
Tous les mois, la rédaction de section26 propose une playlist constituée à 100% de nouveautés, entre trouvailles que vous n’écouterez qu’ici, sorties de groupes et d’artistes qu’on adore et retours de flamme inespérés. Les voici, une fois encore, choisis avec amour.
Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify, ou autre.
1. The Durutti Column, Liars (London Records)
Ceci. Est. Le. Premier. Extrait. Du. Nouvel. Album. De. Vini. Reilly. Nous. Pleurons. Des. Larmes. De. Joie. Et. D’émotion. EG
NDLR : Nous ne nous associons évidemment pas aux prises de position sionistes du leader du groupe.
2. Holy Wave, s33.u.in/HAL (Suicide Squeeze)
Les Texans dévoilaient cette semaine le premier single de leur sixième album, prévu pour le 10 juillet, I’m Dada. Enregistré, mixé et produit par Joo Joo Ashworth (des regrettés Froth), entre Los Angeles et Ensenada, chez leurs amis mexicains de Lorelle Meets the Obsolete, on y retrouve ce caractère rêveur qui leur est propre, avant qu’un refrain plus shoegaze ne vienne troubler la dérive des pensées. On attend avec impatience leur passage à Paris à la rentrée. CG
3. Pearl & The Oysters, Mandarin Moon (Stones Throw)
Nouvel extrait du futur album du groupe franco-américain Pearl & The Oysters. Sur ce très bon single, le duo déroule un son yacht-rock avec leur touche de fantaisie qui les rend si attachants. AGF
4. Levitation Room, Light Me Up (autoproduction)
Levitation Room sera en concert à Paris au Petit Bain le 3 juin prochain. Voici l’occasion de découvrir leurs excellents nouveaux morceaux comme Light Me Up, psychédélique et léger comme une brise d’air frais ! AGF
5. The Young Sinclairs, Never Find a Reason (autoproduction)
The Young Sinclairs est un groupe fantastique et qui faut-il soudoyer pour les faire connaître davantage ? Ils viennent de sortir un album sur Bandcamp en catimini et c’est gracieux comme à chaque fois. AGF
6. Mopar Stars, Lifetime of Pain (K/Perennial Records)
Bon, vous allez commencer à croire que je ne sais faire qu’un truc, c’est aller voir les nouveautés K/Perennial et vous n’auriez pas tout à fait tort certes, mais malgré tout il faut bien se le dire, chaque mois une sortie comme de nulle part d’un petit groupe ici du Texas, là de Pennsylvanie retient mon attention. On ne va pas se plaindre d’une jeunesse qui se réapproprie les évidences du cœur à la Teenage Fanclub et tout le power-toutim, d’autant que, me semble-t-il, le geste n’est pas vraiment celui du pastiche ici, mais celui d’une aspiration à une certaine simplicité, d’un rapport direct aux émotions, à la joie aussi de jouer des instruments, de faire des mélodies et chanter des refrains, comme si à l’évidence à nouveau cela était bénéfique pour l’âme. Et là je peux vous dire que ça me touche à un point stratosphérique. Official Researchers of the NJ Devil, leur nouvel album, sortira le 31 juillet. PN
7. POPE, Song Two (Rite Field Records)
Difficile de ne choisir qu’un titre dans cet album qui frappe très fort (dans tous les sens du terme) dès la première écoute. Les guitares saturées et le rythme effréné évoquent Dinosaur Jr., ou plus récemment, dans les moments plus calmes, MJ Lenderman, dont ces Texans partagent aussi le goût pour les mélodies accrocheuses. Ecoutez BFM (c’est le titre de l’album) jusqu’au bout car deux particulièrement chouettes morceaux le clôturent (Good Enough et Underdawg). CG
8. feeble little horse, Doorway (Saddle Creek)
