à la une

Catégories hommageÉtiquettes , , ,

Pharoah Sanders, élévation

Pharoah Sanders
Pharoah Sanders

Mort, inéluctable sort. Celle des artistes que l’on chérit, avec la perpétuelle envie de crier sur tous les toits et à qui veut bien l’entendre : ÉCOUTEZ-LES, ces artistes. Ne faites pas qu’en parler ou déposer une gerbe numérique de fleurs fanées car ce ne sont que des mots. Et ici l’on sait, d’ailleurs, que tous les mots disent la même chose. Continuer la lecture de « Pharoah Sanders, élévation »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , ,

Alex G, God Save The Animals (Domino)

Alex G God Save« Je travaille dur sur la musique, beaucoup moins sur ma personnalité » confiait Alex Giannascoli à Pitchfork dans l’une de ses dernières interviews. A presque 30 ans, le Philadelphien reste un garçon discret, peu enclin à mettre des mots sur sa musique ou à éclairer ses textes, ce dont se charge sa communauté qui, particulièrement assidue sur Youtube et Reddit, s’empresse de retranscrire et de disséquer les paroles de chaque inédit capturé sur scène. Comme Kurt Cobain qui, en 1993, déclarait sans scrupules que ses chansons n’avaient aucune signification, Giannascoli, interrogé sur le sens du titre de son dernier album, God Save the Animals, répond que non, il ne croit pas particulièrement en Dieu, n’aime pas les animaux plus que quiconque, mais a simplement éprouvé quelque-chose en combinant ces termes. Ce qui donne envie, pour une fois, de prendre son exemple et de se fier à l’impression spontanée plutôt qu’à l’interprétation, au ressenti comme seul guide d’écoute de cette nouvelle sortie.

Continuer la lecture de « Alex G, God Save The Animals (Domino) »

à la une

Catégories climatsÉtiquettes , , , , ,

Climats #28 : Windsor for the Derby, Russell Banks

Girl in Rold Forest / Photo : Dennis Lundby

Peut-on écouter New Order sous une douche froide ?
Ou Joy Division, c’est encore du Joy Division si on chante les paroles avec l’accent marseillais ? Continuer la lecture de « Climats #28 : Windsor for the Derby, Russell Banks »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , , ,

Selectorama : Dorian Pimpernel

Dorian Pimpernel
Dorian Pimpernel, aux temps où ils faisaient des « photos de groupe », à priori vers 2014.

Si le groupe n’avait fait que de rares apparitions ces dernières années – leur plus récent album, Allombon, sorti chez Born Bad Records, date de 2014 – ce retour sur la scène du Paris Popfest s’annonce comme un espoir pour ceux, donnt nous faisons partie, qui chérissent la pop érudite et précieuse de Dorian Pimpernel. Nous avions envie de découvrir quelques pierres blanches qui balisent leur chemin, où la beauté mélodique prime par-dessus tout. Ce sont Johan Girard et Jérémie Orsel qui ont répondu à ce Selectorama. Continuer la lecture de « Selectorama : Dorian Pimpernel »

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , , , , , ,

David Christian :  » Je ne voulais pas sortir un album punk rock »

David Christian
David Christian

Nous avons déjà clamé haut et fort notre amour pour For Those We Met On The Way, premier album solo de David Christian & The Pinecone Orchestra. La cinquantaine passée et échappé de Comet Gain, Christian a décidé d’assumer pleinement son ambition de singer-songwriter sur ce bijou de pop acoustique et harmonique. Ayant quitté Londres pour s’installer dans la campagne française, toutes les conditions étaient réunies pour enregistrer un album plus personnel que jamais à la mélancolie contagieuse. Nous vous mettons au défi de ne pas considérer Goodbye Teenage Blue ou When I Called Their Names They’d Faded Away comme des classiques instantanés sur lesquels le temps n’aura aucune prise. Après une date annulée à Paris il y a quelques mois, David Christian sera de passage ce soir, le jeudi 22 septembre dans le cadre du Paris Popfest. Profitez-en, il se fait rare en concert. C’est dans le cadre de sa prochaine venue que nous avons échangé sur ce premier album solo, sa nouvelle vie, ses futurs projets, sa collection de disques et ses premiers amours musicaux. Continuer la lecture de « David Christian :  » Je ne voulais pas sortir un album punk rock » »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , ,

The Beths, Expert In A Dying Field (Carpark)

Les années passent et les vraies rencontres avec la nouveauté se font implacablement rares. Un ultime dimanche de fin d’été qui coïncide avec un demi-siècle de vie : la juxtaposition était trop flagrante et elle aurait pu se dérouler, sans surprise, bercée par les réminiscences des enthousiasmes adolescents. The House Of Love et Suede ont refait surface quelques jours auparavant : de l’avis consensuel et plutôt légitime de ceux qui les ont toujours aimés, leurs albums sont même réussis. Suffisamment en tous cas pour qu’on s’autorise à entretenir en leur compagnie une nostalgie raisonnable et débarrassée de culpabilité. La tentation était donc forte de consacrer les premières heures de la cinquantaine au confort et à la rumination – deux valeurs qu’il ne s’agit nullement de dénigrer. Et puis The Beths s’en est étrangement mêlé. Il y a forcément une certaine incongruité à souffler symboliquement cinquante bougies en écoutant le nouvel album d’un groupe dont aucun des quatre membres n’était né alors qu’on s’extasiait pour les premières fois à l’écoute de Babe Rainbow, 1992 ou Dog Man Star, 1994 . Continuer la lecture de « The Beths, Expert In A Dying Field (Carpark) »

à la une

Catégories chronique anniversaire, mardi oldieÉtiquettes , , , ,

Moose, …XYZ (Hut Recordings, 1992)

Depuis quelque temps – quelques années pour être honnête -, je m’aperçois que je reviens souvent vers les disques qui m’ont accompagné pendant les années d’adolescence – la peur de vieillir ou l’envie d’essayer de renouer avec l’insouciance des soucis de ces années-là (les filles, le match de foot du dimanche, le prochain concert, le prochain disque, Rumble Fish en boucle, la relecture de Kafka et/ou Camus et/ou Kerouac – et bientôt McInerney ET Easton Ellis). Et finalement, des années de la RPM – pour résumer, 20 ans menés tambour battant -, je ne réécoute pas tant d’albums que cela – mais quand même pas mal de chansons. Continuer la lecture de « Moose, …XYZ (Hut Recordings, 1992) »

à la une

Catégories sunday archiveÉtiquettes , , , , , ,

Lawrence, Mozart (Estate) et la manière

Lawrence-de-Felt
Lawrence-de-Felt

Alors qu’il répète à l’envi qu’il préférerait “devenir clochard plutôt que de reformer ses anciens groupes”, cet homme nommé Lawrence s’est choisi un nouveau patronyme – adieu Go-Kart Mozart, bonjour Mozart Estate et est sur le point de réaliser un vinyle 25 cm, Relative Poverty, pour le Disquaire Day du 4 novembre prochain. Surtout, il est de retour à Paris, dans le cadre, comme il y a quatre ans, du Paris Popfest au Hasard Ludique. Et puisqu’il ne cesse de rééditer les albums de son groupe de légende (quatrième ou cinquième fournée, on ne compte plus), l’occasion était trop belle pour ne pas revenir sur l’émission de radio qu’il avait préparée, avec setlist manuscrite à l’appui, pour l’éphémère radio du label Domino. C’est il y a environ onze ans et ça avait donné ça… Continuer la lecture de « Lawrence, Mozart (Estate) et la manière »

à la une

Catégories climatsÉtiquettes , , , , ,

Climats #27 : Marina Allen, Rachel Cusk

Peut-on écouter Wouldn’t It Be Nice durant un petit matin grêleux de janvier ?
Et Faith des Cure sous une tempête de sable, c’est toujours du Cure ?
Climats met en avant les sorties disques et livres selon la météo. Continuer la lecture de « Climats #27 : Marina Allen, Rachel Cusk »

à la une

Catégories portraitÉtiquettes , ,

Les clips au milieu du Village

Retour sur ce fascinant laboratoire d’images via une rétrospective à L’Étrange Festival à Paris

Super Discount, "Le Patron Est Devenu Fou réalisé" en 1997 par Marie de Crécy pour Le Village
Super Discount, « Le Patron Est Devenu Fou réalisé » en 1997 par Marie de Crécy pour Le Village

Ce vendredi 16 septembre, L’Étrange Festival, dont c’est la 28ème édition, propose dans le cadre du Forum des Images à Paris, une grande soirée rétrospective autour de la société de production Le Village. De la fin 1989 à 2004, ce “laboratoire d’expérimentation visuelle appliqué à l’art marchand, non subventionné” selon son responsable Charles Petit (1) a été l’origine de programmes courts novateurs pour Canal+ comme L’Œil du cyclone ou des vidéoclips musicaux, parmi lesquels Le Patron Est Devenu Fou de Super Discount ou bien The Child d’Alex Gopher. C’est tout sauf un hasard si L’Étrange Festival rend hommage avec une soirée Le Village à Charles Petit, disparu en février 2022 : parmi les organisateurs du festival figurent Alain Burosse, ex-responsable des programmes courts de Canal+, son alter ego Pascale Faure, Frédéric Temps, réalisateur lié au Village, et Marc Bruckert, associé jusqu’au début des années 2000 de Charles Petit.
Continuer la lecture de « Les clips au milieu du Village »

à la une

Catégories sous surveillanceÉtiquettes , , ,

Sous Surveillance : Rare Spam

Rare Spam
Rare Spam

Qui ?

Shawn Morgan, multi instrumentiste ( guitare / voix / basse / machines), officie également dans Weather Control.

Ou ?

Montréal

Quoi ?

Une cassette nommée sobrement « EP » enregistrée en quelques semaines sur un Tascam 688.
Une volonté d’explorer un registre plutôt post-punk contrairement à ses précédentes productions :  » Toutes les chansons ont été enregistrées dans un effort pour construire un son cohérent tout au long de l’album, contrairement à avant lorsque je faisais de la musique qui pouvait dévier dans toutes sortes de directions différentes. »
Shawn pioche donc dans ce qu’il aime, des sons de guitares mélodiques et répétitifs, vapé d’effets sur certains titres, pas chauvin pour deux sous mais sous l’influence de l’axe Women, Crack Cloud, Friendo est présente.
La basse ronronne et va de pair avec une batterie calée au millimètre près.

Continuer la lecture de « Sous Surveillance : Rare Spam »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , ,

Selectorama : Kiwi Jr.

Kiwi Jr.
Kiwi Jr.

Kiwi Jr. fait partie de ces groupes pop insolemment favorisés par les dieux, qui semblent taillés pour n’écrire que des tubes. Le don mélodique assez impressionnant du groupe, la voix à la Stephen Malkmus du chanteur-guitariste Jeremy Gaudet, et ses textes tantôt grinçants, poétiques ou saugrenus – dans lesquels on retrouve toute une galerie de personnalités comme Judy Garland, Julie Andrews, les Kennedy, Marylin Monroe ou… Kobe Bryant !-, sont pour beaucoup dans le charme du quatuor de Toronto. Si leurs morceaux les plus énergiques peuvent rappeler les Strokes et les Parquet Courts des débuts, certains titres font également penser aux meilleures heures de la pop néo-zélandaises des années1980 labellisée Flying Nun. Quoi qu’il en soit, il plane sur la musique de Kiwi Jr. un vent salutaire de fraîcheur et de légèreté qui pourrait même mettre en joie le plus blasé des nihilistes. Et un groupe qui s’amuse à reprendre Tugboat de Galaxie 500 ou Gold Star for Robot Boy de Guided By Voices en live ne peut qu’avoir notre bénédiction. Continuer la lecture de « Selectorama : Kiwi Jr. »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , ,

The Garden, Horseshit On Route 66 (Vada Vada)

Le nouvel The Garden est un marché, à prendre ou à laisser. À chaque nouvelle écoute, c’est direct 15 points de QI en moins, mais en échange, vous accélérez grandement votre transformation en gobelin halluciné et insouciant qui flotte à 500 pieds au-dessus du monde. Cinquième album en quasi une décennie et les frères jumeaux Wyatt et Fletcher Shears le tiennent enfin leur magnum opus, le résumé du raffut qui les a amenés ici, la somme de toutes les peurs : Horseshit On Route 66, 24 minutes du punk le plus jubilatoire, le plus insensé et le plus catastrophique que vous n’ayez jamais entendu.

