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Playlist : El genio de Sr Chinarro

(Presque) 30 ans, 4 labels, 16 albums, 3 compilations, 1 nombre incalculable de musiciens. Ainsi résumé, le parcours du Sévillan Antonio Luque, alias Sr Chinarro, donne un peu le vertige. Ça tombe bien, l’écoute de ses chansons, ambassadrices d’une post-pop dessinée dans le clair obscur, également… Quelques semaines avant son concert de poche francilien chez nos amis de Life Is A Minestrone, cette playlist nous rappelle à son génie. Continuer « Playlist : El genio de Sr Chinarro »

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The Pastels, Sittin’ Pretty (Chapter 22)

Les chroniques anniversaire de l’été

The Pastels Sittin'Pretty

« Parfois, j’aimerais qu’on fasse un disque aussi bon qu’On The Beach de Neil Young. Je pense que Sittin’ Pretty est ce qu’on a fait de mieux, mais ce n’est pas notre chef-d’œuvre. Si on arrive à faire dix chansons aussi bonnes que Ditch The Fool, Nothing To Be Done et Baby You’re Just You, alors on tiendra notre chef-d’œuvre. » (Stephen Pastel, Sounds, 12 août 1989) Continuer « The Pastels, Sittin’ Pretty (Chapter 22) »

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Ici c’est Brest

Photo : Chan Masson

On ne peut parler de la scène musicale de Brest sans parler de la ville, qui est définitivement à part. Si les villages touristiques bien propres aux toits de chaume rasés de près vous filent irrémédiablement le bourdon, alors vous vous sentirez chez vous à Brest. C’est ce qui m’est arrivé, un gros crush définitif, difficilement explicable mais je vais essayer quand même. Continuer « Ici c’est Brest »

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Mixtape Section26 #3 : Caio Falcão

Il y a une poignée de semaines, nous témoignions de notre enthousiasme pour le projet du pauliste Caio Falcão. Vulgar, son deuxième album chez Selo Risco, nous offrait une randonnée dans les embranchements multiples des musiques nordestines. Le jeune homme, lourd d’un folklorique bagage musical, parvient à son rythme appliqué à faire embrasser ses fantômes tropicaux d’un autre siècle aux modes de son âge. Cet été, il offre à Section26 son ombre en héritage : à travers une mixtape, il remonte le fil de ses influences comme on va de Macapa à Itaituba. Avec Timbalada, Comadre Fulozinha et Gilberto Gil, on retrouve les amours premiers de l’axé et ses percussions sur lesquelles le garçon se montre incollable. Naturellement, le conte brésilien qu’il compose se termine par Caetano Veloso, figure tutélaire dont il est difficile de l’éloigner. Complétement lusophone et tutoyant le folklore de près, la petite dizaine de pistes laisse imaginer la solidité et la fertilité des racines sur lesquelles il pose sa pop. Un attachement aux A.O.C. musicales à qui coupe court aux atermoiements déracinés et mondialisés d’une pop en quête de streams.

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Les Olivensteins, Euthanasie (Mélodies Massacre)

Les chroniques anniversaire de l’été

Le rock et la France vivent une relation tumultueuse. La langue de Brassens serait-elle incapable de faire sonner l’électricité ? Coincé entre la chanson française et les Beatles (ou les punks selon l’époque), nos groupes hexagonaux adoptent parfois l’anglais au détriment du français. Cela peut se comprendre, la langue britannique est si facile à malaxer et adapter à la musique, tandis que le français semble lui si compliqué en comparaison. Pourtant, les dernières années ont démontré la vivacité de la scène francophone indépendante (Tôle Froide, LuneApache, Biche, Jesuslesfilles, Carambolage, Requin Chagrin, Pastel Coast etc.). La question reste ainsi ouverte entre anglophiles convaincus et adeptes de l’idiome de Molière. Le patrimoine local est-il reconnu à sa juste valeur ? Rien n’est moins sûr, et il nous appartient de nous pencher dessus et faire découvrir tout ce qu’il est possible de faire d’excitant ici avec nos mots et nos armes. Continuer « Les Olivensteins, Euthanasie (Mélodies Massacre) »

