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LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE NOVEMBRE 2022

Alors qu’on s’approche à grands pas de la fin de l’année et de ses inévitables classements de meilleurs albums, voici encore une fois cet espace de liberté qui nous autorise à vous proposer de manière totalement subjective et indépendante, une poignée de coups de cœur pour vos oreilles. Un petit voyage mondial dans la pop moderne toujours aussi créatif et enthousiasmant. Une heure et demie de changement de rythme dans cette vie effrénée.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify ou en version mixée sur Mixcloud. Et aussi, sur agnès b. radio.

NDLR : Les playlists Deezer, Spotify et Youtube ne comportent pas l’intégralité des titres de cette sélection.

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Pole – Le temps distordu

Figure tutélaire du genre dubtronica, Pole vient présenter son LP « Tempus » au Festival BBMix ce week-end.

Stefan Betke / Pole
Stefan Betke / Pole

Tempus (Mute records), nouvel album de l’allemand Stefan Betke et de son projet principal Pole, creuse un sillon inauguré il y a plus d’une vingtaine d’années avec sa fameuse trilogie Pole 1, 2 et 3. Une dubtronica abstraite et froide, conceptuelle et expérimentale, qui est assurément l’une des aventures esthétiques les plus passionnantes de la scène électronique allemande contemporaine. Nous avons pu rencontrer Stefan Betke à l’occasion de son passage au festival BBMix le 26 novembre, et évoquer avec lui une œuvre aussi fascinante qu’indispensable. Continuer la lecture de « Pole – Le temps distordu »

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Fred Frith et moi

Le guitariste anglais avant-gardiste vu par ceux qui l’aiment, juste avant sa venue au BBMix ce week-end.

Fred Frith, guitariste anglais aux multiples casquettes peut se targuer d’être le fondateur du RIO (Rock in Opposition), créant le lien artistique entre John Cage et Frank Zappa. Résumer sa carrière en quelques lignes est tout bonnement impossible tant Fred Frith a passé les quarante-cinq dernières années à sans cesse ouvrir des portes à de nouveaux sons et à de nouvelles pratiques. Pour sa venue le dimanche 27 novembre au carré Bellefeuille, les équipes du festival BBMix ont demandé à une série d’artistes de dresser un court portrait de Fred Frith via leur morceau préféré. (Texte : BBMix) Continuer la lecture de « Fred Frith et moi »

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Michael Rault, id. (Wick Records)

Wick est un label rare. Succursale rock de la célèbre maison de disques soul/funk Daptone, elle développe un catalogue quantitativement raisonnable et de qualité depuis 2015, alternants albums et singles en 45 tours. Wick ne compte ainsi qu’une poignée de signatures parmi lesquels les excellents Ar-Kaics, Mystery Lights , Jay Vons et notre homme du jour Michael Rault. Tous ont en commun une approche vintage et organique, sans tomber dans l’excès de zèle rétro et pastiche. Michael Rault, trentenaire canadien, désormais californien, publie régulièrement des disques depuis la fin des années 2000. Sa carrière a pris un tournant en 2018 avec l’excellent It’s A New Day Tonight, son premier album pour Wick. Il y explorait le glam et la powerpop seventies avec un sens aiguisé de la mélodie. Continuer la lecture de « Michael Rault, id. (Wick Records) »

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Paul Weller, Will Of The People (UMC)

Dans les derniers jours de l’été 2018, on s’apprêtait à rédiger les ultimes chapitres de Life From A Window-Paul Weller & l’Angleterre Pop, petit bouquin consacré à l’imposante carrière du songwriter de Woking. Ce travail se faisait avec une passion inébranlable mais également avec la boule au ventre. Car il s’agissait de s’en tirer au mieux pour faire de ce premier livre en langue française un document à la hauteur du sujet. Après avoir couvert l’épopée The Jam et la singulière aventure du Style Council, on avait bifurqué sans efforts démesurés vers les premières années solo. Tout s’enclenchait avec une certaine logique, malgré les changements de cap, qu’ils soient brillants ou pas. Il fallait à présent s’attaquer à une période clé : celle qui correspond à changement d’effectif presque total dans un petit monde qui menaçait de ronronner. Ce remaniement de fond des collaborateurs historiques du songwriter, allait finalement prendre la forme d’un saut dans le vide, aussi inattendu que jubilatoire. Continuer la lecture de « Paul Weller, Will Of The People (UMC) »

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EggS, A Glitter Year (Howlin’ Banana / Safe In The Rain / Prefect Records)

Comment apprécier avec l’illusion de posséder une ouïe toute neuve une musique qui transporte –intentionnellement ou pas, ce n’est pas vraiment le problème – plusieurs décennies de références ? Un premier album d’indie-rock enregistré en anglais par un groupe français : il y avait tout à craindre des obstacles pour qui ne bénéficie plus depuis bien trop longtemps des privilèges de la virginité musicale. Les associations charriées par la mémoire surgissent en premier : on n’y peut rien. Autant les laisser affluer avant d’apprécier ce qui leur survit. L’homonymie d’abord : Eggs était demeuré pendant près de trois décennies cette éphémère formation américaine emmenée par Andrew Beaujon, co-fondateur avec Mark Robinson du label Teenbeat qui n’avait laissé comme seul testament méconnu que deux albums. Dont Exploder, 1994, un fourre-tout génial, un mini-monument à la gloire de la spontanéité bricoleuse et de la prise de risque semi-improvisée pas toujours contrôlée. On y croisait toute une série d’éléments hétéroclites : des harmonies vocales en dérapages contrôlés, des solos de synthétiseurs et des mélodies merveilleuses assemblées à la va-vite. On retrouve, par hasard, un peu de cette bizarrerie splendide sur A Glitter Year. Mais aussi beaucoup d’autres choses et c’est bien mieux. Continuer la lecture de « EggS, A Glitter Year (Howlin’ Banana / Safe In The Rain / Prefect Records) »

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That Petrol Emotion – Plein de super

That Petrol Emotion (photo : Andy Catlin)
That Petrol Emotion  / Photo : Andy Catlin

