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#11 : The Flying Lizards, Money (Virgin, 1979)

 The Flying Lizards
The Flying Lizards sur lit de pièces jaunes.

« The best things in life are free / But you can give them to the birds and bees ». Même quand il ne circule plus, il continue de faire tourner les têtes et le monde. Le flouze, le grisbi, la maille, le bif. Les bourses chutent, la récession pointe, le virus décime, mais prenons garde à ce qu’il n’ait pas la peau de l’économie. La BCE peut bien injecter 750 milliards d’argent frais pour que le manège continue de tourner, à mon micro niveau l’équation est simple, la loi du marché devient un jeu d’enfant. Confiné, je ne gagne plus grand chose, mais confiné je dépense guère davantage (et je pourrai facilement atteindre l’équilibre si je levais le pied sur le Bourgogne). Au bout du compte, je trouve ça plutôt ça sain. J’envisage même de me remettre au troc. Je connais près de Nemours un type (un soit-disant proche de « Pristine » Christine Lagarde) qui n’a pas d’oursins dans les poches et qui est prêt à me céder deux caisses d’Aloxe-Corton 2015 en échange de ma copie near mint du premier single Sarah des Sea Urchins (et je n’ose pas vous avouer ce qu’il consentirait lâcher pour le Strike Up Matches d’Episode Four). Evidemment, tout ça n’engage que moi et je vous autorise à me chercher des poux ou m’agonir (soyez originaux sur les noms d’oiseaux, je vous rappelle que j’ai un gamin qui veut devenir ornithologue), à condition de laisser ce cher Henri Calet en dehors de tout ça. Continuer « #11 : The Flying Lizards, Money (Virgin, 1979) »

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#4 : Gang of Four, At Home He’s a Tourist (EMI, 1979)

Gang Of Four
Gang Of Four chaleur tournante.

Cette histoire de gouttière toujours pas réparée (cf. #2) va finir par m’en coûter, je le crains. Ma femme télétravaille, les enfants ont des télécours et des télédevoirs, et moi, histoire de recoller au peloton, je clame que je suis au téléchômage. Dès lors m’incombe une large part des tâches ménagères, les courses, le bricolage, le jardinage, et que sais-je encore. Sauf qu’évidemment, fidèle à ma mauvaise réputation, j’en fiche pas une rame. Cumul des manquements plutôt que des mandats, et lourds cumulus nimbus qui s’agrègent au-dessus de ma tête. « Là, papa, ça commence à devenir tendu », ironisent les kids. Alors hier, quand ma femme m’a lancé, l’œil noir et des éclairs dans la voix, que je me comportais comme un touriste dans ma propre maison, ma réaction ne s’est pas fait attendre : je n’ai pu m’empêcher de lui sourire en retour et de la gratifier d’un tendre baiser. Pour mieux me précipiter ensuite dans ma grotte (car on est d’accord, Leroy Merlin et Bricomarché, c’est bien fermé ?), déterminé à retrouver ce single (leur deuxième, si je ne m’abuse) de Gang of Four qui se rappelait ainsi à mon bon souvenir. Continuer « #4 : Gang of Four, At Home He’s a Tourist (EMI, 1979) »

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I Love You (Miss Robot) – The Buggles

17 secondes qui ont changé ma vie

« Ex Machina » d’Alex Garland (2014) / Photo : UPI

Il avait hésité. C’est ce qu’était encore la vie de mon père, à 40 ans : une hésitation. C’était avant le chômage, et la certitude d’avoir définitivement perdu. Il avait hésité puis laissé sa main choisir : ce ne serait pas le disque de Madness qu’il ramènerait à la maison, également sur les rayonnages du supermarché où il avait fait halte en quittant le bureau, mais The Age of Plastic, le premier album d’un duo britannique, The Buggles, dont le premier single Video Killed The Radio Star allait bientôt faire pivoter l’axe de rotation de la Terre, et dont la pochette graphique semblait tendre des passerelles de fils colorés vers ses Rotring et sa planche à dessin, ses outils d’ouvrier. Continuer « I Love You (Miss Robot) – The Buggles »

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Dance to the Music #4 : Brit Funk, la playlist


Pour accompagner l’article sur la Brit Funk, une playlist pour découvrir le genre et au delà. Le renouveau du jazz funk britannique fut aussi dense que varié. Retrouvez aussi la playlist et l’article sur la Brit Soul. Continuer « Dance to the Music #4 : Brit Funk, la playlist »

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Dance to the Music #4 : Brit Funk (1974-1985)

Brit Funk, photo extraite de la compilation du même nom par Joey Negro.