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Jean-Louis Murat, Dolorès (PIAS)

On ne pose pas impunément Dolorès sur sa platine. Il ne s’agit pas là de simplement écouter la plus belle musique jamais enregistrée par Jean-Louis Murat, mais d’un authentique plaisir masochiste. De quoi parle-t-on ? Du deuil amoureux, mes toutes belles. Et dans le genre, il n’y a guère que l’immense Blood On The Tracks de Bob Dylan pour dépeindre avec autant de justesse ce sentiment de perte abyssale. Pas un hasard si l’Auvergnat, à l’heure d’inventorier ses madeleines de Proust au sein des archives vinyles de Radio France, confiera au micro de France Culture au sujet de la sortie du chef d’œuvre de Zimmerman en 1975 : « je n’avais pas encore décidé de faire de la musique, mais là je me suis dit : ouah, c’est définitivement ça que je veux faire. » Mais là où le futur Prix Nobel sort ses couplets les plus acerbes et revanchards à l’adresse de son amour perdu, Murat opte de son côté pour l’opération à cœur ouvert. Dolorès pour douleur, donc. Continuer « Jean-Louis Murat, Dolorès (PIAS) »

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Comme un ouragan

Retour sur « The Rolling Thunder Revue » de Bob Dylan (1975)

Bob Dylan Rolling Thunder Revue
Bob Dylan période Rolling Thunder Revue / Photo : courtesy Netflix

Début juin, Bob Dylan a présenté The Rolling Thunder Revue : The 1975 Live Recordings, un impressionnant coffret de quatorze disques retraçant son incroyable tournée de l’automne 1975, celle qui avait précédé la sortie de son album Desire. Quelques jours plus tard, Martin Scorsese a lancé, sur Netflix, Rolling Thunder Revue : A Bob Dylan Story, son deuxième documentaire consacré à l’auteur de Blowin’ in the Wind. En quelques jours, d’innombrables images et documents sonores inédits sont donc remontés à la surface, témoignant abondamment de ce qui apparaît aujourd’hui, non seulement comme l’une des périodes les plus riches de la carrière de Dylan, mais aussi comme une sorte d’épilogue inattendu et tardif des années soixante.

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David Berman – Eau Bénite

David Berman
David Berman

C’était la fin des années 90, l’époque ne durerait pas mais nous ne le savions pas du tout. La plupart des artistes qui nous intéressaient passaient par Paris et nous les rencontrions, selon leur maison de disques, soit chez Pias vers la Trinité, soit rue des Tournelles entre Bastille et le Marais. Labels y avait ses bureaux : un vaste open space où la plupart des labels américains cool et quelques anglais avaient résidence. Les entretiens avaient lieu dans une petite annexe, la porte d’à côté. C’est là que dans ces mêmes années j’ai rencontré pas mal de héros de l’epoque : Labradford, Will Oldham etc. C’est là aussi que j’ai passé une heure avec David Berman pour son disque d’alors. Le papier sortirait dans la revue pop moderne, comme beaucoup d’autres que j’écrivais alors et qui tournaient souvent autour du post-rock, de la musique électronique, de quelques trucs lo-fi et pas mal d’autres étrangetés, entre Coil et Spiritualized. Dans mes souvenirs, David Berman faisait l’effet d’un garçon un peu neurasthénique, aux accents et à la parole plutôt poétique, un brin différent de la normale. Le genre de rencontre qui vous fait croire en ce que vous faites parce qu’elle est l’apanage de la la singularité même : celle de l’homme et celle de son œuvre, celle de sa parole aussi. Il y en a eu d’autres au même moment qui avait cette manière d’être à côté du réel tout en nous le décodant : Bill Callahan de Smog, Dave Pearce de Flying Saucer Attack. A eux, à leurs obliques, je n’ai jamais cessé de penser – et au garçon de Silver Jews plus encore désormais.

