LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE JUIN 2023

Coups de chaud et basses noctambules, le mois de juin est sans doute le plus propice à aller écouter de la musique dehors. Pour vous guider dans vos choix, petite sélection saisonnière de nouveautés qui comme chaque mois sauront satisfaire vos curiosités. Notez que nous sommes en train de travailler à trouver une alternative à Mixcloud pour héberger notre playlist, qui fonctionne désormais par abonnement, loin de nos préoccupations bénévoles. On vous en reparle vite.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify.
NDLR : Les playlists ci-dessus ne comportent pas l’intégralité des titres de cette sélection.

1. Hoorsees, Charming City Life (Cargo Neptune / Modulor)

Un virage synth pop surprenant mais plus que réussi pour Hoorsees, qui pour la première fois met une voix féminine ‒ celle de Zoé Renard, la bassiste ‒ sur le devant de la scène. On en redemande. CG

2. New Labour, Death Rattle (autoproduction)

Ils sont australiens, ils viennent d’Adélaïde, mais à part ça, difficile d’en savoir plus ‒ et c’est très cool. CM

3. Shrimp Olympics, Pierre’s Gift (autoproduction)

Fidèle disciple de R. Stevie Moore, le jeune Austin Lombardo est déjà auteur d’une dizaine de cassettes bourrées de hits improbables. C’est quoi le succès ? Avoir des millions d’écoutes sur Sportify ou écrire des chansons comme Pierre’s Gift sans jamais être à court d’inspiration. XM

4. King Krule, Empty Stomach Space Cadet (Matador Records)

« And if die and if I died and if I die / Just throw me in the trash / Without you, I’m not there / With all these things we’ve seen » ‒ déjà dix ans de carrière, et un quatrième album à la fois sombre et lumineux. CM

5. Devendra Banhart, Twin (Mexican Summer)

Avec ce nouveau single, Devendra Banhart semble avoir laissé une grande liberté à Cate Le Bon dans son rôle de productrice. C’est pour notre plus grand plaisir que nous la retrouvons aux manettes de ce titre glacial et athmosphérique. DJ

6. Water From Your Eyes, 14 (Matador Records)


Le duo expérimental new-yorkais revient avec un premier album chez le légendaire label Matador ‒ qui après avoir révélé Bar Italia, dicte le cool en ce début d’année. C’est savamment bruitiste, déstructuré mais aussi par moments, comme sur ce titre, hypnotisant. CG

7. bdrmm, Pulling Stitches (Rock Action Records)


Le second album des anglais paraîtra le 30 juin et en attendant, on écoute en boucle les trois singles déjà dévoilés. Entre shoegaze et dream pop, le groupe semble préciser son identité. CG

8. Sprints, ADORE ADORE ADORE (City Slang)


Toujours pas de premier album pour les Dubliners punk de Sprints, mais un nouveau single aussi puissant que les précédents, porté par l’énergie communicative de Karla Chubb, cette fois énervée, à juste titre et comme tant d’autres avant elle, par les attentes qui pèsent sur les femmes, même sur les frontwomen de groupes en pleine ascension. PR

9. Slowdive, Kisses (Dead Oceans)


Six ans après son retour, Slowdive annonce la sortie d’un nouvel album qui joue les montagnes russes en terme d’humeurs avec ce single de pop mélancolique qui, sans créer de surprise, nous emplit de bonheur. DJ

10. Anohni and the Johnsons, It Must Change (Secretely Canadian)


Anohni pleine lenteur invoque Marvin Gaye dans ce titre plein de douceur et d’âme, c’est effectivement d’une papesse dont nous avons besoin en ces temps mornes pour trouver dans la profondeur des litanies soul « ce qui doit changer ». Hâte de découvrir son prochain album, My Back Was A Bridge For You To Cross, qui sortira le 7 juillet prochain. PN

11. Blonde Redhead, Snowman (Section 1)


Kazu et les jumeaux Pace parviendront-ils à livrer l’album de variét’ expérimentale après lequel ils courent depuis vingt ans ? En attendant, Snowman et sa mélodie impeccable laissent rêveur. On croise les doigts en retrouvant des frissons oubliés. XM

12. PJ Harvey, I Inside the Old I Dying (Partisan Records)


En attendant le 7 juillet et la sortie de l’album I Inside The Old Year Dying, les admirateurs et admiratrices de Polly Jean Harvey patienteront avec I Inside The Old I Dying, deuxième extrait proposé après le magnifique A Child’s Question, August. C’est sombre et lumineux, référencé mais simple, mélancolique et plein de vie. A écouter fenêtres ouvertes au crépuscule, après une balade dans les bois. PR

