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Pictures On My Wall : Joe Dilworth

Joe Dilworth
Joe Dilworth

C’était à Londres, un jour de peu de soleil, à la toute fin de l’hiver ou au début du printemps. Je me rappelle d’ailleurs la promenade le long des canaux de Camden Town, le sous-sol du magasin de disques à quelques mètres du métro, le verre au Good Mixer, dont les dorures avaient déjà passé, à peine quelques mois après les premiers essoufflements de la britpop. Broadcast était sur le point de réaliser la compilation de ses trois premiers singles – deux publiés par Duophonic Super 45’s, le label de Stereolab, et le troisième par Wurlitzer Jukebox. Le disque, dont le titre mystérieux annonçait Work & Non Work, allait paraitre chez Warp – ce qui avait un peu surpris tout le monde. Comme l’écrit le photographe aujourd’hui, le groupe venait d’achever sa balance dans la petite salle emblématique du Dingwalls – le soir même, il y délivrait un concert magnétique, emmené par une Trish Keenan à la beauté diaphane (“Elle s’excuserait presque d’être là”, avais-je gribouillé encore impressionné dans l’introduction du papier écrit pour la RPM) et face à un Bobby Gillespie enthousiaste. Pendant la session, je m’étais tenu à l’écart, mais j’avais observé la façon de travailler de Joe Dilworth. Plus qu’une séance photo, cela ressemblait à une discussion entre des gens qui partagent pas mal d’amis et de passions – ce qui d’ailleurs était le cas. Je ne suis pas sûr, mais je crois qu’il utilisait un Rolleiflex. Au bout d’à peine dix minutes, il m’avait dit : « C’est bon ». Quelques semaines plus tard, quand j’ai vu le résultat, j’ai bien sûr tout de suite compris qu’il ne m’avait pas menti. Continuer “Pictures On My Wall : Joe Dilworth”

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Papivole#7, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Edie Vee, photographe

Stephen Pastel Edie Vee
Stephen Pastel, février 1995 / Photo : Edie Vee

Je finissais par remarquer leur regard, à force. En lisant la presse musicale anglo-saxonne toutes les semaines, New Musical Express, Melody Maker, je distinguais leurs styles, différents, entre ceux qui captaient le point de bascule d’un concert dans un mouvement qui laissait des traces, ceux qui jouaient l’intimité du gros plan, seuls avec la vedette dans une chambre d’hôtel, ou encore ceux qui dans une explosion de couleurs tentaient la mise en scène, avec des accessoires ridicules, forcément ridicules. En France, je reposais mes yeux sur les noirs et blancs des Inrockuptibles et l’école MonfournyMulet, ou je prenais le plein de couleurs dans Best, chez Youri Lenquette ou Jean-Yves Legras. Et il y avait Edie Vee, mystérieuse, rare, qui capturait dans un geste naturel les étoiles filantes de mon panthéon personnel dans une revue pop moderne : la clique américaine autour de Drag City, les cousins écossais autour de Domino, les amis français autour de Lithium. Forcément, ça rapprochait. Continuer “Papivole#7, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Edie Vee, photographe”

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Richard Bellia et The Cure : “Garder la bonne distance”

The Cure Robert Smith Richard Bellia
The Cure, Londres, 1985 / Photo : Richard Bellia

Il a crapahuté par monts et par vaux, armé de la prunelle de ses yeux : son Hasselblad dont il ne se sépare (presque) jamais, sans compter sur d’autres appareils tout aussi précieux qui en ont certainement vu des vertes et des pas mûres. Richard Bellia a arpenté l’histoire du rock par la face nord à mains nues, le cheveu ébouriffé, l’air hagard, le verbe fleuri, sans se soucier de l’heure qu’il est ni du temps qui passe. Dans Un Œil sur la Musique, étourdissante somme de travail autofinancée en vente sur son site, il rassemble plus de mille photos prises depuis le début des années 80 dans cinq kilos de papier glacé en forme de who’s who du rock moderne, dont il serait bien trop long de lister ici tous les sujets photographiés. S’ils ne représentent que vingt-deux pages dans son livre, The Cure a toujours tenu une place à part dans son monde. Depuis ses premiers clichés à dix-huit ans shootés dans un club en Moselle, Richard a photographié Robert et sa bande tout au long de sa carrière, sans la ramener, avec ce mélange d’aplomb et de respect infini pour ceux qui brillent sur scène. Alors que le groupe vient de se produire à Rock en Seine, Richard Bellia vient d’exposer ses instantanés de The Cure chez Agnès B., rue du Jour à Paris, et commente pour nous dix photos emblématiques de ses quarante ans de bruit et de fureur. Brut de décoffrage. Continuer “Richard Bellia et The Cure : “Garder la bonne distance””

