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The Proper Ornaments : « Notre seule règle était que tout devait rester simple. »

Nouvel album pour les anglais, à peine quelques mois après le précédent.

The Proper Ornaments
The Proper Ornaments

Quelques mois après la parution de 6 Lenins, les Proper Ornaments sont de retour avec Missions Bells. Plus aéré et synthétique que son prédécesseur, ce cinquième album a été conçu dans la foulée de la dernière tournée du groupe. Sans jamais se répéter, James Hoare et Max Oscarnold y perpétuent la tradition d’une pop psyché mélancolique et intemporelle. Ils nous ont accordé un entretien où ils reviennent sur les dix ans du groupe, la vie dans les squats et la précarité, mais surtout leur attachement au Do It Yourself. Derrière l’apparente mélancolie et la douceur de leur musique, les Proper Ornaments ne seraient-ils pas l’ultime groupe punk ? Continuer « The Proper Ornaments : « Notre seule règle était que tout devait rester simple. » »

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Mixtape Section26 #8 : Thousand

Stéphane Milochevitch dit Thousand a surpris son monde en 2016 avec son album Le Tunnel Végétal, dans lequel beaucoup ont aimé et aiment encore se perdre. Déjà auteur de deux albums, le premier sur le label défricheur Arbouse Recordings, le second sur Talitres, sa maison de disques actuelle, il s’affranchissait de l’anglais pour offrir ses mots à tous, ici et maintenant et s’affirmait d’emblée comme un auteur ambitieux et accessible. A la fois profonde et mystérieuse, sa littérature chargée de références, religieuses et historiques, n’oublie pas le langage actuel, celui parlé dans nos rues et nos villages, jusqu’à l’écran de nos téléphones, entre classicisme et ultra modernité. Tout cela aurait pu masquer le reste de ses qualités et désamorcer la portée de son disque, si Thousand n’était avant tout un musicien instinctif et radicalement efficace : ses mots sont portés par des mélodies qu’on a envie de chanter avec lui, et pour lesquelles il se met au service avec sa garde rapprochée. Au-delà de la reconnaissance et du succès, Thousand recherche l’abandon, dans une quête évidente d’extase, faite de collisions incongrues, de collages contemplatifs, à l’image de la mixtape cabossée qu’il nous propose, si loin, si proche de sa musique.

Renaud Sachet

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La Fresto, 22 222 (autoproduction) / Superbravo, Sentinelle (Fraca)

« On efface les chroniques et le passé est vierge, de ces coups de sangs critiques, des erreurs chronologiques, des labyrinthes tectoniques, des coups de balai sur les fondations, c’est une nécessité »

« Vois, tes mots me rendent meilleure »

S’il y a des artistes qui ne se posent pas de questions quant à la nature profonde de leur métier, voire de leur être, ce sont bien les ex-pensionnaires du label Lithium. Et si l’entreprise de Vincent Chauvier a fermé ses portes il y a un peu moins de vingt ans maintenant, les jeunes pousses grandies sous son aile ont depuis embrassé des carrières dont le moindre des soucis est justement leurs débuts tonitruants. Il y avait une vie après le label à l’empreinte historique, et Superbravo et La Fresto en sont la preuve. Et peu importe le degré de reconnaissance que chacun a rencontré, la musique était un choix non négociable, qu’elles qu’en soient les conséquences. S’il était dans les compétences d’un directeur artistique de ressentir ça chez une personne en devenir, l’urgence de la passion, ce dévouement à la vie à la mort, on peut dire que Vincent Chauvier s’est peu trompé. Voire jamais. Continuer « La Fresto, 22 222 (autoproduction) / Superbravo, Sentinelle (Fraca) »

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Mark Hollis, une interview oubliée (janvier 1998)

Mark Hollis
Mark Hollis

Le 25 février 2019 a été une journée noire pour tout admirateur de la pop anglaise dans ce qu’elle a de plus ambitieux, avant-gardiste et intemporel, un peu plus de trois ans après le chant du cygne de Bowie. La disparition de Mark Hollis, dont nous n’avions presque plus aucune nouvelle depuis 1998, sonnait le glas de nos espoirs d’entendre à nouveau sa voix si particulière, lui qui osa l’utiliser comme un instrument (oui, c’est un cliché !), mais un de ceux dont personne n’avait joué avant. Je me consolais en me disant que j’avais eu la chance de le rencontrer il y a plus de vingt ans, quelques semaines après Christophe Basterra dont l’article figure ici-même. Je ne vais donc pas ajouter grand-chose de plus, il l’a si bien écrit.
Mais… Continuer « Mark Hollis, une interview oubliée (janvier 1998) »

