à la une

Catégories livres

Cat Power et les rats de Chinatown

Les bonnes feuilles du nouveau livre d’Adrien Durand, “Je suis un Loser, Baby” (LeGospel).

Chan Marshall - Cat Power
Chan Marshall – Cat Power

Avec Je n’aime que la musique triste, Adrien Durand avait commencé, en parallèle à son excellent fanzine Le Gospel, ce qui a bien l’air de devenir une petite collection de livres. Le Gospel de poche (perfection de ce petit logo) propose ainsi sa deuxième publication, Je suis un Loser, Baby. Dix-sept textes courts, écrits récemment, qui conjuguent mémoire collective et expérience intime sur la musique. Humble et honnête, avec ce qu’il faut d’humour désabusé, il fait un petit tour du propriétaire de son panthéon personnel, de Cat Power et Fugazi, Kurt Cobain et Bret Easton Ellis, Paul Schrader et Evan Dando, Dinosaur Jr. ou encore les Swans, Vincent Gallo et Courtney Love, du jazz éthiopien et les poubelles du Chelsea Hotel. En avant pour le premier chapitre de ce livre qu’il vous offre à lire ce week-end. Continuer la lecture de « Cat Power et les rats de Chinatown »

à la une

Catégories affichage libreÉtiquettes , , , , ,

Congratulations ! – M.Night Shyamalan, John Vanderslice, Maria Pourchet

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

John Vanderslice
John Vanderslice

Il y a une éternité, on ne me parlait que de 24 heures Chrono. La série immanquable du moment…tant d’autres suivront. Je paressais donc à jeter un œil. Les montages frénétiques n’ont jamais été mon fort. Je n’ai finalement pas regardé cette série – peut-être juste une séquence. Et c’est en m’installant dans la salle de cinéma, sur du velours incertain, que j’aurais adoré avoir vu cette série. Car Old de M.Night Shyamalan compresse tout en une journée. Continuer la lecture de « Congratulations ! – M.Night Shyamalan, John Vanderslice, Maria Pourchet »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , ,

Selectorama : Mocke

Mocke
Mocke

Parlons prescription, puisque c’est l’objet de cette rubrique.

Les meilleurs prescripteurs échappent aux attentes comme aux vues – de l’esprit. Une collègue de bureau, il y a bientôt dix ans, quand je me laissai aller à un bavardage futile et convenu sur Liszt « le virtuose » – il s’agissait évidemment de clouer au pilori la virtuosité sans trop savoir ce que c’était –, sortit exceptionnellement de ses gonds pour me mettre face à la réalité : je critiquais, commentais, jugeais, manifestement sans connaître. Puis elle m’invita à suspendre mon jugement, à le remplacer par la fréquentation et la connaissance de Liszt avant, peut-être, de parler de nouveau, mais en connaissance de cause. Et m’envoya un lien vers quatre minutes de musique qui changèrent la vie, quatre minutes qui m’offrirent Liszt, qui l’ouvrirent enfin. Il suffisait d’écouter, c’était là. Continuer la lecture de « Selectorama : Mocke »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Jesuslesfilles, L’heure idéale (Duprince)

Jesuslesfilles

Sur le groupe facebook qu’il a créé, “J’écoute une K7 de la vedette”, Daniel Yeang anime le réseau et rythme les journées de ses presque six cents membres abonnés en postant les innombrables écoutes qu’il fait à droite et à gauche. Les nouveautés touchent à tous les styles (du métal au rap en passant par tout l’éventail pop rock) et sont présentées sans chichi, référencées objectivement comme dans un catalogue, et accompagnées d’une note (au dixième près) sur vingt. Pour le reste, à nous d’inventer les discours et les histoires qui vont avec, en animant (ou pas) le débat dans les commentaires. Nouvelle forme de critique musicale collective adaptée au flux incessant des sorties ? Premier tamis avisé et finalement très personnel ? Continuer la lecture de « Jesuslesfilles, L’heure idéale (Duprince) »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , , ,

Big Star, #1 Record (Ardent, 1972)

