, Blandine Rinkel et Valérie Lefèvre, Le Disque de ma Mère (Banville) »

à la une

Catégories À écouter, playlistÉtiquettes

LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE MAI 2026

Tous les mois, la rédaction de section26 propose une playlist constituée à 100% de nouveautés, entre trouvailles que vous n’écouterez qu’ici, sorties de groupes et d’artistes qu’on adore et retours de flamme inespérés. Les voici, une fois encore, choisis avec amour.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify, ou autre.

Continuer la lecture de « LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE MAI 2026 »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , ,

Selectorama : The Loft

The Loft, 2025 / Photo : DR
The Loft, 2025 / Photo : DR

Formé en 1980 et signé sur l’un des meilleurs labels indépendants de l’époque, Creation Records, The Loft avaient tout pour eux. Leur pop, initialement sous influence The Velvet Underground, commençait à gagner en personnalité et en originalité. Les médias et le public commençaient à suivre lorsque le groupe, alors en pleine friction, s’est séparé sur scène, au milieu d’un concert, alors qu’il n’avait sorti qu’un single et un EP. Il n’en fallait pas plus pour que The Loft devienne un groupe culte. Continuer la lecture de « Selectorama : The Loft »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Meryll Ampe, Two Daughters (CROUX records)

Les musiques bruitistes, qu’elles soient industrielles, harsh, Power Electronics ou acousmatiques, engagent quasi-systématiquement une expérience de la matérialité du son. Car il s’agit d’éprouver à leur écoute quelque chose de l’ordre d’une résistance du format- noise. Le bruit n’est pas seulement ce qui excède les contraintes de la production pop, il est aussi ce qui rappelle que la densité des textures et l’épaisseur des timbres sont parties prenantes d’une logique des intensités qui résiste à l’abstraction des esthétiques numériques. Harsh Noise Wall dans ses formulations les plus radicales, mais aussi drone ou brutalisme percussif. Avec Two Daughters, son nouvel LP, l’artiste sonore Meryll Ampe approfondit une logique de manipulation du matériau pour en faire un principe de composition. Continuer la lecture de « Meryll Ampe, Two Daughters (CROUX records) »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Noir Boy George, Polytoxicomane de toi (Pan European Recording)

On attendait un retour en fanfare un peu plus bling pour la légende NBG, genre la même écurie que son compagnon galérien et sa Citroën Visa jaune par exemple, Jessica93, mais bon, Pan European Recording, c’est pas mal aussi. On n’a pas les bonnes sources, note pour plus tard.

A dire vrai, que ce soit sur cette maison sérieuse ou en cassette automaison dans une boîte de médoc recyclée (d’ailleurs on attend encore celle qu’on avait précommandée il y a des mois, si jamais y’a moyen, s’il vous plaît, merci bien), ça changerait pas grand chose au mythe qu’est devenu Nafi, sans le vouloir vraiment consciemment. On avait pu constater en plus lors de ces derniers concerts à Strasbourg que loin d’attirer les mêmes barbons et groupies habituels, la figure messine réunissait autour de lui un public plus intergénérationnel que jamais (des cheveux bleus à côté de dos gris dans la foule, ça ne trompe pas), ce qui ne l’empêchait pas de fumer ses clopes, concentré sur son synthé toujours un peu pareillement, à notre plus grande joie. Continuer la lecture de « Noir Boy George, Polytoxicomane de toi (Pan European Recording) »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , ,

The High, Somewhere Soon (London Records, 1990)

En Angleterre, le début des années 90 est marqué par le shoegaze et Madchester. La C86 est déjà loin derrière, l’Angleterre a trouvé ses nouveaux hérauts à travers les Stone Roses ou les Happy Mondays. Ces groupes créent une véritable émulation. Des hordes de groupes baggy débarquent au tournant des années 80/90. Ils s’appellent les Charlatans, Mock Turtles, Soup Dragons, Inspiral Carpets ou The High. Ces derniers sortent Somewhere Soon, leur premier album en 1990. Malgré une production signée Martin Hannett sur un morceau, The High ne s’envoleront pas jusqu’aux cimes des charts britanniques. Depuis, le groupe de Manchester est condamné à un certain anonymat, celui que l’on réserve aux seconds couteaux, au mieux un guilty pleasure, au pire une erreur de jeunesse. Continuer la lecture de « The High, Somewhere Soon (London Records, 1990) »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , , ,

Selectorama : Luc Dagognet

Photo portrait de Luc DagognetOn peut croiser Luc Dagognet arborant un T-shirt de Bathory dans les salons d’éditeurs indépendants ou bien croiser son nom en librairie sur les couvertures de ses livres parus aux éditions do.

Dans son deuxième roman Scarbourough, Luc Dagognet rend la part folk au folk horror, en plongeant un prof d’anglais de banlieue parisienne au cœur d’une quête étrange qui le mènera jusqu’à la ville du même nom que la fameuse chanson. « Scarborough Fair, c’est une chanson qui me trotte dans la tête depuis toujours, et dans mes premiers projets de roman, la chanson avait déjà une place, même si moins centrale. Je trouve fascinant qu’une simple succession de notes puisse avoir un tel pouvoir sur celui où celle qui l’écoute, le faire voyager. C’est un simple arpège de guitare et pourtant on devine des siècles d’histoire et on comprend que la mélodie ne se perde pas depuis tout ce temps. En creusant ensuite dans l’histoire de la chanson, des transmission, des versions successives, de l’interprétation changeante des paroles, j’ai su que ce morceau (et la localité associée) constituaient une histoire que je voulais raconter. Et je suis très heureux quand on me dit qu’on a découvert ou redécouvert Scarborough Fair en lisant ce livre ! »

Au son de la mélodie de la célèbre ballade donc, l’univers se dérègle peu à peu, dans la salle de classe d’abord, puis dans la section faits-divers avec Michel Sardou, pour finir jusque dans les bacs d’un disquaire local où l’on peut croiser des filles au T-shirt Slowdive et où pour se donner de la contenance le personnage principal sous pression demande où sont les disques de New Order. « Raconter les personnages par leurs goûts musicaux, leurs t-shirts de groupes, ça peut aussi en dire beaucoup sur eux sans l’écrire. »  Et tour à tour, Scarborough nous prend dans un aventure qui oscille en rythme entre fantastique, peur et franche rigolade, pour une balade — cette fois-ci avec un seul l — sur la côte Est du Yorkshire du Nord.

