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FAME 2019 : A Bright Light, Karen and The Process d’Emmanuelle Antille

Karen Dalton
« A Bright Light, Karen and The Process » d’Emmanuelle Antille
FAME 2019
En partenariat avec le festival FAME

Disparue en 1993, dans sa maison de Woodstock et dans l’anonymat le plus complet, Karen Dalton n’aura finalement laissé qu’une très maigre discographie, puisque celle-ci ne comprend que deux albums officiels, It’s So Hard to Tell Who’s Going to Love You the Best (1969), son chef-d’œuvre, In My Own Time (1971), un disque plus inégal (même s’il contient la meilleure version connue du classique folk Katie Cruel), ainsi qu’une poignée de home recordings, sortis après sa mort et de plus ou moins bonne qualité. Pourtant, si modeste qu’elle soit, cette discographie aura suffi à transmettre l’essentiel, c’est-à-dire l’empreinte d’une voix unique, que beaucoup ont comparée à celle de Billie Holiday et qui, abîmée par l’alcool, les drogues et la vie, donne souvent le sentiment d’avoir affaire à une vieille âme ayant traversé les âges pour s’échouer dans une époque où elle n’aura, in fine, jamais vraiment réussi à trouver sa place.

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FAME 2019 : Rudeboy, The Story of Trojan Records de Nicolas Jack Davies

Rudeboy, The Story of Trojan Records
« Rudeboy, The Story of Trojan Records » de Nicolas Jack Davies
FAME 2019
En partenariat avec le festival FAME

En 1968 naissait le label londonien Trojan Records emblématique des genres musicaux jamaïcains ska et reggae. Rudeboy : The Story of Trojan Records mélange reconstitutions jouées par des acteurs, entretiens avec les figures majeures du premier mouvement musical multiculturel spécifiquement britannique et archives. Le documentaire du réalisateur anglais Nicolas Jack Davies éclaire un pan d’histoire tout à la fois régulièrement revisité et encore trop méconnu.

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FAME 2019 : The Unicorn d’Isabelle Dupuis et Tim Geraghty

The Unicorn Peter Grudzien
« The Unicorn » d’Isabelle Dupuis et Tim Geraghty
FAME 2019
En partenariat avec le festival FAME

J’avoue entretenir une relation plus qu’ambivalente avec ce qu’il est convenu d’appeler l’outsider music, cette étiquette fourre-tout qui tend à agréger les créations musicales des figures marginales ou déviantes, produites dans une confidentialité initiale qui nourrit ensuite le culte des réhabilitations rétrospectives. Le malaise a surgi un jour de 2008 dans la cour de La Maroquinerie, lorsque j’y aperçus Daniel Johnston, quelques minutes avant le début d’un concert, excellent au demeurant. Debout mais chancelant, le regard vide, un verre de vin à la main, il semblait indifférent au monde et au liquide carmin qui s’échappait de ses lèvres mollement entrouvertes et dégoulinait à flots continus sur son t-shirt blanchâtre. Depuis lors, la posture m’a toujours paru inconfortable qui consiste à contempler pour ses seules propriétés esthétiques une œuvre aussi inextricablement liée aux pathologies de son auteur, à savourer sans réserve le spectacle de la maladie, qu’elle soit mentale ou pas, en s’efforçant de faire abstraction de sa réalité pourtant incontournable. Le documentaire consacré par Isabelle Dupuis et Tim Geraghty à Peter Grudzien fait resurgir ces interrogations tout en proposant une réponse formellement irréprochable et moralement satisfaisante. Continuer « FAME 2019 : The Unicorn d’Isabelle Dupuis et Tim Geraghty »

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FAME 2019 : Daniel Darc, Pieces Of My Life de Marc Dufaud et Thierry Villeneuve

Daniel Darc : Pieces Of My Life
« Daniel Darc : Pieces Of My Life » de Marc Dufaud et Thierry Villeneuve
FAME 2019
En partenariat avec le festival FAME

Le tweet m’a été adressé le 28 février 2013 – ou peut-être le 1er Mars. Le compte venait d’être créé et l’utilisateur n’avait pas pris la peine de mettre une photo de profil. “Lorsque j’ai appris la mort de Daniel Darc, j’ai tout de suite pensé au concert où nous étions allés”.

Nous, c’est elle et moi. Une aventure de courte durée — dont je me souviens très bien car, une fois n’est pas coutume, c’est moi qui y avais mis terme (au retour de mon périple australien, pour ceux qui suivent). Nous ne nous sommes jamais revus – mais j’ai appris après cette (re)prise de contact éphémère qu’elle était sociologue et chercheuse au CNRS.

