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Chère Madame Del Rey,

Chère Madame Del Rey,

Comment allez-vous ?
Nous espérons que la douceur californienne vous a permis de savourer des fêtes de fin d’année plastiques, les auréoles californiennes de rigueur, plages et montagnes, océans et continents, autoroutes et voisinages à perte de vue, à perte de soi. Nous espérons aussi que l’accordeur a pu passer pour le piano, que la gazinière fonctionne de nouveau et que, malgré les événements, effusions et autres tempêtes qui ne manquent jamais d’animer la fin de décembre, vous avez pu vous asseoir un peu, chaque jour, pour coller de nouveaux mots à d’autres, de nouvelles mélodies à d’autres, cet art qui vous est unique, et que vous continuez de vouloir le partager avec le monde, les autres mondes que le vôtre, à la faveur d’éventuels albums. Continuer la lecture de « Chère Madame Del Rey, »

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Hit The North(ern soul)

La Northern Soul fête ses cinquante ans

Les danseurs du Wigan

50 ans. La Northern soul a 50 ans, plus jeune que moi, la saleté. Ce courant musical, ou plutôt cet état d’esprit bâti sur un empilement de 45 tours de raretés soul des années 1960, resta longtemps en France un clin d’œil élitiste entre ex-mods et ceux qui prenaient la peine de lire les crédits des morceaux de The Jam ou de Soft Cell. À en croire la BBC, “Le Wigan Casino a organisé sa première nuit blanche de Northern Soul le 23 septembre 1973. (…) Pendant huit ans, le club a été l’épicentre d’une sous-culture musicale improbable. Ces chansons soul à haute énergie – dont la plupart avaient été enregistrées par des artistes noirs américains, mais avaient échoué lors de leur sortie originale dans les années 1960 – ont été redécouvertes par des DJ à Wigan, Stoke et Blackpool. Ils ont fédéré une large base de fans anglais enthousiastes, qui ont développé leur propre danse très athlétique”.

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« Javelin » de Sufjan Stevens écouté par Stéphane Auzenet (The Reed Conservation Society)

« Mon amour est une arme jetée dans l’oubli de ton corps. »

Cet album de Sufjan Stevens est à écouter comme un recueil épistolaire. Des lettres d’amour mises en musique. Une histoire au long cours. L’amour de Sufjan ? Un amour perdu ? Disparu ? On a su il y a quelques jours que Sufjan dédiait ce disque à son compagnon décédé. Et le disque prend une autre tournure. Plus profonde, plus intense. La musique et surtout les paroles prennent un sens particulier. Il nous avait habitué avec Carrie and Lowell, 2015 à se livrer complètement. De manière somptueuse. On vit un peu plus à chaque nouveau disque la vie de Sufjan. Depuis toujours, avec lui, il nous invite à incarner ses émotions. Javelin, ou le javelot de l’amour ? Sufjan : Cupidon de la pop ? Continuer la lecture de « « Javelin » de Sufjan Stevens écouté par Stéphane Auzenet (The Reed Conservation Society) »

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Et puis, j’ai écouté Brûlée, le nouvel album de Cabane

Ecoute de l'album "Brûlée" de Cabane aux Vinzelles à Volvic / Photo : Olivier De Banes
Ecoute de l’album « Brûlée » de Cabane aux Vinzelles à Volvic / Photo : Olivier De Banes

Ça commence par des mots, ceux de Thomas Jean Henri venu nous présenter ce qui va suivre. J’écris les mots qui me captent : la mémoire, le souvenir, la trace et puis cette phrase « les morceaux qui s’effacent » à laquelle je colle, une autre phrase, la mienne, « mais qui resteraient dans nos cœurs ». Il s’éloigne, se place derrière nous et nous laisse avec les chansons de Brulé(s) et cette question : pourquoi un disque ? Continuer la lecture de « Et puis, j’ai écouté Brûlée, le nouvel album de Cabane »

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Cindy, maintenant.

