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I Like 2 Stay Home #30 : Trippin’ With The Birds

Alors que nous vivons reclus derrière nos fenêtres ou bien que nous déambulons par devoir dans les rues des villes dépeuplées, une autre vie que la nôtre, elle, semble ne pas avoir été troublée par le soudain bouleversement de vous savez quoi. Dans le silence nouveau de ce brusque changement du rythme de l’humanité, le règne des oiseaux pendant ce temps là, lui, s’affirme en décibels charmants et mélodieux semblant nous faire passer délicatement le message que sans nous, un monde parallèle continue de tourner. Et pourtant, de tous temps — de Saint François d’Assise prêchant aux passereaux à la stèle ailée d’Olivier Messiaen pour d’exemples n’en dire que deux — l’interaction Homme-Oiseau a produit une multitude poétique dont l’importance laisse sans voix. La musique immémoriale de nos emplumés tant aimés — qu’elle soit imitée par voix, instruments ou machines, qu’elle provienne du chant printanier du merle ou des sifflements lointains des martinets à la fin de l’été — se retrouve à peu près partout dans la musique, elle, humaine que nous aimons tant. Alors merci à la sérendipité et à mes trois drôles d’oiseaux favoris (Thomas Schwoerer, Sébastien Trihan et Étienne Greib, qui d’ailleurs et hélas déplore l’absence de tout titre à propos de volatiles dans la discographie des Byrds) de m’avoir sifflé quelques exemples qui j’espère vous raviront autant les oreilles que moi. Continuer « I Like 2 Stay Home #30 : Trippin’ With The Birds »

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FAME 2020 : A Dog Called Money de Seamus Murphy, avec PJ Harvey

A Dog Called Money de Seamus Murphy
A Dog Called Money de Seamus Murphy

De l’amitié entre le photo-reporter Seamus Murphy et la singer-songwriter PJ Harvey, nous savions déjà qu’il en avait résulté un album de cette dernière (Let England Shake en 2011) mis en images par une série de courts films réalisés par ce dernier. Cet album ajoutait une corde inattendue à l’arc discographique de la mythique recluse du rock britannique qui, parmi les multiples masques souvent introspectifs égrenés au fil de sa solide carrière, nous offrait cette fois-ci un visage tourné vers une observation grave mais poétique du monde extérieur, sous la forme d’un portrait de l’Angleterre qu’on ne savait pas encore pré-Brexit. Continuer « FAME 2020 : A Dog Called Money de Seamus Murphy, avec PJ Harvey »

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Luke Temple, Both-And (Native Cat Recordings)

Luke Temple Both AndJ’ai une affection toute particulière pour les âmes qui ne débarquent jamais à l’endroit où elles sont attendues. J’ai une affection toute particulière pour ces amitiés au long cours qui se font et se défont au gré d’un hasard qui semble fort étonnement déterminé par l’Univers. Ce n’est plus le goût du cœur qui parle, mais quelque chose de plus grand que soi quand tout à coup débarque dans votre vie une figure qui fut loin pendant un temps, mais dont le visage apparaissant soudain vous rappelle à quel point votre amour pour elle a été d’une constance absolue. Ce bel-ami s’appelle Luke Temple.

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Spencer Radcliffe & Everyone Else, Hot Spring (Run For Cover)

spencer radcliffe hot springIl y a un truc que les Américains savent faire, c’est avoir une sorte de singer-songwriter charmant dans chaque (aéro)port. Ici, c’est l’Illinois, c’est Chicago, ça pourrait être n’importe qui mais c’est Spencer Radcliffe et «Everyone Else», très précisément.

Il y a quelques années (2015), un des ces titres discrets qui ont tout pour se faire oublier avait rejoint ma sélection favorite quasi-instantanément, ça ronflait bizarrement dans le fond, ça rentrait dans la tête facilement, ça s’appelait Mermaid et c’était sur l’album Looking In, avec sur la pochette un poisson qui regardait très absurdement un chat dans un bocal. Continuer « Spencer Radcliffe & Everyone Else, Hot Spring (Run For Cover) »

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Tashi Wada w/ Yoshi Wada & Friends – FRKWYS Vol. 14 : Nue (RVNG Intl.)

