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Stranger Teens #4 : « Into The Groove » par Madonna (1985)

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Madonna dans "Recherche Susan désespérément" de Susan Seidelman (1985)
Madonna dans « Recherche Susan désespérément » de Susan Seidelman (1985)

On ne sépare jamais de l’adolescent que l’on a été. Ni de ses disques – Into The Groove -, ni de ses films – Recherche Susan désespérément (Susan Seidelman, 1985) – et ni de ses stars –  Madonna -.  Madonna donc. Chaque disque de la Ciccone donne lieu à une transformation esthétique, chacun y allant de sa période préférée. Moi, la Madonna que je préfère, c’est celle de 1985, celle qui joue cette princesse de la rue habillée de bric et de brocs, assoiffée de vie et sexy comme jamais. Recherche Susan désespérément est, il faut l’avouer, un film médiocre qui n’existe, dans l’imaginaire collectif, qu’à travers sa chanson – Into The Groove – et bien sûr, Madonna qui éclipse par sa décontraction, par son naturel, la bien fade Rosanna Arquette. Continuer la lecture de « Stranger Teens #4 : « Into The Groove » par Madonna (1985) »

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Everything is everything

Retour sur le concert épique des versaillais il y a deux jours aux Nuits de Fourvière à Lyon.

PPhoenix sur la scène des Nuits de Fourvière, le vendredi 10 juin 2022.
Phoenix sur la scène des Nuits de Fourvière, le vendredi 10 juin 2022. / Photo : Michel Valente

« Je crois que l’on sent la poésie comme la musique,
comme l’amour, ou comme l’amitié, ou toutes les choses du monde.
L’explication vient après
. »

Jorge Luis Borgès, Entretiens, Littérature I.

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Comment expliquer, comment raconter ce que j’ai senti durant le concert de Phoenix à Fourvière ? Continuer la lecture de « Everything is everything »

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The Apartments, hier, aujourd’hui et demain.

Alphaville (1965) de Jean-Luc Godard
Alphaville (1965) de Jean-Luc Godard

Ce matin même, je réécoutais In And Out The Light – ai-je d’ailleurs cessé de l’écouter ? – quand mon cœur s’est, comme à chaque écoute, emballé lorsque la voix de Peter Milton Walsh a lâché ces mots magnifiques : « If I could, l’d put some blue sky in your head ». Pendant un instant, je n’étais plus sûr des mots que j’entendais, – est-ce head que j’entends ou est-ce hair ? -. C’est comme si un coup de pinceau s’était posé sur cette toile musicale – head est effacé, le pinceau pose hair -, la phrase devient alors : « If I could, l’d put some blue sky in your hair ». La lumière de la chanson se transforme, elle devient plus douce – ou différente – mais reste toujours aussi belle. Les images, les souvenirs, changent eux-aussi, nous sommes ensemble, elle et moi, nos regards sont entremêlés, nos cœurs aussi, et avec le revers de ma main, j’écarte avec tendresse ses cheveux… Continuer la lecture de « The Apartments, hier, aujourd’hui et demain. »

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Calvin Love, Lavender (Hidden Treasure Recordings / Taxi Gauche Records)

Lavender by CALVIN LOVE”Je suis incapable de dire pourquoi j’aime tant cet album.”
L’ami qui m’a fait découvrir ce disque – Lavender – , a un jour, écrit ces mots alors qu’il postait, pour la troisième ou quatrième fois, la vidéo de Sailin’ On. À l’ami, à vous, j’avais envie de dire ceci.
Peut-être pour la voix, toute en douleur retenue. Peut-être.
Peut-être pour cette harmonie parfaite entre la voix et les instruments, comme des cœurs entremêlés. Peut-être.
Peut-être pour ces notes de claviers qui surgissent comme des gouttelettes stagnantes, en perles, et qui demeurent en suspension. Peut-être.
Peut-être parce que c’est un disque de nuit et que ce sont des disques que l’on ne s’explique pas. Peut-être.
Peut-être qu’après certaines écoutes qui peuvent amener très loin dans les émotions, il faut alors se palper pour s’assurer d’être vivant. Peut-être.
Peut-être parce que Lavender est d’ores et déjà le mot de passe de ceux qui ont le goût d’une certaine suspension du monde. Peut-être.

