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Prefab Sprout, le voyage immobile

Les 35 ans de album « Steve McQueen »

Prefab Sprout

Quand tu es ado dans une contrée où les climatologues avertis sont persuadés que l’hiver est aussi doux qu’à Verkhoïansk, tu comprends rapidement pourquoi les années 1980 sont faites pour toi. Ça tombe bien, la Grande-Bretagne regorge de groupes qui tirent la tronche. Les mecs ont une excuse bien légitime : ils viennent de choper Maggie – mais ils ne savent pas encore que c’est pour un paquet d’années. Et pour appréhender la complexité de cette nouvelle réalité géopolitique anglaise, il existe donc un cas d’école. Continuer « Prefab Sprout, le voyage immobile »

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Jarvis Cocker : « Il est important d’avoir dans son existence une saine dose d’ennui car elle peut procurer un élan intéressant. »

Jarvis Cocker sur la pochette de son album solo de 2006.

Quelques jours à peine avant la sortie de Beyond The Pale, le nouvel album de son projet JARV IS…, nous avons décidé de revenir sur un moment important de sa carrière, le début de ses aventures en solo. Estelle Chardac et Christophe Basterra l’avaient rencontré en 2006. Et comme souvent avec lui, ses propos sont particulièrement savoureux.

L’homme avait pourtant juré de prendre sa retraite. De se contenter d’offrir ses bons et loyaux services à des artistes en manque d’inspiration. On pensait d’ailleurs qu’il avait bel et bien joint l’acte à la parole, sa signature se retrouvant çà et là (Nancy Sinatra, The Lovers…), mais sa longiligne et légendaire carcasse demeurant invisible depuis quatre ans. Après Pulp, le groupe qui l’avait consacré en icône pop improbable au mitan des années 1990, et un bref projet récréatif – Relaxed Muscle –, Jarvis Cocker avait décidé de goûter aux plaisirs simples du mariage, de la paternité et de la vie parisienne. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Continuer « Jarvis Cocker : « Il est important d’avoir dans son existence une saine dose d’ennui car elle peut procurer un élan intéressant. » »

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François Gorin : « Je résiste à l’idée du roman qu’on peut attendre du critique rock. »

François Gorin / Photo : Nicolas Grimard pour Arte

Il ne sera pas fait ici mystère que certains d’entre nous, au sein de cette rédaction, ont appris à lire la musique dans les pages de Rock&Folk et plus volontiers encore entre les lignes des articles et notules rédigés par François Gorin. Entré rue Chaptal en 1980, le critique prendra le large cinq ans plus tard alors que le mensuel avait déjà entamé sa déliquescence (mais pas encore osé coller Samantha Fox, toute poitrine dehors, en couv’). Des plus jeunes que nous, bien que rompus aux évangiles des Inrockuptibles, verront au cours des années 90 la lumière émaner de Sur le rock (Lieu commun, 1990), nouvelles Tables de la Loi, format livre de chevet. Livre de Ray Davies, livre de Nick Drake, de Scott Walker, autant de saintes écritures que les convertis, de longue date ou non, vénèrent et propagent, insensibles au courroux jaloux des aînés délaissés puisque dépassés (Nick Bangs, Lester Kent, idoles rattrapées par leur crépuscule). Entretemps François Gorin livrera deux romans dont nous n’aurons pas à pointer les limites, l’auteur ayant l’élégance de le faire à notre place. Encore que l’on se permettra d’être moins sévère que lui à leur égard. Non relus depuis, ils avaient surtout, de mémoire flageolante, attisé notre frustration de ne pas retrouver creusé et ensemencé un sillon musical ami, le critique en partance préférant tenir à distance, et à raison, ce qu’il avait parfaitement saisi puis transmis ailleurs comme auparavant.