Trames d’indices, références musicales disséminées et digressions charmantes, voilà ce qui nous a donné envie de demander à Luc Dagognet ce qu’il écoute. « En règle générale, la musique m’accompagne en permanence : je vis les écouteurs vissés dans les oreilles, et sans musique je crois que j’aurais la flemme de marcher autant ou monter des escaliers. C’est mon énergie. J’ai lu quelque part qu’on arrête en moyenne d’écouter de nouveaux morceaux ou groupes ou albums avant 30 ans et j’ai trouvé ça déprimant. C’est un des endroits où les nouveautés sont les plus faciles d’accès et “gratuites” (enfin, du prix mensuel d’un abonnement) — je passe plusieurs heures par semaine à écouter les nouveautés que l’algorithme me propose, celle qu’il associé à d’autres chansons que j’aime, à shazamer devant ma télé ou dans des magasins et cafés (souvent je tiens mon téléphone en l’air au niveau des enceintes et les tenanciers comprennent pas ce que je fous là). Je suis toujours aussi heureux qu’à douze ans quand je découvre un morceau que j’aime et j’ai tendance à l’envoyer à 10 personnes immédiatement — avant de regretter le lendemain, parfois, en me rendant compte que j’ai exagéré. »

Histoire d’exagérer plus encore donc, on vous envoie la playlist de Luc ici directement.

Continuer la lecture de « Selectorama : Luc Dagognet »

à la une

Catégories Chronique en léger différéÉtiquettes , , , ,

Real Estate, The Wee Small Hours (Domino Records)

C’était les derniers mois que je passais à la RPM – canal historique. C’était les derniers mois mais je ne le savais pas encore – désolé pour l’analogie mais comme le titre d’un film culte, je suis parti sur un Coup de Tête. C’était les derniers mois, donc, et il se passait pas mal de choses sur le front des nouveautés. Il se passait surtout que, tout à coup, tous nos groupes britanniques préférés étaient en fait originaires des États-Unis – le phénomène exactement inverse de la toute fin des années 1970 et du début des années 1980, quand bon nombre de groupes britanniques tentaient de sonner comme le Velvet Underground ; ou, oui, Lou Reed. Continuer la lecture de « Real Estate, The Wee Small Hours (Domino Records) »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Les Louanges, Alouette ! (Bonsound)

« Qui est-ce que je suis
si je ne suis pas mes défauts ? »

Alors que je me tenais bien à l’écart de toute la littérature autour d’Angine de Poitrine, voilà-t-il pas que je subis indirectement les retombées de la célébrité éclair du duo aux petits pois, ces princesses : je m’apprêtais tranquilou à prendre ma place pour le festival près de chez moi – on en a tous un – patatras, c’est complet. Juste le samedi où je voulais voir un jeune québécois dont les extraits (Je confirme ma présence, GODDAM !…) de l’album à venir m’avaient captivé. Bah oui, en même temps, gros débile, c’est le soir où se produit le duo microtonal, pim pam poum. Plus de places, soldaoutte, prison. Continuer la lecture de « Les Louanges, Alouette ! (Bonsound) »

à la une

Catégories Cadavre ExquisÉtiquettes , ,

Cadavre Exquis : Ellah A Thaun

Ellah A Thaun / Photo : François Grivelet
Ellah A Thaun / Photo : François Grivelet

On l’a déjà dit à plusieurs reprises, Ellah A Thaun est certainement l’un des groupes les plus complexes et passionnants de l’hexagone. Leur troisième album, sorti l’an dernier, sûrement le plus réussi, et ils viendront le défendre ce mercredi sur la scène de La Station à Paris. Nathanaëlle, fulgurant leader charismatique du groupe, nous dit : « Pour ce Cadavre Exquis à l’avant veille de notre release party, j’ai choisi de demander un titre à chacune de personnes présentes sur scène Mercredi, puis de les associer à deux titres de ma bibliothèque, parce que je suis gémeaux. » Continuer la lecture de « Cadavre Exquis : Ellah A Thaun »

à la une

Catégories playlistÉtiquettes , ,

LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS D’AVRIL 2026

Tous les mois, la rédaction de section26 propose une playlist constituée à 100% de nouveautés, entre trouvailles que vous n’écouterez qu’ici, sorties de groupes et d’artistes qu’on adore et retours de flamme inespérés. Les voici, une fois encore, choisis avec amour.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify, ou autre.

Continuer la lecture de « LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS D’AVRIL 2026 »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , , ,

Selectorama : Rachel Love

Rachel Love / Photo : DR
Rachel Love / Photo : DR

Rachel « Love » Bor avait bien caché son jeu. On connaissait évidemment ses qualités de guitariste, de violoncelliste et bien sûr de chanteuse au sein de Dolly Mixture, groupe de filles solaires qui en pleine ère du punk avait préfiguré la vague indie pop qui allait suivre. Rachel, Hester et Debsey avaient à leur insu fait œuvre de pionnières. A la fin du groupe, en 1984, les fans avaient heureusement pu se consoler avec les disques solos de Debsey Wykes et son groupe Birdie. Mais nous n’avions pu découvrir que très tardivement les talents de compositrice de Rachel, dont le premier disque Picture in Mind n’avait vu le jour qu’en 2021, soit presque 40 ans après la fin officielle de Dolly Mixture ! C’est à cette occasion que Section 26 a eu le privilège d’interviewer Rachel qui avait un peu éclairci le mystère de sa disparition et de sa réapparition. Continuer la lecture de « Selectorama : Rachel Love »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , ,

Dagmar Zuniga, in filth your mystery is kingdom / far smile peasant in yellow music (AD 93)

Dagmar Zuniga, in filth your mystery is kingdom : far smile peasant in yellow musicC’est une boîte à musique. Une musique de fantômes.

Quelque chose apparaît — un « petit pan », pas tout à fait une voix, pas tout à fait une présence — plutôt une image trouble à travers les murs d’un palais de cristal. Dagmar Zuniga (nicaraguayenne-américaine, élevée à Miami, installée à Brooklyn) compose comme on laisse venir des revenants, une sorte de petite musique de nuit, de jour, qui insiste. Un bourdonnement. Une musique de membre fantôme — on croit la reconnaître, a-t-elle déjà eu lieu ? Enregistré entre 2019 et 2024 sur un Tascam 424 (magnétophone quatre pistes), l’album est apparu en janvier 2025 sur Bandcamp via le collectif People’s Coalition of Tandy. Attraction virale. Phil Elverum de Mount Eerie est coi, l’invite à jouer sur les routes, Internet en émoi. Quelque chose circule, mais ce n’est pas ce qu’on croit. Reprenons le fil — ou plutôt : cherchons-le.

