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New Order (A Life), #2

Ou comment la musique de New Order infuse dans nos vies.

Sarah Jones
The Garden (Mulberry Lodge) VI (1997) par Sarah Jones / Tate Gallery

Les cerisiers sont en fleurs. Les cerisiers sont en fleurs et leurs pétales s’animent à la lumière. Le vent les pousse dans les jardins voisins, un peu plus loin parfois, sur les trottoirs déserts. Mis à part les passages irréguliers des joggers, rien ne se passe ici, comme dans un long épisode où les mouvements habituels semblent ralentis, quant ils ne sont pas simplement hors du cadre, absents. A cette heure pourtant, malgré l’hébétude, il est possible d’imaginer les jambes des enfants accrochés aux branches. Voir leurs corps chuter jusqu’au sol, pour rebondir plus loin, derrière les façades des maisons. Bientôt midi. Bizarrement, aucune note de musique n’a encore filtré depuis le salon. Une anomalie, peut-être. Une manière de prendre son temps, sûrement, pour ceux qui jusque là ont préféré glisser de rêveries en rêveries, chuchotées ou silencieuses, avant de s’offrir une récréation. Continuer la lecture de « New Order (A Life), #2 »

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New Order (A Life), #1

Ou comment la musique de New Order infuse dans nos vies.

Illustration : Robert Longo

Il ne s’agit pas tout à fait d’un billet d’humeur, mais plutôt de quelques images échappées d’un autre temps. C’est un rêve éveillé comme il en existe souvent en ces jours gris. C’est un rêve indifférent aux heures, marqué par l’empreinte d’une adolescence que l’on a longtemps crue oubliée.

C’est d’abord une forme tracée dans le sable, un triangle équilatéral, quelque chose d’approchant. Trois prénoms creusés dans la matière meuble. Deux plus un. Un prénom féminin, forcément, en son sommet.

Plus loin, des corps adolescents accompagnent le rythme de la musique, brouillé par les rires, l’alcool aidant, déjà. Continuer la lecture de « New Order (A Life), #1 »

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Tony Wilson : “Qui dois-je imprimer alors, la vérité ou la légende?”

Anthony H. Wilson
Anthony H. Wilson

Il est une certitude. Détesté ou adulé, Anthony H. Wilson a changé le visage de la musique moderne. En créant un beau jour de 1978, avec une poignée d’autres illuminés, Factory Records. En “signant” Joy Division – devenu New Order – et Happy Mondays, mais aussi The Durutti Column et A Certain Ratio. En contribuant à la création de La Haçienda, le club par lequel la house music a débarqué sur le Vieux Continent. Journaliste, présentateur télé, manager, beau parleur et esprit frondeur, il a définitivement fait de Manchester l’un des points cardinaux de la scène internationale. De théories situationnistes en déclarations définitives, de décisions suicidaires en utopisme forcené, il a marqué toute une génération de mélomanes. Sans lui, peu de chances que Postcard, Creation ou Heavenly aient vu le jour. Sans lui, sans doute que ce magazine, et quelques autres, n’auraient jamais existé. En interview, l’homme aimait à citer un dialogue extrait du film de John Ford, L’Homme Qui Tua Liberty Valance (1962) : “Qui dois-je imprimer alors, la vérité ou la légende ? – Juste la légende, bien sûr”. Avec Anthony H. Wilson (1950-2007), les deux se confondaient plus que de raison. Continuer la lecture de « Tony Wilson : “Qui dois-je imprimer alors, la vérité ou la légende?” »

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La Bonne Vitesse

À propos du coffret Deluxe de “Power, Corruption & Lies” de New Order (Part 2)

Il en faut peu parfois, pour se rappeler à de souvenirs presque honteux ou juste un peu farfelus.