Dès lors, Louise va encore sortir ce soir, inespéré retour aux affaires littéraires, agit comme une nouvelle première fois, avec un élan et une effervescence facile (celle qui sied aux coureurs de demi-fond) qui vient fouler au pied les atermoiements longue durée que l’écrivain avoue avoir éprouvés. Continuer « François Gorin : « Je résiste à l’idée du roman qu’on peut attendre du critique rock. » »

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Selectorama : Stéphane Oiry

Stéphane Oiry, autoportrait (2020)

L’étudiant en architecture à Strasbourg a bien changé : il est devenu un dessinateur accompli, auteur d’une poignée d’albums remarquables, dont, entre autres, deux volumes des Passe-Murailles (Les Humanos), trois des Pieds Nickelés (Delcourt), et surtout la série originale Maggy Garrisson, scénarisée par Lewis Trondheim pour Dupuis, sans oublier la biographie Lino Ventura et l’oeil de verre avec Arnaud Le Gouëfflec sortie l’an dernier chez Glénat. Par contre, il est resté tout autant passionné par la musique que par le passé. De fêtes estudiantines mémorables en petits groupes où il a joué dans sa jeunesse agitée, le lien intime avec le rock ne s’est jamais distendu, et sa carrière entière continue à résonner en parallèle avec la musique. Dans ce selectorama généreux, il choisit quelques titres qui ont marqué son parcours, agrémenté de moult anecdotes savoureuses sur les rencontres qui ont émaillé sa vie. Continuer « Selectorama : Stéphane Oiry »

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Ela Orleans reprend « French Paradoxe » de Jacno

Ela Orleans / Photo : Anna Bergfors

Cette reprise, je peux en parler puisque c’est chez moi qu’Ela Orleans en a eu l’idée. Alors que nous avions fini de dîner, et trinquions nos verres remplis d’une eau de vie de poire (ça ne s’invente pas) aussi vieille que nous, par une inconsciente association d’idées – où peut-être par la volonté propre du spiritueux -, j’eus l’envie de faire écouter à Ela la chanson French Paradoxe de Jacno. En dépit, des bruits de bouchon qui ponctuent le titre, j’ignorais alors de quel paradoxe il s’agissait et à quel point il était de circonstance.

La réaction d’Ela, elle aussi probablement sous l’influence de l’eau de vie,  fut immédiate : « Je pourrais la reprendre, cette chanson ». C’est ce qu’elle fit quelques mois plus tard en live invitée dans les studios de la BBC Scotland. Pour l’heure, voici la version inédite, toute en variations, enregistrée à la maison en compagnie de Richard Greenan.  A la vôtre !

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Un été 85

Robert Smith sur le tournage de « In Between Days » en 1985 / via le site de Tim Pope, réalisateur

Si ce matin-là, j’ai cliqué pour lancer la bande-annonce qui est apparue en jouant des coudes entre les posts de mes amis – réels ou virtuels, peu importe puisqu’on finit par apprendre que tout n’est pas aussi simple que cela –, ce n’est pas parce que j’étais familier de l’œuvre du cinéaste – et même pire encore : je ne crois pas avoir vu en entier un seul film de François Ozon et je ne saurais dire à ce moment de ma vie si c’est un vrai manque. Alors, si j’ai cliqué pour lancer la vidéo, c’est parce que le titre du long-métrage avait le gout parfait d’une madeleine de Proust. Été 85. Ça a été comme un pressentiment : je savais qu’il allait forcément se passer quelque chose, quelque chose qui allait me mettre sens dessus dessous. Ça n’a pas tardé. C’est arrivé à la dixième seconde. Continuer « Un été 85 »

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Stuart Moxham & Louis Philippe, The Devil Laughs (Tiny Global Productions)

« I did what doubt allowed. » L’affaire est entendue. On aimerait presque dérober l’épitaphe puisqu’il n’y en a pas de plus belle. C’est ainsi que Stuart Moxham (autrefois dans les Young Marble Giants) évoquait en 2010 les affres de la dépression, ses répercussions sur le rythme pour le moins chaotique de sa production discographique depuis le milieu des années 1990. Depuis toujours, en fait. Et il parlait déjà, dans cette même interview, de son prochain album en préparation, The Devil Laughs.

