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Captain Wilberforce, When The Dust Just Won’t Settle (Blue Tuxedo)

L’artifice rhétorique est souvent associé aux tentatives de réhabilitation des œuvres jugées trop confidentielles par ceux mêmes qui les louent. Pour mieux inciter, sans doute, le lecteur avide de découverte distinctive à leur emboiter le pas, les critiques ont pris l’habitude d’abuser de la métaphore du secret : ceux que l’on garde jalousement et que seuls les initiés dévoilent et se partagent avec une parcimonie qui permet d’entretenir le sentiment du mystère et du privilège. En dépit de son absence à peu près totale de notoriété ou de  reconnaissance publique – à l’exception, certes notable, de quelques passages sur les ondes nationales britanniques – Captain Wilberforce n’évoque pourtant ni de près, ni de loin ces arcanes musicales énigmatiques qui ne se découvrent qu’au terme d’un cheminement tortueux. Continuer « Captain Wilberforce, When The Dust Just Won’t Settle (Blue Tuxedo) »

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Twisted Wires, One Night At The Raw Deal (Italians Do It Better, 2009)

On se souvient forcément de la première fois. Surtout de la première fois où on a écouté une production Italians Do It Better. 20 rue du Sentier, dernier étage, un bureau en face de l’entrée, un bureau qui donne sur un balcon. Une personne de confiance qui tend un CD et affirme : “Je crois que ça peut te plaire”. Une boucle, une guitare, une voix et le fantasme qui devient réalité – The Cure aurait enfin découvert le XXIe siècle et embrigadé une femme… À partir de ce moment-là, on a surveillé de près toutes les productions du label américain  – et ça continue aujourd’hui. En 2009, on avait pu se procurer ce maxi. On ne savait rien ou pas grand chose. On a écrit ça, vite, parce qu’on n’a pas envie de réfléchir quand c’est un coup de foudre. On fonce, on verra après quoi. Dans le texte qui suit, il y a des erreurs. Des erreurs factuelles – le type s’appelle Richard Durham, Johnny Jewel n’est en fait pas loin (et pour la petite histoire, Twisted Wires a ensuite réalisé un deuxième maxi sept ans plus tard et les deux disques sont compilés sur le CD Half Lives, paru en 2017). Mais pour l’émotionnel, je ne changerais pas une seule virgule. Continuer « Twisted Wires, One Night At The Raw Deal (Italians Do It Better, 2009) »

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SECTION26 NEWS#5 : 05.2020

Les messages dans les boites à courriels reviennent petit à petit, le monde se réveille endolori, ankylosé mais ébloui par le soleil. Ce mois-ci, notre playlist revêt de nouveaux attributs. Le player jukebox (appelez ça comme vous voulez) commenté par notre équipée sauvage dans l’article ci-dessous ; et une version mixtape juste au-dessus de ce texte, puisque le confinement a prouvé que vous aimiez ce format où l’on pousse nonchalamment sur play à l’heure de l’apéritif. Nous rajouterons également des liens pour la consulter sur des plateformes de streaming, si vous nous le demandez gentiment. En attendant, voici nos 26 mini coups de cœur de ce joli mois de mai, avec tous les liens bandcamp des artistes et albums pour bien vous perdre dans les méandres de la toile. Enjoy. Continuer « SECTION26 NEWS#5 : 05.2020 »

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Le club du samedi soir # 3 : The Style Council

The Style Council
The Style Council

C’est le premier – ex-aequo avec Robert Smith (ça doit se jouer à quelques semaines). C’est l’année 1982, le premier magazine acheté, un numéro de Best – j’en suis à peu près sûr. Il est question de The Who, il est question de The Jam, il est question des mods. Je ne comprends pas tout – et même peut-être rien. Mais le jeune homme filiforme, cheveux très courts, pantalon cigarette, veste en cuir noir et sourire aux lèvres impressionne. Il s’appelle Paul Weller. Il a à peine 22 ans et ne va pas tarder à saborder The Jam, dont la carrière discographique météorique (1977 – 1982) marque d’une empreinte indélébile l’inconscient collectif britannique – je me souviens encore d’un mariage outre-Manche, en juin 2004, où le témoin du marié avait émaillé son discours d’avant-repas de citations extraites de paroles de The Jam. Alors, j’ai vécu en direct la fin du groupe – l’annonce dans la presse anglaise, la sortie de la compilation live Dig The New Breed (un achat New Rose) – et j’ai suivi les spéculations qui s’ensuivirent sur l’avenir de Weller, “le porte-parole d’une génération” – le premier retour sur scène après le split lors d’un concert d’Everything But The Girl, puis l’union avec Mick Talbot (ex- Merton Parkas, ex- Dexys, ex- The Bureau et déjà croisé aux côtés de Weller lors de la reprise du classique Heatwave sur l’album Setting Sons, en 1979) sous la bannière The Style Council.
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Track-by-track : Fugu, As Found (WW2W)

Mehdi Zannad / Photo : Matthieu Zazzo

Je n’ai jamais très bien compris les propos consistant à évaluer la capacité d’un disque à « bien vieillir ». Il peut porter, certes, les stigmates techniques de ses origines. Et alors ? Je suis donc incapable d’affirmer si, quinze ans après première publication et quelques jours avant sa réédition par l’entremise bienvenue de WeWant2WecordAs Found, le deuxième Lp de Mehdi Zannad bien vieilli ou non. Je sais simplement que j’ai vécu avec lui, régulièrement, parfois passionnément. Peut-être même ai-je un peu grandi en sa compagnie fiable et fidèle. Parce qu’il est demeuré, précisément, en dehors du flux du devenir, associé sans doute à certains souvenirs, mais également offert à toutes les redécouvertes tant sa richesse foisonnante, faite de références inépuisables mais aussi de fulgurances toutes personnelles, présente de saveurs inédites. L’amour, la mélancolie et la powerpop : quelle prise pourrait bien avoir l’âge sur ce triptyque essentiel ? Aujourd’hui autant qu’hier et probablement que demain. Et, pour le reste, la parole revient donc au principal intéressé. Continuer « Track-by-track : Fugu, As Found (WW2W) »

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Fishbeck Division

Matt Fishbeck
Matt Fishbeck

Je crois que c’est aussi pour ça que je me suis passionné pour la musique. Pour la musique pop – dans le sens le plus large possible. Parce qu’au-delà des chansons, il y avait celles et ceux qui les composaient, il y avait leurs interviews, leurs postures, leurs fringues, leurs attitudes. Il y avait ce monde auquel nous n’avions pas accès, si ce n’est par procuration. Il y avait dans les journaux, dans les magazines, sur les pochettes – extérieures ou intérieures, recto ou verso – ces photos qui prouvaient qu’ils étaient différents. D’ailleurs, je me souviens très bien à quel point j’avais trouvé terrifiant un article paru dans le NME ou le Melody Maker au moment de la sortie du premier album de The House Of Love où le journaliste résumait la situation par une sorte de « c’est cool, ils sont comme tout le monde ». Bah non. Justement. Ce n’était pas cool du tout. Et je crois que cette image a fait que j’ai décidé de me désintéresser du groupe de Guy Chadwick – je sauve tout de même la première version de Shine On, sans doute parce qu’à l’époque de sa première écoute, je ne savais pas encore pour la normalité…

Aujourd’hui, pour les quelques raisons évoquées plus haut (les chansons ET LE RESTE), s’il y a bien une pop star, c’est Matt Fishbeck. Depuis la Côte Ouest des États-Unis, il cultive le mystère, sort des disques au compte-gouttes, porte des fringues comme personne ne sait les porter, prend des photos qui ressemblent à des tableaux et peint des tableaux qui ressemblent à des photos, écrit des chansons que lui seul peut chanter et enregistre des mixtapes d’une beauté bouleversante. Dans quelques semaines, le label Mexican Summer va rééditer (pour la première fois en vinyle) le premier album de Holy Shit – son groupe dans lequel sont passés Ariel Pink et Christopher Owens –, Stranded At Two Harbors (2006). Pour cette occasion, Matt Fishbeck m’a demandé d’écrire quelques mots – des notes de pochettes comme on dit dans le jargon. J’ai bien sûr accepté, en essayant de ne pas trop laisser paraitre à quel point j’étais fier et impressionné – oui, fier ET impressionné, et d’autant plus qu’elles ont été traduites de français en anglais par Winston Tong, l’éternel interprète de In A Manner Of Speaking. Je me suis exécuté et je crois que le résultat a plu. Le disque sortira cet été. Ou peut-être à la rentrée. Mais avant cela, Matt Fishbeck a souhaité me remercier – et rien ne l’y obligeait, je vais être payé pour ce travail (oui, il parait que c’est un travail). Alors, hier, il m’a envoyé cette chanson. C’est une reprise. Une reprise magnifique. Solennelle. Personnelle. Mais comme les plus beaux cadeaux sont ceux qu’on finit toujours par partager, la voici…

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Selectorama : Mickaël Mottet

Mickaël Mottet / Photo : Guillaume Long

En une quinzaine d’années, on a pu croiser Mickaël Mottet aux côtés de Angil and The Hiddentracks, Del, The John Venture, Jerri, AWAC, Lion in Bed… Le voilà qui déboule en solo, sous son nom, avec un LP, Glover’s Mistake, à paraître en septembre sur le label weareunique. Cinq titres sont déjà disponibles sur bandcamp, cinq titres élégants et fiévreux pour patienter jusqu’à l’automne, et une vidéo, 15 ways to leave Mark E Smith. En attendant, Mickaël nous livre dix morceaux qui l’ont influencé dans l’écriture de Glover’s Mistake. Une liste éclectique et pointue, à l’image de celui qui a réussi en 2008 à composer un album, Oulipo Saliva, sans employer la lettre E ni la note Mi (E en anglais). Georges Perec likes this. Continuer « Selectorama : Mickaël Mottet »

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Selectorama : J’Aime

Jaime Cristóbal alias J’Aime

C’est à se demander pourquoi nos routes ne se sont pas croisées plus tôt. Sans doute par la faute de mon manque de curiosité. Parce qu’en plus de porter comme nom mon prénom en version castillane et d’habiter non loin du berceau familial, Jaime Cristóbal a le profil des auteurs, compositeurs, musiciens, arrangeurs et / ou producteurs que j’aime plutôt bien – comprendre j’adore. Non content d’écrire de belles chansons, il aime écouter celles des autres et en parle plutôt bien (c’est à ce moment-là que je me dis que son nom d’artiste, il ne l’a pas choisi juste pour le jeu de mots). Il est, à l’image d’un Bob Stanley de Navarre, un mélomane compulsif dont on sait déjà que la curiosité de sera jamais rassasiée et qui prend à cœur son rôle de passeur… Continuer « Selectorama : J’Aime »

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Julien Gasc, Serpentes EP (auto production)

 » Il existe d’autres corps, qu’ils soient vivants ou morts, entre toi et moi « 

Pour quelqu’un qui aime l’émotion et l’urgence avant toutes autres choses, j’avais tout à craindre de l’émergence de groupes cultivés, éduqués, voire virtuoses. A la faculté, un ami, né punk, avait une expression d’alerte qui nous faisait marrer, dès que selon lui, nous accostions des rivages inamicaux peuplés de chevelus empêtrés dans leurs instruments compliqués et leurs influences savantes :  » ATTENTION JAZZ ROCK ! « , hurlait-il. Il aurait sans doute agité son safeword musical s’il était tombé sur Aquaserge. Continuer « Julien Gasc, Serpentes EP (auto production) »

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Caleb Landry Jones, The Mother Stone (Sacred Bones Records)

