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25 cm de plaisir


C’est un format qui va et qui vient. Apparait, disparait – omniprésent dans les années 1960, aux abonnés presque absents lors de la décennie suivante, il a fait un retour en grâce si ce n’est en force au début des années 1980. Mais c’est au début des années 1990 qu’il vit l’un de ses âges d’or : de part et d’autre de la Manche et de l’Atlantique, un nombre assez dingue de groupes opte pour ce format qui séduit souvent et fascine toujours – parce qu’on le veuille ou non, en musique pop, l’objet est forcément au centre des ébats. Remis récemment au gout du jour par l’élégant label franco-anglais Violette Records – qui vient de réaliser le très beau Elp de Meaning of Tales – et alors que du côté de Clermont-Ferrand, le plus rock 6Tone Records ne sort ses vinyles que dans ce format-là, il était temps de proposer une sélection absolument subjective de onze disques qui ont su marier le fond et cette forme. Pour un plus grand plaisir. Continuer la lecture de « 25 cm de plaisir »

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Lawrence, Mozart (Estate) et la manière

Lawrence-de-Felt
Lawrence-de-Felt

Alors qu’il répète à l’envi qu’il préférerait “devenir clochard plutôt que de reformer ses anciens groupes”, cet homme nommé Lawrence s’est choisi un nouveau patronyme – adieu Go-Kart Mozart, bonjour Mozart Estate et est sur le point de réaliser un vinyle 25 cm, Relative Poverty, pour le Disquaire Day du 4 novembre prochain. Surtout, il est de retour à Paris, dans le cadre, comme il y a quatre ans, du Paris Popfest au Hasard Ludique. Et puisqu’il ne cesse de rééditer les albums de son groupe de légende (quatrième ou cinquième fournée, on ne compte plus), l’occasion était trop belle pour ne pas revenir sur l’émission de radio qu’il avait préparée, avec setlist manuscrite à l’appui, pour l’éphémère radio du label Domino. C’est il y a environ onze ans et ça avait donné ça… Continuer la lecture de « Lawrence, Mozart (Estate) et la manière »

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The Tubs reprend « Crystal Ball » de Felt

The Tubs
The Tubs

Les idées se bousculent parfois lorsqu’on écoute une reprise de Felt. On pense pêle-mêle, à cette idée de compilation hommage qu’il va bien falloir un jour mettre en chantier, à l’évidence que Felt était bel et bien le plus grand groupe du monde (loin devant New Order) ; on songe aussi à détourner sottement la phrase de Lawrence en affirmant que ce n’est pas parce qu’on PEUT faire quelque chose qu’il faut s’en abstenir. On se rappelle Matt Fishbeck (mais l’oublie-t-on vraiment jamais) dont on espère qu’il va nous rendre visite à l’automne prochain. On se souvient aussi et surtout du premier papier publié sur ce site, et on se dit que Victor Thimonier nous manque beaucoup dans ces colonnes. Puis, on pense enfin au groupe qui reprend ce titre issu de The Strange Idols Pattern And Other Short Stories, – et dont ne sait presque rien -, en admettant sans peine que ce morceau et le reste du EP constituent un bel ouvrage et on réaffirme que chaque disque devrait comporter une reprise.

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Ce qu’il faut savoir sur Felt pour épater la galerie

Felt, 1987 / Photo : Daniel Dauxerre

• Le nom de Felt a été inspiré à Lawrence par le morceau Venus, présent sur le premier album de Television, Marquee Moon (1977).

• Pas évident de prime abord, il existe un point commun entre tous les titres des albums originaux, la présence de l’article “the” : une volonté de Lawrence.

• Au départ, l’homme interdit à ses batteurs, Nick Gilbert puis Gary Ainge d’utiliser les cymbales de leur batterie. Continuer la lecture de « Ce qu’il faut savoir sur Felt pour épater la galerie »

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I Like 2 Stay Home #51 : I painted such a picture that golden fires burned in your head

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Ce n’est pas toujours le cas, mais pour certains groupes, certaines chansons, vous vous souvenez très précisément du moment où vous les avez écoutés pour la première fois. Je n’en ai pas le temps et vous n’avez sans doute pas l’envie que je dresse une liste exhaustive de toutes ces fois-là. Mais bizarrement, je me rappelle très bien que j’ai découvert The Lovecats de The Cure (le groupe m’était déjà familier) un soir de l’automne 1983, vers 22 heures, sur un petit poste de radio dissimulé sous mon oreiller alors que j’écoutais l’émission Feedback de Bernard Lenoir. Oui, vous vous en doutez – et j’en ai déjà parlé : je me rappelle aussi très bien de la première fois où j’ai écouté Felt et de quelle chanson il s’agissait. Continuer la lecture de « I Like 2 Stay Home #51 : I painted such a picture that golden fires burned in your head »

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Have you ever FELT?

pierre le tan illustrateur mort
Pierre Le Tan pour la couverture Folio de « Rue des Boutiques Obscures », Patrick Modiano

Ce fut par un après-midi d’été qui ne semble en rien différent à tant d’autres, de ceux qui se versent sans effets les uns dans les autres, qu’au détour d’un verre, j’avoue à Thomas S. – à peine honteux – que je ne comprends pas un traître mot à l’affirmation « heureux détenteur du 06 de Lawrence-de-Felt » qui orne le fanzine de niche dont il est l’un des fondateurs.

Je viens d’y signer un minuscule confetti de texte et j’ai alors la jeunesse nécessaire pour revendiquer mon ignorance lorsque je lui jette au visage  : « Mais qui est Lawrence-de-Felt ? ». J’ai deux hypothèses ce jour-ci, elles sont toutes fausses, j’en dispense donc les lecteurs. Je les dispense aussi des réponses qui me sont proposées par Thomas S. : elles sont, sur ce média, bien représentées.

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Le flou et la transparence

Lawrence, Felt
Lawrence, captation d’image extraite d’une vidéo YouTube de Felt « Why Do I Cry » (Live London 04/12/1985)

De même que Bernard Noël a jadis postulé qu’il y avait l’écriture du voile et celle du dévoilement, de même on peut dire qu’il y a deux façons de produire un disque : la réaliste, la non réaliste. L’une vise à donner l’illusion que les musiciens sont dans la pièce, l’autre que la musique ne vient pas d’instruments joués, mais d’un « quelque part » qui serait comme le rêve de la chanson soudain magiquement rendu à notre oreille : ainsi de la lumière sur une toile de Turner, qui paraît sans rapport avec la réalité matérielle des pinceaux… Continuer la lecture de « Le flou et la transparence »