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Avant-première : le nouvel album de Bootchy Temple en écoute

Bootchy Temple / Photo : Maëlys Favory
Bootchy Temple / Photo : Maëlys Favory

La petite histoire voudrait que les cinq membres du groupe ont mis au point leurs premières sessions lors de séjours dans les Landes, en 2012. Inspirés par une pop au doux parfum d’indie, ils se placent dans la descendance de groupes adorés comme Yo La Tengo ou Beat Happening. Trois disques et un déménagement à Nanterre plus tard, les Bootchy Temple ont travaillé près d’un an dans le sous-sol de leur maison sur leur nouvel album, et se sont exilés en Creuse (la nature, encore) pour enregistrer la bête au Capitola Analog Studio. In Consummated Bloom, au nom tiré d’un poème d’Emily Dickinson, (Mouvement qui se ferme et se replie tout en renaissant, précise Martin  – chant / guitare) voit désormais le jour, et on vous propose de l’écouter avant sa sortie ce vendredi sur Howlin’ Banana Records en vinyle et digital, et chez Safe In The Rain en K7.

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Section Sixteen #11 : Nils, 10 ans

Qu’écoutent réellement nos kids ?

Dessins de Nils
Logo : Gabrielle B.

Elles / ils sont des filles de, fils de – ou peut-être des cousines ou des cousins, des nièces, des neveux. Toute la journée, toute la semaine, ils subissent la musique forcément cool qu’écoutent leurs parents ou les membres de leur famille. Alors, ces ados et pré-ados sont-ils déjà condamnés à écouter ce qu’on leur impose au presque quotidien ? Pas forcément, la preuve par 16, comme en témoigne la onzième mixtape de cette série, concoctée par Nils, 10 ans.

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Star Feminine Band, s/t (Born Bad)

star feminine band“La musique, c’est notre affaire, la musique, c’est notre boulot”

Ce ne sera pas manquer de respect à ce collectif de jeunes femmes du Bénin que de laisser à d’autres, beaucoup plus savants et éclairés, le soin de développer l’histoire précise et le contexte géographique et culturel de la création de ce disque. Je pense notamment au brillant texte de Jacques Denis pour le site Pan African Music, agrémenté d’un entretien approfondi avec André Balaguemon, professeur et ange gardien de tout ce petit monde. Le Star Feminine Band est le fruit d’un accompagnement dans le cadre d’une école de musique, dans le village de Natitingou au nord du pays. Dans un carcan socio pédagogique qui pourrait se révéler étouffant, elles ont généré une musique d’une liberté et d’une simplicité qui donne le sourire, tout en véhiculant une énergie juvénile, comme un bain de jouvence. Continuer “Star Feminine Band, s/t (Born Bad)”

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Clique & Collecte chez Vicious Circle à Toulouse

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Vicious Circle, Toulouse.
Vicious Circle, Toulouse.

Créé en 1993 par les fondateurs du fanzine Abus Dangereux, le label bordelais Vicious Circle, fort de plus de 150 références, s’est toujours distingué par des choix éclectiques et excitants. De Shannon Wright (Atlanta), exceptionnelle songwriter réputée pour ses albums et performances live riches en émotions aux telluriques BellRays (Los Angeles) ; du hip-hop délirant des Puppetmastaz (Berlin) aux ambiances noires et langoureuses d’Elysian Fields (Brooklyn) aux chansons mélodramatiques et modernes de Mansfield.TYA (Paris). Mais aussi les cultes Chokebore et leur génie de leader Troy Von Balthazar. Sans oublier beaucoup d’autres. En 1997, l’équipe du Label Vicious Circle décide de se lancer dans l’aventure de la boutique de disques, et vingt-trois ans plus tard, la boutique a déménagé et s’est agrandie, ainsi que l’équipe. Gregoire, Xavier et Eric accueillent désormais en plein centre ville, à deux pas de la place du Capitole. Si le rock a toujours été l’ADN principale de Vicious Circle, on trouve aujourd’hui un vaste choix en magasin, allant de la pop au hardcore, de la folk au hip-hop en passant par la soul et l’electro. Dua Lipa côtoie Fat Mike, Kendrick Lamar discute avec les Oh Sees.

Vicious Circle, 56 de la rue Léon Gambetta à Toulouse est joignable via son site et assure des heures de retrait du Mardi au Vendredi de 17 à 18h et le Samedi de 16h à 18h. Un service de livraison à vélo (dans un périmètre délimité) est aussi à disposition. Et aussi, par téléphone 05 61 23 82 83, par email à shop@viciouscircle.fr ou sur leur Discogs.
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Tenniscoats, Music Exists Box (Alien Transistor)

Music Exists. Comme si ça pouvait être si simple. Comme si la vérité pouvait s’imposer, tout bonnement, avec la crudité sereine et inaltérable de l’évidence. C’est rare, mais cela arrive encore, pourtant. Quand une œuvre transperce les masses inertes et pesantes du quotidien et parvient à les dissiper immédiatement, sans réserve, sans nuance, sans l’ombre d’un « c’est un peu plus compliqué que ça ». Cette musique existe donc. Je l’ignorai encore il y a quelques semaines ; je le sais à présent et, jusqu’à nouvel ordre, cette révélation donne tout son sens et ses couleurs à un automne qui en manquait assez dramatiquement. Continuer “Tenniscoats, Music Exists Box (Alien Transistor)”

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La Récré, Ne Penser à Rien EP (BMM)

Un peu plus d’un an après un excellent EP chroniqué ici-même, La Récré, le duo formé par Émile Sornin (Forever Pavot) et Cédric Laban, (Isaac Delusion) revient aux affaires avec Ne Penser à Rien. Ils retrouvent à nouveau le label Black Milk Music (Fat Badgers, M.A. BEAT!…) Le groupe affine ici encore d’avantage sa formule punk jazz, selon la description bandcamp des intéressés. Du punk, les Français ont gardé la liberté de ton et cette capacité à se défaire des conventions. Leur musique est certes ancrée dans le jazz, mais ne se contente pas de réciter les fondamentaux. La simplicité d’Absolument Rien n’a, par exemple, rien d’austère. Continuer “La Récré, Ne Penser à Rien EP (BMM)”

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Clique & Collecte chez Le Souffle Continu à Paris

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Le Souffle Continu, Paris
Le Souffle Continu, Paris
Fondé en Octobre 2008 par deux anciens ténor du quartier Jussieu, Theo Jarrier (Paris Jazz Corner) et Bernard Ducayron (Jussieu Musique) Souffle Continu n’a jamais usurpé son titre de temple de l’underground parisien. Gardant et élargissant le cap de ces échoppes qui ont temporairement fait plus d’une éducation (Les Etablissements Phonographiques de l’Est, Wave) avant de devenir à raison, cultes, Souffle Continu ne propose pas seulement des disques à acheter mais surtout, une histoire oblique, une pédagogie, un accès sans contraintes à tout ce qui a pu pimenter les musiques transversales depuis deux siècles. Theo et Bernard ne s’arrêtent d’ailleurs pas là puisque Souffle Continu est également un éminent label de réédition de pointe dont les parutions hyper chiadées sont toujours des événements. Barney Willen, Steve Potts, Heldon, Red Noise, Emmanuelle Parrenin, Mahogany Brain, Mahjun, Jacques Thollot, et à mesure que la liste s’allonge, c’est bien un véritable patrimoine sonore qui se fait jour et qui ne tombera pas dans l’oubli. Le magasin prolonge ses explorations avec des rencontres, des débats et des concerts dont la liste donne le tournis et les intervenants (Thurston Moore, Don Cherry, Etienne Jaumet, Richard Pinhas, Areski ou encore Irmin Schmidt de Can) confortent toute la raison d’être de ce lieu décidément incontournable.
Le Souffle Continu, 20-22, Rue Gerbier dans le 11ème à Paris, également joignables sur leur site, leur page facebook, par téléphone au 01 40 24 17 21 et par mail : contact@soufflecontinu.com
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Bedhead – The dark ages

Retour sur l’intégrale de Bedhead, 1992-1998 (Numero Group, 2014)

BedheadAlors que l’Amérique, en mal d’humanisme, vient de se trouver un nouveau président après quatre très longues années d’une plaisanterie pas toujours drôle et dont la chute est toujours en cours à l’heure où nous tapons ces lignes. Alors que Touch And Go réédite en vinyle les trois premiers albums de The New Year, le groupe que les frères Matt et Bubba Kadane formèrent avec Chris Brokaw à la suite de Bedhead, il nous parait en ce dimanche nécessaire de reproduire la chronique du coffret intégrale paru en 2014 chez Numero Group, afin que vous ne restiez pas plus longtemps dans l’ignorance.

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Le club du samedi soir #24 invite Le Gospel

Antonio Julio Duarte
Photo : Antonio Julio Duarte

Nous avions déjà parlé du travail de fourmi d’Adrien Durand et son fanzine Le Gospel dans l’interview donnée pour notre série Papivole, menée par Renaud Sachet. Presque deux ans plus tard, il était logique de prendre quelques nouvelles d’un fanzine né presque au même moment que nous, avec cette idée à priori tout aussi dingue de se reconnecter avec l’essentiel, à savoir nos obsessions musicales sans qu’elles soient perverties par le marketing, et une envie d’écrire de la façon la plus indépendante possible. Refaire de la passion pour la musique une histoire humaine, avec un lien simplifié entre l’auteur et le lecteur. Le Gospel est tout cela, un fanzine qui en est à son septième numéro (double : Une autre histoire du DIY / Musique et lutte des classes – en cours d’envoi), un site qui publie régulièrement du contenu indépendant du fanzine, un shop où on trouve des cassettes, des t-shirts, un beau livre pour enfants… J’ai posé cette après-midi même quelques questions à Adrien pour résumer tout ça, mais ses réponses m’ont semblé témoigner si justement de la situation complexe que nous traversons tous, avec un optimisme revigorant, qu’on a décidé de les publier. Alors pendant que vous écouterez cette mixtape qu’il nous a offerte, lisez ses propos, puis Le Gospel. Nous sommes si peu à défendre nos idéaux aussi librement.

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Clique & Collecte chez Comme à la Radio à Nantes

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Comme à la Radio, Nantes.
Comme à la Radio, Nantes.

Comme à la Radio est d’abord connue comme une caverne enfermant un impressionnant stock de matériel et de disques. Sébastien et Jean, deux amis de longue date s’installent rue Marceau, à Nantes, en 2013. Cinq ans plus tard, ils sont rejoints par Clément et après une année dans le local, le volume de disques débordant, ils installent en août 2019 la section disque dans un nouveau local de la rue des antiquaires et des boutiques de matériel audio : la rue Jean Jaurès, anciennement rue des Arts. Un espace de vente avec 95% de seconde main, mais aussi une section neuf de musiques actuelles en plein essor. Pas de barrières dans l’exploration musicale, on retrouve dans les bacs du classique, du hip hop en passant par un solide rayon jazz, afro, brésilien, rare groove, sans oublier quelques milliers de 45 tours des quatre coins du monde. Comme à la radio est un voyage où la curiosité est de mise… Pour renflouer les bacs au maximum, l’équipe redouble d’efforts, avec notamment de récents voyages au Japon. La musique est toujours vivante et régulièrement, on retrouve des Dj sets et lives enregistrés sur place que l’on peut réentendre sous la forme de mixtapes k7, Chromes à la Radio : déjà 16 volumes, tous en écoute libre sur le mixcloud et en vente au shop.

