Catégories billet d’humeurÉtiquettes , , , , , , , ,

The Factory All Stars

Hier, un message de Dave Haslam sur son compte Twitter rappelait que le 21 mai était le jour anniversaire de l’ouverture de La Haçienda, à quelques jours d’une autre célébration plus funeste, celle des quarante ans de la mort du chanteur de Joy Division. Au moment presque où nous tous sommes allés de notre hommage ou pensée à Ian Curtis – je me suis d’ailleurs rendu compte que le culte voué à sa seule personnalité était redevenu prégnant et donc, gênant –, je me suis replongé dans la discographie du label Factory, quinze d’existence, mais tant de vies changées. À ce moment-là, je me suis souvenu de cette publicité de 1985 où il était inscrit “It isn’t only Lowlife who record for Factory”. Triple dose d’humour pince-sans-rire très mancunien et bien sûr, génial, si tant est qu’on ait les clés, je vous l’accorde. Alors, autant dire qu’à l’époque, cette publicité n’a pas dû remplir son rôle. Continuer “The Factory All Stars”

Catégories billet d’humeurÉtiquettes , , , ,

Le Culte de Curtis

Master de la première cassette enregistrée en décembre 77, contenant “Ideal For Living” de Warsaw, qui deviendra Joy Division, vendu lors d’une vente aux enchères organisée par Peter Hook en mars 2019.

Le suicide de Ian Curtis le 18 mai 1980 ressemble à un jeu de miroirs. Le culte morbide autour du chanteur de Joy Division, au-delà de l’évolution musicale de New Order, est longtemps resté sinon minoritaire, tout au moins sous-jacent. En 1985, le journaliste Michka Assayas assiste à Manchester au tournage du vidéoclip de The Perfect Kiss par le réalisateur américain Jonathan Demme avec à ses côtés, le grand Henri Alekan en tant que chef opérateur. The Perfect Kiss (“My friend, he took his final breath/Now I know the perfect kiss is the kiss of death”) sort le même jour, le 13 mai 1985, que la centième référence du label Factory, Low Life, troisième album de New Order, qu’il contient : une première pour le quatuor. Continuer “Le Culte de Curtis”

Catégories 45 tours de (dé)confinementÉtiquettes , , , , , , ,

#45+3 : Joy Division, Love Will Tear Us Apart vs. Girlschool, Nothing To Lose (Factory vs. Bronze, 1980)

Girlschool / Joy Division, Nothing To Tear Us Apart.

« Le hard rock, c’est comme la Ligue Communiste Révolutionnaire. Ce qui est grave, ce n’est pas d’y passer, mais d’y rester. »

(Anonyme, Congrès de l’Hay-les-Roses, novembre 1979)

« She wears denim wherever she goes /
Says she’s gonna get some records by the Status Quo /
Oh yeah oh yeah »

(Teenage Fanclub, The Concept, novembre 1991)

Qui prétend qu’en mai 1980 je portais une veste à patchs ? Une Rica Lewis sans manches, délavée comme il faut, et constellée d’« écussons » – c’est ma mère qui coud, c’est ma mère qui cause. AC/DC, Judas Priest, Thin Lizzy, Rainbow et Trust« L’élite est entrée sans préveniiiir !!», faudra ensuite s’échiner à la faire sortir fissa.
Eric frime, il est le seul à arborer un Motörhead grand format au dos de la sienne, ce qui lui permet à coups d’Umlaut de faire le malin en cours d’allemand. Parfois la Singer peine et cale. Faut finir le boulot à la main, on saisit l’intérêt du dé à coudre. Continuer “#45+3 : Joy Division, Love Will Tear Us Apart vs. Girlschool, Nothing To Lose (Factory vs. Bronze, 1980)”

Catégories billet d’humeurÉtiquettes , , , , ,

Deuxième Division

Ian Curtis est mort il y a 40 ans jour pour jour. Et si ce n’était jamais arrivé?

