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Teledetente 666, retour de flamme

Une formation souterraine affiliée à la nébuleuse Grande Triple Alliance Internationale de L’Est, composée de musiciens vus dans Le Renard, Delacave, Tobi Wolf, Le Chemin de La Honte… Une discographie légère mais culte, un album autoproduit en 2011, un 45 tours chez Sweet Rot Records, label Canadien au catalogue impressionnant (UV Race, Pheromoans, Dream Salon, Blind Shake entre autres) mais aussi la crème des groupes obscurs made in Alsace Lorraine (The Anals, Sida, Feeling Of Love, AH Kraken…) et surtout un album, Karen, et ses tubes Mr Marcaille Is Watching You, Soleil Nord-Est pour ne citer qu’eux. Continuer la lecture de « Teledetente 666, retour de flamme »

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Dona Casque, Le Reflet de Maman (Turbo Discos)

Dona Casque se sont d’abord fait connaître par leurs concerts, parmi les meilleurs des souterrains parisiens, et au-delà, car Dona Casque (dont on vous avait déjà parlé ici) se carapate partout : France, Europe, côte Ouest des États-Unis cet été, et présentement l’Allemagne. Rapide, coriace et endurant, Dona Casque est à la conquête du monde, sur le terrain, et pour cause, c’est un excellent groupe de scène. Déjà, ce n’est pas le trentième guitare/basse/batterie que l’on voit passer dans l’année ; c’est plutôt le premier, et probablement le dernier voix/clavier/basse + voix/batterie/clavier : Maë Favory d’un côté, Danny Kendricks de l’autre. Ce n’est pas que visuel, leurs concerts sont instables et efficaces, chaotiques et maitrisés, vivifiant. Le public a moins mal aux jambes. La buvette marche. Les deux ami⋅es font cinq choses en même temps et racontent des choses incohérentes et drôles entre chaque morceau. L’atmosphère se vide des jours qui passent, d’hier et de demain, se remplit du soir. Continuer la lecture de « Dona Casque, Le Reflet de Maman (Turbo Discos) »

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Boris Maurussane : Larmes de joie

Boris Maurussane / Photo : Marjorie Chaumet
Boris Maurussane / Photo : Marjorie Chaumet

La plus belle moustache du douzième arrondissement de Paris remet enfin le couvert quatre longues années après l’inaugural Social Kaleidoscope, et le festin auquel nous sommes conviés dépasse nos espérances : Tears Of English Town vole très haut et confirme s’il en était encore besoin l’immense talent de cet étrange spécimen. De Maxwell Farrington & Le SuperHomard à Dorian Pimpernel en passant par Olivier Rocabois, Orwell, Discover ou Astrobal, la scène pop française n’en finit plus de nous éblouir et Boris Maurussane – qui préfère parler à son sujet de Third Stream Pop Music – fait plus que tenir son rang. Il rayonne, il survole – il stratosphérise. Tears Of English Town aligne les merveilles comme à la parade – il faudrait toutes les citer. Un disque tel un creuset dans lequel s’invitent Musique Populaire Brésilienne, pop sophistiquée et quelques échos de jazz – un sommet psychedelico-bucolique. Continuer la lecture de « Boris Maurussane : Larmes de joie »

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Odessey & Oracle, Technicolor (Dur & Doux)

« Nouvelle génération
Pas d’la chair à patrons
On veut plus travailler
Changer la société »

Quand on s’était repris de passion pour la chanson française dans sa grande acceptation contemporaine, on avait découvert émerveillés le disque d’Odessey & Oracle paru sur Another Record (Crocorama avec entretien dans Groupie, tout ça) puis on était remonté dans le temps pour leur premier francophone sur Bongo Joe, aussi parce qu’on avait l’intuition que leur histoire allait bien finir, genre une trilogie homogène, pochettes à l’avenant, tout ça, ligue de légende. On avait bien vu, même si le dernier chapitre à tarder à s’afficher, on ne rentrera pas dans les cuisines du groupe, mais on a là sans doute un album qui a failli rejoindre les mythes du lost album, si cher à nos cœurs crypto complo-complétistes : déjà enregistré, déjà pressé, mais empêché. Continuer la lecture de « Odessey & Oracle, Technicolor (Dur & Doux) »

