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Charlie Megira – Soleil noir

Charlie Megira
Charlie Megira

Cette stèle noire découpe l’air – ou plutôt – elle ressemble à une nuit entourée de flammes. Contraste, beauté du contraste, que l’on retrouve ailleurs entre quelques tombes, lorsque se pavanent, quelques coquelicots. Le rouge et le noir scintillant entre tout ce gris, ce vermoulu, ce bronze et le vert terrible de la végétation, laissée là, totalement libre. C’est un chaos adorable où repose Gabriel “Gabi” Abudraham. Un coin du cimetière juif de Berlin, comme ultime refuge, pour ce natif de Bet She’An. Continuer “Charlie Megira – Soleil noir”

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Julien Gasc reprend “Baby I’m A Want You” de The Moments (qui reprend Bread)

portrait de Julien Gasc
Photo : Cayo Scheyven

Et voilà que la pluie et le froid reviennent subitement après l’équinoxe, mais qu’importe car aujourd’hui notre Julien Gasc national (avec à la production Aurélie Mestres), nous offre un moment tendre et doux avec sa reprise de Baby I’m A Want You inspirée par la version de 1972 de The Moments (les plus « dad rock » d’entre vous, en connaissent certainement la version originale du groupe — supposément — favori d’Homer Simpson, Bread). L’idée de la reprise de la reprise fut déclenchée par l’émerveillement de Julien à la découverte du groupe qui ne s’appelait pas encore à l’époque Ray, Goodman & Brown. Des nombreuses cordes à l’arc de Gasc, nous connaissions le tropisme vers le tempo brasileiro, le goût pour la poésie de sens en français, le nez futé de fin limier de la pop la meilleure et le voici qui nous dit : fi du Soft Rock, vive la Soft Soul !

Julien Gasc sera en concert à Bruxelles au MIMA / festival Francofaune le 13 octobre.

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Pictures On My Wall : Joe Dilworth

Joe Dilworth
Joe Dilworth

C’était à Londres, un jour de peu de soleil, à la toute fin de l’hiver ou au début du printemps. Je me rappelle d’ailleurs la promenade le long des canaux de Camden Town, le sous-sol du magasin de disques à quelques mètres du métro, le verre au Good Mixer, dont les dorures avaient déjà passé, à peine quelques mois après les premiers essoufflements de la britpop. Broadcast était sur le point de réaliser la compilation de ses trois premiers singles – deux publiés par Duophonic Super 45’s, le label de Stereolab, et le troisième par Wurlitzer Jukebox. Le disque, dont le titre mystérieux annonçait Work & Non Work, allait paraitre chez Warp – ce qui avait un peu surpris tout le monde. Comme l’écrit le photographe aujourd’hui, le groupe venait d’achever sa balance dans la petite salle emblématique du Dingwalls – le soir même, il y délivrait un concert magnétique, emmené par une Trish Keenan à la beauté diaphane (“Elle s’excuserait presque d’être là”, avais-je gribouillé encore impressionné dans l’introduction du papier écrit pour la RPM) et face à un Bobby Gillespie enthousiaste. Pendant la session, je m’étais tenu à l’écart, mais j’avais observé la façon de travailler de Joe Dilworth. Plus qu’une séance photo, cela ressemblait à une discussion entre des gens qui partagent pas mal d’amis et de passions – ce qui d’ailleurs était le cas. Je ne suis pas sûr, mais je crois qu’il utilisait un Rolleiflex. Au bout d’à peine dix minutes, il m’avait dit : « C’est bon ». Quelques semaines plus tard, quand j’ai vu le résultat, j’ai bien sûr tout de suite compris qu’il ne m’avait pas menti. Continuer “Pictures On My Wall : Joe Dilworth”

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Section Sixteen #5 : Faustine

Concert de Cage The Elephant, le 24 février 2020 / Photo : Faustine

Section16
Logo : Gabrielle

Elles / ils sont des filles de, fils de – ou peut-être des cousines ou des cousins, des nièces, des neveux. Toute la journée, toute la semaine, ils subissent la musique forcément cool qu’écoutent leurs parents ou les membres de leur famille avant que ces derniers n’écrivent quelques lignes ou des tartines pour Section 26 – voire d’autres sites du même acabit. Alors, ces ados et pré-ados sont-ils déjà condamnés à écouter ce qu’on leur impose au presque quotidien ? Pas forcément, la preuve par 16, comme en témoigne la cinquième mixtape de cette série, concoctée par Faustine.