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Deca Joins, Go Slow (Streetvoice)

Enserrée par les mers de Chine, des Philippines et soufflée par les brises du Pacifique, l’île de Taïwan semble se nourrir d’une circulation ancienne et constante de courants marins et culturels. Pour peu que l’on s’intéresse même sporadiquement, ainsi que je le fais, à la production musicale locale, on ne s’étonnera pas d’y trouver les mêmes enjeux et manières qui forment de l’archipel nippon à la péninsule coréenne les grandes tendances des pop extrêmes orientales : industrialisation, fabrique d’images et stéréotypes musicaux forcés. On ne s’étonnera pas non plus d’y trouver, lubie ancienne de toutes les pop en milieu démocratique, une scène d’indépendance qui plus ou moins frontalement défie la domination des images et des rythmes. Continuer « Deca Joins, Go Slow (Streetvoice) »

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SECTION26 NEWS#2 : 02.2020

Second brassage de nouveautés au programme de cette récolte collective et mensuelle menée par la rédaction de section26. De quelques confirmés aux nouveaux venus, faites vos choix, les jeux sont faits. Notez une fois encore que nous vous proposons deux modes d’écoute : la playlist en continu où vous pouvez sélectionner votre plateforme d’écoute (Spotify, Deezer ou YouTube, pour les non abonnés) et la sélection commentée par nos plumes ci-dessous. Il ne vous reste qu’à appuyer sur la touche play. Continuer « SECTION26 NEWS#2 : 02.2020 »

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Sale temps pour la musique

Interview inédite d’Andy Weatherall en 2011, pour la réédition de « Screamadelica »

Andy Weatherall
Andy Weatherall

La musique compte chaque jour ses morts. Mais celle d’Andy Weatherall, si elle peut laisser indifférent le grand public (“Qui ça ?”) a été saluée avec la plus grande émotion par ses pairs. Tous, y compris ses admirateurs anonymes au moins aussi reconnaissants, ont insisté sur le sens de l’humour, la gentillesse, le savoir vivre et la culture extra-musicale du monsieur. Il serait trop fastidieux de rappeler que Weatherall a changé la musique pop dès sa deuxième production en 1989 avec Loaded de Primal Scream. Mais celui qui était toujours capable d’initier Convenanza en 2013, un nouveau festival défricheur et intimiste à Carcassonne, a surtout refusé de capitaliser sur sa réputation et de devenir sans trop se fatiguer un “gros” DJ et producteur discographique de stars. Il a préféré explorer les marges sans relâche, quitte à nous perdre parfois en route bien au-delà de Sabres Of Paradise, Two Lone Swordsmen et tout ce qui est sorti sous son nom. Il faudra encore du temps pour bien écouter, essayer de comprendre et peut-être réaliser à qui nous avions affaire derrière ses différentes identités sonores. Pour donner un exemple évident, la liste désormais détaillée des samples de Loaded ne saurait à elle seule expliquer le résultat final. Weatherall reste aujourd’hui encore un pionnier musical tous azimuts, toutes directions. Continuer « Sale temps pour la musique »

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Transversales / Jonathan Fitoussi et Sébastien Rosat

Jonathan Fitoussi, Transversales
Jonathan Fitoussi, Transversales

Fondé en 2017 par Jonathan Fitoussi et Sébastien Rosat, Transversales Disques s’est très rapidement imposé comme l’un des labels les plus passionnants de ces dernières années. Porté par une haute exigence esthétique et un parti-pris à l’érudition impeccable, c’est autour de deux axes principaux qu’il développe une ligne impressionnante par son refus de certaines facilités qui peuvent caractériser un secteur aujourd’hui saturé : que ce soit par la redécouverte de travaux de certains représentants de la musique électro-acoustique, liés au GRM, comme Bernard Parmegiani, Luc Ferrari ou François Bayle, ou encore par une attention toute particulière portée à la bande originale de film et à son âge d’or (les années 60-70-80) avec François de Roubaix, Philippe Sarde, Ennio Morricone, l’acte de redécouverte de l’inédit ou de réédition n’est jamais gratuit, évitant soigneusement l’archive dispensable ne valant que par sa pseudo-rareté. Continuer « Transversales / Jonathan Fitoussi et Sébastien Rosat »