En général, on hésite. On vacille un moment entre les impulsions du cœur et les réticences de la raison. À quoi bon investir dans ces copieuses rétrospectives, dans tous ces coffrets dont l’acquisition, à chaque fois ou presque, s’accompagne, au mieux, du sentiment coupable d’encombrer les étagères de supports musicaux que l’on possède déjà et dont on connaît les moindres détails et, au pire, de la sensation cruelle que la réalité de la réécoute n’est pas forcément à la hauteur des souvenirs plus ou moins précis de la découverte. Il y a heureusement des exceptions. Every Beginning Has A Future, l’intégrale des cinq albums de That Petrol Emotion accompagnée de son lot pas si dispensable de faces B, d’inédits et de versions live sort donc au mois de novembre et, inflation ou pas, on devine déjà que le craquage consumériste sera gratifiant. Continuer la lecture de « That Petrol Emotion – Plein de super »

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Selectorama : Romain de Ferron

Romain / Photo : Lucien Rousset
Romain / Photo : Lucien Rousset
J’avais posé des questions à Romain il y a pas mal de temps à propos de son fanzine Fond de caisse pour Section 26. Je ne me doutais pas qu’il était un musicien prolifique et qu’en plus de ses habitudes d’édition souterraine, il multipliait les identités et les aventures stylistiques sous des noms plus étranges les uns des autres, seul ou en groupe (Omerta, Balladur). Avec Ravi, sorti récemment sur le label belge Kraak, il explore en huit instrumentaux des paysages rêveurs qu’on dirait sortis d’un gros ordi synthé type Fairlight. Pour un cinquantenaire comme ouam, c’est du pain béni parce que ces sonorités sont pleines de charges mélancoliques – elles me renvoient aux sons qu’on entendait à la télé dans des programmes documentaires ou des reportages sportifs. Je me retrouve catapulté en robe de chambre dans le salon familial, baigné de lumière bleue cathodique, blotti un samedi soir d’hiver. Alors bien sûr, chacun aura sa vision des choses, selon son âge, mais les sons sont très beaux, amples et ces mélodies peuvent simplement accompagner vos vagues à l’âme du dimanche matin quand vous rentrez d’une fête ou du dimanche soir, avant de retrouver le boulot. Du blues du XXe siècle, quoi. Romain nous envoie huit musiques qu’il écoute en ce moment, autant de clés à sa cassette magique (comme on dirait d’une Dictée Texas Instrument).

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Twain, Noon (Keeled Scales)

On one short stretch of burn the ear may distinguish a dozen different notes at once.

Nan Shepherd

Parfois on se rend compte qu’on a vécu des années en compagnie d’un livre sagement rangé dans les rayonnages d’une bibliothèque sagement rangée, plus ou moins, et que l’on n’a jamais pensé à mettre ledit livre dans les mains de la personne qui devait le lire – qui peut être soi ou une autre, ça n’a pas forcément d’importance –, puis on y pense comme par hasard, sans réel hasard, puis on le met dans les mains de ladite personne, et elle le lit, et ça tremble – ou pas. Continuer la lecture de « Twain, Noon (Keeled Scales) »

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L’onirisme cotonneux des franciscains Children Maybe Later

Children Maybe Later
Children Maybe Later

San Francisco a toujours su faire émerger le meilleur en matière de rock et ses satellites, des Thee Oh Sees des débuts, en passant par les Fresh and Onlys et Sonny Smith, jusqu’aux plus récents joyaux pop chez Paisley Shirt Records. Children Maybe Later, trio Franciscain, c’est l’histoire d’une colocation entre trois féru.es de voix féminines éthérées, de pop paisley et d’art psychédélique. Stanley, Staizsh (colocataires dans la vie) et Britta (entendue dans les groupes Rays, The World, Cindy, Violent Change, Famous Mammals, Non Plus Temps et Galore), ont utilisé leur temps confiné pour créer, s’amuser et jouer à la guitare ensemble. Continuer la lecture de « L’onirisme cotonneux des franciscains Children Maybe Later »

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Elvis Costello & The Attractions, Imperial Bedroom (F-Beat / Columbia, 1982)

« Masterpiece ? », c’est la question que pose la campagne publicitaire fomentée aux Etats-Unis par le label Columbia à l’été 1982 quand sort le septième album de leur représentant britannique favori : Elvis Costello. On a fait plus discret.

Coup de bol, néanmoins : Imperial Bedroom n’est pas une daube. Loin de là. Donc, le marketeux a quand même écouté la pièce montée. Au pire, il a lu en amont la chronique du alors tout puissant magazine Rolling Stone signée Parke Puterbaugh : « Après des années à avoir furieusement affronté ses obsessions à travers des psychodrames punk trempés dans l’arsenic ou bien des mélos de bars country & western, Elvis Costello a enfin accompli son chef-d’œuvre ». Même pas besoin d’un virement, à l’époque Costello est la poupée gonflante de tous les rock-critics (vous voulez la citation apocryphe de David Lee Roth qui dit, de mémoire, que « Les rock-critics aiment tous Costello, parce qu’il leur ressemble » ? Eh ben voilà). Continuer la lecture de « Elvis Costello & The Attractions, Imperial Bedroom (F-Beat / Columbia, 1982) »

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Ruth Radelet, The Other Side EP (autoproduit)

Il m’a dit, tu devrais écrire sur The Other Side et j’ai dit oui, sans vraiment hésiter, et puis j’ai écrit. J’ai commencé d’écrire sans même avoir écouté les chansons. Je les avais entendues, comme on le fait toutes et tous, mais je ne les avais pas écoutées. Ces quelques lignes que j’avais écrites, elles disaient que Chromatics, c’était une certaine idée des 80’s mais en mieux et puis qu’il y avait cette voix qui nous faisait penser que Ruth Radelet, la chanteuse, n’existait pas réellement, que c’était un ange tombé du ciel. Je trouvais que c’était cliché mais parfois il n’y a que les clichés qui peuvent décrire parfaitement ce que l’on ressent. J’avais écrit d’autres choses, une théorie fumeuse cette fois, que les disques de Chromatics s’étaient succédés et que cette voix avait pris de plus en plus de place – moins de plages instrumentales, moins de vocoder – ce qui a fait dire à certains que l’avant-dernier album de Chromatics, Closer To Grey, était en fait le premier album solo de Ruth Radelet. Continuer la lecture de « Ruth Radelet, The Other Side EP (autoproduit) »

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Climats #35 : Mess Esque, André Breton

L’été indien est- il propice à la mélancolie givrée de The Chameleons ?
Et écouter LCD Soundsystem sans devoir danser, est-ce possible ?

