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Kcidy, Kcidy a dit (Another Record, Le Confort Moderne)

Le disque de commande, ou plus précisément de résidence pourrait devenir un genre à part entière dans les prochaines années. Plutôt réservée aux arts plastiques, aux vidéastes ou aux écrivains, la résidence est devenue en effet un moyen pour les musiciens de préparer des concerts ou de futurs enregistrements dans de bonnes conditions. Ce glissement témoigne, d’un côté, de la nécessité pour les groupes de trouver des moyens de subsistance complémentaires aux concerts et à la vente de disque et de l’autre, de la nécessité pour les institutions (les fameuses SMAC notamment) de se diversifier et de rendre visible leurs actions auprès de leurs tutelles, communales ou régionales. Voilà pour la tambouille. Continuer « Kcidy, Kcidy a dit (Another Record, Le Confort Moderne) »

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Papivole #9, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Emmanuelle Debaussart et Best

Emmaunelle Debaussart / Photo : Richard Bellia
Emmaunelle Debaussart / Photo : Richard Bellia

Dans les années 80, mon grand frère, Eric, conservait dans sa chambre tous les périodiques, achetés par mon père, mois après mois. Il y avait des piles de magazines pour adultes (et adolescents) sur ses étagères : de la bande-dessinée (beaucoup : (À suivre), Métal Hurlant, Pilote, Charlie Mensuel, Fluide Glacial…), de la photo (Photo, La revue de la photo), des trucs érotiques (Lui surtout, quelques Absolu) et de la musique évidemment : Rock’n’Folk depuis la fin des années 70 et son grand rival, Best. Pour la presse musicale, il y avait un rituel destructeur, chaque fin d’année. Afin de gagner de la place (nous vivions dans un appartement à la surface limitée, déjà mangée par les milliers de livres de mon père), mon frère entreprenait de ne conserver que les pages qui l’intéressaient et il entamait chaque mois de décembre un grand découpage, arrachage, déchirage des revues « rock ». Continuer « Papivole #9, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Emmanuelle Debaussart et Best »

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Moon Duo : Révolution disco

Sanae Yamada Ripley Johnson Moon Duo
Sanae Yamada et Ripley Johnson, Moon Duo

Deux ans après le remarquable Occult Architecture, diptyque aussi fascinant que bizarrement clivant, Sanae Yamada et Ripley Johnson, les deux cerveaux de Moon Duo, reviennent aujourd’hui avec Stars Are the Light, un sixième album très réussi qui, tout en faisant tourner les boules à facettes d’une disco universelle largement fantasmée, élargit spectaculairement le champ du nouveau rock psychédélique que le duo façonne patiemment depuis 2010. Pour cela, Moon Duo a choisi de prendre un surprenant virage électro-pop, délaissant d’un coup les références appuyées à Suicide et Spacemen 3 pour mieux se rapprocher de sonorités discoïdes qui tranchent singulièrement avec tout ce que le groupe a pu produire jusque-là. Continuer « Moon Duo : Révolution disco »

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I Love You (Miss Robot) – The Buggles

17 secondes qui ont changé ma vie

« Ex Machina » d’Alex Garland (2014) / Photo : UPI

Il avait hésité. C’est ce qu’était encore la vie de mon père, à 40 ans : une hésitation. C’était avant le chômage, et la certitude d’avoir définitivement perdu. Il avait hésité puis laissé sa main choisir : ce ne serait pas le disque de Madness qu’il ramènerait à la maison, également sur les rayonnages du supermarché où il avait fait halte en quittant le bureau, mais The Age of Plastic, le premier album d’un duo britannique, The Buggles, dont le premier single Video Killed The Radio Star allait bientôt faire pivoter l’axe de rotation de la Terre, et dont la pochette graphique semblait tendre des passerelles de fils colorés vers ses Rotring et sa planche à dessin, ses outils d’ouvrier. Continuer « I Love You (Miss Robot) – The Buggles »

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Selectorama : Stephen Duffy

Stephen Duffy
Stephen Duffy et son petit gilet léopard Paul Smith en 1985 / Photo : Chris Duffy

Cet été, tandis que BMG annonçait la venue d’un nouvel album de The Lilac Time (Return To Us, sorti il y a un mois à peine), je me suis replongé comme tous les deux ou trois ans dans la discographie éclatée de Stephen Duffy, songwriter britannique à l’ancienne, un peu perdu dans le monde contemporain. C’est pourtant en s’accrochant à la modernité pop synthétique qu’il toucha du doigt le succès que beau nombre de ses contemporains n’ont fait que fantasmer au final. Sans doute pour mieux retourner à un terroir qu’il fantasmait à son tour (mais pas tant que ça, héritage familial, tout ça) : instruments acoustiques, maison perdue dans la campagne, veste de tweed et Clarks aux pieds… C’est ensuite en yo-yo qu’il bâtit sa carrière, entre voyages initiatiques aux États-Unis ou contrat d’homme de l’ombre pour chanteur à succès (Robbie Williams) pour toujours revenir à sa famille originelle, près de son frère Nick Duffy, fondateur des Lilac Time. Continuer « Selectorama : Stephen Duffy »