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FAME 2019 : Ethiopiques : Revolt of The Soul de Maciek Bochniak

Extrait du film « Ethiopiques : Revolt of The Soul » de Maciek Bochniak
FAME 2019
En partenariat avec le FAME 2019

Je me souviens très bien avoir acheté Ethiopiques Volume 4 à la boutique Bimbo Tower, à l’époque où elle se trouvait encore au 5 Passage Saint-Antoine à Paris. C’était il y a 20 ans, et le prix était encore en francs. Cette compilation bénéficiait d’un bouche-à-oreille d’autant plus authentique qu’il n’était pas le fruit d’une campagne marketing ou d’un emballement médiatique, mais d’une rumeur colportée par les musiciens eux-mêmes. A peine publiée,  Ethiopiques volume 4 était déjà adoubée par la profession : un accueil rarissime, et dont l’écho n’allait que grandissant. Radio Nova adoptait Yegelle Tezeta en jingle, et bientôt Jim Jarmush sélectionnait Yekermo Sew sur la bande originale de Broken Flowers, offrant à Mulatu Astatke, le musicien qui l’a enregistré, un auditoire décuplé. C’est cette aventure, répartie sur 32 volumes parus entre 1998 et 2017, qui est racontée dans Ethiopiques : Revolt of The Soul de Maciek Bochniak.

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Carambolage, Carambolage (Azbin / Howlin’ Banana)

Récemment, nous évoquions la bonne santé de la scène francilienne à travers l’excellent EP 4 titres de EggS. Rennes serait-elle à son tour et à nouveau en passe de nous surprendre ? En plus de quelques confirmations récentes (Initials Bouvier Bernois ou Tally Ho!), Carambolage et quelques autres (Born Idiot en tête) pourraient bien créer quelques vocations du coté du Bar Hic, Melody Maker et du Penny Lane, les hot spots de la cité bretonne. Continuer « Carambolage, Carambolage (Azbin / Howlin’ Banana) »

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rustin man, Drift Code (Domino)

Rustin Man Drift Code DominoC’est peu dire que ce premier véritable album de Rustin Man était attendu par une frange de connaisseurs patients qui ont suivi le parcours de Paul Webb en différents endroits au fil du temps. Chez Talk Talk d’abord, pour un phénoménal travail d’épure qui fera passer la new wave au post rock, chez .O. Rang ensuite, où il donna cours en compagnie de Lee Harris (le batteur de Talk Talk) à son goût pour une opération très étudiée sur des rythmiques inspirées des musiques du monde, puis finalement sous l’alias Rustin Man en compagnie de Beth Gibbons (Portishead, qu’il avait d’ailleurs fait débuter sur un album d’.O. Rang) pour un Out Of Season  (2002) dont certains attendent encore la suite avec des cailloux dans les bottes à force de trouver le temps long. Continuer « rustin man, Drift Code (Domino) »

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Selectorama : Olivier Martinelli

Olivier Martinelli, « Mes nuits apaches » / Illustrations : Topolino

Nous ne nous sommes jamais rencontrés. Mais nos routes se sont déjà croisées. Il y a plus d’une dizaine d’années. J’avais reçu au bureau un petit roman (par le nombre de pages) d’un auteur dont je n’avais jamais entendu parler mais dont le titre, Fanzine, avait suffisamment éveillé ma curiosité pour que je prenne la peine d’en lire les premières pages. J’avais été ensuite incapable de le reposer, le terminant d’une traite, emballé par tout ce qui s’en dégageait : l’histoire, le style, les références, les ascendances… Il y était question “d’émois et de mort, de regards fiévreux et de découvertes, de regrets et d’espoirs”, avec le rock et John Fante en toile de fond. Autant dire que par ici, on n’était pas loin du sur mesure.

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Dance to the Music #2 : Philly Soul

Soul Train Dancers.

