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Lou Barlow, Reason To Live (Joyful Noise Recordings)

Lou Barlow, Reason To Live Il y a environ trente ans, nous guettions le génie de Lou Barlow plus qu’à son tour. Et absolument partout, il faut bien dire que nous ne fûmes pas à plaindre. De Sebadoh en Sentridoh en Folk Implosion, chaque sortie du chevelu nous mettait dans un état de grâce et d’excitation à peu près absolu. Car Lou Barlow n’enregistrait pas simplement des chansons avec les moyens du bord, il avait en plus le culot de mettre à jour notre journal intime. Quand il ne balançait pas au débotté une série parfaite de morceaux intouchables (Winning Losers chez Smells Like Records en 1994), il avait la bonté d’offrir ce qu’on peinera à appeler ses rebuts à des labels obscurs, dont certains étaient même tenus par des amis proches (Louis Barlow’s Acoustic Sentridoh, Lo Fi recordings, 1993), le tout compilé sur A Collection of Previously Released Songs, paru chez City Slang en 1994, mais pas désagréable en sachets individuels nonobstant. Continuer la lecture de « Lou Barlow, Reason To Live (Joyful Noise Recordings) »

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Le club du samedi soir #51 : Britpop remembered

“C’est Nono” (Etienne Greib)

En marge de leur livre, chroniqué ce matin dans nos pages, nous avons demandé à Nico Prat et Benjamin Durand de nous extraire dix pépites commentées de la période britpop, s’en est logiquement suivie l’idée de prolonger la soirée et les pintes en distanciel sous la forme d’une mixtape et pour compléter le tableau et rester dans le sujet, on s’achève au petit matin avec 8 morceaux « rares » ou face B de Lilian et Nono, à déguster d’un trait. En un mot : Cheers mate(s) ! Continuer la lecture de « Le club du samedi soir #51 : Britpop remembered »

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Bonnie “Prince” Billy : les années Palace

Bonnie "Prince" Billy
Bonnie “Prince” Billy / Photo : Lindsey Rome


A l’heure (du loup) où Will Oldham se réacoquine avec son compère Matt Sweeney sous le nom de Superwolves, nous avons remis la main sur cette interview d’avril 2004, où il évoque ses années Palace.


En choisissant de réenregistrer des chansons de ses diverses incarnations Palace (Brothers, Songs, Music), sélectionnées par le vote des internautes sur le site du label américain Drag City, Will Oldham est parvenu à revisiter de manière sobre et cohérente les différentes pièces d’un palais où régnait souvent l’intranquillité. Soucieux du moindre détail, il revient sur les lieux d’un des plus imposants édifices de la musique américaine contemporaine, ce Greatest Palace Music en forme de best of fantasmé.

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Fléchés pop #1

la grille de mots fléchés de section26

Au contraire des mots croisés, qui nécessitent un aller-retour permanent entre la liste des définitions et les cases à remplir, les mots fléchés offrent l’avantage de rester sur le plateau des opérations. Avec Pauline Nunez, nous partageons cette étrange petite passion consistant à remplir de lettres des cases prévues à cet effet. Pendant le confinement, cette inclination nous a mené très loin, aussi loin que possible, vu les circonstances, autour de notre chambre comme l’aurait aimablement souligné Xavier de Maistre dès 1794. Un moyen innocent, ludique et efficace de rester connecté à l’écriture lorsque l’inspiration fait défaut. Aussi il ne fallut pas trop nous forcer ni la main, ni le porte mines, pour imaginer une grille à destination de notre lectorat exigeant. Las, si sur le papier la bonne humeur succède aux bons mots tout en sollicitant vos connaissances pop moderne (avec en sus quelques blagues assez finaudes que nous assumons de concert), vous n’imaginez pas un instant le colossal travail de mise en page nécessaire pour parvenir à vous distraire.

