2018, les choix de la rédaction.

Illustration : Pauline Nunez

Chaque jour (y compris dimanche, oui, oui, nous sommes nombreux, rappelez-vous) jusqu’à début janvier, vous trouverez archivés ici les classements de nos disques préférés de l’année 2018 dans l’ordre de parution, en déroulant cet article. Et évidemment, comme chez section26, on n’aime pas faire les choses comme tout le monde, nos contributeurs ont plus ou moins décidé eux-mêmes de la forme à donner à leur choix : albums, singles, rééditions, concerts, films, séries TV ou livres de l’année selon les goûts et les envies de chacun. La saison est ouverte, avec chaque jour, une belle image signée par Pauline Nunez, comme un calendrier d’avant-nouvelle année. Season’s greetings, les amis.

#27 : Victor Thimonier

Cette année, et pour la première fois depuis des lustres, j’ai écouté de la musique en dilettante – je veux dire par là que je n’ai absolument pas essayé de suivre l’actualité musicale. D’ailleurs, cette attitude a plutôt été une constante dans mon travail d’écriture cette année, c’est bien simple, je n’en fiche pas une – pardon, hein, mais je suis tout le temps fatigué. Donc voici un top 10, qui est constitué des plus ou moins dix albums de cette année que j’ai écouté. C’était pas dur de l’intégrer! Cela dit, j’ai pour chacun une tendresse toute particulière, et même pour certains un amour profond.

10 albums

(bien sûr, comme toujours dans un ordre absolument hiérarchique, fondamentalement objectif, de qualité musicale intrinsèque)
1. GO-KART MOZART, Mozart’s Mini-Mart (Cherry Red)
2. PART TIME, Spell #6 (Tough Love Records)
3. CHARLI XCX, Pop 2 (Asylum Records)
4. JORGE ELBRECHT, Here Lies (autoproduit)
5. JULIA HOLTER, Aviary (Domino)
6. DOMENIQUE DUMONT, Miniatures de Auto Rhythm (Antinote)
7. THE SAMPS, Breakfast (Gloriette)
8. CONNAN MOCKASIN, Jassbuster (Mexican Summer)
9. THOUSAND, Le Tunnel Végétal (Talitres)
10. JOHN MAUS, Addendum (Ribbon Music)

12 Rééditions

FELT x10 (Cherry Red)
SORROW, Under The Yew Possessed (Night School)
TIM MAIA, Disco Club (Mr Bongo)

2 Concerts

Fire Engines/Lydia Lunch/Michael Rother (12/08/18, Edinburgh, Leith Theatre)
Julia Holter (10/12/18, Edinburgh, Summerhall)

1 Livre

(qui est, en vrai, une réédition)
MOMUS, The Book of Scotlands (Luath Press)

#26 : Julien Welter

Illustration : Pauline Nunez
Albums

ONEOHTRIX POINT NEVER, Age Of (Warp Records)
LOW, Double Negative (Sub Pop)
THE NECKS, Body (Fish of Milk)
JUSTIN HURWITZ, First Man OST (Back Lot Music)
THE GOOD, THE BAD & THE QUEEN, Merrie Land (Studio 13)

Rééditions

SONGS : OHIA, Travels In Constants  (Temporary Residence Limited)
V/A, Technicolor Paradise : Rhum Rhapsodies & Other Exotic Delights (Numero Group)
THE BETA BAND, The Three E.P.’s (Because Music)
LARAAJI, Vision Songs – Vol. I (Numero Group)
PIERRE VASSILIU, Face B – 1965-1981 (Born Bad)

#25 : Guillaume Ferchaud

Illustration : Pauline Nunez
Albums

BEAK>, >>> (Invada)
CANNIBALE, Not Easy to Cook (Born Bad)
CRACK CLOUD, Crack Cloud (Meat Machine)
GOLDEN ORIOLE, Golden Oriole (Mozart Kebab/Drid Machine)
LITHICS, Mating Surfaces (Kill Rock Stars)
PRAM, Across the Meridian (Domino)
ORGUE AGNES, A une Gorge (Three:Four)
THE SHIFTERS, The Shifters (Future Folklore)
V/A, Cabinet de Curiosités (Truc)
V/A, Two Niles To Sing a Melody : the Violins & Synths of Sudan (Ostinato)

