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Il y a un an pile…

Il y a un an pile, 26 journalistes d’un même magazine claquaient ensemble la porte de leur maison, laissant un intrus avec les clés. Un geste fort, dans la foulée du départ du rédacteur en chef et de son adjointe deux mois plus tôt. Trois semaines après, nous sortions Mushroom, soit quelques jours avant Noël. 64 pages de retrouvailles avec ceux qui ont créé le titre, et d’articles que nous avions chacun envie de publier, dans cet esprit libertaire du fanzine que nous étions à nos débuts. Certains d’entre nous pensaient que la période n’était pas la meilleure, qu’on allait se ramasser une fois les fêtes passées… Et puis non. L’élan né via une boucle de mails a trouvé un écho auprès de fidèles du titre, mais aussi de nouveaux lecteurs. Chaque jour, par mail ou messenger, arrivaient de nouvelles preuves d’amitié et de soutien, des quatre coins de la France et bien plus loin. Des photos de Mushroom chez des disquaires, des libraires, des salles de concert et des bars, ou dans votre salon. Des mails nous disant que vous étiez heureux de nous revoir sous la forme d’un fanzine, libérés des contraintes du marché de la musique et des petits patrons de presse. On ne pouvait pas rester insensible à ces encouragements qui nous disaient de laisser le passé derrière nous, et de continuer. Cette expérience a renoué les liens entre nous, journalistes, photographes et amis, renforcés par cette colère que certains d’entre nous partagions, et qui a été incroyablement constructive. Section26 s’est imposé comme suite logique, et nous sommes d’ores et déjà fiers du chemin parcouru, neuf mois après sa naissance. Plus de 100000 pages vues, 250 articles publiés (soit un peu moins d’un par jour), deux mini-zines, une émission de radio bimensuelle, des liens forts renoués avec les labels, artistes, festivals et tourneurs, et une interaction impressionnante sur les réseaux sociaux. Et surtout, un contenu dont nous pouvons affirmer être fiers, car il est à notre image. Un regard subjectif et sincère sur la musique qui nous a construit, le vœu de ne pas oublier ceux dont on ne parle plus forcément, mais aussi la perspective de nouvelles promesses. Sans oublier ceux qui nous ont rejoint, car la rédaction n’a cessé de s’étoffer. Vous ne le savez sans doute pas toujours, mais nous sommes un média 100% indépendant et bénévole, c’est rare, et il faudra arriver à évoluer pour continuer. Pour cela, plus que jamais, on compte sur vous, ceux qui nous ont soutenu tout comme ceux qui nous ont découverts au fil de ces mois. Lisez, aimez, partagez, commentez, invitez vos amis à nous suivre, c’est important, car on ne tiendra que grâce à vous.

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Machines #2 – Minimoog : The Model D

Nombreuses furent les machines à marquer l’histoire de la musique pop de ces cinquante dernières années, mais incontestablement, le Minimoog Model D a une place à part dans le panthéon du genre. Il est, à bien des égards, la matrice de la révolution sonore à l’œuvre dans les années soixante-dix. Au delà d’un principe révolutionnaire, il y a le son unique et fantastique d’un instrument pensé pour les musiciens. Cela peut sembler peu parlant (pour le moment) mais le Minimoog a défini dans les grandes lignes à quoi devait ressembler un synthétiseur analogique soustractif monophonique. Des règles encore d’actualité en 2018 ! Continuer « Machines #2 – Minimoog : The Model D »

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Frontperson, Frontrunner (Oscar St. Records)

Ils racontent que leur histoire commune est née d’une rencontre fortuite dans le hall d’un studio canadien. Difficile pourtant de retenir la thèse du simple aléa tant, pour l’occasion, c’est bien le destin qui semble avoir pris les traits du hasard. Elle, on la connaissait surtout pour sa participation au super-groupe de son oncle, Carl Newman, au sein duquel elle était d’abord apparue en remplaçante de luxe de Neko Case, avant d’affirmer de plus en plus nettement son statut de titulaire indispensable. Quant à lui, les six albums publiés de manière trop souvent confidentielle par la formation protéiforme dont il assure depuis 2006 la direction exclusive n’ont cessé de révéler ses talents hors du commun de songwriter et d’arrangeur. Continuer « Frontperson, Frontrunner (Oscar St. Records) »

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Papercuts, Parallel Universe Blues (Slumberland)

Ce n’est qu’avec la sortie de Parallel Universe Blues, sixième album de Papercuts, que j’ai découvert la dream pop de Jason Quever et le talent inouï de ce touche-à-tout californien. Tandis que j’écoutais Luna, Beach House ou The Mantles, c’est dans les studios d’enregistrement de ces derniers que le producteur s’affairait. Après quatre ans consacrés à la musique de ses pairs, il se recentre enfin sur sa propre production et, sans doute nourri par ces collaborations au sommet, délivre un album si actuel qu’il est naturellement passé pour celui d’une formation émergente auprès de mes oreilles profanes. Continuer « Papercuts, Parallel Universe Blues (Slumberland) »