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La dolce vita par David Rimokh

L’été italo

Ses instantanés d’un été en Italie ont illustré les articles de ce week-end dédié à l’Italo sur section26. Voici pour le clore, un portfolio par David Rimokh.

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La Movida

La révolution culturelle madrilène exposée à Arles

Miguel Trillo, El Calderón, Rolling Stones concert, Madrid 1982.

Je n’arrive pas à me rappeler de l’année. Et encore moins de l’artiste qui avait eu les honneurs de la couve de ce numéro de Rock & Folk. Ce devait être en 1984 – ou peut-être l’automne 1983. Car j’avais déjà entendu parler de la scène indépendante espagnole, ça c’est une certitude. Je l’avais découverte au cours des étés que je passais en partie à Altea, une coquette cité balnéaire située à une dizaine de kilomètres de l’hallucination architecturale qu’est Benidorm – pour résumer : les années 60, le franquisme (nous y reviendrons), le tourisme. Là-bas, j’avais sympathisé avec un garçon du coin de deux ans mon ainé, qui trainait en mobylette avec sa bande de copains (en idiome local, on appelle ça une pandilla), connaissait à peu près tous les lieux cool de la côte et partageait avec moi les mêmes gouts musicaux – dans le désordre, The Cure, New Order, l’electropop et la new-wave en général. Continuer “La Movida”

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Yan Morvan : Les Années de Fer

Photo : Yan Morvan
Photo : Yan Morvan

Nous sommes au mois d’avril, Yan Morvan est à Corbeil Essonne pour la visite de presse organisée par l’Œil Urbain. En pleine affaire du Brexit, l’édition 2019 du festival est opportunément consacrée au Royaume-Uni et le photographe figure parmi les joyaux de la couronne. Son livre Les Années de Fer, dédié à l’Angleterre de l’après Punk sous l’ère Thatcher est sur le point de paraître chez Serious Publishing, éditeur spécialisé dans la culture populaire et la contre culture. Une partie de ce travail, réalisé à l’occasion de séjours à Londres entre 1979 et 1981, est présentée par l’auteur, devant un parterre de photographes et de journalistes spécialisés. Continuer “Yan Morvan : Les Années de Fer”

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Portfolio : The Young Gods à La Maroquinerie, le 22 mars 2019

The Young Gods, La Maroquinerie

Le 22 mars dernier, The Young Gods étaient à Paris, à La Maroquinerie, pour la seconde date de la tournée de présentation de leur nouvel album, Data Mirage Tangram.

Ça s’est passé à Rennes en 1987 et c’était à l’Ubu. Je me souviens d’être entré dans la moiteur de l’arène déjà bondée et d’être resté figé, saisi par le concert, stupéfait. Je me souviens encore du son, de ce sentiment de connaître soudain la puissance absolue. Compressée, la petite foule se tenait face à la scène, écrasée dans sa masse compacte, totalement sidérée. Je me souviens de cet homme qui se tenait face à nous, les bras comme de larges ailes, suspendu dans le couloir du temps. Ils n’étaient presque rien : un trio de jeunes dieux mais inconnus de tous. Ils avaient le pouvoir de déchaîner une tourmente de cordes à partir d’un clavier. En 1987 les Young Gods entraient dans la légende. Continuer “Portfolio : The Young Gods à La Maroquinerie, le 22 mars 2019”

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Portfolio : Zombie Zombie à la Cathédrale Américaine de Paris, 15 mars 2019.

Portfolio : Zombie Zombie à la Cathédrale Américaine de Paris, 15 mars 2019

Pour son édition 2019, le Paris Music Festival à eu l’idée géniale de proposer la Cathédrale Américaine de Paris à Zombie Zombie pour un concert exceptionnel, accompagné de la chorale déjà présente sur la BO de L’Heure de la Sortie, le second film de Sébastien Marnier dont le groupe a composé la musique.

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