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Steve Piccolo, Domestic Exile (Guerssen)

Il est de ces disques qu’on ne voit pas venir, de ces disques qui sortent au mauvais moment, et le bonheur est d’autant plus grand quand on les découvre. Domestic Exile fait partie de ceux-là. Et quel titre parfait pour accompagner la période qui a suivi sa sortie le 15 février dernier. Le moins que l’on puisse écrire est qu’Alex Carretero, du label espagnol Guerssen, a fait un choix courageux et éclairé en rééditant ce disque à quelques semaines du début du confinement. L’unique disque solo de Steve Piccolo est initialement sorti en 1982 à New York. Il est alors le bassiste un peu chahuté du groupe de no jazz The Lounge Lizards qu’il a fondé avec ses amis de fac, les frères Lurie. Il quitte le groupe peu après la sortie de ce side project, en même temps qu’Arto Lindsay. Pour l’anecdote, Domestic Exile est composé alors que Steve et Evan Lurie passent de longs mois sans pouvoir jouer avec le groupe, John Lurie, le saxophoniste, s’étant cassé une dent de devant au cours d’une bagarre devant le Mudd Club. Continuer “Steve Piccolo, Domestic Exile (Guerssen)”

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Selectorama : J’Aime

Jaime Cristóbal alias J’Aime

C’est à se demander pourquoi nos routes ne se sont pas croisées plus tôt. Sans doute par la faute de mon manque de curiosité. Parce qu’en plus de porter comme nom mon prénom en version castillane et d’habiter non loin du berceau familial, Jaime Cristóbal a le profil des auteurs, compositeurs, musiciens, arrangeurs et / ou producteurs que j’aime plutôt bien – comprendre j’adore. Non content d’écrire de belles chansons, il aime écouter celles des autres et en parle plutôt bien (c’est à ce moment-là que je me dis que son nom d’artiste, il ne l’a pas choisi juste pour le jeu de mots). Il est, à l’image d’un Bob Stanley de Navarre, un mélomane compulsif dont on sait déjà que la curiosité de sera jamais rassasiée et qui prend à cœur son rôle de passeur… Continuer “Selectorama : J’Aime”

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Confeti De Odio, Tragedia Española (Snap! Clap! Club)

D’abord, il y a eu cette pochette, aperçue un dimanche soir sur Instagram, sur le compte du très recommandable Nacho Canut – pour ceux qui ne suivent ou ne savent pas, cet homme est la moitié de Fangoria et l’une des figures emblématiques de la Movida et de la scène pop espagnole depuis la fin des années 1970, en particulier pour avoir cofondé, avec son éternelle complice Alaska et le regretté Carlos Berlanga, Alaska Y los Pegamoides puis Alaska Y Dinarama. Des groupes qui, un peu à l’instar d’Orange Juice à la même époque, rêvaient de marier les Ramones et Chic. Alors voilà : quand un type de cette envergure poste sur son compte une pochette, vous avez forcément envie d’en savoir un peu plus. Surtout quand ladite pochette donne une idée assez précise de ce à quoi aurait pu ressembler en vitrine un disque de The Smiths avec Syd Barrett période The Madcap Laughs comme effigie. Et puis, le titre et le nom de l’artiste attisaient aussi la curiosité : Tragedia Española par Confeti De Odio (une traduction approximative en serait : Tragédie Espagnole par Confetti de Haine). Et moi, quand il s’agit de musique pop, j’aime bien les mots qui ne donnent pas le choix : c’est l’amour ou la haine – justement –, il n’y a pas de place pour un milieu plus ou moins juste…

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Selectorama : Melenas

Melenas

C’était un dimanche. Un dimanche soir plongé dans la correction des cahiers, mais à surveiller d’un œil distrait – est-ce bien sérieux ? – les réseaux. C’est exactement à ce moment-là que j’ai vu passer un lien, posté par un ami sur lequel je peux savoir compter. Un clic. Une claque. Sur la page Bandcamp de Melenas, je tombais directement sur la chanson Una Voz, le genre de petit miracle mélodique que l’on est condamné à écouter en boucle. Dont acte. Et forcément, l’envie d’en savoir plus sur ce groupe né en 2016 à Pampelune, Navarre, patrie d’Indurain chère à Hemingway et (presque) berceau familial. Continuer “Selectorama : Melenas”

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I Like 2 Stay Home #25 : Our Prayer, par Ibón Errazkin