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Guerilla Toss, What Would The Odd Do? (NNA Tapes)

Pochette de Guerilla Toss, What Would The Odd Do?Une décennie que Guerilla Toss se démène dans son coin, ne sachant jamais tout à fait où mettre le curseur entre noise rock mal fagoté et art pop cinglé. Recruté chez DFA en 2015 où il a déjà signé une poignée d’albums, le groupe américain est exceptionnellement de retour sur son label originel NNA Tapes pour un EP cinq titres aux allures de nouvelle réinvention. La porte d’entrée idéale pour ceux qui avaient raté les chapitres précédents. Et il faut dire que What Would The Odd Do? donne terriblement envie de (re)faire connaissance avec le quintet, celui-ci balançant coup sur coup une série de missiles dance-punk irrésistibles et farfelus. Continuer « Guerilla Toss, What Would The Odd Do? (NNA Tapes) »

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Pastel Coast, Hovercraft (autoproduit)

Après un EP et un single , voici enfin le premier album de Pastel Coast. La pochette d’Hovercraft fait immanquablement penser à celle d’Atlas de Real Estate. La ressemblance n’est pas que visuelle : incontestablement, le groupe français partage avec ses camarades américains un certain panache pour la pop à guitares lumineuse et cristalline. Le vent marin, le sable immaculé de la Côte d’Opale imprègnent les chansons et celles-ci nous parviennent en une succession de vagues ondulantes. Continuer « Pastel Coast, Hovercraft (autoproduit) »

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The Style Council, Our Favourite Shop (Polydor)

Lorsqu’en 1982 Paul Weller décide de saborder The Jam alors au sommet de sa gloire, il laisse une nation orpheline. Car depuis la toute fin des années 1970, il est bien plus qu’une simple pop star. Il est devenu, même s’il aime à s’en défendre, le porte-parole de toute une génération. Lui seul est parvenu à ce point à traduire un quotidien morose pour mieux le transcender. Engagé, exalté, il est un jeune homme modèle et respecté. Pour ses chansons. Ses opinions. Ses prises de position. Il incarne le mythe de celui qui a réussi, un working class hero auquel tout le monde rêve de ressembler. Mais c’est avec suspicion que l’on guette outre-Manche la suite de ses aventures. D’autant que le principal intéressé clame haut et fort qu’il veut donner libre cours à de nouvelles aspirations. Que traduit le nom qu’il a choisi pour tenter de les concrétiser, The Style Council, un nom à des années lumières de ses origines prolétaires… Continuer « The Style Council, Our Favourite Shop (Polydor) »

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Paul Weller : « Je ne suis pas suffisamment arrogant pour penser que tout ce que je fais est génial »

Paul Weller
Paul Weller

Ce n’est que huit ans après une première rencontre en 1992 dans un hôtel de la place de la République que j’ai fini par me retrouver à nouveau face à Paul Weller, dans un studio de photographes londonien cette fois. Entre ces deux dates, deux rendez-vous avortés, l’homme ayant sabordé ses venues promo parisiennes en se laissant emporter par son amour de la bouteille (et par la maréchaussée) ; entre ces deux dates, surtout, un succès retrouvé, en particulier avec la sortie de Stanley Road en 1995. Continuer « Paul Weller : « Je ne suis pas suffisamment arrogant pour penser que tout ce que je fais est génial » »

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À l’origine – Des chansons reprises par Paul Weller

Il serait inconvenant de ne pas reconnaitre Paul Weller comme l’un des songwriters les plus talentueux de sa génération (et même plus que ça, soit dit entre nous). Mais l’homme est aussi et avant tout un mélomane passionné et curieux, toujours à la recherche de découvertes mélodiques. Ses coups de cœur, il a aimé les afficher, en reprenant, sur scène et sur disque (et ce, dès le premier album de The Jam) les morceaux qui ont influencé à un moment ou à un autre sa vision de la composition. Voici quelques originaux que Weller s’est permis de réinterpréter en groupe ou en solo, réunis en une playlist loin d’être exhaustive (était-il besoin d’y mettre un titre des Beatles, que Weller a parfois même repris jusque dans ses propres chansons ?) mais qui montre bien l’éclectisme de ses goûts.

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Paul Weller : Modern Life is british

Autour de « Life From A Window, Paul Weller et L’Angleterre Pop » (Camion Blanc), son auteur Nicolas Sauvage évoque ses dix morceaux préférés du chanteur anglais.