Il y avait de l’impatience à écouter ce disque, depuis six mois que je voyais les photos de promo de Sacred Bones Records sur mon fil Facebook. En les apercevant d’abord, ces drôles de photos de Caleb Landry Jones fardé et tout en perruque, je m’y étais reprise à deux fois avant de reconnaître ce visage fascinant, entre l’enfance et l’âge adulte. C.L. Jones est acteur avant d’être musicien – ce qui se discute, tant du point de vue de l’artiste lorsqu’il s’explique, que de ce premier disque. Ce visage, c’est celui du jeune cocaïnomane de Twin Peaks The Return, l’incarnation du désespoir et d’une Amérique au bord du gouffre à travers son personnage, Steven Burnett. Si l’on éprouve une passion pour Twin Peaks, le copinage entre Sacred Bones – dont une bonne partie du catalogue est digne d’être adulée – et David Lynch n’est pas pour déplaire. Continuer « Caleb Landry Jones, The Mother Stone (Sacred Bones Records) »

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CMON, Confusing Mix Of Nations (Mexican Summer)

On l’a attendu avec impatience, ce premier album de CMON. Et même si l’on connaissait pour moitié son contenu – cinq des dix titres qui le composent étaient parus sur un EP autoproduit en 2018 -, il n’en demeure pas moins que Confusing Mix Of Nations est un disque troublant, autant pour ses qualités intrinsèques que pour le contexte confus qui entoure sa sortie. Pour commencer, balayons l’évidence, car constater que l’un des disques les plus outrageusement cool et hédonistes parus ces cinq dernières années (au hasard depuis Pom Pom) voit le jour dans un moment qui érige en acte moral la distanciation sociale (sic) relève tout bonnement de l’absurde. Lui aussi confiné, son co-auteur Josh da Costa résume pour nous : « CMON is a funhouse, Confusing Mix Of Nations is the foyer. » Un coup du sort improbable, un camouflet, où le Cool a pris un méchant coup dans l’L mais n’a pas dit son dernier mot.

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Blind Test : Jacno

Jacno / Photo : Eric Fougere via The Guardian

Aujourd’hui, la conscience professionnelle me guide à donner tort à mon ministre (et à ses conseillers à la noix) et à travailler un peu plus que de coutume – ça me dérange pas, j’ai un emploi du temps fait pour ça. Hier, cette même conscience professionnelle pouvait être synonyme de frustration : pour cause de bouclage, elle me faisait rater des rencontres avec des gens qui avaient bercé une partie de mon adolescence – ce qui était d’ailleurs un peu con vu que, de toute façon, on bouclait toujours en retard). Pour cette raison, je n’ai donc pas rencontré Jacno en cette après-midi de 1998 pour discuter de la sortie de son nouvel album d’alors, La Part Des Anges. Mais avec Nicolas Plommée, missionné pour mener à bien cette histoire, on avait préparé un blind test sur mesure pour que l’homme revienne sur cette vie plutôt ahurissante. Parce qu’au-delà des disques, des chansons, Jacno reste pour moi l’un des musiciens les plus fascinants de la musique moderne et sans doute pour cela, l’acteur de l’une de mes interviews favorites, parue dans le mensuel Best au début des années 1980 – oui, à l’heure des listes à tout va (les dix meilleurs disques, les dix meilleurs livres, les dix meilleurs, films, les dix baisers parfaits, les dix plus drôles décisions de Blanquer), je pourrai dresser la liste de mes dix interviews / articles préférés, responsables, peut-être autant que les chansons, de mon désir d’écrire un jour sur la musique –, dans laquelle il détaillait ses passions (The Who, les grands crus de Bordeaux, le végétarisme, les scooters…). Ce blind-test a paru à l’origine dans le numéro 28 de la RPM, puis republié dix ans plus tard, agrémenté de la longue intro qui suit, au moment de la disparition de Jacno. En 2020, ses réponses restent toujours aussi drôles. Et passionnantes. Continuer « Blind Test : Jacno »

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Le club du samedi soir #2 : Factory Lost Classics X2

En début de semaine, il n’était pas possible de passer sous silence le retentissant quarantième anniversaire de la disparition de Ian Curtis. Puis, au courant de la semaine, nous avions évoqué ce Factory All Stars qui s’inscrivait en parfaite illustration de ce qu’était l’écrin du label Factory, l’Haçienda, club légendaire s’il en est. Pour incarner ces années extrêmement prolifiques, Nicolas Plommée et Alex Mimikaki ont choisi de proposer un choix de raretés piochées dans les années Factory, en évitant le phagocytage Joy Division / New Order. Une mixtape à laquelle Christophe Basterra à eu envie de s’atteler aussi… Deux fois valant mieux qu’une, voici leurs sélections. Dance On.

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Machines #8 : DX7, squatteur de la bande FM

Yamaha DX7

Souvent honni, le DX7 n’en a pas moins marqué les eighties à coup de rutilants cuivres plastiques et de pianos électriques aujourd’hui datés, mais particulièrement impressionnants vers 1983. Qu’il soit détesté (souvent pour de mauvaises raisons) ou adoré, le synthétiseur culte de Yamaha a complètement bouleversé le marché des claviers et indirectement la production de la musique pop de cette époque et ce, grâce à une nouvelle forme de synthèse, inventée quelques années plus tôt à Stanford… Il y a un avant/après DX7, et l’impact de ce clavier fut incommensurable. Essayons de comprendre pourquoi. Continuer « Machines #8 : DX7, squatteur de la bande FM »

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The Factory All Stars

Hier, un message de Dave Haslam sur son compte Twitter rappelait que le 21 mai était le jour anniversaire de l’ouverture de La Haçienda, à quelques jours d’une autre célébration plus funeste, celle des quarante ans de la mort du chanteur de Joy Division. Au moment presque où nous tous sommes allés de notre hommage ou pensée à Ian Curtis – je me suis d’ailleurs rendu compte que le culte voué à sa seule personnalité était redevenu prégnant et donc, gênant –, je me suis replongé dans la discographie du label Factory, quinze d’existence, mais tant de vies changées. À ce moment-là, je me suis souvenu de cette publicité de 1985 où il était inscrit « It isn’t only Lowlife who record for Factory ». Triple dose d’humour pince-sans-rire très mancunien et bien sûr, génial, si tant est qu’on ait les clés, je vous l’accorde. Alors, autant dire qu’à l’époque, cette publicité n’a pas dû remplir son rôle. Continuer « The Factory All Stars »

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Other Lives : « Tout sauf du folk avec des cordes ! »

Other Lives
Other Lives / Photo : Walle & Taylor Grey

C’était il y a un peu plus de deux mois, le 5 mars 2020. Autant dire dans un autre espace-temps, à moins qu’il ne s’agisse d’une galaxie lointaine. Je crois que je m’étais déjà abstenu de serrer la main de Jesse Tabish, négligemment affalé, pieds nus, sur le sofa parisien qui lui servait de support. Mais nous avions encore pu causer, sans masques ni filtres, de cet quatrième album d’Other Lives, For Their Love (PIAS) dont la sortie, initialement prévue pour le mois d’avril, s’est retrouvée différée et diluée. Un premier coup en virtuel, un second temps pour le solide. Qu’importe après tout puisque, quelque soit le support et la saison, ces dix chansons amples et majestueuses confirment la profondeur de leur empreinte dans un quotidien délité. A la fois plus organiques et plus richement arrangés que leurs prédécesseurs, les titres de ce nouvel album s’appuient sur l’évocation des grands mythes culturels américains pour mieux restituer certaines des réflexions les plus intimes qu’a jamais livrées leur auteur. Une dualité fascinante et qui méritait bien quelques éclaircissements. Continuer « Other Lives : « Tout sauf du folk avec des cordes ! » »

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Selectorama : Tim Burgess

Tim Burgess / Photo : Cat Stevens

Il est loin, le temps des premiers Charlatans. L’inépuisable Tim Burgess sort I Love The New Sky demain, son cinquième disque solo. Mi pop mi expérimental, ce nouvel album est la synthèse parfaite de ses trente années au service de la pop. De l’hommage appuyé au Boys Don’t Cry de The Cure sur Empathy For The Devil au subtil mariage électro acoustique de Laurie, Tim Burgess donne l’impression de ne rien s’être refusé. L’envie de se faire plaisir est palpable, mais la sagesse le fait rester dans la retenue. C’est cet équilibre qui fait de I Love The New Sky un album réussi. L’enthousiasme et la passion de Tim Burgess ont récemment contribué au succès des listening parties qu’il a organisé sur Twitter pendant le confinement. Pendant ces sessions d’écoute où il est souvent possible de discuter avec les artistes eux-mêmes, Burgess est capable de vanter son amour du Boat To Bolivia de Martin Stephenson & The Daintees comme du Love de The Cult. Cet éclectisme musical et sa soif de découverte transpirent dans ce Selectorama. Il y a quelques années certains indie kids arboraient un t-shirt “Who the fuck is Tim Burgess ?”. Cet homme mériterait que plus personne ne se pose cette question. Continuer « Selectorama : Tim Burgess »

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Sous Surveillance : Flennen

Flennen, compile 8 sur cassette.

Qui ?

Une fois n’est pas coutume dans cette rubrique, il s’agit cette fois d’un label et collectif basé à Berlin qui compte dans ses rangs : Denes, Oskar, Anne-Sophie, Julius, Phuong, Martin, Alex, Julia, Jann… qui jouent ensemble ou séparément dans Pigeon, Gilb, Noj, Benzin, Aus, AI, Dee Bee Rich, Die Wande, AG Form, Go Lamborgini Go, Itaca… (Liste non exhaustive)

Quoi ?

Des fanzines et concerts pour commencer dès 2014, mais aussi des sessions vidéos pour les groupes des membres du collectif (Molde, Pigeon ou Mellie récemment)
Quatre samplers digitaux transformés en compilations cassettes avec la crème des groupes allemands, mais aussi étrangers, allant du post punk au hardcore tranchant et cinglant jusqu’à la pop plus expérimentale faite dans sa chambre.
De façon ponctuelle, sortie de quelques EP’s très intéressants (Schanell, Mellie) et LP’s (Liiek, Pallets).
Flennen prouve et montre que l’Allemagne (Stuttgart, Hambourg, Leipzig notamment) et particulièrement Berlin offre une belle alternative à la musique électronique en terme de scènes, labels, disquaires (Späti Palace, Bis Auf Der Messer, Static Shock, What’s Difference Does It Make….) et de lieux de concerts (Der Autobahn, Shockoladen, Internet Explorer, Zukfunt Am Ostrkreuz, Tennis Bar, Monarch, West Germany…)

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Ich Bin, Obéis ! (Replica)

Il y a plusieurs mois, j’ai partagé un très bon repas, relativement bien arrosé, avec deux anciens membres de Ich Bin, Laurent B. et Julien V. Lors de cette soirée tranquille, dans un appartement mansardé et chaleureux du Faubourg National à Strasbourg, je leur ai fait part de mon rêve de rééditer leur classique, Obéis ! en cassette, pour mon fanzine naissant Langue Pendue. Bien sûr, je les interrogeai sur ce qu’ils avaient gardé comme souvenirs de leur aventure au sein de cette étrange formation aux exploits sporadiques, que j’avais suivis à l’époque, de très près (cf. Papivole #5). J’ai évidemment, dès le lendemain, regretté de ne pas avoir enregistré la conversation, les anecdotes toutes plus hilarantes les unes que les autres se succédant à une allure échevelée : concerts précipités ou à moitié foirés dans des lieux improbables, fans extrêmes, vidéos perdues, tensions internes, idées farfelues, agitations, rixes, tout un concentré de la vie d’un groupe, surpris par l’ampleur des retours, sur un projet qui n’était à la base que parallèle, une passade imprévue. Continuer « Ich Bin, Obéis ! (Replica) »

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Le Culte de Curtis

Master de la première cassette enregistrée en décembre 77, contenant « Ideal For Living » de Warsaw, qui deviendra Joy Division, vendu lors d’une vente aux enchères organisée par Peter Hook en mars 2019.