Continuer la lecture de « Dagmar Zuniga, in filth your mystery is kingdom / far smile peasant in yellow music (AD 93) »

à la une

Catégories sunday archiveÉtiquettes , , , , , ,

Migala, le feu à sa vie

Photo : Philippe Lévy / Migala, scrutant le ciel de Majorque

Rappel des faits : une ville, Madrid – l’un des creusets les plus fascinants des explosions culturelles de la fin du XXe siècle (et je n’ai peur ni de le dire ni de l’écrire, qui n’a rien à envier à Londres, New York, Manchester, et surtout Paris) ; un nom littéraire, emprunté à une nouvelle de l’écrivain argentin Julio Cortazar ; un groupe-polygone, deux fratries accompagnées par deux amis, soit six musiciens fiers de leur statut revendiqué d’“amateurs” et unis par un  “équilibre instable”. Et une filiation nord-américaine qu’il n’a pas été difficile d’établir : les deux reprises au générique d’un premier album en noir et blanc, de sa pochette jusqu’à ses arrangement, Diciembre 3AM : Fade Into You de Mazzy Star et Moon River d’Henry Mancini ; et bien sûr, ses accointances avec le très respecté Will Oldham – histoire d’alimenter les débats de fin de nuit, je pourrais préciser ici que pour ma part, ce que je préfère de lui, c’est la photo qu’il a prise pour la pochette du Spiderland de Slint –, que nos amis espagnols accompagnaient parfois sur scène dans la Péninsule… Moins de dix ans d’existence et cinq albums – avec pour certains des destins internationaux : Labels et PopLane pour la France, Sub Pop aux États-Unis. Voilà pour les présentations. Continuer la lecture de « Migala, le feu à sa vie »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , ,

Selectorama : Bibi Club

Bibi Club / Photo : DR
Bibi Club / Photo : DR

Noir c’est noir, mais il reste de l’espoir. Le duo Canadien Bibi Club, composé d’Adèle Trottier-Rivard aux vocaux et aux claviers, et de Nicolas Basque à la guitare, vient de sortir son troisième album, Amaro, marqué par le deuil de personnes proches. Bibi Club continue d’explorer le virage un peu plus sombre du précédent, Feu de Garde, cette fois en accentuant un savant mélange entre l’électronique et la folk. Mais pas seulement. Amaro fait également penser par moment à un Stereolab qui aurait vu le jour en 2026 plutôt qu’en 1991, c’est vous dire le niveau. Je ne peux d’ailleurs que vous recommander de jeter une oreille sur leur géniale de reprise d’Orgiastic parue l’an passé. Vous l’aurez compris, si Amaro adresse le deuil frontalement à travers ses textes, musicalement l’album est aventureux, s’affranchissant des pièges et des tics qui peuvent repousser l’auditeur lorsqu’un disque est trop sombre et intense. Les dix morceaux du Selectorama de Bibi Club nous permettent d’ailleurs de mieux comprendre l’univers de Amaro, alliant par exemple la beauté fragile de Lune Très Belle aux guitares noisy de They Are Gutting A Body Of Water, ou allant puiser des références dans le duo synthpop français Eighties Deux ou l’anglaise Tirzah. Alors, comme diraient un célèbre trio Londonien, Join Our Club !

Continuer la lecture de « Selectorama : Bibi Club »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , ,

Mélanie Pain, How & Why (Capitane Records/Modul)

 

Depuis longtemps, je me demande si nous sommes nombreuses et nombreux à réagir de la sorte – mais j’oublie toujours de poser la question. Oui, je me demande si comme moi, parfois, il suffit des quelques secondes d’une intro, un simple changement d’accord, l’esquisse d’une mélodie pour que déjà, vous sachiez qu’une chanson a (entre autres) été écrite pour vous, qu’elle va tourner en boucle pendant plusieurs jours / mois / semaines / années (rayez la mention inutile si tant qu’il y en ait une) et qu’elle ouvre un album que vous allez aimer adorer (la formule “adorez aimer” fonctionne aussi)… Depuis longtemps, j’ai ce rapport à la musique – pour le meilleur, mais pour le pire aussi : l’intro de la première chanson d’un disque attendu avec une certaine impatience déçoit, et son sort en est scellé… Continuer la lecture de « Mélanie Pain, How & Why (Capitane Records/Modul) »

à la une

Catégories livresÉtiquettes , , , ,

Cyrille Martinez, Comment habiller un garçon (Gallimard / Verticales)

Je n’ai jamais trop su comment me saper, ni d’ailleurs cherché à corriger ce handicap social. Au « prime » de ma jeunesse, je me suis converti à une culture musicale idoine pour un gars dépourvu de la moindre appétence pour le vêtement (malgré un fort tropisme familial du côté du Sentier). Un uniforme succinct et finalement passe-partout. Peu de marques, ni trop de réflexion, ni trop de variables : polo Fred Perry, jean 501, chemise Ben Sherman, Docs ou Adidas trois bandes, Harrington ou bomber. Aucun casse-tête. Pour cette raison, la culture mod, ô combien fascinante par ailleurs, notamment sur le plan musical — des jazzmen de Blue Note à Paul Weller, en passant par la northern soul et les Small Faces —, m’est toujours demeurée, au fond, intrinsèquement, un peu interdite. Continuer la lecture de « Cyrille Martinez, Comment habiller un garçon (Gallimard / Verticales) »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Société Étrange, Heat (Carton Records)

 

Musique instrumentale de pleins, de déliés et de vides, cette Lyonnaise des eaux troubles nous plonge dans un monde de l’attente : d’un trajet sur une route de montagne, d’une planque dans un quartier chelou, d’une salle du même nom d’un dentiste ou d’un doc, d’un rendez-vous dans un café désert, d’une journée fériée… C’est tout un univers cinétique quasi immobile qui s’ouvre dans sa lenteur et sa masse, devant nous. Continuer la lecture de « Société Étrange, Heat (Carton Records) »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , ,

Parquet Courts, Wide Awake! (2018, Rough Trade)

Les années 2010 s’éloignent de nous. À mesure que les saisons filent, des groupes apparaissent et disparaissent des radars. Certaines formations émergent à la faveur d’une chanson bien troussée quand d’autres se faufilent plus discrètement dans notre quotidien. Parquet Courts est indéniablement de cette seconde école. La bande new-yorkaise démarre modestement, publiant plusieurs albums au fil de l’eau, sans plan de carrière. Ils sont repérés par les têtes pensantes de Rough Trade, après le succès critique de leur deuxième essai, Light Up Gold (2012). Continuer la lecture de « Parquet Courts, Wide Awake! (2018, Rough Trade) »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Memorials, All Clouds Bring Not Rain (Fire Records)

Memorials All Clouds Bring Not RainÇa y est, yeah, ça me refait le coup, l’obsession. Le morceau qui ne me lâche plus. Que je suis obligé d’écouter plusieurs fois par jour tant je l’aime, tant je l’adore, tant il me porte, tant il m’obsède. Et il porte assez mal son nom : Mediocre Demon. Car médiocre,  il ne l’est aucunement. Quant à mon addiction, ma totale soumission à cette chanson, démoniaque, elle l’est sûrement. Première plage de la face B du nouvel album de Memorials, ce groupe libre et fantasque constitué d’une plus ou moins jeune noblesse d’une Angleterre qui en a vu d’autres, certes, mais qui mérite toujours ses galons en termes de résistance. Et à la médiocrité en premier lieu. Enfin là, oui, c’est patent.