Paul Weller
Paul Weller

Il est des disques dont on se souvient très bien du jour où on les a achetés. Par exemple, je me souviens très bien du jour où j’ai acheté The Gift (1982) de The Jam. Pourtant, même s’il s’y trouve l’une de mes compositions préférées de Paul Weller (Carnation, bien sûr), ce n’est pas mon album favori du trio, encore moins de l’homme. Mais je me rappelle très bien l’avoir acheté un samedi après-midi, chez un disquaire de Versailles, celui qui était situé dans la contre-allée de l’avenue de Saint-Cloud, à quelques pas de mon collège. Continuer « Paul Weller : Modern Life is british »

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Mixtape Section26 #6 : Studio Electrophonique

Début juillet, lorsque notre ami Pascal Blua nous envoyait ce message révélant la première composition d’un jeune artiste de Sheffield qui figurerait sur le tout premier ELP de Studio Electrophonique (dont il avait réalisé la belle pochette), nous n’en sommes pas tout à fait revenus. Jayne nous a littéralement dévastés, et Christophe Basterra a presque instantanément pris la parole, comme c’est le cas quand quelque chose d’aussi important qu’un coup de coeur se produit dans sa vie : « Très vite, on pense au Velvet Underground du troisième album, à Candy Says, à Pale Blue Eyes, et c’est plutôt une bonne chose. Surtout quand un clavier qui sonne comme un orgue vient souligner la mélodie avec une discrétion parfaite. » Avec les six titres de son ELP au compteur, qu’il est venu défendre à Paris au début de l’automne devant une poignée de spectateurs instantanément attachés à ce jeune homme d’une simplicité désarmante, James Leesley nous a convaincus qu’il s’agirait très certainement du début d’une belle histoire. Dans la chronique de son disque, Christophe Basterra disait : « Je n’ai à ce jour aucune idée de quels sont ses disques de chevet. Je sais juste que le sien va devenir l’un des miens. » Voici quelques éléments de réponse, qu’il a accepté de nous livrer dans une mixtape d’une heure, teintée des couleurs pâles de l’hiver, au moment où l’on n’a envie que d’une chose : retrouver un peu de chaleur, d’une façon ou d’une autre. Continuer « Mixtape Section26 #6 : Studio Electrophonique »

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Selectorama : Baston

Baston
Baston

Baston n’est pas un groupe à cheveux, ni un groupe à fringues, ce qui paraît évident puisqu’ils sont brestois, donc peu portés sur le paraître. Et du genre à prendre leur temps – leur dernier et excellent EP date de 2015. Ils reviennent en force et à quatre cette fois (Maxime, Kévin, Samuel et Simon) avec Primates, toujours chez Howlin’ Banana. Leur Motorik Pop fonctionne mieux que jamais, en dix titres intenses et obsédants, conjuguant le froid et le chaud, nets et élégants. Ce qui n’empêche pas l’humour (noir) du titre Viande, montage certifié Faites entrer l’accusé : « A aucun moment vous n’avez envisagé que cette viande dans le frigo soit votre mère ? » Les gaziers ne manquent effectivement pas d’humour quand on voit leur dernier post facebook accompagnant la vidéo du single Primates : « Salut les filles. Ne rien poster pendant 3 ans puis se reconnecter au réseau social le plus has-been du monde pour vous annoncer qu’on sort un album chez Howlin’ Banana le 29 novembre, dont vous trouverez un modeste avant-goût spatial ci-dessous, vous appellerez cela comme vous voulez mais pour nous ça porte un nom : la science du buzz ». Le kraut breton a de beaux jours devant lui, d’autant que Maxime (guitare / chant) et Simon (clavier) se sont prêtés à notre Selectorama, avec un choix de douze titres plutôt impeccables. Continuer « Selectorama : Baston »

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The Go-Betweens : 4 minutes pour changer ta vie

The Go-Betweens / Photo : Laura Levine

La date, c’est le 22 mai 1996. Tu as tout juste quinze ans, autant dire pas grand-chose – tu peux le dire maintenant, même si c’est faux –, et la grand-messe c’est Nulle Part Ailleurs, chaque soir. Tout est en train de se passer, ou tout va se passer. Philippe Gildas agite un magazine avant le groupe du soir, tu es dans la distinction – le vélo, pas le foot, le Velvet, pas les Red Hot – pour des raisons d’agencements et de hasards. Tu es prêt. C’est une semaine importante, dans quatre jours Blur va passer à Taratata, va inviter Terry Hall pour un duo et ton grand-frère va acheter Parklife peu après, à la bourre donc mais enfin, à la bonne heure, Trainspotting est à Cannes, c’est maintenant. La grande mue, les cheveux courts, la pop. Continuer « The Go-Betweens : 4 minutes pour changer ta vie »

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Balladur, La Vallée Étroite (Le Turc Mécanique)