Concerts

THE DEAD C aux Instants Chavirés
FIRE! ORCHESTRA à l’International

#24 : Rosario Ligammari

Illustration : Pauline Nunez

1. V/A, Climax, Original Motion Picture Soundtrack (Milan Records)
C’est maintenant impossible de réécouter ces classiques électroniques (French Kiss, Utopia Me Giorgio, Pump Up The Volume…) sans revisualiser les fiévreuses séquences du film de Noé, partie danse (smile) et partie transe (trip). Plus qu’une bande son, plus qu’une compilation, plus qu’un album de chansons : en attendant de revoir Climax, remake mental sur la platine.

2. M¥SS KETA, Una Vita In Capslock (La Tempesta Dischi)
Bombe underground et star de la Jet milanaise, icône et héroïne de roman, Peaches et la Cara, Miss lisse et MC trash, techno et punk, lunettes noires et masque, avec le manifeste Una Vita in Capslock (accompagné de clips et lives démentiels), M¥SS KETA est – pour paraphraser son hit – une femme qui compte. Beaucoup.

3. THE VOIDZ, Virtue (Cult Records)
Le meilleur album « rock » 2018 !

4. COSMO, Cosmotronic (42 Records)
Un premier disque pop fêtard mélancolique et techno chanté, top pour l’écoute solo (et le dancefloor), comme il sait faire. Un deuxième disque pop techno fêtard et mélancolique instrumental ou presque, top pour le dancefloor (et pour l’écoute solo), comme il sait faire. Avec ce double Cosmotronic, Cosmo a vu les choses en grand, et c’est top.

5. JARDIN, Epée (Le Turc Mécanique)
Derrière ce nom à coucher dehors dans le jardin se cache Lény Bernay, compositeur aussi pertinent musicalement que dans les propos. En plus, son Epée (qui est un LP) rappelle curieusement l’album Nowhere de Koudlam, ce qui ne gâte rien du tout.

6. THE MICRONAUTS, Head Control Body Control (Micronautics)
Et aussi Scratch Massive avec Garden Of Love (sorti sur leur label bORDEL), les valeurs sûres et précieuses de l’électronique d’ici.

7. MARIE DAVIDSON, Working Class Woman (Ninja Tune) & ESSAIE PAS, New Past (DFA Records)
EBM sensuelle et techno-indus parano, que ça soit Essaie Pas avec New Path (inspiré par le A Scanner Darkly de K.Dick) ou la moitié du duo Marie Davidson avec Working Class Woman, les Québécois secouent.

8. MOTORAMA, Many Nights (Talitres)
Depuis 2010, les Russes timides sortent en moyenne tous les 2 ans à peu de choses près le même disque, pardon, le même très bon disque – cold intemporelle épurée qui se la joue profil bas. Many Nights, sorti 2 ans après Dialogues, n’échappe pas à la règle : c’est le même très bon disque – à peu de choses près qu’il s’agit peut-être de leur meilleur.

9. LUCA CARBONI, Sputnik (RCA Records)
Été 98, j’ai 10 piges, je me balade au rayon musique du Auchan de Turin et tombe sur la magnifique pochette (peinture signée Luca Carboni lui-même) de l’album Carovana fraîchement sorti. Attiré, je saisi le casque de la borne d’écoute, presse le bouton play. Coup de foudre. 20 ans plus tard, alors que le dernier cru dudit Carboni n’est pas toujours des plus frais – il a pourtant travaillé avec quelques membres de la talentueuse scène it-pop, Giorgio Poi inclus – je n’ai toujours pas appuyé sur le bouton stop. Lectrice et lecteur de Section 26, je sais que tu comprends ce sentiment.