Le suicide de Ian Curtis le 18 mai 1980 ressemble à un jeu de miroirs. Le culte morbide autour du chanteur de Joy Division, au-delà de l’évolution musicale de New Order, est longtemps resté sinon minoritaire, tout au moins sous-jacent. En 1985, le journaliste Michka Assayas assiste à Manchester au tournage du vidéoclip de The Perfect Kiss par le réalisateur américain Jonathan Demme avec à ses côtés, le grand Henri Alekan en tant que chef opérateur. The Perfect Kiss (“My friend, he took his final breath/Now I know the perfect kiss is the kiss of death”) sort le même jour, le 13 mai 1985, que la centième référence du label Factory, Low Life, troisième album de New Order, qu’il contient : une première pour le quatuor. Continuer « Le Culte de Curtis »

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#45+3 : Joy Division, Love Will Tear Us Apart vs. Girlschool, Nothing To Lose (Factory vs. Bronze, 1980)

Girlschool / Joy Division, Nothing To Tear Us Apart.

« Le hard rock, c’est comme la Ligue Communiste Révolutionnaire. Ce qui est grave, ce n’est pas d’y passer, mais d’y rester. »

(Anonyme, Congrès de l’Hay-les-Roses, novembre 1979)

« She wears denim wherever she goes /
Says she’s gonna get some records by the Status Quo /
Oh yeah oh yeah »

(Teenage Fanclub, The Concept, novembre 1991)

Qui prétend qu’en mai 1980 je portais une veste à patchs ? Une Rica Lewis sans manches, délavée comme il faut, et constellée d’« écussons » – c’est ma mère qui coud, c’est ma mère qui cause. AC/DC, Judas Priest, Thin Lizzy, Rainbow et Trust« L’élite est entrée sans préveniiiir !!», faudra ensuite s’échiner à la faire sortir fissa.
Eric frime, il est le seul à arborer un Motörhead grand format au dos de la sienne, ce qui lui permet à coups d’Umlaut de faire le malin en cours d’allemand. Parfois la Singer peine et cale. Faut finir le boulot à la main, on saisit l’intérêt du dé à coudre. Continuer « #45+3 : Joy Division, Love Will Tear Us Apart vs. Girlschool, Nothing To Lose (Factory vs. Bronze, 1980) »

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Deuxième Division

Ian Curtis est mort il y a 40 ans jour pour jour. Et si ce n’était jamais arrivé?

Joy Division et Kurtis

Ils ne s’étaient jamais reformés et s’il a accepté, c’est uniquement pour permettre aux autres de mettre un peu de beurre dans leurs épinards : le groupe qu’ils ont formé après son départ n’a jamais connu de succès et a fini par se séparer, faute de combattants. Un parcours totalement inverse au sien, puisqu’il bénéficie aujourd’hui aussi bien d’une immense crédibilité que d’un compte en banque enviable. Pourtant, qui aurait misé, à l’aube des années 80, sur ce chanteur épileptique qui semblait porter sur ses frêles épaules toute la misère du monde ? Ian Curtis envisage aujourd’hui la chose avec philosophie. Dit qu’il a eu la chance, après des débuts laborieux, « d’être au bon endroit au bon moment », et qu’il ne regrette aucun choix qu’il a pu faire. Y compris celui de reformer Joy Division quarante ans après avoir quitté le navire.

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Badly Drawn Boy, année 00

Damon Gough, alias Badly Drawn Boy / Photo : Olivier De Banes

Il est des chansons qui, dès l’intro, vous font réaliser une impressionante culbute spatio-temporelle. Disillusion, l’un des singles extraits du pléthorique premier album de Badly Drawn Boy, The Hour Of Bewilderbeast, paru en l’an 2000, est de celles-là. Alors, dès que retentit le premier roulement de batterie, c’est un vendredi ou un samedi soir dans la cave du Pop In (11 rue Amelot, à Paris), à une époque où je fumais cigarette sur cigarette – au grand dam de Robert qui voyait la cendre tombée sur les vinyles, les platines et la console – en sirotant du vin blanc – certaines légendes parlent aussi de pintes de whiskey orange ou de vodka pamplemousse mais je crois que ce ne sont que des légendes. Continuer « Badly Drawn Boy, année 00 »

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Le club du samedi soir #1 : Wes Anderson Fan Club

Wes Anderson, « The Darjeeling Unlimited », 2007.

Parce que j’ai toujours voulu être Margot Tenenbaum, son carré blond parfait retenu par une simple barrette, sa micro-robe sous son manteau de fourrure, écrivaine qui pleure dans sa baignoire avec une classe folle. Parce qu’il s’agit d’histoires de familles compliquées et que pour moi aussi, la famille, c’est compliqué. Parce que j’aime retrouver à chaque film cette troupe d’acteurs, ces visages que je connais bien, ni tout à fait les mêmes ni tout à fait ceux des autres. Parce que cette fidélité aux comédiens, le réalisateur la voue aussi à ses compositeurs, Mark Mothersbaugh et Alexandre Desplat, qu’il convoque de film en film. Parce que toutes les chansons figurant au générique démontrent le goût sûr d’un gars sûr, d’ailleurs l’élégance du mec, excusez-moi du peu. Parce que c’est un cinéma dans lequel tous les adultes sont des enfants à qui les enfants montrent le chemin à suivre. Parce que j’ai beaucoup lu Roald Dahl et que je ne m’en lasserai jamais. Parce que c’est un cinéma très écrit et dans lequel l’écrit tient une place essentielle, partout des livres, des notes manuscrites, des lettres, des messages codés, des chapitres et une histoire romanesque. Parce que la voix de Georges Clooney quand il dit autre chose que What else ? Parce que j’ai eu un labrador pendant 14 ans et que j’adore les chiens. Parce que j’ai toujours rêvé de déambuler dans les couloirs d’un palace, où des grooms en tenue à boutons dorés m’accompagneraient dans l’ascenseur et où il y aurait des coffre-forts cachés avec des trésors dedans. Parce que j’ai toujours été un peu amoureuse de Jason Schwartzman. Parce que mes enfants rient aux éclats quand Tilda Swinton déclare : Action Sociale, j’écoute. Parce que ces deux gamins sur la plage, lui avec sa toque en raton-laveur et elle qui transporte son mange-disque dans une valise, s’embrassent pour la première fois avant de se déhancher sur Le Temps de L’Amour. Continuer « Le club du samedi soir #1 : Wes Anderson Fan Club »

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Selectorama : Jonathan Bree

Jonathan Bree
Jonathan Bree

A quelques mois de la sortie d’After The Curtains Close, quatrième album s’annonçant kitsch et expérimental,  Jonathan Bree nous offre un Selectorama dévoilant quelques pistes sur ses influences du moment. Le Néo-Zélandais masqué semble particulièrement obsédé par la musique religieuse puisque l’on retrouve pas moins de trois titres obscurs interprétés par des nonnes australiennes. Il reste toutefois fidèle aux influences et à l’imagerie 60’s qui a fait sa renommée tardive avec le titre You’re So Cool en 2018. A l’écoute de l’étincelant single Kiss My Lips avec Princess Chelsea en invitée, nous ne doutons pas que 2020 sera l’année de la consécration pour Jonathan Bree, que les franciliens avaient découvert sur scène juste avant Stereolab l’année dernière. Continuer « Selectorama : Jonathan Bree »

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Mixtape Section26 #9 : The Saxophones

The Saxophones
Alexi Erenkov et Alison Alderdice / The Saxophones, sur la pochette de « Eternity bay »

The Saxophones, duo mari et femme nord-californien signé chez Full Time Hobby, vient de sortir Eternity Bay. Si le son est plus ample et chaleureux, la formule de ce deuxième album reste inchangée. Leur chansons imprégnées de mélancolie sont fortement influencées par la musique des années 50, l’exotica mais surtout le jazz qu’Alexi Erenkov a étudié avant de jeter l’éponge, se sentant un peu trop à l’étroit musicalement. The Saxophones tient d’ailleurs son nom de l’instrument dont il jouait pendant ses études et qu’il a mis au placard le temps de s’ouvrir à de nouveaux horizons musicaux. Alexi ayant l’air d’avoir un sacré sens de l’humour, il nous offre un mix autour… du saxophone. Principalement composé de classiques jazz, on y trouve aussi Mulatu Astatke, Fela Kuti ou Orchestra Baobab. Par contre,  aucune trace de Never Tear Us Apart, Urgent, The Logical Song ou Careless Whisper, mais ce sera sans doute pour une mixtape “guilty pleasure”. Continuer « Mixtape Section26 #9 : The Saxophones »

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Sous Surveillance : Le Goût Acide Des Conservateurs

Le Goût Acide Des Conservateurs / Photo : Bolanile Maté
Le Goût Acide Des Conservateurs / Photo : Bolanile Maté

Qui ?

Un duo composé de Yann et Frédérique, respectivement chef machiniste et bassiste/chanteuse.

Où ?

Evreux, Eure – Normandie

Quoi ?

Le Goût Acide Des Conservateurs fut un groupe de rock dans une autre vie, mais il a fallu qu’ils rencontrent un ingrédient de taboulé industriel, pour que leur nom puisse prendre tout son sens. Il compte en son sein des amoureux de musiques synthétiques et parfois froides. S’ils étaient initialement un trio avec la sortie du EP 4 titres Vision en 2016 , ils deviennent un duo en 2018 et sortent des placards leurs machines et autres claviers.

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Helvetia ou la neutralité électrique

Helvetia, via leur page facebook.

Je me revois suivre ses petites ballerines bleu marine entrain de glisser littéralement sur le pavé blond d’Aix-en-Provence. Elle était le portrait identique et troublant de Dominique Sanda. J’avais un rituel précis avant de la retrouver : j’écoutais, fenêtre ouverte sur la place des Cardeurs, le Misty Roses de Colin Blunstone. La voix mélancolique de Blunstone et cette cavalcade de cordes, fiévreuses et anxieuses, marquaient parfaitement mon impatience et ma soif de la retrouver. En bas de chez moi, les murmures des restaurants se mêlaient à la musique. Sous des parasols oranges et décolorés, les cuisiniers indiens grillaient leur clope, en observant impassiblement les pigeons picorer les petits morceaux de pain, laisser là, entre quelques feuilles de platanes. Continuer « Helvetia ou la neutralité électrique »

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Modern Studies, The Weight Of The Sun (Fire Records)

Maintenir l’union en dépit de la distance. Enjamber en musique l’étendue qui sépare. Voici une fois encore, réduit à peu de mots, le projet pas si banal auquel Rob St John et Emily Scott s’attachent à donner corps. Des deux interprètes et songwriters principaux qui constituent le cœur du quartet écossais, l’un réside dans le Lancashire et l’autre en Ecosse. De là, sans doute, est née cette belle musique des interstices et de l’entre-deux. Ce troisième album de Modern Studies prolonge en effet l’exploration des confins, la recherche d’un équilibre instable qu’il serait possible d’établir en arpentant simultanément plusieurs frontières. Celle d’abord qui sépare le savoir-faire des Anciens et les innovations contemporaines. Continuer « Modern Studies, The Weight Of The Sun (Fire Records) »

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Grand Veymont, Persistance et changement (Objet Disque)

grand veymontGrand Veymont, aussi mirifique que son nom, nous tenait la main depuis deux ans et deux très beaux disques aux plages faites des plus sûrs matériaux, Terry Riley et Stereolab — et tout ce que ça implique — en grossier résumé. Des matériaux qui avaient pour unique défaut de dicter parfois trop visiblement la structure du bâtiment et l’écoute de l’auditeur, sans que ce dernier puisse toujours les oublier au profit de l’écriture du duo. Il fallait prendre le temps, s’immerger, laisser résonner les échos inconnus, et rencontrer alors des hymnes de poche planqués sous le décor, des chants plutôt que des chansons, qui donnaient invariablement envie d’enchaîner avec Albert Ayler dans le casque ou les enceintes. Continuer « Grand Veymont, Persistance et changement (Objet Disque) »

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#45+2 : Unrest, A Factory Record (Sub Pop, 1991)

Unrest
Unrest sur le pare-brise.

