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The Reds, Pinks & Purples, Uncommon Weather (Tough Love / Slumberland)

Par deux fois, on a cru qu’il se produirait. La première, c’était en 2008 au moment de la sortie de Gorgeous Johnny, puis lors de la parution de Rough Frame en 2010.  Depuis You Might Be Happy Someday, le miracle tant attendu semble enfin s’être réalisé. Glenn Donaldson reçoit enfin l’attention qu’il mérite depuis 20 ans. Ses disques se vendent comme des petits pains et font l’objet de rééditions. Aussi, la moitié de l’année 2021 ne s’est pas encore écoulée que le Franciscanais a déjà fait paraître trois nouveaux albums. Commençons donc par des excuses, car les très beaux disques de Painted Shrines avec Jeremy Earl de Woods et Vacant Gardens aux côtés de Jem Fanvu méritent également leurs chroniques.  Mais voilà, puisque faute de temps, il ne faut en choisir qu’un, et parce que c’est probablement le plus singulier, le plus intime, à la fois le plus dénudé et le plus mystérieux – comment peut-on faire d’aussi jolies chansons avec si peu de moyens sans jamais lasser ? – c’est à nouveau d’un album de The Reds, Pinks & Purples dont il s’agira. Continuer la lecture de « The Reds, Pinks & Purples, Uncommon Weather (Tough Love / Slumberland) »

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Ô, Tribute album to Geneviève Castrée (1981-2016), (Ô Paon)

Alors bien sûr, la musique de Geneviève Castrée, par ailleurs auteure de bande-dessinée reconnue, n’a jamais joué la carte de la séduction. C’est le moins qu’on puisse dire : les mélodies à peine esquissées, cette voix qui semble vouloir rentrer à l’intérieur du corps même quand elle crie, les instruments organiques ou électriques qui frôlent à chaque instant le drone, ces textes rudes, on n’est pas vraiment là pour amuser la galerie. Comme tout artiste exigeant, solitaire, la jeune Canadienne, disparue trop tôt en 2016, posait son œuvre, sa vie sur la table, sans trouble dans la transaction, puis elle se retirait très vite dans sa maison de bois, sur sa planche à dessin, sans doute. A nous de nous débrouiller avec. Continuer la lecture de « Ô, Tribute album to Geneviève Castrée (1981-2016), (Ô Paon) »

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Axolotes Mexicanos, :3 (Elefant Records)

Axolotes MexicanosFou comme on croit parfois se targuer d’écouter régulièrement de la pop, jusqu’au jour où l’on se retrouve réellement le nez dedans. Avec du sucre plein la figure, terrassé par un torrent de mélodies si franches et si bubblegum qu’elles filent du rose aux joues et des constellations dans la pupille. Avec Axolotes Mexicanos, ça se passe comme ça. Trente secondes chrono avec eux et voilà le cœur qui flagelle, foudroyé par la timidité. On se trouve tout embrassé face au sourire franc et radieux d’un album si coloré et si puissamment jovial, qu’aucune once de morosité ou d’ironie ne pourrait abimer. Un album si indubitablement pop qu’on lui laisserait bien l’exclusivité de l’étiquette. Continuer la lecture de « Axolotes Mexicanos, :3 (Elefant Records) »

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Jorge Elbrecht, Presentable Corpse 002 (O Genesis Recordings)

Jorge Elbrecht Presentable CorpseComme pour toute œuvre de fiction, évoquer ce Presentable Corpse 002 conduit immanquablement à dresser deux portraits. Ici celui de l’auteur et musicien Jorge Elbrecht et celui du personnage auquel le premier prête sa voix d’angelot. Commençons par Jorge Elbrecht, même si l’on estime à raison que dans un monde idéal où la notoriété serait équivalente au talent, toute présentation relèverait du superfétatoire. Depuis plus de 15 ans, comme producteur au CV long comme le bras et reconnaissable entre mille, comme guitariste accompagnant les autres (dont un autre authentique génie) et surtout comme compositeur dans une multitude de projets, il a démontré qu’il sait tout faire, et surtout comme personne. Depuis Lansing-Dreiden, sorte de collectif obscur dont il est le seul membre avéré, le Costaricien installé aux États-Unis a obéi à la plus noble des ambitions, celle de réconcilier la pop et les expérimentations comme l’ont toujours fait ses musiciens préférés (et les nôtres). Continuer la lecture de « Jorge Elbrecht, Presentable Corpse 002 (O Genesis Recordings) »