Comme à la Radio, 30 rue Jean Jaurès, 44000 Nantes, également joignables sur leur page facebook, leur page Discogs, et leur page Instagram.
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“Mais qu’est-ce que c’est que ce TRUC?”

Interview collective autour de la sortie d'”Instruments imaginaires”, compilée par Pierre Bastien

Pierre Bastien

Il y a un truc avec les musiques instrumentales : j’y suis assez facilement sensible. Les peu de fois où j’ai mis les pieds en studio pour assister à un enregistrement, j’étais d’ailleurs très vite séduit par les pistes instrumentales, et il m’est souvent arrivé de penser qu’y poser une voix serait du gâchis. Et puis, dans les discussions, on m’a aussi parlé de la voix, et que souvent la signature d’un groupe, c’était son chanteur. Quand il y a quelques années, j’ai raccompagné Pierre Bastien à l’aéroport, après un concert à la médiathèque avec ses petites machines en Meccano, je lui ai posé la question bateau de savoir quelles chansons l’avaient marqué ses derniers temps… Il m’a répondu ceci en substance : “Des chansons? Ah non, mais moi, je déteste les voix dans la musique”. C’était la première fois qu’une personne me disait ça aussi frontalement, sans aucun fard. Continuer ““Mais qu’est-ce que c’est que ce TRUC?””

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Clique & Collecte chez Plexus Records à Poitiers

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Plexus records, Poitiers.
Plexus records, Poitiers.

Après des débuts comme vendeur de disques ambulant et sur internet dès 2009, Guillaume Saintillan ouvre Plexus Records dans le centre-ville de Poitiers, deux ans plus tard. A quelques pas de l’imposante et magnifique église romane de Notre Dame la Grande, la petite boutique détonne dans le marasme des disquaires pictaves d’alors, et parvient à se faire un nom pour les amateurs de trouvailles sur vinyle, qui peuvent aussi y dénicher des appareils hi-fi remis en état. Plexus Records est aussi un label, qui propose d’abord diverses productions éclectiques au format cassette en édition limitée. Rejoint par Paul Le Masson, Guillaume étend son activité et profite d’un déménagement à quelques numéros dans la même rue en 2016, pour ouvrir un espace plus grand et très chaleureux. Dans l’esprit boisé des jazz cafés tokyoïtes, le nouveau magasin déploie des trésors audiophiles, au milieu des enceintes JBL vintage, et combine des bacs peu avares en nouveautés, tout comme en seconde main. Une des spécialités maison demeure en effet la recherche tout azimut, et le duo se plait à aller débusquer des pépites au Japon, 2 à 3 fois par an, pour proposer des collectors ou des pressages japonais de qualité à ses clients. Le label édite plusieurs vinyles, et notamment le divin Santa Barbara, auparavant édité en cassette et rééditée en double vinyle sous une pochette sérigraphiée. La house bricolée d’Albinos se paie même le luxe d’être élue meilleur disque de 2017 par l’institutionnel Phonica Records, devant Sampha, Four Tet ou LCD Soundsystem notamment ! Ces dernières semaines, le référent Jérôme Qpchan, un des meilleurs contributeurs et diggers de Discogs, basé à Tokyo, rejoint l’équipe pour chiner exclusivement pour Plexus à distance. Le disquaire propose évidemment une activité de click & collect, ou de vente par correspondance avec Discogs, et fourmille de projets : le lancement d’un site web spécialisé dans les prochains mois, ainsi que l’ouverture d’un second local spécial pour la VPC et le rachat des occasions. Restons vigilants !

Plexus Records, 172 Grand’Rue à Poitiers. Et aussi sur leur page discogs, ou leur page facebook et instagram, par téléphone au 05 49 30 41 22 ou par mail ici : plexusrecords@gmail.com
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Le Signe du Lion – Aharon Appelfeld, Eric Rohmer, Henry Nowhere

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Le signe du Lion d'Eric Rohmer
Le signe du Lion d’Eric Rohmer

Lumières d’août. C’est penser à toi, née sous le signe du Lion. C’est en lisant le livre posthume d’Aharon Appelfeld, Mon Père et Ma Mère, que je me suis rendu compte de ce qu’était une fidélité. Moi qui suis si maladroit avec mes amitiés, les vivant toujours comme on observe des étoiles distantes, j’ai réalisé ma chance. Appelfeld revient vers les rivages de son enfance. C’est souvent émouvant et drôle aussi. Continuer “Le Signe du Lion – Aharon Appelfeld, Eric Rohmer, Henry Nowhere”

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Vika Orline reprend “Des Heures Hindoues” d’Étienne Daho (inédit)

Vika Orline
Image : Vika Orline

Vika Orline, ce n’est pas un groupe de death-metal finlandais mais au départ un duo dionyso-lyonnais composé d’Arnaud Raquin (Marie Marie Cells) à la guitare et Charles Virot (Clara Clara) au clavier, très vite rejoints par François Virot (Clara Clara, Réveille, et lui-même) à la batterie et Franck Testut à la basse. Sur leur premier album Tu fais partie des humains, on alterne les compositions : tantôt Arnaud écrit et chante sa chanson, tantôt c’est Charles. Chacun sa patte pour exprimer un désenchantement partagé, “Vika Orline est un être à deux têtes qui n’en fait qu’à la sienne. Il avance calmement en regardant dans plusieurs directions, jouant avec ses bras des compos pop sucrées-salées à la française, éclairées aux lueurs des incendies de son temps. Double vision, pour un même horizon. Faire au plus simple, au plus direct, pour s’incruster dans les têtes. Ils nous offrent leur reprise Des heures hindoues, d’Étienne Daho, retour aux sources pour Arnaud, fan du Saint Étienne depuis tout petit : “Enfant, j’aimais déjà beaucoup ce morceau. Ces paroles ont toujours fait écho “même si ne je suis rien, si je suis personne…” Tout le monde devrait se dire ça le matin et se le répéter comme un mantra, nous sommes tous des grains de poussière.

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Strawberry Seas : “On essaye juste d’écrire des bons titres pop”

Rencontre avec une des révélations pop française de 2020.

Strawberry Seas
Strawberry Seas

Personne ne l’a vu venir, mais le premier album des Strawberry Seas est une des bonnes surprises pop de l’année. Enregistré rapidement et en live pour capturer la fraîcheur et l’énergie des concerts, les treize titres de l’album sont autant de singles potentiels. Si l’inspiration vient clairement de la scène indé des nineties, à aucun moment leur musique ne frôle le pastiche ou le plagiat. C’est en partie dû à la volonté de Carine et Raphaël, les deux compositeurs de groupe, de créer des pop songs qu’ils auraient envie d’entendre, mais aussi à une production chaleureuse et intemporelle. Depuis l’enregistrement de ce disque, les Strawbery Seas sont passés d’un quatuor à un quintette avec l’arrivée d’un guitariste additionnel. C’est au grand complet et confiné que le groupe nous a accordé une interview. Ils évoquent la rapidité avec laquelle tout s’est enchaîné de la création du groupe jusqu’à leur signature sur le label December Square, mais aussi leur frustration de ne pas pouvoir rencontrer leurs fans, et aussi les influences les plus étranges qu’on leur prête à tort. Continuer “Strawberry Seas : “On essaye juste d’écrire des bons titres pop””

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Clique & Collecte chez Rhizome à Nancy

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Rhizome, Nancy.
Rhizome, Nancy.

On avait suivi de près les aventures nancéiennes d’Ici d’ailleurs, le label qui a sorti un certain nombre de disques précieux comme ceux de Married Monk (Christian Quermalet), FUGU (Mehdi Zannad) et Peter von Poehl, ainsi que ceux de Gontard, Rodolphe Burger, Chapelier fou, Julien Ribot, GaBLé ou Matt Elliott / The Third Eye Foundation. Ludovic trône désormais au cœur d’une montagne de plastique noir, devenue l’un des fiefs de musique indépendante de la Meurthe-et-Moselle. Nous lui avons demandé de décrire leur projet, voici sa réponse.

rhizome (n.m) :
1. Tige souterraine vivace, généralement horizontale, émettant chaque année des racines et des tiges aériennes.
2. Théorie philosophique développée par Deleuze et Guattari, désignant une structure évoluant en permanence, dans toutes les directions horizontales, et dénuée de niveaux.
3. Disquaire situé 15 rue Gilbert à Nancy – émanation du label Ici d’ailleurs – visant à explorer sans hiérarchie ni élitisme l’essentiel des territoires musicaux découverts à ce jour, de leurs racines à leurs représentations les plus actuelles. Fonctionnant selon un principe de connexion, il a pour ambition de faire se rencontrer les auditrices et auditeurs de tous horizons autour d’un disque (Vinyles & Cd’s), d’une platine, d’une tablette d’écoute, de Conférences et de Dj Sets.

Rhizome, 15 rue Gilbert, 54000 Nancy. Également joignables sur leur page facebook, par mail : rhizomerecordstore@gmail.com ou par téléphone au 03 83 37 02 01.
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Le Chevalier de Rinchy, Espace Reggae Révolution (Le Vilain Chien)

Le Chevalier de RinchySorti en janvier dernier sur Le Vilain Chien, il n’est jamais trop tard pour parler de ce classique immédiat et intemporel qu’est Espace Reggae Révolution, le second album du Chevalier de Rinchy, faisant suite à Mes Plus Belles Chansons d’Amour, paru en 2007. Entre les deux, il y a eu également le CD-R aujourd’hui introuvable Jingles, Interludes et Dimanche Minuit (2009), rassemblant nombre de jingles que Guillaume a dû composer quand il travaillait pour la publicité (il a aussi été acteur dans certaines d’entre elles). Ce nouveau disque du Chevalier propose ici vingt titres au cœur d’une trilogie impossible : l’espace, le reggae et la révolution. Vingt titres qui prennent le temps de s’étirer davantage que sur le précédent, car on y trouve cette fois des chansons quasi entières, avec des couplets, des intros, des ponts, et des refrains. Continuer “Le Chevalier de Rinchy, Espace Reggae Révolution (Le Vilain Chien)”

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Clique & Collecte chez Modulor à Paris