Joseph Ghosn, 8 août 2019

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David Berman – Bonjour tristesse

David Berman
David Berman

Quel drôle de retour. Je n’y croyais pas. Je scrutais ce visage blême, ce regard rendu microscopique par des verres de correction staliniens. Un regard perdu, totalement. Il ressemblait parfois à un enfant. Pourtant, la réalité revenait vite me serrer la gorge – les cheveux gras et filasses, la silhouette bouffie, moche et terriblement émouvante, David Berman revenait ainsi. Fragile et peu apprêté. J’ai eu une sorte d’appréhension à l’écoute de l’album de Purple Mountains comme lorsque l’on serre contre soi un ami que l’on a plus vu durant dix ans et avec qui on s’était fâché. Pudeur, gêne et admiration. Et ce foutu temps qui passe. All my happiness is gone. C’était pas pour la pause ce titre, c’était du sérieux. Continuer « David Berman – Bonjour tristesse »

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Versing, 10000 (Hardly Art)

VersingLe leader de The Blank Tapes, Matt Adams, évoquait l’an dernier en interview l’influence de la perpétuelle chaleur californienne sur sa musique et supposait, chez les artistes, une sensibilité particulière aux conditions météorologiques. A sa solaire Cité des Anges il opposait un autre berceau musical de la côte Ouest… : « A Seattle ils ont la scène grunge. Tout le monde baigne dans cette atmosphère pluvieuse, lugubre, et je pense que cela se reflète dans leur musique, qui exprime des émotions différentes. » Ce n’est pas aujourd’hui que l’on infirmera la théorie : le vacarme de Versing annonce l’orage.

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The Stone Roses, The Stone Roses (Silvertone Records)

Les chroniques anniversaire de l’été

Trente ans se sont donc écoulés. C’est bien suffisant pour que la distance réflexive se mêle, en l’estompant, à l’intensité brute des souvenirs. Et pour que la toute petite histoire se fonde dans les grands mouvements de balancier de l’évolution musicale. Pourtant, au moment d’évoquer The Stone Roses – l’album ou le groupe, jamais sans doute l’italique n’a eu si peu d’importance – c’est encore la mémoire intime qui commence par affleurer. Les vacances de Pâques 1989 consacrées aux révisions du bac, un interlude arraché à la vigilance parentale sous forme d’aller-retour à la FNAC Montparnasse pour y acquérir la bande son des quelques semaines de labeur scolaire à venir et, immédiatement, les cahiers de math ou d’histoire qui s’illuminent de ces guitares carillonnantes et du balancement inouï des scansions rythmiques d’Alan Wren. Continuer « The Stone Roses, The Stone Roses (Silvertone Records) »

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Collection été-été : quelques notes sur quelques nouveautés

Comme beaucoup, j’ai fondu sur mon canapé. Comme peu, j’ai finalement aimé ces fortes chaleurs qui m’ont assommé au point de dormir comme un saluki ou un fennec victorieux (et viva l’Algérie). Mes périodes d’endormissement m’ont comme toujours porté conseil sur quelques disques qui ont défilé sur mes platines, CD et vinyle, dans la moiteur de l’été. Continuer « Collection été-été : quelques notes sur quelques nouveautés »

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La Movida

La révolution culturelle madrilène exposée à Arles

Miguel Trillo, El Calderón, Rolling Stones concert, Madrid 1982.

Je n’arrive pas à me rappeler de l’année. Et encore moins de l’artiste qui avait eu les honneurs de la couve de ce numéro de Rock & Folk. Ce devait être en 1984 – ou peut-être l’automne 1983. Car j’avais déjà entendu parler de la scène indépendante espagnole, ça c’est une certitude. Je l’avais découverte au cours des étés que je passais en partie à Altea, une coquette cité balnéaire située à une dizaine de kilomètres de l’hallucination architecturale qu’est Benidorm – pour résumer : les années 60, le franquisme (nous y reviendrons), le tourisme. Là-bas, j’avais sympathisé avec un garçon du coin de deux ans mon ainé, qui trainait en mobylette avec sa bande de copains (en idiome local, on appelle ça une pandilla), connaissait à peu près tous les lieux cool de la côte et partageait avec moi les mêmes gouts musicaux – dans le désordre, The Cure, New Order, l’electropop et la new-wave en général. Continuer « La Movida »