C’était il a quelques semaines, dans cette période un peu “confuse” où nous pouvions encore prendre l’apéritif en terrasse, une activité que j’ai beaucoup pratiquée mais dont la régularité est désormais assez aléatoire. De temps à autre, je me laisse aller et la plupart du temps je vais à Le Rochelle*, y papoter de la joie du néant avec ma camarade Maud T. tout en sirotant les pulpades légères que concocte avec soin, l’excellent Stéphane Bodin**. Qui n’est pas le dernier des fans obsessionnels de New Order, il va sans dire. Il a même fait leur première partie à l’Olympia, c’est dire. Il m’arrive d’ailleurs d’y revenir prendre un ou deux digestifs afin de ne converser qu’exclusivement sur ce sujet. Continuer la lecture de « La Bonne Vitesse »

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La Chemise

Au sujet de la sortie du coffret Deluxe de “Power, Corruption & Lies” de New Order

La chemise
La chemise / Photo : Étienne Greib

Il y a environ 25 ans, je collaborais à un fanzine top délire dont l’intitulé Panzerfaust has Sex W/ Bobby Briggs laissait entendre qu’on en avait suffisamment rien à foutre – et pourtant, la vie nous prouverait le contraire – pour tout se permettre.
Douce ironie des post slackers associés à la malévolence des riot grrrls, nous étions d’une idiotie rare et encore juvénile malgré nos quarts de siècle. Je me souviens que j’avais fait un petit mot d’humeur sur le coffret des Pet Sounds Sessions des Beach Boys qui sortait à l’époque (Pfiou, time flies, comme ils disent au pub) où j’ironisais fièrement sur le comportement parfaitement rétrograde qui allait devenir le moi d’après. Continuer la lecture de « La Chemise »

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The Factory All Stars

Hier, un message de Dave Haslam sur son compte Twitter rappelait que le 21 mai était le jour anniversaire de l’ouverture de La Haçienda, à quelques jours d’une autre célébration plus funeste, celle des quarante ans de la mort du chanteur de Joy Division. Au moment presque où nous tous sommes allés de notre hommage ou pensée à Ian Curtis – je me suis d’ailleurs rendu compte que le culte voué à sa seule personnalité était redevenu prégnant et donc, gênant –, je me suis replongé dans la discographie du label Factory, quinze d’existence, mais tant de vies changées. À ce moment-là, je me suis souvenu de cette publicité de 1985 où il était inscrit “It isn’t only Lowlife who record for Factory”. Triple dose d’humour pince-sans-rire très mancunien et bien sûr, génial, si tant est qu’on ait les clés, je vous l’accorde. Alors, autant dire qu’à l’époque, cette publicité n’a pas dû remplir son rôle. Continuer la lecture de « The Factory All Stars »

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Le Culte de Curtis

Master de la première cassette enregistrée en décembre 77, contenant “Ideal For Living” de Warsaw, qui deviendra Joy Division, vendu lors d’une vente aux enchères organisée par Peter Hook en mars 2019.

Le suicide de Ian Curtis le 18 mai 1980 ressemble à un jeu de miroirs. Le culte morbide autour du chanteur de Joy Division, au-delà de l’évolution musicale de New Order, est longtemps resté sinon minoritaire, tout au moins sous-jacent. En 1985, le journaliste Michka Assayas assiste à Manchester au tournage du vidéoclip de The Perfect Kiss par le réalisateur américain Jonathan Demme avec à ses côtés, le grand Henri Alekan en tant que chef opérateur. The Perfect Kiss (“My friend, he took his final breath/Now I know the perfect kiss is the kiss of death”) sort le même jour, le 13 mai 1985, que la centième référence du label Factory, Low Life, troisième album de New Order, qu’il contient : une première pour le quatuor. Continuer la lecture de « Le Culte de Curtis »

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Deuxième Division

Ian Curtis est mort il y a 40 ans jour pour jour. Et si ce n’était jamais arrivé?

Joy Division et Kurtis

Ils ne s’étaient jamais reformés et s’il a accepté, c’est uniquement pour permettre aux autres de mettre un peu de beurre dans leurs épinards : le groupe qu’ils ont formé après son départ n’a jamais connu de succès et a fini par se séparer, faute de combattants. Un parcours totalement inverse au sien, puisqu’il bénéficie aujourd’hui aussi bien d’une immense crédibilité que d’un compte en banque enviable. Pourtant, qui aurait misé, à l’aube des années 80, sur ce chanteur épileptique qui semblait porter sur ses frêles épaules toute la misère du monde ? Ian Curtis envisage aujourd’hui la chose avec philosophie. Dit qu’il a eu la chance, après des débuts laborieux, « d’être au bon endroit au bon moment », et qu’il ne regrette aucun choix qu’il a pu faire. Y compris celui de reformer Joy Division quarante ans après avoir quitté le navire.

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