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Neil Young, On The Beach (WEA)

Les chroniques anniversaire de l’été

neil young on the beach badge chroniques anniversaire 45 ansQuand on sait quelle préparation narcotique a présidé à la conception de On The Beach, on se pose beaucoup moins de questions. Neil Young vient de finir l’enregistrement de Tonight’s The Night, un grand disque de deuil, dans un climat de chaos permanent. Il est en train de perdre sa femme, l’actrice Carrie Snodgress, à la suite d’une tournée où aucun excès ne fut oublié. Bref, tout va pour le mieux. Sa consommation de Tequila est telle que certaines mauvaises langues prétendent que le nouveau membre de Crazy Horse s’appelle José Cuervo. Derrière ce surnom, se cache un personnage à l’aura sinistre, Rusty Kershaw, engagé pour ses talents de violoniste et de joueur de pedal steel guitar, qui donne le ton des sessions, préparant une friandise à base d’herbe et de miel dont tous les protagonistes abuseront. Continuer « Neil Young, On The Beach (WEA) »

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Pulp, His n’ Hers (Island)

Les chroniques anniversaire de l’été

« Life could have been very different but then, something changed ». Ces paroles, qui figureront un an plus tard sur l’album Different Class, auraient pu être écrites pour parler de la relation intime qui lie l’album His’N’Hers et son public depuis 25 ans.

L’univers musical d’un adolescent moyen en France en 1994, se divisait globalement entre l’offre proposée par Dance Machine, des artistes des années 70 au sommet de leurs ventes mais pas de leur talent, et pour les plus « rebelles », les seconds couteaux de la scène de Seattle. Continuer « Pulp, His n’ Hers (Island) »

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Belkacem Meziane, On The One !, L’Histoire du Funk en 100 Albums (Le Mot et le Reste)

On the One ! L’Histoire du Funk en 100 Albumsde Belkacem Meziane, complète les ouvrages de l’éditeur français Le Mot et le Reste consacré aux anthologies à des genres particuliers. La structure a ainsi déjà publié des écrits, d’une approche similaire, consacrés à l’indie-pop (Indie Pop 1979-1997 de Jean-Marie Pottier), à l’easy listening (Easy Listening, Exotica et autres Musiques Légères d’Erwann Pacaud), à la techno (Techno 100 de Jean-Yves Leloup) ou encore la soul (Move On Up, la Soul en 100 disques de Nicolas Rogès). Les livres de cette série comportent ainsi généralement un essai d’une quarantaine de pages suivi d’une sélection de 100 disques avec chaque fois des pistes complémentaires pour aller plus loin. Si l’expertise ou la finesse d’écriture de certains auteurs font la différence, il faut cependant noter la qualité et la pédagogie constante de ces ouvrages. Continuer « Belkacem Meziane, On The One !, L’Histoire du Funk en 100 Albums (Le Mot et le Reste) »

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The Cure, Festival Mad Cool à Madrid, Samedi 13 juillet 2019.

Robert Smith The Cure
Robert Smith, The Cure / Photo : Mauro Melis via Sound Of Violence

Et alors ? On attend quoi d’un groupe que l’on a vu plus d’une dizaine de fois sur scène – même si la dernière remonte à l’été 2002, dans un festival en Espagne déjà, à peu près à la même heure et enveloppé par la même chaleur ? On attend quoi d’un groupe qui a été la bande son de ses années d’adolescence, ce moment où sans en avoir conscience (on ne s’en rend compte que bien plus tard), tout est encore possible. On n’en attend pas grand-chose en fait – ou plus exactement, on a surtout passé l’âge de tirer des plans sur la comète. Alors, on ne se torture plus des heures avant l’entrée en scène en essayant de savoir « et ce soir, ils vont jouer quoi ? » Continuer « The Cure, Festival Mad Cool à Madrid, Samedi 13 juillet 2019. »

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Special Service, Fallait Payer (Mémoire Neuve)

De Born Bad en passant par Caméléon, le patrimoine du rock français peut compter sur quelques activistes pour le défendre et le valoriser. Dans la bande, présentons Mémoire Neuve, un label associatif monté par cinq copains. Ils sont collectionneurs de disques (Régis), gérants de labels (Claude de Caméléon, Olivier de Close Up, Ponch de Sam Play) et graphiste (Benoit) et chassent à travers l’hexagone des bandes inédites de groupes d’ici. La grande particularité de la structure réside en effet dans le choix de publier avant tout des morceaux jamais publiés qui dormaient dans les tiroirs, souvent depuis des décennies. Continuer « Special Service, Fallait Payer (Mémoire Neuve) »

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The Parrots, Festival Mad Cool à Madrid, mercredi 10 juillet 2019.

