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Maxwell Farrington & Le SuperHomard, Window Tax (Talitres)

Oui. L’album est en effet sorti au printemps dernier mais après tout, pourquoi toujours confondre vitesse et précipitation – encore plus à une époque où il n’existe plus d’ailleurs que la précipitation –, comme si un nouveau disque, après tout, avait une date de péremption – et qu’en parler quelques  semaines, mois, voire années après sa sortie relevait de l’incongruité et que cela revenait à se ridiculiser pour n’avoir pas crié avec les loups… De toute façon, je m’en fous car cela s’imposait pour moi comme une évidence et la pochette disait beaucoup : ces feuilles mordorées qui jouent des coudes pour imposer leur reflet dans l’eau faisaient forcément de cet un album un disque d’automne ou d’été indien. Un disque de lumières plus douces, d’air plus léger, de nuits qui tombent ni trop tard ni trop tôt, de conversations qui se murmurent. Continuer la lecture de « Maxwell Farrington & Le SuperHomard, Window Tax (Talitres) »

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Black Box Recorder : noir, c’est noir

Black Box Recorder, Londres 1998 / Photo : Ramón Escobosa
Black Box Recorder, Londres 1998 / Photo : Ramón Escobosa

Le temps passe toujours un peu plus vite mais il reste quand même quelque chose de rassurant : se dire que finalement, tout (oui, ou presque) reste possible. En tout cas, c’est à peu près (oui, ou plutôt très exactement) ce que j’ai pensé quand j’ai appris un peu plus tôt cette année la reformation de Black Box Recorder le temps d’abord d’un concert londonien, puis d’un concert parisien – ce vendredi 24 septembre, mais c’est complet je crois. Aujourd’hui, je ne suis pas certain que tout le monde se souvienne de Black Box Recorder. Mais dans les bureaux de la RPM canal historique, la découverte de l’existence d’un tel projet avait sans doute été fêté par une semaine d’apéritifs – non pas parce que dans ce trio mixte, figurait le spécialiste de l’humour vache et noir, Luke Haines, enfant presque chéri des critiques  (de part et d’autre de la Manche, mais surtout sur nos rivages) qui avait su faire sien l’art du contre-pied : d’un disque sous très forte influence The Go-Betweens à un album produit par l’ascétique Steve Albini, il n’y avait pour lui qu’un pas. Mais dans les locaux de la RPM, c’est surtout la présence de John Moore qui avait provoqué une certaine excitation. Continuer la lecture de « Black Box Recorder : noir, c’est noir »

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SELECTORAMA : AUTOUR DE LUCIE

Autour de Lucie / Photo : Matthieu Dortomb
Autour de Lucie / Photo : Matthieu Dortomb

C’était dans les derniers soupirs du siècle dernier : aux côtés d’hommes en presque solitaire – Dominique A, Philippe Katerine –, Autour de Lucie incarnait ce que d’aucuns baptisèrent “la nouvelle chanson française”, bannière qui résumait finalement assez mal la chose puisque ces jeunes gens modernes deuxième génération avaient beau écrire dans la langue de Molière, leurs parrains musicaux étaient souvent anglo-saxons – The Pale Fountains (Michael Head était d’ailleurs au générique du premier album d’Autour de Lucie), The Smiths, The Sundays, pour faire bref.

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Richard Hawley, au nom du père

Richard Hawley / Photo : Steve Gullick
Richard Hawley / Photo : Steve Gullick

La première fois, c’était au printemps 2001, au téléphone, dans les bureaux de la RPM : nous avions reçu le mini-album de ce gars dont le nom nous disait bien quelque chose sans savoir où nous l’avions croisé – le principal intéressé nous a rafraichi la mémoire en racontant ses excès avec Longpigs : les sept chansons avaient un gout d’avant, à l’instar d’une pochette au charme suranné et de cette voix à la gravité rassurante. L’homme n’allait pas chômer, en réalisant quelques mois plus tard un premier album aussi magnifique que son titre pouvait le laisser présager, Late Night Final. Nous nous sommes dits alors qu’avec Richard Hawley, ce serait pour la vie – et entre nous, nous n’avions pas vraiment tort. Nous avons alors souvent croisé sa route, comme pour cette interview croisée avec son ami Jarvis Cocker, attablés dans un PMU de la rue Amelot, quelques heures avant que les deux acolytes ne passent des disques dans la cave du légendaire Espace Couleur… Continuer la lecture de « Richard Hawley, au nom du père »

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Sr Chinarro, un lugar en el pasado