Continuer la lecture de « Memorials, All Clouds Bring Not Rain (Fire Records) »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , , , , ,

Selectorama : A Night With The Apartments

Je crois pouvoir écrire que j’ai assité à pas mal de concerts, depuis le 18 aout 1980 – The Police (avec XTC, The Beat et Skafish) au Stade Aguiléra de Biarritz. Parmi ceux qui restent dans mes meilleurs souvenirs, je crois que je peux en citer au moins deux donnés par The Apartments – enfin, un livré sous le seul nom de Peter Milton Walsh, à l’Européen, non loin de la Place de Clichy, un 11 novembre 2009 ; l’autre sous le nom du groupe qu’il incarne depuis plus de quarante ans – le premier single, The Return Of The Hypnotist, a paru en 1979 –, dans ce lieu magique (vous l’avez ?) baptisé Les Vinzelles, également en novembre, le 4 très précisément. C’était en 2023.

Continuer la lecture de « Selectorama : A Night With The Apartments »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Doggy, Un Jour Parfait (Anorak)

« L’heure sonne et je m’étonne encore d’être ici »

C’est le retour de Doggy, après leur album Radio .TP. sorti avant le confinement et qui correspondait à mon retour à l’écriture sur la musique. Ça tombait bien, je m’étais mis en tête entre autres de faire la chronique des gens de ma génération (peu ou prou) qui continuaient tranquillement à produire des disques et à écrire des chansons, suivant bonhommement leur chemin, forcément à l’écart des grands courants et des grandes modes du commerce. Au même moment, je sortais ce Langue Pendue rétrospectif sur l’anorak pop et la noisy pop en France du début des années 90 (le fameux Côte Ouest avec l’ami Franck Vergeade), et j’avais repris contact avec la bande de Limoges, structurée dans les nineties autour de la maison de disques Anorak et du groupe originel Caramel : Guillaume Bassard y tenait la guitare, Stéphane Balanche la batterie, et on les retrouvera émancipés dans Doggy donc avec Pierre Escarguel et Stéphane Pomedio. Continuer la lecture de « Doggy, Un Jour Parfait (Anorak) »

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , , , , , ,

The Apartments, le casino de la vie

Peter Milton Walsh
Peter Milton Walsh / Photo : DR

Enseigner, c’est répéter. Partager aussi, je crois. Oui, répéter encore une fois que des chansons peuvent changer le cours d’une vie – et de plusieurs, même. Alors, répéter aussi cette phrase que j’ai piquée (moi, quand je vole, je l’avoue dans la foulée) à feu John Peel au sujet des albums de The Fall de feu (décidément…) Mark E. Smith : un nouvel album de The Apartments est toujours un peu meilleur que le précédent et forcément un peu moins bon que le suivant. Cette vérité, Peter Milton Walsh s’amuse à lui donner corps depuis 1985 et la sortie en presque catimini (mais avec une pleine page signée Bayon dans un Libération de janvier 1986 – oui, toujours citer ses sources et ses inspirateurs / inspirations) d’un premier LP baptisé The Evening Visits… And Stays For Years. Paru dans les derniers soupirs de l’année 2025, That’s What the Music is For perpétue donc avec une élégance rare et une sobriété exaltante la tradition. Continuer la lecture de « The Apartments, le casino de la vie »

à la une

Catégories borne d'écoute

Dans les petits chaussons de Slippers

Slippers
Slippers / Photo : DR

On pensait déjà beaucoup de bien de Slippers, dont l’album So You Like Slippers? (2024) contenait déjà quelques friandises savoureuses, comme en particulier la très entêtante ballade Nice Weather, au refrain vraiment irrésistible, dans une veine twee pop des meilleurs jours. Sortie un an après, la petite bombe Guess I Started a Band avait également eu de quoi nous faire bondir de joie par sa jubilatoire vitalité. Il n’était pas évident de faire mieux. Pourtant le dernier single de Slippers, Wants For Everyone, s’impose comme un pur et simple hit, immédiatement addictif, appelant au moins sa bonne dizaine d’écoutes d’affilée. Continuer la lecture de « Dans les petits chaussons de Slippers »

à la une

Catégories livresÉtiquettes , , ,

Emmanuel Chirache, Rock Australien, Un Continent en 100 disques (Le Mot Et Le Reste)

Avec une régularité exemplaire, l’éditeur Le Mot Et Le Reste explore la musique que nous aimons à travers les livres. À chaque saison, de nouveaux ouvrages viennent ainsi compléter le très riche catalogue de la maison française. Dans cette offre étoffée, peu d’ouvrages sont finalement consacrés à des pays spécifiques. Notre camarade Rosario Ligammari avait proposé un ouvrage autour de la pop italienne en 2021 (Buongiorno Pop) et voici donc Emmanuel Chirache avec une sélection de disques australiens pas piquée des hannetons. L’intéressé n’est pas à son coup d’essai, puisqu’il y a dix ans, il publiait un premier ouvrage sur les reprises dans le rock (Covers, une histoire de la reprise dans le Rock2015). Continuer la lecture de « Emmanuel Chirache, Rock Australien, Un Continent en 100 disques (Le Mot Et Le Reste) »

à la une

Catégories playlistÉtiquettes , ,

LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE MARS 2026

Visuel : Pauline Nunez
Visuel : Pauline Nunez

En attendant de se prendre une bombe nucléaire sur le coin de la gueule, et si on écoutait de la musique ? Et si on se laissait aller à un instant pour soi, à découvrir ces 37 nouveautés choisies par la rédaction de section26 ? Chacun y a placé ses pierres blanches parfois précieuses, histoire de se mieux retrouver son chemin à travers des affronts du monde, pour nous tous qui sommes de toute façon impuissants face à la folie ambiante.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify, ou autre.