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Teenage Fanclub, Endless Arcade (PeMa Records)

Teenage Fanclub

Il y a longtemps que l’on a fini par comprendre à peu près pourquoi Teenage Fanclub, plus que les autres. Tous les autres et beaucoup plus. De temps en temps, on en reprend conscience avec davantage d’intensité, c’est tout. La dernière fois, c’était en fin d’après-midi, dans la cour ensoleillée du Trabendo, il y a tout juste deux ans. L’interview était terminée, les salutations poliment échangées et les techniciens attendaient déjà pour les balances. Tout autre que Norman Blake aurait réintégré sur le champ le déroulement serré du planning qui le conduisait, étape par étape minutée, jusqu’au concert du soir. Et pourtant, simplement parce que nous avions devisé, en marge des questions prévues, sur les vertus respectives des grands oubliés de l’histoire de Creation – et donc, avec une logique implacable, évoqué 18 Wheeler – il n’avait pas hésité à dérober quelques minutes aux aiguilles déjà pressantes du chronomètre managé pour foncer en loge et copier sur une clef USB l’excellent album solo de Sean JacksonPerforms Slots (2010) – dont nous avions confessé ignorer l’existence, avec l’enthousiasme communicatif et généreux de celui qui se réjouit à la seule perspective du partage. Continuer la lecture de « Teenage Fanclub, Endless Arcade (PeMa Records) »

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Triptides, Alter Echoes (Alive Records)

En une décennie, Triptides a construit une jolie discographie entre indie-pop et psychédélisme enjoué. Depuis l’inaugural Psychic Summer en 2011, le groupe a publié sept (huit avec la collaboration avec Winter) albums. Chacun affirme un peu plus la proposition de la formation désormais installée à Los Angeles. Si certains albums tendent à développer un son plus indie (Azur en 2015), les Américains semblent avoir trouvé un terrain de jeu dans l’exploration de l’héritage sixties. Alter Echoes ne fait pas exception à la règle. Ce nouvel album, publié par Alive Records (Hacienda, Radio Moscow, Left Lane Cruiser etc.), a cependant été enregistré en studio, au Boulevard Recording à Hollywood. Continuer la lecture de « Triptides, Alter Echoes (Alive Records) »

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KRGA, Moi St. (Hoser Records)

KRGA, Moi St. (Hoser Records)Il y a quelque chose d’immédiat et d’infiniment attirant dans le premier album de Ryan Krga. Une indéfinissable familiarité qui, dès que l’on cherche à poser des mots ou des références sur ce premier sentiment irrépressible de sympathie et d’intimité déjà partagée, fait resurgir quelques traits étonnants qui rappellent un peu Liam Hayes, cette étoile mystérieuse et légèrement toquée qui traverse épisodiquement l’espace-temps de la pop haut-de-gamme. Au-delà même des coïncidences géographiques – Chicago où ils résident tous les deux – on croit discerner une certaine communauté d’inspiration dans ces deux volontés, certes distinctes, mais qui semblent tendre avec la même énergie farouche vers des points de fuite assez similaires. Continuer la lecture de « KRGA, Moi St. (Hoser Records) »

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Dumb Train, Extra feeling / Bouge de là là (Too Good To Be True)

“Figée comme en décembre, j’essaie toujours qu’on s’entende, j’ai perdu l’envie de sortir, sérieux faut vraiment que je le sente, je me dis que c’est normal, c’est juste que je t’aime tellement, genre tellement” (extrait du titre Magmag)

Une entrée bénéfique dans une source de solution aqueuse à une température tropicale, entouré de montagnes glacées, c’est la sensation que l’on ressent en s’immergeant  dans ce disque : des basses nous secouent, des échos de voix dissimulées, des cling et des clang en stéréo et toujours ces rythmes fluides qui font bouger des hanches. Continuer la lecture de « Dumb Train, Extra feeling / Bouge de là là (Too Good To Be True) »