Philadelphie (Pennsylvanie), l’une des villes les plus importantes de la côte Est (avec New York City ou Boston, par exemple) peut compter sur une riche histoire et un rôle prépondérant dans l’indépendance des États-Unis d’Amérique. La symbolique Liberty Bell témoigne de ce passé glorieux. Pourtant dans les années soixante, soixante-dix, l’agglomération perd de sa population, notamment ses classes moyennes. La cité industrielle est gangrenée par la violence des gangs, la pauvreté. Dans ce contexte difficile émerge pourtant l’un des genres les plus soyeux et élégants des années soixante dix : la Philly Soul, dont l’un des mots d’ordre sera justement « Let’s Clean Up The Ghetto« . Moins connue que ses cousines Southern Soul et Motown, cette variante de soul n’en a pas moins marqué l’histoire de ses mélodies satinées et de ses arrangements luxuriants, au point de servir de rampe de lancement à l’un des phénomènes sociologiques des années soixante-dix.

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Swervedriver, Future Ruins (Rock Action)

Swervedriver Future RuinsLe temps a, une fois de plus, effectué son formidable travail de sape. Et pourtant, qui aurait parié un repas chaud sur Swervedriver, groupe d’Oxford apparu comme des suceurs de roue de Ride (même ville, même label : Creation, même genre musical, qu’on appelait alors à peine Shoegaze) avec de plus une donnée capillaire infranchissable pour les jeunes snobinards que nous étions. Car pour nous, les dreads (et les groupes de sinistre mémoire auquel on les associait : Credit To The Nation, Back To The Planet, Ozric Tentacles, j’en vois frissonner d’horreur au fond du campement et ils ont raison) étaient éliminatoires, d’office, circulez y’a rien à voir, bande de hippies. Assez peu portés sur la tolérance et l’amitié entre les peuples (exception faite du cas A.R. Kane), sales couillons que nous fumes, nous passâmes donc à coté d’un groupe qui a finalement traversé le temps et notre connerie avec une force tranquille et un talent qu’on finira par leur reconnaître sur le tard. Continuer « Swervedriver, Future Ruins (Rock Action) »

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The Pains of Being Pure at Heart, The Pains of Being Pure at Heart (Slumberland)

En 2019, de nombreux classiques des années soixante et soixante-dix vont fêter de respectueux anniversaires (cinquante et quarante ans), mais n’existe-t-il pas des albums cultes (ou en passe de le devenir) plus proches de nous, auxquels nous pourrions davantage nous identifier, nous qui n’étions pas nés à la sortie de ces monuments ? En scrutant d’une attention débordante ma timeline facebook, je tombe sur un post de Slumberland qui rappelle à dessein les dix ans d’un disque qui m’a personnellement marqué : le premier album des Pains Of Being Pure At Heart, qui porte le nom du groupe. Vendredi dernier, le 1er février, je passais justement Young Adult Friction en ouverture d’un de mes dj sets au Supersonic, juste après un concert de Dead Horse One. La coïncidence était beaucoup trop troublante pour ne pas avoir envie de dire quelques mots sur ce disque significatif.

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FAME 2019 : Playlist Éthiopiques

Éthiopiques
« Éthiopiques : Revolt of The Soul »de Maciek Bochniak
FAME 2019
En partenariat avec le festival FAME

Francis Falceto ne se doutait peut-être pas que ses compilations auraient un tel impact sur la diffusion des musiques éthiopiennes dans le monde occidental. Toujours est-il que plus de 20 ans après le premier volume des Éthiopiques, le constat est là. Mulatu Astatqe et Mahmoud Ahmed jouissent d’une popularité sans précédent, Getatchew Mekurya a enregistré et joué régulièrement avec The Ex jusqu’à son décès, tandis qu’Hailu Mergia alterne les tournées avec son job de chauffeur de taxi. Des groupes rendant hommage à une musique qui les a profondément marqués naissent aussi en Europe. On pensera aux Allemands Woima Collective, aux Belges Black Flower ou encore aux Français Akalé Wubé, lesquels jouent sur le trentième et dernier volume des Ethiopiques en collaboration avec le pianiste Girma Beyene. Si la musique éthiopienne telle qu’on la découvre depuis deux décennies n’est plus vraiment jouée sur les terres qui l’ont vu naître, elle connaît une seconde jeunesse en dehors de ses frontières. Pour les curieux qui s’interrogent sur ce qu’est devenue cette musique en Ethiopie, la série EthioSonic présente des artistes plus actuels qui à leur manière ont su perpétuer la grande tradition musicale de ce pays.

Éthiopiques : Revolt of The Soul de Maciek Bochniak
Documentaire – En compétition
(Pologne/Allemagne – 2017 – 70 min – VOSTF)
Première française en présence de Francis Falceto
Vendredi 15 février 2019 à 19h15 à La Gaîté Lyrique, 3 bis rue Papin, 75003 Paris dans le cadre du festival FAME.