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Selectorama : A Night With The Apartments

Je crois pouvoir écrire que j’ai assité à pas mal de concerts, depuis le 18 aout 1980 – The Police (avec XTC, The Beat et Skafish) au Stade Aguiléra de Biarritz. Parmi ceux qui restent dans mes meilleurs souvenirs, je crois que je peux en citer au moins deux donnés par The Apartments – enfin, un livré sous le seul nom de Peter Milton Walsh, à l’Européen, non loin de la Place de Clichy, un 11 novembre 2009 ; l’autre sous le nom du groupe qu’il incarne depuis plus de quarante ans – le premier single, The Return Of The Hypnotist, a paru en 1979 –, dans ce lieu magique (vous l’avez ?) baptisé Les Vinzelles, également en novembre, le 4 très précisément. C’était en 2023.

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The Apartments, le casino de la vie

Peter Milton Walsh
Peter Milton Walsh / Photo : DR

Enseigner, c’est répéter. Partager aussi, je crois. Oui, répéter encore une fois que des chansons peuvent changer le cours d’une vie – et de plusieurs, même. Alors, répéter aussi cette phrase que j’ai piquée (moi, quand je vole, je l’avoue dans la foulée) à feu John Peel au sujet des albums de The Fall de feu (décidément…) Mark E. Smith : un nouvel album de The Apartments est toujours un peu meilleur que le précédent et forcément un peu moins bon que le suivant. Cette vérité, Peter Milton Walsh s’amuse à lui donner corps depuis 1985 et la sortie en presque catimini (mais avec une pleine page signée Bayon dans un Libération de janvier 1986 – oui, toujours citer ses sources et ses inspirateurs / inspirations) d’un premier LP baptisé The Evening Visits… And Stays For Years. Paru dans les derniers soupirs de l’année 2025, That’s What the Music is For perpétue donc avec une élégance rare et une sobriété exaltante la tradition. Continuer la lecture de « The Apartments, le casino de la vie »

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Emmanuel Chirache, Rock Australien, Un Continent en 100 disques (Le Mot Et Le Reste)

Avec une régularité exemplaire, l’éditeur Le Mot Et Le Reste explore la musique que nous aimons à travers les livres. À chaque saison, de nouveaux ouvrages viennent ainsi compléter le très riche catalogue de la maison française. Dans cette offre étoffée, peu d’ouvrages sont finalement consacrés à des pays spécifiques. Notre camarade Rosario Ligammari avait proposé un ouvrage autour de la pop italienne en 2021 (Buongiorno Pop) et voici donc Emmanuel Chirache avec une sélection de disques australiens pas piquée des hannetons. L’intéressé n’est pas à son coup d’essai, puisqu’il y a dix ans, il publiait un premier ouvrage sur les reprises dans le rock (Covers, une histoire de la reprise dans le Rock2015). Continuer la lecture de « Emmanuel Chirache, Rock Australien, Un Continent en 100 disques (Le Mot Et Le Reste) »

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Exek décolle chez DFA

Exek / Photo : DR
Exek / Photo : DR

Il y a certains groupes que l’on suit sur la durée et dont on est rarement déçu, Exek est l’un d’entre eux. J’ai découvert leur musique il y a quasiment dix ans en Australie, sur les conseils avisés du disquaire Polyester Records fermé depuis. Quelle claque, une anomalie, moite et motorique. Libres dans leur façon d’imaginer la musique et dans le mélanges des influences. Écoutez donc Baby Giant Squid (2021) le long de ses 17 minutes, et ce sentiment de lévitation vous emportera. Continuer la lecture de « Exek décolle chez DFA »

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Nathan Roche, 35 rue du Théâtre (Celluloid)