Big Star est le groupe préféré de vos groupes préférés (The Posies, Teenage Fanclub, REM, The Replacements, Wilco, Primal Scream, The Bangles, Elliott Smith, etc). Comme Nick Drake ou le Velvet Underground à d’autres époques, la formation de Memphis est culte, avec ce que cela comporte de gloire et de tristesse. Pourtant, il est très facile de passer à coté de la beauté de Big Star tant leur approche a quelque chose de modeste et d’épurée. L’épiphanie ne viendra peut être pas à la première écoute, mais si vous aimez une certaine idée de la musique pop, elle finira fatalement par arriver. Nous vous gardons bien au chaud une carte de membre du fan club zélé. Continuer la lecture de « Big Star, #1 Record (Ardent, 1972) »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , ,

L’Rain, Fatigue (Mexican Summer)

Inouï.

En écoutant Fatigue, second album de Taja Cheek – qui a choisi l’alias L’Rain en hommage à sa mère Lorraine, morte lors de l’enregistrement de son premier disque –, on a l’occasion d’éprouver ce qu’est l’inouï. Rien n’est impossible, les sons sont des sons, les chansons sont des chansons, pourtant on n’a jamais rien entendu de pareil.

C’est normal, c’est un disque.

Ce devrait être normal, c’est un disque.

Ce n’est pas grave, c’est un disque. Continuer la lecture de « L’Rain, Fatigue (Mexican Summer) »

à la une

Catégories sunday archiveÉtiquettes , , , ,

Lift To Experience, The Texas Jerusalem Crossroads (Mute/PIAS)

Lift To Experience
Lift To Experience

« Notre musique était sacrée, chaque note l’était. » Ou comment la foi où plutôt la quête d’un éventuel retour de celle-ci, vint à l’aide de trois rejetons de prédicateurs texans pour leur permettre de coucher sur bande la plus apocalyptique des prédictions et rétrospectivement, l’un des disques les plus fascinants du siècle en cours. Continuer la lecture de « Lift To Experience, The Texas Jerusalem Crossroads (Mute/PIAS) »

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , ,

Molly Burch : “J’ai eu l’impression d’expérimenter en me lançant dans la pop”

Molly Burch
Molly Burch / Photo : Jackie Lee Young

Qui aurait cru qu’aussi tôt dans sa carrière, Molly Burch allait sortir un album où les synthés et les rythmes électroniques bouleverseraient un univers dont elle posait encore les fondations ? Avec le single Emotion composé avec Wild Nothing, on sentait pointer une envie de changement de cap. Romantic Image nous le confirme avec onze titres flirtant avec l’indie et la pop grand public. Impossible de ne pas reconnaître certaines marottes de Molly Burch, Ariana Grande en tête. Sa reprise de Needy aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Romantic Image, s’il paraît plus léger en surface, n’est en aucun cas un album superficiel surfant sur quelque vague que ce soit. La personnalité de Molly Burch y est toujours présente ainsi que son talent incontestable de songwriter. S’il est sans aucun doute un album de transition, il ne faut pas oublier que Romantic Image est également un album expérimental. Molly Burch est partie à la découverte d’un nouveau style en modifiant radicalement ses techniques de travail et son approche vocale. Continuer la lecture de « Molly Burch : “J’ai eu l’impression d’expérimenter en me lançant dans la pop” »

à la une

Catégories affichage libreÉtiquettes , , , , , , ,

La discrète – Migala, Yves Bonnefoy, Mia Hansen-Løve

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

"Bergman Island" de Mia Hansen-Løve
“Bergman Island” de Mia Hansen-Løve

Les sorties de disques, l’été, c’est un peu la traversée du désert des Agriates. Avec l’agrément d’une panne d’essence. Un rien qui nous mène à l’insolation et ses nuées de mirages. Et que voit-on? Des disques aimés dont on a peu ou pas causé. Été oblige, présence de Christophe Basterra dans ces colonnes virtuelles, tout m’a mené à Así Duele Un Verano de Migala. Continuer la lecture de « La discrète – Migala, Yves Bonnefoy, Mia Hansen-Løve »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , , ,