Ce soir, j’ai comme des envies de Marguerite Duras.

Entendez-moi bien. Pas relire Le Ravissement de Lol V. Stein ou revoir Détruire, dit elle – encore que -, non plus me laisser aller à tout ce qui pourrait traverser votre esprit perturbé par 55 jours de confinement. Non, plutôt me trouver un(e) Yann Andréa et enquiller en sa compagnie nocturne un, deux, trois tours de périph’, à trois du mat’ et à toute blinde. Macadam à trois voies, monte donc Hellman. Ouvrir la vitre en grand, offrir ma calvitie au vent, niquer les radars ou me faire prendre par eux, tant pis, puisque le plaisir, tant qu’à être circulaire, ne saurait être à sens unique. Intérieur / extérieur, in & out, qu’importe, de Bagnolet à Italie, d’Auteuil à Montreuil et retour. Continuer « #45+2 : Unrest, A Factory Record (Sub Pop, 1991) »

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I like 2 Stay Home#52 : Qu’est ce que sera demain?

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Mark Bradford, Tomorrow is another day (2016)

Well, big scoop : demain ne sera pas différent d’hier. Les luttes et les combats auront certainement plus de raison d’exister encore. En ces quelques semaines, nous avons sans doute, le temps d’une introspection fugace, pu réfléchir à notre sort, fantasmer notre avenir, le souhaiter meilleur. Parfois été déçu de ne pas avoir réalisé plus de choses. Demain, nous retrouverons le même pas de porte, la même station de bus, les mêmes collègues, amis et famille. Certains d’entre eux dans une détresse sociale empirée par la crise. Nous ne sommes pas là pour souligner ces choses-là, mais pour espérer que celles qui vous sont chères, qui nous sont chères, perdurent sans trop de peine. Ecoutez ceux que vous aimez, soyez curieux, privilégiez l’indépendance et l’audace. Ce sera votre façon de rendre les choses plus supportables, et peut-être même plus belles. Continuer « I like 2 Stay Home#52 : Qu’est ce que sera demain? »

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Kings Of Convenience, année 01

Kings Of Convenience / Photo : Olivier de Banes

De toutes les années passées à la RPM (et son ancêtre magic mushroom), je garde une affection particulière pour les années charnières des ancien et nouveau millénaires : nous étions de plus en plus nombreux dans les locaux de cette adresse finalement assez dingue que fut le boulevard de Ménilmontant (mention très particulière à nos camarades de Repérages, avec lesquels nous multiplierons les relations incestueuses) et ont paru quelques (parfois presque) premiers albums de haute volée — pour preuve, je les réécoute encore aujourd’hui, quelque vingt années après leur sortie. Dans le désordre, je pense tout de suite à Phoenix, Badly Drawn Boy, I Am Kloot, Ed Harcourt, Richard Hawley, The Strokes… Et donc, Kings Of Convenience. Continuer « Kings Of Convenience, année 01 »

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I Like 2 Stay Home #51 : I painted such a picture that golden fires burned in your head

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Ce n’est pas toujours le cas, mais pour certains groupes, certaines chansons, vous vous souvenez très précisément du moment où vous les avez écoutés pour la première fois. Je n’en ai pas le temps et vous n’avez sans doute pas l’envie que je dresse une liste exhaustive de toutes ces fois-là. Mais bizarrement, je me rappelle très bien que j’ai découvert The Lovecats de The Cure (le groupe m’était déjà familier) un soir de l’automne 1983, vers 22 heures, sur un petit poste de radio dissimulé sous mon oreiller alors que j’écoutais l’émission Feedback de Bernard Lenoir. Oui, vous vous en doutez – et j’en ai déjà parlé : je me rappelle aussi très bien de la première fois où j’ai écouté Felt et de quelle chanson il s’agissait. Continuer « I Like 2 Stay Home #51 : I painted such a picture that golden fires burned in your head »

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B-Boy Bouillabaisse : Beastie Boys Book vs. Beastie Boys Story 

Vous voyez ces pontifes qui vous toisent des cimes de leur culture au détour d’une banale conversation devant un bar, généralement, pour vous expliquer que « le film est pas mal, mais le livre est tellement mieux » ? Tentons aujourd’hui de ne pas faire comme eux, car s’il y a bien un groupe culte qui ne saurait être associé à ce genre de pédanterie, c’est bien les Beastie Boys. Néanmoins… Continuer « B-Boy Bouillabaisse : Beastie Boys Book vs. Beastie Boys Story « 

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I Like 2 Stay Home #50 : Recherche Adam désespérément

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Beastie Boys

Hier, Etienne Greib évoquait dans son excellente mixtape les passions tristes de l’adolescence, nous emmenant avec lui dans son quotidien d’adolescent strasbourgeois de la seconde moitié des années 80. Après s’être immergée dans les 590 pages de Beastie Boys Book dont on vous reparlera demain ici-même, j’ai sélectionné les 26 premiers titres cités par Mike D. et Adam Horowitz, témoignant de l’extraordinaire scène new-yorkaise de la première moitié des 80s, de Heartbeat, morceau emblématique du Paradise Garage, à She’s On It, dernier maxi sorti avant leur premier album Licensed to Ill. Depuis leur chambre de pré-ado au Bronx en passant par le légendaire club Danceteria, la énième (re)naissance du cool, et démoniaque transition du punk rock au tout début du hip hop. Continuer « I Like 2 Stay Home #50 : Recherche Adam désespérément »

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Sous surveillance : Simili Gum

Simili Gum
Simili Gum

Qui ?

Simili Gum, l’alias d’un jeune homme de 26 ans (« j’ai eu 11 ans, et d’un coup 26 »)

Où ?

Dans l’ordre Lyon, puis Marseille, puis Paris bientôt. Continuer « Sous surveillance : Simili Gum »

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I Like 2 Stay Home #49 : Passions Tristes

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Je ne sais pas comment ça m’est venu, ce besoin d’aller me replonger en adolescence, peut être le confinement, une certaine liberté de subir un flashback, tant l’esprit s’étend parfois très loin puis retombe lamentablement. Et niveau lamentable, nous l’étions pas mal, confinés en régions, ourdissant des plans qui ne nous donneraient pas forcément la liberté tant souhaitée mais qui allaient nous libérer de ce vilain carcan new wave. Dans cet entre deux, que garder? Je voulais m’amuser, j’ai vite abandonné la mission. Continuer « I Like 2 Stay Home #49 : Passions Tristes »

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#45+1 : The Sea Urchins, Pristine Christine (Sarah Records, 1987)

The Sea Urchins
Oursins de mer sur leur lit de Sarah.

La voisine du troisième m’observait d’un sale œil alors que j’étais accroupi dans la cour, occupé à ramasser le verre brisé. Synchrone avec l’acmé de nos effusions sonores, le carreau avait bruyamment volé en éclat, traversé par sa paume ouverte qui criait une douleur n’appartenant qu’à elle. Tu ne vois ni ne comprends jamais rien, balaya-t-elle d’un geste qui faisait écho au mien, essaimant quelques gouttes de sang qu’il me faudrait aussi nettoyer. Rien de méchant pour autant, la plaie s’avérait moins profonde que son désarroi, pas de quoi retourner aux urgences. Novembre était compliqué, octobre avait été pire. Le pic de la crise était survenu la semaine de la sortie de Sonic Flower Groove, le premier LP de Primal Scream, qui du coup s’était paré d’une teinte plus sombre. Son humeur pouvait déteindre sur certains disques, ou en raviver les tréfonds. Ainsi Darklands qui presque instantanément était devenu à son contact un disque de fin d’automne, dans lequel on entrait comme dans une nuit profonde. A considérer les disques comme des balises mouvantes, vibratiles, le lendemain du jour du carreau j’allais en rencontrer un qui m’ouvrirait les portes d’une autre maison, guère plus vaste, mais dont la luminosité n’a jamais décliné. Continuer « #45+1 : The Sea Urchins, Pristine Christine (Sarah Records, 1987) »

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I Like 2 Stay Home #48 : Tribute à Florian Schneider (Kraftwerk)

Florian Schneider (Kraftwerk)

Parfois, peu de mots viennent lorsqu’un personnage aussi essentiel s’en va. Florian Schneider, co-fondateur des immenses Kraftwerk est parti. Plutôt que de retracer sa biographie, nous avons choisi de réécouter son œuvre. Continuer « I Like 2 Stay Home #48 : Tribute à Florian Schneider (Kraftwerk) »

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Selectorama : Ellah A. Thaun

Ellah A. Thaun, quatuor / Photo : David Hauguel

Rouen, en Normandie, la ville qui a vu éclore les fameux Dogs, Olivensteins, Nouveaux Riches, et autres Gloires Locales grâce entre autres aux oreilles avisées de Mélodies Massacre, label et disquaire de légende où toute cette jolie faune zonait. Pour plus de mémoire, la compilation Rouen Explosion Rock 1980-1990 – Un Soupçon d’Indifférence résume bien l’esprit de cette ville. Aujourd’hui, la relève est assurée par des structures associatives et lieux tels que le 106 et Radio Lomax ou Le 3 Pièces, et des groupes comme Unschooling, Kumusta et autres MNNQNS, mais arrêtons-nous plutôt sur la mystérieuse Ellah A Thaun. Nathanaëlle de son prénom, la diseuse de bonne aventure originaire de cette ville aux cent clochers commence les productions sur bandes magnétiques il y a dix ans en solo. Déjà, pointe un univers qui oscille entre sonorités expérimentales, électroniques et dark- folk psychédélique. A ce jour, pas loin de seize LP’s et presque autant d’EP’s, dont on retiendra au passage The Madcap Laughs, bel hommage au défunt Syd Barrett sorti en 2017.

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I Like 2 Stay Home #47 : Broadcasted Vol.2, Chidren Of Broadcast

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Trish Keenan, Broadcast
Trish Keenan, Broadcast

Comme l’a magnifiquement illustré Anna HB dans le premier volume de cette sélection de chansons, Broadcast était un groupe de passeurs. L’un des plus beaux du genre et celui qui, au-delà de la musique, a infusé le plus profondément ses goûts cinématographiques et a irrigué notre imaginaire de ses rêveries. Il n’est pas étonnant que ce groupe de passeurs se trouve à son tour « passé ». Depuis quelques années, on voit chaque mois de nouveaux groupes (explicitement ou tacitement) porter l’héritage de Broadcast – à moins que ce ne soit simplement dans notre esprit que se produise cette association. Bien sûr, Broadcast restera un groupe unique et parfois, on reproche avec amertume (et injustement ?) aux descendants de ne pas être l’original… Voici donc l’occasion de nous racheter en rendant hommage à ces groupes qui font revivre à leur manière une certaine idée de la musique, celle qui fait naître des images avec des sons, des songes avec des instruments et où le réél se mêle à l’artifice : « Movies For Ears » comme dit l’amie Ela Orleans.