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Tôle Froide, La Redoute (Le Turc Mécanique, AB, Et Mon Cul C’est du Tofu, Kakakids)

En 2017, la cassette de Tôle Froide publié par le label rhodanien AB Records avait surpris pas mal de monde, y compris nous. Le mini album fut même réédité en vinyle par un ensemble de labels, très rapidement sold-out. Dans la foulée, le groupe a un petit peu tourné, mais reste assez rare sur notre chère capitale. La Redoute, annoncé ces derniers jours chez Le Turc Mécanique (Balladur, Bracco, Jardin), Kakakids, Et Mon Cul C’est du Tofu et AB Records sort dans la foulée, l’occasion de reparler d’un des groupes francophones les plus enthousiasmants de ces dernières années. Continuer « Tôle Froide, La Redoute (Le Turc Mécanique, AB, Et Mon Cul C’est du Tofu, Kakakids) »

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Dead Ghosts, Automatic Changer (Burger Records)

Après cinq années de silence radio, on aurait pu croire les Dead Ghosts disparus pour de bon. Mais avec leur excellent nouveau LP Automatic Changer – qui sortira le 24 avril prochain chez Burger Records-, la bande de Bryan Nicol (chant/guitare), Andrew Wilkinson (guitare) et Michael Wilkinson (batterie), renforcée par Moe Chiumento (basse) et Craig Pettman (claviers), revient avec une inspiration et une énergie aussi intactes qu’à leurs débuts. Continuer « Dead Ghosts, Automatic Changer (Burger Records) »

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Ben Watt, Storm Damage (Unmade Road/Caroline)

Sa discographie, souvent brillante, et qui s’étend désormais sur plus de quatre décennies en atteste : Ben Watt n’a jamais été l’homme du statu quo musical. Et même si Storm Damage semble s’inscrire dans la continuité chronologique de ses deux précédents albums solo, publiés depuis son retour aux affaires extra-conjugales en 2014, les inflexions instrumentales construisent ici une toile de fond toute différente où se projettent des états d’âme toujours plus personnels, où semble dominer la triste sérénité issue de la résignation au deuil. Continuer « Ben Watt, Storm Damage (Unmade Road/Caroline) »

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Aoife Nessa Frances, Land Of No Junction (Ba Da Bing Records)

Land of No Junction est le premier album de la nord-irlandaise Aoife Nessa Frances qui n’est pas une complète inconnue puisqu’elle a fait ses armes dans le courant des années 2010 en tant que moitié du duo confidentiel shoegaze Princess qu’elle formait alors avec son frère. Du shoegaze des débuts, la chanteuse a conservé ce phrasé aérien mais a troqué les atmosphères vaporeuses pour un retour appuyé à ses racines folk. Pour cela, elle s’est entourée du talentueux guitariste Cian Nugent, à la production et cosignataire d’une bonne part des compositions, dont on comprend à l’écoute du disque que l’apport a été significatif. Continuer « Aoife Nessa Frances, Land Of No Junction (Ba Da Bing Records) »

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FAME 2020 : Quatorze ans de Barbara Carlotti

Quatorze ans de Barbara Carlotti
Quatorze ans de Barbara Carlotti

« On connaît tous les arrangements de tous les morceaux, on connaît tous les enchaînements du DJ, on peut même jouer au guitar hero, on sait mimer les parties de synthé « 

Le plus court chemin, la fameuse voie du désir, du musicien vers le cinéma serait donc la comédie musicale, via le court-métrage. Barbara Carlotti passe derrière le miroir en adaptant sa chanson la plus imagée, en plus d’être la plus évidemment autobiographique : Quatorze ans est présente sur mon album préféré de la dame, L’amour, l’argent, le vent (2012) et raconte son adolescence passée à danser dans des petites boîtes de nuit de Corse. Continuer « FAME 2020 : Quatorze ans de Barbara Carlotti »

