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Colombey, Les yeux fermés (Jelodanti)

« Connais-tu un produit chimique pour me détacher de toi ? »

L’histoire, c’est que j’ai vu Colombey fin du printemps début de l’été, j’avais été invité pour une plancha chez un copain, c’était super bon, un truc un peu fantasmatique de nourriture hybride cajun créole. Et puis, c’était la première fois que je venais seul à un repas, depuis plus de 20 ans que ça m’était pas arrivé, ça faisait bizarre. En fin d’aprèm, j’étais finalement soulagé de partir de cet endroit pourtant accueillant, où tout le monde était si heureux et que j’étais triste à mourir. Le prétexte, c’était d’aller à un concert dans la rue à côté de chez moi. Rebecca Bonté (qu’on retrouve sur Les yeux fermés d’ailleurs) ouvrait le bal et puis Colombey fermait le ban. Autant la jeune femme me perdait – et ça faisait du bien – avec son électro abstraite et sa chanson destructurée, autant le gars m’a ramené dans un état proche de l’Ohio, j’ai le moral à zéro, comme disait Isabelle. Continuer la lecture de « Colombey, Les yeux fermés (Jelodanti) »

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Omertà, Âmes bleues (Standard in-Fi, Carton, ZamZam Records)

omerta

« Dormir dans les champs, entendre le vent effacer ton souvenir »

C’est en 2022 que Musique Journal, par la plume d’Etienne Menu, avait attiré mon attention sur ce super groupe lyonnais (encore un). Super au sens où il réunissait un aréopage de personnalités s’épanouissant chacun.es de leur côté dans la musique ou les arts. On rigole un peu avec cette notion de super groupe, parce que l’époque n’est plus à la bagarre d’ego, mais plutôt à la complémentarité, la transversalité, et tout cela fonctionne heureusement très bien à l’échelle du territoire et de ses souterrains. Avec, donc, pour ceux que je connais et ça suffirait déjà : Romain de Ferron, de Balladur, un des meilleurs trucs à voir en concert de ses dernières années, ou autre un autre Romain, Hervault qu’on a croisé dans Société Etrange. No offense, les autres, hein, comme on dit, de toute façon, « le tout est plus grand que la somme de ses parties ». Continuer la lecture de « Omertà, Âmes bleues (Standard in-Fi, Carton, ZamZam Records) »

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Emmanuel Tugny, Le Livre (Jaera, Saar Records, Wiseband)

« Que de la chanson » … mon œil !

Parmi les choses qu’on peut ne pas aimer : se faire expliquer la genèse d’une œuvre, ses motifs, références, etc. avant d’avoir pu l’approcher (on préférera, par exemple, lire les préfaces comme des postfaces, des critiques de films ou des fascicules d’expos une fois dehors). Alors comment, sans évoquer d’élément biographique ou extrait d’interview, parler d’un grand disque à qui ne l’a pas encore écouté ? Après que vous aurez – espérons-le – découvert Le Livre, jetez un œil à l’hallucinant CV d’Emmanuel Tugny – artistique mais pas que. Vous pourrez peut-être commencer à comprendre le foisonnement de sensations qui vous saisissent à l’écoute de son dernier album. Et, toujours plus hanté par ses intonations, ses mots, ses musiques, vous ne le lâcherez sûrement plus – vous serez tenté d’aller écouter ailleurs… et puis non. Ce disque est un roman qu’on ne peut pas poser. De ceux qu’on vit. Un au-delà. Continuer la lecture de « Emmanuel Tugny, Le Livre (Jaera, Saar Records, Wiseband) »

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Averse, Comme toi (autoproduction)

averseEn procrastinateur 100% perdu dans le flux costaud de sorties, il se peut que des disques m’échappent à force de repousser leur micro analyse pour l’arrière-magasin ou Section26. Comme un CD qui aurait glissé sous le siège de la voiture, sans crier gare. Même pas écouté une fois, ou d’une oreille distraite, moins hip, moins beuz, il y a plein de raisons de passer à l’as dans ce monde de la surabondance. Il faut alors compter sur une bonne âme pour vous tirer l’oreille, que ce soit l’artiste lui-même, bien obligé d’assurer le s.a.v. en ces temps de vaches maigres, ou que ce soit un copain/copine des réseaux bien intentionné qui envoie un message succint : Eh gars, t’as écouté la chanson Écorce de Charles Virot ? Merci Laurent. Continuer la lecture de « Averse, Comme toi (autoproduction) »