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I Wear Your Ring – Cocteau Twins

17 secondes qui ont changé ma vie

I Wear Your Ring – Cocteau Twins 17 secondes qui ont changé ma vie Fred Valion

Je n’avais jamais envisagé de tomber amoureux d’Elizabeth Fraser. En 1990, alors que paraissait Heaven or Las Vegas, le sixième album de ses Cocteau Twins, mon cœur n’avait d’ailleurs jusque là chaviré que pour deux êtres : la jeune Magali, petit fantôme aux boucles noires qui, son amour innocent sous le bras comme un doudou, hantait le souvenir de mon cinquième anniversaire, et la blonde Elisabeth, qui m’avait littéralement sauvé de la noyade en cours de natation quatre ans plus tard, à qui j’avais littéralement promis ma vie, et qui avait littéralement disparu un matin, sans sommation, happée par les limbes de la mobilité professionnelle parentale. Continuer « I Wear Your Ring – Cocteau Twins »

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Catherine Ribeiro + Alpes, N°2, Âme Debout, Paix (Anthology Recordings)

Catherine Ribeiro + Alpes, N°2, Âme Debout, Paix (Anthology Recordings)À l’heure où plusieurs petits labels hexagonaux (Souffle Continu, Replica, Caméléon, Born Bad, Monster Melodies…) font revivre avec enchantement quelques-unes des plus belles perles de la France underground, c’est un label américain – Anthology Recordings – qui s’attaque à la réédition des premiers disques de Catherine Ribeiro et Alpes. C’est à un gros poisson auquel se confronte la filiale de Mexican Summer. Continuer « Catherine Ribeiro + Alpes, N°2, Âme Debout, Paix (Anthology Recordings) »

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Piroshka

Piroshka
Piroshka / Photo : Neil Stewart

Qui ?

Miki Berenyi (Voix, guitare)

Kevin J McKillop, alias Moose (Guitare)

Mick Conroy (Basse)

Justin Welch (Batterie) Continuer « Piroshka »

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Tunng : Secondes noces

Tunng : Secondes noces
Tunng / Photo : Eva Vermandel

À l’échelle de notre petit monde, la nouvelle a presque fait figure d’événement : onze ans après avoir mis un premier terme à leur fructueuse collaboration, Sam Genders et Mike Lindsay sont enfin parvenus à se rabibocher et à publier conjointement le premier album de Tunng arborant leur double signature depuis l’inusable Good Arrows (2007). Et même si les deux compères avaient su, tout au long de leurs années divergentes, développer chacun de leur côté deux carrières également passionnantes, la sortie en fin d’été de Songs You Make At Night (2018) est venu nous rappeler à quel point leur apport demeure essentiel dans un registre qu’ils ont plus que largement contribué à défricher, et où les structures folk traditionnelles se mêlent harmonieusement aux explorations électroniques contemporaines. À la veille d’un concert parisien scellant cette réconciliation longtemps espérée, on leur a demandé de revisiter les souvenirs, parfois aigres-doux, des cinq jalons discographiques de leur union musicale. Continuer « Tunng : Secondes noces »

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Nos nuits à Nantes, au Festival Soy (3/3)

Festival Soy Nantes
Here Lies Man / Photo DR

Rezé, petite ville accrochée tout contre Nantes, avec ses humeurs moins gracieuses. La nuit transporte déjà ses grumeaux de vapeurs entre des barres HLM identiques à souhait. La soirée s’annonce astucieuse, enfournée qu’elle est dans ce lieu-dit : Barakason. Avec son entrée de piscine municipale, le lieu a tout pour me plaire : pas glamour, un brin déglingué, un subtil anonymat. Continuer « Nos nuits à Nantes, au Festival Soy (3/3) »

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Nos nuits à Nantes, au Festival Soy (2/3)

Festival Soy Nantes
Flohio / Photo : Benjamin Rullier

On l’entendrait presque en arrivant aux pieds de la tour Lu – cette verticale pâtisserie adorable – elle, la vigie venue de Bermondsey. Cela tabasse en fréquences ondulées : Flohio captive son auditoire presque trop facilement. La jeune anglaise possède ce charme inouï de l’énergie pure, elle joue, s’illumine, agresse et louvoie à merveille. Menue, engoncée dans une silhouette minuscule pour son immense force, la jeune femme laisse une salle ébahie. Une baston salvatrice. Continuer « Nos nuits à Nantes, au Festival Soy (2/3) »