Climats met en avant disques et livres selon les aléas de la météo. Continuer la lecture de « Climats #35 : Mess Esque, André Breton »

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Musical Écran 2022 : « In The Court Of The Crimson King » de Toby Amies

Il suffit d’un simple moment, d’égarement ou de grande concentration, pour tomber dans King Crimson. Pour beaucoup, ce ne sera jamais le cas et tant mieux pour vous. Parce que sinon, vous êtes ou assez riches, ou totalement foutus. Vraiment, ces coffrets rétrospectifs de plus d’une vingtaine de compact discs répartis par albums ou époques et validés par le maître sont autant jouissifs que dispendieux. Aucun groupe n’a pareil souci de patrimoine, c’est dire l’importance du lien et la qualité de la liaison*. En revanche pour rester un musicien actif dans ce groupe, et c’est je crois le sujet principal de ce film, c’est une autre paire de manches. Et de manches, il ne sera que peu question ici, tant caserner dans la secte de Robert Fripp semble être une affaire éminemment sérieuse, souvent temporaire donc, entre le sacerdoce, le partage du sublime, et la nécessité de l’intensité. Continuer la lecture de « Musical Écran 2022 : « In The Court Of The Crimson King » de Toby Amies »

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Musical Écran 2022 : « Le Son de Cologne » de Kristina Schippling

Comme le titre du premier documentaire réalisé par Kristina Schippling et écrit par Sarah Schygulla l’indique, il y aurait, sinon un son de Cologne, tout sauf évident à définir, tout au moins une filiation musicale depuis l’après-guerre dans la quatrième ville allemande derrière Berlin, Munich et Hambourg. Son nom germanique évoque ici au mieux en musique un album “live” enregistré et sorti en 1975, référence de l’histoire du jazz, The Köln Concert du pianiste Keith Jarrett. Continuer la lecture de « Musical Écran 2022 : « Le Son de Cologne » de Kristina Schippling »

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Musical Écran 2022 : 3 documentaires autour de Stockhausen, Delia Derbyshire et COUM / Throbbing Gristle

Delia Derbyshire, Karlheinz Stochkausen et Genesis P. Orridge
Delia Derbyshire, Karlheinz Stochkausen et Genesis P. Orridge

LICHT, œuvre testamentaire de Karlheinz Stochkausen à l’ambition démentielle (un cycle de 7 opéras correspondant aux jours de la semaine pour une durée totale de 29 heures), incarne de manière particulièrement idéal-typique un certain esprit moderniste, tel qu’il a pu caractériser les grandes entreprises sérielles et post-sérielles de l’apres-1945 : une radicalité formaliste et une sophistication inégalée, l’utopisme avant-gardiste porté à son point d’achèvement en quelque sorte. Continuer la lecture de « Musical Écran 2022 : 3 documentaires autour de Stockhausen, Delia Derbyshire et COUM / Throbbing Gristle »

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Musical Écran 2022 : « All I Can Say » de Danny Clinch, Taryn Gould, Colleen Hennessy et Shannon Hoon

Shannon Hoon
Shannon Hoon

Un écran bleu, un cut, un jeune homme chante d’une voix claire et un peu mélancolique derrière la lumière cyclique d’une dreamachine. Puis une conversation téléphonique dans une chambre d’hôtel. C’est cinq années d’archives intimes en vidéo qui s’enchaîneront enfin pendant près d’une heure et quarante minutes sans aucun commentaire. Le montage est haletant et la fin, inéluctable. De 1990 à 1995, Shannon Hoon s’est filmé chaque jour bien avant de savoir qu’il deviendrait le chanteur du groupe Blind Melon, auteurs d’un one-hit wonder mondial de l’âge d’or d’un certain grunge feel-good. Réalisateur à l’insu de son propre biopic, ses captations sont ici superbement séquencées à six mains dont le respect pour les images originelles s’exprime dans le fait qu’elles resteront anonymes et silencieuses tout du long. Un documentaire hanté, radical et déchirant qui laisse sans voix.

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Musical Écran 2022 : « TRAMPS! » de Kevin Hegge

Pour beaucoup, ce fut juste un épiphénomène, une mode passagère qui aura vite succombé sous le poids démesuré du carton-plâtre – tant ces acteurs de la nuit croulaient sous un maquillage XXL – et des éclats de rire moqueurs des érudits et des puristes. Mais l’histoire a finalement donné tort à ces gardiens du temple du rock et du roll, ce que confirme TRAMPS!, qui revient, à grand renfort d’interviews, de souvenirs, d’anecdotes et d’images d’époque, sur cette période charnière entre les décennies 1970 et 1980 qui a vu des (plus ou moins) jeunes gens, à Londres beaucoup, ailleurs un peu, habités du désir de grimer un quotidien bien morne, de s’inventer une vie, tous peu ou prou héritiers d’un Andy Warhol visionnaire – le pop-art jusque dans les fringues, les 15 minutes de gloire sur papier glacé ou aux infos télé pour ces « êtres fabuleux qui ne sont personne ». Continuer la lecture de « Musical Écran 2022 : « TRAMPS! » de Kevin Hegge »

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Musical Écran 2022 : « All The Streets Are Silent – The Convergence of Hip Hop And Skateboarding (1987 – 1997) » de Jeremy Elkin

Mike Hernandez et Harold-Hunter / Photo : Gunars Elmuts

Enfin un film qui ne revient pas sur une histoire (mieux) racontée par ailleurs. Une histoire pas non plus complètement inconnue pour qui s’est un tant soi peu intéressé aux Beastie Boys, absents à l’écran autant que présents en filigrane, et célébrés en 2020 dans un autre documentaire, Beastie Boys Story de Spike Jonze. Lui aussi programmatique dans son titre complet, sans aller jusqu’à préciser que les rues en question, tout sauf silencieuses, sont new-yorkaises, les 90 minutes de All The Streets Are Silent : the Convergence of Hip Hop and Skateboarding (1987-1997), devraient plaire au cinéaste norvégien Joachim Trier, au touche-à-tout tourangeau Rubin Steiner ou bien encore à Pedro Winter. Continuer la lecture de « Musical Écran 2022 : « All The Streets Are Silent – The Convergence of Hip Hop And Skateboarding (1987 – 1997) » de Jeremy Elkin »

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Musical Écran 2022 : « Trip! » de Lilly Creightmore