Selectorama : Marie Mathématique

Marie Mathématique
Marie Mathématique

Il y a déjà deux ans, dans un dossier que Section26 avait consacré à la scène musicale toulousaine, nous avions chanté les louanges de Marie Mathématique, groupe garage-pop-psyché mené par les époux Emmanuelle et Nicolas (aka Jimmy Jazz) Mazel, ainsi que de leur label Lunadelia Records. On se réjouit de constater qu’en dépit des incertitudes de la pandémie, ce groupe très recommandable n’ait pas lâché l’affaire, puisque Marie Mathématique vient tout juste de faire paraître son nouveau single Holopherne, sur la compilation Spasmes du hasard, qui célèbre l’anniversaire du label SDZ Records, à qui nous avions également consacré un papier. Le groupe nous souffle également dans l’oreillette qu’un album est en préparation. On ne boude donc pas notre plaisir de découvrir les titres sélectionnés et commentés par Emmanuelle et Nicolas.

Continuer la lecture de « Selectorama : Marie Mathématique »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , ,

Michèle Bokanowski, Rhapsodia/Battements solaires (Recollection GRM/Editions Mego)

Depuis maintenant une petite dizaine d’années, l’impeccable série Recollection GRM du label Mego permet de rendre accessible les archives impressionnantes du Groupe de Recherches Musicales. Fondé par Pierre Schaeffer en 1958, ce centre de recherche a contribué de façon majeure au développement des musiques électro-acoustiques (via notamment l’invention/théorisation de la musique concrète, ou de la musique dite acousmatique), et en accueillant en son sein des figures aussi importantes que celles de Pierre Henry, Éliane Radigue, Luc Ferrari, Bernard Parmegiani ou encore François Bayle, par exemple. Avec la parution récente de ces deux pièces de Michèle Bokanowski, Rhapsodia et Battements solaires, c’est ainsi l’occasion de découvrir ou redécouvrir le travail d’une figure plus contemporaine du groupe, aux côtés de celles des « grands » pionniers et « grandes » pionnières évoqués à l’instant.
Continuer la lecture de « Michèle Bokanowski, Rhapsodia/Battements solaires (Recollection GRM/Editions Mego) »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , , , ,

Lhasa de Sela, Lhasa (Tôt ou Tard / Audiogram, 2009)

Lhasa de Sela
Lhasa de Sela / Photo : Ryan Morey

C’est une histoire qui pourrait sembler triste mais qui ne l’est pas.
Pas que.
C’est une histoire.
On y rencontre Bratsch et Tindersticks, on y rencontre pas mal d’amitié.s.
À ses bornes, on peut trouver deux vidéos, et c’est ainsi qu’elle peut être racontée, mais elle commence avant, on ne sait pas trop quand, et elle finit après, loin, on ne sait pas, on ne sait pas si elle finit.
On se contentera de ces bornes approximatives qui peuvent dire deux états des mondes, deux moments, ou ne rien dire de cela – les états des mondes, les états du monde – et dire tout autre chose – le monde n’est pas dans un état, tel ou tel, il est, il semble être, c’est bien suffisant. On a le droit d’y être triste, mais ce serait dommage de s’en tenir là.
Commençons par la fin. Continuer la lecture de « Lhasa de Sela, Lhasa (Tôt ou Tard / Audiogram, 2009) »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Fontaine Wallace, Le Projet (Microcultures)

« Puis j’ai retrouvé Sophie, c’était vraiment bien »

De mon temps, Superflu représentait cette petite chose fragile dont il était aisé de moquer la littérature frontale d’étudiant, disons, pour aller vite, le spleen des jeunes gens français des années 90. Leur musique d’arpèges un peu tristes (le sentiment, pas la qualité) laissaient de glace surtout que l’école Lithium d’à côté – Superflu était signé sur le Village Vert – y allait fort question noirceur et engagement. Il y avait de la retenue alors qu’on se rêvait un peu plus bravache, il y avait du sentiment, alors qu’on se rêvait armé. Pourtant, quand je me suis retrouvé, j’avoue un peu par hasard, au concert du groupe de Nicolas Falez, j’en suis ressorti tout retourné, et même, un peu plus humble. Continuer la lecture de « Fontaine Wallace, Le Projet (Microcultures) »

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , , , ,

Daniel Wylie (Cosmic Rough Riders) : “J’ai l’impression que j’ai toujours su écrire des chansons.”

