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Le club du samedi soir #17 : Who Says Girls Can’t Drum ? (partie 2)

Moe Tucker / Velvet Underground
Moe Tucker / Velvet Underground
Patty Schemel / Hole
Patty Schemel / Hole

En réalisant cette compilation, j’ai découvert que Patty Schemel de Hole avait écrit – chose rare parmi les batteurs – un livre autobiographique, Hit So Hard, qui a même inspiré un documentaire du même nom réalisé par P. David Ebersole, visible sur Dailymotion. On y apprend notamment qu’à l’époque de l’enregistrement de Celebrity Skin de Hole, le producteur Micheal Beinhorn – connu pour être la bête noire des batteurs – était parvenu à persuader le reste du groupe de faire remplacer Patti par un requin de studio, sous le prétexte que ses prises n’étaient pas assez parfaites à son goût. Cet événement humiliant a entraîné son départ du groupe et a par la suite contribué à précipiter son interminable descente aux enfers dans l’héroïne et le crack. Pourtant, quand on réécoute un disque comme Live Through This, et notamment des titres comme Violet ou Gutless, on s’étonne qu’une batteuse à la fois puissante, précise et techniquement impeccable ait pu être remplacée en studio sans que le groupe ne s’y soit opposé.

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Le club du samedi soir #13 : Chaleur

Anna HB
Linogravure : Anna HB

“Il fait chaud” est sûrement la phrase que j’ai le plus entendu, mais aussi celle que j’ai le plus dit ces dernières semaines. Voilà donc une playlist compilée dans la chaleur du mois d’août, remplie de morceaux qui selon moi, se lient plutôt bien à la torpeur estivale.
Bien sûr, c’est très subjectif, mais peut être trouverez vous aussi les reverbes à ressort de Joe Meek rafraîchissantes, ou que la bossa Nova d’Antonio Carlos Jobim fait rêver à des cocktails glacés, ou encore que les Electric Prunes vous rappelleront ces nuits d’orages réconfortantes.
Sinon, vous pouvez toujours vous amusez à danser un slow transpirant sur du Roy Orbison, ou de danser sur le tube d’été de Todd Rundgren, ça ne fait jamais de mal. Et si la danse n’est pas votre dada, avec une bière ou une limonade, ça devrait être une bande-son adéquate.

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Le club du samedi soir #11 – Sur un écran géant

Lee Remick à la plage

« Pendant cinquante ans, la musique pop a été créée et consommée de la façon qui suit : tu entendais un disque à la radio ou tu lisais à son sujet dans la presse ; tu l’achetais le samedi ; tu le prêtais à un ami ou tu le lui enregistrais ; il te rendait la pareille avec un autre disque ; c’était comme un réseau secret ; c’était ainsi que tu te faisais des amis, que tu rencontrais des filles et que tu composais la bande originale de ton univers ». Ce préambule qui ouvre l’excellent livre de Bob Stanley intitulé Yeah Yeah Yeah – The Story Of Modern Pop (paru en 2013 chez Faber & Faber, mais pas encore traduit en français – on n’est plus à une idiotie près) n’a rien de nostalgique – quoi que pourraient en penser certains champions du troll. Quand il écrit ces lignes, l’auteur ne dit pas « c’était mieux avant ». Il retranscrit juste une réalité. Et je suis d’autant mieux placé pour le savoir que ce fut aussi la mienne, surtout celle de mes années 1980 et 1990. Continuer “Le club du samedi soir #11 – Sur un écran géant”

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Le club du samedi soir #10 – Brexitpop UK 90’s

En ces temps troublés où la conjuration des imbéciles (kikoo Boris, Nigel et Domenic) semble remporter tous les suffrages, il me semble de bon aloi de se souvenir que les îles Britanniques furent juste avant le nouveau siècle un bien beau laboratoire. Bien sûr, il y eut la Britpop avec ses cancres appliqués et ses glorieux génies, mais même si son côté rétrograde pour ne pas dire conservateur ont permis de faire passer l’Indie Pop dans le mainstream avec ses rainures royales comme ses plus abominables atrocités (Kula Shaker, ne pardonne pas, n’oublie jamais), certains alors n’en avaient cure* et traçaient une tangente dans l’exploration passé/futur, le refus des dogmes établis. Et un petit revival Krautrock fourbe mais pas bien méchant. Continuer “Le club du samedi soir #10 – Brexitpop UK 90’s”

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Le club du samedi soir #9 – Tales Of The Riverbank, the genius of Ian Broudie