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Teledetente 666, retour de flamme

Une formation souterraine affiliée à la nébuleuse Grande Triple Alliance Internationale de L’Est, composée de musiciens vus dans Le Renard, Delacave, Tobi Wolf, Le Chemin de La Honte… Une discographie légère mais culte, un album autoproduit en 2011, un 45 tours chez Sweet Rot Records, label Canadien au catalogue impressionnant (UV Race, Pheromoans, Dream Salon, Blind Shake entre autres) mais aussi la crème des groupes obscurs made in Alsace Lorraine (The Anals, Sida, Feeling Of Love, AH Kraken…) et surtout un album, Karen, et ses tubes Mr Marcaille Is Watching You, Soleil Nord-Est pour ne citer qu’eux. Continuer la lecture de « Teledetente 666, retour de flamme »

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Dona Casque, Le Reflet de Maman (Turbo Discos)

Dona Casque se sont d’abord fait connaître par leurs concerts, parmi les meilleurs des souterrains parisiens, et au-delà, car Dona Casque (dont on vous avait déjà parlé ici) se carapate partout : France, Europe, côte Ouest des États-Unis cet été, et présentement l’Allemagne. Rapide, coriace et endurant, Dona Casque est à la conquête du monde, sur le terrain, et pour cause, c’est un excellent groupe de scène. Déjà, ce n’est pas le trentième guitare/basse/batterie que l’on voit passer dans l’année ; c’est plutôt le premier, et probablement le dernier voix/clavier/basse + voix/batterie/clavier : Maë Favory d’un côté, Danny Kendricks de l’autre. Ce n’est pas que visuel, leurs concerts sont instables et efficaces, chaotiques et maitrisés, vivifiant. Le public a moins mal aux jambes. La buvette marche. Les deux ami⋅es font cinq choses en même temps et racontent des choses incohérentes et drôles entre chaque morceau. L’atmosphère se vide des jours qui passent, d’hier et de demain, se remplit du soir. Continuer la lecture de « Dona Casque, Le Reflet de Maman (Turbo Discos) »

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Boris Maurussane : Larmes de joie

Boris Maurussane / Photo : Marjorie Chaumet
Boris Maurussane / Photo : Marjorie Chaumet

La plus belle moustache du douzième arrondissement de Paris remet enfin le couvert quatre longues années après l’inaugural Social Kaleidoscope, et le festin auquel nous sommes conviés dépasse nos espérances : Tears Of English Town vole très haut et confirme s’il en était encore besoin l’immense talent de cet étrange spécimen. De Maxwell Farrington & Le SuperHomard à Dorian Pimpernel en passant par Olivier Rocabois, Orwell, Discover ou Astrobal, la scène pop française n’en finit plus de nous éblouir et Boris Maurussane – qui préfère parler à son sujet de Third Stream Pop Music – fait plus que tenir son rang. Il rayonne, il survole – il stratosphérise. Tears Of English Town aligne les merveilles comme à la parade – il faudrait toutes les citer. Un disque tel un creuset dans lequel s’invitent Musique Populaire Brésilienne, pop sophistiquée et quelques échos de jazz – un sommet psychedelico-bucolique. Continuer la lecture de « Boris Maurussane : Larmes de joie »

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Odessey & Oracle, Technicolor (Dur & Doux)

« Nouvelle génération
Pas d’la chair à patrons
On veut plus travailler
Changer la société »

Quand on s’était repris de passion pour la chanson française dans sa grande acceptation contemporaine, on avait découvert émerveillés le disque d’Odessey & Oracle paru sur Another Record (Crocorama avec entretien dans Groupie, tout ça) puis on était remonté dans le temps pour leur premier francophone sur Bongo Joe, aussi parce qu’on avait l’intuition que leur histoire allait bien finir, genre une trilogie homogène, pochettes à l’avenant, tout ça, ligue de légende. On avait bien vu, même si le dernier chapitre à tarder à s’afficher, on ne rentrera pas dans les cuisines du groupe, mais on a là sans doute un album qui a failli rejoindre les mythes du lost album, si cher à nos cœurs crypto complo-complétistes : déjà enregistré, déjà pressé, mais empêché. Continuer la lecture de « Odessey & Oracle, Technicolor (Dur & Doux) »