Daniel Wylie
Daniel Wylie

Il y a tous ceux qui commencent tôt et s’épuisent vite. On pourrait aussi recenser quelques exemples – plus rares, il est vrai – de débutants tardifs, qui conquièrent moins précocement une forme de reconnaissance associée à la maturité. Leonard Cohen bien sûr. Guy Chadwick aussi. Et puis, il y a Daniel Wylie. Classé hors-catégorie depuis presque trente ans, ce songwriter écossais ultra-doué n’est jamais vraiment rentré dans les cases de ces parcours balisés. Ces quelques mois de gloire, il les a connus à quarante ans, alors que le groupe dont il était le pilote principal et presque unique, Cosmic Rough Riders, signait sur l’éphémère label Poptones, lubie fin de siècle d’un Alan McGee sorti rincé de l’aventure Creation. Un hit – Revolution In The Summertime – et même un passage à Top Of The Pops à l’âge presque canonique où les superstars adolescentes sont déjà en préretraite. Un petit tour devant les projecteurs et puis c’est tout. Pour ce qui est de la notoriété, les plats ne sont passés qu’une seule fois. Pour ce qui est des chansons, il en va tout autrement. Depuis 2006, Wylie a construit à un rythme soutenu – un albums tous les deux ans environ – une œuvre d’une qualité exceptionnelle, où les références à ses idoles américaines de toujours (Neil Young, R.E.M. pour les plus évidentes) n’excluent jamais la recherche de tonalités plus personnelles. Figure discrète mais centrale de la scène musicale de Glasgow, il vient de publier Atoms And Energy et raconte quelques-uns des jalons d’une trajectoire musicale atypique et essentielle. Continuer la lecture de « Daniel Wylie (Cosmic Rough Riders) : “J’ai l’impression que j’ai toujours su écrire des chansons.” »

à la une

Catégories affichage libreÉtiquettes , , , , ,

Pandore – Lamia Ziadé, Female Species, Paul Verhoeven

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Female Species
Female Species

J’ai toujours été fasciné par cette scène d’explosion dans le Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni. La violence et son aspect soudain, le montage méticuleux d’Antonioni pour livrer chaque détail, chaque minuscule élément embarqués dans les flammes et ce final terrible. Je ne sais pas si Lamia Ziadé a pensé à ce film en apprenant la nouvelle de la dévastation du port de Beyrouth. Continuer la lecture de « Pandore – Lamia Ziadé, Female Species, Paul Verhoeven »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , ,

Selectorama : Louis Forster, The Goon Sax

The Goon Sax
The Goon Sax

Il n’y a pas de loup sous le tapis, ni dans la bergerie. Ce genre de choses n’existe pas.
Si les formidables Goon Sax ont su nous étourdir dès leur premier album par les qualités de ce qu’on appelle faute de mieux “la pop” – paroles et musique –, le deuxième posait une question : y avait-il formule ? Les chansons étaient toujours formidables, mais des pointes d’arrangements délicieux de cordes soulignaient en creux la persistance de l’axe rustique-et-claudication. De quoi se demander avant l’écoute circonspecte de ce troisième album tout nouveau – nouveau label, nouveau producteur (John Parish), nouvelles vies et side-projects – si ça partirait enfin et dans la joie dans tous les sens, ou si on assisterait au nouvel épisode de la carrière d’un groupe toujours formidable, donc, mais un rien confortable.
Bonne nouvelle : ça part encore plus loin que dans tous les sens, les textes sont encore plus incroyables (quand ils ne sont pas en allemand), les mélodies s’étalonnent selon deux axes Kate Bush/Syd Barrett, entre le champêtre et l’urbain, le synthétique et le rustique, il y en a partout et pourtant tout est épuré : The Goon Sax a simplement beaucoup d’idées.
Et, à l’image de Mirror II, dont la pochette n’est pas sans évoquer une idée de Roxy Music, Louis Forster révèle dans son Selectorama à découvrir ci-après un éclectisme salvateur, capable de débusquer ce qui est chanson dans chaque recoin de musique. Continuer la lecture de « Selectorama : Louis Forster, The Goon Sax »

