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Sur la route avec Lush, raconté par Phil King et Emma Anderson

Je me souviens très bien de la première fois que j’ai vu Lush en concert. C’était dans la moiteur d’un été londonien, en plein mois d’aout de l’année 1990. Le groupe avait eu le droit à un encadré dans les pages “news” du NME – ou du Melody Maker – pour annoncer sous le pseudonyme de Hush un “concert secret” – qui ne l’était donc plus tellement –, la veille de sa participation à la garden party organisée par The Cure. Comme Phil King pour sa première fois, je ne me souviens plus vraiment des chansons jouées ce soir-là, mais très précisément de la présence de Lawrence dans la salle (et bien évidemment, je m’étais dit que c’était bon signe) avant de découvrir quelque temps plus tard que le groupe de première partie n’était autre que Moose… En revanche, je me souviens nettement mieux des autres fois où j’ai pu voir Lush sur scène, à la Cigale pour le festival des Inrocks 1991 – la fameuse soirée des noms de groupes en une syllabe –, au Bataclan pour la tournée Spooky, au New Morning en septembre 1994 – d’autant que Spring avait assuré la première partie –, au Divan du Monde et à Benicassim en 1996. Je ne pouvais qu’ignorer bien sûr que sous le soleil de la Costa del Azahar, ce serait la dernière fois que je verrai Lush en concert – et l’avant-dernière que je prendrai un polaroid du batteur Chris Acland, qui était venu passer après coup quelques jours de vacances en Bretagne et au festival de la Route du Rock. Avant de se donner la mort deux mois plus tard…

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Selectorama : Nervous Twitch

Nervous Twitch / Photo : DR
Nervous Twitch / Photo : DR

Voici déjà 3 ans ici-même, nous avions chanté les louages de Nervous Twitch, trio pop originaire de Leeds, toujours en (sur)activité et en pleine forme. Alors qu’ils viennent de boucler une tournée française de quatre dates, dont une à Paris dans le cadre de l’indispensable Paris Popfest, le groupe emmené par la chanteuse et bassiste Erin Van Rumble enchaîne actuellement les concerts en terre d’Albion pour défendre son tout nouveau disque Odd Socks, compilation de titres inédits. En 2022, les trois compères étaient déjà revenus en force avec Some People Never Change, sur lesquels on retrouve le tube History of the Wild West, le très pixiesien Forgive Yourself – qu’on croirait chanté par Joan Jett – où l’excellente You Never Let Me Down, qui rappelle les ballades enfantines que chérissaient jadis les Television Personalities, ou encore la touchante Like A Snowball. Continuer la lecture de « Selectorama : Nervous Twitch »

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Beak>, > > > > (Invada)

Les projets musicaux ultra-référencés, assumant leur inscription au sein d’un genre et de ses codes historiquement établis, ont ceci de particulier qu’ils évoluent sur une ligne de crête : à égale distance du maniérisme postmoderne et de la citation virtuose, l’écueil de l’érudition fétichiste et gratuite n’est jamais très loin. A ce titre, depuis une vingtaine d’années, l’héritage Kraut, au sens large, aura été très largement pillé, donnant naissance à une myriade de déclinaisons se situant sur ce point d’équilibre délicat. Continuer la lecture de « Beak>, > > > > (Invada) »

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XTC, Drums and Wires (Virgin, 1979)

XTC représente une certaine idée de la pop anglaise, altière, ouverte, moderne mais s’inscrivant concomitamment dans une certaine tradition locale. Le groupe de Swindon n’a en effet jamais cherché à masquer leur anglicité. Comme d’autres (Blur, Madness, The Kinks) ils en ont même fait une singularité. Après deux galops d’essai, les musiciens marquent les esprits avec le superbe Drums and Wires (1979), devenu depuis un classique de la période. Continuer la lecture de « XTC, Drums and Wires (Virgin, 1979) »

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Stuart A. Staples, une vie de chien (chanceux)

Stuart A. Staples / photo : Richard Dumas
Stuart A. Staples / photo : Richard Dumas