– Xavier Mazure

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Les enfants de la parodie

Au sujet de Attic Abasement

Attic Abasement
Attic Abasement

Il y a dans le cinéma de Jean Eustache, un personnage – qui a réellement existé – se présentant comme le sosie parfait de Jean-Paul Belmondo. On ne le voit pas, on y fait référence. Cette parodie du célèbre acteur devient pour Eustache, plus vrai que le vrai. Et le cinéaste ajoute amèrement : « Le faux, c’est l’au-delà ». Idée séduisante du vampirisme, de la contrefaçon tragique et lumineuse. La musique connaît ces personnages-là, ces fantasmes de création clonée. Cherche-t-on dans ces groupes de seconde zone, une part d’innocence ? Dans cette répétition – qui n’est pas un retour du même mais plutôt un mantra – on prie pour revivre une révélation musicale. On veut retrouver ces moments qui nous rattachent à un secret, un amour inoubliable qui sait ?… Continuer « Les enfants de la parodie »

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I Like 2 Stay Home #46 : Bleep Techno & early IDM (1989-1996)

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

La parution en 1992 chez Warp de la compilation Artificial Intelligence a pu poser les bases d’une techno autorisant un rapport décalé au dancefloor. Se tenant à l’écart des autoroutes 4/4, c’est en quelque sorte une musique électronique renouant avec ses racines ambiant, pop ou expérimentales que les productions du label de Sheffield ont remis au premier plan.
B12/Musicology, The Black Dog/I.A.O, Speedy J et leurs propositions bleep, version typiquement britannique de l’acid house. Aphex Twin (sous ses divers alias) ou Autechre, et leurs expérimentations early IDM. Ou encore la présence de quelques « franc tireurs », pas forcément assimilés au premier abord à l’écurie Warp, mais qui n’en demeurent pas moins fondamentaux : Orbital  ou outre-Atlantique, Richie Hawtin. Tout ceci dessinant le périmètre d’un genre qu’une série de labels comme Rephlex ou Skam ont pu par la suite honorer. Comme notre playlist qui ambitionne de redécouvrir cet âge d’or, celui d’une certaine techno anglaise des années 1989 – 1996. Loin de nous l’idée de conforter le préjugé élitiste d’une techno dite « intelligente », par opposition à une autre, soi-disant plus primaire ou moins cérébrale. Mais plutôt de rendre hommage à un genre dont les caractéristiques nous semblent parfaites en cette période de confinement : une techno à écouter chez soi, comme si il s’agissait d’étendre l’expérience du Chill-out à l’espace domestique. Continuer « I Like 2 Stay Home #46 : Bleep Techno & early IDM (1989-1996) »

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R. E. Seraphin, Tiny Shapes (Paisley Shirt Records)

Pour contrebalancer l’anéantissement provisoirement contraint de la cueillette du muguet ou des grandes escapades printanières, nous sommes quelques-uns à avoir au moins pu nous délecter de l’événement majeur de ce week-end dernier. Au beau milieu d’un pseudo- pont du 1er mai qui s’est contenté d’enjamber les deux rives tristement identiques d’un long fleuve d’ennui, la diffusion gratuite pendant quelques jours de Teenage Superstars (2017) brillant documentaire consacré par Grant McPhee à l’émergence de la scène indie-pop écossaise tout au long des années 1980, a offert aux amateurs – mais qui donc songerait à ne pas l’être ?- quelques heures privilégiées de délectation nostalgique et de souvenirs partagés en compagnie de ces quelques tout jeunes hommes de plus de cinquante ans nommés Duglas T. Stewart, Eugene Kelly, Norman Blake ou Stephen McRobbie – on en passe, mais peu de meilleurs. Dans une séquence pré-générique introductive, le leader des Pastels raconte ainsi comment sa conversion au punk a débuté par un passage chez le coiffeur et lui a couté, quelques heures plus tard, un cuisant coup de soleil sur ses oreilles peu habituées à une exposition si intense aux rayonnements. D’emblée, la souffrance presque dérisoire associée à l’exaltation de la liberté fraîchement conquise : au-delà même de la métaphore ou de l’anecdote, il y a quelque chose d’une vérité profonde qui semble traverser les époques et s’inscrire durablement dans les prolongements de cette tradition musicale dont les Vaselines ou les BMX Bandits ont constitué les maillons si vitaux. Continuer « R. E. Seraphin, Tiny Shapes (Paisley Shirt Records) »

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I Like 2 Stay Home #45 : Moderato silencio

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

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Le Testament d’Orphée, Jean Cocteau

Ils ne sont pas là pour les funérailles du poète parce qu’ils sont célèbres, mais « parce qu’ils sont mes amis » dit Cocteau au générique de son Testament d’Orphée (1959). Disons-le ici : Jeanette, Karina, les Gibb, Hepburn, Jobim ils sont mes amis. Alors certes, ils sont célèbres mais qu’importe ?

Cocteau toujours : pour ses vraies-fausses funérailles, autour de lui, personne d’autres que les tziganes pour pleurer le poète. Ceux-là même qui plus tôt l’accueillaient dans le monde des nôtres : homme-cheval et feu follet de la photo de Cégeste, imprécations et flamenco nuptiale ou funéraire, célébrant une vérité ancienne que les nomades conservent sur la terre. Le vieux cinéaste, qui en est à sa dernière excentricité, sait la chose très bien : cinéma donc feu donc épreuve de la joie fugace et crépitante — enregistrement = mort.

Le poète n’a qu’une famille : les nomades. Il n’a qu’une amitié : les sons les plus anciens, les plus triviaux, les plus impurs, la musique populaire. On dit ici populaire en son sens vrai : pas le genre Spotify, mais bien le plus vieux creuset de l’humanité, le son de la voix. Celle-ci qui fut enregistrée et dont vint la déraison, la passion, l’excitation, la mort. Enfance de l’art dit Godard du cinéma. Enfance de l’art dirons-nous pour la pop. Continuer « I Like 2 Stay Home #45 : Moderato silencio »

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I Like To Stay Home #44 : From Gardens Where We Feel Secure

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Alors que le monde extérieur semble tâché par le sourde anxiété des jours, la pulsion de l’air libre continue d’irriguer les rêveries, avec des envies de cultiver de grands jardins intérieurs, où nous pourrions nous retrouver dans la tranquille indifférence d’un monde de sève et de pollen. Lits d’herbes, torrents de pétales, bouquets kaleidoscopes, couronnes pour le souvenir, branches tordues vers l’astre solaire, méditations à la chlorophylle. Un petit parc botanique dans la tête. Voici le mien, pas très grand, mal taillé, mélange d’espèces semées au hasard, avec des allées de ritournelles aérées, quelques pieds exotiques qui cohabitent à côté des rosiers (qui n’est pas la seule fleur bonne à chanter, qu’on se le dise), des pelouses sereines où la marche est évidemment autorisée, et juste assez d’ombre pour déraper vers le sommeil si besoin est.

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#45 : The Soup Dragons, I’m Free (Big Life, 1990)

I’m Free d’attendre encore un peu.

Au soir du premier jour de confinement, alors que le reste de la famille s’adonnait au visionnage d’une série (pas ma came), je m’étais retiré dans mon antre-bureau, non sans avoir répondu favorablement à cette proposition de dernière tournée lancée par le consul du bouquin de Malcolm Lowry. Voilà pour le début de l’histoire, et bien que j’en ai déjà posé les bases dans le #1, je ne vois pas pourquoi je m’interdirais d’y revenir à nouveau puisqu’il est dit que la boucle doit être bouclée – je suis persuadé que cette phrase aurait pu tenir en deux fois moins de mots mais on ne se refait pas, disait le scorpion à la grenouille.
C’est donc en tombant inopinément sur un 45 tours du label The Compact Organization que germa cette idée dans mon cerveau passablement imbibé. Après m’être déhanché sur quelques pépites de northern soul pour célébrer ça – une idée c’est un peu une fête, on n’en a pas à longueur de journée, chantait jadis l’ami Prudence – je décidais de laisser reposer, rôdé à voir mes lubies du soir frappées d’inanité le lendemain matin, et bien en peine, les pauvres, de rivaliser avec ma gueule de bois. Continuer « #45 : The Soup Dragons, I’m Free (Big Life, 1990) »

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Confeti De Odio, Tragedia Española (Snap! Clap! Club)

D’abord, il y a eu cette pochette, aperçue un dimanche soir sur Instagram, sur le compte du très recommandable Nacho Canut – pour ceux qui ne suivent ou ne savent pas, cet homme est la moitié de Fangoria et l’une des figures emblématiques de la Movida et de la scène pop espagnole depuis la fin des années 1970, en particulier pour avoir cofondé, avec son éternelle complice Alaska et le regretté Carlos Berlanga, Alaska Y los Pegamoides puis Alaska Y Dinarama. Des groupes qui, un peu à l’instar d’Orange Juice à la même époque, rêvaient de marier les Ramones et Chic. Alors voilà : quand un type de cette envergure poste sur son compte une pochette, vous avez forcément envie d’en savoir un peu plus. Surtout quand ladite pochette donne une idée assez précise de ce à quoi aurait pu ressembler en vitrine un disque de The Smiths avec Syd Barrett période The Madcap Laughs comme effigie. Et puis, le titre et le nom de l’artiste attisaient aussi la curiosité : Tragedia Española par Confeti De Odio (une traduction approximative en serait : Tragédie Espagnole par Confetti de Haine). Et moi, quand il s’agit de musique pop, j’aime bien les mots qui ne donnent pas le choix : c’est l’amour ou la haine – justement –, il n’y a pas de place pour un milieu plus ou moins juste…

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I Like 2 Fuck Home #43 : More Songs About Fucking

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

« Dans ton confinement je m’introduis, puisque Ovide dit ne faire que peu de cas des barrières qui masquent nos gestes les plus impurs. »

(Benoît Douvres, La porte étroite, Douchet-Fustel, 1969)

Absolument prépondérante, la question du sexe confiné ne transpire que trop peu de l’autre côté des verrous. De nouveaux fragments du discours amoureux s’écrivent pourtant, dans toutes les langues, à l’ombre de chambres à coucher désertées, dans la surchauffe de salons surpeuplés, sous la douche, sur des écrans, des réseaux, des lignes téléphoniques saturées de désirs ou de foutre, du bout des doigts, au creux de paumes ou de poignes étranglant la frustration, dans nos rêves humides, face à des Camgirls & boys qui vibrent ou ploient sous l’assaut du Bitcoin. Continuer « I Like 2 Fuck Home #43 : More Songs About Fucking »

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#44 : The Nails, 88 Lines About 44 Women (Jimboco & City Beat / Rough Trade, 1982/1992)

The Nails
The Nails, ongles incarnés.

44 disques, 44 posts, mais certainement pas 8800 signes sur ce trésor (bien) caché qui connut plusieurs versions, toutes par le même groupe, The Nails.

A l’automne 1991, Rough Trade décida de lancer un Singles Club, sans faire mystère d’avoir piqué l’idée à Sub Pop. Vous contractiez un abonnement pour six mois ou un an et receviez par la poste un nouveau 45 tours chaque mois – vous pouviez également tenter de le choper chez votre disquaire.
Levitation, le groupe post-House of Love de Terry Bickers, fut la première référence, en octobre. Le single des Nails apparut en février 92, précédant d’un mois un chouette Mercury Rev – une reprise du If You Want Me To Stay de Sly and the Family Stone. La 16ème référence est évidemment chère à mon cœur puisqu’il s’agit de A Marriage Made In Heaven des Tindersticks, la version originale avec Niki Sin de Blood Sausage, pas celle avec Isabella Rossellini.
Bon, 88 Lines About 44 Women dans ma boîte à lettres, ce fut autant énigmatique qu’addictif. Continuer « #44 : The Nails, 88 Lines About 44 Women (Jimboco & City Beat / Rough Trade, 1982/1992) »

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Car Seat Headrest, Making a door less open (Matador)

I believe that thoughts can change my body, répète Will Toledo sur son morceau d’ouverture, Weightlifters. De là à imaginer l’adolescent chétif des Twin Fantasy (2011) en culturiste, il y a un monde. Will Toledo a quelque chose d’un rapport conflictuel au corps (euphémisme) : « Don’t you realize our bodies could fall apart any second ? » disait-il y a encore peu dans un autre titre, intitulé… Bodys.