Les années soixante et le début de la décennie suivante sont marquées en Angleterre par la recherche d’une identité pour la soul et le funk (voir le précédent épisode). L’apport de l’immigration issu des anciennes colonies, particulièrement caribéennes, amène cependant un souffle et une singularité aux productions nationales. Si les premiers succès soul sont plutôt classiques (The Foundations, Sweet Inspiration etc.), dans l’underground, des formations (Cymande) tentent de créer des ponts avec une musique à cheval entre le rock progressif et le funk, l’Afrique et les Caraïbes. 1974 marque l’émergence d’une production britannique assumée et authentique. Celle-ci culmine à la fin des seventies grâce à l’émergence d’une scène jazz-funk fertile aussi regroupée sous la bannière brit funk. Continuer « Dance to the Music #4 : Brit Funk (1974-1985) »

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Les Olivensteins, Euthanasie (Mélodies Massacre)

Les chroniques anniversaire de l’été

Le rock et la France vivent une relation tumultueuse. La langue de Brassens serait-elle incapable de faire sonner l’électricité ? Coincé entre la chanson française et les Beatles (ou les punks selon l’époque), nos groupes hexagonaux adoptent parfois l’anglais au détriment du français. Cela peut se comprendre, la langue britannique est si facile à malaxer et adapter à la musique, tandis que le français semble lui si compliqué en comparaison. Pourtant, les dernières années ont démontré la vivacité de la scène francophone indépendante (Tôle Froide, LuneApache, Biche, Jesuslesfilles, Carambolage, Requin Chagrin, Pastel Coast etc.). La question reste ainsi ouverte entre anglophiles convaincus et adeptes de l’idiome de Molière. Le patrimoine local est-il reconnu à sa juste valeur ? Rien n’est moins sûr, et il nous appartient de nous pencher dessus et faire découvrir tout ce qu’il est possible de faire d’excitant ici avec nos mots et nos armes. Continuer « Les Olivensteins, Euthanasie (Mélodies Massacre) »

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The Undertones, The Undertones (Sire Records)

Les chroniques anniversaire de l’été

The Undertones

Regarder les décennies qui séparent des albums cultes peut se révéler être un exercice troublant. Ainsi The Undertones publié en mai 1979 se situe à équidistance d’Abbey Road (1969) des Beatles et The Stone Roses (1989) des Stone Roses. L’œuvre est elle-même en quelque sorte tardive dans la chronologie punk : 1976-1977 constitue peut-être en effet l’apogée du genre, mais à la fin de la décennie, le post-punk et la new wave pointent le bout de leur nez, prêts à ringardiser à coup de synthétiseurs les guitares électriques des punks, pour bien peu de temps. Continuer « The Undertones, The Undertones (Sire Records) »

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#unknownpleasures40 (4)

Joy Division Unknown Pleasures

Il y a des objets qui se démodent, comme les téléphones, les panoplies vestimentaires ou encore les supports sur lesquels la musique a été enregistrée. Pour d’autres, telles les guitares électriques, le temps n’a pas de prise. Ce constat matérialiste s’avère également valable pour les projets artistiques. Certains groupes à peine formés apparaissent déjà complètement dépassés, des symptômes du style la couverture du NME signant le début d’un retour de bâton. Mais il en existe aussi qui possèdent une image se bonifiant avec le temps, au point de finir par atteindre le panthéon de l’histoire de l’art. Continuer « #unknownpleasures40 (4) »