à la une

Catégories avant-premièreÉtiquettes , , , , ,

Le nouvel album de Jaromil Sabor, “Mount Vision” (Howlin’ Banana Records / Permanent Freak / Safe In The Rain) en écoute exclu

Jaromil Sabor
Jaromil Sabor

En bon artisan pop, Jaromil Sabor définit depuis maintenant dix ans les contours d’une musique qui embrasse autant folk, pop baroque, indie rock, jangle pop, garage rock que twee pop. Il s’exprime dans tous les dialectes de la langue qu’il chérit, et façonne le résultat jusqu’au moindre arrangement et à la production. Mount Vision est tout cela, de belles chansons pop finement ciselées, où ses instruments s’invitent tour à tour : claviers, cordes, cuivres, percussions… Trois ans de pause n’auront pas été de trop pour finaliser ce nouvel album qui sortira ce vendredi 9 juillet chez Howlin’Banana, Permanent Freak et Safe In The Rain Records, avec une petite surprise en cerise sur le gâteau : une version vinyle illustrée par Inaniel Swims accompagnée d’un tarot divinatoire spécialement créé pour l’occasion.

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

N0V3L, Non-Fiction (Meat Machine)

N0V3L, Non-Fiction (Meat Machine)Après NOVEL, EP de 8 morceaux, paru en 2019 chez Flemish Eye/Meat Machine, Le groupe/collectif canadien N0V3L publie enfin son véritable premier album, Non-Fiction (Meat Machine). Le groupe, issu de la riche scène de la Colombie Britannique / Vancouver partage plusieurs membres (Bryce Cloghesy, Jon Varley et Noah Varley) avec Crack Cloud. Si les deux formations embrassaient, à leurs débuts, cette même appétence pour un post-punk désarticulé, leurs destins semblent s’être éloignés avec la sortie de leurs albums respectifs. Pain Olympics était une tentative, pas toujours réussie, de s’écarter de cette matière première, tandis que Non-Fiction en revendique la filiation à travers tout son être. Continuer la lecture de « N0V3L, Non-Fiction (Meat Machine) »

à la une

Catégories sériesÉtiquettes , , ,

New Order (A Life), #6

Ou comment la musique de New Order infuse dans nos vies.

Andy Wahrol, Lips (1975)
Andy Wahrol, Lips (1975), courtesy of Danziger Gallery

L’histoire se referme. 1987, 1988 et une renaissance contrariée : celle de New Order, sous le soleil d’Ibiza, lors de l’enregistrement de Technique. Décalage horaire permanent et paradis artificiels. Vanishing Point. C’est l’ombre de Nico, qui apparaît au détour d’une route escarpée, quelques semaines avant son décès accidentel. C’est le temps des fractures, de toutes les tensions intestines qui auront provisoirement la peau du groupe et de son unité, à jamais bancale désormais. C’est la fin d’une décennie pendant laquelle la légende et l’œuvre de New Order se seront construites sur les cendres de Joy Division, à l’aide des guitares autant que des machines, accompagnées d’une bonne dose d’inconscience et d’impréparation. Continuer la lecture de « New Order (A Life), #6 »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , ,

Willie Dunn, Creation Never Sleeps, Creation Never Dies – The Willie Dunn Anthology (Light In The Attic)

Willie DunnLes convictions politiques les plus profondément ancrées ont ceci de commun avec les sentiments amoureux qu’elles se partagent difficilement en chanson. Les certitudes, si intenses soient-elles, ne se transposent pas aisément lorsque l’esthétisation risque de les affadir. En matière de folk ou de protest-songs, la sincérité ne fait pas tout. Pour survivre au contexte, il faut quelque chose de plus. Un surcroît incarné, presque une possession. Défenseur militant de la cause amérindienne dont il fit la matière principale d’une œuvre aussi confidentielle que magistrale, Willie Dunn s’est presque entièrement confondu, tout au long de son existence, avec ses chansons. L’une des multiples anecdotes éclairantes relatée dans le livret qui accompagne cette première rétrospective amplement méritée – 22 titres choisis parmi les quatre albums enregistrés entre 1971 et 1984 – en témoigne : alors que, quelques mois avant sa mort en 2013, on le sollicitait pour réinterpréter l’une de ses meilleures compositions – Charlie, une dénonciation des mauvais traitements infligés aux descendants de son peuple par le système quasi-carcéral des pensionnats canadiens et racontant la fugue puis le décès d’un jeune homme de douze ans – il préféra décliner l’invitation promotionnelle sous le plus simple des prétextes : ” C’est vraiment trop triste.” Continuer la lecture de « Willie Dunn, Creation Never Sleeps, Creation Never Dies – The Willie Dunn Anthology (Light In The Attic) »