Tashi Wada with Yoshi Wada and Friends, NueNous en sommes tout juste aux Saints de glace et le printemps, bien qu’encore débutant et timide, déjà nous apporte son lot de précieux présents sous forme d’une épiphanie opaline et apaisée. Cependant, j’avoue mon retard puisque c’est à l’automne dernier que Nue, volume numéroté 14 de la série FRKWYS de l’excellent label RVNG Intl., est sorti, mais parfois voyez-vous, les miracles semblent volontairement se dérober à votre attention pour mieux vous surprendre par leur magie deux saisons plus tard. Continuer « Tashi Wada w/ Yoshi Wada & Friends – FRKWYS Vol. 14 : Nue (RVNG Intl.) »

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Spellling, Mazy Fly (Sacred Bones)

Spellling Mazy Fly Sacred BonesJ’écoute ce disque et ça me donne l’envie de crier cette chose certes pas très originale mais pourtant vraie : « Attention OVNI ! ». Car il faut malgré tout encore et toujours le répéter — contre le lieu commun justement –, la science-fiction peut tout à fait être l’apanage du féminin. Faut-il encore rappeler l’existence fondamentale de l’œuvre d’Octavia E. Butler et de ses cyborgs, ou encore celle d’Ursula K. Le Guin qui transcende à elle-seule Tolkien et George Bernard Shaw combinés (faut-il rappeler, donc, qu’il faut absolument écouter son Music and Poetry of the Kesh sorti l’an dernier chez Freedom To Spend)? Et j’utilise le terme « apanage » à dessein pour célébrer la lecture et la performance tout à fait matriarcale de cette littérature de genre que nous offre Chrystia Cabral, dite Spellling, dans son nouvel album intitulé Mazy Fly. Car il faut au moins la littérature pour « nous permettre de voir le pire et savoir lui faire face », disait Georges Bataille, et c’est dans une prospective toute futurologiste qu’il nous est proposé à travers les 12 titres de cet enthousiasmant Mazy Fly d’observer l’ampleur du désastre à venir tout en invoquant la sorcellerie nécessaire pour s’en défaire et ressortir transformé des traumas dus à ce monde-labyrinthe là. Continuer « Spellling, Mazy Fly (Sacred Bones) »

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Œ

Œ
Photo : Thomas Chamonaz

Le 31 décembre dernier, pour clore 2017 en beauté, nous postions sur notre page Facebook Cause for great optimism des franco-toulousains-russo-équatoriens « Œ ». Un tube collaboratif et power pop du dernier jour de l’année reprenant les mots d’un David Shrigley faux-prêcheur d’optimisme, sous forme d’un vœu. La protéiforme de l’E dans l’O, c’est Olia Eichenbaum et Vincent Pieuvre et Marion Jo et Pedro Riofrío. C’est aussi une galaxie qui croise Sébastien Trihan, Julien Gasc, Astrobal ou Nina Savary, « et les autres, vrais amis dans la musiquequi forment souvent des chorales spontanées ». Leur catalogue « pop à suspense aux modulations vagues » est déjà foisonnant. Pour ceux qui auraient besoin de superlatifs ou de sources sûres avant de se jeter sur leurs premiers titres et reprises, imaginez un peu le meilleur de la pop synthétique et sensible agrémenté de références très soignées et poétiques où l’on y rencontrerait les rejetons de Stereolab, de Broadcast ou d’Hector Zazou — ou d’une internationale surréaliste. Sans doute n’avions-nous pas entendu une telle joie dans la nostalgie depuis la fin du siècle dernier. La preuve en images, toutes choisies par le groupe en réponse à mes questions…

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Lucrecia Dalt, Anticlines (RVNG Intl.)

Lucrecia Dalt AnticlinesSur la photo promo, on peut voir Lucrecia Dalt tenir une pierre devant ses yeux telle une Reine de Coupes d’un tarot ancien. Son regard concentré semble vouloir percer le secret immémorial de cet élément minéral tangible, et on peut emprunter le sens de cette figure divinatoire sans mal, tellement le sixième album de cette artiste d’origine colombienne, désormais berlinoise, nommé Anticlines représente l’aboutissement éclairé et merveilleux d’une démarche artistique et d’une recherche musicale sensible presque sans défaut, menée de main maîtresse depuis une petite dizaine d’années, en solo ou en collaboration avec, entres autres, Laurel Halo et Julia Holter. Continuer « Lucrecia Dalt, Anticlines (RVNG Intl.) »