13. JJ BAND, 500 Spänn (Diskreet Music)


Retour du suédois JJULIUS (MonokulturSkiftande Enheter) avec quatre titres sous la forme d’un quatuor, toujours aussi inspiré, entre froid nordique et chaleur estivale. Vous avez déjà entendu les accords de batterie du début ? Sans aucun doute, mais pas la suite. TS

14. Lutalo & Lomelda, Darkeve Duet (Winspear)


Possible next-indie-thing qui a ouvert récemment pour Youth Lagoon et Big Thief, Lutalo (Jones) laisse l’impression nette par ce duo-remix par-avec l’indispensable Lomelda qu’il y a chez le bonhomme nettement plus qu’une guitare de printemps et les émotions qui les accompagnent, mais un très prometteur automne. Nous guettons dès à présent et de près la boussole des vents. CC

15. Marta Del Grandi, Mata Hari (Fire Records)


A l’image de ce nouveau single, le musique de Marta Del Grandi oscille entre la douceur et le dramatique. Ce grand écart s’effectue avec une vision et une approche personnelle et captivante qui rend sa musique unique. DJ

16. George Clanton, Justify Your Life (100% Electronica)


L’américain, icône de la vaporwave, publiait en avril I Been Young, le premier single de son album à venir cet été. Un tube absolu, évoquant la période la plus mémorable de Moby (Play, 1999 et 18, 2002). Justify Your Life est de la même trempe, en moins Moby et plus sexy. CG

17. Meyverlin, Casanova (Too Good To Be True)


Les croisés occultes de l’indie pop canal historique (Lavergne, Ramey et Haliniak) tentent un tube. La face B vaut également son kilo de cerises de Bristol. EG

18. S.G.A.T.V., Never Trust The Rich (Push My Button & AuGeil Records)


La Suisse dans ce qu’elle sait faire de plus délire, un synth punk sous Ovomaltine. A la base, projet solo de Severin Beerli, maintenant groupe avec des membres de Leopardo, Julien Papen… et éclaté sur tout le territoire helvète. Les guitares sont tranchantes, le chant noyé et urgent, les synthés dansants. Album à venir chez Push My Buttons et AuGeil Records. VDPJ

19. La Sécurité, Hot Topic (Mothland)


Art punk, post punk, Riot Grrrl… et définitivement dancefloor, de quoi s’enjailler joyeusement cet été avec les cinq Montréalaises. CM

20. Unschooling, Brand New Storm (Bad Vibrations)


Chouette, un album de Unschooling arrive pour octobre chez Bad Vibrations. Un premier morceau aérien en écoute, avec un jeu de guitare toujours reconnaissable, ce sens de la mélodie bien à eux, une voix et des chœurs donnant de la profondeur. Vivement l’automne pour entendre la suite. VDPJ

21. Half Japanese, We Are Giants (Fire Records)


Extrait d’un nouvel album qui sera paru lors du concert du 20 septembre à Glazart que nous achoppons pour nos 5 ans/5 concerts. Big Up et fierté maximale. EG

22. Sparklehorse, Evening Star Supercharger (ANTI- Records)


Il aura fallu quatorze ans pour enfin entendre les bandes de l’album sur lequel travaillait Mark Linkous avant qu’il ne mette fin à ses jours. Si le résultat, retravaillé par ses proches, sonne parfois trop propre, on ne cache pas l’immense joie de retrouver le sens mélodique imparable de Linkous, comme le démontre Evening Star Supercharger. DJ

23. Anna St. Louis, Sad Eyes (Woodsist)


Le « toujours difficile deuxième (à peu près) album » d’Anna St. Louis tout juste sorti brouille les perspectives d’un folk moderne, d’une pop moderne, de on-ne-sait-plus-trop-quoi-mais-moderne. C’est là, et l’extrait Sad Eyes, classique instantané l’air de rien, s’installe dans la tête sans effort, sans pourtant annoncer le reste d’un disque subtilement complexe, arrangé, qui n’aurait pas pu sortir il y a dix ans : on aurait été trop sourd pour l’entendre. CC

24. Grand Lynx, He Dug A Trench On A Long Island Without Seeing The End Of It (autoproduction)


L’un des seuls tenants d’un instrument merveilleux (la pedal steel) de nos contrées sort un EP d’une nature stratosphérique : quatre morceaux qui laissent la Californie exsangue dans le Bade-Wurtemberg. On vous reparle bientôt de ce génie tapi dans l’ombre depuis trop longtemps. Certains l’on déjà peut être croisé sous le nom de MatBudymat, Matthieu Davallet pour l’état civil. EG

25. Gaëtan Nonchalant, Plages du Nord (Objet Disque)


Il se fait attendre, le premier album de Gaëtan Nonchalant ! Le sautillant et très sixties Plages du Nord sera, à coup sûr, l’un des tubes de l’été 2023. CG