Alors imprimez-vous cette grille sans plus attendre et tachez d’être au niveau, dans cet entre-soi toujours flamboyant qui vous mènera à coup sur, aux portes de l’Olympe des fléchistes accomplis.la grille de mots fléchés de section26

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Selectorama : Christophe Conte

Christophe Conte
Christophe Conte / Photo : Astrid Karoual


A la parution du premier tome de l’Anti discothèque idéale en 2015, Christophe Conte, qui doit probablement me surestimer un chouia, m’avait gentiment confié que j’y ferais peut être éventuellement 2/3 découvertes. Comprendre que notre attachement aux causes perdues longtemps introuvables était parfois discordant mais pour l’essentiel, similaire. Et de Sagittarius à Linda Perhacs en passant par Felt ou Swell Maps, j’y retrouvais effectivement une bonne partie de mes classiques intimes. Pour ce deuxième volume, on peut dire que le désormais chroniqueur de Libération s’est surpassé parce qu’il met effectivement en avant, dans une écriture allègre et généreuse, plusieurs disques (je vous laisse deviner lesquels, tiens) dont je n’avais JAMAIS entendu parler. Mais des hollandais new wave de Flue au désormais classiques comme l’indispensable If Only I Could remember My Name de David Crosby tout en passant par des marottes largement partagées en ces pages (Plush) il arrive encore à tracer les lignes qui révèlent une histoire discordante mais néanmoins partagée. Le Selectorama qui suit le prouve plus qu’habilement.
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Jonathan Richman, I, Jonathan (Rounder, 1992, réédition Craft Records 2020)

 

Jonathan Richman, I, JonathanJojo, le héros.

Le vôtre, le mien, le nôtre, le tout un chacun, chacun sait, chacun a sa version.

C’est un homme qui sort un brin de l’ordinaire.

Faire court ? Lui sait, moi pas. Cette réédition en vinyle d’un album de 1992 permet toutefois d’en dire pas mal. Car c’est le moment où il est notre idole absolue (sur les bons conseils des Pastels, de Galaxie 500, des oubliés Rockingbirds et de Duglas des BMX Bandits) et même s’il ne sait pas trop où il en est lui-même, il sait toujours où nous trouver. Il sort d’ailleurs régulièrement des disques relativement excitants à l’époque, à l’inverse d’un Lou Reed*.

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Selectorama : Lisa Li-Lund

Lisa Li-Lund
Lisa Li-Lund dans son clip “Janet”, réalisé par Julien Ansault / Photo de plateau : Mathieu Tonetti

Appelons ça la vertu de l’expérience, plus de dix ans après son Big Crunch Theory paru chez Versatile, Lisa Li Lund revient chez Pan European et nous sert un Glass Of Blood qui invoque une ivresse immédiate. Enregistré en compagnie du fidèle Guillaume Léglise, l’album met d’emblée la barre beaucoup plus haut qu’auparavant. Et l’unité de cet élixir fascine durablement alors que le casting (ad hoc) aurait pu diluer le propos, or il n’en est rien mais jugez plutôt : Ben Mc Connell (Buvette, Beach House, Oiseaux Tempête), Chloe, Etienne Jaumet et Cosmic Neman (Zombie Zombie), Kim, Gaspar Claus et Romain Turzi. Belle équipe et grands sortilèges, le centre de gravité et de mélancolie reste pourtant d’aplomb. Il y a là du Kate Bush et du Windsor For The Derby, il y a là, enfin, une artiste qui a admirablement réussi à assumer totalement et frontalement son propos. Le mystère se dévoile un brin pour ce Selectorama assez finaud qui prouve que toute action, même minime, peut avoir d’heureuses conséquences, bien des années passées.

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Wishbone Ash, Argus (MCA, 1972)

Wishbone Ash, ArgusC’est rien moins que (notre) Barney Sumner qui nous conte cette petite histoire, arguant que naguère il ne fallait pas se rater sur les disques. Et on a connu ça un peu aussi, cette angoisse du Que choisir ? quand on en voudrait quinze mais qu’on a droit qu’à deux ou trois. Ce jour béni où j’ai opté pour The Cult* plutôt que Spear Of Destiny ? Ce jour où, ayant de toute façon pris Brotherhood de New Order, j’optais au débotté pour Licensed To Ill des Beastie Boys plutôt que le premier album des Garçons Bouchers ? Ces jours où il a fallu faire des choix, à un âge où justement on ne devrait pas en faire. Puisqu’on est encore dans un flou total, même si d’aventure et rétrospectivement, on savait très bien où on allait. Continuer la lecture de « Wishbone Ash, Argus (MCA, 1972) »