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The Apartments au Sonic à Lyon, le 12/10/2018.

The Apartments / Photo : Michel Valente
Peter Walsh & 49 Swimming Pools, 11/11/2009 à l’Européen / Photo : C. Basterra
Photo : Christophe Basterra

Je me souviens très précisément du 11 novembre 2009. C’était un mercredi, le soleil avait joué avec les nuages toute l’après-midi avant de laisser la place à une fine pluie. Je m’en souviens très précisément car j’ai assisté ce jour-là à un des concerts qui a le plus marqué ma vie. Lorsque j’ai emprunté la rue Biot, après m’être trompé de sortie au métro de la Place de Clichy, j’ai tout de suite été saisi par ses lettres noires qui se détachaient sur le fond lumineux (blanche, la lumière) de l’enseigne : Peter Walsh  – & 49 Swimming Pools, le groupe sans qui… Continuer « The Apartments au Sonic à Lyon, le 12/10/2018. »

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Escape-ism, The Lost Record (Merge Records)

Escape-ism, Hi. I’m The Lost Record« Hi. I’m the lost record… »
Je suis vilain, crasseux, revêche et agressif. Je suis le fidèle témoin d’une vieille tradition de disques auréolés de sperme, de sueur et sang. Ceux qui prétendent me résumer au fruit de l’imagination de Ian Svenonius ne comprendront rien à ce qui m’anime. Il ne faudrait pas que mon génial inventeur joue les imposteurs et me fasse de l’ombre… Je sais feuler, mais je sais aussi griffer et mordre.  Continuer « Escape-ism, The Lost Record (Merge Records) »

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Double Negative de Low, par Jonathan Caouette

Jonathan Caouette

Il aura fallu attendre vingt-cinq ans de carrière pour en arriver là. Avec Low, le couple Alan Sparhawk et Mimi Parker ont posé les bases d’un genre à eux, comme une évocation lente et triste d’une intensité sans pareil. Double Negative (PIAS), leur nouvel album, est pourtant le plus radical de tous, comme s’ils avaient débarrassé d’un brutal revers de main sur la table la méthode qu’ils avaient créée. Avec leur producteur BJ Burton (Bon Iver, Lizzo, et Francis and the Lights), ils ont concentré leur propos à l’os, dans leur forme la plus brute, la plus nue, la plus puissante. J’ai découvert Low il y a 14 ans, alors que le groupe avait déjà quelques-uns de leurs plus beaux albums derrière eux, au détour d’un documentaire bouleversant, de ceux que l’on n’oublie jamais : Tarnation de Jonathan Caouette (2004). Pour son premier film en forme d’autofiction réalisée chez lui sur imovie, il avait mis en scène l’intime, le tragique : toute sa vie par le prisme de l’évolution psychiatrique de sa mère et la quête de son identité sexuelle, dans un tourbillon hypnotique de photos et de vidéos super 8 parfois tournées lorsqu’il était encore enfant. Ces images d’une force indélébile étaient accompagnées d’une bande son magnifique (Lisa Germano, Cocteau Twins, Mavis Staples, Marianne Faithfull, The Magnetic Fields…), et comportaient également trois titres de Low (Laser Beam, Embrace et Back Home Again), présents symboliquement au début, au milieu et à la fin de son film. Lorsque j’ai écouté Double Negative, j’ai immédiatement pensé à Jonathan Caouette, me demandant ce qu’il aurait pensé d’un tel disque. Voici sa réponse.

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Brace ! Brace !, Brace ! Brace ! (Howlin’ Banana)

La France et la pop entretiennent une relation compliquée. Beaucoup de groupes d’ici n’eurent pas toujours le succès qu’ils méritaient, des Freluquets en passant par Tahiti 80, Aline ou Mehdi Zannad. La règle a bien sûr eu ses exceptions (Phoenix, Laurent Voulzy, Les Innocents etc…), et la situation est  étonnamment positive ces derniers temps. L’Hexagone possède désormais une scène florissante et multiple (Biche, Pearl & The Oysters, Good Morning TV, En Attendant Ana, Lemon Swell, Requin Chagrin, Julien Gasc…) Parmi eux, figurent en bonne place Brace ! Brace !, une très jolie et prometteuse formation parisienne dont le premier album, après deux EPs, sort sur l’une des places fortes du garage français.  Continuer « Brace ! Brace !, Brace ! Brace ! (Howlin’ Banana) »

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Say goodbye, wave hello.