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Modulor, Paris.
Modulor, Paris.
Créé en 2008 à Paris par Elvin Pagiras, Modulor est au départ un label et une société de distribution numérique et physique au service des artistes indépendants. Au fil des ans, Modulor se développe en lançant notamment ses services de promotion et marketing, sa propre logistique basée à Alfortville et plusieurs sous labels dont Le Très Jazz Club avec Fuzati du Klub des Loosers et Wewantsounds (dont nous vous avons déjà parlé ici notamment) avec Matt Robin. En 2018, Modulor lance son site de vente en ligne, modulor-records.com et l’année suivante, la société fait l’acquisition de nouveaux bureaux flambants neufs et s’installe dans le 20ème. Ces locaux sont l’occasion d’offrir une belle vitrine aux labels distribués, dont un certain nombre d’habitués des colonnes de section26 : Drag City, Mexican Summer, Sub Pop, Captured Tracks, Sacred Bones, Constellation, Asthmatic Kitty, Touch & Go, Kompakt, Ghostly International, Big Crown, Daptone, Glitterbeat, Analog Africa, Effiscienz, Rhymesayers, et Death Row pour n’en citer que quelques uns. Depuis l’offre de la boutique gérée par Pierre Blotman s’est élargie à d’autres fournisseurs. Il s’explique : “Le 20ème ne comporte presque aucun disquaire, nous sommes dans un quartier assez calme et familial. Malgré le jeune âge de la boutique et les mois d’arrêt dû au confinement, on a développé une clientèle d’habitués et de passage. Indépendante de la partie distribution située au même endroit, la boutique propose un choix plus large que ce qui est distribué, notre sélection est plutôt éclectique, allant du hip-hop au jazz, en passant par de l’électro et la world avec un grand choix de rock indé. Nous sommes plus tournés vers la musique indépendante et évitons au maximum la grosse cavalerie de major.” Et pour contrer la baisse d’activité liée à la fermeture provisoire, le site va proposer 15% de réduction sur tout le stock avec le code HIVER2020. A suivre !
Modulor, 28 rue du Surmelin dans le 20ème à Paris, et via leur site modulor-records.com et par téléphone au 01 42 23 09 06.
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Cheap Trick, Cheap Trick (Epic)

1977, en pleine vague punk, sort le premier album de Cheap Trick, formation américaine de Rockford dans l’Illinois. Disque inclassable, il figure parmi les jalons de la powerpop mais n’en épouse cependant pas tout à fait les contours. Dès la pochette, le groupe exprime cette ambiguïté, la difficulté de les classer avec précision. Au centre, les beaux gosses Robin Zander (chant) et Tom Petersson (basse) sont accompagnés par les gueules iconoclastes de Bun E. Carlos (à gauche, batteur) mi-Hidalgo mi-Groucho, et Rick Nielsen (à droite), le guitariste au look d’écolier, connu pour avoir une guitare à cinq manches. Continuer “Cheap Trick, Cheap Trick (Epic)”

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Clip : The Attendant : “Teenage”

Un simple bénéfice secondaire du confinement ? Ou plutôt une tentative pour faire circuler librement un peu de la parole poétique qui s’accumule dans l’espace domestique restreint et cherche à s’étendre dans les rues vides ? Il y a un peu de cette urgence nouvelle et peut-être encore bien d’autres choses dans The Attendant, nouveau projet de Pete Astor, épaulé par Ian Button (Papernut Cambridge, Death In Vegas). Un premier 45 tours est déjà sorti au printemps, un troisième est annoncé. Entre les deux, Teenage s’intercale en guise de transition, comme une version dévastée et glaçante du prélude en talkover de Suburbia (1986) des Pet Shop Boys.

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Clique & Collecte chez Locked Grooves à Strasbourg

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Locked Grooves, Strasbourg.
Locked Grooves, Strasbourg.

L’histoire débute il y a cinq ans. David, Phil du défunt Mudd Club et Quentin (Winston Smith) font un choix qui sauve l’honneur de la ville au rayon des disquaires indépendants : créer à nouveau un lieu où l’on puisse découvrir des nouveautés en vinyle. Il fallait alors admettre qu’à part une seule autre option réservée à l’occasion, les disquaires avaient tous finalement mis la clé sous la porte. Situés à l’époque rue de la Division-Leclerc, l’échoppe propose une sélection assez orientée sur la musique de club, avant tout parce qu’ils sont tous les trois DJ’s. De disco à house et techno, avec des écarts funk et post punk, les maxis s’échangent parmi une clientèle ouverte sur la région Grand Est et le Bade-Wurtemberg frontalier. Aujourd’hui, resitué à côté de la Place des Halles, David est seul à bord, car le disquaire de niche, même dans une ville à priori européenne, ne nourrit pas trois estomacs. Les choix du patron évoluent aussi, et s’élargissent à la wave, l’indus, avec une ouverture sur les classiques 70s, le hip hop, le dub et l’afrobeat, que ce soit de l’occasion ou des beaux repressages. Quelques envies pointent aussi d’élargir vers la musique expérimentale, contemporaine et baroque. David espère aussi monter Locked Grooves, le label, avec très probablement un EP de Wilt, projet basé entre Strasbourg et Besançon, histoire de mettre en perspective la production locale. En attendant, des jours plus fastes, s’il reste un disquaire, c’est celui-là, et il faut aller le soutenir.

Locked Grooves, 10 Place des Halles à Strasbourg. Joignable en clicque et collecte sur leur page facebook, leur site , ou par téléphone au 06 62 81 71 76.
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Domenique Dumont, People On Sunday (The Leaf Label)

J’avais découvert Domenique Dumont, entité originaire de Riga (Lettonie), sous les feux croisés de recommandations privées (dont celle de l’avisé Michel Wisniewski, le patron de Scum Yr Earth, qui les avait vus en concert) et de prescriptions imparables (un texte de Stephen Pastel pour Monorail, sans doute). J’ai écrit “entité” parce qu’il y a un petit mystère autour de ce sobriquet francophile derrière lequel se faisait discret un certain Arturs Liepins. Solo, groupe, duo, mystérieux musicien français? Son entretien publié ici nous permettait de passer derrière le miroir des deux magnifiques disques inépuisables parus alors chez Antinote : Comme ça (2015) et Miniatures de Auto-Rhythm (2018). Continuer “Domenique Dumont, People On Sunday (The Leaf Label)”

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Clique & Collecte chez Transat à Poitiers

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Transat, Poitiers
Transat, Poitiers / Photo : Pierre Antoine

Fondé au milieu des années 80 par l’équipe de L’Oreille est Hardie, en haut du Pont Neuf qui relie le centre-ville de Poitiers à ses principales facultés, le Confort Moderne a attiré beaucoup de groupes précurseurs à ses débuts, devenant la salle de concerts aux oreilles grandes ouvertes, rarement pop mais toujours moderne, de la préfecture du Centre-Ouest. D’ailleurs, derrière la lourde porte ornée d’un logo inspiré du fameux personnage en jaune et noir Use hearing protection de Factory Records, le lieu a toujours cherché à décentraliser les pratiques créatives, offrant au public un espace d’exposition défricheur lui aussi, tout comme la Fanzinothèque, lieu unique d’archive de fanzines donc et de micro-éditions ; d’ailleurs Mushroom y siège, très bien entouré. Dans la cour du Confort donc, comme l’appellent les Pictaviens, au milieu des locaux de répétition, s’ouvre dès 1987 un disquaire, foncièrement indépendant, la Nuit Noire. Alors adolescent, j’y déniche un badge bleu et gris de Tuxedomoon du plus bel effet, ainsi que le noir et blanc classique de P.I.L., qui orneront ma veste en jean dans le lycée voisin. Quand la Nuit Noire ferme ses portes définitivement, Lionel Bouet, du groupe noisy pop Liquid Team, décide de reprendre le local à disques pour y monter Transat en 2001. Continuer “Clique & Collecte chez Transat à Poitiers”

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Je déteste la musique

Schädel mit Kerze (Crâne avec bougie), Gerhard Richter, 1983
Schädel mit Kerze (Crâne avec bougie), Gerhard Richter, 1983

Sortir de la nuit : marcher vers la lumière — ne pas atteindre le bout du chemin. Peut-on, par l’entremise de la peur et de la désolation, perdre jusqu’à la dernière fonction émotionnelle ? Peut-on, sous la menace du temps qui file entre nos mains, craindre même l’écoulement de la chanson ?

J’écris ici à la lumière d’une bougie. Autrement dit : encore tapi dans la nuit, observant grâce au début d’un regain de lumière, ce qu’il manque encore de jour à la vie. Je voudrais que revienne mon attention au monde car je l’ai perdue. Des mois que je n’ai pas écouté le commencement d’une chanson sans que mon esprit s’égare et se referme. Des jours que je n’ai pas ressenti le début d’une émotion claire et distincte. Des heures que je n’ai pas appartenu à l’humanité pleine et entière. Continuer “Je déteste la musique”

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Clique & Collecte chez Dizonord à Paris

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Dizonord, Paris
Dizonord, Paris.

Créé en 2019, Dizonord (pour Disquaire de la Zone Nord) s’est immédiatement imposé comme l’un des hauts lieux du digging pointu et oeucuménique. Field recording, Folk trad, musiques africaines, japonaises ou orientales, musiques pour enfants, expérimental, noise ou free côtoient toutes les formes de musiques électroniques – dancefloor, rave ou plus abstraites, l’offre est impressionnante. L’ambition, pour les fondateurs et animateurs du lieu, étant de réunir les multiples communautés qui gravitent autour des différentes chapelles musicales, de faire du shop un point de rencontres et d’échanges. Un établissement qui est aussi très actif dans son quartier (ateliers pour les enfants, dj set, rencontres, etc.), et qui fait office de label ou de maison d’édition. Mention spéciale pour leur capacité à dénicher les deadstocks des labels et autres distribs les plus improbables !

Dizonord 9 rue André Messager, 75018 Paris. https://dizonord.fr
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David Costa (Trees) – Vieilles Branches

Trees / Photo : Hipgnosis
Trees / Photo : Hipgnosis

Deux petits tours et puis s’en vont. L’éphémère parcours de Trees au sein de la scène folk britannique au tout début des années 1970, est de ceux qui se prêtent le plus aisément aux plaisirs de la redécouverte. Comme souvent dans ces cas-là, quand l’intérêt rétrospectif est inversement proportionnel aux retentissements initiaux, il faut commencer par dissiper quelques soupçons réticents : depuis bien longtemps, l’exercice critique qui consiste à exhumer des oubliettes de l’histoire les prétendus trésors négligés qui y croupissent a été trop massivement pratiqué pour ne pas engendrer la méfiance devant ces incessantes tentatives de réhabilitation. Elles n’ont trop souvent comme seule vertu que de distinguer, avec une ostentation érudite, ceux mêmes qui les pratiquent du lot – trop commun à leurs yeux, sans doute – des simples amateurs prisonniers des hiérarchies convenues de l’histoire officielle. Pour Trees, il ne s’agit pourtant pas d’un de ces coups de force aussi audacieux qu’improbables pour inverser l’ordre des valeurs esthétiques et chambouler les classements établis. Aujourd’hui, la publication par Earth d’une intégrale augmentée – les deux albums originaux désormais replacés dans un contexte qu’éclairent bon nombre de démos et de versions inédites – apparaît comme l’aboutissement logique d’un travail de fond, entamé au début du siècle et soutenu par de nombreux acteurs. C’est plutôt bon signe. Continuer “David Costa (Trees) – Vieilles Branches”

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Clique & Collecte chez Ground Zero à Paris

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Ground Zero, Paris
Ground Zero, Paris