Le trip, c’est le voyage, en mouvement ou à l’intérieur de soi. Une expérience que Lilly Creightmore s’apprête à vivre intégralement lorsqu’elle débarque à Austin, Texas, en Octobre 2008. La photographe et vidéaste londonienne est invitée par les Black Angels à couvrir leur tournée avec Roky Erickson, fondateur des mythiques 13th Floor Elevators. Ce premier périple l’amène à la rencontre des Brian Jonestown Massacre, des Warlocks ou de Black Rebel Motorcycle Club. Au travers de ces entrelacements commence à s’écrire une histoire, celle du réveil d’une scène « rock psychédélique », terme que les 13th Floor Elevators avaient les choses sont parfois bien faites été les premiers à employer dans les années 1960. Pour la jeune femme, indifférente au rock mainstream servi par les groupes anglais de l’époque, écœurée par la corporatisation de l’industrie musicale, cette expérience est une révélation : il y a dans le son de ces guitares ce qu’elle a tant écouté et aimé (Ride, Spacemen 3…) et auprès de ces musiciens une communauté à laquelle, enfin, s’identifier. Continuer la lecture de « Musical Écran 2022 : « Trip! » de Lilly Creightmore »

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Marlon Williams, My Boy (Dead Oceans)

Au rayon Marlon Williams, on ne connaissait, jusqu’à il y a peu, que le grand Marley Marl, strict homonyme de l’homme qui nous intéresse ici. Mais on ne va pas jouer au malin et prétendre avoir été alerté il y a déjà dix ans par une poignée de disques réalisés en duo avec son compatriote Delaney Davidson, il n’en est rien ! Comme ce dernier, Marlon Williams est Néo-Zélandais et les deux musiciens ont œuvré communément, à l’abri de la hype, dans un domaine assez peu exposé sur nos terres : la country. Et pour intituler une série de disques Sad But True-The Secret History Of Country Music Songwriting, mieux vaut en avoir sous le pied. Continuer la lecture de « Marlon Williams, My Boy (Dead Oceans) »

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V/A, Paisà Got Soul : Soul, AOR & Disco in Italy 1977 / 1986 (Four Flies)

L’année dernière, notre émérite collègue Rosario Ligammari publiait l’excellent Buongiorno Pop chez Le Mot et le Reste, un hommage à la vibrante pop transalpine. Paisà Got Soul arrive à point nommé pour remettre une pièce dans la machine. Généreuse sélection de 15 chansons, la compilation explore les chaleureuses contrées de l’AOR. Ce genre musical, longtemps moqué et ignoré, a le vent en poupe depuis quelques années. Qu’il soit désigné sous le sobriquet de Yacht Rock, Soft Rock, ou Album-Oriented Rock, la recette n’en reste pas moins similaire : la musique cross-over ultime de la fin des seventies, entre rock, idéaux hippy, accords jazzy et groove détendu soul/funk/disco. Comme les Beatles, quinze ans plus tôt, The Doobie Brothers, Steely Dan, Fleetwood Mac ou Earth Wind and Fire ont fait des émules un peu partout. Continuer la lecture de « V/A, Paisà Got Soul : Soul, AOR & Disco in Italy 1977 / 1986 (Four Flies) »

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Mimi par cœur

Mimi Parker / Low
Mimi Parker / Low

C’était en février 2013, dans un appartement parisien. Dès que la soirée de poche avec Low avait été annoncée, j’avais fait des pieds et des mains pour y assister. Le soir même, j’avais acheté un bouquet de fleurs pour remercier Dali, qui m’avait confirmé quelques jours plus tôt que je pourrais y assister. C’était un double évènement : Low en appartement, et Low en duo. Juste Alan Sparhawk et Mimi Parker. Low est un des groupes que j’ai le plus vus en concert, mais je n’avais jamais eu l’occasion de les entendre dans cette configuration.

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Climats #34 : Yo La Tengo, Erwin Blumenfeld

Peut-on écouter la voix de Calvin Johnson les jours d’orage ?
Et Josef K sans avoir lu Kafka, c’est toujours aussi bien ?

Climats met en avant disques et livres selon les aléas de la météo. Continuer la lecture de « Climats #34 : Yo La Tengo, Erwin Blumenfeld »

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EggS, l’indie next door

Brillant premier album pour le quatuor nord parisien devenu septette

Eggs
Eggs / Photo : Jules Vandale

Il aura pris son temps pour arriver à terme, mais il est enfin là. A Glitter Year, premier et excellent album de EggS est sorti ce vendredi 4 novembre sur Howlin Banana, Safe In The Rain et Prefect Records chez nos amis d’outre-Manche (et en édition limitée chez Rough Trade), on y reviendra d’ailleurs dans peu de temps. En attendant, rencontre avec Charles, Léo, Manolo et Rémi pour discuter fanzinat et héros locaux, musique de copains et références obscures, autour d’une ou deux Super Bock. Continuer la lecture de « EggS, l’indie next door »

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The Delines – On dirait le Sud

The Delines
The Delines / Photo : Jason Quigley

Avant, il y avait Richmond Fontaine. Ce groupe que j’avais essayé d’aimer, brièvement et vainement, à la fin des années 2000. Comme avec quelques autres – The Hold Steady, Drive-By Truckers – les louanges de la presse anglaise, Mojo et Uncut en tête, avaient suffi pour me donner l’envie de tenter l’expérience et pour acquérir ces albums sur la foi de critiques dithyrambiques. Des disques que je ne retrouve plus sur les étagères encombrées – jamais un très bon signe – et qui ont dû finir dans une cave ou sur les rayons d’occasion de Gibert. Une première rencontre avec l’Amérique de Willy Vlautin globalement manquée, donc. Les souvenirs en sont vagues mais les raisons demeurent : une forme musicale qui charriait encore quelques poncifs country un peu trop virils pour mon goût de l’époque ; du rock littéraire, peut-être bavard. Continuer la lecture de « The Delines – On dirait le Sud »

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Selectorama : Sylvie (Ben Schwab)

La vie dans les replis du temps. Ou plutôt dans les sillons d’un disque de Carole King. C’est à ce pas de retrait, loin de l’époque, que nous invite pour l’instant Ben Schwab, en vacances de Drugdealer. Sur le premier album de son nouveau projet, Sylvie, il est beaucoup question de prolonger les lignées musicales, de maintenir une certaine forme de fidélité aux héritages. C’est, en effet, après avoir découvert, dans les combles de la maison familiale, une caisse de bandes magnétiques enregistrées par son père et ses camarades en 1975 et demeurées inédites à ce jour que Schwab a décidé d’honorer à sa manière ces vestiges de l’archéologie intime. Déja-Vu, comme chantaient les quatre autres, ou déjà entendu ? Sans doute, mais ce n’est pas vraiment la question. Il y a, dans la ferveur personnelle qui imprègne ces sept morceaux, quelque chose de plus puissant et qui échappe aux nostalgies convenues de la reconstitution historique. Un sens de la continuité enthousiaste que l’on retrouve dans les propositions d’écoute défendues par Schwab et qui, tout comme lui, bousculent les contraintes trop strictes de la cohérence chronologique. Continuer la lecture de « Selectorama : Sylvie (Ben Schwab) »