Est-ce qu’on oserait le terme « pont générationnel » de genre pour les petits tracks homoncules de feeble little horse ? Ça serait peut-être osé, mais leur SKIBIDI-shoegaze en direct de Pittsburgh (à l’orée du bois des voix cachées sous les effets de guitare et d’un truc no-style plus dérangeant que seul·es nos jeunes d’aujourd’hui savent faire et ressentir, bravo) me laisse à chaque fois circonspecte et fascinée face à cette acrobatie temporelle. Leur nouvel album bitknot vient de sortir sur les plateformes et en sortira en physique le mois prochain, vous nous en direz de vos oreilles. PN
9. Lowertown, I Like You a Lot (Summer Shade)
Alerte cool kids avec ce duo d’Atlanta basé à New York, auquel il est bien difficile de résister, et ce dès le premier titre de leur nouvel album, Ugly Duckling Union. C’est cette voix féminine qui vacille, cette fragilité qui transpire. Il y a un peu de Wednesday mais aussi, et tout particulièrement sur ce titre-là, du Bar Italia dans le jeu des voix entremêlées et la désinvolture. CG
10. Party Dozen, Special Unit (City Slang/GRUPO)
Le duo australien revient en force avec un single — 2 min 39 d’énergie brute, un clip à la satire déglingo — qui annonce un cinquième album qui va forcément défoncer. CM
11. Getdown Services, I Can’t Die Like That (Breakfast Records)
En attendant la sortie en août de Massive Champion, le nouvel album du duo de Bristol, voici un appel absurde et goguenard à éviter une mort grotesque. C’est toujours de la musique de branleur, mais qui vieillit et s’interroge un peu avant de se resservir un coup. Pour trinquer, ça sera en première partie de Babyshambles à la Philharmonie le 27 juin dans le cadre du festival Days Off. PR
12. Eddy Current Suppression Ring, Swimming Hole (Suppression Records)
Eddy Current Suppression Ring avait renversé toutes les tables dès la fin des années 2000 avec un son sec et serré, presque une décennie avant que ça ne devienne (outrageusement) à la mode. In Light of Recent Events, leur nouvel album, est sorti ce mois-ci sans grande annonce, belle surprise. Super tube, Swimming Hole montre qu’ils n’ont rien perdu de leur savoir-faire en riffs attrapeurs et chansons raides mais ludiques. VHu
13. Fleur Bleu.e, Question Marked Upon The World (November Souls/Sunday Records)
Depuis la parution de Unrequited Love – presque trois ans déjà ! –, il s’en est passé des choses dans la vie de Fleur Bleu.e – privée comme publique. Après un long séjour en terres américaines, Delphine Lucy Lam et Vlad Swann reviennent aujourd’hui avec Question Marked Upon The World (et en effet, la question se pose), un disque où le duo fait montre de plus de témérité, fricote un peu plus avec l’électronique et laisse parfois la place libre à des guitares plus bruyantes. Mais la matrice est toujours-là : c’est la mélancolie bleue chère aux Cocteau Twins (et ses descendants Slowdive) qui habille la plupart des chansons de ce deuxième album, comme le suggère, je crois, à merveille la chanson éponyme. CB
14. Asara, Thank You, Thank You (Géographie)
Un deuxième extrait du premier album d’Asara, 028 Crises, à paraître le 3 juillet – une parfaite pop song sur une relation passée, à la mélancolie teintée d’un brin de sarcasme, classy. CM
15. Suzanne Landier, Yes (autoproduction)
En écoutant pour la première fois The Space Lady, Suzanne s’est dit « Ah ok. C’est donc ça qu’on peut faire avec un synthé ». Elle a sorti un premier EP Unfinished Casio Songs et la voilà filmée, dans les mains un Casio, sous les pieds le métro – c’est très beau. CM
16. Julien Gasc, Je t’aime bel et bien (Prohibited Records)
Parfois, la perfection, c’est presque rien : quelques mots qui touchent, des notes qui sonnent joliment les unes après les autres et que l’on répète. Julien Gasc explique que « mon visage » fait en fait référence à une expression brésilienne, « meu cara », signifiant « mon pote ». Un titre à glisser à ses proches dans les mauvais jours. P.S. La sortie de l’album sera célebrée le soir-même, ce vendredi 5 juin, au Chinois à Montreuil. CG