Depuis une demi-douzaine d’années, Balladur enchante les salles de concerts et autres squats avec un live unique en son genre, placé au milieu du public, avec un set-up plutôt léger constitué de machines, guitare et micros. En un sens, Balladur est une expérience qui dépasse le cadre classique du concert où le spectateur est passif. L’ensemble évoque ainsi tout autant, si ce n’est plus, les fêtes traditionnelles comme les musiques de processions dans les villages thaïlandais (Phin Prayuk). La musique du duo de Villeurbanne traduit, à bien des égards, la recherche de communion et de partage au cœur de la démarche du groupe. Continuer « Balladur, La Vallée Étroite (Le Turc Mécanique) »

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Maison Neuve, Vivi (Sauvage Records)

« Nos rêves ont expiré comme nos poèmes de lycée »

Derrière ses allures de gentleman doux et courtois, Guillaume Faure dissimule une âme sombre et tourmentée qu’il apaise en enregistrant inlassablement des disques depuis une vingtaine d’années sous le nom de Maison Neuve, qui recouvre aussi un groupe, garde rapprochée de ses obsessions. Je l’avais rencontré au milieu des années 2000, en invité surprise de Lispector pour un concert que nous avions organisé pour elle à Strasbourg. Guillaume, emmitouflé dans un long manteau noir en laine, avait joué un set tout simple avec sa guitare acoustique aux cordes de nylon. C’est encore avec Lispector qu’il explore le format étrange de split album en 2006, puis fait paraître via Talitres son album Joan en 2011. Continuer « Maison Neuve, Vivi (Sauvage Records) »

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Punk Rock ist nicht tot

Quelques faits vérifiés sur Billy Childish

Billy Childish
Billy Childish

Musicien, poète, écrivain ou encore peintre, Billy Childish est l’un des trésors les mieux cachés de Chatham dans le Kent et de l’Empire britannique ou ce qu’il en reste. Le type qui a initié pleins de modes sans jamais l’être, à la mode. Un outsider qui a toujours revendiqué — et souvent avec malice — son indépendance. Et pourtant, l’œuvre de cet apôtre du do it yourself est monumentale : en quarante-deux ans de carrière, il a enregistré et produit plus d’une centaine de disques, publié cinq romans, une quarantaine de recueils de poésie et peint plus de 2500 tableaux. Très rare sur scène, il jouera ce soir au Festival BBMIX 2019 à Boulogne Billancourt. Juste avant, quelques éléments d’une vie agitée et extrêmement prolifique. Ladies and gentlemen, the great Billy Childish ! Continuer « Punk Rock ist nicht tot »

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L’enfance de l’Arlt

Arlt
Arlt

Duo à géométrie variable composé d’Eloïse Decazes et Sing Sing, Arlt s’ingénie depuis son premier album La langue (2010) à faire entrer des carrés dans des cercles. A l’occasion de la parution de Soleil enculé, leur sixième album, nous avons tiré les vers du nez de Sing Sing – chanteur, guitariste et compositeur de cet Arlt brut qui nous chamboule tant – au sujet de son écriture, l’enregistrement du disque en mode live et ses influences divines. Retrouvailles avec la parole enivrante d’un artiste passionné, érudit et sauvage à sa manière. Continuer « L’enfance de l’Arlt »

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Playlist : Autour de Peter Astor

Peter Astor
Peter Astor

Peter Astor a toujours été pour moi synonyme de douceur, qu’il fait rimer souvent avec douleur, il faut bien le dire : douleur de la séparation, de la solitude, de la dépression sans doute. Ce garçon conjugue ses bonnes manières de gentleman à une distance, presque une froideur, toute germanique, racines qu’il ne manque jamais de rappeler. C’est dans The Loft et surtout aux commandes des Weather Prophets que j’ai découvert Peter Astor, quand il traduisait en anglais les grands désordres américains, en menant à travers quelques disques quasi parfaits une exploration fantasmée des grands terroirs de l’autre côté de l’Atlantique : les guitares new-yorkaises, du Velvet ou de Television, le garage du Middle West ou la pop californienne, toutes redécorées de ce blues de la Tamise, de crachin, de patine veloutée. Continuer « Playlist : Autour de Peter Astor »

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No treasure but hope

A propos de « For the Beauty », le nouveau titre des Tindersticks.