Originaire de Perpignan, Franck Pompidor débarque à Paris pour travailler dans des labels au début des années 2000. Après plusieurs stages pour Tricatel et les défunts distributeurs Source ou Poplane, il se rend compte alors que de nombreux artistes et leurs disques ne se vendent plus vraiment nulle part. Il se lance alors au pire moment, comme il le décrit, en ouvrant Ground Zero en 2004, au 12, rue de Crussol, à quelques encablures du Bataclan et du Cirque d’Hiver. La boutique aimante les fans d’indie pop, qui fouillent les bacs du disquaire avant d’aller descendre des pintes au Pop In voisin. Franck tient alors la batterie du groupe garage Hushpuppies, et parvient à fédérer une communauté solide avec des évènements dans le magasin, qui se finissent plus tardivement dans le mythique bar de la rue Amelot (ndlr. Le Pop In, donc). On se souvient particulièrement d’un concert vraiment touchant de Jeffrey Lewis, mais d’autres artistes comme Julie Doiron, Troy Von Balthazar, et Herman Düne, viennent se produire au milieu des rayons, en plein jumelage antifolk avec les open mics du dimanche au Pop In et le festival Mofo à Mains d’Œuvres à Saint Ouen. En 2008, Ground Zero quitte le 11ème arrondissement pour agrandir son espace du côté de la charmante place Sainte Marthe, sous Belleville. Ground Zero étend alors son spectre aux musiques world ou électroniques, et devient l’un des fers de lance des premières éditions du Disquaire Day français, qui symbolise ce retour de flamme hexagonal du vinyle. Continuer “Clique & Collecte chez Ground Zero à Paris”

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L’inachevé – David Grossman, Wilco, Jacques Rozier

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Adieu Philippine de Jacques Rozier (1962)
“Adieu Philippine” de Jacques Rozier (1962)

Avant que tout cet immense chaos roule de ses mécaniques, on a certainement vécu ces gestes manqués, ces attentes inutiles, ces films jamais terminés – pour moi, c’est Barberousse de Kurosawa (1965) – les disques trop rapidement jugés ou encore les phrases interminablement relues de ce grand classique de la littérature qui nous résiste si bien. L’inachevé est pourtant cette limite désirable, aujourd’hui, qui nous fait nous remémorer, nous faire entreprendre ces petits pas en arrière dans la valse des souvenirs. Continuer “L’inachevé – David Grossman, Wilco, Jacques Rozier”

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R.E. Seraphin reprend “I’ll Be Around” de Wipers (inédit)

Ça fait des années que je travaille sur une version de cette chanson. Greg Sage est un songwriter que j’admire beaucoup. Il a cette capacité hors du commun à écrire des paroles ambivalentes – mais jamais confuses. Les deux premiers disques sont reconnus comme des monuments du punk, mais peu de gens parlent de ses disques parus dans le nineties. J’ai notamment choisi cette chanson pour attirer l’attention sur cette période de Wipers.

Si on ne considère que ses paroles,I’ll Be Around peut sembler conciliante : le monde est hostile et injuste, mais le narrateur finira par obtenir ton attention.
Mais quand on écoute l’interprétation de Sage – tendue, douloureuse et implorante – la chanson ressemble à une menace. Le narrateur en a assez d’être ignoré et demande qu’on reconnaisse sa présence. J’essaie toujours d’apporter une dimension nouvelle aux chansons que je reprends. J’ai donc tenté d’ajouter une sentiment de réconfort et de soulagement – un sentiment dont nous sommes tous très désireux en ce moment.

En ce qui concerne le son, Je me suis inspiré des films des bandes originales des films de John Hughes. Ses films n’ont pas très bien vieilli mais les morceaux restent fantastiques. Dans l’instrumentation, j’ai tenté d’évoquer un peu de cette stimulante humeur new wave. ” 

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Clique & Collecte chez Hands And Arms à Paris

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Hands And Arms, Paris
Hands And Arms, Paris

À deux pas du marché d’Aligre et de la rue du Faubourg St Antoine, dans le douzième arrondissement, se trouve Hands And Arms, une distribution en ligne (depuis onze ans) devenue disquaire depuis quatre ans. La boutique est un gentil bazar, il y a des disques un peu partout, du dernier Metronomy en passant par la réédition d’un obscur disque de musique psychédélique péruvienne. Très orienté indie-pop à ses débuts sur le site internet, Hands And Arms a su trouver sa place dans le quartier et ouvrir sa ligne éditoriale. Que vous cherchiez le dernier Tame Impala, les nouveautés des labels hexagonaux ou une réédition chez Vampisoul, Hands And Arms l’a sûrement. La boutique dispose également d’un rayon d’occasion tout à fait correct dans son choix et ses prix. Attentif, curieux et bienveillant, Yves est à l’opposé de l’image d’Épinal du disquaire bougon : Hands And Arms est un endroit où il est agréable de venir.

Hands & Arms, 72 rue Crozatier, 75012 Paris. Joignable par e-mail (contact@handsandarms.com), ou commander sur le site et récupérer vos disques sur rendez-vous à la boutique.
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La Bonne Vitesse

À propos du coffret Deluxe de “Power, Corruption & Lies” de New Order (Part 2)

Il en faut peu parfois, pour se rappeler à de souvenirs presque honteux ou juste un peu farfelus.

C’était il a quelques semaines, dans cette période un peu “confuse” où nous pouvions encore prendre l’apéritif en terrasse, une activité que j’ai beaucoup pratiquée mais dont la régularité est désormais assez aléatoire. De temps à autre, je me laisse aller et la plupart du temps je vais à Le Rochelle*, y papoter de la joie du néant avec ma camarade Maud T. tout en sirotant les pulpades légères que concocte avec soin, l’excellent Stéphane Bodin**. Qui n’est pas le dernier des fans obsessionnels de New Order, il va sans dire. Il a même fait leur première partie à l’Olympia, c’est dire. Il m’arrive d’ailleurs d’y revenir prendre un ou deux digestifs afin de ne converser qu’exclusivement sur ce sujet. Continuer “La Bonne Vitesse”

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Clique & Collecte chez Listen ! Records à Paris

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

"Listen!", Paris.
“Listen!”, Paris.

Listen! est un disquaire ouvert depuis deux ans. Généraliste, pratiquant tous les prix, la boutique se démarque par une sélection composée à 95% de disques d’occasion – et de quelques rééditions de labels amis – chiné par le maitre des lieux, Thomas Pasquet. Collectionneur et créateur du défunt site frenchattack.com, il a fait découvrir pendant plus de quinze ans les disques les plus improbables de l’hexagone. La sélection et le concept de la boutique est à son image : tel un chef qui va composer son menu en fonction de ce qu’il trouve au marché, Listen! proposera des arrivages au gré de ses pérégrinations aux quatre coins de la France mais aussi au Japon, où il se rend plusieurs fois par ans. On l’aura compris, dans ce petit écrin boisé du onzième arrondissement, on chine des disques précieux, allant du krautrock au synth, en passant par le jazz, le brésilien, l’afro et la soul. Un passage indispensable, à placer dans sa quête du groove parfait à Paris, entre Betino’s, Superfly et Le Souffle Continu.

Listen!, 43 rue de la Folie Méricourt, Paris 11ème. Et aussi sur leur site, ou leur page facebook et instagram.
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Section Sixteen #10 : Louis, 14 ans

Qu’écoutent réellement nos kids ?

Dessin de Louis.
Dessin : Louis

Section16
Logo : Gabrielle B.

Elles / ils sont des filles de, fils de – ou peut-être des cousines ou des cousins, des nièces, des neveux. Toute la journée, toute la semaine, ils subissent la musique forcément cool qu’écoutent leurs parents ou les membres de leur famille. Alors, ces ados et pré-ados sont-ils déjà condamnés à écouter ce qu’on leur impose au presque quotidien ? Pas forcément, la preuve par 16, comme en témoigne la dixième mixtape de cette série, concoctée par Louis, 14 ans.

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Luluc, Dreamboat (Sun Chaser Records)

Jusqu’à présent, tout allait bien. Il y avait eu les prémisses prometteuses – Dear Hamlyn (2008). Puis était venu le temps de la consécration américaine, bientôt suivie de sa confirmation – Passerby (2014) et Sculptor (2018). Alors que cette belle trajectoire d’expansion progressive semble commencer à s’infléchir, il n’est malheureusement pas exclu que Dreamboat soit l’album dont personne ne songe à se préoccuper. Furtivement mise en ligne dans les méandres d’un automne très gris, publiée quasiment à compte d’auteur en dehors du catalogue Sub Pop, cette quatrième œuvre majeure du couple australien, immigré à Brooklyn puis récemment revenu se calfeutrer du côté de Melbourne – pandémie oblige – pour la première fois depuis dix ans, mérite tout autant que les précédentes d’être saluée à sa juste et grande valeur. Continuer “Luluc, Dreamboat (Sun Chaser Records)”

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Clique & Collecte chez Dangerhouse Records à Lyon

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Dangerhouse Records, Lyon.
Dangerhouse Records, Lyon.

Lancé en 1989, Dangerhouse est une véritable institution de la scène rock lyonnaise. Depuis son fief du 3 rue Thimonnier, dans le 1er arrondissement (juste derrière le Voxx, pour situer), Bruno Biedermann défend donc depuis plus de trente ans le rock sous toutes ses formes, mais avec une nette prédilection pour le garage, le punk, le rhythm’n’blues et la soul. Après avoir traversé les années CD avec force et conviction, cet ardent défenseur du format vinyle a même son propre label, Dangerhouse Skylab, depuis 2013. Pour ce confinement, Bruno fonctionne sans règle fixe, en maintenant un lien direct avec sa clientèle. Donc, pour commander et collecter, l’idéal est encore de suivre sa page facebook, afin de prendre connaissance des horaires possibles pour la collecte. Sinon, les pages Discogs et eBay de la boutique fonctionnent toujours très bien.

Dangerhouse Records, 3 rue Thimonnier, 69001 Lyon
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Leonard Cohen, Various Positions (Columbia, 1984)

Leonard Cohen
Leonard Cohen

If it be your will.
« Si telle est ta volonté. »

C’est ainsi que Leonard Cohen conclut la difficile deuxième période de sa carrière dite « des désamours », qui a succédé à la lune de miel entre le poète et son public, à sa bohème élégante mais sincère, inattaquable géographiquement — le Chelsea Hotel et Hydra avant l’arrivée de l’électricité sur l’île, qui dit mieux ? — et artistiquement — les recueils, le roman, puis les trois premiers albums, inattaquables — trop noirs ? Inattaquables. Continuer “Leonard Cohen, Various Positions (Columbia, 1984)”

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Clip : “Undisputed Champions” par Half Japanese (Fire Records)

Fondé en 1974 frères Fair – David et Jad -, Half Japanese s’est imposé au fil des décennies comme une sorte d’anti-institution : adeptes indécrottables du geste musical spontané, souvent imprévisibles, souvent surprenant. Prévu pour le 4 décembre prochain, Crazy Hearts (Fire Records) sera le dix-neuvième album du groupe d’Ann Arbor, Michigan. Undisputed Champions en est le second extrait.  Et c’est encore Jad Fair qui en parle le mieux : “Undefeated, undisputed, undeniable, unstoppable, Untoppable, unflappable and unquestionably great. Take a pen and underline the word great. To quote The Beatles “All you need is love”. To quote me “Damn straight”. Celebrate the celebration. Bravo The undisputed champions.”