Continuer la lecture de « The Garden, Horseshit On Route 66 (Vada Vada) »
à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , , , , , , ,

Los Nikis, Marines A Pleno Sol (3 Cipreses, 1986)

Au milieu des années 80, la première vague de groupes indie-pop se fédère souvent autour de quelques formations emblématiques, parfois encore en activité. Des années soixante, les fantômes des Byrds et du Velvet Underground visitent les guitares Rickenbacker et les pédales fuzz de groupes comme les Smiths, R.E.M., Primal Scream,  The Jesus and Mary Chain, The Pastels ou Spacemen 3. Beaucoup piochent aussi dans le plus récent. La sensibilité pop des Buzzcocks et des Ramones irrigue ainsi les créations de nombreux groupes à travers l’Europe. Qu’ils viennent d’Ecosse (Soup Dragons, Shop Assistants), d’Angleterre (Talulah Gosh) ou de France (G.P.S., Les Calamités), nombreux sont les musiciens et musiciennes touchés par les mélodies entêtantes et sucrées de ces groupes de punk, plus bruyants que réellement méchants. Continuer la lecture de « Los Nikis, Marines A Pleno Sol (3 Cipreses, 1986) »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Youn Guv, GUV III & IV (Run For Cover Records)

Un double album hétéroclite. Vingt-quatre chansons qui flamboient dans tous les sens et une profusion de styles qui ne se laisse pas aisément replier sur une seule dimension. A défaut de prétendre avoir épuisé en quelques semaines d’écoutes l’ensemble des propositions et des pistes esquissées par le canadien Ben Cook sur ce diptyque passionnant, on se contentera donc de l’imiter un peu. Tourner autour de l’objet à dépeindre pour mieux observer, au passage, quelques-unes de ses facettes, renoncer à toute cohérence exhaustive, lâcher la signification globale au profit du plaisir partiel de l’instant : l’œuvre impose d’elle-même ses propres lois. Continuer la lecture de « Youn Guv, GUV III & IV (Run For Cover Records) »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , , , ,

Stranger Teens #41 / Guest : Calvin Keller (Sinaïve)

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Morrissey / Photo : Richard Bellia

Longtemps je me suis levé de bonne heure. Bien sûr je me souviens de ma naissance musicale, quelque part entre 2000 et 2002 à une époque de ma vie sans besoin particulier (ma naissance clinique quant à elle ne remonte qu’en 1995) si ce n’est d’être le meilleur footballeur de ce village paumé du sud de la Moselle où j’ai grandi. Avec le capital culturel ma foi conséquent de mes parents (à défaut d’y vivre, dans une capitale culturelle), je suis l’enfant d’une génération MitterrandInrocksLibé ayant accès à des disques, des livres & des VHS dont cette étrange chose appelée The Smiths : The Complete Picture. Continuer la lecture de « Stranger Teens #41 / Guest : Calvin Keller (Sinaïve) »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , ,

Stranger Teens #40 / Guest : Time Is Away

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.



Dans mes souvenirs, c’est à 11 ans que j’ai ressenti le grand frisson. J’avais été invité à la fête d’anniversaire d’un camarade de classe, qui se tenait au parc d’attractions Chessington World of Adventures. Je ne saurais plus dire de qui c’était l’anniversaire exactement. A cet âge, la Pop Music avait déjà commencé à m’obséder. J’avais mon Walkman avec moi, et j’écoutais une compilation que ma sœur aînée m’avait enregistrée. Je me souviens qu’il y avait notamment dessus des titres comme Harold And Joe de The Cure ou Northern Sky de Nick Drake. Mais pour moi le morceau clé sur cette cassette, c’était Sound And Vision de David Bowie. Je l’écoutais en faisant la queue pour un grand huit appelé Le Vampire. En attendant mon tour pour dévaler ce grand huit, je me rappelle avoir eu une révélation. Aussi excitant qu’ait pu être ce fameux Vampire, le sentiment d’être plongé dans la musique visionnaire de Bowie m’excitait plus que tout. Continuer la lecture de « Stranger Teens #40 / Guest : Time Is Away »

à la une

Catégories climatsÉtiquettes , , , , , , , ,

Climats #26 : Built To Spill, Hélène Ling et Inès Sol Salas

Photo : VDPJ

This could be the saddest dusk ever seen
You turn to a miracle high-alive
Michael Stipe

Peut-on écouter Vauxhall and I de Morrissey sous le franc soleil de juillet ? Et un Antônio Carlos Jobim empêtré dans un crachin de février, c’est toujours du Antônio Carlos Jobim ? Climats met en avant les sorties disques et livres selon la météo. Continuer la lecture de « Climats #26 : Built To Spill, Hélène Ling et Inès Sol Salas »

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , , ,

Martin Dupont, revenants de la Cold Wave

Martin Dupont
Martin Dupont

Le choc. Il existe donc en France un groupe qui a ouvert pour The Lotus Eaters et Siouxsie and the Banshees, qui a publié des disques à l’esthétique parfaite d’un niveau insoupçonnable… Et nous le savions pas. Les Martin Dupont, car c’est bien d’eux dont il est question aujourd’hui, ont posé quelques jalons de 1984 à 1987 et n’ont pas sombré dans l’oubli. En effet, écouter Love on my Side une fois, c’est tomber dans le piège tendu par les claviers d’Alain Seghir. Et c’est ainsi pour quasiment toutes les chansons de ce groupe de Marseille qui a le mérite de glacer le sang de la Canebière. Car au final, quel est le meilleur remède contre le réchauffement climatique ? Les refrains d’outre-tombe de ce groupe au nom totalement improbable.
La musique de Seghir n’a jamais sombré dans l’oubli grâce à ses fans, à Agnès B et au label Minimal Wave qui travaille la discographie du groupe. Elle va même revenir sur scène en 2023 et voir de nouveaux morceaux arriver grâce à un album. Un nouveau choc en approche. Continuer la lecture de « Martin Dupont, revenants de la Cold Wave »

à la une

Catégories Chronique en léger différéÉtiquettes ,

The Lil’Hospital, Welcome to My (Strange) Jangle (autoproduit)

Kevin Alvir, le garçon plein de talent qui se cache derrière The Lil’Hospital, n’est pas vraiment un perdreau de l’année. Le premier album du groupe remonte déjà à 2001, c’est à dire presque au temps des dinosaures. Il était d’ailleurs sorti le 11 septembre 2001, alors qu’Alvir était encore ado. Quelques années après ses premiers faits d’armes, le New-Yorkais avait monté The Knight School, très recommandable groupe de pop DIY un peu plus bruitiste, qui avait malheureusement splitté après plusieurs très chouettes albums injustement passés sous les radars. Il est d’ailleurs bien triste de ne plus pouvoir écouter en ligne The Poor and Needy Need to Party ou Revenger, sur lesquels se trouvent pas mal de très bons titres. Continuer la lecture de « The Lil’Hospital, Welcome to My (Strange) Jangle (autoproduit) »

à la une

Catégories borne d'écouteÉtiquettes , , , ,

Minuit sonne bien avec The Drin

The Drin
The Drin

The Drin est le projet parallèle de Dylan Mc Cartney, qui officie également dans The Serfs à Cincinnati, Ohio. Après un premier album Engines Sings For The Pale Moon, et quelques cassettes sur le label local Future Shock, il revient avec Down River The Distance, à paraître le 21 Septembre, toujours chez Future Shock pour les US et Mangel Records pour l’Europe. Pour ce deuxième album, la méthode reste la même : la prédominance d’une basse froide, la voix de Dylan étirée et éthérée, l’utilisation d’instruments et de machines de seconde main rendent l’environnement sombre et plein de grain. Dylan l’a enregistré quasiment en solo, dans un grenier face à un cimetière aidé sur quelques pistes et pour la pochette par son compère Dakota qui joue avec lui dans Crime of Passing et les Serfs. On espère voir ce groupe sur le vieux continent dans pas trop longtemps.


à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Oneida, Success (Joyful Noise Recordings)

oneidaDepuis plus de vingt ans, Oneida fait partie des groupes les plus actifs de la scène indie new-yorkaise. Aujourd’hui, après quatorze albums d’expérimentations diverses et variées, la bande de Kid Millions fait le choix de se recentrer sur des formats plus courts et un registre plus direct qu’il lie aussi clairement (cf. le nom de l’album) à la recherche d’un nouveau public. Dès le premier titre, l’excellent Beat Me to the Punch, il est évident qu’Oneida a changé d’univers. Le mélange souvent habile et éclairé d’héritage psychédélique, de culture électro et de recherches élitistes a ainsi laissé la place à un rock noisy et typiquement velvetien qui se laisse submerger par un formidable déferlement de larsens, déchirants et assourdissants, sur plus de deux minutes. Le résultat est saisissant. Continuer la lecture de « Oneida, Success (Joyful Noise Recordings) »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , ,

Charlotte Gainsbourg, Charlotte For Ever (Philips)

 

Colette, ma mère, ses parents, mes grands parents, étaient instituteurs. Elle est devenue institutrice, plus parce qu’elle nageait, depuis toute petite, dans ce bain socio-culturel que par véritable vocation. Elle ne détestait pas son métier, loin de là, mais ça n’était pas une folle passion. On n’en a pas fait un plat. Charlotte Gainsbourg est devenue chanteuse, on a l’impression, un peu comme ça. Héritant de la voix fluette et aux limites de la justesse de sa mère et de l’instinct redoutable de son père quand il s’agissait d’aborder l’art mineur de la chanson, elle est entrée sans forcer dans le métier d’abord par cette chanson scandaleuse mais sans doute incomprise (à l’époque, maintenant tout semble plus clair) Lemon Incest, en duo avec Serge sur son album Love On The Beat (1984). Deux ans plus tard, elle revenait avec ce disque Charlotte For Ever (1986), écrit et composé par son père en même temps que ce dernier l’immortalisait sur pellicule dans un film du même nom. Continuer la lecture de « Charlotte Gainsbourg, Charlotte For Ever (Philips) »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , ,

Stranger Teens #39 / Guest : Joseph Stevens (Peel Dream Magazine)

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Mon morceau est Smells Like Teen Spirit par vous savez qui. Mon frère avait le CD de Nevermind, et avait l’habitude de l’écouter, ainsi que d’innombrables autres classiques des nineties derrière la porte close de sa chambre, quand j’étais un kid. J’ai appris à comprendre et à composer mes premières pop songs en chantant seul sur ses disques, devinant comment les changements intervenaient dans le morceau, et où les refrains et couplets allaient se placer. Dans ma petite bulle pré-internet, j’ai grandi dans une banlieue où Nirvana était l’alpha et l’oméga de la culture, de la musique et du cool. Je le voyais à la fois comme un échappatoire et un moyen de rentrer dans le genre, si ça fait sens. Continuer la lecture de « Stranger Teens #39 / Guest : Joseph Stevens (Peel Dream Magazine) »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , , ,

Stranger Teens #38 / Guest : Bobby Would

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Les gars, vous m’avez fait fouiller dans tellement de trucs pourris des années 90 et 2000, juste pour trouver une alternative à ce morceau. Malgré tout, le principal souvenir, qui m’a sauvé, changé, appelez-le comme vous voulez reste ce titre. Pour mon 17ème anniversaire lors de Halloween en 2003, juste après avoir terminé une année de travail dans un hôpital et déménagé à Munich, mes amis d’alors, T, M & B – chacun au moins dix ans de plus que moi -m’ont offert un cadeau très spécial. Un morceau de beurre, avec à la place des bougies, quatre trips Hofmann LSD-25. Ils venaient de découvrir l’acid quelques semaines auparavant, et alors que je ne pensais pas être prêt à cette expérience, soudain, je le fus. Un cadeau d’anniversaire dont je me souviens jusqu’à aujourd’hui.

Continuer la lecture de « Stranger Teens #38 / Guest : Bobby Would »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , ,

Stranger Teens #37 : « Colori » par Luca Carboni

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

En 1998, j’avais dix ans, je n’étais alors pas encore un adolescent, même si pour moi l’enfance s’achevait au moment où l’âge atteignait les deux chiffres ; en 1998, je n’étais donc plus un enfant. Fin de juillet à Turin, je troquai l’écrasant soleil matinal contre l’air conditionné d’une grande surface ; c’était hier, nous étions à des siècles-lumières du streaming : pour écouter un disque, il n’y avait pas trente-six mille solutions, il fallait l’avoir. On pouvait cela dit le goûter au casque : rayon « musique » de la surface, à deux pas d’une dégustation de Limoncello, je pressai le bouton play de Carovana (Caravane) et c’était parti.

NDLR : Alors que nous avions bien entamé les participations d’invités à cette série, nous revenons aujourd’hui exceptionnellement à l’un de nos contributeurs, échappé tout l’été dans son Italie natale.