The Parrots
The Parrots / Photo : CB

Mince. Le bassiste joue sur une Höfner – peut-être pas le même modèle que Paul McCartney, mais quand même… Il y a quelques années, cela aurait sans doute suffi à ce que je tourne les talons, un air dédaigneux au coin des lèvres, direction le bar situé à peine à une centaine de mètres où le spritz servi dans des gobelets en plastique coule à flot – pour cinq misérables euros. Oui, mais voilà. L’âge (le mien), la nationalité du groupe (espagnole), le site (Valdebedas, la banlieue madrilène où se trouve le camp d’entrainement du Real Madrid), la moiteur de la nuit – il est 22h00, et le soleil s’est enfin couché sur l’immense site du festival Mad Cool –, les corps qui ondulent et les bras tendus vers la scène font que l’envie de rester l’emporte sur tout le reste. D’autant que les quatre, voire cinq, puis six musiciens ont la passion chevillée au corps, une joie de vivre communicatrice et des chansons tout aussi parfaitement dépenaillées et déglinguées qu’eux. The Parrots sont à l’image de leurs morceaux, chantés dans un drôle d’idiome où se télescopent anglais et castillan : volubiles, attachants, un peu barrés, délicieusement foutraques, toujours surprenants. Continuer « The Parrots, Festival Mad Cool à Madrid, mercredi 10 juillet 2019. »

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Mixtape Section26 #2 : Stereo Total

Amour électrique transfrontalier, surf synthétique franco-allemand, garage rock sur 8-pistes fait à la maison, Stereo Total excelle dans tout ça et bien plus encore depuis près de 20 ans. Le tandem – couple à la ville Françoise Cactus et Brezel Göring aiment les machines chinées aux puces et les instruments pour enfants, et leur 12ème album Ah ! Quel Cinéma ! (bandcamp ci-dessous, chez Tapete Records) en est une preuve scintillante de plus, toutes mélodies entêtantes dehors, qu’elles soient traits d’humour ou histoires d’une vie pas toujours rose. Pour nous, pas de longs discours, ils nous ont livré une mixtape dans les règles de l’art, en deux faces, avec des commentaires au micro pour chaque morceau, et une sélection rutilante de leurs morceaux préférés. Ich liebe dich, Stereo Total.

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David Bowie, Space Oddity (Parlophone)

Les chroniques anniversaire de l’été

David Bowie

Juillet 1969 fut exceptionnel pour l’humanité mais également à un niveau plus personnel pour David Bowie. Si Neil Armstrong et Buzz Aldrin posèrent le pied sur la lune, tandis que Michael Collins survolait l’objet céleste depuis le module de commande d’Apollo 11, Bowie lança sa propre fusée, sur le thème de l’espace : Space Oddity. La chanson fut en effet un moment décisif dans la carrière du chanteur androgyne. Elle fut son premier véritable hit en atteignant la cinquième place en Angleterre et une plus modeste mais déjà impressionnante quinzième position aux Etats-Unis. Elle contribua aussi beaucoup à définir la personnalité de Bowie telle que nous la connaissons et aimons. À l’occasion des cinquante ans de sa sortie, Parlophone réédite le single sous la forme d’un coffret deux singles comprenant la version originale et un nouveau mixage ainsi que diverses photos inédites d’époque du chanteur britannique. L’occasion de revenir sur le premier jalon de la carrière fantastique de David Bowie. Continuer « David Bowie, Space Oddity (Parlophone) »

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Marker Starling – Travail d’amateur