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Nu Genea, Bar Mediterraneo (NG Records)

Sensation de 2018 avec Nuova Napoli, le duo italien Nu Guinea est revenu cet été avec un nouveau nom et un nouvel album, Bar MediterraneoLucio Aquilina et Massimo Di Lena s’appellent désormais Nu Genea, mais le propos n’a pas changé. Ils pratiquent toujours une musique organique, festive, élégante, mouvante comme les vagues de la mer Méditerranée. Celle-ci est d’ailleurs le fil conducteur de Bar Mediterraneo. Les Italiens rendent en effet hommage à de nombreuses cultures (Europe du Sud, Maghreb…) partageant cet océan. Une place particulière est accordée à Napoli, véritable carrefour de ces civilisations. Instruments, langues, ce troisième album est une célébration des différences, un véritable plaidoyer pour la communion autour de la musique et la danse. Continuer la lecture de « Nu Genea, Bar Mediterraneo (NG Records) »

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Deacon Blue, Raintown (CBS, 1987)

Ils étaient loaded, bien avant Primal Scream, disons cinq bonnes années, et vu le clip, on ne sait pas trop à quoi ils tournaient, mais ils planaient bien haut. Et même que le chanteur avait un petit chapeau, le même que Stuart Murdoch de Belle & Sebastian s’est mis à porter quelques années plus tard, avec plus de classe, on dira. Ils venaient de Glasgow, comment en eut-il été autrement ? Ils venaient de cette ville d’Écosse, qu’ils surnommaient Raintown, ville de tous les fantasmes du petit gars de seize ans de l’Est de la France que j’étais. Je m’étais choisi ce coin de paradis comme d’autres avaient pointé, sur la carte de leur désir, Tahiti ou Bora-Bora. Ou plutôt, c’est cette ville qui m’avait choisi. Continuer la lecture de « Deacon Blue, Raintown (CBS, 1987) »

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Nev Cottee, Madrid (Wonderfulsound)

Il faut toujours parler d’Oasis. De toute façon, tous les chemins mènent à Noel Gallagher. Quel est le rapport entre Madrid, le nouvel album de Nev Cottee et Manchester, la ville de Nev Cottee ? Noel Gallagher ? Bingo. Un peu d’histoire. Au début des années 2000, Noel Gallagher fait du hors-piste et décide de fonder un label, Sour Mash. Avant de signer Shack pour son ultime disque, il recrute les Proud Mary dont fait partie Nev Cottee. On pense évidemment aux Rolling Stones en écoutant les morceaux de ce groupe (toujours plus ou moins actif si on en croit Internet) mais à l’époque tout le monde en pense forcément du mal car Oasis est alors en pleine traversée du désert. Et avoir un disque signé sur le label de Noel Gallagher, produit par Gem Archer… Avec une promotion assurée par les frères Gallagher, c’était l’échec assuré. Et ce le fut. Nev Cottee quitta l’aventure pour on ne sait quelle raison et disparut des radars. Continuer la lecture de « Nev Cottee, Madrid (Wonderfulsound) »

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Climats #33 : Sam Burton, Amelia Gray

Lee Scratch Perry sous la grêle, on dirait encore du reggae ?
Et si on dit que les premiers albums de Laurent Voulzy ressemblent à du Elliott Smith, on conserve ses ami•es après ?

Climats met en avant disques et livres selon les aléas de la météo. Continuer la lecture de « Climats #33 : Sam Burton, Amelia Gray »

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LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS D’OCTOBRE 2022

Subjective as fuck, établie en fonction des goûts de chacun dans cet univers impitoyable de furieux passionnés aux aspirations éclectiques, notre playlist du mois se veut un constat à l’instant T de ce que la Pop Moderne propose en nouveautés qui ne nous tombent pas des oreilles. Ici, une petite cartographie mondiale, aux rythmes variés et à l’écriture affutée. Prenez-là comme un pansement aux maux de notre époque, pas plus, pas moins.

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Phil & The Tiles : un 4 titres percutant issu de la banlieue de Melbourne

Anti Fade, label de Geelong géré d’une main de maître par Billy Gardner (Ausmuteants, The Living Eyes, Smarts…), et défricheur de ce qui peut se faire de mieux en terres Australes, nous propose la première sortie sous forme de 45 tours de Phil & The Tiles, jeune formation de Moorabbin dans la banlieue de Melbourne. En dix minutes montre en main, un percutant mélange entre urgence et mélancolie, punk débraillé et mélodie, dans lequel le groupe nous parle de peines amicales et de vie asservie par le travail en usine.

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25 cm de plaisir


C’est un format qui va et qui vient. Apparait, disparait – omniprésent dans les années 1960, aux abonnés presque absents lors de la décennie suivante, il a fait un retour en grâce si ce n’est en force au début des années 1980. Mais c’est au début des années 1990 qu’il vit l’un de ses âges d’or : de part et d’autre de la Manche et de l’Atlantique, un nombre assez dingue de groupes opte pour ce format qui séduit souvent et fascine toujours – parce qu’on le veuille ou non, en musique pop, l’objet est forcément au centre des ébats. Remis récemment au gout du jour par l’élégant label franco-anglais Violette Records – qui vient de réaliser le très beau Elp de Meaning of Tales – et alors que du côté de Clermont-Ferrand, le plus rock 6Tone Records ne sort ses vinyles que dans ce format-là, il était temps de proposer une sélection absolument subjective de onze disques qui ont su marier le fond et cette forme. Pour un plus grand plaisir. Continuer la lecture de « 25 cm de plaisir »

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Cinq bougies pour Transversales Disques

Sébastien Rosat et Jonathan Fitoussi, Transversales
Sébastien Rosat et Jonathan Fitoussi, Transversales

Le digging pointu fait aujourd’hui figure de domaine incontournable pour la production pop contemporaine. Superior Viaduct, Numero Group, WRWTFWW, Finders Keepers, Editions Mego/Recollection GRM, autant de noms de labels qui se caractérisent par des pratiques éditoriales remarquables et par leur haut niveau d’exigence : catalogues aux lignes impeccables, érudition historique, perfectionnisme dans la réalisation des objets (livret, pochette, etc.)