Continuer la lecture de « Stranger Teens #37 : « Colori » par Luca Carboni »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , , ,

Stranger Teens #36 / Guest : Glenn Donaldson (The Reds, Pinks And Purples)

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Au début de mon adolescence, une fille merveilleuse m’a fait un don. Elle m’a offert The Smiths. Bien sûr, j’étais éperdument amoureux d’elle, mais j’étais un garçon maladroit et empâté, et elle aimait les garçons plus âgés. Elle était brillante et drôle et je chéris encore le temps que nous avons passé ensemble. J’ai longtemps recherché cette même relation avec d’autres partenaires. Un jour, alors que nous trainions après l’école assis sur le sol de sa chambre dans sa maison typiquement banlieusarde elle me dit : « As-tu déjà écouté ce groupe ? Le chanteur est vraiment timbré. » Continuer la lecture de « Stranger Teens #36 / Guest : Glenn Donaldson (The Reds, Pinks And Purples) »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Abronia, Map Of Dawn (Feeding Tube)

Basé à Portland, en Oregon, Abronia est un groupe de rock psychédélique aux accents néo-hippie qui, par ses sonorités amples, ses orientations rétro-futuristes et son goût du métissage, n’est pas sans évoquer le Black Mountain des débuts. Auteur d’un premier album (The Whole of Each Eye) plutôt réussi en 2019, le sextet franchit à présent un palier supplémentaire avec ce remarquable Map of Dawn, véritable pépite de rock psychédélique gentiment allumé et, parfois, un brin grandiloquent. Continuer la lecture de « Abronia, Map Of Dawn (Feeding Tube) »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , , ,

Stranger Teens #35 / Guest : Rubin Steiner

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

C’était le collège, deuxième moitié des années 80. La musique était importante en ce temps-là, on se déterminait avec elle. On se refilait des cassettes et on écrivait des mots bizarres au marqueur sur nos sacs U.S. – j’ai découvert grâce à ça pas mal de noms de groupes de hard-rock ou de funk dans les queues le matin, selon la personne qui était devant moi dans la file et son envie d’affirmer ses penchants. Personne ne se jugeait vu que c’était obligé d’être fan de musique. Et c’était toujours cool. On parlait de musique tout le temps, surtout le matin avec les premiers venus quand un truc dingue était passé au Top 50 la veille (j’ai des souvenirs très précis du bouillonnement général les lendemains de A-Ha, Leopold Nord et Vous, The Communards ou Madonna), et le reste du temps avec les vrais amis, ceux avec qui on écoutaient les mêmes trucs, ou des trucs pointus (Cure, Clash ou Mötley Crüe par exemple). Continuer la lecture de « Stranger Teens #35 / Guest : Rubin Steiner »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , ,

Churros Bâtiment, Tendre macaque (autoproduction)

« J’écrirai un livre sur
les vacances de mon enfance,
un chef-d’oeuvre de la littérature,
il y aura 100 000 pages vides »

Après un très bon essai avec Poupard, duo domestique avec son amie Poupard (justement) il y a quelques mois, David Litavicki a rejoint son ami Gheno (peu importe le prénom, il change tout le temps) pour remettre Churros Bâtiment sur le métier. De Grenoble, le duo diffuse ce rock un peu sale, un peu grunge, remis vaguement au goût du jour : des boîtes à rythmes pour bébé, de l’autotune achetée sur le dark web… C’est sauvage, c’est libre, ça gueule (Esclave, hypnotique métal hurlant), ça rigole jaune (Médicaments), ça chante quand ça veut parfois. Le monstre à deux têtes de la capitale du suicide (je ne sais plus qui m’a raconté ça un jour, à cause des montagnes qui enserrent la ville, je ne sais pas si c’est vrai, à vérifier dans Wikipedia) nous envoie dix cartes postales dans la figure, sans adresse et sans timbre, directement dans l’œil. Il n’est donc pas question ici de s’enticher de styles ou d’écoles esthétiques, le groupe enregistre ce qui lui passe par une tête pas très bien faite. Continuer la lecture de « Churros Bâtiment, Tendre macaque (autoproduction) »

à la une

Catégories playlist

LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE L’ÉTÉ 2022

playlist n

Embrasements et chaleurs extrêmes ont fait vaciller la plus belle saison dans un alarmisme terrifiant, nous donnant le sentiment d’être bien peu de choses face aux années à venir. Il nous reste pour notre part quelques bulles de fraîcheur et d’énergie à partager à travers cette sélection de 37 titres arrivés pendant l’été. Et non, nous ne l’avons pas (entièrement) passé à buller sur des serviettes de bain humides…

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify ou en version mixée sur Mixcloud. Et aussi, sur agnès b. radio.

NDLR : Les playlists Deezer et Spotify ne comportent pas l’intégralité des titres de cette sélection.

Continuer la lecture de « LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE L’ÉTÉ 2022 »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , , , ,

Stranger Teens #34 / Guest : Adam Miller (ex-Chromatics)

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Je me souviens de la première fois que j’ai vu Nirvana sur MTV. Ce jour-là, ma vie a changé pour toujours. Je venais d’entrer en 6e au collège Lyndale de Minneapolis, Minnesota. Smells Like Teen Spirit était le “Buzz Clip” de la chaine et le groupe était sur le point de se retrouver rotation lourde à peu près partout. Je venais de commencer la longue métamorphose qui mène à la condition d’ado mélancolique, j’étais donc prêt pour ça. Fin prêt. Continuer la lecture de « Stranger Teens #34 / Guest : Adam Miller (ex-Chromatics) »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , , , ,

Stranger Teens #33 / Guest : Gilb’R

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Pour moi, le morceau qui a sauvé mon adolescence et qui a ouvert la porte à toute la suite de mon éducation musicale est A Love Supreme de John Coltrane, que j’ai découvert tout seul je crois, à l’âge de 14 / 15 ans. L’adolescence est une période chelou où on ne maîtrise pas les choses. Quand on veut parler, on hurle ; quand on veut aimer, souvent, on se fait jeter, etc… On n’est pas sûr de son goût et en même temps, c’est là qu’il se construit. Et on a besoin d’un endroit ou se réfugier : pour moi, c’était la musique. Continuer la lecture de « Stranger Teens #33 / Guest : Gilb’R »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , ,

Stranger Teens #32 / Guest : Mike Schulman (Slumberland Records)

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Transmission Joy Division
Pochette du 12 » de Transmission par Joy Division (Factory, 1981)

J’ai eu l’immense chance de grandir dans une maison dans laquelle on écoutait en permanence de la musique très cool. Avant même d’être ado, dans les années 70, j’étais toujours branché sur une radio spécialisée dans la soul et le R&B, et je me suis plongé dans la collection de disques de ma mère (constituée de trucs comme ParliamentFunkadelic, Ohio Players, James Brown, de Philadelphia soul, etc.) et dans les 45 tours de Doo-Wop et de groupes de chanteurs de R&B que mon père avait achetés quand il était jeune. Lorsque j’ai commencé à m’offrir mes propres disques, j’ai été attiré par des artistes du même genre, mais j’ai aussi eu la chance de faire l’heureuse rencontre de Trans Europe Express de Kraftwerk, dont le disque entier était régulièrement diffusé sur la plus grosse station radio de Washington. En fait je n’écoutais pas beaucoup de rock et je trouvais celui des seventies particulièrement ennuyeux, à part quelques très bons disques des Raspberries, de Badfinger ou de David Bowie. Continuer la lecture de « Stranger Teens #32 / Guest : Mike Schulman (Slumberland Records) »

à la une

Catégories borne d'écouteÉtiquettes , , ,

La balade bruitiste de The Cool Greenhouse

The Cool Greenhouse
The Cool Greenhouse

La bande Londonienne qui nous avait régalé d’un très beau concert lors de sa venue à Paris en avril dernier, nous gratifie d’un excellent nouveau single, Hard Rock Potato. The Cool Greenhouse tient donc la bonne formule sous forme de balade bruitiste. Entre effets de claviers façon vortex et des saillies de guitares hurlantes mais mélodiques, la voix de Tom qui ressemble étrangement à celle de l’Australien Nathan Roche nous raconte toujours des histoires à base de sujets quelque peu mornes, mais toujours teintées d’humour et de créativité. En l’occurrence sur le prochain album , celle de Blinkus Booth, personnage dont les aventures sont ponctuées de visites de personnages d’un autre univers. Sod’s Toasties risque donc d’être prometteur et sortira le 11 Novembre sur le label Melodic.


à la une

Catégories Chronique en léger différéÉtiquettes , , ,

Guided By Voices, Tremblers and Goggles by Rank (Guided by Voices Inc)

Tremblers and Goggles by Rank est sorti au début de l’été. Cette chronique est écrite à la fin de l’été. Il y a donc de fortes chances qu’elle soit obsolète quant à l’actualité de la  discographie du groupe. En effet, Robert Pollard et ses Guided By Voices ont pour vocation d’écrire vite, d’enregistrer encore plus vite et publient un disque tous les six mois. Sans compter les disques solo de chaque membre du groupe… Trentième album du groupe, quatorzième album depuis la reformation de 2016, Tremblers and Goggles by Rank prend la suite de Crystal Nuns Cathedral publié au mois de mars 2022 et poursuit le cycle entamé par Space Gun (2018). À savoir celui de l’excellence donc du mystère. Quel est le secret du groupe ? Comment tenir la corde après avoir enregistré… 500 chansons ? Quelle est leur potion magique ? Qui est leur Panoramix ? Continuer la lecture de « Guided By Voices, Tremblers and Goggles by Rank (Guided by Voices Inc) »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , ,

Stranger Teens #31 / Guest : Le Superhomard

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

1984 : Je suis en 5e au collège Sancta-Maria à Villeneuve-lès-Avignon (petite ville assez bourgeoise située à 1 km exactement du centre d’Avignon) où ma mère est institutrice. J’ai commencé à découvrir un petit peu le monde merveilleux de la pop music l’année précédente quand ladite mère nous a orienté mon frère et moi vers deux cassettes des Beatles qui traînaient chez notre grand-mère je ne sais pas quel hasard et que nous nous empresserons de dupliquer sur la toute nouvelle chaîne hi-fi Amstrad que nos parents viennent d’acheter. Une face Abbey Road, une face la compilation bleue sur une cassette 90 mn chrome Philips ! À force d’écouter tous ces titres merveilleux en boucle, mon intérêt pour la musique était devenu de plus en plus important et j’avais commencé à acheter des disques (enfin plutôt à les faire acheter à mes parents de temps en temps à l’Intermarché local), avec des noms glanés par-ci par-là au collège avec quelques réussites (Seventeen Seconds de Cure, en boucle lui aussi) mais aussi des trucs moins glorieux (Alphaville par exemple). Continuer la lecture de « Stranger Teens #31 / Guest : Le Superhomard »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Baron Fantôme, La nuit fantastique (Throatruiner)

« Je veux être l’ennemi du soleil »

Le punk aux accents new wave semble retrouver une certaine vigueur en ce moment dans les diagonales du vide : avec Hinin ou les Oi Boys en figures de proue, les salles peuvent enfin re-pogoter en Slang tout en hurlant des refrains dynamiques ou la basse se fait porteuse comme jamais. Avec Baron Fantôme, on franchit encore une marche, tout droit vers le caveau. Les guitares se font stridentes, pilotées par des basses lourdes et menaçantes et une rythmique bien gardée. Et surtout, il y a cette voix, bien en avant, à la limite entre incarnation et emphase qui joue dans la reverb. Elle est là, sans fausse pudeur, ni second degré et nous entraîne jusqu’au bout de la nuit. Continuer la lecture de « Baron Fantôme, La nuit fantastique (Throatruiner) »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , ,

Stranger Teens #30 / Guest : Pete Astor

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

J’allais avoir douze ans dans quelques jours. Le transistor était allumé, comme toujours à l’époque, même dans cette banlieue fraîchement construite, captant je ne sais quel signal à la dérive. C’était probablement BBC Radio 1 qui diffusait le London Rock And Roll Show, en direct de la Wembley Arena. Le MC5 avait joué un peu plus tôt dans la journée mais je ne les connaissais pas. J’étais un gamin passionné de Pop qui grandissait sous l’emprise de Slade, T-Rex et Bowie. Continuer la lecture de « Stranger Teens #30 / Guest : Pete Astor »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , ,

Stranger Teens #29 / Guest : TH da Freak

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Au début des années 2000, quand on a 14 ans, il y a peu de manières de trouver et découvrir de la musique. La première solution était d’avoir les nouvelles chaînes de télé et notamment MTV, sur laquelle j’ai fait mon immersion dans le monde du rock avec les passages répétés de American Idiot par Green Day en 2004. La deuxième solution est bien sûr d’avoir des grands frères qui savent se servir d’internet et de Limewire, un logiciel de téléchargement pirate au logo citronné. Alors quand mon grand frère chope les Strokes, Nirvana, Arctic Monkeys, les Kooks et Franz Ferdinand, je me rue sur le dossier de mp3 crados pour les mettre sur mon baladeur 512 Mo. Dans le tas, il y a quelques titres d’un groupe avec un nom assez long : The Velvet Underground et en regardant vite fait, je me rends compte que les chansons sont aussi longues, la flemme, je préfère écouter The End Has No End. Continuer la lecture de « Stranger Teens #29 / Guest : TH da Freak »

à la une

Catégories billet d’humeurÉtiquettes , , , , ,

Baxter Dury, dans la chaleur de la nuit

Cet été, de Plage de Rock à La Route du Rock, Baxter promène son flegme de crooner débraillé.