10. FRANCESCO DE LEO, La Malanoche (Bomba Dischi)
Produit par Poi – encore lui – Francesco de Leo fait une entrée pépère dans le rang des promesses de la pop italienne moderne. Le son psyché tourne à son rythme, flegmatique, ça sent la vapeur, les textes drogués, la réverbération, bref le truc à côté de la plaque qui vise pourtant juste, direct dans l’anima.

BONUS

FRENCH POP
Polnareff, Donald Pierre, Muddy Monk, Jo Wedin, Jean Felzine, TOOOD, Viot, Niki Demiller, Grand Blanc, Chevalrex, Mou, Moodoïd, Perez, Alice Lewis, La Langue, La Houle, et en attendant Sémaphore, l’excellent disque de Requin Chagrin : en EP, en live, en inédit ou bribes démos, en LP, la pop franco-française (conçue ici et chantée dans notre idiome) a encore fait des étincelles.

CESARE CREMONINI, Possibili Scenari Per Pianoforte E Voce
Hors catégorie. C’est simple : c’est le même disque que le Possibili Scenari de l’an dernier, les mêmes chansons, dans le même ordre, mais en version piano. Sinon : le live à San Siro était grandioso.

Concerts

Plein de très bons souvenirs, impossible de tout caser. Honneur à l’Italie : le stade San Siro + 2 festivals indie en Sicile.
CESARE CREMONINI à San Siro, Milan + MISH MASH FESTIVAL 2018 à Milazzo (Sicile) + JESUS & MARY CHAIN au FESTIVAL YPSIGROCK à Castelbuono (Sicile)

Films

1. MEKTOUB MY LOVE : CANTO 1  d’Abdellatif Kechiche
2. CLIMAX de Gaspar Noé
3. UNA FAMIGLIA de Sebastiano Riso
4. SILVIO ET LES AUTRES de Paolo Sorrentino
5. DOGMAN de Matteo Garrone
6. RAZZIA de Nabil Ayouch
7. UN COUTEAU DANS LE CŒUR de Yann Gonzalez
8. A GENOUX LES GARS d’Antoine Desrosières
9. QUIEN TE CANTARA de Carlos Vermut
10. LA FORME DE L’EAU de Guillermo del Toro

Livres

1. BABYLONE EXPRESS de Mathilde-Marie de Malfilâtre (Le Dilettante)
2. SURDOSE d’Alexandre Kauffmann (Goutte d’or) + JUDY, LOLA, SOFIA ET MOI de Robin d’Angelo (Goutte d’or)
3. L’HOMME NECESSAIRE de Bénédicte Martin (Sable Polaire)
4. BERNARD ESTARDY, LE GEANT, ITINERAIRE D’UN GENIE DU SON de Julie Estardy (Gonzaï Médias)
5. EMBRACE YOUR FANTASIES de Roy Stuart (Taschen)
6. DUSTAN SUPERSTAR de Raffaël Enault (Robert Laffont)
7. MICROFICTIONS 2018 de Régis Jauffret (Gallimard)
8. SILENCE, RADIEUX d’Alexandra Dezzi (Léo Scheer)
9. UNE VIE SANS FIN de Frédéric Beigbeder (Grasset)
10. SHOEGAZE de Victor Provis (Le Mot et le Reste)
10+1.UNA DONNA CHE CONTA de Myss Keta (Rizzoli Lizard)

#23 : Arnaud Lefeuvre

Illustration : Pauline Nunez
10 albums

COURTNEY BARNETT, Tell Me How You Really Feel (Marathon Artists)
TRACYANNE & DANNY, Tracyanne & Danny (Merge)
TONY MOLINA, Kill The Lights (Slumberland)
FATHER JOHN MISTY, God’s Favourite Customer (Bella Union)
TRACEY THORN, Record (Unmade Road)
RILEY WALKER, Deafman Glance (Dead Oceans)
KURT VILE, Bottle It In (Matador)
SOCCER MOMMY, Clean (Fat Possum)
THE GOON SAX, We’re Not Talking (Wichita)
DIET CIG, Swear I’m Good At This (Frenchkiss) – rattrapage 2017-

