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Clip inédit : “Gerineldo Fils” par Marion Cousin & Kaumwald

Marion Cousin & Kaumwald (photo : Éloïse Decazes)
Marion Cousin & Kaumwald / Photo : Éloïse Decazes

Marion Cousin tisse depuis plusieurs années, avec grand soin et passion, le fil ancestral des folklores chantés de la péninsule ibérique. Après une première plongée dans les chants de travail des îles Baléares avec Jo estava que m’abrasava en 2016 (en compagnie de Gaspar Claus au violoncelle), est sorti l’an dernier Tu rabo par’abanico, qui s’attache, lui, à explorer ce qui se trame du côté des mystères de l’Estrémadure, région isolée d’Espagne au flanc collé à la frontière portugaise.

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Le club du samedi soir #39 : The Pyramids sound lovely tonight

Playlist Égypte Elizabeth Taylor Cleopatra Mankiewicz 1963

Qu’Edward Saïd me pardonne ! Qu’avais-je donc en tête ce jour là pour démarrer cette quête thématique, mis à part ce songe vague que du haut de ces pyramides, non seulement quarante siècles, mais aussi quelques décades plus récentes de pop culture me contemplaient ?

Voici donc, sous forme de playlist, un choix de titres puisés dans la source féconde de l’orientalisme le plus flagrant (fatras novelty, resucées mélodiques, rites déterritorialisés et re-territorialisés), mais pas que, car ce choix est aussi guidé par les chemins empruntés sur les nombreux ponts et passerelles entre l’Égypte éternelle, et actuelle, et un ailleurs, qu’il soit géographique ou mystique (artistes de matrice double ou à la recherche de racines ancestrales). Parce que le Nil abreuve toujours notre mer, et nos rêves communs du monde entier, avec un penchant clair pour Alexandrie plus que Babel cette fois-ci. Continuer la lecture de « Le club du samedi soir #39 : The Pyramids sound lovely tonight »

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Le club du samedi soir #31 : A is For…

Tauba Auerbach, How to Spell the Alphabet, 2005. As seen in Tauba Auerbach
Tauba Auerbach, How to Spell the Alphabet, 2005. Source : Letterform archive

Nous voilà arrivés au 16 janvier de cette nouvelle année 2021 à peine démarrée et tout semble déjà désordonné. Il était difficile d’imaginer, même depuis des temps récents, que le monde puisse être capable de tourner tant à l’envers ! À échelle individuelle, peu de remèdes efficaces face à la crise, si ce n’est sans doute de tenter de reprendre les choses dans l’ordre pour voir ce qui nous avait peut-être échappé. Au jeu du langage humain, et d’où qu’il vienne géographiquement, l’ordre alphabétique forme cette petite musique fondamentale que nous connaissons depuis l’enfance et qui a bâti notre esprit. Lettres sacrées, inconnues mathématiques, prétextes acrostiches : qu’importent leurs formes et leur sens, ces signes ensemble illuminent le monde de notre pensée. Et à défaut de le guérir ou de le tordre dans un sens ou un autre, chérissons-le dans sa forme et dans son cœur tout simplement. Quelques titres donc, piochés ça et là dans ma mémoire typographique, en clin d’œil à tous ceux qui, comme moi, adorent les alphabets.

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Bernardino Femminielli reprend “Moi, mes histoires” de Régine (inédit)

Bernardino Femminielli
Bernardino Femminielli avec son chien Poulet / Photo : Hans Neumann


Moi, mes histoires / Certains soirs /
Je les raconte / Au miroir /
Alors bien sûr / Tu peux voir / La fêlure

C’est dans la robe de velours au goût de tragique de Régine, signée à l’origine par le couple Dabadie/Polnareff en 1978, que Bernardino Femminielli nous fait l’honneur de se glisser aujourd’hui. « J’écoute ce morceau depuis une dizaine d’années. Il représente pour moi les nombreuses vies imaginées qui sont projetées devant un public ou des gens qui nous sont proches. Moi, Mes Histoires pourrait être une chanson qui parle des erreurs de parcours et d’humilité face à la désillusion du showbiz. Les histoires inventées sur scène ont fini par y croire et à se les approprier mais lorsqu’on réussit à s’en départir on réalise les beaux moments qu’elles ont pu nous offrir. Pour moi c’est une chanson qui parle de courage sans tomber dans l’héroïsme. » Continuer la lecture de « Bernardino Femminielli reprend “Moi, mes histoires” de Régine (inédit) »

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Le club du samedi soir #25 : Right on tracks — une rêverie ferroviaire

Arrivée du train en gare de La Ciotat, Les frères Lumière.
Arrivée du train en gare de La Ciotat, Les frères Lumière.

