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Sing-Sing, l’hymne à la joie

Sing Sing / Photo : Brian David Stevens, 1999
Sing Sing / Photo : Brian David Stevens, 1999

J’en ai parfois un peu marre de cette mémoire qui va et vient, de ces souvenirs pas toujurs très nets accompagnés de flashes d’une précision absolue. C’est ainsi que bizarrement, je me rappelle très précisément d’avoir poussé la porte de Il Sorriso, la cantine de la RPM canal historique (oui, j’aime insister sur le canal historique) sise rue du Repos, avec juste derrière moi Lisa et Emma – et Mig aussi, que je connaissais déjà plutôt bien puisque l’homme avait été batteur de Moose, un groupe que j’ai vu tant de fois en concert que je serai incapable de me rappeler de chacun, et deux autres musiciens dont j’ai oublié le nom. Nous étions en décembre, à une époque où décembre rimait encore avec frimas, et sur la foi d’un single – car oui, nous étions souvent comme ça à la rédaction : une chanson suffisait pour qu’on ait envie de se battre pour un groupe dont à peu près tout le monde se contrefichait et pourtant… Continuer la lecture de « Sing-Sing, l’hymne à la joie »

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Hood, la famille Adams

Hood / Photo : Sandrine Champdavoine / Les frères Adams, 1998
Hood / Photo : Sandrine Champdavoine / Les frères Adams, 1998

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Black Box Recorder : noir, c’est noir

Black Box Recorder, Londres 1998 / Photo : Ramón Escobosa
Black Box Recorder, Londres 1998 / Photo : Ramón Escobosa

Le temps passe toujours un peu plus vite mais il reste quand même quelque chose de rassurant : se dire que finalement, tout (oui, ou presque) reste possible. En tout cas, c’est à peu près (oui, ou plutôt très exactement) ce que j’ai pensé quand j’ai appris un peu plus tôt cette année la reformation de Black Box Recorder le temps d’abord d’un concert londonien, puis d’un concert parisien – ce vendredi 24 septembre, mais c’est complet je crois. Aujourd’hui, je ne suis pas certain que tout le monde se souvienne de Black Box Recorder. Mais dans les bureaux de la RPM canal historique, la découverte de l’existence d’un tel projet avait sans doute été fêté par une semaine d’apéritifs – non pas parce que dans ce trio mixte, figurait le spécialiste de l’humour vache et noir, Luke Haines, enfant presque chéri des critiques  (de part et d’autre de la Manche, mais surtout sur nos rivages) qui avait su faire sien l’art du contre-pied : d’un disque sous très forte influence The Go-Betweens à un album produit par l’ascétique Steve Albini, il n’y avait pour lui qu’un pas. Mais dans les locaux de la RPM, c’est surtout la présence de John Moore qui avait provoqué une certaine excitation. Continuer la lecture de « Black Box Recorder : noir, c’est noir »

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Richard Hawley, au nom du père

Richard Hawley / Photo : Steve Gullick
Richard Hawley / Photo : Steve Gullick

La première fois, c’était au printemps 2001, au téléphone, dans les bureaux de la RPM : nous avions reçu le mini-album de ce gars dont le nom nous disait bien quelque chose sans savoir où nous l’avions croisé – le principal intéressé nous a rafraichi la mémoire en racontant ses excès avec Longpigs : les sept chansons avaient un gout d’avant, à l’instar d’une pochette au charme suranné et de cette voix à la gravité rassurante. L’homme n’allait pas chômer, en réalisant quelques mois plus tard un premier album aussi magnifique que son titre pouvait le laisser présager, Late Night Final. Nous nous sommes dits alors qu’avec Richard Hawley, ce serait pour la vie – et entre nous, nous n’avions pas vraiment tort. Nous avons alors souvent croisé sa route, comme pour cette interview croisée avec son ami Jarvis Cocker, attablés dans un PMU de la rue Amelot, quelques heures avant que les deux acolytes ne passent des disques dans la cave du légendaire Espace Couleur… Continuer la lecture de « Richard Hawley, au nom du père »