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Clique & Collecte chez Pop Culture Shop à Paris

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Pop Culture Shop, Paris
Pop Culture Shop, Paris

Enclave salutaire sise au cœur d’un quartier que toujours arpentèrent les obsessionnels de la chose vinylique (Bastille / Ledru Rollin / Faidherbe), Pop Culture Shop a su, grâce à la témérité et à la bienveillance de son grand architecte, devenir un incontournable des disquaires pointus de la capitale. Dire que depuis une décennie Fred Paquet tisse un réseau de connaissances, de fouinage et d’excellence serait pourtant tout à fait incongru car notre camarade (#entresoi, on ne va pas se mentir) exerce la fonction de passeur et d’activiste depuis la fin de son adolescence. De fanzines en compilations cassettes devenues mythiques (Happy?, Heol, Whoops) de label (Intercontinental Records) en formations enjouées (Superdrug, Clair, Panama), Fred a toujours su fureter profondément là où certains ne faisaient qu’effleurer le sujet. Son échoppe attire donc non seulement des clients pinailleurs et exigeants, mais aussi de simples curieux qui par les sortilèges d’une pédagogie assez finement orientée mais sans exclusive, en ressortiront probablement plus riches qu’en y entrant. Et c’est bien un éventail complet de tout ce que les musiques pointues et POPulaires ont proposé au fil de deux siècles qui est disponible ici, avec notamment un travail hallucinant sur les rééditions et un rayons d’occasions parmi les plus alléchants qui soit. Ressortir de ce singulier bazar les mains vides n’étant tout simplement pas une option.

Pour cliquer & collecter : réservations, retraits de commandes, livraison gratuite sur Paris et envois tous les jours via facebook, téléphone (01.43.55.34.68) ou mail (popcultureshop75@gmail.com)

Pop Culture Shop, 23 rue Keller, 75011 Paris
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Once & Future Band, Deleted Scenes (Castle Face)

Sorti pendant le confinement, Deleted Scenes d’Once & Future Band mérite certainement que nous nous y attardions. Once & Future Band, déjà, en 2016, fut une excellente surprise, le genre d’albums que vous n’attendiez pas mais qui révèle sa richesse à chaque écoute, au point de revenir régulièrement sur la platine. À la marge des autres sorties de Castle Face, celles opérant dans les eaux du punk et l’expérimental (Oh Sees, Pow!, Damaged Bug, Eddy Current Suppression Ring etc.), Once & Future Band est un groupe maximaliste qui se détourne de certaines des règles du bon goût. En effet, si certains visent l’épure jusqu’à la disparition (des mélodies, de l’ambition, du travail de production), le groupe d’Oakland pratique une pop progressive, exaltée, mais heureusement sage sur les durées : seul deux des neuf titres de Deleted Scenes dépassent les cinq minutes. Continuer “Once & Future Band, Deleted Scenes (Castle Face)”

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Clique & Collecte chez La Face Cachée à Metz

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

La Face Cachée, Metz.
La Face Cachée, Metz.

Plus que quiconque, La Face Cachée incarne une certaine idée de l’indépendance dans un département où les seules alternatives sont des Fnac ou des Leclerc. Ici, les six personnes derrière le comptoir (Delphine, Jennie, Julien, Séb, Médéric et Florian) s’impliquent dans la scène locale à travers des groupes, des labels ou l’organisation de concerts. La culture Do It Yourself est omniprésente jusqu’à la sélection pointue de fanzines. Pourtant, aucun snobisme quand on passe les portes de la boutique : on y trouve aussi bien des disques de la Grande Triple Alliance de l’Est que des nouveautés généralistes. Ici tout le monde est le bienvenu par l’équipe dévouée et passionnée. Le rayonnement du disquaire va ainsi bien au delà de la seule région Grand Est, à travers un travail remarquable de publication de nouveautés et de rééditions (sur des labels comme La Face Cachée, Specific ou Replica). Nous avons tous chez nous un peu de La Face Cachée. Cette énergie, ils l’insufflent aussi en prenant régulièrement position en faveur des disquaires indépendants (et à l’alternative humaine qu’ils représentent) à travers l’information et la pédagogie. Ils nous font l’honneur d’être présent dans cette rubrique avec une sélection réalisée par Florian.

Pour cliquer et collecter à La Face Cachée, rendez-vous sur leur Discogs et leur site, puis allez récupérer vos achats à la boutique 6 rue du Lancieu à Metz.
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Interview Mots-Clés : Tim Keegan

Pour le retour surprise de son groupe Departure Lounge en 2021, focus sur ce formidable songwriter

Tim Keegan
Tim Keegan

C’est vrai qu’avec lui, on a souvent passé plus de temps dans la salle d’attente que dans le hall d’embarquement. Et parmi tous les retours et autres réapparitions inattendues qui sont désormais le lot du grand recyclage musical, celui de Tim Keegan n’est certainement pas celui qui engendrera le plus de fracas médiatique. Pourtant, celui qui demeure, cinq ans après la publication de son dernier album solo en date, l’une des plus fines et des plus exquises plumes du Royaume-Uni mérite bien qu’on lui consacre une écoute attentive. C’est pourquoi l’annonce, en ces temps pour le moins troublés, d’un futur album de Departure Lounge en 2021 – le premier depuis dix-neuf ans ! – sous forme d’un ajout printanier au catalogue irréprochable de Violette Records, a largement contribué à illuminer un peu les tristes journées d’un automne reconfiné. Alors, quand la confirmation est survenue ce vendredi, avec un premier extrait – Al Aire Libre, délicatement retouché par le fidèle Kid Loco – on a eu envie de ressortir des tiroirs cette interview réalisée pour la sortie de The Long Game effectuée en 2015, au cours de laquelle ce songwriter élégant s’était prêté au jeu des associations libres au travers d’une poigne de mots-clefs. Histoire de renouer un peu avec la beauté sans tapage des œuvres qui possèdent le mérite rare de n’obéir qu’à leur propre nécessité.

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Le club du samedi soir #23 : The Campain For Real Rock, les productions d’Edwyn Collins

Edwyn Collins
Edwyn Collins

Si le nom d’Edwyn Collins n’est aujourd’hui plus associé au Sound Of Young Scotland, cela ne signifie pas que l’Ecossais n’a pas aidé de jeunes débutants à se faire un nom. On a souvent tendance à l’oublier, en parallèle d’une carrière solo exemplaire, l’ex Orange Juice est également un producteur talentueux. Lancé dans le grand bain de la production dans les années 80, c’est le label Setanta qui lui permettra de se faire une renommée au début des années 90 grâce à son travail pour A House, The Frank and Walters ou bien The Divine Comedy. Qui se souvient aujourd’hui de la merveilleuse première version de Europop, produite pour un Neil Hannon se cherchant encore ? L’histoire de Collins avec Setanta ne s’arrêtera pas là, puisqu’il offrira au label son plus gros succès avec son single solo A Girl Like You et Gorgeous George, l’album dont il est extrait. Continuer “Le club du samedi soir #23 : The Campain For Real Rock, les productions d’Edwyn Collins”

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Clique & Collecte chez Bigwax Records à Paris

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Bigwax Records, Paris
Bigwax Records, Paris

Un petit jeune qui a de la bouteille et une certaine présence, pourrait-on dire. Grand par sa taille et la diversité de sa sélection mais récent par son ouverture, en avril 2018. Bigwax est le fruit de l’association entre Squeezer, société de pressage de vinyle, et L’International Records, boutique de disques que Dave tenait depuis 2012. Il anime le magasin avec Alan, et deux associés et co-gérants qui ne travaillent pas sur place, Gregory et Edouard. Côté bacs, l’identité de la boutique est vraiment “d’être ouverte à tous les genres et de proposer une sélection qui puisse parler à tout le monde, du très pointu au plus populaire”, selon Dave. “Nous sommes généralistes, du classique à la techno, en neuf comme en occasion. Notre clientèle est donc extrêmement diverse, nous avons autant de fans de jazz que de chineurs de variété française ou de disco, autant de curieux et amateurs que de geeks absolus.”

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Jason Lytle – Retour vers le Phutur

Entretien avec le frontman de Grandaddy pour les vingt ans de “The Sophtware Slump”

Jason Lytle / Grandaddy
Jason Lytle / Grandaddy

C’est toujours un peu pareil avec les anniversaires et les commémorations. Il y a les gâteaux qu’on digère moins bien, les bougies que l’on finit par ne plus souffler et puis les coups de vieux. Il y a ceux que l’on prend, inévitablement : pas trop graves encore, et on commence à avoir acquis l’habitude d’y faire face. Les plus douloureux sont encore ceux qui touchent à l’intégrité du souvenir. Alors, il y a toujours comme un doute, une pointe d’appréhension, pour The Sophtware Slump (2000) de Grandaddy peut-être un peu plus que pour les autres. Alors qu’il s’apprête à rentrer dans son mausolée de vinyle et de carton – un coffret, quatre albums, beaucoup de b-sides et une version complète de l’album réenregistrée au printemps par Jason Lytle au piano – on se demande, un peu inquiet, ce qu’il va bien pouvoir rester d’un album aussi étroitement associé à une période peut-être révolue. Continuer “Jason Lytle – Retour vers le Phutur”

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Clique & collecte chez Total Heaven à Bordeaux

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Total Heaven Bordeaux
Total Heaven à Bordeaux

Bientôt 25 ans que Total Heaven dispense ses conseils musicaux (et sa bonne humeur) du côté de la place de la Victoire à Bordeaux. Une longévité qui n’a pas entamé la passion de Babouche et Martial, duo de disquaires complémentaires et pas snobs, qui envisagent le métier de comme il était pratiqué à la fin des années 70, lorsque l’on pouvait proposer dans la même boutique les Stooges ET Claude François. Welcome dans leur sélection débordante, puisqu’on les a autorisés, en toute bienveillance, à nous proposer 15 titres au lieu de 10.

“Talk and Collect” à Total Heaven, 6 rue de Candale à Bordeaux, les lundi après-midi et du mardi au samedi de 11h à 19h30.
tél. 05 56 31 31 03 / facebook / instagram 

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No shade no shame : Kylie, un coming out.

Kylie
L’autre actu de Kylie : sa cuvée de rosé.

Alors que le label Heavenly vient de recevoir les premières épreuves de son livre célébrant ses 30 ans, le bien-nommé Believe In Magic, que Oneohtrix Point Never a sorti son nouvel album Magic la semaine dernière chez Warp et qu’un célèbre lunetier s’affiche sur tous les murs de France avec sa collection Magic by Afflelou, notre Impossible Princess déboule aujourd’hui même – avec un sens du timing qui nous a bien fait rire chez section26 – avec un nouvel album escorté par le single Do You Believe In Magic ?, scintillant comme ce short qu’elle portait il y a, hum, vingt ans, dans le merveilleux Spinning Around, où elle célébrait, euh, sa renaissance *.