Un film, sur grand écran. Les images sont en noir et blanc. La scène se passe dans un appartement, une lumière faible nimbe la pièce principale d’un halo hésitant. C’est une chambre, un lit double, des draps blancs, un couvre-lit sombre. C’est la nuit et une femme se tient dans la pénombre. Près de la fenêtre entrouverte. On entend monter les bruits de la ville, comme étouffés et pourtant présents, une sirène de police, un chien qui aboie, des voisins qui se disputent. Continuer « No treasure but hope »

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Pleasure Principle, S/T (Born Bad Records)

Pleasure Principle, principe de plaisir en français, évoquera, selon ses centres d’intérêt, un concept de psychanalyse popularisée par Freud, un album de Gary Numan ou un film pornographique avec le seul et l’unique Titof.  Si l’ hommage au musicien anglais de synth-pop semble le plus logique, imaginer que le groupe de Paul Speedy Ramon soit à la croisée des trois a quelque chose de réjouissant. L’homme, derrière ce projet, est aussi présent que discret dans la scène underground française. Il traîne ses guêtres depuis une dizaine d’années, souvent derrière les fûts, pour de nombreux excellents groupes (Dolipranes, Skategang, Bryan’s Magic Tears, La Secte du Futur, Marietta etc.). Son projet, Paul Ramon l’a développé dans son coin, depuis 2015. Continuer « Pleasure Principle, S/T (Born Bad Records) »

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Single, El Roce (Elefant Records)

¡ Elefant 30 !

Il existe des groupes, des artistes – oh, quelques-uns, ils ne sont pas très nombreux – dont on a la sensation qu’ils écrivent sans le savoir l’histoire de nos vies. Pas à chaque fois peut-être, mais au moins le temps d’une, deux ou trois chansons par disque. Je suis les aventures musicales des deux membres de Single depuis vingt-cinq ans maintenant, depuis la découverte de leur groupe précédent, Le Mans, qui en même pas une décennie a enregistré quatre albums et une poignée de… singles inédits, autant de références frôlant la perfection si jamais on aime quand la pop fait de la mélancolie et la délicatesse ses raisons d’être. J’ai d’ailleurs déjà écrit par ici tout le bien que je pense de cette formation née à San Sebastian au début des années 1990, après une première aventure sous le nom de Las Aventuras de Kirlian – oui, une référence à Cabaret Voltaire pour ceux qui suivent, même si la musique minimaliste et espiègle avait plus à voir avec la génération C86 (et la scène écossaise) qu’avec la formation de Sheffield. J’ai donc déjà écrit maintes fois toute mon admiration face à cette intelligence mélodique, à ces chansons qui brossent le quotidien avec une élégance et universalité rares. Continuer « Single, El Roce (Elefant Records) »

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Karen Dalton : La vie à contretemps

L’immense voix du folk vue par des témoignages de ses proches.

Karen Dalton
Karen Dalton

Figure incontournable de la scène folk de Greenwich Village au début des années soixante, Karen Dalton aura attendu près de neuf ans avant de finalement se décider à enregistrer son premier album. Sorti à la fin de 1969, quand plus personne ne l’attendait vraiment, It’s So Hard to Tell Who’s Going to Love You the Best, le disque en question, mettra lui près de trente ans à trouver son public. Désormais, alors que cinquante ans se sont écoulés depuis sa sortie, cet album magistral, étrange alchimie de folk, de blues, de jazz et de country, est enfin considéré comme un véritable classique, mais demeure curieusement aussi mystérieux et insaisissable que la vie de cette chanteuse née en Oklahoma et dont la voix unique, éreintée par l’alcool, la vie et les drogues, a été saluée par des artistes aussi illustres que Bob Dylan, Nick Cave et The Band. Continuer « Karen Dalton : La vie à contretemps »

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Rebecca Boulton : « Rob Gretton avait raison sur toute la ligne »

La femme dans l’ombre de New Order revient sur son parcours.

Rebecca Boulton, Paris, octobre 2019 / Photo : Alain Bibal

Rebecca Boulton est aux côtés d’Andy Robinson la manageuse de New Order et Joy Division depuis 1999. Celle qui a commencé en tant qu’assistante de Rob Gretton a accompli un travail monumental pour que les deux groupes figurent aujourd’hui au sommet de leur popularité. La tâche n’a pas été facile : rongé par des querelles internes, New Order est resté inactif pendant une décennie. Rebecca a malgré tout réussi à maintenir la popularité du groupe et à relancer leur carrière en 2011 avec le succès que l’on connaît. La qualité de son travail lui a valu d’être récompensée ce 14 novembre du saint graal convoité par toute équipe de management, le Manager’s Manager Award. Dans un rare entretien, elle nous parle de sa carrière qui a commencé derrière le bar de l’Hacienda, de sa relation avec New Order et de l’envers du décors d’une des réussite artistique et commerciale les plus fabuleuses de l’histoire de la musique. Continuer « Rebecca Boulton : « Rob Gretton avait raison sur toute la ligne » »

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Papivole #8, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : David Sanson et Octopus



