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Stranger Teens #22 : « Every You, Every Me » par Placebo

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Certes, il y avait eu ce premier album. La pochette étendard avec le cliché qui rappelle les pochettes de Siamese Dream des Smashing Pumpkins et évidemment Nevermind de Nirvana. Les chansons comme 36 Degrees ou comme Nancy Boy. Mais il faut avouer qu’à part le beau gosse de Terminale littéraire ou quelques silhouettes longilignes aperçues au loin dans le foyer… Le premier Placebo avait fait un grand flop chez ceux qui quittaient le collège pour le lycée et qui donc vivaient le grand flip. Et puis on avait Oasis ou des disques de nu metal à acheter… Continuer la lecture de « Stranger Teens #22 : « Every You, Every Me » par Placebo »

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Stranger Teens #14 : « Long Hot Summer » par The Style Council

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

En fait, je n’ai rien à faire par ici. Car plus qu’une chanson, ce sont des mots qui ont « sauvé l’adolescence » qui était la mienne – une adolescence jusqu’alors d’une normalité confondante, albums Panini, bols de Nesquik au petit déjeuner (sans savoir pour Jacno évidemment), coups de soleil homériques, charts grand public, embonpoint perturbant et Biactol en tête. Des mots de Best, le mensuel ressuscité il y a peu sur fond de polémique, des mots qui m’ont donné envie d’en savoir plus, d’aller fouiner dans la discothèque de mon frère de neuf ans mon ainé, d’acheter un, puis deux, puis trois disques – car ces mots-là parlaient de groupes (The Jam  d’abord) et d’une culture (les mods, un monde et des codes complètement inconnus) n’ayant pas le droit de Cité à la radio française, radio qui était surtout celle de ma mère – Europe 1 et son vrai faux hit-parade de fin de journée. Des mots que j’ai lus à l’automne 1980 ou 1981, de retour d’une journée collège ponctuée par un arrêt à la Maison de la Presse de la rue de Montreuil, où j’ai choisi ce magazine-là sans même savoir pourquoi. Continuer la lecture de « Stranger Teens #14 : « Long Hot Summer » par The Style Council »

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Stranger Teens #12 : « Charlotte Sometimes » par The Cure

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

J’ai bien tourné le problème dans tous les sens, je voulais évoquer les deux premiers disques hors métal que j’ai acheté, tailler un édifice démesuré aux Cramps*, vous dire que The Cult c’était à découvrir un peu, ériger une stèle un peu nulle à Nikki Sixx ou Blackie Lawless, vous conter à quel point Seek And Destroy de Metallica avait changé la donne, tout, complètement remanié mon univers, à un point inimaginable. Et Paf, d’un coup, dans Stranger Things, ils nous font Master Of Puppets, extrait de l’album du même nom et qui tombe précisément dans cette période frondeuse molle. Beaucoup. Trop. Facile. Not it, am afraid. Continuer la lecture de « Stranger Teens #12 : « Charlotte Sometimes » par The Cure »

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Nick Power, Caravan (AV8 Records)

Enregistré dans une caravane, le premier disque solo de Nick Power des The Coral est publié ces jours-ci pour la première fois en physique via AV8 Records. Un excellent prétexte pour évoquer de nouveau ce joli disque sorti en 2017.

De 2002 à 2007, les The Coral ont enregistré cinq albums. Un disque par an (si les mathématiques ne nous trompent pas). Et quels disques… Sans l’arrogance des Gallagher et sans la malchance des Head, ce groupe de Hoylake a permis aux fans d’Oasis de sortir des années 90 et aux adolescents des années 2000 de retourner dans le passé avec quelques références dans les poches. Mais quel était le secret de jeunesse de ces Scousers ? Comment expliquer ce rythme effréné ? Continuer la lecture de « Nick Power, Caravan (AV8 Records) »

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Stranger Teens #8 : « The Rockafeller Skank » par Fatboy Slim

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.


Noël 1998, je suis à la FNAC Montparnasse avec un chèque cadeau d’entreprise. J’hésite entre plusieurs disques, dont un album de « techno » plutôt terrifiant. Mon choix se porte finalement sur You’ve Come a Long, Baby de Fatboy Slim, cinquante francs moins cher. J’entends un bout de The Rockafeller Skank sur la borne d’écoute et je me décide en cinq minutes. J’ai quinze ans, je suis en seconde et mes goûts viennent enfin de se séparer symboliquement de ceux de mes parents. Continuer la lecture de « Stranger Teens #8 : « The Rockafeller Skank » par Fatboy Slim »

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Stranger Teens #7 : « Why I love Country Music » par Lloyd Cole and the Commotions

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.


Les parents d’un ami d’un ami de troisième possédaient un mobil home du côté de Royan, à Ronce-les-Bains. C’était 1989 et il fallait bien partir fêter quelque part le bac. Le lycée de Melun Nord ne me manquerait pas, et je m’étais inscrit à Paris 1 Tolbiac. Il était encore possible à l’époque de déroger à sa prison géographique et de tenter l’aventure dans la capitale (tant pis pour les trois heures de train de banlieue quotidien). En ce mois d’août qui voyait mourir l’URSS et Mitterrand étrenner son second septennat, le camping quatre étoiles avec piscine affichait toutes les apparences eighties d’une parenthèse et d’une fin de cycle. Continuer la lecture de « Stranger Teens #7 : « Why I love Country Music » par Lloyd Cole and the Commotions »

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Stranger Teens #5 : « Tommy Gun » des Clash

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Comment appelait-on ça ? Les têtes d’ampoule. Malcolm n’était pas encore arrivé en France mais nous étions, déjà, de fait, des têtes d’ampoule, assigné·e·s têtes d’ampoule, risées gymniques, réputé·e·s infréquentables et de fait infréquenté·e·s.
Ça s’était trouvé un peu comme ça, à la fin de l’école primaire, quand le collège imminent n’offrait d’autre perspective que la perpétuation du bullying – il n’a jamais fait bon lire, parler aux filles sans essayer de voir sous leurs culottes – réputation nigaud – et être insondablement nul au foot – une bifurcation inattendue : les premières classes européennes. L’opportunité d’être dans un collège éloigné, d’y être possiblement anonyme, sans réputation – sans cailloux dans les poches. Continuer la lecture de « Stranger Teens #5 : « Tommy Gun » des Clash »

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Label Histoire #1 : Fire Records

James Nicholls / Fire Recordings
James Nicholls / Fire Recordings

Quel est le point commun entre Pulp, Pere Ubu, The Chills, Teenage Fanclub, Vanishing Twin, Jane Weaver, The Pastels, The Lemonheads et Marina Allen ? Au-delà de leurs discographies impeccables, tous ont été signés par Fire Records. Voué à disparaître au début des 00’s, le label a connu un second souffle avec l’arrivée de son nouveau directeur, James Nicholls. Ces deux dernières décennies, il a prouvé que l’on pouvait être ambitieux, farouchement indépendant et financièrement viable en maintenant une grande exigence artistique. Les disques de pop indé se sont faits plus rares, laissant leur place au psychédélisme de Bardo Pond ou aux expérimentations de Josephine Foster. Nicholls, en bon passionné, a créé en parallèle un label de rééditions, un label post punk, et une division films. Curieux de connaître ce qui l’anime et de percer les mystères de la gestion impeccable du label, nous l’avons rencontré à Londres dans le quartier de Dalston. Continuer la lecture de « Label Histoire #1 : Fire Records »