17. Picot, Plan Séquence (Vietnam)
Presque Pop, le premier album de Picot est enfin sorti ! Il est à la hauteur des singles : entre chanson française et pop indépendante, de la musique de trentenaire par excellence ! AGF
18. Dent May, The Big One (Carpark Records)
Dent sort le 14 août un septième album, The Big One – il est bien loin le temps du ukulélé. La première et soyeuse chanson au titre éponyme est dévoilée, et évoque « la catastrophe naturelle tant attendue qui pourrait ou non venir détruire le monde… en fin de compte la chanson pose la question suivante : sachant que tout s’écroulera tôt ou tard, est-ce que tu t’en sortiras ? » – ou comment évoquer la fin avec tellement de glamour. CM
19. Bedouine, On My Own (Thirty Tigers)
On my Own est possiblement le plus beau titre que l’artiste folk de Los Angeles n’ait jamais dévoilé. Une ballade mélancolique au piano aux accents sixties évoquant Weyes Blood, à propos de laquelle elle explique : « J’ai écrit On My Own après être rentrée d’une visite chez mes parents en Arabie Saoudite. J’éprouvais un sentiment de perte très profond, parce que c’était probablement l’un de mes derniers voyages là-bas, du moins tant que mes parents vivaient encore dans cette sorte de village où j’ai grandi. […] Je me sentais très seule et je réfléchissais à l’espace qui existe entre la famille dont on vient et celle que l’on créera peut-être un jour. » Ne manquez ni ce très beau clip, ni son passage à la Marbrerie, à Montreuil, le 7 septembre. CG
20. Shannon Lay, Past The Veil (autoproduction)
Contemplatrice avisée du changement, Shannon Lay revient avec le premier extrait d’un album qui promet d’être luxuriant, libre, fou et fin comme la MPB. La voix toujours dessine, trace, ombre, et les arrangements ne remplissent pas, ne décorent rien, n’errent dans aucun temps : ça ressemble fort à une maison d’été et de la floppée de saisons à suivre. On regardera le soleil dans les yeux, on regardera la pluie tomber, on attendra quelques minutes dans la pénombre avant d’allumer la lumière, le soir. CC
21. villagerrr, Virginia (Winspear)
Auteur-compositeur originaire de l’Ohio, Mark Scott façonne depuis maintenant cinq albums le projet villagerrr, porté par une constante : la douceur, dont il nous enveloppe à nouveau en ce début d’été. Virginia est la plus country des chansons de ce Carousel ; on pense à Hovvdy ou à Wednesday, bref à tout ce qu’il se fait de mieux aujourd’hui. CG
22. Hovvdy, Try Try Try (Arts & Crafts Productions Inc.)
Je vais être honnête, j’ai eu très peur quand j’ai entendu les premières notes de ce Try Try Try dans le réel Instagram annonçant sa sortie ; beaucoup trop pop-rock, Strokes et surjoué pour moi. Et puis parce que j’aime tellement ces deux gars-là, je leur ai donné le bénéfice du doute, et j’ai réussi petit à petit à penser davantage à Beach Fossils, à saisir l’énergie et l’efficacité du titre. J’ai tout de même bon espoir qu’ils nous servent, comme à leur habitude, une belle dose de mélancolie dans le reste de l’album, à paraître mi-août. CG
23. Bleachers, The Van (Dirty Hit)
Les beaux jours reviennent, et avec eux l’envie de ralentir le rythme pour traîner avec ses amis. Quoique l’on pense du groupe de Jack Antonoff, ce deuxième extrait du nouvel album everyone for ten minutes propose une alternative au classique Drinking in L.A de Bran Van 3000 pour celles et ceux qui ont juste envie d’être cool. PR
24. The Coral, Let The Music Play (Run On/Modern Sky)