Peter Milton Walsh / The Apartments
Peter Milton Walsh / The Apartments

Alors que sort un nouvel EP live et numérique, Initials PMW, et débute une tournée française de The Apartments (complété comme les dernières tournées par Antoine Chaperon et Natasha Penot), retour sur l’un des chefs d’œuvre (ndlr. on évoque ici l’une des rares discographies à ne compter que des chefs d’œuvre) de l’Australien Peter Milton Walsh, A Life Full Of Farewells, paru en 1995 et dont on attend désormais une réédition (vinyle) en bonne et due forme. Continuer « Say goodbye, wave hello. »

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Daniel Darc – Bill Pritchard, Parce Que (PIAS)

Vinyle original de « Parce Que » / Photo C. Basterra

La dernière fois que j’ai écrit sur ce disque, c’était il y a dix ans, dans les colonnes d’une revue qu’on aurait aujourd’hui préféré savoir disparue – je suis définitivement pour le droit de choisir sa mort plutôt que le maintien en vie à tout prix : un peu de dignité, quand même. Je pestais alors contre la médiocrité de la réédition : un simple CD emballé dans un vulgaire boitier cristal, loin d’être à la hauteur de ce disque rare – au propre comme au figuré puisque le vinyle original était une édition limitée à 3 000 exemplaires. Mais nous sommes d’accord : qu’importe le flacon… L’autre soir, en réécoutant l’album et en lisant un commentaire d’Etienne Greib sur les réseaux sociaux (“Je l’ai donc acheté une troisième fois” – ou un truc dans ce goût-là), je me suis rendu à l’évidence d’un claquement de doigt  : je n’ai pas beaucoup d’albums dans ma discothèque qui conservent exactement le même impact sur moi alors que je les ai (ré)écoutés à trois périodes distinctes de ma vie. Tout en gardant bien sûr une tendresse particulière et des souvenirs très précis de la première fois – on se souvient toujours de la première fois. Continuer « Daniel Darc – Bill Pritchard, Parce Que (PIAS) »

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Sandro Perri, In Another Life (Constellation Records)

Vieux routier de la scène montréalaise, Sandro Perri a pratiqué en début de carrière une électro-acoustique ambient ascétique un rien austère au travers de son projet Polmo Polpo avant de revenir, sous son propre nom sur le célèbre label Constellation vers un format pop/folk plus conventionnel. Depuis, d’album en album, le natif de Toronto fait évoluer subtilement sa musique vers une forme d’épure de plus en plus captivante et personnelle. Continuer « Sandro Perri, In Another Life (Constellation Records) »

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The Posies, Frosting On The Beater (Omnivore Recordings)

Qui sont les Posies à l’heure où sort leur troisième album ? Une sorte d’anomalie dans un courant et une époque qui surfe sur la révolution Nevermind pour ne surtout pas trier le bon grain de l’ivraie. Il y a trop d’argent et de drogues en jeu. On vous passera la liste des containers entiers de la déchetterie que furent aussi ces années-là, mais s’il est bien un disque à réécouter sans a priori en gardant le souvenir d’une fanitude commencée là et largement confirmée depuis (Blood/Candy en 2010, chaudement conseillé), c’est bien Frosting On The Beater, véritable tour de force power pop d’une rentrée 1993 qui en comptait pourtant d’autres, ramenant le sceptre et le spectre de Big Star aux nouvelles générations, le récemment réévalué Thirteen du Teenage Fanclub en tête. Continuer « The Posies, Frosting On The Beater (Omnivore Recordings) »

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The Posies, Failure (Omnivore Recordings)

Inconscience ou provocation ?  Culot pur et simple ou plutôt absence presque totale de sens du timing  et des modes ? Difficile, un quart de siècle après les événements, de rendre compte de la curieuse combinaison d’ingrédients susceptible d’expliquer la naissance d’un groupe au patronyme de chochottes – les bouquets de fleurs, sérieusement ! – et aux accents résolument pop à Seattle, alors même que les premiers frémissements du grunge commencent tout juste à s’y faire sentir. Continuer « The Posies, Failure (Omnivore Recordings) »

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La Luz : « On n’a pas besoin d’un homme pour partir en tournée. »

