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Sous surveillance : Molto Morbidi

Molto Morbidi
Molto Morbidi / Photo : Bénédicte Dacquin

Qui ?

Une jeune femme prénommée Swan, qui rêvait enfant de devenir compositrice de musiques de film et déjà croisée il y a quelque temps au sein de Shadow Motel, un trio mixte défendant à mains nues un rock abrasif et sous tension – l’album Ausfahrt Nach, paru en 2013 chez Cranes Records, en témoigne. Désormais, elle jongle (presque) seule entre ses synthés – dont un clavier midi pour les rythmiques – et sa basse. Mais quand même, elle précise : “Le projet est solo mais pas complètement solitaire, parce que je suis bien entourée par des amis qui, même s’ils ne prennent pas part à la composition, s’impliquent de plein de manières différentes – en me trouvant des dates, en créant des visuels, en écoutant mes mix et mes expérimentations”. Continuer “Sous surveillance : Molto Morbidi”

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Clip : Molto Morbidi, I’m Calling You At Night (Flying Saucers)

Molto Morbidi
Molto Morbidi / Photo : Bénédicte Dacquin

La première fois, ça a duré à peine trente secondes. Le temps d’un extrait sur la story Instagram d’une amie, avec laquelle je partage pas mal de groupes mais surtout memoryhouse et Memory Tapes et donc, forcément, malgré les conditions peu enviables (un téléphone portable, des voisins qui parlent fort), l’envie de tendre l’oreille. Suivie très vite par l’envie d’en savoir plus, la faute à une mélodie qui flirte avec l’onirisme, un nom qui intrigue (et comme on l’apprendra plus tard, un vrai faux ami), le graphisme un rien naïf d’une pochette qui séduit… Alors, c’est la curiosité récompensée, la découverte du monde un peu fragile de Molto Morbidi (placé en Sous Surveillance dès ce jeudi), projet de la seule Swan, croisée il y a quelque temps au micro du trio lillois Shadow Motel et aujourd’hui jeune femme orchestre qui a publié au tout début de l’été sur l’organisation Flying Saucers sa deuxième cassette EP, Expiration Date. Une cassette si joliment ponctuée par I’m Calling You At Night, petit miracle de gravité mélodique accompagné d’un très beau clip réalisé par Jo Anatole (l’auteur de ladite pochette, pour celles et ceux qui suivent) qui fait  – mais entre nous, comment pouvait-il en être autrement ? – la part belle à la mélancolie bleutée. Touché.

Molto Morbidi jouera vendredi 23/10 aux côtés de En Attendant Ana au festival Le Grand Saut à Angers.

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Le club du samedi soir #14 : Love songs

Love Songs

Que ce soit à la RPM ou avec Section26, j’ai toujours adoré ça : les conversations à bâtons rompus autour d’un coin de table ou d’un coin de Messenger, une idée qui en amuse un, puis l’autre et c’est la naissance d’un projet. C’est exactement comme ça qu’est née cette mixtape, lors d’un échange à trois (oui, trois) un matin de juillet, une remarque au sujet d’une chanson (je crois qu’il s’agissait de la tourneboulante Love At First Sight de The Gist – et nous y reviendrons) et la balle saisie au bond : “Tenez, et si on faisait un Club du Samedi Soir qu’avec des chansons dont le titre contient le mot ‘Love’”. Environ deux cents échanges de liens YouTube plus tard, nous étions persuadés que nous tenions là une vraie fausse bonne idée. Alors, autant la concrétiser. Continuer “Le club du samedi soir #14 : Love songs”

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Section Sixteen #1 : Gabrielle, 13 ans

Qu’écoutent réellement nos kids ?

Girl In Red
Extrait du clip de Girl In Red, We Fell In Love In October.

Elles ou ils sont des filles de, des fils de – ou peut-être des cousines ou des cousins, des nièces, des neveux. Toute la journée, toute la semaine, ils subissent la musique forcément cool qu’écoutent leurs parents ou les membres de leur famille avant que ces derniers n’écriveent quelques lignes ou des tartines pour Section26 – voire d’autres sites du même acabit. Alors, ces ados et pré-ados sont-ils déjà condamnés à écouter ce qu’on leur impose au presque quotidien ? Pas forcément, la preuve par 16, comme en témoigne la première mixtape de cette série qu’on espère la plus longue possible, concoctée par Gabrielle, 13 ans.

