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La Chemise

Au sujet de la sortie du coffret Deluxe de “Power, Corruption & Lies” de New Order

La chemise
La chemise / Photo : Étienne Greib

Il y a environ 25 ans, je collaborais à un fanzine top délire dont l’intitulé Panzerfaust has Sex W/ Bobby Briggs laissait entendre qu’on en avait suffisamment rien à foutre – et pourtant, la vie nous prouverait le contraire – pour tout se permettre.
Douce ironie des post slackers associés à la malévolence des riot grrrls, nous étions d’une idiotie rare et encore juvénile malgré nos quarts de siècle. Je me souviens que j’avais fait un petit mot d’humeur sur le coffret des Pet Sounds Sessions des Beach Boys qui sortait à l’époque (Pfiou, time flies, comme ils disent au pub) où j’ironisais fièrement sur le comportement parfaitement rétrograde qui allait devenir le moi d’après. Continuer la lecture de « La Chemise »

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Le club du samedi soir #2 : Factory Lost Classics X2

En début de semaine, il n’était pas possible de passer sous silence le retentissant quarantième anniversaire de la disparition de Ian Curtis. Puis, au courant de la semaine, nous avions évoqué ce Factory All Stars qui s’inscrivait en parfaite illustration de ce qu’était l’écrin du label Factory, l’Haçienda, club légendaire s’il en est. Pour incarner ces années extrêmement prolifiques, Nicolas Plommée et Alex Mimikaki ont choisi de proposer un choix de raretés piochées dans les années Factory, en évitant le phagocytage Joy Division / New Order. Une mixtape à laquelle Christophe Basterra à eu envie de s’atteler aussi… Deux fois valant mieux qu’une, voici leurs sélections. Dance On.

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The Factory All Stars

Hier, un message de Dave Haslam sur son compte Twitter rappelait que le 21 mai était le jour anniversaire de l’ouverture de La Haçienda, à quelques jours d’une autre célébration plus funeste, celle des quarante ans de la mort du chanteur de Joy Division. Au moment presque où nous tous sommes allés de notre hommage ou pensée à Ian Curtis – je me suis d’ailleurs rendu compte que le culte voué à sa seule personnalité était redevenu prégnant et donc, gênant –, je me suis replongé dans la discographie du label Factory, quinze d’existence, mais tant de vies changées. À ce moment-là, je me suis souvenu de cette publicité de 1985 où il était inscrit “It isn’t only Lowlife who record for Factory”. Triple dose d’humour pince-sans-rire très mancunien et bien sûr, génial, si tant est qu’on ait les clés, je vous l’accorde. Alors, autant dire qu’à l’époque, cette publicité n’a pas dû remplir son rôle. Continuer la lecture de « The Factory All Stars »

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#45+3 : Joy Division, Love Will Tear Us Apart vs. Girlschool, Nothing To Lose (Factory vs. Bronze, 1980)

Girlschool / Joy Division, Nothing To Tear Us Apart.

« Le hard rock, c’est comme la Ligue Communiste Révolutionnaire. Ce qui est grave, ce n’est pas d’y passer, mais d’y rester. »

(Anonyme, Congrès de l’Hay-les-Roses, novembre 1979)

« She wears denim wherever she goes /
Says she’s gonna get some records by the Status Quo /
Oh yeah oh yeah »

(Teenage Fanclub, The Concept, novembre 1991)

Qui prétend qu’en mai 1980 je portais une veste à patchs ? Une Rica Lewis sans manches, délavée comme il faut, et constellée d’« écussons » – c’est ma mère qui coud, c’est ma mère qui cause. AC/DC, Judas Priest, Thin Lizzy, Rainbow et Trust« L’élite est entrée sans préveniiiir !!», faudra ensuite s’échiner à la faire sortir fissa.
Eric frime, il est le seul à arborer un Motörhead grand format au dos de la sienne, ce qui lui permet à coups d’Umlaut de faire le malin en cours d’allemand. Parfois la Singer peine et cale. Faut finir le boulot à la main, on saisit l’intérêt du dé à coudre. Continuer la lecture de « #45+3 : Joy Division, Love Will Tear Us Apart vs. Girlschool, Nothing To Lose (Factory vs. Bronze, 1980) »

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Deuxième Division

Ian Curtis est mort il y a 40 ans jour pour jour. Et si ce n’était jamais arrivé?

