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Ian Skelly, Drifter’s Skyline (Silver Songs) / Paul Molloy, The Fifth Dandelion (Spring Healed)

Ian Skelly Paul Molloy

Comme toujours, dans ces cas-là, on commence par parler d’albums solo. « C’est pas faux », comme dirait l’autre, histoire de laisser entendre que l’on a, justement, rien compris d’essentiel. Plus que jamais, l’expression apparaît comme une commodité de langage qui ne restitue rien d’exact, ni de vraiment fidèle au contenu des deux œuvres ou à l’intention manifeste qui les anime. Deux membres émérites de The Coral ont, certes, publié coup sur coup deux albums estivaux signés de leurs noms propres. Pourtant, à les écouter, il semble difficile d’y entendre les velléités de ruptures et d’émancipation communément associées à ces prises d’autonomie discographique. Continuer “Ian Skelly, Drifter’s Skyline (Silver Songs) / Paul Molloy, The Fifth Dandelion (Spring Healed)”

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Los Shain’s, El Ritmo de los Shain’s (Odeon) / Los Yetis, Los Yetis (Discos Fuentes)

Los Shain's / Los Yetis
Los Shain’s / Los Yetis

El Ritmo de Los Shain’s et Los Yetis, tous les deux sortis en 1966, témoignent de l’émergence du rock en Amérique du Sud et plus précisément ici au Pérou et en Colombie. Les deux disques, des premiers essais, constituent des jalons de l’éclosion du rock dans leurs pays respectifs. Los Shain’s naissent à Lima au Pérou en 1963 influencés initialement par des groupes britanniques comme les Shadows ou les Beatles, tandis que los Yetis démarrent à Medellín, deux ans plus tard. Les deux groupes appartiennent à cette génération née dans le sillon des Beatles. Si Elvis fut un détonateur du rock, les quatre Britanniques se révélèrent en être les missionnaires les plus zélés. À n’en pas douter, le groupe de Liverpool a essaimé les formations beat à travers le monde et notamment dans le monde hispanique. Continuer “Los Shain’s, El Ritmo de los Shain’s (Odeon) / Los Yetis, Los Yetis (Discos Fuentes)”

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The Apartments, In And Out The Light (Talitres)

The ApartmentsComment parler de ce disque sans parler de soi ? Car ce qui fascine, c’est ce qu’il provoque – va provoquer – sur chacun de ses auditeurs : ce sentiment d’avoir, dès les premières notes, l’âme ouverte en deux. Tout ce que l’on vous racontera sur ce disque, tout ce que vous lirez, ne sera qu’une suite d’expériences personnelles racontées avec plus ou moins de pudeur. Des mots aux mélodies, des instruments aux voix – car il y a la voix de Peter Milton Walsh et celle de Natacha Penot, ici voix-fantôme – , tout ici sert le sujet du disque : l’amour perdu, celui qui, cousu dans les entrailles, dicte votre vie.

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Jerry Paper, Abracadabra (Stones Throw Records)

Jerry PaperL’été fut l’occasion de rattraper un peu notre retard sur l’année écoulée en matière de nouveautés. Sorti mi-mai, quelques jours après la fin du confinement, Abracadabra de Jerry Paper n’avait pas eu l’honneur d’une chronique ici contrairement à Like a Baby, son prédécesseur, sorti fin 2018. Enfin physiquement récupéré et posé sur la platine, Abracadabra est aussi séduisant que le précédent si ce n’est plus. Certes Jerry Paper reste fidèle à son esthétique et continue d’œuvrer dans la même direction mais le résultat est toujours aussi charmant, espiègle et élégant. Continuer “Jerry Paper, Abracadabra (Stones Throw Records)”

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Alex Izenberg, Caravan Château (Domino)

alex izenbergLe californien Alex Izenberg a tout de l’élève trop doué et fantasque qui sait qu’il n’a pas besoin d’en faire trop. Son premier album Harlequin, paru en 2016, en a sûrement perdu plus d’un alors que celui-ci célébrait une belle folie dandyesque masquée par un certain je-m’en-foutisme. Il faut reconnaître au garçon, par ailleurs diagnostiqué schizophrène, le don de frustrer son auditoire et maquiller sous des faux airs de démos à peine abouties des compositions pop baroques et psychédéliques pourtant au final vraiment exquises. Quelque chose comme les ambitions démesurées d’un jeune Van Dyke Parks enregistrées sur un 4-pistes de seconde main et accompagnées par la fanfare de la MJC du coin. Continuer “Alex Izenberg, Caravan Château (Domino)”

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Naked Roommate – Do The Duvet (Upset! The Rhythm)

« Je suis le bébé. » C’est l’affirmation répétée tout au long du premier album des Californiens de Naked Roommate. Hommage au nain du roi Stanislas, à l’Epépé de Ferenc Karinthy, simple babille… ou revendication d’une innocence et d’un amour du jeu qui renvoie à toute une tradition de la pop et du post punk ? On ne saurait dire. De mémoire, on n’a jamais vu de bébé avec une si solide éducation, maîtrisant autant son propos et jouant avec tant de charme de sa candeur et de son espièglerie. Continuer “Naked Roommate – Do The Duvet (Upset! The Rhythm)”

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Crack Cloud, Pain Olympics (Meat Machine)

Crack CloudLa compilation d’EP et les concerts de Crack Cloud furent une claque en 2018. L’annonce d’un premier album accompagné des clips d’Ouster Stew et Tunnel Vision ne fit qu’amplifier notre impatience. Les deux chansons convoquaient le souvenir encore vif d’un post-punk sachant s’affranchir de ses références sans se trahir. Quand Pain Olympics est arrivé chez un de nos disquaires parisiens préférés, nous nous sommes pas posés la question, d’autant plus que les chroniques affleurantes ici et là étaient fort élogieuses… Sans être une catastrophe, nous nous devons de dégonfler un peu la hype sur un disque bancal, emphatique et dépassé par sa propre ambition. Continuer “Crack Cloud, Pain Olympics (Meat Machine)”

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Jonathan Richman, I, Jonathan (Rounder, 1992, réédition Craft Records 2020)

 

Jonathan Richman, I, JonathanJojo, le héros.

Le vôtre, le mien, le nôtre, le tout un chacun, chacun sait, chacun à sa version.

C’est un homme qui sort un brin de l’ordinaire.

Faire court ? Lui sait, moi pas. Cette réédition en vinyle d’un album de 1992 permet toutefois d’en dire pas mal. Car c’est le moment où il est notre idole absolue (sur les bons conseils des Pastels, de Galaxie 500, des oubliés Rockingbirds et de Duglas des BMX Bandits) et même s’il ne sait pas trop où il en est lui-même, il sait toujours où nous trouver. Il sort d’ailleurs régulièrement des disques relativement excitants à l’époque, à l’inverse d’un Lou Reed*.

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