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Molly Burch : “J’ai eu l’impression d’expérimenter en me lançant dans la pop”

Molly Burch
Molly Burch / Photo : Jackie Lee Young

Qui aurait cru qu’aussi tôt dans sa carrière, Molly Burch allait sortir un album où les synthés et les rythmes électroniques bouleverseraient un univers dont elle posait encore les fondations ? Avec le single Emotion composé avec Wild Nothing, on sentait pointer une envie de changement de cap. Romantic Image nous le confirme avec onze titres flirtant avec l’indie et la pop grand public. Impossible de ne pas reconnaître certaines marottes de Molly Burch, Ariana Grande en tête. Sa reprise de Needy aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Romantic Image, s’il paraît plus léger en surface, n’est en aucun cas un album superficiel surfant sur quelque vague que ce soit. La personnalité de Molly Burch y est toujours présente ainsi que son talent incontestable de songwriter. S’il est sans aucun doute un album de transition, il ne faut pas oublier que Romantic Image est également un album expérimental. Molly Burch est partie à la découverte d’un nouveau style en modifiant radicalement ses techniques de travail et son approche vocale. Continuer la lecture de « Molly Burch : “J’ai eu l’impression d’expérimenter en me lançant dans la pop” »

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Daniel Wylie (Cosmic Rough Riders) : “J’ai l’impression que j’ai toujours su écrire des chansons.”

Daniel Wylie
Daniel Wylie

Il y a tous ceux qui commencent tôt et s’épuisent vite. On pourrait aussi recenser quelques exemples – plus rares, il est vrai – de débutants tardifs, qui conquièrent moins précocement une forme de reconnaissance associée à la maturité. Leonard Cohen bien sûr. Guy Chadwick aussi. Et puis, il y a Daniel Wylie. Classé hors-catégorie depuis presque trente ans, ce songwriter écossais ultra-doué n’est jamais vraiment rentré dans les cases de ces parcours balisés. Ces quelques mois de gloire, il les a connus à quarante ans, alors que le groupe dont il était le pilote principal et presque unique, Cosmic Rough Riders, signait sur l’éphémère label Poptones, lubie fin de siècle d’un Alan McGee sorti rincé de l’aventure Creation. Un hit – Revolution In The Summertime – et même un passage à Top Of The Pops à l’âge presque canonique où les superstars adolescentes sont déjà en préretraite. Un petit tour devant les projecteurs et puis c’est tout. Pour ce qui est de la notoriété, les plats ne sont passés qu’une seule fois. Pour ce qui est des chansons, il en va tout autrement. Depuis 2006, Wylie a construit à un rythme soutenu – un albums tous les deux ans environ – une œuvre d’une qualité exceptionnelle, où les références à ses idoles américaines de toujours (Neil Young, R.E.M. pour les plus évidentes) n’excluent jamais la recherche de tonalités plus personnelles. Figure discrète mais centrale de la scène musicale de Glasgow, il vient de publier Atoms And Energy et raconte quelques-uns des jalons d’une trajectoire musicale atypique et essentielle. Continuer la lecture de « Daniel Wylie (Cosmic Rough Riders) : “J’ai l’impression que j’ai toujours su écrire des chansons.” »

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Low qui dort

Low
Low

Quelques jours à peine après la révélation du nouveau single du groupe, Days Like This, en prélude à leur nouvel album HEY WHAT dont la sortie est annoncée pour le 19 septembre sur Sub Pop avec toujours BJ Burton à la production comme sur l’immense Double Negative (2018), nous avons eu envie de revenir sur le parcours de ce groupe fascinant avec une interview donnée en 2004. Ceux que l’on qualifiait de slowcore venaient de sortir un album charnière, The Great Destroyer.


Mais quelle mouche a donc piqué Low ? Le groupe qui célèbre cette année ces 10 ans de carrière et que l’on croyait définitivement atteint par la maladie du sommeil s’éveille au son des guitares déchaînées du bien nommé The Great Destroyer. Explications et éclaircissements rétrospectifs en compagnie des deux éléments masculins du trio de Duluth, amputés de leur batteuse restée pouponner au pays. Un seul être vous manque…
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Queen Of The Meadow – Couple princier