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Ombre de la douceur – Geoff Dyer, Wim Wenders, Sean Nicholas Savage

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

"Au fil du temps" Wim Wenders
Photos extraites du tournage de “Au fil du temps” de Wim Wenders

« All your hardness
All your softness
And your mercy »
Bill Callahan

C’était il y a quelques heures. Ombre fauve sur les murs, lumières d’automne qui ondulent, encore un peu, dans les feuilles mortes tombées du ciel. J’avais en tête – durant cette balade précieuse d’une heure – une chanson. All Your Women Things de Smog. Une liste, pour une fois sublime, où Bill Callahan note avec acuité tous les détails – tous les vestiges, d’un abandon. L’automne 2020 porte bien cette chanson où l’on entend un sombre ensemble de cordes tempérer la tristesse. Continuer “Ombre de la douceur – Geoff Dyer, Wim Wenders, Sean Nicholas Savage”

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Herman Düne reprend “Workin’ Woman Blues” de Valerie June (inédit)

A l’heure où se projeter dans le futur devient de plus en plus compliqué et où le repli sur soi est une contrainte de vie universelle, la tentation de se tourner vers un passé doré (et souvent imaginaire) est immense. Ce « retour aux racines », plus que dangereux en politique, l’est tout autant quand on parle de création, mais comment envisager l’avenir quand on est coincé chez soi ?
En construisant des ponts entre les âges et les lieux, comme dans cette reprise où David-Ivar / Herman Düne interprète pour nous Workin’Woman Blues de Valerie June (2013), artiste de Memphis dont le mélange d’Americana, de gospel et de folk-blues transcende les époques et les genres, depuis chez lui à Vinegar Tree, un quartier de San Pedro en Californie où Charles Bukowski finit ses jours.

A lire ci-dessous : la chronique de Notes From Vinegar Hill, nouvel album de Herman Düne.

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Clique & Collecte chez Born Bad à Paris

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Born Bad Recordshop, Paris
Born Bad Recordshop, Paris

Le onzième arrondissement ne serait pas tout à fait le même sans ses bars rocks et ses disquaires, notamment Born Bad, une institution, désormais située rue St Sabin, après avoir longtemps squatté la rue Keller. Passage obligé bien connu pour les garage-rockeurs et les punks, la boutique s’est depuis quelques années ouverte à d’autres sensibilités grâce au travail de passionnés de Mark Adolf et Maxime Barré. Born Bad est ainsi devenu un disquaire curieux et pointu dans lequel vous pourrez aussi bien trouver des originaux de Black Sabbath, des compilations de séga, que les dernières rééditions de synth-pop obscur. La boutique n’en reste pas moins toujours aussi pointue sur ce qui a fait sa renommée et vous y trouverez de quoi rassasier vos oreilles en sixties, garage contemporain, punk (77, Oï) ou rock’n’roll. La sélection concocté par leurs soins est ainsi à l’image de ce que vous y trouverez. Au-delà du choix concocté, Born Bad est aussi un de ces lieux de vie que nous espérons retrouver très vite tant il contribue à la vie de nos scènes musicales. Nous sommes sûrs de toujours y croiser des potes, rencontrer des gens intéressants et accessoirement repartir avec quelques disques (et un peu moins d’argent) dans le sac !

Pour commander : envoyez leur un message via facebook, instagram, par e-mail (bornbadrecordshop@gmail.com) ou par téléphone (09 53 07 84 58). La boutique (11 rue St Sabin, 75011 Paris) est ouverte pour le retrait des commandes du lundi au vendredi de 12 heures à 18 heures.

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Selectorama : Lovers Suicide

Lovers Suicide
Lovers Suicide / Photo : Christopher Vincent 

C’est l’histoire d’un jeune homme qui choisit de quitter son Marseille natal, après avoir fait ses gammes avec Quetzal Snakes, un groupe garage psych, pour aller tenter sa chance outre-Atlantique à Montréal. A son arrivée, Alex réactive Deaf, une formation de noise rock avec laquelle il a pu ouvrir pour des groupes tels que Metz ou Cosmonauts. Continuer “Selectorama : Lovers Suicide”

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Clique & Collecte chez Bad Seeds à Brest

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Bad Seeds , Brest.
Bad Seeds , Brest.

C’est l’histoire de deux music lovers, Christophe et Reno, lancés dans une folle aventure durant l’été 2015 : bâtir ce qu’ils attendaient, désiraient, imaginaient depuis de nombreuses années à Brest, en l’occurrence un lieu de vie indépendant dédié à la musique alternative et contemporaine et faisant la part belle à la promotion de la scène régionale. Un espace de proximité, de découverte, de rencontre, de curiosité, d’écoute, ouvert à tous – la promotion et la mise en avant des artistes, labels, collectifs, créateurs et acteurs culturels régionaux étant une de leurs priorités. Un lieu ressource, une vitrine, une maison pour les musiques créatives qui ont besoin, plus que jamais, d’être représentées. Conseiller, défendre passionnément des artistes dans lesquels il est important de croire, transmettre l’amour du vinyle, proposer une façon de consommer de la musique qui relève de la haute gastronomie… tels sont les atouts et les valeurs qui invitent à pousser la porte pour entrer chez les Bad Seeds au 26, rue Massillon.

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Charlotte Leclerc, Bingo (Delodio)

Suite des aventures intimistes du label Delodio qui, dans une démarche résolument non spectaculaire, semble avoir pris goût à éditer des disques qu’on peut qualifier de non intentionnels : en effet, ils proposent à l’auditeur des contenus destinés à n’être écoutés au départ que par leur auteur. On ne sait quel trésor de persuasion ont dû déployer les propriétaires de la discrète maison de disque parisienne pour convaincre les musiciens d’ouvrir leurs archives musicales, mais ça fonctionne. Après l’étrange et captivante compilation rétrospective de proto électro réalisées sur son PC dans les années 90 par Patrick Michaud, un ancien copain de classe de Fa Fane et F.M. (les gérants), le label s’attache à révéler une fois encore les travaux d’une très proche, Charlotte Leclerc, Continuer “Charlotte Leclerc, Bingo (Delodio)”

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Clique & Collecte chez Balades Sonores à Paris

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Balades Sonores, Paris
Balades Sonores, Paris / Photo : Martial Despré

En 2012, dans le 9ème arrondissement, à l’entrée de la feuillue avenue Trudaine, La Fabrique des Balades Sonores ouvre les portes de son capharnaüm organisé. Un 20m2 dans lequel s’amoncellent des milliers de références choisies par des passionné.es : indie, BO, oldies, hip hop, musique des quatre coins du globe. Au fil des années, la joyeuse bande s’agrandit et la boutique aussi, ce qui permet de mieux organiser leurs sélections, mais aussi de mettre en avant les œuvres de Chicamancha, la patte visuelle des Balades. Le n°1 de l’avenue est le lieu idéal pour trouver du rock et de la pop sous toutes ses formes (de la pop électronique au black metal), avec les sorties actuelles au rez-de-chaussée et les pépites des années 60 à 90 au sous-sol. Pour les amateur.ices de jazz, funk, soul, hip hop, musiques électroniques et de films, c’est au numéro 3 qu’il faut se rendre. Pointu et complet, Balades Sonores fait aussi la part belle aux livres ou à la création, ainsi qu’aux showcases qu’ils organisent régulièrement. On peut même y croiser Jarvis Cocker en vitrine… Et si vous êtes en goguette à Bruxelles, sa petite sœur existe depuis 2015 dans le quartier des Marolles. Voici les 10 titres de l’équipe au complet, Paris et Bruxelles, car tout le monde a participé : Victor, Matthieu, Lea, Massimiliano, Alban, Esther & Thomas ; pour la plupart concoctés à partir des arrivages du mois d’octobre.
Pour cliquer & collecter, rendez-vous sur leur site www.baladessonores.com
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Pulp, Different Class (Island, 1995)

Trop de gens l’ignorent, mais la britpop, terme aussi galvaudé que le Cool Britannia de Tony Blair, serait née à Paris, et plus précisément à la Cigale, un soir d’octobre 1991. Ce n’est pas moi qui l’affirme mais Russell Senior, le violoniste visionnaire de Pulp qui l’écrit dans sa savoureuse autobiographie Freak Out the Squares : My Life in a Band Called Pulp. Loin du cliché de Brett Anderson enroulé dans le Union Jack pour la couverture de Select, ou de la très médiatique bataille des singles entre Blur et Oasis de l’été 95, il explique très justement comment ce soir-là, en compagnie de Blur et de Lush (tête d’affiche de cette légendaire édition du Festival des Inrocks), il y eut une prise de conscience collective et alcoolisée qu’il se passait quelque chose. Quelque chose de différent. Continuer “Pulp, Different Class (Island, 1995)”

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Clip : “Black Out” par Bisou de Saddam



Black Out
, annonce visuelle d’un 6 titres à paraître chez Croux Records  début novembre, sobrement intitulé On S’en Contentera, enregistré dans la colloc’ de Villejuif (oui, celle qui a donné naissance à un célèbre groupe…) et mixé / masterisé par Maxime Maurel. Le clip de sept minutes et des poussières réalisé par Nina Le Cocq commence par une séance beauté, puis dérive vers des visages et des bouts de corps en mouvement dans la brume. Guitares piquantes et vaporeuses, tempo lent et voix aérienne, Bisou de Saddam propose donc un mélange savoureux de dream pop et de shoegaze avec une pointe de psyché, tout à fait idéal en cette saison.

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Clique & Collecte chez Sofa Records à Lyon

Un disquaire par jour propose ses 10 albums du moment.

Sofa Records, Lyon
Sofa Records, Lyon

Les boutiques de disques sont un maillon indispensable de la musique telle que nous la défendons à Section 26 : lieux de rencontre, de conseil et de découverte. Ils sont souvent en première ligne pour défendre la musique un peu à part, celle qui ne trouve pas le chemin du top 50 des sites de streaming. En parallèle à notre modeste contribution, ils participent à la curation de musiques qui ont réellement besoin d’être défendues et valorisées. Très vite, la question s’est posée pour nous de comment aider ses lieux que nous affectionnons tant, dont certains se retrouvent dans des situations financières critiques, malgré la maigre aide de l’état. Beaucoup d’entre-eux ont entrepris la mise en place d’un système dit de Click & Collect, c’est-à-dire la possibilité d’aller récupérer sur place des commandes effectuées via internet ou téléphone. Nous avons eu envie de leur donner la parole et leur permettre de proposer une sélection de disques qu’ils ont souhaitent défendre et que vous seriez ainsi susceptible d’avoir envie d’écouter et éventuellement d’acheter. De ces constats est née cette nouvelle série quotidienne d’articles, dont le modèle s’inspire de notre rubrique Selectorama. L’idée a germé pendant le week-end et a mobilisé de nombreux rédacteurs et rédactrices du site, enthousiastes à l’idée de pouvoir mettre en avant ces lieux que nous fréquentons nous-mêmes régulièrement.