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FAME 2020 : Felix in Wonderland de Marie Losier

Felix in Wonderland de Marie Losier
Felix in Wonderland de Marie Losier

Depuis plus d’une trentaine d’années, Felix Kubin élabore une œuvre parmi les plus iconoclastes de la scène électronique allemande. Creusant une esthétique kraftwerkienne à la théâtralité rétro-futuriste encore plus marquée, son travail a pu s’imposer en jouant sur quelques motifs obsessionnels orchestrés au gré d’une discographie pléthorique et de prestations scéniques joyeusement décalées, comme en à témoigné un passage mémorable au festival BBmix à Boulogne en 2013. Continuer « FAME 2020 : Felix in Wonderland de Marie Losier »

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FAME 2020 : Cool Daddio, The Second Youth of R. Stevie Moore de Monika Baran et Imogen Putler

+ Interview « Mots-Clés » et Playlist consacrée au parrain du home recording

Cool Daddio, The Second Youth of R. Stevie Moore de Monika Baran et Imogen Putler
Cool Daddio, The Second Youth of R. Stevie Moore de Monika Baran et Imogen Putler

Difficile d’échapper aux chiffres quand il s’agit de R. Stevie Moore. Cinquante années d’enregistrements, quatre cents albums, des centaines de vidéos. Des chiffres et des nombres hors normes, fruits du travail d’un passionné toujours resté à la marge. Surtout, il est dommage qu’il n’existe pas d’unité de mesure de la liberté et de l’honnêteté, car ce sont les domaines d’excellence de R. Stevie. C’est justement de ce double mérite que le film de Monika Baran et Imogen Putler, Cool Daddio : The Second Youth of R. Stevie Moore, tente de témoigner. Continuer « FAME 2020 : Cool Daddio, The Second Youth of R. Stevie Moore de Monika Baran et Imogen Putler »

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FAME 2020 : Cosmic Trip, la musique à la conquête de l’espace de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte

Cosmic Trip, la musique à la conquête de l’espace de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte
Cosmic Trip de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte

Ce n’est pas tous les jours qu’on voit les Spacemen 3 à la télévision. Et pourtant, cela arrivera avec la diffusion probable et prochaine de Cosmic Trip, la musique à la conquête de l’espace sur une chaîne culturelle franco-allemande bien connue. En attendant, cette somme imposante mise en forme et composée par Christophe Conte (ex-Inrocks, Libération) et Gaëtan Chataigner (The Little Rabbits, les clips de Katerine et un peu plus que ça…) est à découvrir en avant-première dans le cadre de cette nouvelle édition du FAME. Continuer « FAME 2020 : Cosmic Trip, la musique à la conquête de l’espace de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte »

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FAME 2020 : A Dog Called Money de Seamus Murphy, avec PJ Harvey

A Dog Called Money de Seamus Murphy
A Dog Called Money de Seamus Murphy

De l’amitié entre le photo-reporter Seamus Murphy et la singer-songwriter PJ Harvey, nous savions déjà qu’il en avait résulté un album de cette dernière (Let England Shake en 2011) mis en images par une série de courts films réalisés par ce dernier. Cet album ajoutait une corde inattendue à l’arc discographique de la mythique recluse du rock britannique qui, parmi les multiples masques souvent introspectifs égrenés au fil de sa solide carrière, nous offrait cette fois-ci un visage tourné vers une observation grave mais poétique du monde extérieur, sous la forme d’un portrait de l’Angleterre qu’on ne savait pas encore pré-Brexit. Continuer « FAME 2020 : A Dog Called Money de Seamus Murphy, avec PJ Harvey »

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FAME 2020 : Khamsin de Grégoire Orio et Grégoire Couvert


Khamsin de Grégoire Orio et Grégoire Couvert

Khamsin de Grégoire Orio et Grégoire Couvert

Le film commence. L’image est plate, sans contraste et bruitée ad nauseam. Je me dis alors que la vidéo sur bande est décidément ce qui est arrivé de pire à l’image animée ; c’était mieux avant la VHS, le Beta et le Hi-8 et ça sera aussi mieux après. Dès les premières secondes, je suis agacé par ce que je pense être du maniérisme de vidéaste. Les images défilent. Le désert. Des immeubles éventrés par des obus. Des rues envahies par les ordures. Des ruines modernes. Des ruines antiques. Le soleil. Et ce vent brûlant, chargé de sable qui gifle le pays et balaye au passage mes a priori esthétiques. Continuer « FAME 2020 : Khamsin de Grégoire Orio et Grégoire Couvert
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En Attendant Ana, Juillet (Trouble In Mind)