à la une

Catégories billet d’humeurÉtiquettes , ,

Vinyle, l’amour vache

La musique, telle que nous l’aimons, vit une drôle d’époque. Deux nouvelles, guère réjouissantes, annoncent des mois compliqués pour les disques vinyles et ceux qui les défendent (disquaires, labels, distributeurs, etc). Tout d’abord, cette augmentation de prix vertigineuse de certaines références, notamment en major. La hausse actuelle générale a une origine légitime : avec le COVID, les sources d’approvisionnement en matière première n’ont pas produit à la hauteur de la demande actuelle, entraînant de fait une légère revalorisation des prix. Vous vous doutez cependant que l’impact de la matière plastique sur le prix final est un peu anecdotique, vraisemblablement de l’ordre de un ou deux euros sur le prix final chez votre crèmerie favorite, si les labels jouent le jeu. Le communiqué du GREDIN (le syndicat des disquaires indépendants) du 22 juin dernier alerte cependant sur une stratégie mise en place par certaines maisons de disques, utilisant le prétexte de la hausse des matières premières (vrai phénomène) pour revoir complètement les grilles de tarifs. Continuer la lecture de « Vinyle, l’amour vache »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , , ,

Helvetia, Essential Aliens (Joyful Noise Recordings)

Helvetia

C’est suite à la dissolution de Duster, trio devenu emblématique du mouvement slowcore – Stratosphère, paru en 1998, en est un incontournable –, que Jason Albertini, son batteur, donne naissance à son projet personnel, Helvetia. Nous sommes en 2001, à Seattle, et le jeune homme va permettre, sans doute bien plus qu’il ne l’imagine alors, à l’esprit Duster de perdurer. La compilation Gladness (2001-2006), fenêtre ouverte sur ses premières expérimentations en solitaire, regorge de ces diamants bruts, lourds de mélancolie, que Duster avait déjà colportés durant les trois années de sa courte existence. Un témoignage du talent de celui qui, à l’évidence, insufflait bien plus que le rythme dans cette formation. Continuer la lecture de « Helvetia, Essential Aliens (Joyful Noise Recordings) »

à la une

Catégories interview, sunday archiveÉtiquettes , , ,

Low qui dort

Low
Low

Quelques jours à peine après la révélation du nouveau single du groupe, Days Like This, en prélude à leur nouvel album HEY WHAT dont la sortie est annoncée pour le 19 septembre sur Sub Pop avec toujours BJ Burton à la production comme sur l’immense Double Negative (2018), nous avons eu envie de revenir sur le parcours de ce groupe fascinant avec une interview donnée en 2004. Ceux que l’on qualifiait de slowcore venaient de sortir un album charnière, The Great Destroyer.


Mais quelle mouche a donc piqué Low ? Le groupe qui célèbre cette année ces 10 ans de carrière et que l’on croyait définitivement atteint par la maladie du sommeil s’éveille au son des guitares déchaînées du bien nommé The Great Destroyer. Explications et éclaircissements rétrospectifs en compagnie des deux éléments masculins du trio de Duluth, amputés de leur batteuse restée pouponner au pays. Un seul être vous manque…
Continuer la lecture de « Low qui dort »

à la une

Catégories playlistÉtiquettes , ,

LA PLAYLIST DES NOUVEAUTES DE JUILLET 2021

Somptueux brassage de nouveautés en ce début d’été dans cette playlist de juillet, entre joliesses pop (Late Runner, Aldous Harding, Mega Bog, Aquaserge, The Umbrellas), pureté groovy (Mackenzie Leighton, Brainstory), accélérations indie (Wet Leg) ou post punk (Pigeon) et une fin toute en noise avec le nouveau Low. On vous gâte.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer ou Spotify et petite nouveauté, en version mixée sur Mixcloud. Et aussi, sur agnès b. radio.
NDLR : Les playlists Deezer et Spotify ne comportent pas l’intégralité des titres de cette sélection.