A l’époque où les boussoles de papier étaient mon seul espoir de m’y retrouver dans la pop moderne, Octopus occupait une place à part : partant d’une base commune et connue (le nouveau rock américain de chez Drag City par exemple), la revue me sortait de mon cocon pop pour me prendre par la main et me promener vers des territoires dangereux à mes oreilles : absence de mélodies, occultation des guitares, larsens, textures, improvisations, électroniques, continents inexplorés, jazz… Elle était en fait mon bon de sortie de l’adolescence, mon ouverture à l’altérité, et un complément nécessaire aux Inrocks, à la RPM, au Melody Maker et au NME qui m’habitaient jours et nuits. Continuer « Papivole #8, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : David Sanson et Octopus
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Selectorama : Requin Chagrin

Marion Brunetto Requin Chagrin
Marion Brunetto – Requin Chagrin / Photo : Ella Herme

Marion Brunetto, âme du projet Requin Chagrin a accepté de réaliser un selectorama pour nous. En dix chansons, elle évoque aussi bien ses coups de cœur, des morceaux qui l’ont marqué dans sa jeune carrière de musicienne comme des influences de sa musique. Sémaphore, son deuxième album, publié en début d’année sur le label KMS, confirme la santé de la scène pop française mais en propose une déclinaison très personnelle à la fois ancrée dans le patrimoine français et l’indie-pop / shoegaze anglophone. Sur scène, le projet solitaire se mue en solide groupe rodé aux premières parties dans les Zéniths de France et de Navarre mais aussi aux têtes d’affiche. La tournée de Requin Chagrin passe peut-être près de chez vous, l’occasion d’aller voir une des plus talentueuses musiciennes pop d’ici. Continuer « Selectorama : Requin Chagrin »

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Ariel Pink’s Haunted Graffiti : Le pot aux roses

Ariel Marcus Rosenberg Pink
Ariel Marcus Rosenberg

« L’avenir de la musique !? Le passé est tout ce que nous avons. Le futur est tellement ennuyeux… » Je me souviens que cette réponse du génial Ariel Rosenberg m’avait soufflé, alors que je réalisais ma première véritable interview — qui plus est avec l’idole qui m’avait donné envie d’écrire sur la pop moderne. Cette assertion inattendue, évidemment provocatrice, était bien aux antipodes du cool tel qu’il était défini en cette année 2010 alors que le monde connecté faisait encore mine de croire, chaque mois, à l’embryon d’une nouvelle révolution musicale. Continuer « Ariel Pink’s Haunted Graffiti : Le pot aux roses »

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Playlist Lee Hazlewood

Philippe Dumez raconte dans son délectable Je me souviens que les membres du groupe Hefner vendaient autrefois à la fin de leurs concerts des badges avec l’injonction « You should buy more Beach Boys albums », ce en quoi ils avaient mille fois raison. J’espère que je pourrai, avec la présente mixtape, persuader ceux qui ne seraient pas déjà acquis à sa cause de courir acheter des disques de Lee Hazlewood. En complément à l’article paru hier, voici, en deux possibilités d’écoute (playlist ci-dessus ou commentée ci-dessous), un petit parcours de mes chansons préférées du cow-boy à la voix d’or. David Kamp et Steven Daly n’ont qu’à bien se tenir ! Continuer « Playlist Lee Hazlewood »

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Lee Hazlewood, cow-boy pop

Lee Hazlewood
Lee Hazlewood

Avez-vous lu l’hilarant et très instructif Dictionnaire snob du Rock de David Kamp, critique rock à Vanity Fair, et Steven Daly, ancien membre d’Orange Juice ? On y trouve pléthore d’anecdotes savoureuses et de listes en tout genre, ainsi que maints classements éminemment polémiques et subjectifs, supposés établir de manière irrévocable quelques « vérités » esthétiques définitives. Si les auteurs au goût très sûr se trompent plutôt rarement dans leurs jugements, certains classements inadmissibles peuvent inévitablement mettre en rage le lecteur. Ainsi, dans la catégorie « dix instances douteuses revendiquées par les rockologues », on trouve… Lee Hazlewood en solo ! Continuer « Lee Hazlewood, cow-boy pop »

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Orville Peck, tête à masques

Orville Peck
Orville Peck

Orville Peck, chanteur canadien notoirement masqué et discret sur sa biographie, a sorti en début d’année son premier album sur Sub Pop. Auparavant, ce personnage masqué n’avait jamais existé, pas même un EP. Comme une idole opportune, la légende raconte qu’il est arrivé chez son label avec un album fin prêt sous le coude. Ce Ponyqui lui permet d’être aujourd’hui en tournée européenne et de passage au Pitchfork Music Festival, est un assemblage de chansons d’inspiration country qui s’encanaillent beaucoup sur du post-punk, comme pour y trouver une fraîcheur et une crédibilité nouvelle. Continuer « Orville Peck, tête à masques »

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Grouper, A I A : Dream Loss / Alien Observer (Kranky)

 

La fin de la décennie annonce le temps de la rétrospection et des bilans. La réédition d’A I A, composé d’Alien Observer et de Dream Loss tombe donc à point… Depuis dix ans (probablement quinze), à l’exception de Mount Eerie et Sore Eros, les seuls artistes folk dont j’ai aimé les disques de façon durable ont été composés par des femmes œuvrant en solo. Il est même curieux de parler de folk pour qualifier la musique créée par ces musiciennes tant celle-ci est mutante, faite de drone, d’ambient, de couches de réverbérations et de vapeurs tout en demeurant si évidente et limpide. Liz Harris, comme sa compatriote Tara Burke (Fursaxa) et la Finlandaise Lau Nau, appartiennent à ce petit groupe de musiciennes dont l’esthétique musicale est marquée par une forme de panthéisme et une approche très expérimentale du plus intime et dépouillé des genres musicaux.

