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01. Au Crépuscule

En deux jours, un texte sur chaque chanson du nouvel album de Chevalrex, “Providence” (Vietnam)

C’est le début.
Le début de la nuit ou le début du jour.
Le début de l’histoire et le début du disque.
C’est le début et rien n’a encore été dit, rien n’a encore pris forme.
Tout est calme, le temps prend son temps et l’air réchauffe les corps.
Au loin, on entend le bruit d’une sirène.
Un chant, une prophétie, une voix nouvelle. Continuer la lecture de « 01. Au Crépuscule »

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A propos de “Sometimes” de Guy Blakeslee

Guy Blakeslee
Guy Blakeslee

Nous ne sommes que le 6 janvier et déjà le monde semble partir en vrille. L’Écosse où doit repartir ma fille est reconfinée et il semblerait qu’on remette ça nous aussi dans les semaines à venir. On annonce quotidiennement le nombre de vaccinations dans les différents pays du globe et, comme à l’Eurovision, nous arrivons derniers. Ce soir, les partisans de Trump, galvanisés par la parole folle de leur idole, ont envahi le Capitole. Les images qui inondent les réseaux sociaux sont ahurissantes, partout des casquettes rouges et des types aux allures débiles qui se prennent en photo dans le siège du président du Congrès. Cette année ne marque encore que six jours au compteur et déjà j’ai envie d’en voir le bout, de tout effacer, de faire un grand reset, please, ça ne peut pas déjà ressembler à ça, on a assez donné. Fucking Dry January. Juste avant d’éteindre l’ordinateur sur lequel je m’échine à tenter d’écrire quelques lignes, je tombe sur une chanson, par hasard. Continuer la lecture de « A propos de “Sometimes” de Guy Blakeslee »

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Selectorama : Sébastien Lifshitz

Le réalisateur de “Petite Fille”, actuellement diffusé sur Arte, parle de ses liens avec la musique.

Sébastien Lifshitz
Sébastien Lifshitz

De cette année artistiquement mise sur pause, il est malgré tout sorti de très belles choses. Ainsi, le réalisateur Sébastien Lifshitz a présenté cette année deux films, tous deux bouleversants et salués par la critique, le premier au Festival de Locarno et le second à la Berlinale 2020. Sorti sur les écrans en septembre, Adolescentes donne à voir la trajectoire de deux jeunes filles, Emma et Anaïs, suivies par le documentariste pendant 5 ans. C’est un film exceptionnel, une captation d’une justesse folle de ce qu’est l’adolescence, cette période où tout change et où tout vibre autrement. Dans Petite Fille, diffusé sur Arte, Lifshitz filme Sasha, petite fille née garçon. Tout y est déchirant, la parole de ses parents, les réactions d’une société qui peine à sortir de ses archaïsmes et, bien entendu, le regard de la petite Sasha, inoubliable. Dans les deux cas, l’élégance de la mise en scène et le choix parfait de la musique sont mis au service d’une émotion profonde et intense dont on ne sort pas indemne. Continuer la lecture de « Selectorama : Sébastien Lifshitz »

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“À la ligne” sur scène : Joseph Ponthus, Michel Cloup et Pascal Bouaziz

Joseph Ponthus

J’écris comme je pense sur ma ligne de production divaguant dans mes pensées seul déterminé
J’écris comme je travaille
À la chaîne
À la ligne

Ce sont peut-être ces mots qui m’ont happée dès la première lecture, ces mots et puis tous les autres, ceux du poétique et nécessaire roman de Joseph PonthusÀ la ligne, publié en janvier 2019. Un matin, j’ai écrit tout le bien que je pensais de ce texte sur un réseau social et le soir, l’auteur m’a appelée (je me souviens bien, j’étais dans mon bain et l’eau avait eu le temps de refroidir avant que je ne pense à en sortir). Avec Joseph, nous avons longuement parlé, du singulier, du collectif, du cœur qui continue d’espérer. C’était formidable. Le bonhomme rencontré un peu plus tard est à l’image de son texte, humble, intense et d’une grande générosité. Je n’ai donc pas été surprise, mais c’était encore mieux que ce à quoi je m’attendais. Continuer la lecture de « “À la ligne” sur scène : Joseph Ponthus, Michel Cloup et Pascal Bouaziz »

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What’s your pleasure?

Extrait de la vidéo de Jessie Ware “What’s your pleasure ?” (Dance version)

C’est déjà la fin de juillet et je n’ai pas dansé. Je n’ai posé le pied sur aucun dancefloor, je n’ai vu tourner aucune boule à facettes, je n’ai transpiré sous aucun néon. Je n’ai enfilé aucun top glitter, aucun microshort, aucun talon pailleté. A la place, j’ai juste porté un masque. Parfois je me demande si cela arrivera à nouveau, pouvoir danser serrés les uns aux autres, les yeux fermés, la bouche entrouverte, le corps tout entier tendu vers les pulsations d’une chanson qui fait d’une foule en extase un seul corps humide dans la chaleur de la nuit. Continuer la lecture de « What’s your pleasure? »

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Providence

Impressions sur le nouveau titre de Chevalrex sorti aujourd’hui.