Pour beaucoup, la carrière de Ian Broudie se résume à Lightning Seeds, groupe qu’il a fondé en 1989 et qui a rencontré un énorme succès outre-manche. Ce serait oublier la richesse d’un parcours qui a commencé sur les cendres de la scène punk de Liverpool. Aux côtés d’Holly Johnson et de Bill Drummond, il se fait remarquer au sein de Big In Japan. Dès leur séparation, il ne cessera d’alterner entre projets au sein de différentes formations (Original Mirrors, Care, Bette Bright and the Illuminations) et une carrière de producteur entamée en 1980 avec le single Rescue d’Echo & The Bunnymen. Avant de fonder Lightning Seeds en 1989, on le retrouve associé à la production de plusieurs albums majeurs dont certains pour The Pale Fountains, The Colourfield, The Fall ou bien Noir Désir. Si certaines collaborations n’ont pas toujours bien vieilli (on lui reproche souvent d’avoir massacré le premier album de Shack, Zilch), il a su s’adapter aux principaux mouvements musicaux trois décennies durant avant de quasiment disparaître de la circulation en 2009. La musique qu’il publiait alors sous son propre nom, le trop méconnu Tales Told ou avec Lightning Seeds, le magnifique Four Winds, était en total décalage avec son travail pour les dispensables et déjà oubliés The Subways ou The Automatic. Il se contente depuis de tourner au royaume-uni avec Lightning Seeds. En attendant avec impatience un retour discographique, cette playlist rend un hommage à cet acteur incontournable et trop discret de la pop de ces quarante dernières années.  Continuer “Le club du samedi soir #9 – Tales Of The Riverbank, the genius of Ian Broudie”

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Le club du samedi soir # 7 : Dreams Never End

Marc-Aurèle, bronze, Italie / Photo : © RMN-Grand Palais (Musée du Louvre), Stéphane Maréchalle

Alors que nous n’étions qu’au tout début de l’étrange épisode du confinement, un philosophe avait prescrit la lecture du stoïcien Marc Aurèle comme remède à nos inquiétudes. Selon lui, la raison et la lucidité seraient nos meilleures alliées pour exorciser nos angoisses et neutraliser nos inévitables coups de déprime. On peinerait à le contredire complètement. Pourtant, on aurait pu lui faire remarquer que l’imaginaire et l’illusion sont peut-être plus vitaux encore pour traverser les péripéties de l’existence. Comment aurions-nous pu supporter notre pesante oisiveté forcée sans le recours à la fiction, aux rêves éveillés que nous procurent les romans, les films et bien sûr la musique, sans laquelle la vie ne serait qu’une erreur et un exil, selon la célèbre formule de Nietzsche ? Dans les moments difficiles, il m’a toujours semblé que l’écoute d’une bonne chanson pop était d’un secours bien plus efficace que n’importe quel précepte de sagesse antique. Continuer “Le club du samedi soir # 7 : Dreams Never End”

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Le club du samedi soir # 6 : les joies de l’entre-soi

Inscrit au fronton de cette ouverte maison, probablement parce que régulièrement vilipendé et ne cessant de grimper au hit-parade des maux du siècle, l’entre-soi a tôt fait d’irriguer les champs du rock et de la pop, principalement pour s’avérer le ferment d’honorables chansons plutôt que céder à la tentation du repli communautariste. Exercice d’admiration, tribut payé aux aînés, influence revendiquée ou béquille bien pratique, ces name-dropping songs ont ratissé large, au point que sous la plume de Nick Toshes le contingent des laissés pour compte ou des oubliés a eu droit au titre de Unsung Heroes of Rock’n’Roll. Dylan a pratiqué l’hommage plus souvent qu’à son tour (Song To Woody, Blind Willie McTell) avant d’être honoré par Bowie (Song for Bob Dylan), lequel à dû se contenter d’Isabelle Adjani. Sans balayer ces deux icônes, ni faire l’impasse sur d’autres (Syd Barrett, Brian Wilson, les Ramones, ou bien sûr les Beatles sont parmi les champions les plus souvent cités), on s’autorisera à arpenter nos territoires de prédilection, à organiser des numéros de duettistes ou à tirer sur la ficelle du marabout, quitte à évincer à regret d’obscurs ferrailleurs ou des comètes négligées. Ainsi Glenn Tipton, guitariste de Judas Priest, ou Bobby Jameson, respectivement chantés par Mark Kozelek et Ariel Pink, n’ont, vous m’en voyez marri, pas passé le cut. Il y en a d’autres, à foison, et on ne parle ici que de chansons où le nom de l’artiste ou du groupe apparait dans le titre. Sans compter mes oublis fortuits, que vous vous ferez fort de réparer.

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Le club du samedi soir # 4 : SF Bay Area

Départ pour la Baie de San Francisco, entre Oakland, San José, Palo Alto et Fremont pour un voyage dans le temps depuis les années 60 et ses diverses contestations au doux parfum de patchouli et autres herbes odorantes. Quelques années plus tard durant les années 70/80, on y trouvait les prémices du punk sauvage mais aussi expérimental autour de la salle Mabuhay Gardens, qui rassemblait la fine fleur des révoltés ou marginaux du coin. Puis dans une époque plus contemporaine, le renouveau “cool” de la ville, qui depuis quelques années ne laisse plus le choix aux musiciens et artistes de bouger en périphérie faute d’argent pour y vivre. Direction Oakland, qui devient à son tour un vivier de groupes. Continuer “Le club du samedi soir # 4 : SF Bay Area”