Continuer la lecture de « LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE MARS 2026 »

à la une

Catégories billet d’humeurÉtiquettes , , , , ,

Hidrogenesse, deux sur une banquette

Hidrogenesse / Photo : Jaume Olsen
Hidrogenesse / Photo : Jaume Olsen

J’ai toujours aimé les reprises. Parfois, j’ai même préféré les reprises aux versions originales. Parfois, je n’ai même aimé d’un groupe que la ou les reprises qu’il avait pu jouer. Mais ce n’est pas le cas ici. Ici, j’ai d’abord découvert ce groupe par une reprise – une reprise assez décalée et jouée, je crois, avec une certaine irrévérence qui n’était pas pour me déplaire. Pourtant, sans le savoir – sans que le principal intéressé ne le sache non plus –, j’avais sans doute ou peut-être déjà croisé l’un des deux responsables de ce groupe-ci dans la vraie vie, le soir du 14 janvier 1996, dans la petite salle barcelonaise baptisée Nitsa alors que se succédaient sur scène Spring puis Le Mans – et que je passais aussi quelques disques (et je me souviens même avoir enchainé Washer de Slint et Da Funk de Daft Punk, mais je ne sais plus dans quel ordre…). Mais le groupe en question, lui, n’existait pas encore. Continuer la lecture de « Hidrogenesse, deux sur une banquette »

à la une

Catégories Epic SoundtrackÉtiquettes , ,

The Williams, I’m Nothing Special To You (1988)

Longtemps je n’ai connu qu’une seule chanson de The Williams et je n’ai pas cherché à en découvrir d’autres. I’m Nothing Special to You m’avait semblé se suffire à elle-même, tout comme un météore n’a nul besoin d’être accompagné pour illuminer le ciel. Je ne savais rien de ces Anglais et n’avais rien voulu en savoir. J’aurais pu m’enquérir de leur discographie, de leur ville d’origine, de l’identité de chaque musicien, mais j’avais délibérément choisi de laisser ce groupe demeurer pour moi une énigme. C’est certainement la nature même de I’m Nothing Special to You qui m’avait poussé à renoncer à en savoir plus, comme si je voulais maintenir ce morceau dans son halo de mystère. Continuer la lecture de « The Williams, I’m Nothing Special To You (1988) »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , , ,

Les Thugs, IABF, Alternative Tentacles / Vinyl Solution / Bondage Records (1991)

Les Thugs, IABFPourquoi s’embêter à vous parler des Thugs ? Nous sommes certes sûrement quelques‑un(e)s à nous en souvenir, ou à les considérer comme un insondable mystère. Au même titre que La Souris Déglinguée, leur postérité se révèle ainsi si dérisoire dans la mémoire collective de la Gen Z, pourtant gavée de streaming et d’archives sur YouTube. De tous les groupes sortis du ventre fécond du rock alternatif – vous savez, ce grande fourre‑tout stylistique mais indubitable fait social total, entreposé au cœur des années 80 – les Thugs appartiennent à l’infime pourcentage qui a réussi à rayonner hors de nos frontières, y compris outre-Manche et chez l’oncle Sam. Continuer la lecture de « Les Thugs, IABF, Alternative Tentacles / Vinyl Solution / Bondage Records (1991) »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , , , , ,

The Nits, Tent (1979, CBS)

Vivre en France pourrait donner à certains amateurs de pop l’impression d’être éloignés de l’action. Certes, nous sommes séparés du Royaume-Uni par un petit bras de mer et des États-Unis par un océan, mais l’aventure est parfois au coin de la rue, et ce, même sans être à Twin Peaks ! À moins de 500 km de Paris se trouve Amsterdam, capitale (constitutionnelle) des Pays-Bas et ville natale des Nits. Ne pas être dans l’œil du cyclone britannique ou américain nous offre cette chance de pouvoir évaluer la formation batave pour ce qu’elle est, un grand groupe de pop. Continuer la lecture de « The Nits, Tent (1979, CBS) »

à la une

Catégories station to stationÉtiquettes , , ,

Sur le vif

Photo : Sébastien Berlendis
Photo : Sébastien Berlendis

Sur le vif (à propos d’une série de quatre chansons capturées à leur origine, sur le vif, avec une caméra Sony Handycam que Lael Neale a nommées Demos / Off the Cuff).

Un matin de janvier, je dois me rendre dans la ville de Dôle depuis la gare de Saint-Claude. J‘emprunte la ligne dite des Hirondelles, elle fraye un chemin parmi les tunnels et les aqueducs innombrables, souvent au bord du vide. Je compte trois passagers, un homme avec mallette, un autre en tenue de chantier, et moi collé aux vitres embuées, dans le sens inverse de la marche de telle sorte que les paysages m’apparaissent à rebours. Depuis la veille au soir, il n’a pas cessé de neiger et les voies gardent la trace des chutes devenues à présent inédites. Continuer la lecture de « Sur le vif »

à la une

Catégories sous surveillanceÉtiquettes , ,

Sous Surveillance : Magasin

Magasin / Photo : Fleur Mulder
Magasin / Photo : Fleur Mulder

Qui ?

Michiel Klein : Guitare, vu dans Goldblum, Sweat Tongues mais surtout dans les regrettés Lewsberg.
Rejoints en cours de route par :
Milo Mooi Wilten : batterie, aperçu dans Kieff

Où ?

Initié à Groningue, et maintenant dispersé entre Leiden, Rotterdam et Groningue.

Continuer la lecture de « Sous Surveillance : Magasin »

à la une

Catégories billet d’humeurÉtiquettes , , , ,

Sur le fil

Coraline Gaye / Photo : Breche de Roland
Coraline Gaye / Photo : Breche de Roland

Je ne sais pas comment vous allez vous, en ce moment, mais moi ça ne va pas trop trop bien. Le monde part en vrille, partout la colère, la vengeance et la pensée bas de plafond rognent peu à peu ce qu’il me restait d’espoir pour les années à venir. Alors je m’accroche à tout ce que je peux, le soleil revenu, l’amour des miens, les mots des livres et les chansons. Je cherche la beauté et parfois il arrive qu’elle me parvienne, car oui la beauté existe encore, j’en suis convaincue, il faut le croire. Continuer la lecture de « Sur le fil »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , ,

Chiens de Faïence, Touché Coulé (Safe in the Rain/Langue Pendue)

Chiens de faïence, Touché CouléJe l’ai écouté pour la première fois un vendredi soir dans le bus 46 entre Montgallet et Voltaire, à la nuit déjà tombée. Vous voyez un peu la scène, vous connaissez le moment : la fin de semaine un peu hard, celle qui déconnecte des sentiments, qui laisse une pellicule un peu dégueu sur à peu près tout. À la première seconde d’écoute, je sais déjà que Touché Coulé va être un de mes trucs préférés. Comment se peut-il qu’on puisse encore en faire quelque chose comme ça, un truc, un disque, un EP. Que je trouve ça formidable de ne pas en revenir d’avoir un cœur, une pompe, un truc qui marche alors que tout autour est cassé. J’en reviens pas des êtres humains qui font encore des trucs d’êtres humains. 