France, terre d’asile. J’ai lu, je ne sais plus où (ou alors mon cerveau malade l’a inventé) un truc marrant : les dauphins que les hommes peuvent approcher sont parait-il, les parias de leur société. Ils ont été rejetés par leur communauté de dauphins, et c’est pour ça qu’ils recherchent de la compagnie auprès des hommes. Sinon, un vrai dauphin dauphin, intégré, impossible de l’approcher, tintin, walou. Je ne sais plus où je voulais en venir, si, bon, appliqué aux humains, c’est un peu bizarre mais ça marche. Une copine née au Japon est venue habiter en France, parce qu’elle ne supportait plus la façon dont les hommes là-bas la traitaient. Elle se sent vachement plus française, en fait. Elle est batteuse de jazz et s’épanouit loin des bureaux funestes aux mains baladeuses de son pays. France terre d’asile donc. Nathan Roche, on peut le voir comme ça, il perpétue cette tradition de réfugié rock’n’roll, de gars plus (re)connu chez nous que chez lui. On peut remonter aux jazzmen qui venaient passer ici un temps de liberté, alors que leur pays, les States, avaient plutôt une façon raciste de les persécuter. Ou moins loin dans le temps, une maison de disques comme New Rose qui accueillait les œuvres de parias bien aimés ici, Arthur Lee, Alex Chilton, Bruce Joyner, la liste est longue, en phase terminale de leur carrière. Bon, c’est moins tragique pour Nathan, mais il y a quelque chose de cela. Continuer la lecture de « Nathan Roche, 35 rue du Théâtre (Celluloid) »

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Selectorama : Program

Program / Photo : DR
Program / Photo : DR

Nous avions l’an dernier chez Section26 coiffé d’une couronne de lauriers l’excellent rocker australien Ishka Edmeades  a.k.a. Tee Vee Repairman et évoqué à l’occasion le nombre pléthorique de groupes aussie qui nous avaient ravi les esgourdes depuis une bonne quinzaine d’années, notamment des innombrables formations de Al Montfort (Terry, UV Race, Total Control…) en passant par Parsnip, The Goon Sax, The Shifters, The Chats, Gee Tee, Rat Columns, R.M.F.C. et autres Eddy Current Suppression Ring. Nous avions bien sûr également évoqué les magnifiques Stroppies, aujourd’hui en mode pause, mais nous avions omis de mentionner l’existence du quatuor diablement cool de Melbourne nommé Program, qui avait pourtant livré en 2019 Show Me, un excellent premier album, et transformé brillamment l’essai avec un second, It’s A Sign en 2024, toujours sur le génial label Anti Fade Records. Continuer la lecture de « Selectorama : Program »

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Robert Forster, Strawberries (Tapete Records)

Robert Forster, Strawberries (Tapete)On trouve encore, parfois, un bonheur ineffable à découvrir les étapes successives de la discographie d’un auteur que l’on aime et que l’on suit depuis l’adolescence. Particulièrement quand elles semblent désormais se succéder comme les phases régulières d’une respiration. Et donc d’une preuve de vitalité artistique – de vie, tout simplement. On se prend ainsi à guetter les moments alternés du souffle. Après la tension contractée et dramatique qui émanait de The Candle And The Flame (2023) – profondément marqué par l’angoisse née de la maladie de sa femme, Karin Baümler –, arrive heureusement le moment de l’expiration relâchée et du soulagement. La chanson qui donne son titre au neuvième album solo de Robert Forster constitue, à cet égard, le seul point de continuité explicite avec les tonalités intimes de l’épisode précédent. Continuer la lecture de « Robert Forster, Strawberries (Tapete Records) »

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Ishka Edmeades (Tee Vee Repairmann) : heureux comme un punk en Australie

Ishka Edmeades (Tee Vee Repairmann, Set-Top Box, Gee Tee...) / Photo : DR
Ishka Edmeades (Tee Vee Repairmann, Set-Top Box, Gee Tee…) / Photo : DR

Depuis une quinzaine d’années, l’Australie semble être devenue la nouvelle Terre Promise du rock and roll. Les gamins y forment incessamment de nouveaux groupes et courent voir des concerts, chose surprenante quand ont voit qu’en France par exemple, le rock est devenu une affaire de quadras, voire de quinquas, au vu de tous les chauves et des têtes chenues qu’on observe majoritairement dans les salles de concerts et même sur scène. En Australie, quelques formations et artistes des antipodes comme Tame Impala, Courtney Barnett et plus récemment Amyl and the Sniffers ont réussi à connaître un véritable succès mondial, parvenant à s’extraire de l’étroit microcosme indie. Les jeunes painques boutonneux à mulets de The Chats sont même parvenus à réaliser l’invraisemblable en atteignant plus de 20 millions de vues sur Youtube avec leur hilarant hit Smoko. Continuer la lecture de « Ishka Edmeades (Tee Vee Repairmann) : heureux comme un punk en Australie »