C’est une boîte à musique. Une musique de fantômes.
Quelque chose apparaît — un « petit pan », pas tout à fait une voix, pas tout à fait une présence — plutôt une image trouble à travers les murs d’un palais de cristal. Dagmar Zuniga (nicaraguayenne-américaine, élevée à Miami, installée à Brooklyn) compose comme on laisse venir des revenants, une sorte de petite musique de nuit, de jour, qui insiste. Un bourdonnement. Une musique de membre fantôme — on croit la reconnaître, a-t-elle déjà eu lieu ? Enregistré entre 2019 et 2024 sur un Tascam 424 (magnétophone quatre pistes), l’album est apparu en janvier 2025 sur Bandcamp via le collectif People’s Coalition of Tandy. Attraction virale. Phil Elverum de Mount Eerie est coi, l’invite à jouer sur les routes, Internet en émoi. Quelque chose circule, mais ce n’est pas ce qu’on croit. Reprenons le fil — ou plutôt : cherchons-le.
Je m’en suis rendu compte il y a quelques jours : j’entretiens avec certains artistes – pour la plupart, les artistes qui ont participé activement à mon éveil musical et m’ont ouvert quelques horizons – des relations amoureuses pas si éloignées que cela de celles qui (dés)unissent Ana et Oscar dans la série 
C’est l’un de ces albums discrets, d’autant plus précieux qu’il finit par imposer sa présence sur le ton du murmure plutôt que de réclamer, à cor et à cri, une attention immédiate. Publié au mois de novembre dernier, Home n’a cessé, depuis, d’apparaître de plus en plus clairement comme une sorte d’antidote absolue au tapage. Issu d’une collaboration à distance et de plusieurs années entre l’autrice-compositrice d’origine londonienne 
Décidément, le Midwest nous aura bien gâtés en 2025. Tandis que du côté de Chicago, 
