Ne vous fiez pas aux apparences. Derrière leur esthétique délicieusement surannée et leurs looks de Shangri-Las modernes, les filles de Tchotchke ont des compositions aussi solides que leur sens de l’humour et des harmonies vocales. Découvertes en Europe en première partie des Lemon Twigs, le trio est né pendant le confinement des cendres de Pinky Pinky qu’Anastasia Sanchez (chant, voix) et Eva Chambers (basse) avaient formé à Los Angeles en 2017. Continuer la lecture de « Tchotchke : Poupées de son »
C’était il y a un peu plus d’un an : son premier single Echec Et Mat, dans lequel elle se présente comme « une meuf kétaminée pâteuse pétasse » avant de se comparer à « la pom’pote au fond du frigo que personne n’ose plus toucher ni jeter » fait le tour des réseaux et médias avec son clip tourné devant un Buffalo Grill. Aujourd’hui ? Elle remplit l’Olympia et publie son albumIndustry Plant(comprendre : la chanteuse que l’industrie a placé là). Et histoire d’ironiser au sujet des critiques qu’elle reçoit, elle y répond dans son premier titre Yes : « Y’a des gens qui me traitent de silicone mais Billy Joel ! ». Sans tomber dans un album dédié à ses haters, elle les bénira simplement de « sa pop d’usine ».Continuer la lecture de « « Oui, c’est qui ? C’est Miki » »
La procrastination et la dérive au gré des plates-formes de streaming peut parfois mener à des contrées enchantées dont on ne soupçonnait même pas l’existence. Alors que je suivais nonchalamment le courant de l’algorithme, je me suis ainsi tout récemment retrouvé sur l’île merveilleuse de Misha Panfilov, multi-instrumentiste surdoué, aussi prolifique qu’inspiré. Dans la vraie vie ce petit génie estonien qui réside au Portugal n’a cessé de sortir des disques à un rythme frénétique, sans pourtant que la qualité de ses productions n’en soit le moins du monde affectée. Continuer la lecture de « Inclassable Misha Panfilov »
Ishka Edmeades (Tee Vee Repairmann, Set-Top Box, Gee Tee…) / Photo : DR
Depuis une quinzaine d’années, l’Australie semble être devenue la nouvelle Terre Promise du rock and roll. Les gamins y forment incessamment de nouveaux groupes et courent voir des concerts, chose surprenante quand ont voit qu’en France par exemple, le rock est devenu une affaire de quadras, voire de quinquas, au vu de tous les chauves et des têtes chenues qu’on observe majoritairement dans les salles de concerts et même sur scène. En Australie, quelques formations et artistes des antipodes comme Tame Impala, Courtney Barnett et plus récemment Amyl and the Sniffers ont réussi à connaître un véritable succès mondial, parvenant à s’extraire de l’étroit microcosme indie. Les jeunes painques boutonneux à mulets de The Chats sont même parvenus à réaliser l’invraisemblable en atteignant plus de 20 millions de vues sur Youtube avec leur hilarant hit Smoko. Continuer la lecture de « Ishka Edmeades (Tee Vee Repairmann) : heureux comme un punk en Australie »
Ryder the Eagle, c’est le projet solo d’un jeune globe-trotter français d’origine toulousaine, ancien membre de The Dodoz et Las Aves, aujourd’hui domicilié à Mexico City, qui s’est produit à peu près partout, de Los Angeles à Zagreb en passant par Londres ou Paris. Ce lonesome cowboy utilise sans pudeur sa musique comme une sorte de journal intime pour tous, lui permettant d’exorciser ses déboires sentimentaux avec un lyrisme qui ne peut laisser indifférent. Avec trois titres-phares, Die on My Bike, Wounded Bird et American Dream, ce crooner-vagabond insolemment doué a montré qu’il savait écrire des morceaux d’une rare beauté, voués à s’installer en nous pour ne plus en sortir. Mais ce garçon ne se contente pas d’être un très bon songwriter, il s’impose aussi comme un impressionnant performer. Continuer la lecture de « Ryder The Eagle, lonesome cowboy »
Une des têtes pensantes du groupe krautrock Neu! revient sur son parcours à l’occasion de son passage au festival BBMix
Michael Rother / Photo : Vittoria Maccabruni
Il y a cinquante ans, le guitariste Michael Rother et le batteur Klaus Dinger, fraichement échappés de Kraftwerk, enregistraient sous le nom de Neu! l’un des albums les plus importants de toute l’histoire du rock, un disque dont les inventions saisissantes et la radicalité formelle permirent notamment d’imposer, avec force et autorité, l’idée d’un krautrock visionnaire, hypnotique et très physique qui n’a jamais cessé d’apparaître comme l’une des principales sources d’inspiration de certains des plus fameux acteurs du rock de ces cinq dernières décennies. Pour célébrer cet anniversaire, le label Grönland ressort l’intégrale du duo (les trois albums, tous indispensables, plus les désormais inévitables sessions de 1986) augmentée d’un album de remixes inédits impliquant Mogwai, The National, Idles ou Yann Tiersen, entre autres, le tout présenté dans un somptueux coffret orange. Continuer la lecture de « Un monde nouveau »
Retour sur ce fascinant laboratoire d’images via une rétrospective à L’Étrange Festival à Paris
Super Discount, « Le Patron Est Devenu Fou réalisé » en 1997 par Marie de Crécy pour Le Village
Ce vendredi 16 septembre, L’Étrange Festival, dont c’est la 28ème édition, propose dans le cadre du Forum des Images à Paris, une grande soirée rétrospective autour de la société de production Le Village. De la fin 1989 à 2004, ce “laboratoire d’expérimentation visuelle appliqué à l’art marchand, non subventionné” selon son responsable Charles Petit (1) a été l’origine de programmes courts novateurs pour Canal+ comme L’Œil du cyclone ou des vidéoclips musicaux, parmi lesquels Le Patron Est Devenu Fou de Super Discount ou bien The Child d’Alex Gopher. C’est tout sauf un hasard si L’Étrange Festival rend hommage avec une soirée Le Village à Charles Petit, disparu en février 2022 : parmi les organisateurs du festival figurent Alain Burosse, ex-responsable des programmes courts de Canal+, son alter ego Pascale Faure, Frédéric Temps, réalisateur lié au Village, et Marc Bruckert, associé jusqu’au début des années 2000 de Charles Petit. Continuer la lecture de « Les clips au milieu du Village »
Depuis 15 ans, Mikhaël Hers truffe ses films de pépites pop et de références à nos groupes préférés. État des lieux avec l’intéressé.
Mikhaël Hers
Tenter lors d’une interview de déterminer de mémoire, sans béquille digitale, et durant plus de trois minutes quelle est la référence (Sarah 16 ? Sarah 22 ? 30 ?) duYou Should All Be Murdered de Another Sunny Day n’est pas le genre d’exercice auquel on s’adonne avec régularité. On pourrait à l’extrême rigueur se livrer à cette passe d’armes avec un confrère journaliste ou une fan avinée au comptoir du Motel. Mais pas avec un cinéaste, français qui plus est. C’est pourtant la seconde fois que cette question existentielle nous anime, Mikhaël Hers et moi. Continuer la lecture de « Les chansons bleues »