Depuis, le doute semble bien s’en être mêlé. C’est peu de l’écrire. À contempler la pochette – magnifique au demeurant – on peut aisément lire entre les lignes et les dates le fil tortueux de la procrastination décennale, le poids accablant de chacune des micro-étapes d’une interminable gestation, les failles du quotidien dans lesquelles se sont engouffrées longtemps ces chansons rescapées, l’envie qui se dérobe, l’énergie si difficile à déployer pour commencer, continuer, et surtout conclure. Continuer « Stuart Moxham & Louis Philippe, The Devil Laughs (Tiny Global Productions) »

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Fontaines DC, A Hero’s Death (Partisan/Pias)

I Wasn’t Born
Into This World

Nous serions plusieurs dans ce cas, et eux viennent tout juste de le comprendre.
Fontaines D.C., le groupe à la mode de l’an dernier.
Tellement las du cirque qu’ils n’arrivent même pas à leur concert à la Villette Sonique, panique du marketing, le produit est faillible, on était pourtant sur la crête, sortez moi ces jean-foutre. LOL.
Dix jours avant, nous les voyons en concert, et je n’ai pas l’impression qu’ils jouent le jeu non plus. Grosse pression, trop de hype. Je raconterai ça une autre fois, mais il y a cette sensation que tous les facteurs extérieurs poussent au maximum là où justement le groupe tire son épingle du jeu, comme une poupée vaudou réfractaire. Genre, très bien, mais on n’est pas là pour ça. Nous sommes jeunes, nous sommes fiers, cassez-vous, foutez-nous la paix. Et surtout, nous faisons de la musique. Et pour une fois, c’est le seul truc important et c’est pas souvent le cas. Et vous, vous faites du commerce, et nous avons bien conscience de ça, mais nous sommes plus forts que vous, car nous savons déjà bien la différence. Continuer « Fontaines DC, A Hero’s Death (Partisan/Pias) »

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Steve Piccolo, Domestic Exile (Guerssen)

Il est de ces disques qu’on ne voit pas venir, de ces disques qui sortent au mauvais moment, et le bonheur est d’autant plus grand quand on les découvre. Domestic Exile fait partie de ceux-là. Et quel titre parfait pour accompagner la période qui a suivi sa sortie le 15 février dernier. Le moins que l’on puisse écrire est qu’Alex Carretero, du label espagnol Guerssen, a fait un choix courageux et éclairé en rééditant ce disque à quelques semaines du début du confinement. L’unique disque solo de Steve Piccolo est initialement sorti en 1982 à New York. Il est alors le bassiste un peu chahuté du groupe de no jazz The Lounge Lizards qu’il a fondé avec ses amis de fac, les frères Lurie. Il quitte le groupe peu après la sortie de ce side project, en même temps qu’Arto Lindsay. Pour l’anecdote, Domestic Exile est composé alors que Steve et Evan Lurie passent de longs mois sans pouvoir jouer avec le groupe, John Lurie, le saxophoniste, s’étant cassé une dent de devant au cours d’une bagarre devant le Mudd Club. Continuer « Steve Piccolo, Domestic Exile (Guerssen) »

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Le club du samedi soir # 8 : Kraftwerk influences

Florian Schneider de Kraftwerk

La disparition de Florian Schneider, cofondateur de Kraftwerk avec Ralf Hütter le 21 avril dernier, n’a probablement pas eu l’écho qu’elle aurait du avoir, en partie à cause du contexte de pandémie. Cette mixtape est une sorte de mea culpa. En découvrant la techno pendant les années 90, tant d’artistes, Aphex Twin en premier, citaient le groupe de Düsseldorf comme la référence absolue. A tort sans doute, j’ai sciemment évité le groupe allemand, car le snob musical que j’étais les jugeait trop évidents. Ce n’est qu’au terme d’un concert triomphal aux Transmusicales 2004 que j’ai vraiment mesuré l’étendue de mon erreur. Ils avaient inventé bien plus que la musique synthétique : ils ont initié la pop moderne. Au-delà des rythmes en boucle et les bleeps si chaleureux, ce sont surtout les mélodies que l’on retient, qu’il s’agisse des Robots, de Trans Europe Express, Numbers ou Radioactivity. Continuer « Le club du samedi soir # 8 : Kraftwerk influences »

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The Orange Peels, Square Cubed (Minty Fresh)