3 singles

THE FORTUNA POP! ALL STARS, You Can Hide Your Love Forever (Fortuna POP!)
LCD SOUNDSYSTEM, Home / I want your love (Sony)
TRACEY THORN, Dancefloor  (Unmade Road)

Rééditions

LOS CAMPESINOS!, Hold On Now, Youngster… (Wichita)
LOS CAMPESINOS!, We Are Beautiful, We Are Doomed (Wichita)
BRADFORD, Thirty Years Of Shouting Quietly (A Turntable Friend)

Trois live

Belle & Sebastian à Pleyel, 07 février
Mahalia à la Maroquinerie, 06 novembre
Courtney Barnett au Casino de Paris, 07 novembre

Un livre

ALAN MOORE, Jerusalem (Inculte)

Un film et une série

A QUIET PLACE de John Krasinski
THE AMERICANS (saison 6) de Joe Weisberg

Un espoir

Le nouvel album de Séverin

#22 : Fred Valion

Illustration : Pauline Nunez
2018 en 17 chansons qui ont changé ma vie.

1.    Unmade, THOM YORKE – Suspiria OST

2.    Mellow, MARLIN’S DREAMING – Talk on/Commic

3.    The Poison Tree, THE GOOD, THE BAD & THE QUEEN – Merrie Land


4.    Saint, BLOOD ORANGE – Negro Swan

5.    Roaming Star, GRAHAM COXON – The End of The F***ing World (Original Songs and Score)

6.    Blue Lights, JORJA SMITH – Lost & Found

7.    Dust on Trial, SHAME– Songs of Praise

8.    Small Victories, THE LEMON TWIGS – Go to School

9.    Let’s Find An Out, SNAIL MAIL – Lush

10. Move Me, MURA MASA, Octavian

11. Losing Myself, THE GOON SAX – We’re Not Talking

12. Deep Pockets, GAZ COOMBES – World’s Strongest Man

13. Need a Little Time, COURTNEY BARNETT – Tell Me How You Really Feel

14. When You Die, MGMT – Little Dark Age

15. La Vie de Mes Sœurs, THOUSAND – Le Tunnel Végétal

16. Lost, NATALIE PRASS – The Future and The Past

17. Losing You, BOY PABLO – Soy Pablo EP

#21 : Alexandre Gimenez-Fauvety

Illustration : Pauline Nunez

En compulsant les tops ici et là, j’ai eu plus que jamais, en cette fin 2018, l’impression d’un décalage entre les media (en particulier anglophones) et moi. Ont-ils encore le courage et l’envie de défendre l’alternative ou sont-ils paralysés par le FOMO, zeitgeist de notre époque ? Les bons disques « indés » n’ont pourtant pas manqué dans cette année intéressante à bien des égards.  Si je devais l’analyser objectivement, deux phénomènes me semblent importants à noter dans notre chère sphère au niveau international : l’émergence d’une génération de jeunes autrices indie nord-américaines (Snail Mail, Soccer Mommy) et le succès du punk britannique (Idles et Shame). En France la scène indépendante se porte aussi très bien, en témoigne le succès de l’album d’En Attendant Ana, les excellents disques de Tahiti 80, Lemon Swell, Stratocastors mais aussi Brace ! Brace !, La Mirastella, La Houle ou Initials Bouvier Bernois. L’année 2019 devrait être tout aussi exaltante, comme en témoigne ma riche liste d’espoirs. Nous sommes dans une chouette dynamique avec une réappropriation passionnante de notre langue par de nombreux groupes attachants (Tôle Froide, Balladur, Carambolage, Entracte Twist, François Club, etc.). De mon coté, dans une perspective plus individuelle, mon année a été marquée par des disques groovy (Jerry Paper, Klaus Johann Grobe, 79,5, Louis Cole, Stimulator Jones, etc.) : peut-être un besoin de retrouver à travers la musique une certaine langueur dans une actualité souvent anxiogène.