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Luke Temple, Both-And (Native Cat Recordings)

Luke Temple Both AndJ’ai une affection toute particulière pour les âmes qui ne débarquent jamais à l’endroit où elles sont attendues. J’ai une affection toute particulière pour ces amitiés au long cours qui se font et se défont au gré d’un hasard qui semble fort étonnement déterminé par l’Univers. Ce n’est plus le goût du cœur qui parle, mais quelque chose de plus grand que soi quand tout à coup débarque dans votre vie une figure qui fut loin pendant un temps, mais dont le visage apparaissant soudain vous rappelle à quel point votre amour pour elle a été d’une constance absolue. Ce bel-ami s’appelle Luke Temple.

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Selectorama Slowdive, par Thierry Jourdain

L’auteur de « Slowdive : Catch The Breeze » (Camion Blanc) choisit ses titres préférés du groupe shoegaze anglais.

Slowdive
Slowdive

Fort de sa prestation en notre compagnie lors de notre petite causerie dominicale, Thierry Jourdain, auteur de Slowdive : Catch The Breeze disponible ces jours-ci aux éditions Camion Blanc, nous a également concocté un Selectorama du cru. Chez section26, nous aimons les monomaniaques, et si l’auteur s’est déjà penché sur Eliott Smith, Bruce Springsteen, Miossec et Chokebore, il n’a, dans le cas présent, pas fait dans le détail en sélectionnant uniquement des morceaux de Slowdive, et que ça. Obsession, explication et méditation (s), c’est à lire maintenant. Continuer « Selectorama Slowdive, par Thierry Jourdain »

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Stephen Morris : « Un livre à l’encontre de la perception du public »

« Record Play Pause », les mémoires du batteur de Joy DIvision et New Order

Stephen Morris New Order
Stephen Morris – New Order / Photo : Alain Bibal

Après Bernard Sumner et Peter Hook, c’est au tour de Stephen Morris, batteur légendaire de Joy Division et New Order de sortir ses mémoires. Record Play Pause en est le passionnant premier volume, celui allant de son enfance à la création de New Order. Loin des règlements de comptes du livre de Peter Hook ou du manque de détails de celui de Bernard Sumner, Record Play Pause apporte une vision nouvelle et fraîche où l’humour se mélange à la noirceur. C’est à l’hôtel des Bains Douches de Paris, dans les murs qui avaient accueilli la seule date française de Joy Division il y a 40 ans, que Stephen Morris nous a accordé un entretien exclusif au lendemain du concert de New Order au Grand Rex. Affable et chaleureux, il rentre en détail sur tout un pan de l’histoire de la musique, celle de son premier groupe Joy Division, dont l’influence sur la musique de ces quarante dernières années n’est plus à démontrer. Continuer « Stephen Morris : « Un livre à l’encontre de la perception du public » »

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Closer to grey

Ruth Radelet / Chromatics
Ruth Radelet / Chromatics
2 octobre 2019

Le matin, assez tôt, il m’écrit que l’album des Chromatics est en ligne. Il me parle de la reprise de The sound of silence, me dit « je sais que c’est une chanson que tu aimes », il me connaît depuis peu de temps finalement mais il sait déjà ce qui est important.

Je télécharge rapidement l’application Spotify sur mon iphone, mais je m’agace toute seule, je ne parviens à écouter que quelques secondes de chaque morceau, c’est frustrant, je reprends un autre café, en m’énervant. Je ne suis pas quelqu’un de très patient. Il m’envoie un message : « Surveille tes mails, ce sera dans ta boite dans trois minutes ». Continuer « Closer to grey »

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Les amours polychromes

« Closer To Grey » des Chromatics
Impressions sur l’album et les premières dates du « Double Exposure Tour »

