Avant-première : Vertigo de Miki Berenyi Trio en vidéo

Miki Berenyi Trio / Photo : Sébastien Faits-Divers
Miki Berenyi Trio / Photo : Sébastien Faits-Divers

Depuis les tout débuts de leur histoire, c’était presque écrit – qu’ils finiraient par jouer ensemble. Ils ? Ce sont d’abord Miki Berenyi et Kevin J McKillop, longtemps couple à la ville sans même l’être sur scène – ce qui à l’époque des prémices de leur (Bella) union était comme impensable. Les tout débuts ? Les années 1990, une décennie pas si anodine que cela pour la musique moderne, pour pas mal de grandes et petites raisons, pour pas mal de raisons personnelles comme universelles. Sous couvert d’un de ces mouvements inventés de presque toute pièce par les hebdos britanniques – shoegazing ou sur un mode un peu plus ironique The Scene That Celebrates Itself –, Moose et Lush étaient souvent liés… Des histoires d’amitiés – voire un peu plus si affinité –, des histoires de marottes musicales et d’éducation… Je n’ai jamais su si c’était vrai, mais il se disait que les deux leaders de Moose avaient entre autres fait découvrir à Lush les rares disques d’American Spring – ce que Brian Wilson a sans doute fait de mieux dans sa carrière, soit dit en passant – et étaient ainsi à l’origine de la très belle reprise du classique perdu Fallin’ In Love (sur le EP Black Spring)… Et cette chanson aurait très bien pu faire partie du set que le Miki Berenyi Trio a donné  quatre soirs durant lors d’une escapade continentale qui l’a mené de Lille à Barcelone, en passant par les Vinzelles et Dijon.

Miki Berenyi Trio / Photo : Sébastien Faits-Divers
Miki Berenyi Trio / Photo : Sébastien Faits-Divers

Dijon, justement. C’est là que vit Sébastien Faits-Divers, déjà croisé par ici pour ces images incroyables de The Apartments – filmées à Lyon, entre autres, un soir pluvieux d’octobre 2018. Mélomane jusqu’au bout de ses branches de lunettes avec quelques marottes prononcées (à l’instar d’un fameux triple A : The Apartments donc, mais aussi And Also The Trees et A Certain Ratio…), l’homme est aussi un passionné d’images en mouvements et filme à domicile ou à l’extérieur les artistes qui lui sont chers, le temps de sessions, concerts ou documentaires… Le 29 avril dernier, dans une salle des salles du Consortium – le Musée d’Art Moderne de Dijon – dédiée à l’exposition de l’artiste italienne Isabella Ducrot, Sébastien a ainsi retrouvé ses trois amis anglais, dont il avait déjà immortalisé le concert donné au fameux Paris PopFest en septembre dernier. Il a mis en image trois chansons, dont la bien nommée Vertigo, désormais officiellement intronisée premier single de ce projet presque né par hasard, pour accompagner les rencontres littéraires données par Miki à la sortie de son autobiographie, Fingers Crossed: How Music Saved Me From Success – déjà traduite en espagnol, mais pas encore en français, comme quoi, certaines choses ne changent pas.

Entourée donc par Kevin – dont le jeu de guitare n’a rien perdu de sa superbe, entre les arpèges ligne claire de Vini Reilly et les strates brumeuses de Robin Guthrie – et le bassiste disquaire volubile Ollie Cherer, la dame continue d’explorer – comme sur les deux albums des mésestimés Piroshka d’ailleurs – l’architecture complexe de cette cathédrale sonique en équilibre souvent parfait entre le classicisme des années 1960, le romantisme des années 1980 et le spleen idéal de la new-wave… Vertigo en est je crois une illustration assez probante, empreinte de cette mélancolie comme immaculée qui drape une mélodie bleutée. C’est une idée assez précise de la beauté. Qui n’est donc pas que dans la rue.


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