Lena Simon (basse), Shana Cleveland (guitare et chant), Marian Li Pino (batterie) et Alice Sandahl (clavier). Photo : Andrew Imanaka

Un récent départ pour Los Angeles, machine à rêves, et des heures passées sur les routes le nez à la fenêtre ; c’est certainement dans un sommeil paradoxal que Shana Cleveland, voix de La Luz, a composé Floating Features. Cigales géantes, aliens et autres créatures surréalistes planent sur ce troisième album, paru au printemps chez Hardly Art. Fidèles à leur marque de fabrique – batterie tonitruante, mélodies ensorcelantes et harmonies spectrales – les filles de Seattle nous rassurent : le soleil californien n’a pas encore ôté à leur surf rock son charme sombre. A des lieues de l’enregistrement DIY d’It’s Alive (2013) et de l’urgence insufflée par la production de Ty Segall sur Weirdo Shrine (2015), Floating Features se distingue par la variété et le détail de ses arrangements. Un album plus recherché, peut-être plus mature, qu’elles défendaient le 21 septembre dernier au Levitation France à Angers. Quelques minutes avant leur montée sur la scène du Quai, elles ont abordé en toute honnêteté leur vie sur la route, de la monotonie des stations essences à la nécessité, pour s’accomplir, d’avancer sans trop se retourner. Continuer « La Luz : « On n’a pas besoin d’un homme pour partir en tournée. » »

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Selectorama : Antoine Kogut

Antoine Kogut / Photo : Rebekka Deubner
Antoine Kogut / Photo : Rebekka Deubner

Après avoir fait ses armes au sein de Bon Voyage Organisation, Antoine Kogut avait marqué les débuts du label éclectique Antinote de sa touche instrumentale ambitieuse, comme sur le génial single Lovventura / Latomia. Sur Liquid Silver Dream (2015), l’unique album de Syracuse, le duo qu’il formait avec Isabelle Maitre (qui désormais se fait appeler Epsilove), délivrait une synthpop aux touches house que n’auraient pas renié les seigneurs de la scène baléarique. Seul maître à bord désormais, il refait parler de lui avec Sphere Of Existence sur Versatile, un songe en sept morceaux aux volutes référencées. Continuer « Selectorama : Antoine Kogut »

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The Blank Tapes : « J’adorerais sortir 3 ou 4 albums par an. »

Matt Adams / The Blank Tapes

Multi-instrumentiste, producteur et dessinateur de talent, Matt Adams incarne cet idéal de l’artiste complet, totalement indépendant, qui n’a attendu ni d’être suivi par des labels ni d’être adoubé par la scène psychédélique de la côte Ouest pour tracer son chemin. En quinze ans de carrière et bientôt autant d’albums, le Californien pure souche s’est imposé avec son projet The Blank Tapes comme un incontournable pour les amateurs de folk-rock et les nostalgiques des sixties. Rencontre avec un homme à l’enthousiasme grisant le 28 septembre dernier au Levitation France, à Angers.

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Labels Pop Moderne

Petit historique des labels indépendants

Labels pop moderne par section26Édito

Quelques jours avant la première édition parisienne du Marché des Labels Indépendants en 2016, cinq ans après son modèle londonien, l’un d’entre nous, de passage dans le bureau français d’un des labels « indie » britanniques les plus importants, avait été ainsi invité à venir y faire un tour : « Passe nous voir dans le Marais si tu es là ce weekend, on sera sans doute tous seuls à attendre sur notre stand, il n’y aura probablement personne ». Le jour dit, contrairement aux prédictions les plus pessimistes, il y avait du monde, dont la plupart des futurs contributeurs de Section 26. Continuer « Labels Pop Moderne »

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Sélectorama spécial 45 tours

En accompagnement de l’article sur le 45 tours, une petite sélection de morceaux parus dans ce format, et absente des albums contemporains. Certains morceaux ont été publiés par la suite en bonus ou sur des compilations en LP, mais tous on connu le frisson du 7 pouces à leur origine. Le thème est évidemment large et il est impossible de le couvrir en restreignant nos choix à une sélection digeste en longueur. Nous avons donc essayé de trouver des morceaux de différentes périodes et styles, d’un intérêt musical réel, reflétant tout ce que nous aimons dans ce format : la possibilité d’expérimenter, la dualité de la face B, les groupes obscurs ou débutants… Continuer « Sélectorama spécial 45 tours »