Chromatics
Chromatics à Anvers, mardi 29 Octobre / Photo : Thomas Bartel

A une époque lointaine où les robinets digitaux ne déversaient pas encore tous ces flots tiédasses de pop consommable et sans avenir, la sortie d’un album en bonne et due forme faisait figure d’événement. Attentes fébriles, spéculations insensées, fantasmes comblés ou déçus à replacer dans le contexte d’une discographie… Tous ces liens intimes que l’on nouait avec un artiste ou un groupe sur le temps semblaient depuis une bonne décennie totalement révolus au profit de l’instantané, du zapping accéléré, du streaming algorythmé, de la consommation jamais satisfaisante d’une musique consommée comme une fast food dont on n’est, à dessein, jamais rassasié. Avec l’éclosion de son label Italians Do It Better à la fin des années 2000, Johnny Jewel (de son vrai nom John Padget) comptait bien remettre quelques jetons dans une machinerie electro pop qui montrait de sérieux signes d’essoufflement. Naviguant alors sans boussole dans la scène underground de Portland avec ses deux groupes Chromatics et Glass Candy dont le line-up n’était pas encore fixé, Johnny Jewel rêvait de retrouver l’esprit d’indépendance, la sève artistique et l’identité graphique des labels cultes (K Records, Factory, 4AD) qui ont façonné son imaginaire musical jusqu’à l’obsession. Continuer « Les amours polychromes »

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Playlist : Johnny Jewel

Spéciale Chromatics

Johnny Jewel, cerveau fou derrière Chromatics et un certain nombre d’autres formations, à travers 22 titres phare piochés le long de ses vingt ans de carrière. Continuer « Playlist : Johnny Jewel »

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Froth, l’esprit clair

Froth
Joo Joo Ashworth, Jeremy Katz et Cameron Allen / Photo : Jeff Fribourg

En juin dernier, alors que Froth récidivait avec son quatrième album Duress, je tentais d’expliquer dans une chronique apologique pourquoi la musique du trio californien dépassait, une fois de plus, mes plus hautes espérances. C’est à la fin de l’été que j’ai eu la chance de retrouver Joo Joo Ashworth, Jeremy Katz et Cameron Allen pour une interview montre en main– 10 minutes, ni plus ni moins –, dans les loges du Point Ephémère. Dans l’assourdissement de cet espace confiné, accolé à la salle de concert de laquelle suintait le son des guitares slacker d’Hoorsees (première partie de choix ce soir-là), Joo Joo Ashworth a confirmé son penchant geek pour les synthétiseurs, accepté de discuter un peu de mon auteur préféré, et éclairci le mystère du tag Bandcamp.

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Looking for a certain ratio

Les 40 ans du groupe culte de Factory Records.

A Certain Ratio
A Certain Ratio ces temps-ci.

En 1974, dans The True Wheel, Brian Eno chantait : « We are the 801 / We are the central shaft / Looking for a certain ratio / Someone must have left it underneath the carpet / Looking up and down the radio… » Quatre ans plus tard, quatre petits gars de Manchester, « four slim boys »Simon Topping, Peter Terrell, Jez Kerr et Martin Moscrop – s’inspirent de cette chanson pour le nom de leur groupe et s’en vont écumer la scène mancunienne en shorts et chemises militaires, partageant notamment une salle de répétition avec Joy Division à l’arrière du cinéma Rialto à Salford. Continuer « Looking for a certain ratio »

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Drugdealer : Echo In The Canyon

Drugdealer
Drugdealer / Photo : Raymond Molinar

La fin de l’année approche et avec elle le temps des inventaires. À la manière de Nick Hornby, je commence à dresser des listes : meilleurs albums, meilleurs singles, meilleurs concerts. Au sommet de cette dernière catégorie s’était déjà hissée une certaine soirée de printemps lors d’un préalable état des lieux semestriel. À l’orée du mois d’octobre, sa position reste inchangée : le 16 mai dernier au Point Éphémère à Paris se produisait Drugdealer, et je n’ai pas vécu de meilleur concert depuis. Continuer « Drugdealer : Echo In The Canyon »

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Le territoire de Corridor

Première signature francophone sur le label américain Sub Pop

Corridor
Corridor / Photo : Dominic Berthiaume

Un lundi pluvieux de septembre, je retrouve la moitié de Corridor (Dom et Jo) dans un hôtel cosy du nord est parisien. Le contexte est inédit : je les interviewe et ils répondent à mes questions. La dernière fois que j’ai vu Jo, c’était après son concert de l’Espace B organisé par La Veillée Pop, nous avions partagé une bouteille de vin avec le reste du band en devisant les différentes entre le Québec et la France. Dom était quant à lui au concert de ses potes Jesuslesfilles, quelques jours plus tôt au Supersonic, inratable avec sa veste à frange toute nord américaine (et excentrique) qu’il porte également le jour de l’interview. Je déclenche mon enregistreur, et nous voilà parti pour trente minutes de conversation, autour de moult sujets passionnants, comme la place du rock dans la pop ou les différentes scènes canadiennes. Mais revenons au préalable sur la genèse du groupe. Continuer « Le territoire de Corridor »

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Approaching Perfection : A Tribute to DC Berman

David Berman
David Berman, septembre 1998 / Photo : Edie Vee

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