Fondé à Paris en 2017 par Jonathan Fitoussi et Sébastien Rosat, Transversales Disques ne déroge pas à cette règle. Croisant des esthétiques ou des figures aussi diverses que celles des pionniers de l’électro-acoustique (Bernard Parmegiani, Luc Ferrari, Pierre Henry), figures singulières de l’expérimentation électronique (les frères Baschet, Igor Wakhévitch, Ariel Kalma, Suzanne Ciani bientôt), maitres de la bande originale de film (François de Roubaix, Ennio Morricone, Philippe Sarde, Alessandro Alessandroni), ou encore représentants importants du Free/Spiritual Jazz (Pharoah Sanders, Archie Shepp), le label s’est très rapidement imposé comme l’un des plus intéressants du moment. Reprenant le flambeau de noms mythiques comme ceux de Shandar Records ou de BYG/Actuel, Transversales Disques fête ce mois d’octobre ses cinq années d’existence. L’occasion de faire retour sur quelques références marquantes du catalogue. Continuer la lecture de « Cinq bougies pour Transversales Disques »

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EggS, héros à domicile

Quelques jours avant l’arrivée de leur premier album des franciliens, un nouveau clip fait maison avec amour.

eggs / Photo : Jules Vandale
eggs / Photo : Jules Vandale

I read about your band, you don’t mention my name
I guess you said the truth Facebook is a grave
I saw you play tonight one more local show
Be sure I’ll be there dancing by the stage

Après lecture du premier couplet de Local Hero, je suis un tantinet partagé sur ce que le deuxième single de EggS tente de nous raconter. Est-ce un tacle visant ces “groupes qui se la jouent grosses rocks stars mais qui peinent à remplir une cave avec une jauge de cinquante personnes”, avec supplément mauvaise foi de l’individu visé par ce “I read about your band, you don’t mention my name” un poil désabusé ? Ou est-ce au contraire un hommage à ces “héros locaux”, ceux qui font battre le cœur des tiers-lieux qu’on affectionne tant malgré un son poussiéreux comme une Rickenbacker trouvée dans un grenier ? A en croire Charles Joujoujag, le principal intéressé : “C’est un peu ces deux choses à la fois, et c’est peut-être aussi un des morceaux les plus autobiographiques du disque. Une forme de catharsis tout en restant super accrocheur. Puis on a tous des local heroes. Nick Wheeldon à Paris, la bande de Moleskine à Nantes…


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V/A, Hallo 22, DDR Funk & Soul von 1971 – 1981 (Sony Music Allemagne)

En 2022, les rééditions et compilations tournent toujours à plein régime. Un petit tour chez votre disquaire et vous voilà parti dans une contrée lointaine, en Afrique ou en Asie, à la recherche d’un nouveau Graal. Paradoxalement, cette quête effrénée de disques à rééditer ne touche que marginalement la production européenne. La musique socialiste des années 60-70-80 semble ainsi être souvent un angle mort de l’intérêt général actuel pour l’extérieur du spectre anglophone. Il y a certes quelques compilations sur la scène tchécoslovaque (Czech Up, Munster), roumaine (Hai Noroc!667 records) ou yougoslave (Jugoton FunkCroatia Records) mais rien de comparable avec le flot de rééditions actuel. Hallo 22 témoigne également de ce sentiment : la compilation, proposée par Sony Allemagne, ne semble pas distribuée en Europe. Continuer la lecture de « V/A, Hallo 22, DDR Funk & Soul von 1971 – 1981 (Sony Music Allemagne) »

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Meaning Of Tales, When There’s Life, There’s A Dream (Violette Records)

D’abord, il y a le titre du disque. Ce titre qui, dès qu’on l’a lu pour la première fois, il y a quelques semaines de cela, a évoqué un autre titre. Celui du troisième album de Moose, Live A Little Love A Lot. Parce que ces deux titres sont de ces titres qui en disent long sans pour autant tout dévoiler, des titres qui restent des suggestions, des titres qui laissent deviner que, comme dans un film de Frank Capra (au hasard, vraiment), la vie reste belle. Ou qu’après tout, c’est d’abord à nous de la rendre belle. Et ça tombe bien : les chansons de Meaning Of Tales sont de celles qui facilitent la tâche. Des chansons de l’intime, des chansons de temps qui se suspend, de petits instants qui changent, si ce n’est le cours d’une vie, au moins celui d’une journée. Des chansons qui dessinent des sourires ; des chansons de crépuscule, de ciel qui rosit, de rayon vert, de vagues qui roulent sur le sable. Continuer la lecture de « Meaning Of Tales, When There’s Life, There’s A Dream (Violette Records) »

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Lawrence dans tous ses états

Alors que Go-Kart Mozart devient Mozart Estate, retour sur le début d’une parenthèse qui aura duré finalement plus de 20 ans

Lawrence / Photo : Olivier De Banes
Lawrence / Photo : Olivier De Banes

Il y a un mois jour pour jour, l’homme était de retour sur une scène parisienne, pour le même festival – le Paris Popfest – et dans la même salle – le Hasard Ludique – où il avait donné son dernier concert français quatre années plus tôt. Sous une nouvelle identité – adieu Go-Kart Mozart, bonjour Mozart Estate –, le toujours fascinant Lawrence a décidé de bousculer les règles parfois absurdes qu’il s’est longtemps imposées à lui même : pour la première fois d’une histoire commencée à la toute fin des années 1970, il ne s’interdit pas de jouer des chansons de son précédent projet. Rien de bien surprenant cela étant car si les musiciens ont changé – un gars au clavier qui sort tout droit du Human League de 1982, un guitariste qui aurait pu jouer avec Adam Ant –, le propos lui n’est pas si différent : des chansons montées sur ressorts électroniques et riffs électriques pour porter des slogans qui claquent, dans lesquels Lawrence martèle ses obsessions, ses craintes, son second degré et embrasse la société par le petit bout de sa lorgnette. Continuer la lecture de « Lawrence dans tous ses états »

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Climats #32 : Stereolab, Emilie Notéris

Douceur automnale / Image : Meteo Paris

Nick Drake, sous le soleil chaud andalou, ça fout encore la déprime ?
Et peut-on écouter Dire Straits sans réellement culpabiliser ?