Continuer la lecture de « LA PLAYLIST DES NOUVEAUTES DE JUILLET 2021 »

à la une

Catégories affichage libreÉtiquettes , , , , , , ,

Les Visages – Alba Rohrwacher, Modest Mouse, Catherine Millot

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Alba Rohrwacher dans "Sous le ciel d’Alice" de Chloé Mazlo
Alba Rohrwacher dans “Sous le ciel d’Alice” de Chloé Mazlo

Je reviens sur des terres connues et je croise des visages familiers. Ou presque. Ce que dit un visage qui a changé… C’est à chaque fois troublant de voir, des années après, ces détails de blanc, ces confusions de ridules placées, ici ou là. Le temps a le sens des détails, les corps changent et nos conversations aussi. Il demeure pourtant des êtres inchangés ou si peu. C’est fragile et beau, cette intemporalité. Continuer la lecture de « Les Visages – Alba Rohrwacher, Modest Mouse, Catherine Millot »

à la une

Catégories coverÉtiquettes , , ,

Melenas reprend “Eisbär” de Grauzone en espagnol

Melenas
Melenas

Cette chanson, racontent-elles, elles avaient l’habitude de danser dessus dans les clubs où elles sortaient plus jeunes – comme si elles étaient âgées ! –, à Pampelune, la capitale navarraise. Cette chanson, continuent-elles, fait l’unanimité au sein du groupe, ce groupe qu’on a découvert un dimanche d’automne 2017, étourdis par les accords à cœur et les guitares tourbillonnantes de Una Voz, pierre angulaire d’un premier album qui laissait voir la vie en rose. Depuis les quatre amies ont réalisé une suite épatante publiée au printemps 2020, dont le titre s’est avéré trop visionnaire — Días Raros, “Jours étranges” en VF.

Continuer la lecture de « Melenas reprend “Eisbär” de Grauzone en espagnol »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , ,

Selectorama : LoneLady

LoneLady
LoneLady

Julie Campbell, amoureuse des espaces industriels désolés dont elle tire magie et sens, vient de sortir – après deux albums et cinq ep – un album au groove sec et élégant, Former Things (Warp Records), qui ne pourra que plaire aux fans de Cabaret Voltaire. Pour écrire et enregistrer l’album, en solo, elle a quitté Manchester, s’est installée en résidence à Londres aux Somerset House studios, un stand de tir de la Marine datant du XVIIIe siècle, et s’est immergée dans la musique et ses souvenirs d’enfance tout en projetant sur les murs des clips de Cabaret Voltaire (justement) et des films d’Ingmar Bergman“Le résultat d’un grand mélange de sang, sueur et larmes qui me rend heureuse d’enfin pouvoir le partager”, dit-elle. Et c’est un album à la fois brillant, obsédant et dansant – un vrai album de mancunienne. Julie a tourné avec Wire, fait la première partie de New Order et Gang Of Four… des groupes que l’on retrouve dans le selectorama qu’elle a volontiers accepté de faire alors qu’elle est très occupée. On ne pourra que la remercier chaleureusement, tout comme pour le clin d’œil à Section 25. Continuer la lecture de « Selectorama : LoneLady »

à la une

Catégories sous surveillanceÉtiquettes , ,

Sous Surveillance : Benjamin Belinska

Benjamin Belinska
Benjamin Belinska

Qui ?

Un quasi-inconnu, sans doute. Un débutant, pas tout à fait. Si ses premiers souvenirs musicaux remontent à l’enfance, du côté de Stoke-On-Trent – la guitare acoustique un peu cassée de sa grand-mère qu’il posait sur ses genoux pour en jouer comme d’un dulcimer – c’est à partir de quinze ans qu’il a commencé à écrire ses propres morceaux. Un peu plus tard, l’ego en retrait, il s’est aussi brièvement essayé à la library music et il a également composé pour des jeux vidéo et des documentaires. Au milieu des années 2010, sa rencontre parisienne avec Elodie Roy a donné naissance au duo Paris, Texas. Continuer la lecture de « Sous Surveillance : Benjamin Belinska »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , ,