Albums

JERRY PAPER, Like a Baby (Stones Throw)
KLAUS JOHANN GROBE, Du Bist So Symmetrisch (Trouble In Mind)
SUNSET ROLLERCOASTER, Cassa Nova (autoproduit)
ASTRONAUTS ETC., Living In Symbol (Company)
79,5, Predictions (Big Crown)
CRACK CLOUD, Crack Cloud (Tin Angel Records)
STRATOCASTORS, Living Under the Johnny Vacances (Et Mon Cul c’est du Tofu?/Degelite)
TAHITI 80 The Sunsh!ne Beat Vol. 1 (Human Sounds)
EN ATTENDANT ANA, Lost & Found (Buddy)
LEMON SWELL, Je m’appelle Lucas (La Souterraine)

Singles

NATALIE PRASS, Short Court Style (ATO Records)
BALLADUR, Il y a des choses qu’on oublie pas (Le Turc Mécanique)
EGGS, I feel in love with a girl she didn’t even know I exist so I formed my own band (Howlin Banana/Hellzapoppin)
79.5, Terrorize My Heart (Disco Dub Version) (Big Crown)
TAHITI 80, Natural Reaction (Human Sounds)
LOUIS COLE, F It Up (Brainfeeder)
ANEMONE, Sunshine (Back to the Start) (Luminele)
STIMULATOR JONES, Give My All (Stones Throw)
ADRIEN LEGRAND, Notre Amitié (Objet Disque)
ULTIMATE PAINTING, Not Gonna Burning Myself Anymore (Bella Union)

Rééditions

TÔLE FROIDE, Tôle Froide (Le Turc Mécanique / AB)
ADAM’S RECITAL, There is no place for lonely people (Cameleon)
THE SOMETHINGS, Le Monde Infernal (Cameleon)
DIDIER BOCQUET, Eclipse (Cameleon)
RICHARD PINHAS, Chronolyse (Bureau B)

Documentaire

Hip Hop Evolution

Concerts

Crack Cloud @ le Supersonic, Paris
Forever Pavot @ la Maroquinerie, Paris
Tahiti 80 @ la Maroquinerie, Paris
Balladur @ le Supersonic, Paris
Klaus Johann Grobe @ Olympic Café, Paris
Carambolage @ le Supersonic
, Paris

Espoirs

Pastel Coast
Police Control 

Biche
EggS
Carambolage
Adrien Legrand
François Club
Entracte Twist

Born Idiot
Sex Sux

#20 : Maxim Cain

Illustration : Pauline Nunez
Albums :

ZACH PHILLIPS, How To Slip Away (Feeding Tubes Records)
GO KART MOZART, Mozart’s Mini-Mart (West Midlands Records)
JOHN MAUS, Addendum (Ribbon Music)
AUTECHRE, NTS Sessions 1-4 (Warp)
EARL SWEATSHIRT, Some Rap Songs (Tan Cressida)
GERARD MANSET, À Bord Du Blossom (Parlophone)

Dessin : Maxim Cain
Morceaux ci-dessus (avec liens d’écoute) :

ALAIN BASHUNG, Immortels
CASS MCCOMBS, Sleeping Volcanoes
KODAK BLACK, When Vultures Cry
YHUNG T.O, Leave The Hood
DABOII, Onna Gang
SHY GLIZZY, Loving Me
SHECK WES, Never Lost
VALEE, Seen Her Before / Vlone
DEAN BLUNT, Beefa
CHIEF KEEF, Glatt
OMB PEEZY, Soulja Life Mentality
QUE ALMIGHTY & JUNGLE MUZIK LARRY & 70TH STREET CARLOS, Dont Start No Shit
FUTURE feat. Young Scooter, Doh Doh
ELLA MAI, Boo’d Up
METRO BOOMIN & 21 SAVAGE, Don’t Come Out The House
BOOSIE, I Know How To Have A Good Time

Rééditions :

FELT

#19 : Thomas Schwoerer

Illustration : Pauline Nunez
Albums :