Continuer la lecture de « Chiens de Faïence, Touché Coulé (Safe in the Rain/Langue Pendue) »

à la une

Catégories playlistÉtiquettes ,

LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE FÉVRIER 2026

On nettoie, on élague, on rafraîchit, ça bourgeonne, ça verdit et c’est reparti. Au moins une chose qui se régénère cycliquement de manière immuable. Catégorie pop moderne, c’est toujours un peu une somme des heurts passés, des expériences d’avant, qui détermine ce qu’on écoutera la prochaine saison. Ici, une petite sélection de ce qu’on a aimé ce mois-ci, en provenance des quatre coins du globe.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify, ou autre.

Continuer la lecture de « LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE FÉVRIER 2026 »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , ,

Boudewijn de Groot, Picknick (1968, Decca)

Avec Elvis, les Shadows et enfin les Beatles, la musique pop est devenue un phénomène presque universel. Du Pérou (Los Shain’s), en passant par Singapour (The October Cherries), le Japon, le Zimbabwe, l’Australie et bien sûr l’Europe Continentale, des jeunes gens ont pris les guitares et essayé d’imiter leurs idoles. Ces tentatives furent parfois maladroites mais des voix singulières ont aussi émergé de ce bouillonnement créatif. Le barde batave Boudewijn de Groot est de celles-ci. Né en 1944, dans un camp de concentration japonais, à côté de Jakarta (à l’époque Batavia !), en Indonésie, il débarque aux Pays Bas avec son père. Elevé par sa tante, il s’intéresse très vite à la musique. Continuer la lecture de « Boudewijn de Groot, Picknick (1968, Decca) »

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , , , , , ,

Ulrika Spacek : « Il est assez évident qu’on ne peut pas refaire le même album qu’en 2016. »

Ulrika Spacek / Photo : Anya Broido
Ulrika Spacek / Photo : Anya Broido

C’est dans un hôtel de la Gare du Nord que l’on avait rendez-vous. Un lieu de carrefour, au débarquement de l’Eurostar et du RER de Roissy pour le groupe divisé entre Londres et Stockholm où réside désormais le frontman Rhys Edwards. Il y a deux semaines paraissait EXPO, le quatrième album de ceux que l’on suit avec tant d’attention depuis dix ans déjà. Un disque qu’ils décrivent comme plus froid, possédé par des forces plus obscures, mais qui par tous ses sillons suinte le nom d’Ulrika Spacek : « C’est un moment agréable dans la vie d’un groupe quand on réalise qu’on a créé un son qui nous est propre ». Malgré l’absence du batteur Callum Brown et du guitariste Rhys Jenkins, les trois musiciens (Rhys Edwards, Joseph Stone et Syd Kemp) se sont attardés, dans un vrai échange, sur leur processus créatif, leur besoin viscéral d’autonomie et leurs dilemmes éthiques face à une industrie musicale avec laquelle ils doivent malheureusement composer quand ils ne souhaitent finalement qu’une chose : atteindre leur public. 

Continuer la lecture de « Ulrika Spacek : « Il est assez évident qu’on ne peut pas refaire le même album qu’en 2016. » »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , ,

Pokett, Fives (autoproduit)

Pockett FivesOn ne va pas vous faire des secrets de polichinelle, on a souvent croisé la route de Stéphane Garry aka Pokett. Lors de la sortie de Crumble son premier album (2004) sur le label Intercontinental puis encore plus amicalement vôtre, lors d’une micro tournée en compagnie du géant et désormais très culte Paloma où des prises de bec exquises à propos de Dave Mustaine (Megadeth) nous ont finalement rapprochés. Et je crois bien que dans l’un des scopitones du groupe, l’on peut voir l’une de mes guitares, récupérée depuis en meilleur état qu’à l’origine, quoique. Mais il est vrai que depuis son départ pour l’Ouest, je n’avais pas franchement fait l’apéricouille avec ledit Garry. Et c’est donc d’autant plus réjouissant de se retrouver aujourd’hui par voie de presse avec Fives, le cinquième album de Pokett. Une fois de plus, après tout de même sept ans d’absence depuis le Time For A Change madré de 2019,  on a su prendre son temps et faire les choses bien, voire au mieux. Continuer la lecture de « Pokett, Fives (autoproduit) »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , ,

Selectorama : Heavenly

Heavenly / Photo : Alison Wonderland
Heavenly / Photo : Alison Wonderland

S’il n’y a nul besoin de justifier le fait de porter un vieux cardigan chéri, il est parfois délicat de s’enthousiasmer publiquement pour des groupes qui nous accompagnent depuis plus de trente ans, au risque de passer pour une vieille baderne. Et pourtant les raisons qui faisaient qu’on écoutait Heavenly plutôt que Gala en 1996* sont plus valables que jamais. Le regard bienveillant mais la langue (et les guitares) acérées de Heavenly offre toujours la même respiration, le même sentiment d’appartenance à une minorité qui privilégiera éternellement les pubs et les médiathèques aux salles de crossfit (bonus si vous ne voyez même pas ce que c’est). Highway To Heavenly, le nouvel album du groupe, n’est donc pas une autoroute vers un paradis perdu nostalgique, mais un sentier alternatif qui contient la promesse de cieux plus radieux, même si pour l’instant, il pleut.

Continuer la lecture de « Selectorama : Heavenly »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Bertolf & Nomden, All Good Things (Excelsior)

N’en déplaise aux tours-opérateurs de Liverpool, le plus grand musée du monde consacré aux Beatles se visite à Alkmaar, aux Pays-Bas. Un signe parmi d’autres de l’affinité qui s’est nouée, au fil des décennies, entre la scène musicale hollandaise et le patrimoine des Fab Four. Et même si leurs œuvres peinent parfois à rayonner au-delà des frontières nationales, des groupes comme Johan, Daryll-Ann ou, plus récemment, The Maureens sont parvenus à entretenir avec ferveur et brio cet héritage revendiqué. Vétérans aguerris et rompus séparément aux prouesses du classicisme pop au sein de nombreuses formations, Bertolf Lentink et Diederik Nomden racontent qu’ils se sont rencontrés en 2003 à l’occasion d’un concert de Paul McCartney. Auraient-ils prétendu s’être croisés par hasard dans les coulisses d’un show de Metallica qu’on aurait eu davantage de peine à les croire en découvrant, vingt-trois ans plus tard, le premier produit tardif de leur collaboration amicale. Tout vient ici à point à qui sait attendre : comme son titre proverbial l’indique, All Good Things ne contient que des mélodies d’excellente facture mises en valeur par des harmonies vocales remarquablement inspirées et des arrangements haut-de-gamme. Comme si la face B d’Abbey Road (1969) ou Band On The Run (1973) avaient été réinterprétés par les Everly Brothers. Continuer la lecture de « Bertolf & Nomden, All Good Things (Excelsior) »