En Attendant Ana avait fait forte impression avec leur premier disque Lost and Found en 2018. Publié par deux labels français, Buddy Records et Montagne Sacrée, l’album avait été réédité par la suite par la structure chicagoane Trouble In Mind, connue notamment pour avoir hébergé Jacco Gardner, les Limiñanas ou Morgan Delt. Ce Debut LP offrait une des plus belles démonstrations d’indie-pop entendues en France ces dernières années, un équilibre parfait entre les mélodies et l’énergie. Les Franciliens reviennent deux ans plus tard avec Juillet, toujours sur le même label. Continuer « En Attendant Ana, Juillet (Trouble In Mind) »

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Selectorama : Tristesse Contemporaine

Tristesse Contemporaine
Leo, Narumi et Maïk – Tristesse Contemporaine / Photo : Cassandra Shier

Une décennie déjà que ces trois-là nous magnétisent de leur chaud-froid dansant et hypnotique. Le chanteur Maïk, passé par Bristol grande période dans une vie antérieure, la claviériste Narumi, connue comme le loup blanc chez nous notamment face au très large public de Jeanne Added, et Léo Hellden, auparavant guitariste de Jay-Jay Johanson entendu dans Aswefall, Slove, ou Camp Claude avec Maïk. De retour prochainement avec un quatrième album sur lequel ils ont déjà bien avancé, ils seront sur la scène du festival How To Love au Petit Bain. En mise en bouche, voici la quintessence de leurs influences musicales en quatorze titres géniaux. La Tristesse durera toujours.

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Charlène Darling, Saint-Guidon (L’Amour Aux 1000 Parfums)

Soupesons l’enthousiasme : depuis trois semaines qu’il est arrivé jusqu’ici – grâce à l’ami Zacharie, encore, qui a eu le mérite certain d’insister – Écoutez ! –, Saint-Guidon tourne en boucle. Matin et soir dans les transports, midi et après-midi quand les tâches le permettent, et dans toutes les rues de toutes les villes solitaires – au casque très fort. Un maître disque, une mesure ; bientôt, transmettre le même intense sentiment d’être vivant que le fait Charlène Darling sur les amas de 0 et de 1 qui agitent processeurs et donc écouteurs et donc synapses sera la nouvelle gageure. Continuer « Charlène Darling, Saint-Guidon (L’Amour Aux 1000 Parfums) »

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Flóp, Puissance, Racine (Les Disques Bien) / David Lafore, Incompréhensible (autoproduction / La Triperie)

« L’anarchie ne vaincra pas, l’anarchie a déjà vaincu, elle se loge dans chaque brin de chanvre  et dans les impétueux épis dressés au bord de ma calvitie et dans le repli de chaque chambre, c’est peine perdue »

« Non, ce ne sont pas les bons mots, ce ne sont pas les bons sons, pour moi, ces mots sont incompréhensibles »

Je sais combien il est ardu et plutôt sensible de toucher à la singularité d’un artiste, j’en suis CONSCIENT. Difficile donc, d’associer deux personnalités aux parcours si différents, aux chemins qui ne se sont à ma connaissance jamais croisés, si ce n’est le temps de cette chronique finalement dérisoire (quelques minutes de lectures au total). Bon, si j’écris contre le temps, contre le rythme de folie qui s’impose devant autant de musiques produites qui me touchent, je peux bien me mettre dans la mouise, pour une fois. Vous me pardonnerez ce rapprochement, et j’espère que les deux chanteurs le feront aussi.  Continuer « Flóp, Puissance, Racine (Les Disques Bien) / David Lafore, Incompréhensible (autoproduction / La Triperie) »

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Primal Scream, Screamadelica (Creation)