Baxter Dury / Photo : Roland Somogyvary
Baxter Dury / Photo : Roland Somogyvary

La première fois que je me suis retrouvé en face de ce garçon, c’était il y a vingt ans – pas tout à fait jour pour jour, mais pas loin. Il était à Paris et passait ses après-midis dans les bureaux de PIAS, la structure belgo-française qui distribuait son premier album sur le Vieux Continent. Un premier album épatant, un peu sombre, un peu psyché, annoncé l’année précédente par le EP Oscar Brown, où le morceau éponyme contenait un sample plus ou moins discret du Velvet Underground (ça fait toujours bien en société) et comptait l’appui d’un bourlingueur nommé Henry Olsen, ayant croisé les routes de Nico, Primal Scream ou Beth Orton – il y a pire, comme CV. Se débarrassant aussitôt de l’étiquette toujours embarrassante de « fils de… » – étiquette encore plus embarrassante quand le père se trouve être l’auteur d’un hit seventies et déglingué intitulé Sex & Drugs & Rock’n’Roll –, le jeune homme affichait déjà trente printemps au compteur d’une vie bohème un peu dissolue et avait perdu son père deux années plus tôt – comme s’il avait eu besoin de cette triste échéance-là pour oser s’affranchir d’une ombre tutélaire (parfois) omniprésente. Continuer la lecture de « Baxter Dury, dans la chaleur de la nuit »

à la une

Catégories festivalsÉtiquettes , , ,

Fanzinat, pratiques de l’amatorat

Passionnant docu consacré au fanzines, présenté dimanche en avant-1ère à l’Université d’été du fanzine à Poitiers.

Delphine Bucher, image extraite du film "Fanzinat".
Delphine Bucher, image extraite du film « Fanzinat ».


À l’occasion de la deuxième édition des Universités d’été du fanzine au Confort Moderne à Poitiers qui aura lieu du 18 au 21 août 2022, sera présenté en avant-première le film Fanzinat de Laure Bessi, Guillaume Gwardeath et Jean-Philippe Putaud-Michalski qui revient, par de multiples interviews, sur la scène du fanzine en France, avec un focus particulier sur les années 80 et 90. Continuer la lecture de « Fanzinat, pratiques de l’amatorat »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , ,

Stranger Teens #28 / Guest : Chevalrex

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

"Eureka" de Jim O'Rourke sur le clavier de Chevalrex.
« Eureka » de Jim O’Rourke sur le clavier de Chevalrex.


Valence. Hiver 1999. Je suis en 1ère littéraire dans un lycée en périphérie de la ville, une classe de vingt-cinq filles et trois garçons. J’habite à dix minutes en voiture. Tous les matins, mon père m’y conduit. En vrac, les yeux encore collés, les cheveux en épis, j’interromps la matinale de RTL en glissant mes cassettes dans l’autoradio. Nous écoutons les groupes que j’écoute déjà en boucle à la maison et dont les images tapissent les murs de ma chambre, Pavement, Smog, Little Rabbits, Cat Power ou Dominique A. Avec leurs chansons, leurs voix singulières, ces musiciens laissent entrevoir à l’adolescent solitaire que je suis une possibilité : trouver sa voie, sa musique, sa langue. Continuer la lecture de « Stranger Teens #28 / Guest : Chevalrex »

à la une

Catégories 45 tours, chronique nouveautéÉtiquettes , , , ,

Emilie Vabre, Conneries (Le Pli)

« Je vous prie de bien vouloir excuser
mon retard… mental »

Phare flamboyant du petit monde que je me suis recréé autour de la chanson d’ici, Francisco Lopez a entrepris il y a quelques mois une nouvelle mission, Le Pli, du nom de son studio-maison. Le Pli, c’est un réseau qu’il alimente – plutôt par l’ancestrale mais toujours efficace newsletter – en enregistrements, albums, 4-titres, démos, de lui bien sûr, mais aussi de collaborations. Il s’essaie ainsi à un nouveau mode de diffusion, adapté à sa créativité débordante. Pour ceux qui le connaissaient d’avant Le Pli, rien de nouveau sous le soleil tant Flop a construit son œuvre de façon régulière en faisant feu de tout bois, construisant un style à nul autre pareil tout en y insufflant une énergie à chaque fois renouvelée. Il en avait parlé si bien dans le n°3 de Groupie, passant en revue un choix subjectif (le mien) de ses chansons. Continuer la lecture de « Emilie Vabre, Conneries (Le Pli) »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , ,

Stranger Teens #27 : « Golden Age » par Beach Fossils

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Mardi 1er septembre 2015, 09h55. Devant les grilles du lycée Jean Macé de Lanester, j’attends avec quelques cuillères à soupe d’appréhension ma rentrée en Terminale ES. Année plus-que-charnière, avec le crashtest nommé Parcoursup à compléter au mois de mars et le Bac à valider à la fin-juin. Mes parents me voient comme un futur Sciences-piste. Moi, absolument pas. Il faut dire que mon futur ne m’inspire pas des masses, mes deux seules passions – World Of Warcraft et la trottinette freestyle – n’étant pas vraiment réputées pour leurs nombreux débouchés sur le marché du travail. Entouré de mes copains de classe – je ne le sais pas encore, mais je deviendrai persona non grata dans leur bande une fois en fac de Droit -, je décide pourtant de passer mes cinq dernières minutes de vacances à décompresser en compagnie de Dustin Payseur & Friends. Continuer la lecture de « Stranger Teens #27 : « Golden Age » par Beach Fossils »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , ,

Stranger Teens #26 : « Why Does It Hurt When I Pee » par Frank Zappa

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Il y a beaucoup de chansons qui ont marqué mon adolescence. J’ai beaucoup hésité à écrire notamment sur In A Manner Of Speaking, la reprise de Tuxedomoon par Nouvelle Vague, puis sur Lola de Noir Désir, puis sur The Guns of Brixton de The Clash, et puis sur des choses moins avouables ; par exemple, j’avais écouté en boucle Les Hommes Que J’Aime de La Rue Kétanou parce qu’une fille dont j’étais amoureux m’avait dit que cette chanson comptait beaucoup pour elle, ou Absolution de Muse, parce qu’une autre fille dont j’étais aussi amoureux m’avait fait écouter sur son Discman une compile du groupe que son copain lui avait préparée (j’étais censé garder secret le fait qu’elle l’avait partagée avec moi, une transgression qui m’avait fait battre le cœur). Puis sur toutes les choses que l’on écoute par mimétisme, sans questionner – c’est pour ça que je connais encore les paroles de deux albums de Tryo par cœur, et que je m’en souviendrai probablement, de ce poison, quand, rongé par Alzheimer, je peinerai à me souvenir du prénom de mes petits enfants. Mais Joe’s Garage et Why Does It Hurt When I Pee – la chanson la plus con de l’album, qui en compte pourtant beaucoup – est le seul disque que j’aime toujours autant, et peut-être toujours pour les mêmes raisons. Continuer la lecture de « Stranger Teens #26 : « Why Does It Hurt When I Pee » par Frank Zappa »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , ,

Stranger Teens #25 : « Talking in Your Sleep » par The Romantics

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Nous l’attendions toute l’année. La petite fête foraine qui, pour une dizaine de jours, prenait ses quartiers chaque été au bout de la rue, sur le terrain de football où Guzella avait mis un contrat sur ma tête le jour où j’avais crucifié mon équipe avec une splendide lucarne contre mon camp, ressemblait à une version améliorée de la vie qui était la mienne à bientôt 14 ans. Tout y était plus bruyant, plus coloré, plus sucré, et les pommes d’amour que nous partagions lorsque, ivres de vitesse et de danger, il restait à l’un d’entre nous assez de monnaie pour en offrir une au groupe, suffisaient à nous faire oublier que la rentrée des classes était toute proche. Continuer la lecture de « Stranger Teens #25 : « Talking in Your Sleep » par The Romantics »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , ,

Stranger Teens #24 : « Rich » par Lloyd Cole & The Commotions

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Septembre 1985, bientôt treize ans. C’est la dernière rentrée au collège et il n’y aucune raison qu’elle diffère des trois précédentes. Les moellons centenaires du gigantesque bâtiment qui s’étend jusqu’au lycée sont semblables aux cellules de la paroi d’un gigantesque utérus. Ma mère ne se contente pas d’enseigner au sein de cette vénérable institution : elle l’incarne. Fils de, je demeure voué à prolonger l’excellence scolaire, attendue comme une simple évidence, dans cet environnement où la vigilance panoptique s’exerce à tous les instants. Mon meilleur ami – le seul en réalité – est le fils d’une ancienne élève idolâtre. Tous mes professeurs me connaissent avant même de me rencontrer et relaient mes succès – l’échec n’a jamais été une option envisageable – à l’autorité familiale omniprésente avant même que j’en sois informé. Continuer la lecture de « Stranger Teens #24 : « Rich » par Lloyd Cole & The Commotions »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , ,

Stranger Teens #23 : « Californication » par les Red Hot Chili Peppers

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

On est le 21 avril 2006, aux alentours de 8h30 dans la cour de mon collège de Haute-Savoie. J’ai 14 ans et ce matin-là, je suis surexcitée au moment de faire la bise à mes copines. Je leur raconte que la veille au soir, j’ai regardé en direct sur Canal+ un concert des Red Hot Chili Peppers à la Cigale. Attirée par la musique et les exclamations de mon père (toujours très expressif devant la télé), je m’étais timidement levée de mon lit pour le rejoindre au salon. Je n’avais vu que très peu de concerts, que ce soit en vrai ou à l’écran, et c’est avec une fascination immédiate et toute nouvelle pour moi que j’ai observé Anthony Kiedis, son look insensé, sa manière de bouger sur scène, puis John Frusciante, reprenant How Deep Is Your Love avec cette voix de fausset insoupçonnable. Continuer la lecture de « Stranger Teens #23 : « Californication » par les Red Hot Chili Peppers »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , ,

Stranger Teens #22 : « Every You, Every Me » par Placebo

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Certes, il y avait eu ce premier album. La pochette étendard avec le cliché qui rappelle les pochettes de Siamese Dream des Smashing Pumpkins et évidemment Nevermind de Nirvana. Les chansons comme 36 Degrees ou comme Nancy Boy. Mais il faut avouer qu’à part le beau gosse de Terminale littéraire ou quelques silhouettes longilignes aperçues au loin dans le foyer… Le premier Placebo avait fait un grand flop chez ceux qui quittaient le collège pour le lycée et qui donc vivaient le grand flip. Et puis on avait Oasis ou des disques de nu metal à acheter… Continuer la lecture de « Stranger Teens #22 : « Every You, Every Me » par Placebo »

à la une

Catégories hommageÉtiquettes , , , , , , ,

Black Bach, clap de fin.

Lamont Dozier, génie de la soul, s’est éteint hier.

Lamont Dozier
Lamont Dozier

Le décès de Lamont Dozier ne fera peut-être pas les gros titres, pourtant sa contribution à la musique pop telle que nous l’aimons est monumentale. Auteur (seul ou à plusieurs) de quatorze numéro uns aux États-Unis et quatre au Royaume-Uni, il appartient à notre mémoire collective. Tout le monde a certainement déjà fredonné ou dansé sur une chanson qui porte sa signature. Continuer la lecture de « Black Bach, clap de fin. »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , ,

Stranger Teens #21 : « Lithium » par Nirvana

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

1993, j’ai 13 ans et je m’ennuie fortement dans ma chambre d’ado à Boulogne Billancourt. Je n’ai pas de grande sœur ou de cousin cool pour m’initier à une sub culture dont seuls les ados auraient les codes; certains camarades de classe arborent des patchs d’Iron Maiden et Sepultura sur le dos de leur vestes en jean sans que ça me suscite une quelconque curiosité. Je tourne en rond entre mes quatre murs tapissés, j’ai bien quelques cd qui traînent (Michael Jackson, Guns N’ Roses…) mais sans que ça développe quoi que ce soit de viscéral chez moi. Continuer la lecture de « Stranger Teens #21 : « Lithium » par Nirvana »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Laura Veirs, Found Light (Bella Union)

She//In the dark//Found light//Brighter than many ever see

Langston Hughes

Ne pas faire comme si.

