Catégories billet d’humeur, interviewÉtiquettes , , , , ,

Au commencement…

C’est le 6e arrondissement de Paris. À l’ombre du Panthéon. C’est un disquaire indépendant, un samedi après-midi, un été indien comme tant d’autres, des clients qui viennent, flâner, écouter des nouveautés (et parfois quelques classiques), boire un café. C’est l’automne 1992 et deux d’entre eux ont des têtes de vrais gamins, à tel point qu’ils ne font même pas les 17 et 18 ans que leur prête l’état civil. Quelques mois plus tôt, en février, ils ont piqué un titre d’une chanson des Beach Boys pour former un groupe. Ils ont un album de chevet, c’est Screamadelica de Primal Scream, sorti l’année d’avant. Mais pas que. Ils parlent de Pierre Étoile, de Urge Overkill, du MC5, d’Andy Weatherall. Ils ont donné un concert surréaliste en banlieue – je crois que c’était à Anthony, mais je n’en suis plus sûr, pour lequel ils avaient peint des étoiles sur leurs joues. Avant cela je crois, je me souviens de l’un d’entre eux, assis sur le bord de la scène, qui avait pleuré pendant toute la prestation touchée par la grâce du revenant Arthur Lee, à l’Européen de Paris. Ils ont trouvé en la personne de Daniel Dauxerre, disquaire, mélomane et érudit, alors bassiste de Colm et collaborateur du fanzine magic mushroom, un manager enthousiaste – et entre nous, on le serait à moins. Alors quand le journal a décidé de faire un état des lieux de la scène d’ici, il était impensable de ne pas évoquer ces jeunes gens, dont la démo venait de séduire Tim Gane et Laetitia Sadier de Stereolab, qui avaient retenu deux titres pour un double 45 tours dont personne ne pouvait prédire l’importance historique (et qui paraitra au printemps 1993). Aussi timides qu’enthousiastes, ils avaient alors répondu à ces quelques questions…

Catégories mixtapeÉtiquettes , ,

Le club du samedi soir #34 : la mélancolie bleue

Photo : CB, colorisée par TS.
Photo : CB, colorisée par TS.

L’idée est née dans la voiture, lors d’un trajet quotidien et de la lecture aléatoire de chansons empilées dans une clé USB. Ces deux-là – celles qui ouvrent justement cette sélection – se sont succédé et j’ai tout de suite pensé à cette expression que j’ai toujours trouvée épatante : la mélancolie bleue. C’est une expression que je sais avoir utilisé plus que de raison, en particulier lors des années de 1990, à l’époque du passage de témoin entre magic mushroom et la RPM. C’est une expression qui je crois en dit long, même si en fait, on ne sait pas exactement ce qu’elle dit – ou plutôt si : juste un état d’esprit (et un état d’esprit, ça dit en fait presque tout).

Continuer la lecture de « Le club du samedi soir #34 : la mélancolie bleue »

Catégories pictures on my wall, portfolioÉtiquettes , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Pictures on my wall : Éric Pérez

Photo : Éric Pérez
Photo : Éric Pérez

Un Breton aux origines espagnoles, amoureux du Pays Basque et du ballon ovale : a priori, il y avait de fortes chances pour qu’on s’entende, Éric et moi. D’autant qu’en plus de tout cela, il y avait une certaine insouciance, un gout sûr pour le Rioja et donc, la musique. Dans l’équipe de Magic Mushroom puis parmi les quatre cofondateurs de la RPM, il tenait à merveille le rôle du taiseux : observateur plus que bonimenteur, il prenait la parole toujours à bon escient et se démarquait de nous tous par ses gouts fortement ancrés dans une certaine tradition rock – à prendre dans son sens non galvaudé – et je crois que sa sélection de photos confirme un peu cela. Continuer la lecture de « Pictures on my wall : Éric Pérez »

Catégories sériesÉtiquettes , , ,

09. Dis À Ton Mec

En deux jours, un texte sur chaque chanson du nouvel album de Chevalrex, “Providence” (Vietnam)

Avec moi, c’est toujours la même histoire. Enfin presque. C’est presque toujours la même histoire, donc. Tout commence par des images. Des images que suscitent la chanson, les arrangements, le tempo, quelques mots qui s’échappent du texte. Et il n’a pas fallu beaucoup de temps pour qu’ici, elles se bousculent… Alors, c’est une photo magnifique de Bruce Davidson, ce couple de Brooklyn réuni autour d’un distributeur de cigarettes ; c’est le bar tenu par Tom Waits dans Rumble Fish, au moment même où l’on comprend que Smokey a piqué Patty à Rusty ; c’est bizarrement plus l’Amérique d’Eggleston que la France de Doisneau – les couleurs comme pastel qui l’emportent –, mais c’est plus logiquement la fête du Grand Meaulnes qu’une de celles organisée par GatsbyContinuer la lecture de « 09. Dis À Ton Mec »

Catégories sunday archiveÉtiquettes , , , , ,

Ce qu’il faut savoir sur Felt pour épater la galerie

Felt, 1987 / Photo : Daniel Dauxerre

• Le nom de Felt a été inspiré à Lawrence par le morceau Venus, présent sur le premier album de Television, Marquee Moon (1977).

• Pas évident de prime abord, il existe un point commun entre tous les titres des albums originaux, la présence de l’article “the” : une volonté de Lawrence.

• Au départ, l’homme interdit à ses batteurs, Nick Gilbert puis Gary Ainge d’utiliser les cymbales de leur batterie. Continuer la lecture de « Ce qu’il faut savoir sur Felt pour épater la galerie »

Catégories playlistÉtiquettes , , , , ,

Le club du samedi soir #30 : The damned don’t cry (neo-romantism begins at home)

Steve Strange
Steve Strange

Comme pour la Movida, le premier souvenir qui revient en mémoire est un article. Un article à nouveau paru dans Rock And Folk – alors que j’étais plus Best, je crois  –, un article qui détaillait un monde qu’on aurait juré imaginaire. C’est la fin des années Collège, celles des premiers vinyles achetés le samedi après-midi dans le petit magasin de la contre-allée de l’avenue de Saint-Cloud, celles des groupes qu’on découvre en écoutant Feedback à la radio – le poste miniature dissimulé sous l’oreiller car on devrait déjà dormir -, celles des pages des mensuels qu’on dévore jusqu’à presque les connaitre par cœur – au détriment parfois d’autres apprentissages.

Continuer la lecture de « Le club du samedi soir #30 : The damned don’t cry (neo-romantism begins at home) »

Catégories interviewÉtiquettes , , ,

Cabane – “Trébucher n’est pas chuter”

Marc A. Huyghens et Thomas Jean Henri
Marc A. Huyghens et Thomas Jean Henri / Photo : Elise Peroi

La dernière fois qu’ils se sont trouvés en face de moi, c’était au siècle dernier. Ce n’était pas des centaines de kilomètres et un écran qui nous séparaient mais quelques mètres et une scène, celle de cette très belle salle qu’est le Botanique. Comme surgi de nulle part – alors qu’en fait pas du tout –, leur groupe défrayait la chronique avec sa formule entièrement vouée à l’acoustique (guitare, contrebasse, violon, batterie minimale et expérimentations soniques), un hit miniature virevoltant, She’s So Disco, et un premier album joliment intitulé Welcome To The Modern Dancehall.

>>>A la fin de l’article, découvrez en avant-première la reprise de Take Me Home, Pt II de Cabane par Marc A. Huyghens.

Continuer la lecture de « Cabane – “Trébucher n’est pas chuter” »