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The Besnard Lakes, The Besnard Lakes Are The Last of The Great Thunderstorm Warnings (Full Time Hobby)

Lorsqu’ils sont des voyages, les albums sont plus beaux. Et force est de constater que les concept albums se font plus rares dans les sorties actuelles, les titres sont souvent plus courts, moins cohérents entre eux et moins nombreux. Alors quand on tombe sur une proposition comme celle de The Besnard Lakes Are the Last of the Great Thunderstorm Warnings, on y regarde de plus près, et on entre dans ce qui sera forcément une expérience. Ici, c’est un voyage au travers de la mort. Comme nombre d’albums de deuil, tels Carrie & Lowell de Sufjan Stevens ou Spirit of Eden de Talk Talk, il y a la puissance de la catharsis à l’œuvre. Jace Lasek, fondateur du groupe avec Olga Goreas, ayant récemment perdu son père, devait se sortir de cette souffrance. Visiblement grandi. Continuer la lecture de « The Besnard Lakes, The Besnard Lakes Are The Last of The Great Thunderstorm Warnings (Full Time Hobby) »

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Selectorama : Lovers Suicide

Lovers Suicide
Lovers Suicide / Photo : Christopher Vincent 

C’est l’histoire d’un jeune homme qui choisit de quitter son Marseille natal, après avoir fait ses gammes avec Quetzal Snakes, un groupe garage psych, pour aller tenter sa chance outre-Atlantique à Montréal. A son arrivée, Alex réactive Deaf, une formation de noise rock avec laquelle il a pu ouvrir pour des groupes tels que Metz ou Cosmonauts. Continuer la lecture de « Selectorama : Lovers Suicide »

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Crack Cloud, Pain Olympics (Meat Machine)

Crack CloudLa compilation d’EP et les concerts de Crack Cloud furent une claque en 2018. L’annonce d’un premier album accompagné des clips d’Ouster Stew et Tunnel Vision ne fit qu’amplifier notre impatience. Les deux chansons convoquaient le souvenir encore vif d’un post-punk sachant s’affranchir de ses références sans se trahir. Quand Pain Olympics est arrivé chez un de nos disquaires parisiens préférés, nous nous sommes pas posés la question, d’autant plus que les chroniques affleurantes ici et là étaient fort élogieuses… Sans être une catastrophe, nous nous devons de dégonfler un peu la hype sur un disque bancal, emphatique et dépassé par sa propre ambition. Continuer la lecture de « Crack Cloud, Pain Olympics (Meat Machine) »

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Jessy Lanza, All The Time (Hyperdub)

Dans l’écurie Hyperdub (Burial, Darkstar…), Jessy Lanza occupe une place assez singulière. Si ses albums respectent dans leur ensemble la doxa dubstep inhérente au fameux label anglais, la canadienne y insuffle une attitude pop voire R&B rendant le genre d’autant plus accessible et attractif. Initialement prévu pour ce début d’année, la crise sanitaire aura retardé comme de nombreux autres la sortie de ce troisième long format et complètement chamboulé le programme promotionnel associé. Continuer la lecture de « Jessy Lanza, All The Time (Hyperdub) »

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Selectorama : Dana Gavanski

Dana Gavanski

D’Aoife Nessa Francess à Dana Gavanski, l’oeuvre de Cate Le Bon semble avoir marqué au fer blanc une nouvelle génération d’artistes. Pour sa part, Dana Gavanski a parfaitement su digérer l’influence de la pop minimaliste bien que parfois complexe de la Galloise sur son premier album, Yesterday Is Gone. Ecouter sa musique relève de l’expérience émotionnelle. Principalement grâce à une voix unique, d’une beauté troublante, posée sur une musique pop légèrement expérimentale. La présence de Mike Lindsay de Tuung à la production n’y est certainement pas pour rien. Sorti à quelques jours du confinement chez Full Time Hobby, Yesterday Is Gone est loin d’avoir reçu la présence médiatique qu’il aurait méritée. Wind Song, son nouvel EP de reprises sur lequel on retrouve des adaptations très personnelles de Chic ou King Crimson, devrait remettre les pendules à l’heure. Continuer la lecture de « Selectorama : Dana Gavanski »

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Cindy Lee, What’s Tonight To Eternity (W.25th)

Il ne faut pas beaucoup d’écoutes de ce nouveau disque de Cindy Lee pour saisir toute l’importance, intime comme artistique, que revêt ce projet pour son créateur, le canadien Patrick Flegel, connu jusque là surtout pour son travail en tant que chanteur et guitariste du groupe Women, auteur à la fin des années 2000 de quelques albums sympathiques de rock noisy tendance shoegaze. Aujourd’hui, Flegel est devenu pour la scène Cindy Lee et règle ses comptes avec son passé et ses fantômes en chantant, de façon convaincante, comme Patsy Cline ou Karen Carpenter et faisant autant hurler ses guitares que vriller ses synthétiseurs cradingues et ses magnétophones. Jusque là le projet du canadien, c’est son cinquième album sous cette identité, tenait plus du happening arty queer que d’une réelle œuvre musicale. Continuer la lecture de « Cindy Lee, What’s Tonight To Eternity (W.25th) »

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Dead Ghosts, Automatic Changer (Burger Records)

Après cinq années de silence radio, on aurait pu croire les Dead Ghosts disparus pour de bon. Mais avec leur excellent nouveau LP Automatic Changer – qui sortira le 24 avril prochain chez Burger Records-, la bande de Bryan Nicol (chant/guitare), Andrew Wilkinson (guitare) et Michael Wilkinson (batterie), renforcée par Moe Chiumento (basse) et Craig Pettman (claviers), revient avec une inspiration et une énergie aussi intactes qu’à leurs débuts. Continuer la lecture de « Dead Ghosts, Automatic Changer (Burger Records) »

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Destroyer : “Donner forme à un album reste un mystère pour moi”

Destroyer
Destroyer / Photo : Alain Bibal

Destroyer vient de sortir Have We Met, son treizième album. Projet initialement centré autour de la paranoïa liée au changement de siècle, il s’est transformé en un recueil de titres intenses mais pop. Dan Bejar le crie haut et fort, s’il est l’homme à tout faire de Destroyer, il délègue une bonne partie du processus créatif à ses fidèles collaborateurs. Il a conçu Have We Met en isolement total, lançant les idées et attendant impatiemment de recevoir les résultats par e-mail. La prise de risque artistique a payé. Ce disque qu’il pensait ne pouvoir jamais finir s’éloigne des influences parfois flagrantes de ces albums précédents. Bejar nous a accordé un long entretien au cours duquel il nous parle ouvertement de ses conflits intérieurs, de ses albums passés, de ses obsessions musicales et de son rapport à la vieillesse. Continuer la lecture de « Destroyer : “Donner forme à un album reste un mystère pour moi” »