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Ian Skelly, Drifter’s Skyline (Silver Songs) / Paul Molloy, The Fifth Dandelion (Spring Healed)

Ian Skelly Paul Molloy

Comme toujours, dans ces cas-là, on commence par parler d’albums solo. « C’est pas faux », comme dirait l’autre, histoire de laisser entendre que l’on a, justement, rien compris d’essentiel. Plus que jamais, l’expression apparaît comme une commodité de langage qui ne restitue rien d’exact, ni de vraiment fidèle au contenu des deux œuvres ou à l’intention manifeste qui les anime. Deux membres émérites de The Coral ont, certes, publié coup sur coup deux albums estivaux signés de leurs noms propres. Pourtant, à les écouter, il semble difficile d’y entendre les velléités de ruptures et d’émancipation communément associées à ces prises d’autonomie discographique. Continuer “Ian Skelly, Drifter’s Skyline (Silver Songs) / Paul Molloy, The Fifth Dandelion (Spring Healed)”

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Clip : Solaris Great Confusion, Traffic Jam (Mediapop Records)

Solaris Great Confusion
Solaris Great Confusion / Photo : Christophe Urbain

En excellente compagnie – Elise Humbert au violoncelle, Yves Béraud à l’accordéon, Aurel Troesch aux guitares, Jérôme Spieldenner à la batterie, Foes Von Ameisedorf à la basse et Jacques Speyser aux chœurs – Stephan Nieser alias Solaris Great Confusion s’apprête à publier un deuxième album de folk élégant et plein de nuances acoustiques subtiles, Untried Ways. Comme en témoigne ce deuxième extrait, où les contrepoints du violoncelle, les arpèges des guitares et les bruissements des balais s’accordent parfaitement à la trame rêveuse de la mélodie, c’est encore une fois à l’Est – le grand, of course – que le soleil finit par se relever.

Untried Ways, le second album de Solaris Great Confusion sortira le 23 octobre chez Mediapop Records.

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Pop Crimes en live chez vous, maintenant.

Pop Crimes
Pop Crimes

Pop Crimes a concocté depuis sa salle de répétition un live d’une quinzaine de minutes, élégamment filmé en noir et blanc, au cadrage soigné. À défaut de pouvoir les voir en chair et en os, cette vidéo nous rappelle au bon souvenir de leur indie-pop nerveuse et exaltée. Les quatre membres du groupe n’ont rien perdu de leur verve pendant le confinement et veulent toujours autant en découdre. Nous reconnaîtrons deux titres de leur premier EP paru en cassette en début d’année chez Howlin’ Banana mais aussi des inédits d’excellente facture. Le groupe prépare une tournée en octobre de cinq/six dates et l’album est dans les tuyaux pour 2021. En attendant, savourez cette session live en leur compagnie.

A lire aussi : Sous Surveillance Pop Crimes par Alexandre Gimenez-Fauvety
Tracklist : Goes et Season & Storms sont extraits de l’EP Debut sorti chez Howlin’ Banana et Don’t Look Back et Where Do They Fly? sont à paraître prochainement.
UPDATE : Pop Crimes partagera la scène avec Siz (Sylvain Palis, frère de Thoineau / Th Da Freak) au Supersonic hors les murs le samedi 3 octobre sur la terrasse du Trabendo à Paris.

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The Apartments, In And Out The Light (Talitres)

The ApartmentsComment parler de ce disque sans parler de soi ? Car ce qui fascine, c’est ce qu’il provoque – va provoquer – sur chacun de ses auditeurs : ce sentiment d’avoir, dès les premières notes, l’âme ouverte en deux. Tout ce que l’on vous racontera sur ce disque, tout ce que vous lirez, ne sera qu’une suite d’expériences personnelles racontées avec plus ou moins de pudeur. Des mots aux mélodies, des instruments aux voix – car il y a la voix de Peter Milton Walsh et celle de Natacha Penot, ici voix-fantôme – , tout ici sert le sujet du disque : l’amour perdu, celui qui, cousu dans les entrailles, dicte votre vie.

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