Marker Starling
Marker Starling

Est-il possible de tomber amoureux deux fois de la même personne, à dix-sept années d’intervalle, sans même s’en apercevoir ? La chose est peu probable, à moins d’une déficience mémorielle dont l’absence de pathologie neurologique devrait pourtant me préserver. C’est pourtant bien ce qui s’est produit lorsque, il y a quelques mois à peine, j’ai recroisé la route du dénommé Marker Starling, musicien canadien de son état, et auteur de l’un des plus beaux albums qu’il m’ait été donné d’entendre depuis des lustres. Continuer « Marker Starling – Travail d’amateur »

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Retour en disgrâce

John William Waterhouse – The Remorse of Nero After the Murder of His Mother (1878)

Dans une lointaine Europe, la damnatio memorae votée par le sénat romain sous l’effet des époques et des rancœurs, déclenchait l’effacement d’une personnalité publique via démolition de son patrimoine culturel. La plus spectaculaire, et éloquente sanction de la damnatio est incontestablement le renversement des statues qui leur furent dédiées.

En terre contemporaine, un certain nouveau monde du Juste s’élève loin de Rome : nos zélés cousins américains l’appellent cancel-culture. Cette culture a désormais son rite de l’annulation : annuler une carrière, une existence (numérique de préférence), une voix, renverser une statue. En français l’annulation, c’est l’effet qui n’opère plus, c’est la force contraire qui rend inopérante la force première, c’est la chanson qui ne couvre plus le bruit ambiant. Continuer « Retour en disgrâce »

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Carambolage : « Du fun, du synthé, une boule à facettes. »

Carambolage / Photo : Romain Duplessier

En début d’année, nous évoquions avec enthousiasme le premier EP du groupe rennais Carambolage. En 4 titres, la bande nous rappelait au bon souvenir du punk poppy des Undertones, comme des morceaux de studios français de bubblegum punk, si nombreux à la fin des années soixante-dix (de Plastic Bertrand en passant par Soda Fraise). Les voir en concert est toujours une expérience rafraîchissante et file une banane incroyable. Carambolage ne se prend pas la tête et partage son euphorie avec le public dans un chahut communicatif. Juste après Periods dont nous vous avons parlé ce matin, ils seront sur la scène du Supersonic le 12 juillet aux cotés d’autres excellentes formations françaises telles qu’Entracte Twist ou La Secte du Futur. Pour section26, Rémi a accepté de remplir le constat à l’amiable. Continuer « Carambolage : « Du fun, du synthé, une boule à facettes. » »

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Periods : « On écrit librement, car ça nous fait du bien et ça devrait être normal »

Periods
Periods / Photo : Raw Journey – Tom Tom

Loin du formatage radio de certains productions estampillées pop, les trois filles de Periods représentent l’une des nombreuses facettes de la musique indépendante française actuelle. Elles brillent par leur franchise, leur ton assumé et honnête et leur approche instrumentale atypique, et ne laissent pas indifférent : des textes incisifs et résolus non sans une pointe d’humour, une musique électronique entre DEVO (et leurs cousins actuels comme Stratocastors) et la pop lo-fi. Periods ne sonne comme pas grand chose de connu et ne pastiche personne. A l’occasion de leur date parisienne au Supersonic ce mardi 9 juillet, nous leur avons posé quelques questions par e-mail. Des réponses à l’image de leur musique : éclairantes et personnelles. Continuer « Periods : « On écrit librement, car ça nous fait du bien et ça devrait être normal » »

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Décibelles, Rock Français, 2019 (Deaf Rock)

I. A Strasbourg, il y a quelques années, il y avait un groupe étonnant qui s’appelait Enregistré Par Steve Albini. C’était un peu pour se moquer des groupes qui allaient enregistrer chez Steve Albini. La légende locale dit que la démo d’Enregistré Par Steve Albini a atterri chez Steve Albini qui leur a proposé d’enregistrer chez lui, mais finalement Enregistré Par Steve Albini n’a pas voulu enregistrer chez Steve Albini, vous me suivez ? Tout ça pour dire que le disque de Décibelles a été enregistré par le roi du poker à Electrical Audio et mastérisé par Bob Weston : on y entend cette mise en son signée, théorisée il y a longtemps sur la pochette d’At Action Park de Shellac et énoncée en trois points : le temps (caisse claire assommante), la masse (la basse caoutchoutée) et la vélocité (la guitare tranchante). Continuer « Décibelles, Rock Français, 2019 (Deaf Rock) »