Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , ,

Charles, Let’s Start A Family Tonight (Babe City Records)

Les grands artistes (1) ont un avantage indéniable sur le commun des mortels. Quand bien même on les détesterait – pour de bonnes ou de mauvaises raisons, là n’est pas la question -, il arrive souvent qu’on leur rende de curieux hommages, parfois même inconsciemment. Si Ariel Pink n’est crédité que sur quatre morceaux pour sa contribution à la basse  et à la guitare, on sent bien qu’il a inspiré très largement le disque de son ex, Charlotte Ercoli Coe. Certes, on l’entend pousser des hurlements sur The Offended Olympics (si ce n’est lui, c’est donc son frère) avec une ironie qui ne manque pas de piquant, Fallogentrismo ressemble étonnamment à The Bottom, Rex Harrison partage une partie du refrain de Kitchen Witch qu’elle avait par ailleurs coécrite. On retrouve aussi un goût pour l’ambivalence, le travestissement, un jeu sur l’identité masculine et féminine dont aime jouer le Californien. Mais surtout, il y a cette production typique, tissée dans le coton des rêves, qui a infusé depuis quinze ans la musique pop des artistes lo-fi de Los Angeles en premier lieu pour se répandre un peu partout. Continuer la lecture de « Charles, Let’s Start A Family Tonight (Babe City Records) »

Catégories borne d'écouteÉtiquettes , , ,

Amour Courtois, Lisboa Constrictor (Beagle Records)

Amour Courtois / Photo : Aurore Bagarry
Amour Courtois / Photo : Aurore Bagarry

On avait déjà évoqué Amour Courtois et tous les espoirs qu’on nourrit à son sujet à l’occasion d’une reprise plus que rafraîchissante de Testpattern. Nous y sommes presque, le premier EP de Joseph Sainderichin sortira le 10 juin prochain accompagné de cet énigmatique Lisboa Constrictor. Pour décrire cette idylle surréaliste, son auteur nous dit quelques mots, tout en laissant une large place à l’imagination : “J’ai composé la basse de Lisboa Constrictor sur la plage de Cascais en automne 2018. Le texte est une invitation au dépaysement, un clair-obscur sur la possession amoureuse. C’est la première chanson où j’ai mélangé ma TR09 aux percussions brésiliennes (surdo et pandeiro), en m’inspirant des balades d’Arto Lindsay.”

Continuer la lecture de « Amour Courtois, Lisboa Constrictor (Beagle Records) »

Catégories coverÉtiquettes , , , , , ,

Lab Coast reprend “I Only Want To Be With You” par The Tourists (qui reprend Dusty Springfield)

Lab Coast
Lab Coast sur la pochette de leur album éponyme de 2017.

Lab Coast : le moins qu’on puisse dire, c’est que le nom n’est pas sur toutes les bouches. Pourtant les Canadiens ont tout pour ravir les ex-fans des nineties. D’ailleurs, si ce groupe (très discret au demeurant) avait fait paraître ses disques en même temps que The Lemonheads, Guided By Voices ou Pavement, nul doute qu’on en aurait parlé (il suffit d’écouter ceci ou cela pour s’en convaincre). Pour résumer, Lab Coast, c’est un peu mon Own Private Sebadoh. Après trois ans de silence, la pandémie semblait avoir eu raison de Lab Coast, jusqu’au début du mois de mai où les Calgariens ont mis en ligne une compilation de reprises enregistrées entre 2014 et 2020. On y retrouve Hüsker Dü, The Lemonheads, The Pursuit Of Happiness, Smudge, Camper Van Beethoven et Guided By Voices et cette reprise du hit absolu I Only Want To Be With You. A propos de cette reprise, Chris Dadge écrit : “La première fois que j’ai écouté cette chanson consciemment, c’était avec la reprise de The Tourists, le groupe dans lequel Annie Lennox et Dave Stewart étaient avant Eurythmics. J’ai bien sûr dû écouter la version de Dusty Springfield auparavant, mais le disque de The Tourists a un petit côté punk pré-new wave qui a vraiment retenu mon attention. C’est tout à fait le genre de mélodies avec lesquelles mon pote David Laing pourrait débouler pour l’enregistrer avec Lab Coast.”


L’intégralité de la compilation est écoutable ici avec les commentaires de Chris Dadge.