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Il y a quelques semaines, avant même que commence toute cette folie, est paru un très bel album. J’aurais souhaité écrire à son sujet parce que vraiment, c’est un disque que j’écoute souvent – aussi souvent qu’un autre très beau disque, Grande Est La Maison de Cabane. Mais pour plusieurs raisons, je n’ai trouvé ni le temps, ni le courage. Parce qu’il est toujours difficile d’écrire sur un disque qu’on adore, dont on est intimement persuadé qu’il a été écrit en partie pour vous – pour vous seuls –, alors que bien sûr, ce n’est pas du tout le cas… L’album en question est signé Single – un duo, cela ne s’invente pas, composé de  Teresa Iturrioz et Ibon Errazkin -, s’intitule Hola, et parmi ses dix chansons d’une pop où riment classique et magnifique, figurent deux chefs d’œuvre (rien que ça), El Roce et El Sueño. Continuer “I Like 2 Stay Home #25 : Our Prayer, par Ibón Errazkin”

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Single, El Roce (Elefant Records)

¡ Elefant 30 !

Il existe des groupes, des artistes – oh, quelques-uns, ils ne sont pas très nombreux – dont on a la sensation qu’ils écrivent sans le savoir l’histoire de nos vies. Pas à chaque fois peut-être, mais au moins le temps d’une, deux ou trois chansons par disque. Je suis les aventures musicales des deux membres de Single depuis vingt-cinq ans maintenant, depuis la découverte de leur groupe précédent, Le Mans, qui en même pas une décennie a enregistré quatre albums et une poignée de… singles inédits, autant de références frôlant la perfection si jamais on aime quand la pop fait de la mélancolie et la délicatesse ses raisons d’être. J’ai d’ailleurs déjà écrit par ici tout le bien que je pense de cette formation née à San Sebastian au début des années 1990, après une première aventure sous le nom de Las Aventuras de Kirlian – oui, une référence à Cabaret Voltaire pour ceux qui suivent, même si la musique minimaliste et espiègle avait plus à voir avec la génération C86 (et la scène écossaise) qu’avec la formation de Sheffield. J’ai donc déjà écrit maintes fois toute mon admiration face à cette intelligence mélodique, à ces chansons qui brossent le quotidien avec une élégance et universalité rares. Continuer “Single, El Roce (Elefant Records)”

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Migala : Chanter les langues

Migala
A Mojácar, pendant l’enregistrement de “Asi Duele Un Verano” de Migala / Photo : Diego Yturriaga

Quand on constate qu’un groupe qui a touché notre cœur a su en toucher d’autres, on se réjouit. Parfois, un groupe touche beaucoup de cœurs, et on craint alors, parfois, qu’il en touche trop, parce qu’on serait alors, peut-être, un peu moins soi, un peu plus anonyme. Peut-être, pourtant, que ce groupe a su toucher quelques universaux plus partagés que d’autres universaux, ou plus d’universaux qui font somme, et que ce n’est pas grave finalement. Continuer “Migala : Chanter les langues”

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Migala, des hommes singuliers

Réédition de leur bouleversant album “Asi Duele Un Verano” en vinyle chez Acuarela.

Migala
Migala

Avant cet été, je n’étais pas allé à Madrid depuis le printemps 2002. Je devais alors passer des disques à la soirée de présentation dans la capitale espagnole du quatrième album de Migala, Restos De Un Incendio. Je ne sais plus du tout comment on avait décidé de cela. Comment on avait organisé l’histoire. Mais on s’en moque un peu. Le printemps 2002, donc. Je suis un rédacteur en chef – le « en chef » est important je crois, mais pas tant que ça pour moi. Trois ans plus tôt, un label français, et pas des moindres, a décidé de sortir le deuxième album de ce groupe espagnol. Le label en question, c’est celui qui a fini par signer Daft Punk en 1994 ou sortir dans l’Hexagone les disques de Palace, Lambchop, The Notwist et oui, vous avez raison, quelques autres. C’est embêtant, parce que je suis passé complètement à côté du premier album du groupe espagnol en question. Et pourtant, il est paru sur l’un de mes labels préférés – parce que tous les putains de premiers albums de Sr. Chinarro – et vit dans l’une de mes villes favorites au monde – et non, pas seulement grâce au Real Madrid. Continuer “Migala, des hommes singuliers”