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« Pourquoi aimes-tu Billie Eilish ? »

Tel Bartelby, je préférerai ne pas. Ne pas quoi ? Ne pas écouter Billie Eilish. Je ne me sens pas légitime – « T’es pas trop vieux pour ça ? » – et puis, les vieux réflexes qui reviennent, et qui me fatiguent : y chercher – et trouver ? – des échos du passé, jouer le donneur de leçon, voire le vieux con – « C’était mieux avant » -. Pour ces raisons, j’ai préféré, pendant longtemps, laisser à cette jeunesse à laquelle je n’appartenais pas, ses disques, ses chansons et n’écouter que des choses qui faisaient le lien avec les disques qui m’avaient, on va dire, construit. Je ne sais plus ce qui m’a alors conduit à m’intéresser à Billie Eilish mais je me souviens très bien de la réaction de ma fille, surprise forcément, quand elle s’est aperçue que j’écoutais I love you, moi qui n’avais jamais témoigné la moindre émotion, ni le moindre intérêt, aux musiques qu’elle écoutait. Elle aurait pu être écœurée – à sa place, à son âge, si j’avais surpris mes parents en train d’écouter un de mes disques, je l’aurais été – mais ce dont je me souviens c’est son sourire. Nous sommes tous les deux sur le canapé, je lui rappelle alors ce moment. Face à nous, sur l’écran, la photo d’une Vierge aux yeux baignés de larmes.

NDLR : Pour une meilleure lecture de cet article, nous vous conseillons d’écouter simultanément l’album dont le lien se trouve à la fin de l’article.

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Mustang, Memento Mori (Close Harmonie)

Mustang…Commencer par la fin – Memento Mori -, se souvenir effectivement que l’on va mais alors que les dernières notes s’évaporent, s’apercevoir que ces dix chansons nous laissent entre deux eaux – entre la vie et la mort – avec des questions plein la tête, et dans la bouche, pour reprendre les lignes d’un poème lu récemment, « le goût du sang mêlé au goût d’une figue fraîche ». Parler de Memento Mori en désordre, au gré des marques qu’il a laissé, et vous présenter toutes ses chansons et ses personnages. Continuer la lecture de « Mustang, Memento Mori (Close Harmonie) »

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12. Désirade

En deux jours, un texte sur chaque chanson du nouvel album de Chevalrex, “Providence” (Vietnam)

Désirade, tu as surgi dans cette vie pesante, et voilà que mon cœur m’a semblé – comme par magie – si léger. Tu m’as amené haut, très haut, comme rarement je l’ai été. Rien que d’écrire ton nom – Désirade –, rien que de le dire – Désirade –, et voilà que je sens que les possibilités d’une vie plus humaine sont à ma portée. Qu’est-ce que je te trouve belle Désirade. Il y a cette voix, si douce, si empreinte de sensibilité qui chante ces paroles – ambiguës –, ces paroles qui questionnent et se répondent. Continuer la lecture de « 12. Désirade »

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Simeon Walker, Winnow (autoproduit)

Simeon WalkerIl y a les musiques à qui on a envie dire, de qui êtes-vous le silence ?

Il y a les musiques où l’on se sent inexplicablement aimé.

Il y a les musiques qui, comme la vie, s’éloignent de nous après nous avoir parlé et de leur passage demeure une – la – couleur mélancolique, le bleu.

Il y a les musiques qui vous font dire qu’à la fin, le ciel sera toujours plus bleu – et on voudrait que ça ne s’arrête jamais. Continuer la lecture de « Simeon Walker, Winnow (autoproduit) »