En musique, comme en matière de sentiments, l’évaluation prétendument objective du mérite est souvent très secondaire. Aussi bien n’essaierai-je pas ici de convaincre qui que ce soit que cette plantureuse réédition célébrant le vingt-troisième anniversaire du premier Lp de The Orange Peels – vingt-trois, franchement : même le choix de la date de commémoration ne fait pas très sérieux – doit permettre de réviser tous les palmarès convenus ou d’imposer la réhabilitation rétrospective d’un chef d’œuvre méconnu surgi comme par magie du purgatoire discographique de la fin du siècle dernier. Ni le recul des années, ni l’embaumement surdimensionné aujourd’hui conçu par le groupe ne sont susceptibles d’altérer ici le diagnostic initial : Square demeure un très bon disque de feel-good pop, cousin de ceux conçus à la même époque par Papas Fritas, une œuvrette solaire terriblement attachante du fait même de ses limites assumées. Continuer « The Orange Peels, Square Cubed (Minty Fresh) »

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Bill Baird reprend « La Chanson de Slogan » de Serge Gainsbourg

Bill Baird
Bill Baird

Après avoir longuement discuté avec le brillant Bill Baird en début d’année, et notamment de son goût pour les reprises, nous lui avons demandé de nous laisser le soin de publier sa reprise de La Chanson de Slogan de Serge Gainsbourg orchestrée par Jean-Claude Vannier. Où le Californien d’adoption nous montre comment s’attaquer à l’Everest à main nues (ou presque).

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Selectorama : Holy Wave

Holy Wave : Julian Ruiz, Joey Cook, Ryan Fuson et Kyle Hager

En voilà un autre qui se sera fait attendre. C’est demain, vendredi 3 juillet, que Holy Wave délivrera son quatrième album, Interloper. Pour nous faire patienter alors que sa sortie, initialement prévue début mai, était bousculée par les événements que nous connaissons, ce ne sont pas moins de quatre singles qui ont été dévoilés par les Texans. Des envolées oniriques du titre homonyme, Interloper, au krautrock stroboscopique de Hell Bastards, le dernier né confirme le tournant amorcé par son prédécesseur vers des sonorités plus synthétiques, des atmosphères plus nébuleuses. Julian Ruiz et Ryan Fuson se sont prêtés à l’exercice du Selectorama, sans y dissimuler une certaine obsession pour Broadcast et quelques plaisirs coupables (pas si coupables, si vous voulez mon avis). Ils nous proposent également de les retrouver le samedi 25 juillet pour célébrer la sortie de ce nouvel album au travers d’un concert, qui sera diffusé en streaming en collaboration avec Levitation, la fameuse organisation d’Austin [détails et réservation ici].

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Kate NV, Room for the Moon (Rvng Intl.)

Pochette de Room for the Moon, par Kate NV

Le songwriting de Kate NV est une sorte de grand baromètre. À l’extrémité gauche, on y trouve l’indication « Tempête pop », à l’extrémité droite, « Ambient très sec ». Ne jamais choisir clairement entre l’un ou l’autre de ces climats est désormais devenu une passionnante marque de fabrique pour la compositrice russe, nous laissant sans cesse dans l’hésitation entre le pas de danse et pas de danse du tout. En 2016, c’est au milieu du catalogue ésotérique et surréaliste de l’excellent label Orange Milk Records que l’on avait eu la surprise de tomber sur son premier album, Binasu. Un disque merveilleux où se succédaient échos VHS d’une synthpop nostalgique du japon des 80’s et vagabondages plus abstraits dans d’autres mondes verts à la Brian Eno.

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Belkacem Meziane, Night Fever, 100 Hits qui ont fait le Disco (Le Mot et le Reste)

Un an à peine après On The One!, L’Histoire du Funk en 100 albums, déjà publié par la maison d’édition Le Mot et le Reste, le conférencier passionné Belkacem Meziane revient avec un ouvrage consacrée au disco : Night Fever, 100 Hits qui ont fait Le Disco. Le musicien français sort ainsi légèrement de sa zone de confort (le funk) pour nous proposer un tour d’horizon très complet du genre phare des années soixante dix. La structure de l’ouvrage suit la ligne éditoriale du Mot et du Reste : un essai d’une trentaine de page suivi d’une sélection de cent disques. Petite originalité, les morceaux remplacent judicieusement la sélection d’albums attendue. Cette singularité permet ainsi de mettre en valeur le format maxi 45 tours si important dans le genre. Dans les sillons amples des douze pouces, les remixeurs de génie (Walter Gibbons, Tom Moulton, Larry Levan etc.) étirent les chansons jusqu’à l’extase, loin des contraintes des sept pouces et des LP. Continuer « Belkacem Meziane, Night Fever, 100 Hits qui ont fait le Disco (Le Mot et le Reste) »