“Play that song again, the one we used to smoke to – when we were young.” Dès les premières lignes et les premiers cuivres, on pense immédiatement aux Specials, l’une des influences majeures du groupe qui revient sur leurs premiers amours dans 388, treizième album en presque trente ans de carrière. Vendu « anonymement » dans quelques magasins de disques britanniques le 8 mai dernier, ce disque revient à l’essentiel pour James Skelly et sa bande, pour notre plus grand bonheur. PR
25. Arab Strap, You You You (Rock Action Recordings Ltd)
L’album Half-Told Tales (le troisième depuis leur retour aux affaires) sortira le 4 septembre et en éclaireur le nouveau single, d’une franchise politique et humaine rare, fait plus que le job en disant à peu près tout sur l’époque. EG
26. Jean Felzine, Je sème (Vietnam)
Nouvel extrait du prochain album de Jean Felzine. Avec Je sème, l’ancien chanteur de Mustang revient à ses amours pour la chanson et le rock lettré. AGF
27. Dominique A, Un jour j’ai disparu (Cinq 7/Wagram Music)
L’album Spirales (16 titres, pas moins) sortira à l’automne mais ce premier extrait, faussement nostalgique, presque enjoué convoque précisement la baisse des températures de la semaine prochaine. En prime, pour les fétichistes, de magnifiques clichés de jeunesse de l’intéressé, datant du siècle dernier dans un clip impeccable de Gaëtan Chataigner. EG
28. Boards of Canada, Deep Time (Warp Records)
Pour les gens qui auraient des problèmes de connexion avec internet, il faut absolument que vous sachiez que Boards Of Canada a sorti un nouvel album. EG
29. Sooj, Fleece (The Numero Group)
Sooj, c’est un projet collaboratif réunissant des membres de Duster — probablement dépités de voir une partie de leur public réduire leur musique au buzz TikTok autour de Stars Will Fall ; on les avait vus pousser leur coup de gueule en live à Londres en 2024 — et Dirty Art Club, duo connu pour ses collages instrumentaux, entre hip-hop lo-fi et rock psychédélique. Le résultat, c’est un album qui ressemble beaucoup à du Duster, sous un autre nom et ça nous va. CG
30. Parasite Jazz, ケタケタ (Les Disques de la Spirale)
Trois ans ont passé et, enfin, un nouvel album du combo à géométrie variable Parasite Jazz paraît sur les (superbes) Disques de la Spirale. En sinueuse pérégrination à travers les genres, rôdant autour du dub, du non-jazz, du space rock et des B.O. de films noirs, l’orchestre magique s’étoffe une nouvelle fois d’invité·es de marque pour jouer une musique protéiforme, captivante et toujours géniale. Effets visuels marqués à fort dosage. VH
31. Charli XCX, SS26 (Atlantic Records)
Deuxième single d’un album annoncé comme inspiré par le rock — par la plus punk des hyperpop stars —, SS26 a l’immédiateté d’un tube global pour l’humanité finissante (mais bien habillée) : « Spring, Summer ’26 / When the world is gonna end, no hope for any of it / Yeah, we’re walkin’ on a runway that goes straight to hell ». La production est toujours réalisée par PC Music mais est plus simple et directe que déconstruite ou post-machin. Ça sonne indie rock des 00’s, Strokes ou XX, c’est fiévreux et nostalgique, et ça va raser l’été 2026. VHu
32. The Homesick, Esperanto (Siluh Records)
Après trois albums et un paquet de singles, le trio hollandais balance une chanson bien déjantée que n’aurait pas reniée Devo. CM
33. Mike D, What We Got (UMG Recordings)
Après Switch Up il y a quelques semaines, Mike D sort What We Got, deuxième titre enregistré avec ses fils et les producteurs de SZA. Voilà plus de quinze ans qu’aucun Beastie Boy(s) n’avait sorti de musique, et le plaisir de retrouver Mike D est immense, d’autant plus que les deux morceaux sont très bons. Et comme tous les artistes ne jurent pas que par des places à 100 euros, Mike D sera en concert à Paris le 20 juin à l’Espace Périphérique (la Villette) avec entre autres les Pussy Riot, pour la modique somme de 29.70 euros. PR