Traîtres à la cause, tâcherons, ignobles, vulgaires et bourrins. Les indie popeux n’auront pas de mots assez durs pour dézinguer Primal Scream à la sortie de leur second album éponyme en 1989. Il faut dire que Bobby Gillespie en a déjà sous le coude lorsque paraît, deux ans plus tôt, Sonic Flower Groove, le premier LP de son groupe. Avant cela, il avait joué le faire-valoir au sein de The Wake et un peu plus que ça chez The Jesus And Mary Chain. Sonic Flower Groove, donc, disque aussi brillant que rétro, déjà culte avant même sa sortie, faisant la part belle aux obsessions sixties de ses auteurs (Love, The Byrds) et érigeant Bobby Gillespie en sex-symbol improbable d’une nation indie en anorak. Autant dire que le passage du soleil californien à la rudesse rock de Detroit fait jaser… Et pourtant. Au milieu de ce disque rétrograde, et plutôt bon rétrospectivement (avec The Stooges et MC5 en ligne de mire), trônent quelques déchirantes ballades sous haute influence Big Star. Par exemple, la pépite I’m Losing More Than I’ll Ever Had, devenue Loaded sous les ciseaux avisés mais pas encore experts d’Andrew Weatherall, va transformer leur vie et la nôtre. Continuer « Primal Scream, Screamadelica (Creation) »

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Nada Surf : Matthew cause

Nada Surf
Nada Surf / Photo : Annie Dressner

« Jamais très loin du cœur » : c’est la meilleure traduction que l’on puisse proposer du titre de ce neuvième album de Nada Surf, Never Not Together. Approximative, sans doute, si l’on s’en tient à la lettre. Mais fidèle à l’état d’esprit qui nous anime à l’heure d’en discuter avec le principal intéressé, Matthew Caws. Car même si l’on s’habitue trop facilement au luxe et au confort, Nada Surf fait partie des très rares formations qui, depuis un quart de siècle, ne nous ont jamais vraiment déçus. Comme souvent – presque toujours à vrai dire – les retrouvailles procurent cette fois-ci ce sentiment de familiarité immédiate et englobante, où le plaisir de la découverte semble inextricablement mêlé aux délices de la nostalgie. Continuer « Nada Surf : Matthew cause »

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Destroyer : « Donner forme à un album reste un mystère pour moi »

Destroyer
Destroyer / Photo : Alain Bibal

Destroyer vient de sortir Have We Met, son treizième album. Projet initialement centré autour de la paranoïa liée au changement de siècle, il s’est transformé en un recueil de titres intenses mais pop. Dan Bejar le crie haut et fort, s’il est l’homme à tout faire de Destroyer, il délègue une bonne partie du processus créatif à ses fidèles collaborateurs. Il a conçu Have We Met en isolement total, lançant les idées et attendant impatiemment de recevoir les résultats par e-mail. La prise de risque artistique a payé. Ce disque qu’il pensait ne pouvoir jamais finir s’éloigne des influences parfois flagrantes de ces albums précédents. Bejar nous a accordé un long entretien au cours duquel il nous parle ouvertement de ses conflits intérieurs, de ses albums passés, de ses obsessions musicales et de son rapport à la vieillesse. Continuer « Destroyer : « Donner forme à un album reste un mystère pour moi » »

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Papivole #10, mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : le fanzine Ductus Pop

Ductus Pop
Le fanzine Ductus Pop

Un fanzine A5, un label de cassettes… Entre Strasbourg et Toulouse, l’effet miroir avec ma petite entreprise (Langue Pendue : un fanzine A5 et ses cassettes) est étonnant. En découvrant Ductus Pop (numéro 25 déjà !) et le label Hidden Bay (plus de trente références !) par l’entremise de mes amis de Section26, mon cœur a battu la chamade, évidemment. J’y ai lu ce qui fait l’essence d’un fanzine : un mélange subtil d’auto-fiction, d’improvisations graphiques, de constat politique à la première personne, d’interventions d’amis et de proches, et de passion évidente pour les petites choses pop (souvent anglo-saxonnes mais pas que) qui constellent la toile. Manon, dont la boussole interne s’affole parfois vers le sud (l’Espagne, notamment) commente les premiers efforts de jeunes groupes balbutiants, qu’elle recrute parfois dans un même geste pour son propre label. J’avais envie d’en savoir plus sur ses goûts, ses méthodes et son expérience du présent. Rencontre. Continuer « Papivole #10, mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : le fanzine Ductus Pop »