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SECTION26 NEWS#6 : 06.2020

Bien que nous ayons retrouvé ce mois-ci les joies des verres en terrasse, voire – pour les plus téméraires – des DJ sets et petits concerts en plein air, l’arrivée de l’été ne nous a tout de même pas inspiré la même insouciance et la même excitation qu’à l’accoutumée. Dans le monde de la musique, les actions se sont multipliées pour venir en aide aux artistes, souvent pénalisés par la pandémie, tandis qu’une autre lutte, majeure et incontournable, s’est imposée : celle contre le racisme, lancée par le mouvement Black Lives Matter. Dans notre playlist de juin se sont glissées quelques sorties exceptionnelles, initiées par ces causes. Du punk de Lithics au rap de MIKE en passant par la folk de Bedouine, nous espérons, par cette sélection, éveiller chez vous curiosité et enthousiasme. Il semble que nous en ayons besoin. (Coralie Gardet)

Playlist entière sur Youtube :

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Le club du samedi soir # 7 : Dreams Never End

Marc-Aurèle, bronze, Italie / Photo : © RMN-Grand Palais (Musée du Louvre), Stéphane Maréchalle

Alors que nous n’étions qu’au tout début de l’étrange épisode du confinement, un philosophe avait prescrit la lecture du stoïcien Marc Aurèle comme remède à nos inquiétudes. Selon lui, la raison et la lucidité seraient nos meilleures alliées pour exorciser nos angoisses et neutraliser nos inévitables coups de déprime. On peinerait à le contredire complètement. Pourtant, on aurait pu lui faire remarquer que l’imaginaire et l’illusion sont peut-être plus vitaux encore pour traverser les péripéties de l’existence. Comment aurions-nous pu supporter notre pesante oisiveté forcée sans le recours à la fiction, aux rêves éveillés que nous procurent les romans, les films et bien sûr la musique, sans laquelle la vie ne serait qu’une erreur et un exil, selon la célèbre formule de Nietzsche ? Dans les moments difficiles, il m’a toujours semblé que l’écoute d’une bonne chanson pop était d’un secours bien plus efficace que n’importe quel précepte de sagesse antique. Continuer « Le club du samedi soir # 7 : Dreams Never End »

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Johan Asherton – Passions partagées

Johan Asherton
Johan Asherton

Rendez-vous au bûcher à midi. Celui de Jeanne d’Arc, à Rouen. Pour ce qui est des vanités, elles se sont consumées depuis bien longtemps, si tant est qu’elles l’aient jamais vraiment animé. En cette première journée de liberté oisive, comme en prémisses encore incertains de l’été – météo normande oblige – il y a quelque chose de très émouvant à prendre le premier train du matin depuis bien longtemps pour rencontrer Johan Asherton sur ses terres. Avec une ponctualité à l’égale de son élégance, la silhouette s’avance, toujours aussi impressionnante, et les souvenirs affleurent en masse, surgis d’une époque d’avant l’accessibilité virtuelle instantanée, où la culture musicale s’assemblait comme un puzzle un peu secret, en collectionnant tant bien que mal des fragments confidentiels avant même de connaître le modèle à reproduire. Continuer « Johan Asherton – Passions partagées »

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Machines #9 : Roland MC-303, Jack in the Groovebox

La Roland MC-303 Groovebox

À sa sortie, en 1996, la MC-303 de Roland fut un événement. Dépassant le cadre usuel des instruments électroniques, la petite boîte argentée de Roland eût les honneurs de la télévision ou la presse généraliste. Les plus anciens d’entre nous l’auront ainsi peut être vu sur le plateau de Nulle Part Ailleurs sur Canal+, devant un Jérôme Bonaldi mi-amusé mi-circonspect. Le succès surprend aussi la marque japonaise provoquant une rupture de stock. À n’en pas douter, la Groovebox, première du nom, déclencha des vocations. Si aujourd’hui, elle semble bien dépassée, notamment par rapport aux possibilités des logiciels, elle fut un marqueur de son époque et à l’origine d’une nouvelle catégorie d’instrument, toujours très populaire en 2020.  Continuer « Machines #9 : Roland MC-303, Jack in the Groovebox »