L’œuvre de Laura Veirs se nourrit d’autobiographie, et l’infusion de sa vie comme de ses lectures dans ses chansons ne saurait être éludée au nom d’une approche non biographique qui risquerait, dans le présent cas, de manquer la rencontre : Found Light paraît après le divorce de Veirs d’avec Tucker Martine, batteur-producteur couru et à l’œuvre à la réalisation sur tous les disques de l’autrice-compositrice-interprète depuis Carbon Glacier (2004) et Year of Meteors (2005), premiers de ses albums sortis sur Nonesuch/Warner, avec l’exposition correspondante. Continuer la lecture de « Laura Veirs, Found Light (Bella Union) »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , , ,

Stranger Teens #20 : « Stand By Me » par Ben E. King

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Hiver 1992. J’ai 13 ans, l’air d’en avoir 9, un duffle-coat rouge et des lunettes. Mon collège organise un échange avec Wellington, un pensionnat anglais pour enfants privilégiés. Nous ne sommes presque que des filles à partir, il n’y a presque que des garçons (en uniforme), j’entrevois l’espoir d’un premier baiser. Après presqu’une semaine de rêve dans un cadre magique bien avant l’apparition du sorcier à lunettes, c’est au tour des anglais de venir chez nous. Les premiers couples sont déjà formés, et dans un élan de courage, j’ai osé dire au timide Robbie qu’il me plaît pendant 58 Minutes Pour Vivre, le premier film que mes parents m’ont laissé aller voir seule au cinéma. Continuer la lecture de « Stranger Teens #20 : « Stand By Me » par Ben E. King »

à la une

Catégories interviewÉtiquettes ,

Anton Newcombe : « Je ne suis pas une personne sentimentale. »

Anton Newcombe
Anton Newcombe – The Brian Jonestown Massacre  / Photo : Thomas Girard

Nous sommes en juin, dans la cour du Chabada d’Angers pour le festival Levitation France. Il est environ minuit, la deuxième soirée de concerts se termine lorsque je reçois la nouvelle par email : interview avec Anton Newcombe demain à 14h30, à prendre ou à laisser. L’emblématique leader de The Brian Jonestown Massacre vient tout juste de rendre réponse. Je m’en veux de ne pas avoir anticipé, d’avoir mis de côté cette demande un peu ambitieuse lancée des semaines plus tôt ; évidemment que ça se passe comme ça avec Anton Newcombe, la veille à minuit. Difficile de résumer en quelques lignes ce que représente The Brian Jonestown Massacre pour tous ceux qui, ce soir-là, portent au poignet le bracelet d’un festival comme celui-ci ; pour la plupart des amateurs de rock indépendant rencontrés au cours de ma vie d’adulte d’ailleurs. Anton Newcombe, c’est le seul membre permanent depuis 1990, et celui sur qui tout repose depuis le départ de l’autre esprit du groupe, Matt Hollywood, il y a vingt ans. C’est celui qui parle de son dix-neuvième album l’après-midi et chante les titres des deux prochains à venir le soir, en vociférant, fidèle à la réputation explosive que Dig! lui a forgée au début des années 2000 : « J’en ai rien à foutre que vous ne connaissiez pas ces chansons, moi je sais ce qu’elles valent ». Anton Newcombe, c’est bien plus que tout ça, alors ma réponse ne s’est pas faite attendre : « 14h30, c’est ok pour moi ».  Continuer la lecture de « Anton Newcombe : « Je ne suis pas une personne sentimentale. » »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , ,

Stranger Teens #19 : « Toi Mon Toit » par Elli Medeiros

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

On s’échange beaucoup de K7 au collège, les copains de l’internat nous rapportent des trucs incroyables dont l’écoute est encore plus exotique que les noms portés par les groupes ; l’énergie adolescente passe du coq à l’âne, du punk le plus débridé à la cold wave la plus glaçante ; Butthole Surfers, Joy Division, Virgin Prunes… C’est que l’hiver est long dans la campagne alsacienne, les jours au ciel bas et lourd s’égrènent interminablement. La brume épaisse donne le ton à cet ennui adolescent qui rêve d’ailleurs, qui attend sagement qu’il se passe quelque chose. Toute la musique qu’on se refile avec des airs de résistant clandestin parle de ça, de repousser les murs, d’exploser le cadre, de traduire notre confusion naissante. Continuer la lecture de « Stranger Teens #19 : « Toi Mon Toit » par Elli Medeiros »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , ,

Stranger Teens #18 : « Put Down That Weapon » par Midnight Oil

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

On ne choisit pas les disques : ce sont eux qui nous choisissent. Je ne sais plus comment j’ai découvert Midnight Oil (sans doute à la radio), mais je me souviens du jour où j’ai acheté le 45 tours : avec Didier on est allés chez Contraste (qui nous rendra nos petits disquaires de province, qui nous rendra l’innocence ?). Il a pris Everything Counts (Depeche Mode 101 venait de sortir), et moi Put Down That Weapon. Chacun ses raisons, la question du goût ne se posait même pas, il n’y avait que l’enthousiasme (je me souviens d’un autre jour, plus tard, où Didier a acheté la cassette de Songs For Drella : croisant un ami commun, il s’était contenté de lui crier :“j’ai acheté un album !” au lieu de lui dire bonjour). Continuer la lecture de « Stranger Teens #18 : « Put Down That Weapon » par Midnight Oil »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , ,

Stranger Teens #17 : « Kids of the Black Hole » par Adolescents

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.


Le monde qui nous entoure, la place de l’architecture, l’art de façon globale, mon autonomie dans mes déplacements, le skate était le moteur de beaucoup de rencontres au gré des spots ou nous allions.
Entre 13 et 20 ans, ce petit bout de bois m’a également fait découvrir de bien bons morceaux que l’on retrouvait dans les parts de nos skateurs préférés ou dans des films de Gus Van Sant et Larry Clark.

Continuer la lecture de « Stranger Teens #17 : « Kids of the Black Hole » par Adolescents »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , ,

Stranger Teens #16 : « Pump Up the Jam » par Technotronic feat. Felly

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Pour tout indie kid en devenir, être adolescent pendant la première moitié des 90’s a forcément signifié une passion plus ou moins affirmée pour Nirvana, et pour le rock alternatif US plus globalement. Une esthétique et une éthique de l’authenticité rock et punk, centrée sur la guitare et le culte de la distorsion. Une manière de réagir au formatage de certaines productions typiques de la décennie précédente, à leur sophistication et maniérisme surjoués. Le synthétiseur et ses gimmicks/items incarnant dans cette perspective le contre-modèle absolu. Continuer la lecture de « Stranger Teens #16 : « Pump Up the Jam » par Technotronic feat. Felly »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , ,

Stranger Teens #15 : “Small Town” par John Mellencamp

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Je ne suis pas certain que l’on puisse être réellement transformé par un groupe ou une œuvre du passé. Cela n’engage que moi, mais j’ai l’impression que les attachements les plus décisifs, ceux qui in fine marquent le plus, ne peuvent survenir qu’avec des artistes ou des groupes dont on sait qu’ils nous sont contemporains, dont on va pouvoir (et surtout devoir) attendre les prochains albums et que l’on pourra espérer voir en concert. Cela ne signifie évidemment pas que l’on ne puisse pas être touché, bouleversé même, par des œuvres du passé ; ayant traversé l’essentiel de mes années de lycée avec des disques des Beatles, de Jimi Hendrix, du Velvet Underground, de Neil Young ou de la Tamla Motown, je serais d’ailleurs bien mal placé pour soutenir une telle idée. De fait, il est tout à fait possible de connaître des chocs esthétiques majeurs via de vieux enregistrements qui chamboulent notre compréhension de la musique, mais il me semble que le rapport que l’on entretient avec eux est aussi, forcément, plus intellectuel. Continuer la lecture de « Stranger Teens #15 : “Small Town” par John Mellencamp »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , ,

Stranger Teens #14 : « Long Hot Summer » par The Style Council

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

En fait, je n’ai rien à faire par ici. Car plus qu’une chanson, ce sont des mots qui ont « sauvé l’adolescence » qui était la mienne – une adolescence jusqu’alors d’une normalité confondante, albums Panini, bols de Nesquik au petit déjeuner (sans savoir pour Jacno évidemment), coups de soleil homériques, charts grand public, embonpoint perturbant et Biactol en tête. Des mots de Best, le mensuel ressuscité il y a peu sur fond de polémique, des mots qui m’ont donné envie d’en savoir plus, d’aller fouiner dans la discothèque de mon frère de neuf ans mon ainé, d’acheter un, puis deux, puis trois disques – car ces mots-là parlaient de groupes (The Jam  d’abord) et d’une culture (les mods, un monde et des codes complètement inconnus) n’ayant pas le droit de Cité à la radio française, radio qui était surtout celle de ma mère – Europe 1 et son vrai faux hit-parade de fin de journée. Des mots que j’ai lus à l’automne 1980 ou 1981, de retour d’une journée collège ponctuée par un arrêt à la Maison de la Presse de la rue de Montreuil, où j’ai choisi ce magazine-là sans même savoir pourquoi. Continuer la lecture de « Stranger Teens #14 : « Long Hot Summer » par The Style Council »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , ,

Stranger Teens #13bis : « When Doves Cry » par Prince

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Bon, si chacun arrive avec sa petite histoire perso, je ne me débinerai pas pour une fois. Lorsque Xavier, lors d’une soirée fortement houblonnée au Motel, a eu l’idée de cette série, trois morceaux me sont arrivés quasi instantanément en tête. Les deux premiers sont liés à ma grand-mère maternelle, in memoriam Alice Bach, Alsacienne pur cru au tempérament revêche mais au bon cœur. Chaque mercredi pendant une période assez longue de mon enfance, elle m’offrait un 45 tours. Hasard des présentoirs de grande surface et peut-être, goûts personnels de mon aïeule (ce que j’ignore, car nous n’en avons jamais vraiment parlé), les disques reflétaient leur époque, entre variété française kitsch, pop mainstream et disco déferlante. Continuer la lecture de « Stranger Teens #13bis : « When Doves Cry » par Prince »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , ,

Stranger Teens #13 : « When Doves Cry » par Prince

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

1984, j’ai douze ans. Plutôt solitaire, je passe ma vie à écouter Radio Contact et Radio Source, les meilleures stations locales de Saint Brieuc et des alentours. Pourquoi ces deux radios ? Parce que mon tonton Philippe y était dj et qu’il m’emmenait parfois en studio lorsqu’il était en direct à l’antenne. Mais aussi parce qu’on y entendait pas mal de funk et de musique synthétique, styles que j’appréciais tout particulièrement à l’époque. A l’affût devant la sono de mon père, l’index et le majeur posé sur les touches play et record, je guettais, pendant des heures, mes chansons préférées pour les enregistrer sur cassette. Je customisais ensuite les jaquettes en y ajoutant les noms de Kool & The Gang, Cheri, Chaka Khan, Righeira, Kajagoogoo, ou de Moon Ray. Continuer la lecture de « Stranger Teens #13 : « When Doves Cry » par Prince »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , ,

Stranger Teens #12 : « Charlotte Sometimes » par The Cure

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

J’ai bien tourné le problème dans tous les sens, je voulais évoquer les deux premiers disques hors métal que j’ai acheté, tailler un édifice démesuré aux Cramps*, vous dire que The Cult c’était à découvrir un peu, ériger une stèle un peu nulle à Nikki Sixx ou Blackie Lawless, vous conter à quel point Seek And Destroy de Metallica avait changé la donne, tout, complètement remanié mon univers, à un point inimaginable. Et Paf, d’un coup, dans Stranger Things, ils nous font Master Of Puppets, extrait de l’album du même nom et qui tombe précisément dans cette période frondeuse molle. Beaucoup. Trop. Facile. Not it, am afraid. Continuer la lecture de « Stranger Teens #12 : « Charlotte Sometimes » par The Cure »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , ,

Stranger Teens #11 : « Au pays de Candy » & « Candy s’endort » par Dominique Poulain & Watanabe Takeo

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Oublie tous tes petits chagrins,
ils reviendront dès demain.