26. The Soap Opera, Who Ate the Last Phoney Oreo (Howlin’ Banana Records)


Six ans d’absence et un nouvel album regorgeant de perles pop. CM

27. The Gentle Spring, Paris Windows (Too Good To Be True)


C’est l’histoire qui bégaye quand on s’y attend le moins ‒ et c’est très bien ainsi. Chez les Brestois de Too Good To Be True Records (nom pas loin d’être parfait), on retrouve ainsi la trace de Michael Hiscock, le gars qui a signé deux des plus parfaites lignes de basse de l’histoire de l’indie pop – Sensitive et Missing The Moon de The Field Mice, le groupe qu’il formait avec le mutique Bobby Wratten et qui a accompagné à peu près tous nos fantasmes des années de fin d’université. Aujourd’hui donc, après l’avoir croisé dans l’ombre de Peter Milton Walsh lors de la dernière tournée française de The Apartments, cet Anglais à Paris revient en compagnie d’Émilie Guillaumot à la tête de The Gentle Spring ‒ un nom qui de toute façon ressuscite beaucoup trop de souvenirs pour qu’on ne se laisse pas embarquer… En deux chansons, le duo allie comme à la (hit) parade mélancolie et romantisme, mélodies qui vagabondent sur fond de guitare en bois et de claviers dont les notes résonnent comme la pluie d’un été anglais. Il n’y a sans doute rien de nouveau sous le soleil (exactement), ou plutôt si : deux nouvelles chansons qu’on croit connaitre depuis toujours, deux chansons qui vont mettre quelques couleurs (pastel, forcément) dans un quotidien pas toujours rose. À écouter les yeux clos et le sourire aux lèvres. CB

28. Don Idiot, Cent détours (autoproduction)


Eh oui, il nous arrive même de nous lire entre nous chez Section 26, et d’être convaincu : Baptiste Fick nous a aiguillé vers Don Idiot, nouveau visage de ces obscurs génies d’ici, sans cesse renouvelés, qui conjugue fort bien accords du Velvet et littérature toute perso. « Je brûle toujours, je brûle toujours, à la recherche de mon amour ». Pas si bête, le Don. RS

29. Odran Trümmel, Mon amitié (Another Record)


Odran, croisé dans une autre vie (on l’avait invité à Strasbourg pour une soirée Herzfeld je crois me souvenir) plonge dans le bain de jouvence Another pour une pop prog dont la maison tourangelle s’est faite spécialiste : mélodies en suspension, poésie à la limite de la sci-fi, mélange des genres, on se croirait en présence d’un trésor des 70s, retrouvé par hasard en mp3 sur un site pirate genre Mutant Sounds et échangé sous le manteau par des collectionneurs anglo-saxons, fans de psilocybes et de Polnareff. RS

30. Jeanne Balibar, June Bilobar (Midnight Special)


Entre Sainte-Marie-Aux-Mines, Barbara et le label Naïve, on a du mal à situer la trajectoire de l’actrice-chanteuse-musicienne Jeanne Balibar, et on se doute qu’elle s’en fiche un peu de nos états d’âme. Faisons comme elle et apprécions le présent et ce titre de space pop, drôle et planant, concocté avec la bande à Cléa Vincent. RS

31. Joni Île, Autoroute (Bruit Blanc)


Après un détour par Strasbourg et Langue Pendue (et son superbe Météorage), Joni Île revient au bercail (Bruit Blanc = Lille) pour son nouvel album, Sémaphore. Sa poésie lapidaire et son sens du rythme font de nouveau merveille, en plus de cette mélancolie faite voix, tout à la fois jour et nuit, ombre et lumière. RS

32. Stéphane Milochevitch, Comme un aigle (Talitres)


Il casse son masque de céramique en mille morceaux et se révèle sous son nom de baptême, Milochevitch : Comme un aigle annonce son retour à l’automne avec un album et s’ancre pour l’été avec ce gimmick synthétique qui vous ruine l’hippocampe, et cette voix qui déroule, douce et heurtée, des mots encore une fois tordus et touchants, en nouveau registre de la chanson d’amour : « me coucher et dormir dans ton jardin, entrer jusqu’au cœur dans ton bassin ». RS

33. Implaccable, J’ai ce petit truc (TANA)


Hyperpop, autotune, sons 8bits, h.i.p h.o.p., c’est le cocktail d’Implaccable, pour l’été, l’automne, sur le sable brûlant et le bitume qui fond… Quand les températures vont monter au-delà du raisonnable, on pourra se défoncer sur les sons du rappeur originaire de la Guadeloupe, point d’équilibre parfait entre les prods aventureuses des States et la langue cryptée des jeunes gens d’ici. RS

34. Bruit Noir, Coup d’état (Ici d’ailleurs)


Ouvrez vos oreilles, c’est Bruit Noir. CM

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