Débarrassons-nous immédiatement du narratif qu’il a décidé de construire pour la sortie de son deuxième album chez Matador – en ne comptant pas le ré-enregistrement de Twin Fantasy : il a exprimé le souhait de porter un masque façon jeu vidéo afin de dissimuler son visage, amoindrir le poids du corps. Le narratif bégaie devant le Covid-19, il faut bien le dire. Toledo n’aura pas de concert à tenir avant quelques mois, on verra alors ce qu’il reste de cette décision. Continuer « Car Seat Headrest, Making a door less open (Matador) »

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I Like 2 Stay Home #42 : 26 inúteis paiságens

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Johan Larnouhet, Untitled, 2016, 180 x 180 cm, oil on canvas

Mais pour quoi?
Pourquoi tant de ciel,
Pourquoi tant de mer,
Pourquoi?
À quoi sert cette vague qui se brise
Et le vent de l’après-midi?
À quoi sert l’après-midi?
Paysage inutile.
Peut être
que tu ne viendras plus
Ne reviendra jamais.
À quoi servent les fleurs qui naissent
Sur le chemin, 
Si mon chemin
Solitaire n’est rien.
Ce n’est rien.
Ce n’est rien.

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#43 : J.C. Brouchard with Biff Bang Pow !, Someone Stole My Wheels (Creation, 1986)

Biff Bang Pow !
Biff Bang Pow !, pas la cinquième roue du carrosse Creation.

Il fait super beau, pourquoi j’irai à Reims alors qu’on a l’occasion d’aller au Touquet ? Elle n’en démord pas. A peine si je tente un tantinet d’argumenter, puis cède. Ça tenait de la gageure de lui résister. Et nous voilà partis direction la côte d’Opale dans la R5 bleue en faisant attention à ne pas croiser le camion qui a fauché Coluche deux jours plus tôt. Le soir je noie mon amertume dans un bar à buts qui retransmet Brésil-France. Peut-être qu’au moment même où à Guadalajara Bats stoppait le tir au but de Zico, à la MJC Claudel de Reims le groupe entamait une reprise du Outdoor Miner de Wire ? Je n’ai jamais su. Nous sommes le 21 juin 1986 et j’ai tout juste vingt ans. C’est la Fête de la Musique et la France de Platini accède aux demi-finales de la Coupe du Monde en sortant le Brésil de Sócrates. C’est bien. Mais je viens de rater le premier concert de Felt en France – et chacun sait qu’ils ne furent pas nombreux. Continuer « #43 : J.C. Brouchard with Biff Bang Pow !, Someone Stole My Wheels (Creation, 1986) »

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B.C. Camplight, Shortly After Takeoff (Bella Union/PIAS)

Soy Tonto!, proclamait-il déjà haut il y a bientôt treize ans sur l’un des titres de son deuxième album, Blink Of A Nihilist (2007). Nul besoin, en effet, de posséder un diplôme de troisième cycle en psychologie pour comprendre qu’il règne encore et toujours une agitation inhabituelle sous le chapeau melon de Brian Christinzio. Sa biographie officielle n’en a d’ailleurs jamais fait mystère en évoquant régulièrement quelques séjours en établissements spécialisés. Et pourtant, l’admiration que suscite une fois de plus l’homme-orchestre qui se dissimule derrière le pseudonyme de B.C. Camplight n’a pas grand-chose à voir avec la fascination un peu malsaine qu’entretiennent la plupart des autres grands givrés de l’histoire de la pop – de Roky Erickson à Daniel Johnston, la liste est longue. Nulle trace ici de délire paranoïaque ou d’exposition obscène de pathologies psychotiques. Il s’agit plutôt d’une folie douce, d’une fantaisie extrême et non dénuée d’humour. Continuer « B.C. Camplight, Shortly After Takeoff (Bella Union/PIAS) »

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I Like 2 Stay Home #41 : Jamaicadelica

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Si le reggae n’est pas le genre qui m’a attiré en premier, la musique jamaïcaine était déjà dans mon ADN avec les Specials, Madness et le revival ska anglais début 80. Plus tard, le Top 50 rendait impossible d’échapper à Jimmy Cliff, UB40 ou quelques clichés. Mais le déclic se fera bien plus tard, à la fin des années 90, grâce aux formidables compilations Dub Chill Out  (Music Club) ou 100% Dynamite chez Soul Jazz, qui ont permis la découverte d’un continent ignoré aux multiples et passionnantes ramifications : du Shuffle des années 40 au Dancehall et Digital des années 80 et 90 en passant par le Mento, le Ska, le Rocksteady, le Reggae, le Dub ou le Ragga. Continuer « I Like 2 Stay Home #41 : Jamaicadelica »

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#42 : Seam, Look Back In Anger (City Slang, 1992)

Seam, sur le frigo - sans Bitch Magnet.
Seam, sur le frigo – sans Bitch Magnet.

colère, colère, colère,
tu me prends à revers,
colère, colère,
du terrain tu gagnes, du terrain je perds
(Bertrand Betsch, 1997)

N’en déplaise aux dylanophiles, l’injonction ou mesure barrière Don’t look back, titre du fameux documentaire que D.A. Pennebaker consacra à la tournée anglaise ’65 du Zim, n’aura été que trop peu suivie. Combien de fois se sera-t-on retourné tout au long de cette série ? Sur des disques principalement, parfois oubliés, sortant miraculeusement des boîtes où ils prenaient la poussière. Sur quelques concerts et rencontres. Sur notre jeunesse, nos erreurs, nos errements et nos actes manqués (arrête couillon, on dirait du Goldman). Sur notre mémoire surtout, parfois encore vive, le plus souvent lacunaire, vagabonde voire déficiente. Au moins aura-ton tenté de le faire avec une certaine retenue. Sans déverser sa bile ou envoyer valser à travers la pièce son bol de soupe à la grimace. Il y avait de quoi pourtant, face à la parole des Tartuffes officiels ou de certains journalistes, cette cacophonie où on percevait très distinctement le son des coutures qui craquent, à force de vestes maintes fois retournées. Continuer « #42 : Seam, Look Back In Anger (City Slang, 1992) »

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Selectorama : RVG

RVG
RVG / Photo : Anna Cunningham

RVG est sans conteste l’un des groupes australiens les plus surveillés du moment. Feral, leur deuxième album tout juste sorti chez Fire Records combine à merveille le post punk et une pop fortement inspirée des 80’s. Si l’esprit des Go-Betweens n’est jamais loin, les mélodies à la Johnny Marr apportent un peu de lumière aux textes intenses de la chanteuse Romy Vager. Une noirceur non dénuée d’un certain sens de l’humour, le trio allant jusqu’à utiliser un sample de perceuse pour neurochirurgie sur le titre Christian NeurosurgeonMarc Nolte et Reuben Bloxham, les 2/3 de RVG ont chacun choisi une dizaine de morceaux pour un Selectorama qui foisonne  de titres souvent rares et classieux issus de la scène australienne. Le groupe s’y raconte à travers des anecdotes de tournée, des souvenirs d’enfance. Vous apprendrez même quelle drogue est stockée dans le frigo du batteur depuis des mois… Continuer « Selectorama : RVG »

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I Like 2 Stay Home #40 : Emotional Haircut

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

S’il n’avait pas fait carrière avec The Go-Betweens, Robert Forster aurait aimé être coiffeur. Les cheveux ont toujours été une des ses principales obsessions. Dans les années 80, il y avait même consacré un article dans Debris, le fanzine de Dave Haslam. Comme pour beaucoup d’entre nous dans cette dernière ligne droite du confinement, il doit se regarder dans le miroir de sa salle de bain le matin et être prêt à offrir un rein en échange d’un rendez-vous chez le coiffeur. S’il faut bien entendu relativiser, cette marotte de la coiffure incontrôlable est telle que la rédaction de Section 26 a joint ses forces pour vous proposer un mix autour des cheveux. Certains titres comme Devil’s Haircut ou The Long Hair Of Death n’ont jamais été autant d’actualité.

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#41 : My Bloody Valentine, You Made Me Realise (Creation, 1988)

My Bloody Valentine, aussi belle qu’une lame.
My Bloody Valentine, aussi belle qu’une lame.

La première fois où je me suis fait gauler par les vigiles de la Fnac, c’est avec un CD de My Bloody Valentine sous la chemise. Un disque que je possédais déjà en vinyle. C’était pas rien, mais ça c’est bien terminé. Les types m’ont fait la leçon, puis laissé repartir en agitant des menaces en cas de récidive. S’ils avaient su le nombre de bouquins que j’avais réussi à escamoter à l’Agitateur depuis 1954. L’erreur fut donc de passer au digital. On m’y reprendra plus. Le plus drôle dans l’histoire est que je vivais justement avec une fille prénommée Valentine et que ce n’était pas funny tous les jours. 1987-92, sûr que durant ce quinquennat, les disques dans lesquels je me réfugiais ont pu m’aider à maintenir le cap. Qui sait pourtant si je n’aurai pas rempilé pour un nouveau mandat ? Sauf qu’on m’a définitivement bloqué l’accès aux urnes. Continuer « #41 : My Bloody Valentine, You Made Me Realise (Creation, 1988) »

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Red Skylark, Collection 1 (Kool Kat Musik)

Les vertus auditives et indirectes du confinement continuent, à juste titre, d’être suffisamment soulignées pour que l’on s’attarde un instant sur le revers de la médaille. Alors que le temps s’étiole et se fige, l’investigation archéologico-réflexive des vestiges de nos propres passions musicales ne cesse d’apparaître comme un dérivatif captivant à la circularité de l’ennui. Comme autant de Xavier de Maistre de fortune, contraints de tirer le moins mauvais parti possible de l’autarcie provisoire, nous voyageons autour de nos discothèques pour y redécouvrir des mondes oubliés. Les souvenirs réconfortent ; les oublis se réparent : tout cela est bel et bon mais laisse peu de place, paradoxalement, à l’irruption de la nouveauté. Alors que les sources d’approvisionnement en musique fraîche tendent à se tarir et que les sorties attendues sont souvent différées aux calendes automnales déconfinées, la pénurie et la profusion œuvrent ainsi de pair. Pourquoi risquer de perdre son temps, même dilué, à explorer le superflu et l’incertain quand l’essentiel est en permanence à portée de mains et d’oreilles ? Continuer « Red Skylark, Collection 1 (Kool Kat Musik) »

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I Like 2 Stay Home #39 : It’s Up To You, Vol. 2 / Independent & English Speaking Bands From France (1990 – 1999)

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Coincées entre l’avènement du CD et l’émergence d’internet, les années 90 en France voient la naissance de mille groupes d’une scène liée par sa façon de communiquer (les cassettes, les vinyles, les fanzines et quelques labels) et par un esprit indépendant, traduction approximative et romantique du concept anglo-saxon. Le point commun de ces jeunes groupes est aussi un usage – parfois approximatif – de la langue anglaise, comme symbole de liberté et d’alternative à la Chanson Française, canonisée et protégée par le Ministère de la Culture. Avant de devenir définitivement la langue globale avec internet, l’anglais permet alors aux adolescents et jeunes adultes anglophiles (ou américanophiles) de s’évader, et, moins que de rêver d’une carrière internationale, de s’identifier (im)parfaitement à ses idoles si proches et si lointaines à la fois en ajoutant les paroles à la musique. Le titre It’s Up To You fait référence à une méthode d’anglais que nombre de collégiens et lycéens ont éprouvée dans les années 1970 et 80. Voici les enfants inventifs, maladroits, touchants, parfois géniaux, de cette méthode, réunis dans ce second mix. Cette touche française nécessite (et mérite) dès maintenant d’autres nombreuses compilations de ces fabuleuses pépites (nuggets), incongrus cailloux (pebbles), ou inconnues décombres (rubbles). PS : Petit clin d’œil avec Gamine, qui faisait le lien générationnel avec les années 80. Continuer « I Like 2 Stay Home #39 : It’s Up To You, Vol. 2 / Independent & English Speaking Bands From France (1990 – 1999) »

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#40 : Heavens To Betsy / Bratmobile, My Secret / Cool Schmool (K, 1992)

Heavens to Betsy + Bratmobile, belly stars.
Heavens to Betsy + Bratmobile, belly stars.