Alexandre Gimenez-Fauvety
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STR4TA, Aspects (Brownswood)

Un douze pouces, white label, tamponné à la main : le premier single de STR4TA renoue avec l’idée d’une certaine culture underground britannique. Si les maxis de jungle, de grime ou de breakbeat sortaient souvent de la sorte, l’époque a cependant changé. Le disque s’est vendu majoritairement en un rien de temps en ligne, directement sur le bandcamp du groupe. Sur STR4TA nous ne savons pas grand chose, aucun crédit à se mettre sous la dent sur Discogs, les archéologues et les gratteurs d’informations en seront frustrés. La présentation nous informe que le disque a été enregistré dans un hangar à Londres avant le confinement et complété depuis. Continuer “STR4TA, Aspects (Brownswood)”

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Le club du samedi soir #22 : Children Of The Night

Children Of The Night playlist spécial Halloween d'Elsa Kuhn et Pauline Nunez

Et voilà que nous sommes déjà au mois de novembre avec ses nuits plus longues et plus froides propices aux rêves ténébreux. Avec l’hiver à l’orée, notre environnement tout à coup se transforme et notre soleil du jour devenant plus rare, il nous mène à fantasmer créatures et démons peuplant les ombres nouvelles de la nuit. Cette nuit justement, c’est le rituel qui fête ce passage qu’on appelle Toussaint ici, Halloween ailleurs ou qu’on appelait Samhain encore autrefois. En d’autres temps un peu plus récents, Bram Stocker faisait, au milieu des cris de loups et des ululements de chouettes, s’annoncer son célèbre comte Dracula au pauvre Jonathan Harker comme ceci : « Listen to them — children of the night. What music they make. » Continuer “Le club du samedi soir #22 : Children Of The Night”

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SECTION26 NEWS#10 : 10.2020

SECTION26 NEWS 10.20

Il semblerait que la rentrée musicale ait eu un mois de retard, cette année. Pour preuve, une roborative livraison mensuelle de nouveautés, avec près de 40 titres qui se sont glissés dans la playlist du mois d’octobre. Et pourtant, nous avons fait l’impasse sur quelques évidences, du joli album de reprises de Yo La Tengo au dernier Kevin Morby. Autant de nouveautés qui nous ont accompagnés ce mois-ci et qui, si elles vous ont échappées, trouveront peut-être aussi leur place chez vous. Pour que cet automne enfermé soit plus doux… (Coralie Gardet)
Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer ou Spotify.
NDLR : Les playlists sur Spotify et Deezer ne comportent pas l’intégralité des 38 titres de cette sélection.

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Tabula Rasa – Cynthia Fleury, Christophe Granger et Neil Young

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Neil Young
Neil Young

Il m’aura fallu faucher les blés
Apprendre à manier la fourche
Pour retrouver le vrai
Faire table rase du passé…
Alain Bashung

Un sentiment étrange nous vient parfois. On peut ainsi avoir adoré un disque, l’écouter plus qu’il ne le faut – épuiser ses amis à force de références incessantes à son propos – et puis, plus rien. Le vide. J’ai, pour ma part, ce sentiment avec un disque, OK Computer de Radiohead. C’est un album qui m’a accompagné durant des années mais que je n’écoute plus aujourd’hui… J’irai plus loin : cette musique, je crois, je ne l’écouterai plus. Le sentiment esthétique est proche souvent, sans que l’on s’en rende véritablement compte, du sentiment amoureux. Il s’éteint parfois brutalement. Continuer “Tabula Rasa – Cynthia Fleury, Christophe Granger et Neil Young”

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John Maus reprend “Jesus Is Lord” de Kanye West

La chanson, version space-médiévale (John Maus) du Jesus Is Lord issue de l’album Jesus Is King de Kanye West – trêve de tautologies –  est arrivée le 16 octobre dernier via un Tweet accompagné d’un message sommaire : “Tendance en politique”. On le sait l’élection américaine se jouera en grande partie sur le vote des Eglises lourdement draguées en ces dernières semaines de campagne. Il est fort probable que John Maus, chrétien révolutionnaire à ses heures, soit mécontent. On le comprend au détour de cette lapalissade : Jesus is Lord, et bien cocu celui qui essaiera de le faire parler.

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Sous Surveillance : Thibault

Thibault
Thibault / Photo : Jamie Wdziekonski

Qui ?

Un projet solo de Nicole Thibault qui est maintenant accompagnée de…
Rebecca Liston (Parsnip)
Stella Rennex (Parsnip, Bananagun)

Où?

Melbourne (Naarm pour les bilingues)

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Section Sixteen #9 : Miyo, 6 ans 1/2

Qu’écoutent réellement nos kids ?

Miyo avec le 45 tours de Sven Wunder “Toryanse” sur lequel elle a chanté des choeurs.

Section16
Logo : Gabrielle B.

Elles / ils sont des filles de, fils de – ou peut-être des cousines ou des cousins, des nièces, des neveux. Toute la journée, toute la semaine, ils subissent la musique forcément cool qu’écoutent leurs parents ou les membres de leur famille. Alors, ces ados et pré-ados sont-ils déjà condamnés à écouter ce qu’on leur impose au presque quotidien ? Pas forcément, la preuve par 16, comme en témoigne la neuvième mixtape de cette série, concoctée par Miyo, six ans et demi.

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Adrianne Lenker, Songs / Instrumentals (4AD)

I cover you with questions
Cover you with explanations

On va faire en sorte de ne pas.
On va faire en sorte de décrire sans couvrir.
Adrianne Lenker – incontournable depuis le coup double commis avec Big Thief, deux albums infinis publiés en six petits mois du monde d’avant –, dans la parenthèse imposée à ce qui semblait devenir un Never Ending Tour, a enregistré un double album solo qui semble devoir être son Blood on the Tracks.
Semble-t-il.
On n’est pas bien sûr mais la référence, si elle biaise, n’écrase même pas car c’est là.
C’est ça.
C’est un album dont la toute première écoute est l’occasion du surgissement entre deux portes, entre deux autres chansons, de Zombie Girl, qu’on va tenter avec toute la conscience de notre présente mission de ne pas jouer en boucle durant une petite semaine – vous, vous pouvez, vous êtes libre de, et de ne pas en rester là.

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The Dukes of Stratosphear, 25 O’Clock (Virgin)

Au milieu des années quatre-vingt, les membres d’XTC s’offrent une pause en enregistrant 25 O’ Clock (1985) avec l’aide précieuse de John Leckie (Stone Roses, Human League, Felt, The Posies…) À la surprise du groupe, l’EP se vend mieux que The Big Express (1984), le disque précédent de la formation de Swindon. Derrière l’alias The Dukes of Stratosphear, nous trouvons ainsi les têtes pensantes d’XTC (Andy Partridge et Colin Moulding) accompagnées du fidèle Dave Gregory (membre quasi-permanent du groupe à partir de 1979) et de son frère Ian à la batterie. Les prémices du projet remontent à la fin des années soixante-dix. Continuer “The Dukes of Stratosphear, 25 O’Clock (Virgin)”

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Dominique Ané, Fleurs plantées par Philippe (Mediapop éditions)

Avec Michel et Joël, on avait décidé de se poser sur un banc, au parc des Contades, à deux pas de la synagogue. On a discuté musique évidemment, et on a évoqué la reformation de Marquis de Sade, qui avait joué à Strasbourg il y a peu, beaucoup grâce au grand frère de Joël, Thierry. Marquis de Sade est un groupe important pour les deux frères. Pour Michel, je ne sais pas. Pour moi, pas trop. Trop lointain, trop sec, trop cérébral, une musique tout en chocs électriques, une voix spectrale… J’ai dit, un peu bravache : ” j’attendrai avec plaisir le moment où Philippe Pascal reformera Marc Seberg, là, je viendrai.” de Joël, Thierry. Marquis de Sade est un groupe important pour les deux frères. Pour Michel, je ne sais pas. Pour moi, pas trop. Trop lointain, trop sec, trop cérébral, une musique tout en chocs électriques, une voix spectrale… J’ai dit, un peu bravache : ” j’attendrai avec plaisir le moment où Philippe Pascal reformera Marc Seberg, là, je viendrai.”
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Suede – Still Life

Discographie commentée par le groupe à l’occasion de la sortie d’un nouveau Best Of et de l’annonce de dates en 2021 pour les 25 ans de “Coming Up”

Il n’en faut pas beaucoup pour que les souvenirs affleurent. Cet automne, la réédition d’une compilation de b-sides – See You In The Next Life (2004) – à l’occasion du Disquaire Day puis la sortie d’un nouveau Best Of – Beautiful Ones – et l’annonce simultanée de quelques dates commémoratives au printemps 2021, afin de célébrer le vingt-cinquième anniversaire de Coming Up, 1996 ont suffi. Il y a eu cette première vie, glorieuse et fascinante et ces trois premiers albums qui confortent un peu plus chaque année leur statut de classique. Et puis le déclin, l’éclipse provisoire avant un retour en 2013 sur lequel on n’aurait pas misé plus de quelques pennies et qui, pourtant, n’est dépourvu ni de panache ni de pertinence. Un pas en avant, un coup d’œil en arrière :  c’est ainsi que Suede a décidé de durer. C’est en janvier 2016, pour évoquer la sortie de Night Thoughts, une œuvre dense et arrangée qui confirmait le regain de forme inattendu du groupe, que l’on avait évoqué les fleurons majeurs de cette discographie avec Brett Anderson et son inamovible bassiste Mat Osman. Continuer “Suede – Still Life”

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Le club du samedi soir #21 invite le journal Groupie

Groupie
Photo : Mathieu Wernert

Un mix de Groupie comme un jeu à point géant, où se bâtit cette bande-son saisonnière en excavant des disques durs des trucs téléchargés ici et là, hier (Super Timor, 2 Cheval) et aujourd’hui (Imre Kiss, Coy, Roméo Poirier, Harmonious Thelonious, Vague Imaginaires et dYmanche). Des pistes pour demain même (LL, Sinaïve), jamais entendues. Une ambiance lourde et brumeuse, entre la chaleur d’un été indien et les flottements de nuits hivernales désertées, dans lesquelles des silhouettes filiformes semblent s’effacer, comme dans la photo désagrégée de Mathieu Wernert. Une sorte d’attente en caisson d’isolation sensorielle, avec un orage violent, quelques voix perdues ou découpées en morceaux, des envies de bouger, frustrées et empêchées. Notre vie.

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Sinaïve, Dasein EP (Buddy records) / Reprise Party (Langue Pendue)

Dasein Sinaïve

Il y a bien longtemps, dans une très petite galaxie fort lointaine, nous nous battions, parfois à mains nues mais surtout verbalement, au sujet de l’usage de la langue française dans un contexte noisy pop. Nous hantions, faute de collectif, nos propres chapelles et le résultat fut que finalement, ce fut hors du bruit que les choses se sont jouées.

Trente ans plus tard, je me permets de reformuler un potentat.

Vous n’aviez jamais rêvé d’un groupe qui cristalliserait tous vos rêves d’adolescent mais en mieux, de voir la charge de l’intelligence défoncer, la serpe à la main, tous vos misérables renoncements ?

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Sentiment océanique – Nelly Pons, Paul Watson, Orchid Mantis

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Echo & The Bunnymen Ocean Rain
Ocean Rain

Pour Emma.