Léa Jacta Est, Les films pour adultes (autoproduction)

« Séléné, tu es si renversante que je suis à jamais renversée d’avoir aperçu la peau de ton ventre »

C’est marrant, parfois il y a collision. Je lisais l’entretien d’Arnaud Viviant pour le webzine Benzine : l’ancien journaliste de Libération y propose le top de ses albums préférés. S’y trouve une chanteuse qui m’était inconnue : Alexandra Roos. Je découvre hébété, c’est tout l’intérêt inépuisable de ces tops en pagaille dont je raffole, cette chanson d’alt rock – comme on dirait dans les rédactions de magazines rock – et sa poésie lyrique et crue : Prends-moi, à prendre justement au sens littéral du terme. S’en dégage une atmosphère exempt d’humour ou de second degré. Continuer la lecture de « Léa Jacta Est, Les films pour adultes (autoproduction) »

à la une

Catégories borne d'écouteÉtiquettes , ,

La compile des 20 ans de SDZ Records

SDZ Records
Pour la petite histoire, la pochette a été peinte par Max Dembo Jr.

Vingt ans déjà que Nico (alias Max Dembo) régale les oreilles et inspire les plus jeunes. En 2001, il découvre les Vipères au Canada, lieu idéal où l’idée de monter un label germe et va finir par éclore grâce à Keith du regretté disquaire Scratch Records. Sans savoir où cela allait le mener, ni même combien de temps cela allait durer, Nico a toujours voulu mélanger concerts, fanzines et rire sur la musique, chose qui lui semblait presque impossible vingt ans en arrière. Il a donc retroussé ses manches et à décidé de contribuer de manière artisanale en sortant ces groupes qui lui remuent les tripes.

Continuer la lecture de « La compile des 20 ans de SDZ Records »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , ,

The Knack, Get The Knack (1979, Capitol)

1979 fut l’année de la powerpop aux États-Unis. En quelques mois, les amateurs purent se procurer le premier album éponyme de The Beat (avec un ex-Nerves), Present Tense de Shoes et Get The Knack des Knack (en référence à un classique du Swingin’London). Ces trois disques sont désormais devenus des classiques du genre. Comme la new wave, la powerpop fut en partie vendue comme une alternative présentable au punk rock. Cependant, le genre musical précède la scène du CBGB. Les formations de la British Invasion (Beatles, Who, Move, Small Faces) posent les bases du style dès le milieu des années soixante et une première génération de groupes (Badfinger, Big Star, Raspberries, Blue Ash) apparaît dans la première moitié des seventies.  Continuer la lecture de « The Knack, Get The Knack (1979, Capitol) »

à la une

Catégories borne d'écouteÉtiquettes , , , ,

The Reed Conservation Society, Gold, Gun and God (Microcultures/Kuroneko)

The Reed Conservation Society
The Reed Conservation Society

Tout n’est pas parti à vau l’eau au cours de l’année écoulée, heureusement. Pour The Reed Conservation Society, une première boucle s’achève avec le troisième volet de ce triptyque introductif, initié il y a deux ans. Une autre semble déjà prête à s’amorcer, alors que Stéphane Auzenet et Mathieu Blanc bénéficient désormais des excellents offices vocaux de quelques collaboratrices – dont Claire Oneglia, désormais membre à part entière du groupe – qui apportent une coloration mixte et des harmonies encore plus nuancées aux sept nouveaux titres qui composent cet Ep3, une démarche parfaitement cohérente avec la propension déjà soulignée du groupe à s’inspirer de figures féminines dans ses paroles et ses pochettes. Tous ensemble, ils prolongent leur mission commune, toujours fidèles à la cause d’une pop délicate, mélancolique et subtilement rehaussée de cordes et de cuivres. En témoigne ce premier extrait, Gold, Gun And God, ballade onirique et sans ancrage fixe au beau milieu de paysages contrastés, où les accents musicaux empruntés au terroir américain côtoient sans anicroche le classicisme de l’Ancien Monde.

Continuer la lecture de « The Reed Conservation Society, Gold, Gun and God (Microcultures/Kuroneko) »