Telle La Lettre volée d’Edgar Allan Poe, invisible puisqu’en évidence sur le fatras du bureau, elles trônaient là, surplombant toute la pièce depuis des mois, des années. Postées sur un des rayonnages les plus élevés de la bibliothèque, elles me toisaient, me faisaient de l’œil, parfois me sifflaient sans que je ne les voie ni les entende. Hey, petit mec, tu crois quoi ? Qu’on n’est pas assez bien pour toi et tes platitudes nombrilistes ?
So cute. Un amour de 45 tours. Une merveille de pochette, parangon de DIY estival, mais en noir et blanc quand même, l’air de dire méfiance, on n’est pas là pour (trop) rigoler. Un split single qui donne la banane, encore aujourd’hui. Publié sur K Records, label d’Olympia, État du Washington, drivé par Calvin Johnson. Papier plié, protection plastique, avec, faisant la nique à FAC 23 ou SARAH 18, la ref. parfaite, ultime, l’Everest du cool : PUNK 1. Continuer « #40 : Heavens To Betsy / Bratmobile, My Secret / Cool Schmool (K, 1992) »

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Kim, Les sessions du Carreau capturées par Cléa Vincent (auto production)

J’ai rencontré Kim à Colmar dans une autre vie, fin des années 90 sans doute, il venait tel un baladin jouer au Grillen, et rencontrer ses pairs de la grande international pop underground. Depuis nos échanges ont toujours été espacés mais constants : le lien était ténu, tenant pendant longtemps (avant internet) dans de petites cassettes démo, témoins des innombrables enregistrements dans lesquels le très fin musicien bordelais se perdaient parfois. Ce caractère hyper actif était déjà présent, chez lui, ce choix indiscutable de grandir en toute transparence, avec le risque de se planter, d’y laisser des plumes de crédibilité, de se perdre, et paradoxalement de disparaître. Mais Kim s’en moque, car il ne s’adresse pas à un public, mais à plusieurs, à des individus même (il réalise des concerts par Skype et ce depuis longtemps, sans attendre de circonstances exceptionnelles), un par un. Pour cela, il a besoin de se réinventer constamment, d’ajouter un instrument à son arc, d’explorer de nouveaux styles, de nouvelles géographies, de multiplier les collaborations (musiciens, labels) et comme s’il n’y en avait assez, de s’inventer de nouvelles identités pour inonder présentement les plateformes de faux tubes, de détournements comico-situationnistes. Il faudrait consacrer une vie à cette œuvre labyrinthique, et écrire une encyclopédie pour recoller les bouts de carrières qu’il ajoute tous les mois quasiment à son art total. Continuer « Kim, Les sessions du Carreau capturées par Cléa Vincent (auto production) »

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SECTION26 NEWS#4 : 04.2020

Ce printemps, les nouveautés se font dans nos oreilles un peu plus rares. Les sorties d’albums sont souvent repoussées et le chamboulement de nos quotidiens rend parfois moins évident un suivi attentif de l’actualité. Nos rédacteurs se sont tout de même unis pour lister une vingtaine de coups de cœur. Autre changement, et pas des moindres : le site qui hébergeait nos playlists arrête ses services. Nous vous proposons de les écouter, comme d’habitude, sous une forme classique et commentée par nos journalistes ci-dessous, mais aussi désormais avec des liens d’écoute pour chaque plateforme. Let’s play.

Playlist sur Youtube

Playlist sur Spotify

Playlist sur Deezer (à venir)

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#38 : R.E.M., It’s The End Of The World As We Know It (And I Feel Fine) (I.R.S. Records, 1987)

R.E.M., la fin des haricots ?

Celle-là, je l’aurai longtemps tenue en laisse, laisse sur laquelle elle n’a cessé de tirer. D’entrée j’ai pensé la renvoyer ad patres, au mieux au chenil. Il fallait m’en débarrasser, l’oublier au plus vite, elle puait trop l’évidence. Sur n’importe quel blog, dès les premières heures de la pandémie, des types – ou des filles, des femmes, je ne m’y retrouve plus, désolé Caroline, et tou.te.s mes respects inclusif.ve.s – se seraient empressés de la mettre en avant, pour mieux l’exécuter en quelques lignes. On a dû la croiser partout, engluée dans la toile, dans chaque impasse Tweeter, ou pire, sur des sites d’actu en continu – racontez-moi, je n’y étais pas. Et puis les semaines et les posts se sont succédés, beaucoup de disques nous ont épuisés, les munitions sont venues à manquer. Alors, quand redoublant d’insistance elle s’est à nouveau présentée, j’ai fait preuve de mansuétude, même si elle est loin d’être ma chanson de R.E.M. préférée, ou la plus représentative du génie (ooops, un gros mot !) des quatre d’Athens, Stipe, Buck, Mills, Berry, carré magique, même sans ballon.

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Saint Etienne, Finisterre (Mantra recordings)

Qu’on le veuille ou non, il existe un mystère Saint Etienne. Un mystère que personne n’a pu encore éclaircir. En théorie, ce groupe représente la quintessence de la perfection pop. Pas plus, certes. Mais certainement pas moins. Depuis ses débuts, il a toujours eu en main les cartes maîtresses. À commencer par une érudition irréprochable : sans cela, on n’a pas l’idée de reprendre – magistralement qui plus est – Only Love Can Break Your Heart de Neil Young, Who Do You Think You Are? de Candlewick Green ou Tous Les Garçons Et Les Filles (sous son titre anglais originel, Find A Boy) de Françoise Hardy ; Et l’on n’ose d’autant moins sampler si effrontément Dusty Springfield sur Nothing Can Stop Us. Mais surtout, ce trio a trop souvent fait preuve d’une virtuosité à l’heure de composer des mélodies délicieuses, de Spring à Heart Failed (In The Back Of A Taxi), en passant par Avenue, Like A Motorway ou The Bad Photographer. Autant de chansons qui, dans un monde plus juste – les sixties, en fait, époque à laquelle les alchimistes de la mélodie et des arrangements alignaient les hits comme d’autres enfilent des perles –, auraient dû caracoler aux sommets des charts du monde entier. Continuer « Saint Etienne, Finisterre (Mantra recordings) »

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I Like 2 Stay Home #38 : Toutes les routes mènent à Saint Etienne

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Saint Etienne / photo : Paul Kelly
Saint Etienne / photo : Paul Kelly

J’ai beau retourner ma mémoire de moins en moins neuve dans tous les sens, je n’arrive plus à me souvenir de la première fois où j’ai écouté Saint Etienne. Ni quand, ni où. Encore moins avec qui. Même si je me dis que pas très loin, il devait y avoir Alex, Michelle, Daniel ou Jean Baptiste. Mais je sais que très vite, je me suis entiché de ce groupe qui au départ n’en était pas vraiment un. Plutôt la lubie de deux copains d’adolescence, Bob Stanley et Pete Wiggs, grandis dans la même banlieue que Kate Moss, des passionnés qui dans la deuxième moitié des années 1980, avaient déjà tout fait pour assouvir ladite passion : créer un fanzine, fonder un label (l’ultra-mythique Caff Corporation, dont la discographie relève à peu près du fantasme), écrire dans la « vraie presse » (pour le seul Bob, entre autres thuriféraire de la compilation Bubblegum Perfume)… En gros, il ne leur restait plus qu’à réaliser un disque, chose faite dès 1990 avec la comptine electrolascive Only Love Can Break Your Heart, relecture assez incroyable d’une des plus belles chansons de Neil Young publiée sous un nom qui annonçait déjà leur francophilie, Saint Etienne – en référence à la fameuse équipe de foot des années 1976 et 1977… Succès dans les milieux autorisés, remix génial d’Andrew Weatherall à la clé et les deux garçons se sont pris au jeu. Alors, à défaut de technique, ils ont suivi le postulat punk, ont mis leur érudition au service de leurs chansons et ont trouvé dès leur troisième single – le bien titré Nothing Can Stop Us, porté par un sample taille XXL d’une chanson de Dusty S. – la voix féminine dont ils rêvaient en la personne de Sarah Cracknell – qui, comme le monde et la Grande-Bretagne sont assez petits, avait été immortalisée dans une chanson de Felt. Continuer « I Like 2 Stay Home #38 : Toutes les routes mènent à Saint Etienne »

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#38 : The Red Crayola, Born In Flames (Rough Trade, 1980)

The Red Crayola, sur pouf jaune.
The Red Crayola, sur pouf jaune.

Loin de moi l’idée de venir piétiner les plates-bandes de mes petits camarades mais quand je tombe en pâmoison devant certaines mixtapes labelisées I Like 2 Stay Home, je ne résiste pas toujours à venir m’ancrer, telle une vilaine tique, sur la bande sonore. D’autant que ça me dédouane totalement de trouver un quelconque lien entre confinement et 45 tours sélectionné. Ce fut le cas avec les Zarjaz (cf #14), et après m’être délecté de cet indispensable The Godlike Genius of Mayo Thompson, je réitère en ajoutant un tout petit caillou à l’édifice. Continuer « #38 : The Red Crayola, Born In Flames (Rough Trade, 1980) »

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Machines Hors Série #2 : Quelques fameux presets et sons dérivés

Fairlight CMI
Fairlight CMI / Photo : Claude Germain pour la Philharmonie de Paris

Après les effets vocaux dans le précédent hors-série, nous nous attaquons à certains presets et sons dérivés. Les presets apparaissent sur les synthétiseurs avec le développement de la mémoire à la fin des années 1970. Sur les premières machines, il était en effet tout simplement impossible de sauvegarder ses sons autrement qu’en les notant sur une feuille de papier. Un preset enregistre les différents paramètres, il constitue une sorte de photo des commandes (qui doivent donc être numériques) qu’il est possible de rappeler à loisir. Avec l’apparition d’instruments comme le Prophet 5 de Sequential Circuits en 1978, les compagnies livrent avec leurs machines des presets déjà programmés pour montrer les capacités des instruments. Ils vont être utilisés par énormément de musiciens. Avec le recul, certains presets deviennent des véritables marqueurs de leur époque. Ils évoluent avec les modes, tombent en désuétude avant d’être réutilisés pour ce qu’ils évoquent. Ils sont ainsi omniprésents dans la musique que nous écoutons depuis une quarantaine d’années. S’ils peuvent venir de machines cultes (méritant un article ici même), ce n’est pas toujours le cas. Parfois, il n’y a tout simplement pas grand-chose à dire de plus qu’évoquer le preset. Au-delà des presets, avec l’apparition des sampleurs (dont le Fairlight CMI évoqué fut l’un des pionniers), ce sont également des sons qui vont naviguer d’un disque à l’autre et retranscrire la psyché d’une époque… Le récent versus entre Teddy Riley et Babyface rappelle à quel point certains de ces sons (lately bass et orchestra hit) sont intimement liés à des chansons que nous adorons. Voici une petite sélection hautement subjective de presets et de sons célèbres. Continuer « Machines Hors Série #2 : Quelques fameux presets et sons dérivés »

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I Like 2 Stay Home #37 : The Godlike Genius of Mayo Thompson

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Mayo Thompson
Mayo Thompson

Si le nom de Mayo Thompson ou encore Red Krayola vous sont inconnus, vous avez sûrement un disque produit par ses soins dans votre discothèque. Voici une sélection non exhaustive de titres de Red Crayola (devenu très vite Krayola pour cause de procès avec des célèbres pastels), des morceaux issus de sa période britannique, Geoff Travis l’avait invité à produire les premières sorties de son label Rough Trade (The Fall, Cabaret Voltaire, Kleenex, The Raincoats…), ses albums avec le collectif d’artistes Art & Language et ses multiples collaborations… De retour aux États-Unis, il entame une longue collaboration avec le label Drag City depuis les années 90 et travaille avec (entre autres) David Grubbs, John McEntire ou encore Jim O’Rourke. Cinquante ans après la sortie de son premier album, Mayo Thompson est toujours très actif, son dernier disque date de 2016 et il se produit régulièrement sur scène. Continuer « I Like 2 Stay Home #37 : The Godlike Genius of Mayo Thompson »

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#37 : The Boo Radleys, C’mon Kids (Creation, 1996)

The Boo Radleys, malle à jouets.
The Boo Radleys, malle à jouets.