Joy Division et Kurtis

Ils ne s’étaient jamais reformés et s’il a accepté, c’est uniquement pour permettre aux autres de mettre un peu de beurre dans leurs épinards : le groupe qu’ils ont formé après son départ n’a jamais connu de succès et a fini par se séparer, faute de combattants. Un parcours totalement inverse au sien, puisqu’il bénéficie aujourd’hui aussi bien d’une immense crédibilité que d’un compte en banque enviable. Pourtant, qui aurait misé, à l’aube des années 80, sur ce chanteur épileptique qui semblait porter sur ses frêles épaules toute la misère du monde ? Ian Curtis envisage aujourd’hui la chose avec philosophie. Dit qu’il a eu la chance, après des débuts laborieux, « d’être au bon endroit au bon moment », et qu’il ne regrette aucun choix qu’il a pu faire. Y compris celui de reformer Joy Division quarante ans après avoir quitté le navire.

Continuer “Deuxième Division”

Catégories interviewÉtiquettes , ,

Rebecca Boulton : “Rob Gretton avait raison sur toute la ligne”

La femme dans l’ombre de New Order revient sur son parcours.

Rebecca Boulton, Paris, octobre 2019 / Photo : Alain Bibal

Rebecca Boulton est aux côtés d’Andy Robinson la manageuse de New Order et Joy Division depuis 1999. Celle qui a commencé en tant qu’assistante de Rob Gretton a accompli un travail monumental pour que les deux groupes figurent aujourd’hui au sommet de leur popularité. La tâche n’a pas été facile : rongé par des querelles internes, New Order est resté inactif pendant une décennie. Rebecca a malgré tout réussi à maintenir la popularité du groupe et à relancer leur carrière en 2011 avec le succès que l’on connaît. La qualité de son travail lui a valu d’être récompensée ce 14 novembre du saint graal convoité par toute équipe de management, le Manager’s Manager Award. Dans un rare entretien, elle nous parle de sa carrière qui a commencé derrière le bar de l’Hacienda, de sa relation avec New Order et de l’envers du décors d’une des réussite artistique et commerciale les plus fabuleuses de l’histoire de la musique. Continuer “Rebecca Boulton : “Rob Gretton avait raison sur toute la ligne””

Catégories interviewÉtiquettes , ,

Stephen Morris : “Un livre à l’encontre de la perception du public”

“Record Play Pause”, les mémoires du batteur de Joy DIvision et New Order

Stephen Morris New Order
Stephen Morris – New Order / Photo : Alain Bibal

Après Bernard Sumner et Peter Hook, c’est au tour de Stephen Morris, batteur légendaire de Joy Division et New Order de sortir ses mémoires. Record Play Pause en est le passionnant premier volume, celui allant de son enfance à la création de New Order. Loin des règlements de comptes du livre de Peter Hook ou du manque de détails de celui de Bernard Sumner, Record Play Pause apporte une vision nouvelle et fraîche où l’humour se mélange à la noirceur. C’est à l’hôtel des Bains Douches de Paris, dans les murs qui avaient accueilli la seule date française de Joy Division il y a 40 ans, que Stephen Morris nous a accordé un entretien exclusif au lendemain du concert de New Order au Grand Rex. Affable et chaleureux, il rentre en détail sur tout un pan de l’histoire de la musique, celle de son premier groupe Joy Division, dont l’influence sur la musique de ces quarante dernières années n’est plus à démontrer. Continuer “Stephen Morris : “Un livre à l’encontre de la perception du public””

Catégories billet d’humeur, chronique anniversaireÉtiquettes , , , ,

#unknownpleasures40 (4)

Joy Division Unknown Pleasures

Il y a des objets qui se démodent, comme les téléphones, les panoplies vestimentaires ou encore les supports sur lesquels la musique a été enregistrée. Pour d’autres, telles les guitares électriques, le temps n’a pas de prise. Ce constat matérialiste s’avère également valable pour les projets artistiques. Certains groupes à peine formés apparaissent déjà complètement dépassés, des symptômes du style la couverture du NME signant le début d’un retour de bâton. Mais il en existe aussi qui possèdent une image se bonifiant avec le temps, au point de finir par atteindre le panthéon de l’histoire de l’art. Continuer “#unknownpleasures40 (4)”

Catégories billet d’humeur, chronique anniversaireÉtiquettes , , , ,

#unknownpleasures40 (3)

En 1979, je vole une voiture et je décide de traverser la Manche pour aller voir Joy Division en concert. Bizarrement, la traversée en ferry se passe bien et j’arrive sans encombre à Manchester, impatient de voir ce groupe dont tout le monde parle dans la cour de l’école. Oui, car j’ai oublié de vous le dire : en 1979, j’ai neuf ans. Continuer “#unknownpleasures40 (3)”