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Vaughan Oliver par ceux qui l’ont aimé #2

Une célébration du travail de l’immense graphiste pour le label 4AD

Vaughan Oliver
Vaughan Oliver

En complément de l’hommage à Vaughan Oliver déjà publié, nous vous proposons trois témoignages inédits. Reçus plus tardivement, il nous est évidemment apparu indispensable de les partager, car chacun offre un éclairage supplémentaire et intime sur l’œuvre de cet artiste hors normes. Tout d’abord, celui de Simon Larbalestier, photographe, collaborateur de longue date de Vaughan (les pochettes des Pixies c’est lui). Pour cette occasion, il nous offre quelques photos de ses archives personnelles. Terry Dowling, le professeur, tuteur et ami de Vaughan revient avec émotion sur cet élève génialement rebelle qui est venu chercher conseil et approbation auprès de lui jusqu’à la fin de sa vie. Enfin, Ian Masters des Pale Saints parle de sa collaboration avec Vaughan pour la pochette de In Ribbons (1992).
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Vaughan Oliver by the ones who loved him #2

A celebration of the work of 4AD’s unforgettable art director

Vaughan Oliver
Vaughan Oliver

Following our tribute to Vaughan Oliver, we bring to you three previously unpublished pieces. We still felt it was essential for us to share them, despite receiving them after our original piece. First, Simon Larbalestier, photographer and long-time colleague of Vaughan’s (his credits include the Pixies album covers) shares an emotionally powerful account of his relationship with Vaughan Oliver, illustrated with photos from his personal archives. Terry Dowling, Vaughan’s teacher, tutor and friend speaks with emotion of his brilliantly rebellious student who came to him for advice and his approval until the end of his life. Finally Ian Masters of the Pale Saints recalls working with Vaughan for the cover of In Ribbons (1992). Continuer « Vaughan Oliver by the ones who loved him #2 »

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Julien Gasc, L’appel de la forêt (Born Bad Records)

Julien Gasc L’appel de la forêtSi vous en avez assez de votre boulot, du stress de la vie, de la misère sociale, que vous cherchez l’amour, le vrai, le passionné et romantique, celui pour lequel vous plaqueriez tout et partiriez vivre comme un punk à chiens, alors L’Appel De La Forêt est là, pour vous, avec l’amour comme principe à suivre, « surtout en ces temps tristes ». Ce disque est un bol d’air montagnard et Julien Gasc est l’Elisée Reclus de la pop. Géographe des sentiments, il s’affirme comme un poète dont les thèmes sont des plus classiques et absolus : l’amour des êtres et de la nature, le désir de faire corps et esprit avec tout. L’Appel De La Forêt, la chanson titre, est la plus belle lettre d’amour à l’âme de la forêt jamais écrite, et en l’occurrence, ici la lettre s’adresse aux premières forêts du parc du Haut-Languedoc, qui d’après les experts de la faune et de la flore que Gasc a contacté seraient nées il y a 55 000 ans. Gasc va jusqu’à hurler son amour (une première dans son œuvre) à la forêt. Et la voix de Catherine Hershey, la fée des bois, qui vient habiter tout le disque, est la chose la plus consolante qui soit. Gasc est l’ami que l’on aimerait pouvoir appeler à toute heure pour enfin pouvoir « se confier dans le calme ». Continuer « Julien Gasc, L’appel de la forêt (Born Bad Records) »

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Alice Boman, Dream On (PIAS)

Alice Boman Dream OnLa suédoise Alice Boman s’est fait connaître en 2013 au travers d’un Ep, Skisser, constitué de démos timides qu’elle n’avait probablement jamais destinées à quelconque public. Des débuts prometteurs qui n’annonçaient pourtant pas l’insolente évidence de ce premier album qui se sera donc fait attendre. Les plus assidus se rappelleront tout de même du très beau single Dreams paru en 2018 qui annonçait bien les thématiques du présent LP. La présence aux manettes de Patrik Berger, producteur bankable de Charli XCX, Robyn ou encore Lana Del Rey et Miike Snow aurait pu laisser craindre un recadrage pop grand public de la native de Malmö. Continuer « Alice Boman, Dream On (PIAS) »