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The Reds, Pinks & Purples (Glenn Donaldson) reprend « Me & Magdalena » des Monkees

Glenn Donaldson
Glenn Donaldson

Glenn Donaldson ne se paie pas de mots. Lorsqu’on lui propose de reprendre une chanson de son choix, la réponse arrive dans la minute et la chanson dans les deux jours accompagnée de ces quelques phrases : « J’attendais justement l’occasion de reprendre cette chanson des Monkees. Oui, cette merveille qui figure sur leur album de 2016. Quand elle est parue, elle a éclipsé tout ce que j’avais écouté depuis des années. Je l’ai très facilement adaptée à mon style. J’espère lui avoir rendu justice… » Rappelons que cette chanson a été écrite par Ben Gibbard de Death Cab For Cutie et que, comme tout ce que touche le Franciscanais, cette reprise toute en retenue est d’une élégance folle. Et bien sûr, vous êtes priés de poursuivre l’écoute par l’album de Vacant Gardens sorti en début d’année et le tout récent 45 tours de The Reds, Pinks & Purples. Par ailleurs, l’inusable Glenn Donaldson fera paraître un nouveau disque de Horrid Red cet été (à écouter derrière ce lien).

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La stagione è gia passata *

Au sujet de Rococo, de Fabio Viscogliosi (2019, Objet Disque)

C’est un disque sorti il y a longtemps déjà, au milieu de l’automne 2019. C’est une musique qui écrit l’entre-deux, l’entre-deux saisons par exemple. Une musique de fin d’été qui réactive en moi, à chaque écoute, de façon nette et immédiate, la mémoire et les images d’un lac. Continuer « La stagione è gia passata * »

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Fairuz, Maarifti Feek (WeWantSounds / Modulor)

La voix de Fairuz coule dans les veines, dans les sillons des vallées, dans les ondines du désert, dans les exils et les bagages. Dans l’idée même d’être une famille, d’être loin, d’être là parmi les siens, d’être revenu, d’être reparti, de survivre à toutes les générations, de se tenir droit dans la répétition du fratricide toujours recommencé. Inutile exégèse d’une voix qui tient le monde arabisant du Qurnat as Sawda à l’Atlas, comme un seul bloc aux paysages et aux vies incomparables mais qui, hormis quelques rares exceptions, s’est uniformément choisi comme idole, sur le trône érigé par Oum Kalthoum, la libanaise de Zqaq El Blat. De cet état de règne, une nécessité nait : s’en tenir à une stricte dévotion et creuser la vérité de cette musique. Processus quasi théologique qui part d’une inaliénable évidence : la voix soutient le monde. Continuer « Fairuz, Maarifti Feek (WeWantSounds / Modulor) »

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Joe Pernice, Richard (Ashmont Records)

Il y a quelques mois à peine, Spread The Feeling (2019) mettait un terme bienvenu à une décennie de disette. Avec cette classe si particulière qui n’appartient qu’aux Immenses, Joe Pernice y renouait les fils de cette écriture aigre-douce – les textes pleins de mordant habilement dissimulés derrière un voile mélodique délicieusement molletonné – qui, à l’exception d’une brève collaboration avec son voisin Norman Blake au sein de The New Mendicants en 2015, n’avait plus brillé que par son absence depuis trop longtemps. Quiconque serait passé à côté de cet album scandaleusement mal distribué en dehors du continent nord-américain pourra s’y reporter d’urgence pour s’émerveiller rétrospectivement en contemplant le versant le plus solaire et le plus pop du génie de Pernice. Et découvrir, au passage, le meilleur titre de New Order depuis des lustres, Throw Me To The Lions. Continuer « Joe Pernice, Richard (Ashmont Records) »

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La mort, difficile.