LOW, Double Negative (Sub Pop)
ONEOTHRIX POINT NEVER, Age Of (Warp)
ROBYN, Honey (Konichiwa/Interscope Records)
NENEH CHERRY, Broken Politics (AWAL/PIAS)
SOPHIE, Oil of Every Pearl’s Un-Insides (MSMSMSM/Future Classic)
FLAVIEN BERGER, Contre-temps (A+LSO)
DOMENIQUE DUMONT, Miniatures De Auto Rhythm (Antinote)
AGAINST ALL LOGIC, 2012-2017 (Other People)
BEAK>, >>> (Invada)
BLOOD ORANGE, Negro Swan (Domino)
NORA KEYES & THE ROCOCO JET, Mysterium Tremens (Godyssey)
TIRZAH, Devotion (Domino)
YO LA TENGO, There’s A Riot Going On (Matador)

+

ELIANE RADIGUE, Œuvres électroniques (INA/GRM)

#18 : Christophe Basterra

Illustration : Pauline Nunez

“Alors, 2018, c’était comment ?” Autant l’avouer d’entrée : pour moi, ce fut un peu comme une (petite) résurrection – c’est vrai, une (petite) réserection également, et pas seulement parce que j’ai vu un très bon concert d’Etienne Daho sous un soleil de plomb, lors du festival Europavox à Clermont. Une résurrection parce que j’ai enfin revu en chair et en os (en bières et en noces surtout, d’ailleurs) des amis devenus « virtuels » depuis trop longtemps ; parce qu’en montant à Paris, j’ai pu gouter à nouveau à la cuisine italienne de Pippo « Brouche Shpringchtine » Il Sorriso et bu des verres au Pop In, le temps d’une réunion de rédaction improvisée pour Section26. Parce que, après avoir perdu le gout de certaines choses – comme chantait (presque) Jean-Louis Murat –, j’ai eu à nouveau l’envie d’écrire pour défendre et partager une chanson, un disque, un artiste. Parce que j’ai pu me rendre trois fois à Biarritz, où j’ai croisé Bernard Lenoir (conte d’été) et surtout, face au Rocher de la Vierge (ça ne s’invente pas), Ruth Radelet des Chromatics (conte d’automne) – à qui je n’ai pas osé avouer que j’avais écrit un jour que sa voix tenait dans un mouchoir. Parce que ma fille a assisté à son premier concert (Jain, pour ceux que ça intéresse), sans moi certes mais avec des étoiles plein les yeux. Parce qu’en voiture, mon fils m’a demandé plusieurs fois de remettre l’intro de The Perfect Kiss de New Order (version album). Parce que, pour la première fois depuis 2010 (la trilogie Evening Hymns, Memoryhouse et Violens), j’ai multiplié les coups de cœur pour des nouveaux groupes qui sonnaient aussi bien que des vieux groupes (c’est un compliment), de Henry Nowhere (merci Lyonel) à Far Caspian, en passant surtout par les Australiens d’Ultracrush. Parce que j’ai eu la chouette sensation, en préparant quelques playlists pour Section 26 et ses lecteurs, de (ré)enregistrer ces cassettes que j’offrais à mes meilleurs amis ou (mieux) à ma petite amie. Parce que je me suis aperçu que l’une de mes chansons préférées de 2018, Passionfruit de Drake, était sortie en 2017 – ce qui n’est pas très important quand on sait que je passe mon temps à écouter des albums de 1967. Parce que je suis retourné voir des concerts. Parce que grâce à Dragon Rapide, j’ai découvert une salle géniale à Clermont, le Fotomat, où je rêve depuis d’organiser des surprises-parties. Parce que j’ai enfin pu voir The Plastic Invaders sur scène – avec le recul, je me dis que le concert fera peut-être date car nous étions aussi nombreux que pour les Jesus And Mary Chain aux Bains Douches en mars 1985. Parce que lors du Paris PopFest, Paul Kelly de Birdie et moi-même étions d’accord au sujet de Go-Kart Mozart : “Ils sont prêts à jouer dans les stades !” Parce que j’ai cru qu’à Lyon, pendant plus d’une heure d’une prestation recueillie, The Apartments jouait pour moi seul – alors que nous étions plus de deux cents. Parce que pour la première fois depuis longtemps, j’écoute en boucle un album du début à la fin, le très beau Chemin Vert de Joseph Fisher qui, sur fond de musiques à l’accent américain, raconte des histoires qu’on est à peu près sûr d’avoir vécues nous-mêmes. Parce que pour la première fois depuis longtemps – depuis Haute Fidélité de Nick Hornby en vérité –, j’ai eu envie d’offrir à mes amis un roman contemporain – Éparse de Lisa Balavoine, qui parvient en racontant des fragments de son existence à raconter (une partie de) la nôtre. Parce que trente ans après, j’ai pu me rendre compte que le disque de Daniel Darc & Bill Pritchard me faisait toujours autant d’effet. Parce que, peut-être, il s’intitule Parce que