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Playlist : La Movida

À l’aune de la très belle et pertinente exposition sur la Movida – ce mouvement pluricuturel avant tout madrilène né à la fin des années 1970 – qui se tient en Arles jusqu’au 22 septembre, en voici l’une des bandes originales possibles, à écouter pour mieux oublier la canicule. Continuer « Playlist : La Movida »

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The Undertones, The Undertones (Sire Records)

Les chroniques anniversaire de l’été

The Undertones

Regarder les décennies qui séparent des albums cultes peut se révéler être un exercice troublant. Ainsi The Undertones publié en mai 1979 se situe à équidistance d’Abbey Road (1969) des Beatles et The Stone Roses (1989) des Stone Roses. L’œuvre est elle-même en quelque sorte tardive dans la chronologie punk : 1976-1977 constitue peut-être en effet l’apogée du genre, mais à la fin de la décennie, le post-punk et la new wave pointent le bout de leur nez, prêts à ringardiser à coup de synthétiseurs les guitares électriques des punks, pour bien peu de temps. Continuer « The Undertones, The Undertones (Sire Records) »

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The Montgolfier Brothers, Seventeen Stars (Caroline True Records)

Il est des disques dont on ne se souvient pas forcement sous la forme de classique en devenir, ni même d’une excitation mémorable au moment de leur sortie. Seventeen Stars des Montgolfier Brothers fait définitivement partie de cette catégorie. Pas réécouté depuis sa sortie, presque oublié depuis vingt ans. Le réentendre, au-delà de sa beauté formelle, fait appel à des souvenirs, ou plus justement à des souvenirs de souvenirs, d’instants fugaces ou de sentiments enfouis dont on se met à chercher le sens, à retrouver la trace. Continuer « The Montgolfier Brothers, Seventeen Stars (Caroline True Records) »

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Sweet Jayne

Coup de cœur : Studio Electrophonique (Violette Records)

Studio Electrophonique
Studio Electrophonique / Photo : Ryan Lee Turton

C’est amusant de constater à quel point des gens qui ne vous connaissent pas « vraiment » vous connaissent pourtant si bien. Mais je vous l’accorde, depuis qu’on se fréquente sur les réseaux avec Pascal Blua, on a largement eu le temps de se rendre compte qu’on partageait pas mal de groupes, de chansons, de coups de cœur – et d’autres centres d’intérêt aussi. Et puis, pour tout vous dire, on s’est même croisé une fois dans la vraie vie, le temps d’un dîner clermontois – et avec deux autres amis, nous avions partagé du vin, mais surtout des groupes, des chansons, des coups de cœur. Continuer « Sweet Jayne »

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Neil Young, On The Beach (WEA)

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neil young on the beach badge chroniques anniversaire 45 ansQuand on sait quelle préparation narcotique a présidé à la conception de On The Beach, on se pose beaucoup moins de questions. Neil Young vient de finir l’enregistrement de Tonight’s The Night, un grand disque de deuil, dans un climat de chaos permanent. Il est en train de perdre sa femme, l’actrice Carrie Snodgress, à la suite d’une tournée où aucun excès ne fut oublié. Bref, tout va pour le mieux. Sa consommation de Tequila est telle que certaines mauvaises langues prétendent que le nouveau membre de Crazy Horse s’appelle José Cuervo. Derrière ce surnom, se cache un personnage à l’aura sinistre, Rusty Kershaw, engagé pour ses talents de violoniste et de joueur de pedal steel guitar, qui donne le ton des sessions, préparant une friandise à base d’herbe et de miel dont tous les protagonistes abuseront. Continuer « Neil Young, On The Beach (WEA) »