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , , ,

The Reds, Pinks & Purples, Uncommon Weather (Tough Love / Slumberland)

Par deux fois, on a cru qu’il se produirait. La première, c’était en 2008 au moment de la sortie de Gorgeous Johnny, puis lors de la parution de Rough Frame en 2010.  Depuis You Might Be Happy Someday, le miracle tant attendu semble enfin s’être réalisé. Glenn Donaldson reçoit enfin l’attention qu’il mérite depuis 20 ans. Ses disques se vendent comme des petits pains et font l’objet de rééditions. Aussi, la moitié de l’année 2021 ne s’est pas encore écoulée que le Franciscanais a déjà fait paraître trois nouveaux albums. Commençons donc par des excuses, car les très beaux disques de Painted Shrines avec Jeremy Earl de Woods et Vacant Gardens aux côtés de Jem Fanvu méritent également leurs chroniques.  Mais voilà, puisque faute de temps, il ne faut en choisir qu’un, et parce que c’est probablement le plus singulier, le plus intime, à la fois le plus dénudé et le plus mystérieux – comment peut-on faire d’aussi jolies chansons avec si peu de moyens sans jamais lasser ? – c’est à nouveau d’un album de The Reds, Pinks & Purples dont il s’agira. Continuer la lecture de « The Reds, Pinks & Purples, Uncommon Weather (Tough Love / Slumberland) »

Catégories hommage, pictures on my wallÉtiquettes , , ,

Jean-Luc Le Ténia par Aurore Bagarry

Jean-Luc Le Ténia par Aurore Bagarry
Jean-Luc Le Ténia par Aurore Bagarry

C’est mon amie Aurore qui me l’a rappelé. « C’est parce que c’est les dix ans de sa mort, je pense beaucoup à lui en ce moment. »  Moi, je n’avais pas pensé à lui depuis quelques temps. Pourtant, j’avais demandé (pour une éventuelle playlist) aux copains de Section26 des idées de chansons illustrant les mots de Chris Marker qui affirmait justement que l’humour est « la politesse du désespoir ». Continuer la lecture de « Jean-Luc Le Ténia par Aurore Bagarry »

Catégories coverÉtiquettes , , , , ,

Jeremy Jay reprend “Where Have All the Flowers Gone?” de Pete Seeger (inédit)

Jeremy Jay
Jeremy Jay

Depuis son dernier disque et le début de la pandémie, on était sans nouvelles l’Américain installé à Londres. Une éternité, donc. Il nous a gentiment confié une de ses reprises (exercice dans lequel il a toujours excellé). “Cette chanson, écrite à l’origine par Pete Seeger, résonne profondément en moi. Le fait qu’elle a été reprise par Marlene Dietrich dans les 60’s, des années après son engagement pendant la guerre m’émeut beaucoup. Cette chanson est chargée de sens, c’est un de ces classiques qui est capable de réunir les gens.”

Continuer la lecture de « Jeremy Jay reprend “Where Have All the Flowers Gone?” de Pete Seeger (inédit) »

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , , ,

Jorge Elbrecht, Presentable Corpse 002 (O Genesis Recordings)

Jorge Elbrecht Presentable CorpseComme pour toute œuvre de fiction, évoquer ce Presentable Corpse 002 conduit immanquablement à dresser deux portraits. Ici celui de l’auteur et musicien Jorge Elbrecht et celui du personnage auquel le premier prête sa voix d’angelot. Commençons par Jorge Elbrecht, même si l’on estime à raison que dans un monde idéal où la notoriété serait équivalente au talent, toute présentation relèverait du superfétatoire. Depuis plus de 15 ans, comme producteur au CV long comme le bras et reconnaissable entre mille, comme guitariste accompagnant les autres (dont un autre authentique génie) et surtout comme compositeur dans une multitude de projets, il a démontré qu’il sait tout faire, et surtout comme personne. Depuis Lansing-Dreiden, sorte de collectif obscur dont il est le seul membre avéré, le Costaricien installé aux États-Unis a obéi à la plus noble des ambitions, celle de réconcilier la pop et les expérimentations comme l’ont toujours fait ses musiciens préférés (et les nôtres). Continuer la lecture de « Jorge Elbrecht, Presentable Corpse 002 (O Genesis Recordings) »

Catégories mixtapeÉtiquettes , , ,

Le club du samedi soir # 42 : My Bloody Boomers

MBV

Chez Section 26, nous sommes nombreux à avoir su garder une âme d’enfant et toute l’ingénuité qui va avec. Aussi, en début de semaine, lorsque My Bloody Valentine s’est fendu d’un tweet énigmatique pour teaser du vent, nous avons à nouveau caressé bien des espoirs. La seule véritable information est venue d’une interview accordée au New York Times publiée le 31 mars dans laquelle Kevin Shields a annoncé que lui et ses amis étaient en plein travail sur deux nouveaux albums lorsque la Covid les a interrompus. On y apprend aussi que Kevin Shields est (probablement pour la première fois de sa vie) pressé de mener à bien ce projet.

Continuer la lecture de « Le club du samedi soir # 42 : My Bloody Boomers »