Trey Gruber
Trey Gruber

En écoutant Jess de Trey Gruber, je me suis dit – voilà une chanson pour baignoires tristes. Ce type de baignoire définitivement délaissée du corps aimé, un corps qui résonne encore contre l’émail et en parfume, par instant, les contours blanc cassé. Peau regrettée, peau du souvenir qui s’éteint lentement, trop lentement. En écoutant Jess de Trey Gruber, je me suis dit – le tonnerre, à présent, tonnera toujours avec les battements du coeur. Voilà ce que je me suis dit, en imaginant la vie Benjamin Trey Gruber ; ce jeune homme qui, avec son groupe Parent, hantait bien des soirs le Thalia Hall à Chicago. Continuer « La mort, difficile. »

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Saint Etienne, Words And Music By Saint Etienne (Universal)

It’s been too long… chante la voix lumineuse et immuable de Sarah Cracknell sur Tonight, le nouveau single de Saint Etienne. L’attente a été un peu longue, en effet, depuis leur précédent album, le sublime Tales From A Turnpike House (2006). Si l’on considère qu’il n’a pas eu une décennie sans qu’on ait été charmés par la pop idéale du trio, leur nouvel album était forcément attendu avec la plus grande impatience. Depuis 1991, date de sortie de Foxbase Alpha, leur premier album, les amis d’enfance Bob Stanley et Pete Wiggs n’ont cessé de définir une musique solaire, parfois mélancolique, toujours irrésistible. Finalement, ils ont remis le couvert, et de toute façon, on n’envisageait tout simplement pas les choses autrement, comme dirait l’ami Christophe Basterra, fan éternel du groupe, pour ne pas le citer. Continuer « Saint Etienne, Words And Music By Saint Etienne (Universal) »

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Saint Etienne – London Conversations

Saint Etienne, Londres (2012) / Photo : TS

Comment la pop a-t-elle changé nos existences ? Une question au centre de nos vies que le trio londonien a choisi comme thème principal de son huitième album, sobrement intitulé Words And Music By Saint Etienne. Un disque que l’on n’attendait plus, sept ans après son prédécesseur. Un retour de flamme étincelant, où le groupe fait le point sur son héritage, sa passion toujours aussi vibrante pour la musique, et son avenir.

En file indienne et parfaitement à l’heure, Sarah Cracknell, Bob Stanley et Pete Wiggs entrent dans ce petit salon cossu et désert, situé au premier étage d’un restaurant de Dean Street, à Londres. Instantanément, une complicité faite de traits d’humour subtil s’installe, chacun prend de ses nouvelles, sans qu’on ait l’impression qu’il se soit écoulé beaucoup de temps depuis la dernière fois qu’il se sont parlés. Les trois inséparables se font rares, mais ils prennent le temps de soigner leur œuvre collective. Pendant ce septennat d’absence entre deux albums, le groupe a patiemment et méticuleusement egrené les rééditions de sa discographie, qui dessine une palette musicale en forme de chaînon manquant entre northern soul, pop moderne et musique électronique. “I used Top Of The Pops as my world atlas”, chante Sarah dans Over The Border, la splendide et touchante ouverture de Words And Music By Saint Etienne. Il n’y a sans doute pas de meilleure citation pour les définir. À l’instar de la pochette, cette cartographie imaginaire d’une ville forcément anglaise où les noms de rue sont des titres de chansons, Saint Etienne nous promène au fil de nos souvenirs sur un disque aussi attachant que dansant. Un voyage bientôt poursuivi à travers un livre à venir – celui de Bob Stanley, Do You Believe in Magic? –, et un film en préparation. Pas de temps mort lorsqu’on est passionné à ce point. Continuer « Saint Etienne – London Conversations »

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Le club du samedi soir # 6 : les joies de l’entre-soi