Cindy, avec Karina Gill (au centre), le 3 Mai 2023 à Paris / Photo : Mathieu Zazzo
Cindy, avec Karina Gill (au centre), le 3 Mai 2023 à Paris / Photo : Mathieu Zazzo

A la fin, se rapprocher de la scène, tout devant, pour voir du plus près possible le groupe, qui vient d’annoncer qu’il jouerait là maintenant son dernier morceau de la soirée. Tout jusqu’ici, s’était déroulé comme dans un rêve et il fallait, avant que ça ne s’achève, être proche pour être certain, en se postant au plus intime possible, de la véracité de tout ceci, comme pour se frotter à l’air même du groupe. C’est que, durant une petite heure, depuis l’entrée dans cette salle située, dissimulée presque, au fond d’un bar de Ménilmontant, rue Oberkampf, et puis durant tout le set du groupe, quelque chose s’est cristallisé. Continuer la lecture de « Cindy, maintenant. »

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Cabane, Today — The Forest Session

Kate Stables et Thomas Jean Henri (Cabane)
Kate Stables et Thomas Jean Henri (Cabane)

Ne pas faire comme les autres. Ne pas se plier à la logique. Trouver  une autre voie. Pour présenter, offrir, parler de ses chansons. Il est ainsi, Thomas Jean Henri, l’âme de Cabane qui se pose toujours plus de questions qu’il ne peut trouver de réponses. Mais cela ne l’empêche pas d’imaginer des projets qui nourrissent sa soif de partage – mélodique, visuel, sentimental… Comme une seconde nature. Continuer la lecture de « Cabane, Today — The Forest Session »

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Swell, porté disparu

Swell, avant.

Ces derniers temps je me dis souvent : fini les concerts de vieux. D’ailleurs est-ce que ce sont les artistes qui sont trop vieux, ou c’est moi ? Ou les deux ? Est-ce que simplement tout ça n’est pas terminé ? Qu’est-ce qu’on est censé célébrer, sinon la disparition elle-même ? Autant aller voir quelqu’un qui n’est carrément plus là. C’est ce qu’on a fait cette semaine en se rendant au concert de Swell, privés de leur chanteur mort l’année dernière. C’est un fait : David Freel n’est plus, mais nous, nous sommes encore là pour nous souvenir, même pas de lui (c’est l’affaire de ceux qui l’ont connu), mais de nous-mêmes en train d’écouter sa voix sur les disques, déjà lointaine de son vivant, fatiguée, absente. C’est peut-être ça qui faisait de Swell l’un des groupes les plus vrais des années 90 : l’incarnation émouvante du fait de ne pas être là. Mardi soir on assistait à ce paradoxe : David Freel était parti pour de bon, mais il était présent comme jamais, moins par la photo noir et blanc symboliquement posée au bord de la scène, comme une effigie sur un cercueil, qu’à travers les chansons toujours bien vivantes. Façon de dire : si nous sommes là, c’est pour toi. Mais toi, où es-tu ? Continuer la lecture de « Swell, porté disparu »

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Amanda Brown, The Unguarded Moment

L’ex Go-Betweens reprend un morceau de The Church et toute l’indé australienne souffle dans nos oreilles

Amanda Brown
Amanda Brown

C’est bien de trainer sur les réseaux sociaux un matin gris de vacances – presque un © Philippe Delerm. C’est bien parce qu’on apprend / découvre plein de choses – comme le fait qu’en mai prochain, Father John Misty va reprendre les chansons de Scott Walker sur scène à Londres ; ou qu’il existe de l’autre côté de l’Atlantique un duo masculin / féminin caché derrière le nom de The Lost Days qui a publié il y a à peine un mois un disque d’une exquise fragilité, In The Store – dix chansons jouées du bout des doigts et chantées du bout des lèvres en moins de 15 minutes ; et puis surtout, et ce grâce à un ami lointain perdu de vue depuis plus de dix ans, on apprend aussi qu’Amanda Brown a repris The Unguarded Moment de The Church – et là, ça fait beaucoup d’émotions en même temps pour notre petit cœur. On rembobine. Continuer la lecture de « Amanda Brown, The Unguarded Moment »