Pochette du prochain album de Chevalrex, “Providence” (Objet Disque / Vietnam) à paraître en 2021.

C’est un printemps où la lenteur se mêle à l’impatience, c’est un printemps où les corps restés longtemps captifs n’aspirent qu’à retrouver la rue à nouveau vivante, les visages souriant à l’ombre des terrasses, les silhouettes dansantes dans la nuit qui descend. C’est un printemps pour se rencontrer et se plaire, et laisser derrière nous ce qui déborde de colère et de haine, c’est un joyeux recommencement. C’est un printemps qui ressemble déjà à l’été où le soleil s’applique à nous réchauffer le cœur et nous piquer les yeux, où le thermomètre affole la température de nos peaux d’un désir caniculaire. C’est une chanson qui s’écoute en boucle, une chanson qui nous tourne autour, une chanson sucrée et obsédante. C’est l’histoire de l’amour qui débarque soudain et qui nous prend par la main et par surprise. C’est beau, c’est si beau, on ne le sait pas encore et pourtant c’est déjà là.  Continuer la lecture de « Providence »

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Le club du samedi soir #1 : Wes Anderson Fan Club

Wes Anderson, “The Darjeeling Unlimited”, 2007.

Parce que j’ai toujours voulu être Margot Tenenbaum, son carré blond parfait retenu par une simple barrette, sa micro-robe sous son manteau de fourrure, écrivaine qui pleure dans sa baignoire avec une classe folle. Parce qu’il s’agit d’histoires de familles compliquées et que pour moi aussi, la famille, c’est compliqué. Parce que j’aime retrouver à chaque film cette troupe d’acteurs, ces visages que je connais bien, ni tout à fait les mêmes ni tout à fait ceux des autres. Parce que cette fidélité aux comédiens, le réalisateur la voue aussi à ses compositeurs, Mark Mothersbaugh et Alexandre Desplat, qu’il convoque de film en film. Parce que toutes les chansons figurant au générique démontrent le goût sûr d’un gars sûr, d’ailleurs l’élégance du mec, excusez-moi du peu. Parce que c’est un cinéma dans lequel tous les adultes sont des enfants à qui les enfants montrent le chemin à suivre. Parce que j’ai beaucoup lu Roald Dahl et que je ne m’en lasserai jamais. Parce que c’est un cinéma très écrit et dans lequel l’écrit tient une place essentielle, partout des livres, des notes manuscrites, des lettres, des messages codés, des chapitres et une histoire romanesque. Parce que la voix de Georges Clooney quand il dit autre chose que What else ? Parce que j’ai eu un labrador pendant 14 ans et que j’adore les chiens. Parce que j’ai toujours rêvé de déambuler dans les couloirs d’un palace, où des grooms en tenue à boutons dorés m’accompagneraient dans l’ascenseur et où il y aurait des coffre-forts cachés avec des trésors dedans. Parce que j’ai toujours été un peu amoureuse de Jason Schwartzman. Parce que mes enfants rient aux éclats quand Tilda Swinton déclare : Action Sociale, j’écoute. Parce que ces deux gamins sur la plage, lui avec sa toque en raton-laveur et elle qui transporte son mange-disque dans une valise, s’embrassent pour la première fois avant de se déhancher sur Le Temps de L’Amour. Continuer la lecture de « Le club du samedi soir #1 : Wes Anderson Fan Club »

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I Like 2 Stay Home #34 : Highschool Lovers

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

L’idée m’est venue en parcourant le journal d’adolescente de ma mère, journal que j’ai découvert près de son lit après son décès. J’ai tout d’abord été surprise de trouver ce cahier d’écolière à petits carreaux encore en sa possession, mais surtout à son chevet, comme si ces souvenirs l’avaient accompagnée pendant ses derniers moments. J’y ai découvert la liste des prénoms des amoureux de ma mère au lycée, Bruno, Michel, Pascal, Claude (mon père) … ainsi que le récit de ses premières fois. Autant d’histoires d’amour qui m’étaient inconnues et qui lui appartenaient à elle, dans sa jeunesse. A la lire, il me semble qu’elle évoque un paradis perdu, ce moment où l’insouciance et la légèreté l’emportent sur le réel, ainsi elle écrit : « Comme mon cœur bat fort, comme je suis inquiète aussi … mais peu importe car il fait si beau et je suis si jeune ». Alors que la vie nous apprend souvent que les premières amours ne sont pas toujours les plus intenses, elles ont pour elles l’immense avantage d’être les premières. Continuer la lecture de « I Like 2 Stay Home #34 : Highschool Lovers »