Il y a parfois de longs moments de solitude musicale dans une vie. Plus grand chose à écouter, plus trop d’envie aussi. Il y a bien ces disques qu’on a portés aux nues à divers moments de notre vie (Sittin’ Pretty des Pastels ou Mon cerveau dans ma bouche de Programme). On en a écrit à leur sujet : des textes et des textes. On en a épuisé des dictionnaires de synonymes, on a même écrit des livres pour en parler, enfin un. Et ils restent des puits sans fonds pour lesquels, si on en avait le courage et l’abnégation, on commencerait la rédaction d’une encyclopédie. Mais parfois, ils ne suffisent pas, parce que la vie, ce n’est pas simple comme une playlist, la vie c’est des enfants qui grandissent trop vite, des parents qui vieillissent et disparaissent, un travail, des trucs à payer. Continuer la lecture de « Stranger Teens #11 : « Au pays de Candy » & « Candy s’endort » par Dominique Poulain & Watanabe Takeo »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , ,

Stranger Teens #10 : « Suzanne » par Leonard Cohen

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Une chanson a-t-elle sauvé mon adolescence, un Running Up That Hill qui m’aurait fait émerger de l’enfance ? À vrai dire non. Quand on vivait dans une petite ville ouvrière du 71 à la fin des années 60 / début 70, l’accès à la musique était des plus réduits. Pas de magasin de disques, une radio pour toute la famille, une télé sur le tard et des vacances chez la grand-mère à 30km. Hervé Vilard hurlait que Capri, c’était fini, mais bon, Capri ne m’inspirait pas, la vague yéyé était amusante mais pas de quoi faire naître une révélation. Le refuge se trouvait dans les livres. Continuer la lecture de « Stranger Teens #10 : « Suzanne » par Leonard Cohen »

à la une

Catégories chronique réédition, mardi oldieÉtiquettes , , , , ,

Nick Power, Caravan (AV8 Records)

Enregistré dans une caravane, le premier disque solo de Nick Power des The Coral est publié ces jours-ci pour la première fois en physique via AV8 Records. Un excellent prétexte pour évoquer de nouveau ce joli disque sorti en 2017.

De 2002 à 2007, les The Coral ont enregistré cinq albums. Un disque par an (si les mathématiques ne nous trompent pas). Et quels disques… Sans l’arrogance des Gallagher et sans la malchance des Head, ce groupe de Hoylake a permis aux fans d’Oasis de sortir des années 90 et aux adolescents des années 2000 de retourner dans le passé avec quelques références dans les poches. Mais quel était le secret de jeunesse de ces Scousers ? Comment expliquer ce rythme effréné ? Continuer la lecture de « Nick Power, Caravan (AV8 Records) »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , ,

Stranger Teens #9 : « Mala Vida » par La Mano Negra

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Cette année-là, j’entre en seconde. Je n’en peux plus de mon adolescence, mon appareil dentaire, mes lunettes, mon mètre 55 qui ne décolle pas, mes seins désespérément plats et surtout le reste, ma mère à la dérive, mon père parti au loin et cette solitude qui occupe toute la place.
J’entre en seconde donc, dans un nouveau lycée plus éloigné de chez moi, un grand bâtiment ancien très beau, aux innombrables couloirs dont l’étroitesse nous permet de nous frôler les uns aux autres sans avoir à trouver une excuse pour le faire. Manque de bol, j’atterris dans une classe que je déteste, composée en grande partie de matheux, parmi lesquels je me sens si peu à ma place, moi qui ne fais que lire, écrire des poèmes dépressifs dans des carnets et écouter The Cure dans mon walkman à la récré. Continuer la lecture de « Stranger Teens #9 : « Mala Vida » par La Mano Negra »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , ,

Stranger Teens #8 : « The Rockafeller Skank » par Fatboy Slim

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.


Noël 1998, je suis à la FNAC Montparnasse avec un chèque cadeau d’entreprise. J’hésite entre plusieurs disques, dont un album de « techno » plutôt terrifiant. Mon choix se porte finalement sur You’ve Come a Long, Baby de Fatboy Slim, cinquante francs moins cher. J’entends un bout de The Rockafeller Skank sur la borne d’écoute et je me décide en cinq minutes. J’ai quinze ans, je suis en seconde et mes goûts viennent enfin de se séparer symboliquement de ceux de mes parents. Continuer la lecture de « Stranger Teens #8 : « The Rockafeller Skank » par Fatboy Slim »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , ,

Stranger Teens #7 : « Why I love Country Music » par Lloyd Cole and the Commotions

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.


Les parents d’un ami d’un ami de troisième possédaient un mobil home du côté de Royan, à Ronce-les-Bains. C’était 1989 et il fallait bien partir fêter quelque part le bac. Le lycée de Melun Nord ne me manquerait pas, et je m’étais inscrit à Paris 1 Tolbiac. Il était encore possible à l’époque de déroger à sa prison géographique et de tenter l’aventure dans la capitale (tant pis pour les trois heures de train de banlieue quotidien). En ce mois d’août qui voyait mourir l’URSS et Mitterrand étrenner son second septennat, le camping quatre étoiles avec piscine affichait toutes les apparences eighties d’une parenthèse et d’une fin de cycle. Continuer la lecture de « Stranger Teens #7 : « Why I love Country Music » par Lloyd Cole and the Commotions »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , ,

Stranger Teens #6 : « Blitzkrieg Bop » des Ramones

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Certains sont nés au milieu des disques. Leur parents possédaient une collection de vinyles, de cassettes ou de Cds, et lisaient même parfois des magazines comme Rock and Folk ou Best. Chez moi, il n’y avait rien de tout ça. Jusqu’à ce qu’ j’atteigne l’âge de 10-11 ans, il nous a fallu nous contenter d’une seule et unique cassette : la B.O. de Flashdance, et deux 45 tours : le single de Angie des Rolling Stones (qui n’avait plus de couverture) et celui de Ça Plane pour Moi de Plastic Bertrand. N’ayant rien d’autre à écouter, mon frère aîné et moi avons usé la cassette jusqu’à la corde sur l’increvable chaîne stéréo Thomson de nos parents et avons joué en boucle les 45 tours des Stones et de Plastic Bertrand dans notre mange-disque orange, jusqu’à ce que celui-ci finisse par mourir de sa belle mort à force de manipulations maladroites. Angie des Stones et la B.O. de Flashdance me collaient toujours légèrement le bourdon, mais par contre, je ne me suis jamais lassé, même aujourd’hui, du single de Ça Plane pour moi, surtout de la face B – Pogo Pogo –, qui me mettait dans tous mes états, même si je n’avais strictement aucune notion de ce qu’était un pogo. Continuer la lecture de « Stranger Teens #6 : « Blitzkrieg Bop » des Ramones »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , ,

Selectorama : Chevalier Avant Garde

Chevalier Avant-GardeUn beau jumelage musical existe depuis dix ans entre Montreal et Brest grâce à beko dsl et beko disques, puis à Too Good To Be True, né sur les cendres de beko. On se souvient des collaborations avec la team Fixture (Brave Radar et Freelove Fenner), les groupes Rape Faction, Brusque Twins mais surtout de celles avec Drug Train (rebaptisé aujourd’hui Dumb Train) et Chevalier Avant Garde. D’ailleurs, selon la petite histoire, c’est grâce à Chevalier Avant Garde que la team brestoise a eu le contact de Drug Train. Continuer la lecture de « Selectorama : Chevalier Avant Garde »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , ,

Stranger Teens #5 : « Tommy Gun » des Clash

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Comment appelait-on ça ? Les têtes d’ampoule. Malcolm n’était pas encore arrivé en France mais nous étions, déjà, de fait, des têtes d’ampoule, assigné·e·s têtes d’ampoule, risées gymniques, réputé·e·s infréquentables et de fait infréquenté·e·s.
Ça s’était trouvé un peu comme ça, à la fin de l’école primaire, quand le collège imminent n’offrait d’autre perspective que la perpétuation du bullying – il n’a jamais fait bon lire, parler aux filles sans essayer de voir sous leurs culottes – réputation nigaud – et être insondablement nul au foot – une bifurcation inattendue : les premières classes européennes. L’opportunité d’être dans un collège éloigné, d’y être possiblement anonyme, sans réputation – sans cailloux dans les poches. Continuer la lecture de « Stranger Teens #5 : « Tommy Gun » des Clash »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , ,

Stranger Teens #4 : « Into The Groove » par Madonna (1985)

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Madonna dans "Recherche Susan désespérément" de Susan Seidelman (1985)
Madonna dans « Recherche Susan désespérément » de Susan Seidelman (1985)

On ne sépare jamais de l’adolescent que l’on a été. Ni de ses disques – Into The Groove -, ni de ses films – Recherche Susan désespérément (Susan Seidelman, 1985) – et ni de ses stars –  Madonna -.  Madonna donc. Chaque disque de la Ciccone donne lieu à une transformation esthétique, chacun y allant de sa période préférée. Moi, la Madonna que je préfère, c’est celle de 1985, celle qui joue cette princesse de la rue habillée de bric et de brocs, assoiffée de vie et sexy comme jamais. Recherche Susan désespérément est, il faut l’avouer, un film médiocre qui n’existe, dans l’imaginaire collectif, qu’à travers sa chanson – Into The Groove – et bien sûr, Madonna qui éclipse par sa décontraction, par son naturel, la bien fade Rosanna Arquette. Continuer la lecture de « Stranger Teens #4 : « Into The Groove » par Madonna (1985) »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , , , , , ,

Stranger Teens #3 : « Expecting To Fly » par The Buffalo Springfield (1967)

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

J’ai toujours fonctionné par phases, des phases très intenses, où la passion en question allait occuper toutes mes pensées, déborder sur ma bibliothèque d’enfant, mes jeux et jouets et plus tard ma discothèque et les emprunts à la médiathèque du coin. Cela durait en général quelques années, d’abord les dinosaures, puis l’Egypte ancienne comme beaucoup d’enfants, rien de très original. Continuer la lecture de « Stranger Teens #3 : « Expecting To Fly » par The Buffalo Springfield (1967) »

à la une

Catégories sunday archiveÉtiquettes , , , , , , ,

Suburbia, We Are From Surburbia (Kwaidan Records / Pop Lane)

Pendant plusieurs années, ça a été notre Danceteria, notre Haçienda, notre Heavenly Sunday Social… Ça a été l’endroit où les weekends n’avaient même plus temps d’exister tellement ils passaient vite. Ça a été l’endroit des rencontres, des ruptures, des expérimentations (“Une pinte de whisky orange, vraiment ?!”), des décisions d’une nuit qui allaient parfois changer toute une vie. C’est Robert et Nicolas – peut-être Robert ou Nicolas, mais qu’importe – qui ont découvert le lieu, sans doute à la rentrée 1997, qui ont invité Florence, Marc et Denis à l’émission de radio que la RPM avait sur Générations – un samedi matin, alors parfois c’était assez proche du chaos –, qui ont eu l’idée de “Et si on faisait des soirées ?”
Continuer la lecture de « Suburbia, We Are From Surburbia (Kwaidan Records / Pop Lane) »

à la une

Catégories climatsÉtiquettes , , , , , , , ,

Climats #25 : Belong, Emma Becker

This could be the saddest dusk ever seen
You turn to a miracle high-alive
Michael Stipe

Peut-on écouter Vauxhall and I de Morrissey sous le franc soleil de juillet ? Et un Antônio Carlos Jobim empêtré dans un crachin de février, c’est toujours du Antônio Carlos Jobim ? Climats met en avant les sorties disques et livres selon la météo. Continuer la lecture de « Climats #25 : Belong, Emma Becker »

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , , , , , , ,

Ryley Walker : L’Homme pressé

Ryley Walker
Ryley Walker

Les 15 et 16 mai derniers, Ryley Walker était de passage en France, d’abord à Lyon, au Sonic, puis du côté de la Pointe Lafayette, à Paris. Très différents, ces deux concerts auront permis de rappeler que l’Américain est toujours l’un des plus brillants représentants de la nouvelle scène du rock psychédélique, mais aussi d’évoquer son excellent Course in Fable, produit par John McEntire et sorti au printemps 2021. Continuer la lecture de « Ryley Walker : L’Homme pressé »

à la une

Catégories stranger teensÉtiquettes , ,

Stranger Teens #2 : « Lullaby » par The Cure (1989)

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Photo : Sébastien Berlendis
Photo : Sébastien Berlendis

1989. Après la pinède, la plage de Miramar s’étend jusqu’au port. Elle est plus large que les trois petites plages du camp. L’eau est plus claire, le sable plus blanc, les algues absentes. C’est la plage des feux de nuit, des fêtes musicales et pour beaucoup des premiers baisers. La journée, nous l’ignorons.
Continuer la lecture de « Stranger Teens #2 : « Lullaby » par The Cure (1989) »

à la une

Catégories borne d'écouteÉtiquettes , , ,

Bobby Would à contre-temps

Le Styx est un fleuve des Enfers, ou le royaume des morts dans la mythologie grecque, qui séparait le monde terrestre de celui-ci. Lorsque Bobby Would est tombé sur cette photo de sa mère, elle venait tout juste de partir, et de rejoindre ce royaume, après quelques mois de lutte contre la maladie. Dans ses affaires, se trouvait cette photo d’elle jeune, d’une beauté éclatante, alors une femme forte issue de la classe moyenne et mère de trois enfants. Il a décidé de conserver cet instant éphémère de jeunesse, « dans un geste Barthien » dit-il, et de lui dédier ce nouveau disque. Les chansons sont des pièces conceptuellement basées sur des souvenirs, et l’on retrouve tout ce qu’on adore dans la musque de Bobby Would : la voix fantômatique, les accords de guitare fuzz crépusculaires, la mélodie mélancolique et une certaine poésie poussiéreuse de rock siècle dernier. Juste pour mieux accompagner sa mère à travers cette rivière qui la mènera vers la paix éternelle.