Je ne sais pas si tout le monde suit au fond, mais l’école a repris. Depuis le début de la semaine. En tout cas pour les élèves de la zone C, celle qui m’intéresse au premier chef. Il ne s’agit évidemment pas d’un retour en classe, qui fait s’arracher les cheveux aux enseignants ainsi qu’à une part non négligeable des parents, mais d’un comeback tonitruant de ces chères têtes blondes, brunes, rousses ou crépues dans nos pattes de tuteurs improvisés, répétiteurs sommés de suivre les instructions scolaires plutôt que les chemins vicinaux qu’on affectionne. Loin de moi l’idée de tacler le corps enseignant confiné qui parfois se lâche (je ne remercierai jamais assez une prof suffisamment à l’ouest pour avoir en classe de 4ème initié mon aîné à Philip Glass et Steve Reich), mais là je me retrouve avec un gamin de douze ans face au Moby Dick de Melville, bien embêté pour dire de qui ou de quoi Ismahel est le nom. Continuer « #37 : The Boo Radleys, C’mon Kids (Creation, 1996) »

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Police Control, Noyé EP (Croque Macadam)

« Enlacé par ces eaux glacées qui m’ont gelé le cœur, je crois que tout m’est égal »

Le métier gagnerait peut-être à imposer la retraite – avant même le fameux âge pivot – à des auteurs de chroniques comme moi, pour qui la musique se résume souvent à  une formidable machine à remonter le temps. Parce que ce pouvoir magique et instantané de la chanson peut se révéler aussi formidablement dangereux et masquer de réelles qualités, fraîcheur et innocence, bien loin des odeurs de naphtaline, de tel ou tel groupe. C’est le cas de Police Control, duo tranquille qui publie ces jours-ci sur Croque Macadam, le label de notre collègue Alexandre Gimenez-Fauvety un maxi 45t, après un premier EP en 2016 (Sentimental) et un mini tube souterrain (Alcool nation) en 2015. Continuer « Police Control, Noyé EP (Croque Macadam) »

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I Like 2 Stay Home #36 : Broadcasted

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Je connais et écoute Broadcast depuis finalement peu de temps, en comparaison à ceux qui ont pu avoir la chance de voir la formation en concert, par exemple. Je les écoute tous les jours, inlassablement, en ayant toujours l’impression de saisir quelque chose de nouveau. Le groupe me réconforte. Une intimité rassurante se crée à force des écoutes : la voix douce et blanche de Trish Keenan (une frontwoman qui n’a rien d’une leader, et à qui je peux m’identifier), la basse enveloppante, les sons des claviers analogiques noyés dans le plus bel écho et la proximité du son parfait de la batterie créent en moi toutes ces sensations.

Une impression encore plus étrange car Broadcast n’a à première vue rien de rassurant. L’ambiance générale des morceaux semble issue et inspirée d’angoisses, de films d’horreur, de grande mélancolie et de fantômes. Donnant l’identité au groupe d’un mélange de berceuses hantées, de rythmes et d’arrangements inquiétants, parfois ressemblants à de exercices d’écriture automatique. Mais où le silence et les bidouillages psychédéliques ont aussi leur place.

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#36 : The Smiths, That Joke Isn’t Funny Anymore (Rough Trade, 1985)

The Smiths, pointillistes et pointilleux.
The Smiths, pointillistes et pointilleux.

I’ve seen this happen in other people’s
Lives
And now it’s happening in mine

Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures.

Inutile de gloser à n’en plus finir sur les Smiths. Encore moins sur la situation présente, qui ne fait plus rire personne.

Juste profiter pleinement de cette chanson, souffler, se requinquer, pour mieux repartir demain. Le chemin est encore long jusqu’au cap des 45.

(Pour l’anecdote et la bonne blague, That Joke est, Hand in Glove mis à part, le titre des Smiths qui s’est le moins bien classé dans le UK Single Chart, plafonnant scandaleusement à la 49ème position. Déjà en 1985, le monde ne tournait pas très rond.)

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Selectorama : Melenas

Melenas

C’était un dimanche. Un dimanche soir plongé dans la correction des cahiers, mais à surveiller d’un œil distrait – est-ce bien sérieux ? – les réseaux. C’est exactement à ce moment-là que j’ai vu passer un lien, posté par un ami sur lequel je peux savoir compter. Un clic. Une claque. Sur la page Bandcamp de Melenas, je tombais directement sur la chanson Una Voz, le genre de petit miracle mélodique que l’on est condamné à écouter en boucle. Dont acte. Et forcément, l’envie d’en savoir plus sur ce groupe né en 2016 à Pampelune, Navarre, patrie d’Indurain chère à Hemingway et (presque) berceau familial. Continuer « Selectorama : Melenas »

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I Like 2 Stay Home #35 : A Night To Remember – Post Disco (1980 / 1984)

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Le post-disco est un terme quelque peu fourre-tout pour évoquer la dance music (boogie, italo, electro-funk…)  émergeant dans le sillon de la disco déclinante. Période aux contours flous, trait d’union avec le R&B ou la House, le post-disco abandonne les certains traits de la disco (les arrangements mielleux de cordes, les tempos en surrégime) pour se recentrer (dans la partie d’aujourd’hui) sur les fondamentaux de la soul et du funk : (un peu) plus lent, plus sensuel, des instrumentations plus épurées. Les musiciens expérimentent également avec les synthétiseurs et boîtes à rythmes sont omniprésents à mesure que la décennie progresse, aboutissant (avec quelques autres genres comme l’Italo) à la House quelques années plus tard. Continuer « I Like 2 Stay Home #35 : A Night To Remember – Post Disco (1980 / 1984) »

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#35 : Stockholm Monsters, All At Once (Factory, 1984)

Stockholm Monsters, syndrome de la lose.
Stockholm Monsters, syndrome de la lose.

Sur un plateau de la balance, Virna Lindt, Attention Stockholm. Sur l’autre, les Stockholm Monsters. Brett Anderson et Suede n’ont pas été convoqués.
Aller chercher l’exception suédoise en matière de stratégie sanitaire, le pays européen où le confinement n’est pas appliqué, où les écoles, les bars et les restaurants restent ouverts, où le port du masque est considéré comme une option négligeable, tout ça juste pour justifier le choix d’un disque, pointe clairement, après cinq semaines de circonvolutions, les limites de l’exercice. Mon stock d’alibis commence à dangereusement s’épuiser, la valse des sélectionnables s’emballe. Certains, assurés d’être sur la feuille de match, se sont vus renvoyés en tribune. D’autres, suite à je ne sais quel tour de passe-passe, ont été extirpés du chapeau. Si la France compte 60 millions de sélectionneurs, j’en viens à reconsidérer la position d’un Didier Deschamps avec un peu moins d’animosité. Retour à l’arbitraire, donc.
Considérant le match du jour, le nom de l’équipe va être déterminant. The Compact Organization ayant eu les honneurs du post #1, et Factory étant jusqu’ici aux abonnés absents, c’est vers Palatine Road que se tourne le jury. Continuer « #35 : Stockholm Monsters, All At Once (Factory, 1984) »

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Sous Surveillance : The Reed Conservation Society

The Reed Conservation Society
The Reed Conservation Society / Photo : Philippe Dufour

Qui ?

Stéphane Auzenet alias Oz
Mathieu Blanc alias M. Lips
Laurent Riatto alias Lt. Replay
et leurs (très) nombreux invités.

Où ?

Paris et ses périphéries franciliennes. Continuer « Sous Surveillance : The Reed Conservation Society »

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I Like 2 Stay Home #34 : Highschool Lovers

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

L’idée m’est venue en parcourant le journal d’adolescente de ma mère, journal que j’ai découvert près de son lit après son décès. J’ai tout d’abord été surprise de trouver ce cahier d’écolière à petits carreaux encore en sa possession, mais surtout à son chevet, comme si ces souvenirs l’avaient accompagnée pendant ses derniers moments. J’y ai découvert la liste des prénoms des amoureux de ma mère au lycée, Bruno, Michel, Pascal, Claude (mon père) … ainsi que le récit de ses premières fois. Autant d’histoires d’amour qui m’étaient inconnues et qui lui appartenaient à elle, dans sa jeunesse. A la lire, il me semble qu’elle évoque un paradis perdu, ce moment où l’insouciance et la légèreté l’emportent sur le réel, ainsi elle écrit : « Comme mon cœur bat fort, comme je suis inquiète aussi … mais peu importe car il fait si beau et je suis si jeune ». Alors que la vie nous apprend souvent que les premières amours ne sont pas toujours les plus intenses, elles ont pour elles l’immense avantage d’être les premières. Continuer « I Like 2 Stay Home #34 : Highschool Lovers »

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#34 : The Woodentops, It Will Come (Rough Trade, 1985)

The Woodentops, âge tendre et têtes de bois.
The Woodentops, âge tendre et têtes de bois.

Au moins nous reste-t-il le libre arbitre, le droit à la volte, l’opportunité de changer d’avis, que seuls les imbéciles se refusent. Ainsi ce matin étais-je parti sur un autre choix – à toute fin utile, je rappelle les règles de cette chronique : exhumer chaque jour un 45 tours de sa collection en lien avec la situation confinée, dérouler une géographie vinylique, intime, domestique, et tant qu’à faire un brin érudite. Les incursions politiques ne sont pas prohibées, non plus que recommandées, ce terrain glissant risquant d’occasionner de répréhensibles sorties de route. Continuer « #34 : The Woodentops, It Will Come (Rough Trade, 1985) »

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Hommage accidentel

OMA6

Christophe est mort. P. B. m’a appris la nouvelle avant tout autre, il a su, mieux que tout autre, ce qui était logé dans le sillage de celle-ci. Je reproduis ici une lettre que j’ai adressé à cet amoureux quitté-jamais-retrouvé. J’en ai bien conscience, la brièveté tant de la forme que du propos est à double tranchant : c’est sa spontanéité, sa vérité et en même temps sa fatuité. La seule question qui se pose pour moi c’est celle de l’intérêt de cette correspondance pour le lecteur.

Question ainsi résolue dans ma caboche : sinon les textes à trous et les souvenirs confettis — l’épistolaire — qui pour dire cette intimité de la pop de Christophe ? Revenir là dessus, changer le dispositif, ça serait faire autre chose qu’un hommage accidentel. Faire une chose dont je ne me sens pas capable et dont le résultat ne serait pas celui d’un au-revoir fidèle — il ne serait embué de charabia beau bizarre.

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