12 CHANSONS (+ 1)

ULTRACRUSH, Swimming (Autoproduit)
HINDS, British Mind (Lucky Number)
HENRY NOWHERE, Not Going Back (Autoproduit)
FAR CASPIAN, Let’s Go Outside (Dance To The Radio)
DRAGON RAPIDE, Bummed (See The Big Picture)
DOMINIQUE A, Le Temps Qui Passe Sans Moi (Wagram Music / Cinq 7)
ALONDRA BENTLEY, 45 Hours (Mont Ventoux)
GO-KART MOZART, When You’re Depressed (West Midlands Records)
CHEVALREX, Face Aux Mouvements Du Cœur #1 (Vietnam)
JEANNE ADDED, Mutate (Naïve)
JEAN-LOUIS MURAT, Je Me Souviens (PIAS)
PIROSHKA, Everlastingly Yours (Bella Union)
MILJON, What Does It take (Autoproduit)

1 ALBUM

JOSEPH FISHER, Chemin Vert (Autoproduit – Microcultures)

2 RÉÉDITIONS

DANIEL DARC & BILL PRITCHARD, Parce Que… (PIAS)
FELT [L’intégrale] (Cherry Red Records)

2 CONCERTS

GO-KART MOZART, Paris Pop Fest, 22 septembre
THE APARTMENTS, Le Sonic, Lyon, 12 octobre

1 LIVRE

LISA BALAVOINE, Éparse (JCLattès)

1 LIVRE DE PHOTOS

All About Saul Leiter (Textuel)

1 SÉRIE

Le Bureau Des Légendes, Canal+

1 PHOTO

« Je rêve de Biarritz en été »

Photo : Christophe Basterra
1 COURT-MÉTRAGE HAÏKU

Gabrielle B, Les feuilles

1 ESPOIR

Il tient en deux mots : un prénom et un nom.

#17 : Sylvain Collin

Illustration : Pauline Nunez

Je n’ai toujours pas réussi à franchir le Rubicon d’une discothèque entièrement dématérialisée. Du coup, mon projet de lifestyle minimaliste prend du retard. Il n’y a plus de place chez moi depuis longtemps mais je continue de rapporter CD et vinyles. Pire encore, j’achète des disques que je possède déjà en double, voire en triple. Et tandis que la rue lance des pavés, je célèbre 1968 autrement : avec les rééditions de Forever Changes, Electric Ladyland, Anthem to the Sun, The Village Green Preservation Society ou les fascinantes Esher Demos du « Double Blanc ». Kick Out The Jams aussi a soufflé 50 bougies. Pour l’occasion, brother Wayne a monté un supergroupe avec des membres de Fugazi, Faith No More et Soundgarden pour rejouer sur scène l’intégralité de l’un des plus grands disques de rock de l’histoire. Rien ne n’aurait pu me faire rater le concert parisien de MC50, qui se révéla finalement irréel, jouissif et pathétique à la fois. Autre anniversaire, celui de Southern Lord : le label de Greg Anderson à ressorti plusieurs de ses références historiques, comme le LP heavy metal de Dave Grohl, Probot, ainsi que White1 et White2 de SunnO))), qui lui aussi fête 20 ans. Les Italiens de Heavy Psych Sounds, quant à eux, n’attendent pas d’occasions spéciales pour rééditer des bons disques de fuzz rock. Ils ont ainsi récupéré les vieux enregistrements de Nebula sortis chez Sub Pop