Climats met en avant disques et livres selon les aléas de la météo. Continuer la lecture de « Climats #32 : Stereolab, Emilie Notéris »

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Un monde nouveau

Une des têtes pensantes du groupe krautrock Neu! revient sur son parcours à l’occasion de son passage au festival BBMix

Michael Rother / Photo : Vittoria Maccabruni
Michael Rother / Photo : Vittoria Maccabruni

Il y a cinquante ans, le guitariste Michael Rother et le batteur Klaus Dinger, fraichement échappés de Kraftwerk, enregistraient sous le nom de Neu! l’un des albums les plus importants de toute l’histoire du rock, un disque dont les inventions saisissantes et la radicalité formelle permirent notamment d’imposer, avec force et autorité, l’idée d’un krautrock visionnaire, hypnotique et très physique qui n’a jamais cessé d’apparaître comme l’une des principales sources d’inspiration de certains des plus fameux acteurs du rock de ces cinq dernières décennies. Pour célébrer cet anniversaire, le label Grönland ressort l’intégrale du duo (les trois albums, tous indispensables, plus les désormais inévitables sessions de 1986) augmentée d’un album de remixes inédits impliquant Mogwai, The National, Idles ou Yann Tiersen, entre autres, le tout présenté dans un somptueux coffret orange. Continuer la lecture de « Un monde nouveau »

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« Le monde de demain » de Hélier Cisterne et Katell Quillévéré

Le Monde de Demain : Anthony Bajon et Melvin Boomer
Le Monde de Demain : Anthony Bajon et Melvin Boomer

« Ce qui compte, c’est pas d’être prêts, c’est d’être là »

Filmer la musique, épisode 2 (ou 3, si on compte le texte sur le merveilleux On ne va pas se quitter comme ça de Jean-Louis Comolli pour les amis de Musique Journal) : après mes réflexions sur le documentaire La Grande Triple Alliance Internationale de l’Est, j’ai par hasard enchaîné sur Le monde de demain d’Hélier Cisterne et Katell Quillévéré, qui passe en ce moment sur Arte. Six épisodes de moins d’une heure chacun racontent les débuts du duo vénère et de leur entourage plus ou moins proche (Lady V, Assassin, Dee Nasty…) dans un style relativement modeste avec tout de même de belles reconstitutions de ferveur collective (les soirées notamment, on y reviendra) et de sacrées performances des acteurs, dans les moments de danse et de musique. Continuer la lecture de « « Le monde de demain » de Hélier Cisterne et Katell Quillévéré »

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Avant-première : « L’amour aux mille parfums » de Mim (avec Charlène Darling)

Mim et Charlene Darling
Mim et Charlene Darling

Second épisode des aventures de Charlene Darling et Mim après le très beau Saint Guidon, paru il y trois ans et dans lequel le garçon avait joué un grand rôle (« réalisation ») : c’est au tour de ce dernier de signer un album sur le même label, a1000p. L’aspect éthéré et vénéneux du premier essai laisse place à un univers plus minéral, plus bizarre aussi. Si Charlene Darling s’amusait à faire un album pop, du moins s’en approcher, Mim, lui déjoue : liberté dans les chants qui semblent improvisés dans l’instant, frontalité du vocabulaire (« C’est à fond que je t’aime ») et diversité des thèmes abordés. Mais on ne perd rien au change : des petits miracles se passent dans les petites constructions qui font fi des règles habituelles du son. Continuer la lecture de « Avant-première : « L’amour aux mille parfums » de Mim (avec Charlène Darling) »

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Marxist Love Disco Ensemble, MLDE (Mr Bongo)

Si Mr Bongo est une des valeurs sûres du monde de la réédition avec un catalogue remarquable (Marcos Valle, EPMD, Azymuth, Doris) et une politique de prix décente, ne négligeons pas son activité sur le terrain de la nouveauté. Nous les connaissions pour les sorties de Sven Wunder, Matty, Joe Culpepper ou Kit Sebastian, il faudra désormais aussi compter sur le Marxist Love Disco Ensemble. Toutefois, nous ne pouvons émettre que des hypothèses sur cette obscure formation, puisque les noms des musiciens impliqués ne sont pas connus. Nous pourrions alors imaginer une bande audio, retrouvée dans une grenier du côté de Zagreb ou Bratislava. Au delà du folklore communiste, sorte de réponse au I Love America de Patrick Juvet, la musique est, elle, difficile à dater. Continuer la lecture de « Marxist Love Disco Ensemble, MLDE (Mr Bongo) »

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Cotton Mather, Kontiki (Copper Records, 1997)

On avait trouvé à l’époque l’accroche en forme de punchline de notre chronique imaginaire. Mi- paresseux, mi- soucieux de faire le malin, on s’était directement servi chez Truffaut en ponctionnant quelques phrases sorties du gosier de l’impayable Petite Feuille, l’instit’ des 400 coups. « Il leva un point crispé par la rage et cria d’une voix de tonnerre le fameux mot d’Archimède : Euréka, j’ai trouvé ! Et bien moi aussi j’ai trouvé Doinel. Vous êtes un abominable plagiaire ! ». Il faut dire que, rapidement parcouru, le dossier Cotton Mather s’annonçait particulièrement copieux pour les praticiens du ricanement et autres blasés par nature. Un quasi sosie de McCartney, un dénommé Harrison et des inflexions vocales lennoniennes à faire passer The Aerovons pour le groupe le moins beatlesien des late 60’s, Cotton Mather avait certes de quoi intriguer mais le timing nous suggérait d’envoyer illico cette affaire au rayon fake. Continuer la lecture de « Cotton Mather, Kontiki (Copper Records, 1997) »

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Valentina Magaletti & Yves Chaudouët, Batterie Fragile (Un Je-Ne-Sais-Quoi)

1. La semaine dernière, je suis allé voir Institutrice en concert. Eric Bentz et Jean-Baptiste Geoffroy, tous les deux pensionnaires de la bruyante Colonie de Vacances, développent un jeu exigeant de percussions sur toutes sortes de bols, casseroles et accessoires en métal étendus devant eux sur un tapis de mousse. A la fois ludique et sportif, leur duel consiste à déclencher leurs motifs dans des décharges extatiques, à l’unisson imparfait (j’imagine) qui malgré leur virtuosité crée ces micro décalages où se loge ce qu’on aime bien : accidents, imperfections, anfractuosités dans lesquels se loge notre imaginaire (bien aidé aussi par leur dispositif de retraitement électronique en direct, mais je laisse ça de côté aujourd’hui). Le bon gros cliché du voyage nous attend en embuscade, certes, mais tant pis : de l’Afrique à l’Indonésie, on est bien obligés de se laisser attraper par ce qui est irréductible à la musique, le rythme qui nous possède le reptilien en deux coups de cuiller à pot (au sens littéral ici). Continuer la lecture de « Valentina Magaletti & Yves Chaudouët, Batterie Fragile (Un Je-Ne-Sais-Quoi) »