Styx de Bobby Would sortira prochainement sur le label Kashual Plastik, et il sera de passage à Paris demain soir, mardi 12 juillet, au Chair de Poule. Event ici.

à la une

Catégories séries, stranger teensÉtiquettes , , , ,

Stranger Teens #1 : « Moonlight Shadow » par Mike Oldfield (1983)

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Le mois de juin se sera écoulé avec une régularité effarante. Au rythme moyen de cinq publications par jour, le fil d’actualités de mon téléphone n’aura cessé de m’indiquer que Kate Bush est revenue en tête des charts avec sa chanson de 1985 Running Up That Hill (A Deal With God) présente au générique de la série Stranger Things. En revanche, aucun papier ne se sera attaché à décrire le génie des deux scènes (au centre d’une saison à la qualité certes très contestable) qui ont permis ce retour en grâce salutaire. Continuer la lecture de « Stranger Teens #1 : « Moonlight Shadow » par Mike Oldfield (1983) »

à la une

Catégories climatsÉtiquettes , , , ,

Climats #24 : Laura Veirs, Emily Dickinson

This could be the saddest dusk ever seen
You turn to a miracle high-alive
Michael Stipe

Peut-on écouter Vauxhall and I de Morrissey sous le franc soleil de juillet ? Et un Antônio Carlos Jobim empêtré dans un crachin de février, c’est toujours du Antônio Carlos Jobim ? Climats met en avant les sorties disques et livres selon la météo. Continuer la lecture de « Climats #24 : Laura Veirs, Emily Dickinson »

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , , , ,

Label Histoire #1 : Fire Records

James Nicholls / Fire Recordings
James Nicholls / Fire Recordings

Quel est le point commun entre Pulp, Pere Ubu, The Chills, Teenage Fanclub, Vanishing Twin, Jane Weaver, The Pastels, The Lemonheads et Marina Allen ? Au-delà de leurs discographies impeccables, tous ont été signés par Fire Records. Voué à disparaître au début des 00’s, le label a connu un second souffle avec l’arrivée de son nouveau directeur, James Nicholls. Ces deux dernières décennies, il a prouvé que l’on pouvait être ambitieux, farouchement indépendant et financièrement viable en maintenant une grande exigence artistique. Les disques de pop indé se sont faits plus rares, laissant leur place au psychédélisme de Bardo Pond ou aux expérimentations de Josephine Foster. Nicholls, en bon passionné, a créé en parallèle un label de rééditions, un label post punk, et une division films. Curieux de connaître ce qui l’anime et de percer les mystères de la gestion impeccable du label, nous l’avons rencontré à Londres dans le quartier de Dalston. Continuer la lecture de « Label Histoire #1 : Fire Records »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , , , ,

Selectorama : Robert Sekula (14 Iced Bears)

14 Iced Bears
14 Iced Bears (Robert Sekula à gauche), Brighton 1988 / Photo : James Duncalf

Brighton, 1985. Robert Sekula et Kevin Canham, réunis par un amour commun pour les Byrds, Jesus and Mary Chain, Nick Drake et le Velvet Underground, décident de former 14 Iced Bears. De cette heureuse collaboration naîtront une série d’excellents 45 tours et flexis ainsi que deux albums – 14 Iced Bears et Wonder -, qui contribueront à l’édification de la légende de la pop labellisée C86. Le single Come Get Me, sorti en 1988 chez Sarah Records, qui comprend également le fabuleux Unhappy Days et le sublime Sure to See – un des rares titres de l’époque capable de se hisser à la hauteur d’une merveille comme Emma’s House des Field Mice -, apparaît aujourd’hui comme emblématique de l’âge d’or de l’indie pop anglaise des années 1980. Avec leur deuxième album sorti en 1991, le groupe, influencé par 13th Floor Elevators et The West Coast Pop Art Experimental Band, voguera vers des horizons beaucoup plus psychédéliques, mais avec autant d’inspiration.

>>> English version below, thanks to the group itself.

Continuer la lecture de « Selectorama : Robert Sekula (14 Iced Bears) »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , , ,

work_space, workspace (Bandcamp)

Plus que jamais, la passion musicale demeure essentielle et, à la fois, un peu dérisoire. En particulier lorsqu’on se surprend à exercer la même vigilance teintée d’anxiété à guetter les moindres nouvelles, même périphériques, en provenance d’un groupe particulièrement chéri que celle qui s’impose lorsqu’il s’agit de suivre les péripéties terrifiantes de l’actualité du vrai monde. Surveiller Glasgow en général et tout ce qui concerne Teenage Fanclub en particulier avec l’attention que mériterait, seule, l’ébauche d’un troisième conflit mondial : on a beau ne pas être complètement dupe du ridicule de ce genre de dérivatif, il faut bien vivre. Et se réjouir tant qu’on le peut de l’insignifiant : le retour sur scène de Gerard Love en ce début d’été, par exemple – en première partie des concerts locaux de The Bevis Frond et de Michael Head. Ou encore la découverte fortuite de ce premier album de Finlay MacDonald sous le pseudonyme de Wor_kspace. Continuer la lecture de « work_space, workspace (Bandcamp) »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , ,

Angel Olsen, Half Way Home (Bathetic, 2012)

Fétiches et gris-gris de la grisaille.

Qu’il est bon et doux de se demander quel disque nous plaît, de tenter de replonger dans les délices et les affres qui, ensemble ou séparément, simultanément ou des siècles plus tard, nous ont permis d’entendre tel disque et de l’écouter et d’y écouter, enfin, cette expérience ineffable, l’intime – tout ce qui nous tient.

À côté de moi dans le train, tandis que j’écris ces lignes, une personne lit Éloge du risque d’Anne Dufourmantelle et je souris de la coïncidence : on risque tout chaque fois que l’on écoute un disque – et c’est formidable de faire et refaire ce pari, consciemment ou non, sur ce tout, sur ce que le disque va permettre (ou non), ce que l’on va pouvoir vivre (ou non) en l’écoutant – l’intimité. Continuer la lecture de « Angel Olsen, Half Way Home (Bathetic, 2012) »

à la une

Catégories Chronique en léger différéÉtiquettes , , ,

Toro Y Moi, Mahal (Dead Oceans)

Depuis 2010, Chaz Bundick a publié une demi-douzaine d’albums sous le nom de Toro Y Moi. Porté par la vague Chillwave aux côtés de Neon Indian ou Washed Out, le musicien californien a très vite pris les distances avec le genre et navigué au gré de ses intuitions. Chaque disque constitue alors un instantané de ses marottes personnelles. L’album What For? avait, par exemple, marqué les esprits en 2015 par ses accointances rock seventies et powerpop.  Si Toro Y Moi a annoncé que Mahal était en quelque sorte sa suite, l’album creuse certainement un sillon différent. À bord d’un Jeepney philipin, branché sur un ancestral poste de radio, l’album bourlingue dans les demeures abandonnées d’un rock psychédélique progressif cher à Todd Rundgren, frayant avec le funk des Isley Brothers. Continuer la lecture de « Toro Y Moi, Mahal (Dead Oceans) »

à la une

Catégories playlistÉtiquettes , ,

LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE JUIN 2022

Si cette nouvelle moisson de nouveautés démarre sur un nuage de douceur et s’épanouit dans la tendresse d’une pop mâtinée de soul, il ne faut jamais se laisser bercer inconsciemment sans s’attendre à d’autres émotions. Un orage post punk pourrait bien vous détourner de cette pause alanguie. Comme chaque mois, le choix de la rédaction présente toutes ses variations topographiques, ses virages bruts, mais il reste toujours deux heures de pop moderne dans le sens le plus éclectique du terme.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify ou en version mixée sur Mixcloud. Et aussi, sur agnès b. radio.

NDLR : Les playlists Deezer et Spotify ne comportent pas l’intégralité des titres de cette sélection.

Continuer la lecture de « LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE JUIN 2022 »

à la une

Catégories climatsÉtiquettes , , , , ,

Climats #23 : Laraaji, Estelle Zhong Mengual

Georgia O'Keeffe, White Iris nº 7 (detail), 1957
Georgia O’Keeffe, White Iris nº 7 (detail), 1957

This could be the saddest dusk ever seen
You turn to a miracle high-alive
Michael Stipe

Peut-on écouter Vauxhall and I de Morrissey sous le franc soleil de juillet ? Et un Antônio Carlos Jobim empêtré dans un crachin de février, c’est toujours du Antônio Carlos Jobim ? Climats met en avant les sorties disques et livres selon la météo. Continuer la lecture de « Climats #23 : Laraaji, Estelle Zhong Mengual »

à la une

Catégories selectoramaÉtiquettes , ,

Selectorama : R.M.F.C.

R.M.F.C.
R.M.F.C.

Vous faisiez quoi vous à l’âge de 17 ans ? En 2018, l’Australien Buz Clatworthy, lui, sortait déjà un premier disque, Hive vol. 1, sous l’avatar R.M.F.C. (Rock Music Fan Club). Cette collection de petites bombes garage-punk DIY de la meilleure eau a rapidement été suivie d’un Hive vol. 2, tout aussi convaincant. Depuis, ce jeune prodige n’a cessé de continuer d’enregistrer des micro-tubes publiés à travers plusieurs singles et E.P., toujours réussis. On recommandera l’écoute de l’excellente First World Pressure, ou de Feeder, qui rappellent les premiers pas de Jay Reatard au sein de The Reatards, ou encore un morceau moins excité comme Mirror qui se promène sur les terre des premiers disques de Wire. On pense parfois aussi à Uranium Club ou Snooper, avec lesquels Clatworhty partage le même goût pour les riffs de guitare tendus à souhait, voire à Joy Division pour les lignes de basses bien charpentées. Continuer la lecture de « Selectorama : R.M.F.C. »

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , , , , ,

Sous la table d’Arlt

Arlt
Arlt / Photo : Marie Losier

On n’avait pas envie de faire une interview promo sur Turnetable. Pas envie de recueillir le lexique de Sing Sing tels des ethnologues consciencieux (lisez ce qu’il écrit, partout, tout le temps, c’est mieux). Pas envie de laisser Eloïse Decazes rester au chaud chez elle ou glisser dans le silence. Non : on les voulait ensemble, sans contrainte ni confort, pour voir comment ces deux êtres humains, branchés l’un à l’autre depuis quinze ans, finissent encore et toujours par se changer en cette entité qu’on appelle Arlt – pour peu qu’on arrive à le prononcer.