à la une

Catégories Chronique en léger différéÉtiquettes , , , , ,

Stephan Eicher, Poussière d’Or (Barclay)

Je m’en suis rendu compte il y a quelques jours : j’entretiens avec certains artistes – pour la plupart, les artistes qui ont participé activement à mon éveil musical et m’ont ouvert quelques horizons – des relations amoureuses pas si éloignées que cela de celles qui (dés)unissent Ana et Oscar dans la série Los Años Nuevos de Rodrigo Sorogoyen – et si jamais vous ne l’avez pas encore vue, faites-moi le plaisir de vous laisser tenter (ne serait que pour entendre cette chanson-là).

Mais ça consisterait en quoi, ces relations-là ?  La passion comme aveugle des premiers jours, des premiers (é)mois, les habitudes, bonnes comme mauvaises, qui s’installent sans en avoir l’air, les premiers reproches, les liens qui se défont, la séparation houleuse ou silencieuse, les claquements de porte (d’appartement, de voiture, de taxi…),  l’éloignement, le rapprochement, les doutes, les questions, les “et pourquoi en sommes-nous arrivés là ?” qui restent parfois sans réponse évidente. Continuer la lecture de « Stephan Eicher, Poussière d’Or (Barclay) »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , ,

Selectorama : Jacuzzi Boys

Jacuzzi Boys / Photo : DR
Jacuzzi Boys / Photo : DR

En décembre dernier, nous étions loin de nous attendre à la parution d’un nouvel album des Jacuzzi Boys dont le dernier LP Ping Pong était sorti il y a plus de dix ans déjà. Le trio garage pop basé à Miami – cousins éloignés des Black Lips, en moins déglingués quand même – n’avait pourtant jamais vraiment disparu du paysage. Depuis leur formation en 2007, les Floridiens s’étaient en effet toujours habitués à ravir régulièrement nos esgourdes avec une myriade de singles réjouissants. Depuis leur premier album No Seasons en 2009, salué à l’époque par Iggy Pop en personne, et qui contenait quelques mémorables bombinettes comme Smells Dead ou Island Ave, on avait apprécié la tendance des trois compères de Miami à osciller de vivifiantes punkeries comme Do The Coma ou Coral Girls vers des titres plus psyché comme Blowin Kisses, en passant par des tubes pop surf comme Bricks of Coconuts et Out of the Black ou d’autres, plus garage, comme Christian’s Tune (Don’t Go). Continuer la lecture de « Selectorama : Jacuzzi Boys »

à la une

Catégories post liveÉtiquettes , , , , , , ,

Sharp Pins au Malandar à Séville, lundi 9 février 2026

Sharp Pins / Photo: Laure Desbruères
Sharp Pins / Photo : Laure Desbruères

C’est à peu près la première pensée que j’ai eue, alors que les musiciens jouaient avec une fougue toute juvénile leur premier morceau sur la scène du Malandar, une salle de concert située juste à la sortie des ruelles bariolées du quartier populaire de la ville de Séville. “Il est à la fois Pete Townshend circa 1966-1967 et Paul Weller circa 1977” – ce qui, je peux en convenir assez aisément, relève peu ou prou du pléonasme. “Il”, c’est le jeune prodig(u)e Kai Slater, 20 ans au compteur – boucles brunes qui lui mangent le visage, chemise avec col pêlatarte, pantalon cigarette et veste cintrée qu’il est absolument interdit de déboutonner – et seul maitre à bord de Sharp Pins, groupe-homme dont on est quand même persuadé qu’il est un ami d’Amérique de notre Hibernatus : pour résumer l’histoire, le gamin a dû tomber dans un coma profond en 1967, s’est brièvement réveillé vers 1977 avant de “renaitre” au début des années 2020… Depuis, il ne chôme pas et a déjà réalisé trois albums – et même deux pour la seule année passée, dont le désormais fameux Balloon Balloon Balloon et sa pochette psychédélique distingués par le titre honorifique de « meilleur disque 2025 » décerné par la Section26. Continuer la lecture de « Sharp Pins au Malandar à Séville, lundi 9 février 2026 »

à la une

Catégories portraitÉtiquettes , , ,

« Oui, c’est qui ? C’est Miki »

Miki / Photo : Instagram
Miki / Photo : Instagram

C’était il y a un peu plus d’un an : son premier single Echec Et Mat, dans lequel elle se présente comme « une meuf kétaminée pâteuse pétasse » avant de se comparer à « la pom’pote au fond du frigo que personne n’ose plus toucher ni jeter » fait le tour des réseaux et médias avec son clip tourné devant un Buffalo Grill. Aujourd’hui ? Elle remplit l’Olympia et publie son album Industry Plant (comprendre : la chanteuse que l’industrie a placé là). Et histoire d’ironiser au sujet des critiques qu’elle reçoit, elle y répond dans son premier titre Yes : « Y’a des gens qui me traitent de silicone mais Billy Joel ! ». Sans tomber dans un album dédié à ses haters, elle les bénira simplement de « sa pop d’usine ». Continuer la lecture de « « Oui, c’est qui ? C’est Miki » »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , ,

Rocketship, A Certain Smile, A Certain Sadness, (Slumberland, 1996)

Rocketship, A Certain Smile, A Certain Sadness, (Slumberland, 1996)On a beau avoir eu l’impression de faire ça toute notre vie et que finalement, cahin caha, on aurait pas un peu fait le tour de la question que la notion de trésor caché, comme le reste de l’actualité, pourrait devenir à plus ou moins long terme, navrante. Mais par ce biais précisément, la petite étincelle arrive toujours. Et se rapproche de nous puisqu’à l’instar de Numero Group qui semble avoir décidé de remettre sur la table le moindre groupe emo / slow / shoegaze de fac des années nonantes, et c’est probablement une mine intarissable (spoiler : j’y étais), Slumberland réédite une de ses premières références, et dans le genre c’est plus que simplement pas mal. Le premier album de Rocketship, projet pléonasmique d’un certain Dusty Reske. Continuer la lecture de « Rocketship, A Certain Smile, A Certain Sadness, (Slumberland, 1996) »