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Climats #31 : Jim O’Rourke, Warren Ellis

Écouter Nick Cave and the Bad Seeds sous le soleil d’Ibiza, c’est péché ?
Et Vincent Delerm faisant des reprises de Sebadoh, c’est souhaitable ou pas ?
Climats met en avant disques et livres selon les aléas de la météo. Continuer la lecture de « Climats #31 : Jim O’Rourke, Warren Ellis »

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Bill Callahan, YTI⅃AƎЯ (Drag City)

Ce que je retiendrai du scoutisme, au-delà d’un paquet de nerfs, du savon noir, de l’odeur, à la longue écœurante, des feux de bois et de petites humiliations, c’est que le danger n’est jamais loin et qu’il faut rester à l’affût. Et j’avoue volontiers avoir baissé ma garde à propos de ce sacré Bill. Mais, bien au-delà du confort souvent majestueux que ses disques récents m’ont toujours apporté, la lassitude rentrant peu à peu en ligne de compte, vous n’avez pas idée de mon vrai métier, et l’ennui n’est pas forcément étranger à la félicité. Bien au-delà de ça, dans ces disques jolis, et loués unanimement par les professionnels de la profession, ô combien je m’ennuyais. Parfois, pas toujours (Apocalypse quand même), mais souvent. Mais je restais à l’affût, en vain mais pas toujours. Et aujourd’hui, me voilà bien récompensé.

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Selectorama : Roméo Poirier

Romeo Poirier / Photo : Anna De Smet
Romeo Poirier / Photo : Anna De Smet

Rentrer dans le Living Room de Roméo Poirier qui sort là son troisième LP (après Hotel Nota, chroniqué ici), c’est se poser dans un monde imaginaire où l’on croit entendre des oiseaux exotiques, des craquements d’arbres, une jungle équatoriale recréée de façon électronique.  Allongé au bord de cette rivière de sons, on retrouve le goût d’écouter, de tendre l’oreille au moindre détail savamment mis en scène par le musicien. A la métaphore guerrière qui voudrait qu’on suive un compagnon coûte que coûte, on préfèrera celle de la métaphore du voyage : on aura toujours envie d’être dans les pas de Roméo Poirier, partout où il va, depuis qu’on le connaît, dans toutes les contrées qu’il explore, de l’avant-pop de Roméo & Sarah à son travail solo dont les géographies électroniques s’étendent sans se presser, sans trop se dévoiler non plus. La preuve dans un Selectorama où chaque mot semble soupesé, non sans humour d’ailleurs. Continuer la lecture de « Selectorama : Roméo Poirier »

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Small Sur, Attic Room (Worried Songs)

Il suffit de jeter un bref coup d’œil rétrospectif à sa discographie pour s’en convaincre : Bob Keal entretient un rapport à la musique et au temps dont toute trace d’urgence a été chassée depuis bien longtemps. Quelques débris confidentiels enfouis dans les limbes, quatre albums de Small Sur publiés trop discrètement entre 2005 et 2012 et puis le silence complet. Dix années se sont écoulées ensuite, que le natif du Dakota désormais installé du côté de Baltimore a consacré à son « vrai » métier d’enseignant, à sa famille – et notamment à sa fille née en 2014 – bref, à la vie. Ce n’est que grâce à l’insistance et au soutien de quelques amis proches – et notamment des frères O’Connell, Matthew (Chorusing) et Joseph (Elephant Micah) – qu’il s’est décidé à briser un peu de ce silence à la fois choisi et résigné pour retravailler et assembler, fragment par fragment, quelques-unes des esquisses dérobées aux heures besogneuses de la décennie passée. Continuer la lecture de « Small Sur, Attic Room (Worried Songs) »

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L’avis de Brian

L’illustrateur irlandais Brian McHenry donne une seconde vie à « Life Goes On » des BMX Bandits

En 1993, Duglas Stewart et ses BMX Bandits signent (enfin) chez Creation Records et publient Life Goes On. Portée aux nues par Kurt Cobain qui portait à cette époque un t-shirt des BMX Bandits les jours pairs et un t-shirt des Captain America les jours impairs, la musique de Stewart aurait dû envahir les ondes radio. D’autant plus que les chansons de ce disque, produites par le très fidèle Duncan Cameron, sont impeccables. Mais le résultat commercial ne fut pas au rendez-vous. Les BMX Bandits firent le boulot en partant en tournée la même année, embarquant avec eux les tous jeunes Oasis pour assurer leur première partie… Continuer la lecture de « L’avis de Brian »

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TH da Freak, Coyote (Howlin’ Banana)

Je découvrais TH da Freak en février 2018, à l’occasion de la sortie de son album The Hood. J’étais vite devenue accro à ces onze titres, à ces guitares dans lesquelles je retrouvais à la fois la désinvolture slacker de Pavement et l’énergie skate punk de Mazes. Mon coup de cœur s’était confirmé en concert, où la bande de Bordelais menée par Thoineau Palis prenait pour moi tout son sens. Je décidais d’en parler dans ces pages à l’occasion d’un Sous Surveillance dans lequel Thoineau confiait : « Sur la pochette, c’est la Statue de la Liberté à dix mètres de chez moi à Bordeaux, pour dire que j’aime les States et que le disque sonne ricain ». Effectivement, tout dans le son et l’image convoquait le Seattle des nineties, et il ne m’en fallait pas plus pour être conquise. C’est aussi malheureusement là, in the hood, que j’ai laissé le garçon aux cheveux bleus : parce qu’il est si prolifique et que je le découvrais principalement sur scène, j’ai perdu le fil pendant la pandémie et retenu seulement quelques tubes de ses albums suivants, comme Peeling the Onion et Hospital (Freakenstein, 2019). J’ai donc abordé Coyote, son cinquième LP tout juste paru, comme des retrouvailles, c’est à dire avec un peu d’appréhension et de curiosité : allais-je y retrouver ce qui m’avait plu dans The Hood en 2018 ? Dans quelle direction Thoineau avait-il pu évoluer au cours des quatre dernières années ?

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