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Dean Wareham – La lune dans le caniveau

Dean Wareham
Dean Wareham

Alors que Dean Wareham réalise avec sa compagne Britta Phillips un nouveau disque de reprises enregistrées pendant le confinement,  Quarantine Tapes, exhumation d’un Rendezvous datant de 2004.

C’était une belle journée de l’année 2004, une belle journée d’automne ou de printemps je crois. En tout cas, le soleil inondait la pièce des bureaux de la RPM – époque rue du Sentier – où nous recevions cette après-midi-là Dean Wareham, ce Néo-zélandais que tout le monde prend pour un Américain puisque c’est sur le Nouveau Continent que l’homme a mené un parcours du genre exceptionnel. Parangon d’une scène indie arrivé à son firmament – la fin des années 1980 et le début de la décennie suivante – alors qu’il est à la tête de Galaxie 500, il en est vite devenu l’une des brebis galeuses, accusé d’être l’unique responsable de l’implosion de ce trio qui maniait la naïveté avec une maestria bouleversante. Continuer “Dean Wareham – La lune dans le caniveau”

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Morning Dews

Depuis plus d’un an, ce couple de mélomanes poste chaque jour sur les réseaux la reprise d’une de ses chansons fétiches.

Morning Dews
Morning Dews (Richard Robert et Marguerite Martin)

Hier, nous avons publié dans notre série Cover la très belle version de Just One Kiss de The Cure par Richard Robert. Cette reprise n’est pas un acte isolé. Elle est le maillon d’une série débutée par son interprète il y a plus d’un an, un peu par hasard, beaucoup par nécessité. Alors qu’aujourd’hui une chaîne YouTube abrite toutes les relectures imaginées par Richard et / ou sa compagne Marguerite Martin, il était temps de présenter ce projet pas tout à fait comme les autres, avec les mots de son initiateur. Parole à Richard Robert, donc. 
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Richard Robert reprend “Just One Kiss” de The Cure (inédit)

Je ne sais plus quel artiste avait déclaré cela, mais c’était dans un vieux numéro des Inrockuptibles – la formule bimestrielle, je crois : pour résumer, il affirmait que les chansons réussies étaient celles que l’on pouvait jouer à l’aide d’une simple guitare acoustique, débarrassées des enluminures de la production, libérées des arrangements, toujours splendides même quand elles s’offraient ainsi dans toute leur nudité. Sans bien savoir pourquoi, je trouvais cette image très belle, d’autant plus que, quelques semaines ou mois plus tard, je découvrais l’immense reprise de Bizarre Love Triangle par Devine & Statton : une guitare, donc, et la voix si blanche d’Alison métamorphosaient un maelstrom des dancefloors en une comptine d’une fragilité exquise, destinée à celles et ceux dont le cœur doute toujours un peu. 

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Le club du samedi soir #11 – Sur un écran géant

Lee Remick à la plage

« Pendant cinquante ans, la musique pop a été créée et consommée de la façon qui suit : tu entendais un disque à la radio ou tu lisais à son sujet dans la presse ; tu l’achetais le samedi ; tu le prêtais à un ami ou tu le lui enregistrais ; il te rendait la pareille avec un autre disque ; c’était comme un réseau secret ; c’était ainsi que tu te faisais des amis, que tu rencontrais des filles et que tu composais la bande originale de ton univers ». Ce préambule qui ouvre l’excellent livre de Bob Stanley intitulé Yeah Yeah Yeah – The Story Of Modern Pop (paru en 2013 chez Faber & Faber, mais pas encore traduit en français – on n’est plus à une idiotie près) n’a rien de nostalgique – quoi que pourraient en penser certains champions du troll. Quand il écrit ces lignes, l’auteur ne dit pas « c’était mieux avant ». Il retranscrit juste une réalité. Et je suis d’autant mieux placé pour le savoir que ce fut aussi la mienne, surtout celle de mes années 1980 et 1990. Continuer “Le club du samedi soir #11 – Sur un écran géant”