Joy Division et Kurtis

Ils ne s’étaient jamais reformés et s’il a accepté, c’est uniquement pour permettre aux autres de mettre un peu de beurre dans leurs épinards : le groupe qu’ils ont formé après son départ n’a jamais connu de succès et a fini par se séparer, faute de combattants. Un parcours totalement inverse au sien, puisqu’il bénéficie aujourd’hui aussi bien d’une immense crédibilité que d’un compte en banque enviable. Pourtant, qui aurait misé, à l’aube des années 80, sur ce chanteur épileptique qui semblait porter sur ses frêles épaules toute la misère du monde ? Ian Curtis envisage aujourd’hui la chose avec philosophie. Dit qu’il a eu la chance, après des débuts laborieux, « d’être au bon endroit au bon moment », et qu’il ne regrette aucun choix qu’il a pu faire. Y compris celui de reformer Joy Division quarante ans après avoir quitté le navire.

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#45+2 : Unrest, A Factory Record (Sub Pop, 1991)

Unrest
Unrest sur le pare-brise.

Ce soir, j’ai comme des envies de Marguerite Duras.

Entendez-moi bien. Pas relire Le Ravissement de Lol V. Stein ou revoir Détruire, dit elle – encore que -, non plus me laisser aller à tout ce qui pourrait traverser votre esprit perturbé par 55 jours de confinement. Non, plutôt me trouver un(e) Yann Andréa et enquiller en sa compagnie nocturne un, deux, trois tours de périph’, à trois du mat’ et à toute blinde. Macadam à trois voies, monte donc Hellman. Ouvrir la vitre en grand, offrir ma calvitie au vent, niquer les radars ou me faire prendre par eux, tant pis, puisque le plaisir, tant qu’à être circulaire, ne saurait être à sens unique. Intérieur / extérieur, in & out, qu’importe, de Bagnolet à Italie, d’Auteuil à Montreuil et retour. Continuer la lecture de « #45+2 : Unrest, A Factory Record (Sub Pop, 1991) »

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#35 : Stockholm Monsters, All At Once (Factory, 1984)

Stockholm Monsters, syndrome de la lose.
Stockholm Monsters, syndrome de la lose.

Sur un plateau de la balance, Virna Lindt, Attention Stockholm. Sur l’autre, les Stockholm Monsters. Brett Anderson et Suede n’ont pas été convoqués.
Aller chercher l’exception suédoise en matière de stratégie sanitaire, le pays européen où le confinement n’est pas appliqué, où les écoles, les bars et les restaurants restent ouverts, où le port du masque est considéré comme une option négligeable, tout ça juste pour justifier le choix d’un disque, pointe clairement, après cinq semaines de circonvolutions, les limites de l’exercice. Mon stock d’alibis commence à dangereusement s’épuiser, la valse des sélectionnables s’emballe. Certains, assurés d’être sur la feuille de match, se sont vus renvoyés en tribune. D’autres, suite à je ne sais quel tour de passe-passe, ont été extirpés du chapeau. Si la France compte 60 millions de sélectionneurs, j’en viens à reconsidérer la position d’un Didier Deschamps avec un peu moins d’animosité. Retour à l’arbitraire, donc.
Considérant le match du jour, le nom de l’équipe va être déterminant. The Compact Organization ayant eu les honneurs du post #1, et Factory étant jusqu’ici aux abonnés absents, c’est vers Palatine Road que se tourne le jury. Continuer la lecture de « #35 : Stockholm Monsters, All At Once (Factory, 1984) »

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La route de Rome

Jour pour jour en 1993, New Order sortait “Regret”

New Order, conférence de presse pour la sortie de Republic.
New Order, conférence de presse pour la sortie de Republic.

C’est un dimanche du mois de mars. Un dimanche matin. Il y a une Convention du Disque à l’espace Champerret à Paris. Il est encore tôt quand ils sortent de la bouche du métro. Le garçon a un walkman et une cassette. Une cassette pas comme les autres. Ni l’une de celles officielles qu’on peut acheter dans le commerce, ni un de ces modèles vierges sur lesquels on enregistre pour les copines et les  copains ses morceaux préférés avant de confectionner une pochette artisanale – en général en découpant une photo dans un magazine (de mode, de musique, de télé – rayer la mention inutile). C’est la cassette d’un disque qui n’est pas encore sorti. C’est la cassette d’un disque qui n’est pas encore sorti enregistré par l’un des groupes favoris du garçon. Car aujourd’hui, il fait partie des privilégiés. Il travaille dans un magasin de disques, il écrit dans un fanzine et grâce à sa chronique de l’hommage à Leonard Cohen réalisé par Les Inrockuptibles, on lui a proposé de piger pour Rock & Folk. Il a passé un entretien pour ça, face à Philippe Leblond qui est alors le rédacteur en chef adjoint – il ne lui dira pas pendant l’entretien mais il se souvient très bien de sa chronique du premier album de Lloyd Cole & The Commotions, en 1984, dans les pages de ce même magazine. Un magazine qui cherche quelqu’un qui s’intéresse  à la scène « indé » britannique. On va dire que « ça tombe bien ». Continuer la lecture de « La route de Rome »