Queen Of The Meadow
Queen Of The Meadow / Photo : Audrey Chapelet

Il est parfois compliqué de poser des mots adéquats sur l’évidence. La beauté radieuse du troisième album de Queen Of The Meadow se révèle plus facilement qu’elle ne se décrit. Les compositions d’Helen Ferguson nourrissent, au fil des écoutes, trop d’impressions contrastées pour que l’on parvienne à en fixer la substance dans une synthèse fixe et bien formulée, un peu à l’image de cette pochette où les postures différentes se superposent. Survival Of The Unfittest apparaît donc comme un album en mouvement, insaisissable. Bien loin, en tous cas, de cette étiquette pop-folk réductrice qui tend pourtant à coller aux basques du duo depuis ses débuts en 2016. Des chansons à la fois limpides et complexes, très intimes et parfaitement pudiques, au diapason de ces arrangements, riches et discrets à la fois, confectionnés par Julien Pras, et qui rehaussent les chansons d’Helen sans les envahir. L’enthousiasme mêlé de perplexité appelait donc un échange avec les principaux intéressés, seuls en mesure d’apporter leurs éclaircissements. Continuer la lecture de « Queen Of The Meadow – Couple princier »

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Suicide – Résurrection

Suicide
Suicide en 1978 / Photo : George Wilkes via Libé

On ne croyait plus entendre parler d’Alan Vega et de Martin Rev ailleurs que dans les pages rééditions des magazines rock ou dans les encyclopédies musicales. Qu’attendre alors du retour en studio de Suicide en 2002 ? Rien de bien nouveau, certes. Juste un album, American Supreme, presque à la hauteur de la légende du duo, d’une intensité jamais prise en défaut et qui confirme une fois de plus la lucidité presque effrayante de ses auteurs. Contrairement à ce qu’affirme trop rapidement le sens commun, on peut réussir plusieurs fois son Suicide. Continuer la lecture de « Suicide – Résurrection »

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Gruff Rhys – Que la montagne est belle !

Gruff Rhys
Gruff Rhys

Habitué des projets ambitieux et farfelus depuis ses premières armes discographiques fourbies à la tête de Super Furry Animals, celui qui demeure avant tout l’un des grands maîtres incontestés de la composition pop a décidé de consacrer son nouvel album – le dixième en solo environ, selon les décomptes officiels – à la biographie du mont Paektu, au sommet duquel, apprend-on au passage, se trouve le point culminant de la Corée. Tout autre que le génie gallois se serait sans doute pris les pieds dans cet improbable tapis géographico-conceptuel dont on pouvait a priori, redouter les inévitables pesanteurs. Mais pas lui. Dense, lumineux, fascinant de bout en bout, Seeking New Gods apparaît – au-delà du prétexte et de l’argument, pas si loufoques au demeurant – comme une réussite majeure de plus à verser au crédit d’un artiste toujours aussi déroutant. Et qui a consenti à nous éclairer autant que faire se peut sur les méandres tortueux de ce nouveau périple. Continuer la lecture de « Gruff Rhys – Que la montagne est belle ! »

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This is Telex

Telex
Telex : Dan Lacksman, Marc Moulin et Michel Moers (de gauche à droite)


Telex
tient une place particulière dans le cœur des amoureux de pop synthétique. Trio formé en 1978 à Bruxelles par Dan Lacksman, Michel Moers et Marc Moulin, la formation fait le trait d’union entre l’Allemagne de Kraftwerk, l’Angleterre d’Human League et toute la musique électronique à venir : Italo Disco, House, New Beat. À l’occasion de la campagne de rééditions orchestrée par Mute, nous avons eu l’honneur de nous entretenir au téléphone avec Michel (chant) et Dan (machines).  Continuer la lecture de « This is Telex »

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Tim Boykin (Lolas) : “Où que je sois, je passe toujours pour un mec bizarre”

Tim Boykin (Lolas)
Tim Boykin (Lolas)

Pendant dix ans environ – de 1998 à 2008 – Lolas est apparu comme le condensé le plus parfaitement archétypal d’une certaine idée de la powerpop. Des mélodies immédiatement mémorables soutenues par des guitares agiles et puissantes, des refrains à tomber et des harmonies vocales capables de pourfendre les armures les plus hermétiques. Une langue morte ? Peut-être. Mais Lolas pratiquait cet idiome musical désuet avec cette insouciance naïve qui le métamorphosait, à chaque occasion, en un babil charmant. Alimenté dans une confidentialité presque scandaleuse – aucun des cinq albums publiés à cette époque n’a été distribué en dehors des USA et du Japon – le flot s’était soudain tari sans que l’on sache exactement pourquoi. Continuer la lecture de « Tim Boykin (Lolas) : “Où que je sois, je passe toujours pour un mec bizarre” »