à la une

Catégories billet d’humeur, léger différéÉtiquettes , , , ,

Retour sur End Of The Middle de Richard Dawson

Richard Dawson / Photo : DR
Richard Dawson / Photo : DR

En parcourant il y a déjà un mois avec attention les diverses listes de fin d’année couronnant les disques préférés des un.e.s et des autres, j’ai été surpris de ne pas voir apparaître le dernier album de Richard Dawson, chanteur et guitariste originaire de Newcastle. Est-ce sa modestie apparente, éloignée des structures plus expérimentales de ses précédents disques, qui a désarçonné et peut-être déçu son auditoire fidèle ? Continuer la lecture de « Retour sur End Of The Middle de Richard Dawson »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , ,

Selectorama : Fly Ashtray

Fly Ashtray back in the days / Photo : DR
Fly Ashtray back in the days / Photo : DR

Un obscur webzine américain a décrit à raison Fly Ashtray comme “le meilleur groupe dont vous n’avez jamais entendu parler du monde”. S’ils n’ont étrangement jamais atteint la notoriété de formations esthétiquement proches comme Pavement, Sonic Youth, Half Japanese, Sebadoh ou Yo La Tengo, les quatre New Yorkais originellement formés dans le Bronx ont néanmoins toujours fait l’objet d’un micro-culte de la part de quelques fidèles. Alors qu’ils ont commencé à jouer en… 1983 ! Et en une bonne vingtaine de disques sortis depuis, les quatre vétérans sont pourtant très loin d’avoir dit leur dernier mot. La preuve avec leur tout dernier album Most of All Have Fun, qui impressionne par son souffle et son inspiration, comme si le groupe avait gardé intacte sa sève créatrice et que ses membres infatigables se faisaient plaisir comme à vingt ans. Continuer la lecture de « Selectorama : Fly Ashtray »

à la une

Catégories borne d'écouteÉtiquettes , , ,

La victoire de Dééfait

Dééfait / Photo : Dana Elfenbaum
Dééfait / Photo : Dana Elfenbaum

Qui ?

Dééfait, c’est :

Ric Lara au chant
Enir Da à la basse
Grégoire Couvert à la guitare
Les frères Valero (Lucas à la guitare et Pablo à la batterie)
Ric jouait dans des groupes punk en 2000 au Mexique, Enir dans Dali Muru & The Polyphonic Swarm, les frères Valero dans Versolo – Two Bunnies In Love – Young Like Old Men et Pays P (liste non exhaustive). Quand à Grégoire, il est réalisateur, notamment du documentaire sur les Oiseaux-Tempête : Khamsin (2019).

Continuer la lecture de « La victoire de Dééfait »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , ,

P. Hux, Purgatory Falls (Nine Eighteen Records, 2001)

Richard Willett Miller, un peu moins inconnu sous le pseudonyme de Parthenon Huxley, est mort vendredi dernier, quelques jours à peine après son soixante-dixième anniversaire. Dans la longue liste des faire-part mortuaires de saison, il y a toutes les raisons pour que celui-ci passe plus inaperçu que beaucoup d’autres. C’est injuste mais c’est logique. Pour la plupart des amateurs de chez nous, les occasions d’entrapercevoir ce nom peu familier – a fortiori celles d’entendre ses compositions – ont été rares : une invitation à jouer du tambourin sur Cynical Days sur Oranges & Lemons (1989) de XTC, une participation en tant que musicien, producteur et co-auteur de quelques morceaux sur A Man Called (E) (1992) et Broken Toy Shop (1993), les deux albums solos de Mark Oliver Everett alias E, avant qu’il ne se lance dans l’aventure Eels. C’est à peu près tout. Il y a pourtant bien des richesses à redécouvrir dans les fragments d’une discographie confidentielle, qui s’est étendue par intermittence sur cinq décennies. Continuer la lecture de « P. Hux, Purgatory Falls (Nine Eighteen Records, 2001) »

à la une

Catégories playlistÉtiquettes , ,

LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE JANVIER 2026

Visuel : Pauline Nunez

Tous les mois, la rédaction de section26 propose une playlist constituée à 100% de nouveautés, entre trouvailles que vous n’écouterez qu’ici, sorties de groupes et d’artistes qu’on adore et retours de flamme inespérés. Les voici, une fois encore, choisis avec amour.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify, ou autre.

NDLR : les playlists créées sur les plateformes ne comportent pas l’intégralité des titres de la sélection commentée ci-dessous.

Continuer la lecture de « LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE JANVIER 2026 »

à la une

Catégories borne d'écouteÉtiquettes , , , ,

Nick Wheeldon trace sa route

Nick Wheeldon
Nick Wheeldon / Photo : Marina Cerrudo

Avec un cinquième album solo, la belle aventure de Nick Wheeldon (amorcée auprès de Os Noctàmbulos, 39th and The Nortons, The Necessary Separations) continue sa route. Le natif de Sheffield pour qui la vie semble se jouer à chaque fois qu’il monte sur scène semble s’être accélérée depuis quelques années. Pas un mois sans qu’il performe sa folk aussi sombre que solaire à travers le pays, qu’il compose ou qu’il enregistre. Ces neuf nouveaux titres, il les aura finalisés en sept jours, enregistrés en analogique à Lüe, une petite commune des Landes, section de cuivres et violon / piano / batterie compris. Continuer la lecture de « Nick Wheeldon trace sa route »

à la une

Catégories léger différéÉtiquettes , , , , ,

Xan Tyler & Dusty Stray, Home (Last Night From Glasgow)

C’est l’un de ces albums discrets, d’autant plus précieux qu’il finit par imposer sa présence sur le ton du murmure plutôt que de réclamer, à cor et à cri, une attention immédiate. Publié au mois de novembre dernier, Home n’a cessé, depuis, d’apparaître de plus en plus clairement comme une sorte d’antidote absolue au tapage. Issu d’une collaboration à distance et de plusieurs années entre l’autrice-compositrice d’origine londonienne Xan Tyler, désormais écossaise d’adoption, et Jonathan Brown, alias Dusty Stray, songwriter texan installé à Amsterdam, il condense avec une sobriété exemplaire l’essentiel des sentiments qu’ont trouvé à partager, inévitablement, ces deux exilés : la nostalgie d’un « chez soi » dont le manque ne cesse de s’amplifier à mesure que l’éloignement se prolonge et dont ne demeure plus que les souvenirs. Deux voix qui s’entremêlent, une toile de fond instrumentale dépouillée et quelques mots bien choisis : il n’en faut parfois pas davantage pour restituer la profondeur de cette intimité disparue. Et pour s’interroger sur le peu qui subsiste. Continuer la lecture de « Xan Tyler & Dusty Stray, Home (Last Night From Glasgow) »