Alors que les affres du doute flottaient encore il y a quelques semaines — pour les quelques centralistes urbanisés dont je suis —, maintenant nous le savons : nous reprendrons le train pour le solstice d’hiver, nous en aller revenir dans nos proches régions passer quelques jours avec ceux qui nous sont chers. Prendre le train, cette singulière invention de l’ère industrielle, c’est par le corps tout entier emprunter tout un cheminement historique et poétique, se laisser cahoter en rythme les yeux pris dans le défilement infini du paysage et partager collectivement ce moment de transport fait de destinées individuelles. Passer les gares qui ne servent plus et s’arrêter dans celles qui subsistent encore, se remémorer à chaque étape tous les trajets arpentés dans sa vie.


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Julien Gasc reprend “Baby I’m A Want You” de The Moments (qui reprend Bread) (inédit)

portrait de Julien Gasc
Photo : Cayo Scheyven

Et voilà que la pluie et le froid reviennent subitement après l’équinoxe, mais qu’importe car aujourd’hui notre Julien Gasc national (avec à la production Aurélie Mestres), nous offre un moment tendre et doux avec sa reprise de Baby I’m A Want You inspirée par la version de 1972 de The Moments (les plus « dad rock » d’entre vous, en connaissent certainement la version originale du groupe — supposément — favori d’Homer Simpson, Bread). L’idée de la reprise de la reprise fut déclenchée par l’émerveillement de Julien à la découverte du groupe qui ne s’appelait pas encore à l’époque Ray, Goodman & Brown. Des nombreuses cordes à l’arc de Gasc, nous connaissions le tropisme vers le tempo brasileiro, le goût pour la poésie de sens en français, le nez futé de fin limier de la pop la meilleure et le voici qui nous dit : fi du Soft Rock, vive la Soft Soul !

Julien Gasc sera en concert à Bruxelles au MIMA / festival Francofaune le 13 octobre.

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Musical Ecran 2020 : “A Dog Called Money” de Seamus Murphy avec PJ Harvey

Un film par jour pioché dans la programmation du festival de documentaires musicaux bordelais.

A Dog Called Money de Seamus Murphy
A Dog Called Money de Seamus Murphy

Musical Ecran 2020De l’amitié entre le photo-reporter Seamus Murphy et la singer-songwriter PJ Harvey, nous savions déjà qu’il en avait résulté un album de cette dernière (Let England Shake en 2011) mis en images par une série de courts films réalisés par ce dernier. Cet album ajoutait une corde inattendue à l’arc discographique de la mythique recluse du rock britannique qui, parmi les multiples masques souvent introspectifs égrenés au fil de sa solide carrière, nous offrait cette fois-ci un visage tourné vers une observation grave mais poétique du monde extérieur, sous la forme d’un portrait de l’Angleterre qu’on ne savait pas encore pré-Brexit. Continuer la lecture de « Musical Ecran 2020 : “A Dog Called Money” de Seamus Murphy avec PJ Harvey »

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Èlg reprend “Something Big” par Jim O’Rourke (qui reprend Burt Bacharach) (inédit)

Portrait du musicien Èlg
“Soudain, un inconnu vous offre des fleurs”. Èlg / Photo : Hélène Bernard

Au jeu des costumes et des masques, Laurent Gérard a.k.a. Èlg est très fort. Preuve en est car, qu’il soit cavalier seul ou en bande organisée (par exemple au sein d’Orgue Agnès ou d’Opéra Mort), il sort depuis plusieurs années de son chapeau de magicien démons et merveilles, autrement dit des bandes-sons intrigantes et à géométrie variable qui ravissent les oreilles en mal de révélations soniques sous forme d’inattendu. Ici musique-de-film (courez voir Les Particules de Blaise Harrison sorti en 2019) ou là tête-de-radio (écoutez un peu pour voir les 10 épisodes d’Amiral Prose), il s’amuse à se laisser aller à l’onirisme le plus délirant, tout en cris ou en murmures, et bâtit un tout fait des bris de glace d’un espace-musique en ruines. Quoi de plus normal alors qu’il nous propose aujourd’hui d’écouter, tel un Dr. Frankenstein facétieux (le titre était initialement sorti sur une compilation du label Vilain chien), une reprise d’une reprise entre quatre z’yeux bleus chers à notre cœur. Sous les visages de Bacharach et d’O’Rourke donc, « j’avais envie d’y injecter un peu de robotisation sensuelle et quelques harmonies plus mélancoliques » — nous dit-il. Something big ? Eurêka !

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