Inscrit au fronton de cette ouverte maison, probablement parce que régulièrement vilipendé et ne cessant de grimper au hit-parade des maux du siècle, l’entre-soi a tôt fait d’irriguer les champs du rock et de la pop, principalement pour s’avérer le ferment d’honorables chansons plutôt que céder à la tentation du repli communautariste. Exercice d’admiration, tribut payé aux aînés, influence revendiquée ou béquille bien pratique, ces name-dropping songs ont ratissé large, au point que sous la plume de Nick Toshes le contingent des laissés pour compte ou des oubliés a eu droit au titre de Unsung Heroes of Rock’n’Roll. Dylan a pratiqué l’hommage plus souvent qu’à son tour (Song To Woody, Blind Willie McTell) avant d’être honoré par Bowie (Song for Bob Dylan), lequel à dû se contenter d’Isabelle Adjani. Sans balayer ces deux icônes, ni faire l’impasse sur d’autres (Syd Barrett, Brian Wilson, les Ramones, ou bien sûr les Beatles sont parmi les champions les plus souvent cités), on s’autorisera à arpenter nos territoires de prédilection, à organiser des numéros de duettistes ou à tirer sur la ficelle du marabout, quitte à évincer à regret d’obscurs ferrailleurs ou des comètes négligées. Ainsi Glenn Tipton, guitariste de Judas Priest, ou Bobby Jameson, respectivement chantés par Mark Kozelek et Ariel Pink, n’ont, vous m’en voyez marri, pas passé le cut. Il y en a d’autres, à foison, et on ne parle ici que de chansons où le nom de l’artiste ou du groupe apparait dans le titre. Sans compter mes oublis fortuits, que vous vous ferez fort de réparer.

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Diabologum, La Jeunesse est un Art (Ici D’ailleurs / L’autre Distribution)

Le grunge en France, rétrospectivement ? Il y a quelqu’un ? oh ? hého ? Il y a quelqu’un ?

Non, je ne crois pas, on est directement passé à autre chose parce qu’on est trop des petits malins. En France dans les années 90, le rock c’est devenu la fusion, un truc grotesque avec des types en short qui hurlaient en suant. Ah si, je me souviens un peu de groupes qui avait du matos mais pas trop de chansons, leurs noms commençaient aussi en D mais je ne les citerai pas. Il y en a même eu un qui avait un nom de la première brebis clonée, et encore eux, ils auront presque une décennie de retard, c’est vous dire l’affligeant niveau. Il y a bien Noir Désir, qui viennent de découvrir Fugazi et en renverseront un peu partout à la truelle sur leur célébre album Tostaky mais bon, on est plus au lycée, on est plus ou moins à la fac ou dans des écoles pour petits bourges, bref on tente plus ou moins et comme qui dirait de faire des études alors le toast, on le décline plus ou moins poliment. On est quand même en France, un pays dans lequel Nevermind de Nirvana a été distribué et plutôt bien vendu. Je vais les voir au Zenith d’ailleurs au printemps, en revenant d’un enterrement (ça ne s’invente pas…) et c’est proprement époustouflant, il y a même Teenage Fanclub en première partie, le seul concert pas top d’eux que j’ai vu mais bon, passons. Continuer « Diabologum, La Jeunesse est un Art (Ici D’ailleurs / L’autre Distribution) »

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Le club du samedi soir #9 – Tales Of The Riverbank, the genius of Ian Broudie

Pour beaucoup, la carrière de Ian Broudie se résume à Lightning Seeds, groupe qu’il a fondé en 1989 et qui a rencontré un énorme succès outre-manche. Ce serait oublier la richesse d’un parcours qui a commencé sur les cendres de la scène punk de Liverpool. Aux côtés d’Holly Johnson et de Bill Drummond, il se fait remarquer au sein de Big In Japan. Dès leur séparation, il ne cessera d’alterner entre projets au sein de différentes formations (Original Mirrors, Care, Bette Bright and the Illuminations) et une carrière de producteur entamée en 1980 avec le single Rescue d’Echo & The Bunnymen. Avant de fonder Lightning Seeds en 1989, on le retrouve associé à la production de plusieurs albums majeurs dont certains pour The Pale Fountains, The Colourfield, The Fall ou bien Noir Désir. Si certaines collaborations n’ont pas toujours bien vieilli (on lui reproche souvent d’avoir massacré le premier album de Shack, Zilch), il a su s’adapter aux principaux mouvements musicaux trois décennies durant avant de quasiment disparaître de la circulation en 2009. La musique qu’il publiait alors sous son propre nom, le trop méconnu Tales Told ou avec Lightning Seeds, le magnifique Four Winds, était en total décalage avec son travail pour les dispensables et déjà oubliés The Subways ou The Automatic. Il se contente depuis de tourner au royaume-uni avec Lightning Seeds. En attendant avec impatience un retour discographique, cette playlist rend un hommage à cet acteur incontournable et trop discret de la pop de ces quarante dernières années.  Continuer « Le club du samedi soir #9 – Tales Of The Riverbank, the genius of Ian Broudie »