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Le petit train

Catherine Ringer dans "Soigne Ta Droite" de Jean-Luc Godard (1987) / Photo : DR
Catherine Ringer dans « Soigne Ta Droite » de Jean-Luc Godard (1987) / Photo : DR

Il y a des artistes dont on reconnaît la voix en quelques secondes. Celle de Catherine Ringer appartenait à cette catégorie rarissime : une voix capable de tout, du cri au murmure, de la gouaille au lyrisme, de la sensualité à la douleur, avec cette façon absolument unique de faire passer une chanson entière par le corps.

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Blason, Blason (bruit direct disques et [tanzprocesz])

La musique électronique et la pratique du live ont toujours entretenu des relations complexes. Un certain cliché irait même jusqu’à en opposer les termes : quoi de plus éloigné de la plus ou moins grande spontanéité de l’interprétation instrumentale que la soi-disant froideur des séquenceurs et autres systèmes de programmation. Évidemment, comme tout cliché, c’est sa part de fausseté qu’il convient de souligner. On pourrait même établir une histoire passionnante du live électronique et de ses singularités : du concert d’enceintes avec la musique acousmatique à l’impro live néo-psych du côté de la free party, en passant par les expérimentations de la scène indus ou de la scène laptop/Extreme Computer Music. Ou encore plus précisément, ces quinze dernières années, du côté du revival analogique. Continuer la lecture de « Blason, Blason (bruit direct disques et [tanzprocesz]) »

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Langue Pendue n°12 : Super mal produit, Une histoire du disque Supermalprodelica

Langue Pendue N°12 - Graphisme : Pauline Nunez
Langue Pendue N°12 – Graphisme : Pauline Nunez

Il est aujourd’hui admis que l’apparition et la généralisation des samplers au tournant des années 1980-1990 ont grandement contribué au développement d’une nouvelle grammaire musicale. Plus précisément, la mise sur le marché de machines (les samplers Akai notamment) dotées de la fonction de time stretching (la possibilité, plus ou moins aisée à cette époque, d’étirer/compresser le tempo d’un sample sans faire varier sa note/hauteur) a révolutionné la manière de composer et de produire à partir de collages de sons, de boucles ou d’autres matériaux sonores. On pense aux classiques du rap They Reminisce Over You de Pete Rock & CL Smooth ou Shook Ones Pt. II de Mobb Deep, ou encore, bien évidemment, aux productions jungle et à leur usage de l’Amen break. Mais c’est peut-être dans certaines productions à la croisée de l’abstract hip-hop et d’une post- ou neo-library music que cette esthétique de la citation pop et du montage dada a pu prendre sa forme la plus accomplie – les labels Mo’ Wax et Ninja Tune, avec What’s That Noise? de Coldcut, Mark’s Keyboard Repair de Money Mark, et bien évidemment le fameux Endtroducing….. de DJ Shadow. Continuer la lecture de « Langue Pendue n°12 : Super mal produit, Une histoire du disque Supermalprodelica »

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Guilty Razors, Complete Recordings – 1978 (Born Bad Records)

Parfois l’histoire est plus belle que le dénouement. C’est un peu la sensation que certains d’entre nous éprouveront en écoutant Complete Recordings 1978 de Guilty Razors. Il fallait être là en 1978, dans cette France giscardienne, tournée vers le futur, mais rattrapée par la crise pétrolière. Etre punk à la fin des années 70 dans l’Hexagone était une expérience singulière. Honni par la France profonde comme les gauchistes de la révolution culturelle, le punk était une affaire d’inadaptés. À Rouen (Les Olivensteins) comme dans le XVIe arrondissement, des jeunes cherchaient à tromper l’ennui. Ils se plongèrent dans le meilleur des sixties (Nuggets etc.) et cherchèrent cette précieuse vitalité dans les premiers disques punk britanniques ou étatsuniens. Guilty Razors étaient de ceux-là, des vrais de vrais, des purs et souvent durs. Continuer la lecture de « Guilty Razors, Complete Recordings – 1978 (Born Bad Records) »