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Migala, le feu à sa vie

Photo : Philippe Lévy / Migala, scrutant le ciel de Majorque

Rappel des faits : une ville, Madrid – l’un des creusets les plus fascinants des explosions culturelles de la fin du XXe siècle (et je n’ai peur ni de le dire ni de l’écrire, qui n’a rien à envier à Londres, New York, Manchester, et surtout Paris) ; un nom littéraire, emprunté à une nouvelle de l’écrivain argentin Julio Cortazar ; un groupe-polygone, deux fratries accompagnées par deux amis, soit six musiciens fiers de leur statut revendiqué d’“amateurs” et unis par un  “équilibre instable”. Et une filiation nord-américaine qu’il n’a pas été difficile d’établir : les deux reprises au générique d’un premier album en noir et blanc, de sa pochette jusqu’à ses arrangement, Diciembre 3AM : Fade Into You de Mazzy Star et Moon River d’Henry Mancini ; et bien sûr, ses accointances avec le très respecté Will Oldham – histoire d’alimenter les débats de fin de nuit, je pourrais préciser ici que pour ma part, ce que je préfère de lui, c’est la photo qu’il a prise pour la pochette du Spiderland de Slint –, que nos amis espagnols accompagnaient parfois sur scène dans la Péninsule… Moins de dix ans d’existence et cinq albums – avec pour certains des destins internationaux : Labels et PopLane pour la France, Sub Pop aux États-Unis. Voilà pour les présentations. Continuer la lecture de « Migala, le feu à sa vie »

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Edwyn Collins, l’adieu aux armes

Edwyn Collins / Photo : DR
Edwyn Collins / Photo : DR

Le 8 octobre dernier – vingt ans après les deux AVC qui l’ont rendu handicapé mais jamais à court d’idées –, il est monté pour la dernière fois sur scène dans sa Grande-Bretagne natale. En tout cas, aucun signal ne semble passer au vert pour une éventuelle venue sur le Vieux Continent, mais si tel était le cas, je crois qu’on serait quelques-unes et uns (au hasard, Pascal Blua et Ibon Errazkin en tête) bien décidés à parcourir plusieurs kilomètres pour le (re)voir. Edwyn Collins est pour certaines et certains d’entre nous l’un des acteurs essentiels de cette période où la musique s’est mise à prendre une part bien trop (?) importante dans nos vies – Michel Valente me prête une déclaration fracassante à ce sujet, dans laquelle il serait aussi sujet de foot et de filles, mais je crois qu’il affabule –, une période où il arrivait souvent que nous découvrions un groupe par ses photos, ses interviews ou les mots qu’écrivaient des journalistes britanniques à leur sujet – c’était souvent la course chez New Rose le samedi après-midi pour acheter le dernier exemplaire du Sounds, du NME ou du Melody Maker qui restait de l’arrivage du jeudi précédent (je crois que c’était le jeudi). Continuer la lecture de « Edwyn Collins, l’adieu aux armes »

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Playlist : Tous les chemins mènent à Saint Etienne

Saint Etienne / Photo : Paul Kelly
Saint Etienne / Photo : Paul Kelly

Je l’ai déjà maintes fois dit / écrit / crié : Saint Etienne reste pour moi l’incarnation même de l’une des plus grandes injustices de l’histoire de la pop – moderne ou pas –, en particulier dans nos contrées, où leurs disques ont le plus souvent été accueillis dans une indifférence polie (oui, même le fameux Saint Etienne Daho de 1995) alors que sincèrement, ces gens-là ont écrit plus de singles que tous leurs contemporains réunis. Surtout, ils ont aussi mené leur barque comme ils auraient voulu que leurs groupes ou artistes favoris mènent la leur. Alors, ils ont laissé certaines de leurs compositions entre les mains d’artistes dont ils étaient fans, renoué avec les traditions de singles de Noël et des compilations offertes aux membres du club de fans ; ils ont continué d’imaginer des structures épatantes pour produire des groupes chers à leur cœur (Icerink, Royal Mint, Emidisc), composé pour (ou remixé) d’autres, offert des chansons à des petits labels  le temps de 45 tours vinyle précieux – à une époque où le mot même de « vinyle » était banni. Alors voilà, plutôt que de résumer tout cela en décalquant l’une des compilations consacrées à ce trajet exceptionnel (mention spéciale pour London Conversations), j’ai préféré piocher parmi ces titres qui font d’ordinaire le bonheur des collectionneurs. Pour mieux illustrer, non sans une pointe de prétention, le talent de Bob Stanley, Pete Wiggs et Sarah Cracknell, responsables de la bande originale rêvée de tous ceux qui pensent qu’une seule chanson peut changer le cours d’une vie.

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Serge Clerc, ligne claire

Comateens / Pochette : Serge Clerc
Comateens / Pochette : Serge Clerc

Si la passion pour la chose musicale nous a attrapés pendant les années 1980 – et en particulier lors de leur première moitié –, il était souvent impossible de dissocier le fond (les chansons) de la forme (ce qui les emballait, tout en nous emballant). Avec l’émergence du punk et des graphistes qui étaient tout à la fois voleurs et novateurs, certaines pochettes de 45 tours ou albums justifiaient à elles seules l’achat d’un disque – ou peu s’en faut. Dans un joyeux foutoir et avec un vent de liberté et de créativité qui allait faire voler en éclats la « chappe de plomb culturel » qui sévissait en France lors des années 1970, des dessinateurs allaient faire de leur 9e art un acteur majeur du monde de la musique et détruire les carcans. Continuer la lecture de « Serge Clerc, ligne claire »