Continuer la lecture de « Sous la table d’Arlt »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , ,

Sad Lovers And Giants, Feeding The Flame (1983, Midnight Music)

Sad Lovers And Giants, Feeding The Flame (1983, Midnight Music)Depuis l’autre jour, je suis à la recherche de la première fois. La première fois que j’ai entendu / écouté ce groupe : qui, où, comment, quand, quoi ? Comme réponses à ces quelques questions-là, il ne reste plus que des hypothèses et des incertitudes. Mais il reste le souvenir du coup de foudre, sans même être sûr de la chanson qui l’a provoqué – mais je crois bien que c’est 7 Kinds Of Sin, le single de l’album du retour, The Mirror Test, paru en 1987 après un hiatus de quatre ans et une nouvelle organisation – pour faire bref, l’arrivée d’une jeune femme aux claviers (Juliet Sainsbury, dont nous avions bien sûr décidé de tous tomber amoureux) et d’un nouveau guitariste et compositeur, Tony McGuinness pour remplacer dans le rôle de l’alter-ego du chanteur-parolier Garçe Allard le maitre d’orchestre précédent Simon Blanchard, alias Tristan Garel-Funk. Continuer la lecture de « Sad Lovers And Giants, Feeding The Flame (1983, Midnight Music) »

à la une

Catégories borne d'écouteÉtiquettes , ,

Les guitares hantées de Kitchen’s Floor

Kitchen's Floor
Kitchen’s Floor

Que l’on soit natif de Brisbane, Australie, ou d’ailleurs dans le monde, l’annonce d’une sortie de Kitchen’s Floor ravit toujours de belles poignées de passionnés par l’obscurité australe de manière générale. Sept ans déjà après le formidable Battle Of Brisbane sorti chez Bruit Direct Disques, Kitchen’s Floor revient avec ce single à paraître cet été sur None of What, leur nouvel album. À la tête du projet depuis 2007, Matt Kennedy alterne les périodes où Kitchen’s Floor est tantôt un groupe, tantôt un projet solo. Pour ce retour, il s’est entouré de membres de formations locales et souterraines d’excellente facture (Brick Brick, Clever, Cured Pink). Il reprend du service avec cette voix si singulière, comme désenchantée, et ce son rugueux qui font la marque de fabrique du groupe. Abrasif tout en étant pop, avec une batterie minimaliste, des guitares lourdes et une basse qui ronronne, le disque est enregistré par Luke Walsh de Blank Realm (autre belle formation de Brisbane) et masterisé par l’indispensable Mickey Young. En attendant de les voir sur scène, on les retrouve entre la salle de bains et la cuisine avec ce clip bien DIY réalisé à la maison par Maggie Macgroarty.
Continuer la lecture de « Les guitares hantées de Kitchen’s Floor »

à la une

Catégories billet d’humeurÉtiquettes , , , , , , , , ,

Head toi et le ciel t’aidera

Au moment de la sortie du nouvel album de Michael Head, retour sur les chassés-croisés entre les jumeaux Head et Gallagher.

Michael Head
Michael Head

Il se passe des choses étranges  en Angleterre. Michael Head, accompagné de son Red Elastic Band, vient de réussir l’exploit de placer Dear Scott, son nouvel album, dans le top 10 des charts anglais. Remis en selle en 2013 par l’entremise et le travail acharné du label franco-anglais Violette Records, l’ancienne tête pensante des Pale Fountains perce (enfin) et joue (de nouveau) dans des salles de taille respectable. La performance est salutaire quand on se rappelle que Pacific Street s’est classé à la 85e place du top anglais la semaine de sa sortie et que Michael Head jouait, devant la caméra d’Arte, dans la cuisine de la maison de ses parents après l’arrêt prématuré des Paleys. Continuer la lecture de « Head toi et le ciel t’aidera »

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , , , , ,

DIIV : dix ans déjà

« Oshin » fête ses 10 ans aujourd’hui avec une réédition chez Captured Tracks

DIIV
DIIV, de gauche à droite : Zachary Cole Smith, Ben Newman, Andrew Bailey, Colin Caulfield / Photo : Yuki Kikuchi

Captured Tracks propose aujourd’hui une réédition deluxe d’Oshin, le premier album de l’un des groupes les plus emblématiques de son roster, DIIV. En 2012, l’influent label new-yorkais — grâce auquel nous avions déjà découvert Beach Fossils ou Wild Nothing — en faisait les nouvelles coqueluches du rock indé. Dix ans et deux albums plus tard (Is The Is Are en 2016 et Deceiver en 2019), Zachary Cole Smith et sa bande sont toujours aussi attendus, et c’est avec une pointe de soulagement que nous avons appris, au fil de cette conversation partagée à Lyon en mai dernier, que leur quatrième effort ne devrait plus trop tarder. Quelques heures avant leur concert au Ninkasi Gerland et dans un échange plus proche du bavardage que de l’interview, trois des quatre membres ont laissé s’échapper, entre les lignes, quelques indices sur ce qui nous attend…  Continuer la lecture de « DIIV : dix ans déjà »

à la une

Catégories Chronique en léger différéÉtiquettes , , ,

Simon Ripoll-Hurier, HITS (*Duuu éditions)

 

Quelques heures après la Fête de la Musique, je me posais cette question : que serait la musique populaire sans son public, tiens ? Et pourquoi la musique populaire, sous forme de piécettes de quelques minutes, rejouables à merci, crée-t-elle cette proximité ? Une proximité qui attire un grand nombre de personnes à se projeter en elle, à vouloir en être. Beaucoup se gaussent quand M. ou Mme Anonyme prennent leurs guitares pour rejouer Téléphone ou AC/DC, ou leur set de platines pour devenir l’espace d’un instant DJ David Guetta. Beaucoup, aussi, revendiquent simplement ce moment d’abandon, et tant pis pour les oreilles du voisin. Continuer la lecture de « Simon Ripoll-Hurier, HITS (*Duuu éditions) »

à la une

Catégories sous surveillanceÉtiquettes , ,

Sous surveillance : Slagheap

Slagheap
Slagheap

Qui ?

Slagheap est un quatuor post-punk anglais entièrement féminin. Catherine tient la basse, Heidi est à la batterie, tandis que Lydia et Sadie assurent toutes les deux la guitare et le chant.

Où ?

Bristol, Angleterre. Continuer la lecture de « Sous surveillance : Slagheap »

à la une

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , , ,

Nancy & Lee, Id. (Reprise Records, 1968)

Déjà responsable de la réédition de l’ensemble du catalogue du label LHI Records et de celle de la foisonnante discographie solo de Lee Hazlewood, le label californien Light In The Attic a également commencé, l’an dernier, à s’attaquer à l’œuvre de Nancy Sinatra et semblait donc voué à en arriver, tôt ou tard, au fondamental Nancy & Lee, chef-d’œuvre de pop baroque et de country trépidante daté de 1968 et aujourd’hui considéré comme l’un des disques les plus marquants et influents des années soixante. Continuer la lecture de « Nancy & Lee, Id. (Reprise Records, 1968) »

à la une

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , ,

Visual Sequence, Brume (ERR REC)

La récente vague ambient, ce qu’elle implique comme injonction au confort domestique n’est pas sans ambiguïtés. Comme on peut par exemple le lire dans un passionnant recueil paru ce printemps aux éditions Audimat, il en irait d’une complaisance avec un certain esprit du capitalisme – la musique réduite à sa seule fonction de marchandise environnementale. Aussi, les projets convoquant une réelle radicalité et volonté de recherche sont suffisamment rares pour retenir notre attention. C’est le cas ici avec Brume de Visual Sequence, fascinant travail sur les atmosphères paru sous forme de K7 sur l’excellent label ERR REC. Première sortie officielle de l’artiste visuel et sonore Rhiannon B, elle dénote en effet une impressionnante maîtrise de la synthèse analogique. Continuer la lecture de « Visual Sequence, Brume (ERR REC) »

à la une

Catégories billet d’humeurÉtiquettes , , , ,

« Running Up That Hill » : la nouveauté cannibalisée par le rétro

Kate Bush
Kate Bush

Succès surprise de ces derniers mois, Running Up That Hill de Kate Bush a fait une entrée fracassante dans le Top 10 américain, pour la première fois, 36 ans après sa sortie. L’exploit n’est pas mince. La chanson avait, à l’époque, atteint la 34ème place du Billboard 100, la voici désormais en quatrième position, et en première en haut des charts anglais. Devenue virale suite à une synchronisation dans la saison en cours de Stranger Thingsla chanson est en passe de connaître un destin similaire à Dreams de Fleetwood Mac, autre prouesse inattendue. Cette nouvelle intrusion du passé dans le présent ne manque pas d’interpeller. Stereogum a d’ailleurs écrit un article intéressant sur le sujet, posant de bonnes questions, à défaut de toujours proposer les réponses les plus probantes. L’article présente ainsi le phénomène :  « la croissance actuelle du marché vient d’anciennes chansons. » Rachel Brodsky, l’autrice, ajoute : « le prochain succès viral pourrait être littéralement n’importe quoi. Le problème est que cela implique aussi des sorties anciennes. » Pour le dire autrement, le passé, de tout son poids, exerce une concurrence démesurée sur le présent. Continuer la lecture de « « Running Up That Hill » : la nouveauté cannibalisée par le rétro »

à la une

Catégories billet d’humeur, playlistÉtiquettes , ,

Happy birthday, Paul McCartney.

Paul McCartney
Paul McCartney

Paul McCartney a donc 80 ans, dont au moins les trois-quarts passés à écrire, composer, jouer, enregistrer une œuvre qui restera probablement comme le catalogue de chansons le plus impressionnant du xxe siècle, avec celui de Bob Dylan. En d’autres termes, cela signifie tout simplement qu’on a tous “dans le cœur” une ou plusieurs chansons de Paul McCartney ou une multitude de souvenirs associés, d’une façon ou d’une autre, à des chansons de Paul McCartney. Bien sûr, ces titres inoubliables sont principalement ceux des Beatles, mais peu importe. L’œuvre solo de McCartney, avec ou sans Linda et les Wings, n’est pas loin d’être aussi importante (je force un peu le trait, bien entendu). En tout cas, il est clair qu’aucun autre compositeur contemporain n’aura à ce point diffusé ses chansons dans tous les recoins du monde et dans les discographies de milliers d’autres artistes.
Raconter un demi-siècle de création musicale de cette importance est une entreprise forcément singulière. Pour célébrer ces 80 ans d’une façon originale, j’ai pensé que le mieux était sans doute de mélanger les standards atemporels dans leurs versions originales et certaines reprises majeures ou inattendues qui, à leur façon, témoignent du chemin parcouru à travers le monde, mais aussi à travers le temps, par l’immense répertoire de chansons de Paul McCartney. Je trouve que cette playlist fait travailler l’imaginaire et remonter des souvenirs. C’est une proposition parmi des milliers d’autres possibles.

Continuer la lecture de « Happy birthday, Paul McCartney. »

à la une

Catégories climatsÉtiquettes , , ,

Climats #22 : Trintignant, Leonard Cohen

Jean-Louis Trintignant
Jean-Louis Trintignant / Photo : James Andanson

This could be the saddest dusk ever seen
You turn to a miracle high-alive
Michael Stipe

Peut-on écouter Vauxhall and I de Morrissey sous le franc soleil de juillet ? Et un Antônio Carlos Jobim empêtré dans un crachin de février, c’est toujours du Antônio Carlos Jobim ? Climats met en avant les sorties disques et livres selon la météo. Continuer la lecture de « Climats #22 : Trintignant, Leonard Cohen »

à la une

Catégories interviewÉtiquettes , , ,

Frontperson : amicalement vôtre

Frontperson
Frontperson / Photo : Marie-Lyne Quirion

L’histoire avait débuté il y a presque quatre ans. Celle d’une rencontre et d’une collaboration amicale entre Mark Hamilton (Woodpigeon) et Kathryn Calder (The New Pornographers). Trop belle pour s’interrompre, elle se poursuit donc aujourd’hui avec un second album en commun, Parade qui prolonge les plaisirs simples et évidents que suscitent des chansons où les mélodies et les gimmicks pop de l’une s’accordent à merveille avec les tonalités plus mélancoliques de l’autre. Continuer la lecture de « Frontperson : amicalement vôtre »

à la une

Catégories borne d'écouteÉtiquettes , , , ,

« Joindre l’utile à l’agréable », un rayon de soleil doux amer de Mim feat. Damien Schultz

C’est un morceau vraiment très doux, enivrant d’un bonheur simple, presque badin. Il a désormais malheureusement l’âpreté, la douleur et l’amertume du deuil. Nous sommes encore beaucoup et beaucoup trop choqué(e)s par la mort de Damien Schultz, pour avoir déjà le courage de vous expliquer quel être essentiel, génie du verbe et du comptoir, il fut.
Et on va avoir beaucoup de mal à faire de ce morceau qui pourtant se pose un peu là dans le genre, sur la même serviette humide que nous, un tube de l’été. Et pourtant c’est peut-être le plus bel hommage possible, un truc sur l’amour inconditionnel qu’inspirent certains, ou certaines. On peut, comme il est dit ici en conclusion, rigoler faussement de l’amour, l’on peut tout autant aussi et toujours s’y abandonner.
C’est extrait d’un disque probablement important qui sortira en octobre prochain, celui de Mim, metteur en sons de l’épatant Saint Guidon de Charlene Darling mais aussi le frère d’Èlg/Orgue Agnès, ancien complice de Damien Schultz.
Le disque s’appelle L’amour aux 1000 parfums. C’est aussi le nom de son label. On en reparlera pour sur. Joindre l’utile à l’agréable, le doux et l’amer. Bonsoir copain.


L’amour aux 1000 parfums, l’album de Mim, sortira à la rentrée chez a1000p.