Antoni Luque, alias Sr Chinarro / Photo : DR
Antoni Luque, alias Sr Chinarro / Photo : DR

Pas la peine de tourner autour du pot : je tiens le dénommé Antonio Luque, la tête pensante du groupe Sr Chinarro, comme l’un des auteurs-compositeurs les plus doués de sa génération. En et hors d’Espagne. Depuis la découverte de son premier EP, Pequeño Circo – grâce à des connexions espagnoles qui ont rythmé plus que bercé mes années 1990, mes années folles en quelque sorte, avec la naissance de la RPM canal historique, les quelques mois comme disquaire, la casquette honorifique de « manager », pseudo-animateur d’une émission de radio très indépendante intitulée Eldorado et dont le générique était… la version instrumentale de la magnifique Mi Caracola Loca de Sr Chinarro –, j’ai souvent succombé aux mélodies douces-amères imaginées par cet homme au charisme plutôt inné, à la langue assez bien pendue et dotée – à l’instar de Jean-Louis Murat – d’une détermination de tous les instants, d’une passion inassouvie pour le verbe de sa langue natale. Continuer la lecture de « Sr Chinarro, un lugar en el pasado »

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Real Estate, The Wee Small Hours (Domino Records)

C’était les derniers mois que je passais à la RPM – canal historique. C’était les derniers mois mais je ne le savais pas encore – désolé pour l’analogie mais comme le titre d’un film culte, je suis parti sur un Coup de Tête. C’était les derniers mois, donc, et il se passait pas mal de choses sur le front des nouveautés. Il se passait surtout que, tout à coup, tous nos groupes britanniques préférés étaient en fait originaires des États-Unis – le phénomène exactement inverse de la toute fin des années 1970 et du début des années 1980, quand bon nombre de groupes britanniques tentaient de sonner comme le Velvet Underground ; ou, oui, Lou Reed. Continuer la lecture de « Real Estate, The Wee Small Hours (Domino Records) »

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Migala, le feu à sa vie

Photo : Philippe Lévy / Migala, scrutant le ciel de Majorque

Rappel des faits : une ville, Madrid – l’un des creusets les plus fascinants des explosions culturelles de la fin du XXe siècle (et je n’ai peur ni de le dire ni de l’écrire, qui n’a rien à envier à Londres, New York, Manchester, et surtout Paris) ; un nom littéraire, emprunté à une nouvelle de l’écrivain argentin Julio Cortazar ; un groupe-polygone, deux fratries accompagnées par deux amis, soit six musiciens fiers de leur statut revendiqué d’“amateurs” et unis par un  “équilibre instable”. Et une filiation nord-américaine qu’il n’a pas été difficile d’établir : les deux reprises au générique d’un premier album en noir et blanc, de sa pochette jusqu’à ses arrangement, Diciembre 3AM : Fade Into You de Mazzy Star et Moon River d’Henry Mancini ; et bien sûr, ses accointances avec le très respecté Will Oldham – histoire d’alimenter les débats de fin de nuit, je pourrais préciser ici que pour ma part, ce que je préfère de lui, c’est la photo qu’il a prise pour la pochette du Spiderland de Slint –, que nos amis espagnols accompagnaient parfois sur scène dans la Péninsule… Moins de dix ans d’existence et cinq albums – avec pour certains des destins internationaux : Labels et PopLane pour la France, Sub Pop aux États-Unis. Voilà pour les présentations. Continuer la lecture de « Migala, le feu à sa vie »

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Mélanie Pain, How & Why (Capitane Records/Modul)

 

Depuis longtemps, je me demande si nous sommes nombreuses et nombreux à réagir de la sorte – mais j’oublie toujours de poser la question. Oui, je me demande si comme moi, parfois, il suffit des quelques secondes d’une intro, un simple changement d’accord, l’esquisse d’une mélodie pour que déjà, vous sachiez qu’une chanson a (entre autres) été écrite pour vous, qu’elle va tourner en boucle pendant plusieurs jours / mois / semaines / années (rayez la mention inutile si tant qu’il y en ait une) et qu’elle ouvre un album que vous allez aimer adorer (la formule “adorez aimer” fonctionne aussi)… Depuis longtemps, j’ai ce rapport à la musique – pour le meilleur, mais pour le pire aussi : l’intro de la première chanson d’un disque attendu avec une certaine impatience déçoit, et son sort en est scellé… Continuer la lecture de « Mélanie Pain, How & Why (Capitane Records/Modul) »