À quelques semaines de la sortie du nouvel album de son groupe de presque toujours – Soft Tissue, absolument merveilleux –, retour sur une rencontre londonienne avec Stuart A. Staples. Une rencontre d’il y a presque vingt ans. Le leader de l’un des groupes qui a donné l’envie à certaines et certains de se lancer dans l’aventure de la RPM s’échappait pour la première fois en solo. Alors, en un coup d’Eurostar et de métro londonien, je me retrouvais dans un quartier excentré de la capitale britannique, accueilli par ses soins. Sourire en coin et toujours disert, l’homme détaillait les péripéties qui l’avaient conduit jusque-là… Avec le recul, cet instant est en fait un tournant même si je crois que même lui ne le savait pas encore : cette parenthèse allait finalement clore une époque, autant dans sa vie de musicien – Tindersticks ne réapparaitrait que trois ans plus tard, dans une nouvelle incarnation – que personnelle – avec sa femme et ses enfants, il allait quitter son pays pour poser valises et instruments dans une petite bourgade du centre de la France… Mais avant ces révolutions, il nous avait raconté tout cela – et sans doute plus encore. Continuer la lecture de « Stuart A. Staples, une vie de chien (chanceux) »

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Selectorama : A. Savage

A Savage
A Savage / Photo : DR

Il semble un peu ailleurs, le temps où Andrew Savage brûlait les planches en tant que leader des new yorkais Parquet Courts. S’il reste un pied dans l’affaire, le natif du Texas a depuis quitté la Grande Pomme et continue sa carrière solo avec un second album paru l’an dernier chez Rough Trade, Several Songs about Fire. Isolé au cœur de l’Angleterre, il a travaillé avec Jack Cooper (Modern Nature, Ultimate Painting), avec en tête l’idée que « chaque chanson devait pouvoir se résumer à une guitare acoustique ». Cate Le Bon et John Parish à la production ont contribué à la naissance de ce disque, aussi proche de la terre et de l’intime que possible. Ce sera sans doute l’un des temps forts de la première soirée du festival Pies Pala Pop à Rennes ce week-end. Nous avions envie d’en savoir un peu plus sur le personnage à travers dix morceaux choisis et commentés par lui-même.

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Trente ans dans la vie d’une femme.

Au moment de la sortie du nouvel album de Beth Gibbons, Lisa Balavoine retrace le chemin qui la relie à elle.

Beth Gibbons, Lives Outgrown (Domino, 2024)
Pochette de l’album de Beth Gibbons, Lives Outgrown (Domino, 2024)

Il y a trente ans, je tombais amoureuse d’une femme. Je tombais amoureuse d’une voix, d’un timbre, d’un souffle, d’un murmure. Je tombais amoureuse d’une façon de se tenir debout, de s’arrimer au micro, de fermer les yeux, de porter un carré long, un jean noir et un tee-shirt noir aussi. Je tombais amoureuse d’une élégance rare, d’un phrasé singulier, d’une délicate modestie. Je tombais amoureuse de Beth Gibbons. Continuer la lecture de « Trente ans dans la vie d’une femme. »

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Cleaners From Venus, Midnight Cleaners (Man At The Off Licence, 1982)

Dans les années 80, le développement de la cassette audio conduit à une véritable révolution pour les musiciens. En l’espace de quelques années, il devient possible de s’enregistrer et distribuer sa musique depuis chez soi. Avant même l’avènement du P2P, la musique se diffuse à travers la poste, les fanzines et les passionnés de musique. Le groupe britannique Cleaners From Venus embrasse de toutes ses forces le do it yourself. En effet, la formation enregistre à la maison sur un 4 pistes puis propage la bonne parole à travers des K7 auto-éditées et des enveloppes pré-timbrées. Tout le monde peut copier la musique et même demander une pochette au groupe. Cette démarche, les Cleaners From Venus ne sont pas les seuls à l’avoir. Continuer la lecture de « Cleaners From Venus, Midnight Cleaners (Man At The Off Licence, 1982) »