La lettre que l’on n’attendait plus, le message sorti de l’oubli – la bouteille à la mer. Il y a quelques jours, je relisais ce témoignage bouleversant, Lettres à sa fille de Calamity Jane. Vie d’aventures où cette cavalière, cette « reine des plaines », écrivit entre quelques affrontements avec la justice, vingt-cinq lettres à sa fille. Une descendance qu’elle confia, très tôt, à un couple : Jim et Helen O’Neil. Janey, l’abandonnée, ignora tout de sa mère jusqu’à ses trente-ans. Calamity précise d’emblée : « Il est possible que mes lettres ne te parviennent jamais. » Continuer “Sentiment océanique – Nelly Pons, Paul Watson, Orchid Mantis”

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Bee Appleseed reprend “There Is A War” de Leonard Cohen

Leonard Cohen est probablement mon artiste préféré, toutes disciplines et époques confondues. C’était donc une expérience merveilleuse de reprendre une de ses chansons. Celle-ci semble particulièrement pertinente pour décrire la folie du climat politique. C’est pour cette raison que je l’ai choisie. Sur un coup de tête, j’ai décidé de tagger Adam, le fils de Leonard Cohen, quand j’ai pour la première fois partagé cette chanson. A ma grande surprise, il m’a contacté pour me dire qu’il aimait ma version. Il  m’a aussi confirmé que, pour lui aussi, les mots de son père datant de 1974 n’ont fait que devenir plus pertinents au fil des ans. J’ai invité ma petite amie Nora Keyes pour faire les chœurs et Blobbie Kirkhuff à jouer de la SOMA Pipe (tous deux sont membres d’Elf Freedom)… Ensemble, on est devenu des pros de l’enregistrement à la maison ces derniers temps. Alors, si vous avez aimé cette chanson, d’autres ne vont pas tarder.”

 

On reviendra prochainement sur le cas du brillant Bee Appleseed. En attendant, on peut écouter écouter sa discographie solo ici  et ses productions avec Nora Keyes, la muse du Los Angeles arty et indie derrière ce lien.

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Cabane – “Trébucher n’est pas chuter”

Marc A. Huyghens et Thomas Jean Henri
Marc A. Huyghens et Thomas Jean Henri / Photo : Elise Peroi

La dernière fois qu’ils se sont trouvés en face de moi, c’était au siècle dernier. Ce n’était pas des centaines de kilomètres et un écran qui nous séparaient mais quelques mètres et une scène, celle de cette très belle salle qu’est le Botanique. Comme surgi de nulle part – alors qu’en fait pas du tout –, leur groupe défrayait la chronique avec sa formule entièrement vouée à l’acoustique (guitare, contrebasse, violon, batterie minimale et expérimentations soniques), un hit miniature virevoltant, She’s So Disco, et un premier album joliment intitulé Welcome To The Modern Dancehall.

>>>A la fin de l’article, découvrez en avant-première la reprise de Take Me Home, Pt II de Cabane par Marc A. Huyghens.

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Broken Dreams Club

Disparition à 38 ans de l’américain Chet « JR » White

Chet « JR » White
Chet « JR » White

Pour tout vous dire, je n’y ai pas cru. C’est Christophe Basterra qui a annoncé la nouvelle – « C’est un matin si triste … » – en relayant les mots, plus tristes encore, de Christopher Owens. Alors, quand Christophe m’a demandé si je pouvais écrire quelques lignes, je me suis souvenu de ce texte, écrit il y a des années où il est question de pop, d’amour. Et de Chet « JR » White.

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The Reds, Pinks & Purples, You Might Be Happy Someday (Tough Love)

Hier soir, j’ai décidé que You Might Be Happy Someday était le plus beau disque de l’année. Il fallait bien que quelqu’un la prenne, cette décision. Je n’ai pas eu à me forcer et je ne vois pas comment je pourrais me dédire au cours des trois prochains mois. Avec toute l’objectivité de jugement que me laissent ces huit chansons, une fois le cœur transpercé en plein dans le mille, il ne peut pas en être autrement, car ce disque est une merveilleuse évidence. Du « sur-mesure », pour ceux qui aiment Sarah Records. Continuer “The Reds, Pinks & Purples, You Might Be Happy Someday (Tough Love)”

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Robert Wyatt, His Greatest Misses (Domino)

Toutes les occasions sont excellentes. Celle-ci tout autant que les précédentes – l’exploration d’un fragment de discothèque confinée pour célébrer, quand même, le retour du printemps en réécoutant At Last I’m Free (1980) ; la republication pour le Disquaire Day automnal de Summer Into Winter (1982) cosigné avec le jeune Ben Watt, évoqué il y a peu ici. Plus que toute autre – en tous cas, davantage que beaucoup – l’œuvre de Robert Wyatt est de celle qui se prête volontiers aux plaisirs de la redécouverte, vierge de toute balise trop convenue tant elle semble, à chaque fois, s’échapper de toute part vers l’Inouï. Et force est de constater qu’elle confère encore l’envie d’écouter et d’écrire. Continuer “Robert Wyatt, His Greatest Misses (Domino)”

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Odessey & Oracle, Crocorama (Another Record)

Odessey & Oracle “Prise au piège
D’un manège
La tête enveloppée de papier chiffonné  / Les nouvelles
Bien trop cruelles
Vitrifiant les cœurs d’impuissants spectateurs  / Des sourires ébréchés qu’on ne peut plus consoler / Mais ressaisis-toi ! Faut pas pleurer comme ça”

Après avoir vu, il y a quelques mois, un concert ébouriffant des Lemon Twigs à la Laiterie à Strasbourg, j’étais resté sur le flanc. Pour tout vous dire, je ne suis pas spécialement intéressé par la virtuosité, la maîtrise instrumentale étant très éloignée de mes préoccupations. Je peux même vous dire, et ça n’est sans doute pas une surprise si vous me lisez plus ou moins régulièrement ici, que je suis souvent plus attiré vers l’inverse, ce qui « sonne plus humain » (comme on dit en studio quand on n’a pas envie de refaire une énième prise imparfaite), quelque chose qui se met en place, qui coince, qui couine, qui peine et qui galère. Continuer “Odessey & Oracle, Crocorama (Another Record)”

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Le club du samedi soir #20 : Autechre

Autechre

Sign, le quatorzième album d’Autechre, marque le retour à un certain «classicisme» IDM. Celui des années 1993-1998, de Tri Repetae ou du fameux LP5, avec ses breakbeats déconstruits et ses longues plages ambient. Un disque magnifique, plus abordable que l’abstraction expérimentale et fascinante de Exai ou des NTS Sessions par exemple, qui réconciliera peut être avec Autechre ceux qui (à tort selon nous) se sont détachés d’un travail jugé trop hermétique. L’occasion avec cette mixtape de revenir sur une œuvre capitale, en en proposant une traversée chronologique : de leurs premières tentatives électro sous le nom de Lego Feet à la radicalité de elseq, en passant par l’Anti EP ou certains remixes de tout premier ordre (Dalcan, Seefeel, Merzbow).

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Selectorama : Dead Famous People

 

Dons Savage
Dons Savage / Photo : Frances Carter

Les Néo-Zélandais de Dead Famous People viennent de sortir Harry, leur troisième album en plus de trente ans de carrière. Si le nom du groupe ne parlera sans doute qu’aux amoureux de pop moderne les plus pointus, le parcours de Dons Savage, unique rescapée du line-up d’origine, réveillera de vieux souvenirs. Dead Famous People figure par exemple au générique de l’m Your Fan, hommage à Leonard Cohen sorti par les Inrockuptibles en 1991. On retrouve également Dons Savage au chant sur Kiss And Make Up, reprise des Field Mice par Saint Etienne. Rien que pour ça, nous lui devons une reconnaissance éternelle. De leurs débuts chez Flying Nun Records à leur récente signature chez Fire, les perles pop “option guitare cristalline” de Dead Famous People semblent toutes avoir été composées et produites dans la deuxième moitié des années 80. Ce n’est sans doute pas pour rien que ce Selectorama regarde dans le rétroviseur. Avec dix titres entre classiques absolus (Nick Drake, Joy Division) et choix plus discutables (Gilberto Nunes Orchestra), Dons Savage affiche clairement la couleur : “Malheureusement aucun titre moderne car la majorité d’entre eux sont ignobles”.  Continuer “Selectorama : Dead Famous People”

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Le grand saut – The Replacements, Lisa Fittko, Lewis Trondheim & Alfred

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Longtemps, j’ai fait mes choix de livres ou de disques par une sorte de saut, comme un risque à prendre. Je me souviens, sans rien en connaître, acheter avec empressement Premier Amour de Samuel Beckett. Inutile de préciser que je fus surpris par ce texte aride et prodigieux à la fois, bien loin de mes attentes, suscitées par le titre du livre. Jolie confusion qui nous surprend et nous guide ailleurs. C’est comme regarder, non stop et toute une journée, plusieurs films de Claude Sautet – bruits de bistrots, ambiances lourdes de tabac et corps collés contre le zinc – puis sortir le soir dans les rues de Paris, tiens au hasard la rue de Ménilmontant et ne voir que haute solitude. Incroyable ravissement que ces situations que l’on vit tous, où l’on chemine un peu au hasard droit devant – ainsi le réel semble nous voler un peu de nos mémoires. On en oublierait presque notre dernier amour merdique. Continuer “Le grand saut – The Replacements, Lisa Fittko, Lewis Trondheim & Alfred”

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Manson’s Child reprend “I Know Where Syd Barrett Lives” des Television Personalities (inédit)

J’ai découvert les Television Personalities dans l’appartement étroit d’un couple d’amis, Elsa et Hervé, début 1990, place de Zurich. Un peu perdu à Strasbourg, j’aimais passer du temps dans ce minuscule endroit, sous prétexte de garder le chat pendant que ses maîtres vivaient des moments que j’imaginais fous et intenses (ils l’étaient) dans des endroits interlopes. En première année d’histoire (enfin, en première année d’histoire des Inrockuptibles), je préférais ma vie de rat de discothèque, écoutant pour la première fois les Modern Lovers, les Vaselines, et donc les 45t et les premiers albums des TVPs. Continuer “Manson’s Child reprend “I Know Where Syd Barrett Lives” des Television Personalities (inédit)”

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Sous surveillance : Molto Morbidi

Molto Morbidi
Molto Morbidi / Photo : Bénédicte Dacquin

Qui ?

Une jeune femme prénommée Swan, qui rêvait enfant de devenir compositrice de musiques de film et déjà croisée il y a quelque temps au sein de Shadow Motel, un trio mixte défendant à mains nues un rock abrasif et sous tension – l’album Ausfahrt Nach, paru en 2013 chez Cranes Records, en témoigne. Désormais, elle jongle (presque) seule entre ses synthés – dont un clavier midi pour les rythmiques – et sa basse. Mais quand même, elle précise : “Le projet est solo mais pas complètement solitaire, parce que je suis bien entourée par des amis qui, même s’ils ne prennent pas part à la composition, s’impliquent de plein de manières différentes – en me trouvant des dates, en créant des visuels, en écoutant mes mix et mes expérimentations”. Continuer “Sous surveillance : Molto Morbidi”