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Bertrand Burgalat, Rêve Capital (Tricatel)

BurgalatL’enfance reviendra,
comme on saigne du nez
et les noms oubliés sur la photo de classe
sortiront d’un seul coup,
jailliront du passé.

Il n’est même pas question de savoir si on peut être juge et partie. Qu’une personnalité publique à l’aura indiscutable passe aussi habilement des pages de Rock&Folk où il tient une chronique mensuelle hautement pointue, tranchée et personnelle, aux chambres des studios où il empile en stakhanoviste des séances d’enregistrements d’une œuvre à nulle autre pareil, personne ici ne s’en plaint. On aime, dans ce pays, les plénipotentiaires flamboyants, qu’ils soient un peu perdant magnifique, ou qu’ils décrochent le succès, de préférence en fin de carrière, à un âge certain qu’on dira sage. Continuer la lecture de « Bertrand Burgalat, Rêve Capital (Tricatel) »

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Cat Power et les rats de Chinatown

Les bonnes feuilles du nouveau livre d’Adrien Durand, “Je suis un Loser, Baby” (LeGospel).

Chan Marshall - Cat Power
Chan Marshall – Cat Power

Avec Je n’aime que la musique triste, Adrien Durand avait commencé, en parallèle à son excellent fanzine Le Gospel, ce qui a bien l’air de devenir une petite collection de livres. Le Gospel de poche (perfection de ce petit logo) propose ainsi sa deuxième publication, Je suis un Loser, Baby. Dix-sept textes courts, écrits récemment, qui conjuguent mémoire collective et expérience intime sur la musique. Humble et honnête, avec ce qu’il faut d’humour désabusé, il fait un petit tour du propriétaire de son panthéon personnel, de Cat Power et Fugazi, Kurt Cobain et Bret Easton Ellis, Paul Schrader et Evan Dando, Dinosaur Jr. ou encore les Swans, Vincent Gallo et Courtney Love, du jazz éthiopien et les poubelles du Chelsea Hotel. En avant pour le premier chapitre de ce livre qu’il vous offre à lire ce week-end. Continuer la lecture de « Cat Power et les rats de Chinatown »

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Congratulations ! – M.Night Shyamalan, John Vanderslice, Maria Pourchet

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

John Vanderslice
John Vanderslice

Il y a une éternité, on ne me parlait que de 24 heures Chrono. La série immanquable du moment…tant d’autres suivront. Je paressais donc à jeter un œil. Les montages frénétiques n’ont jamais été mon fort. Je n’ai finalement pas regardé cette série – peut-être juste une séquence. Et c’est en m’installant dans la salle de cinéma, sur du velours incertain, que j’aurais adoré avoir vu cette série. Car Old de M.Night Shyamalan compresse tout en une journée. Continuer la lecture de « Congratulations ! – M.Night Shyamalan, John Vanderslice, Maria Pourchet »

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Selectorama : Mocke

Mocke
Mocke

Parlons prescription, puisque c’est l’objet de cette rubrique.

Les meilleurs prescripteurs échappent aux attentes comme aux vues – de l’esprit. Une collègue de bureau, il y a bientôt dix ans, quand je me laissai aller à un bavardage futile et convenu sur Liszt « le virtuose » – il s’agissait évidemment de clouer au pilori la virtuosité sans trop savoir ce que c’était –, sortit exceptionnellement de ses gonds pour me mettre face à la réalité : je critiquais, commentais, jugeais, manifestement sans connaître. Puis elle m’invita à suspendre mon jugement, à le remplacer par la fréquentation et la connaissance de Liszt avant, peut-être, de parler de nouveau, mais en connaissance de cause. Et m’envoya un lien vers quatre minutes de musique qui changèrent la vie, quatre minutes qui m’offrirent Liszt, qui l’ouvrirent enfin. Il suffisait d’écouter, c’était là. Continuer la lecture de « Selectorama : Mocke »

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Jesuslesfilles, L’heure idéale (Duprince)

Jesuslesfilles

Sur le groupe facebook que Stéphane Lemarchand a créé,  “J’écoute une K7 de la vedette”, Daniel Yeang anime le réseau et rythme les journées de ses presque six cents membres abonnés en postant les innombrables écoutes qu’il fait à droite et à gauche. Les nouveautés touchent à tous les styles (du métal au rap en passant par tout l’éventail pop rock) et sont présentées sans chichi, référencées objectivement comme dans un catalogue, et accompagnées d’une note (au dixième près) sur vingt. Pour le reste, à nous d’inventer les discours et les histoires qui vont avec, en animant (ou pas) le débat dans les commentaires. Nouvelle forme de critique musicale collective adaptée au flux incessant des sorties ? Premier tamis avisé et finalement très personnel ? Continuer la lecture de « Jesuslesfilles, L’heure idéale (Duprince) »

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Big Star, #1 Record (Ardent, 1972)

Big Star est le groupe préféré de vos groupes préférés (The Posies, Teenage Fanclub, REM, The Replacements, Wilco, Primal Scream, The Bangles, Elliott Smith, etc). Comme Nick Drake ou le Velvet Underground à d’autres époques, la formation de Memphis est culte, avec ce que cela comporte de gloire et de tristesse. Pourtant, il est très facile de passer à coté de la beauté de Big Star tant leur approche a quelque chose de modeste et d’épurée. L’épiphanie ne viendra peut être pas à la première écoute, mais si vous aimez une certaine idée de la musique pop, elle finira fatalement par arriver. Nous vous gardons bien au chaud une carte de membre du fan club zélé. Continuer la lecture de « Big Star, #1 Record (Ardent, 1972) »

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L’Rain, Fatigue (Mexican Summer)

Inouï.

En écoutant Fatigue, second album de Taja Cheek – qui a choisi l’alias L’Rain en hommage à sa mère Lorraine, morte lors de l’enregistrement de son premier disque –, on a l’occasion d’éprouver ce qu’est l’inouï. Rien n’est impossible, les sons sont des sons, les chansons sont des chansons, pourtant on n’a jamais rien entendu de pareil.

C’est normal, c’est un disque.

Ce devrait être normal, c’est un disque.

Ce n’est pas grave, c’est un disque. Continuer la lecture de « L’Rain, Fatigue (Mexican Summer) »

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Lift To Experience, The Texas Jerusalem Crossroads (Mute/PIAS)

Lift To Experience
Lift To Experience

« Notre musique était sacrée, chaque note l’était. » Ou comment la foi où plutôt la quête d’un éventuel retour de celle-ci, vint à l’aide de trois rejetons de prédicateurs texans pour leur permettre de coucher sur bande la plus apocalyptique des prédictions et rétrospectivement, l’un des disques les plus fascinants du siècle en cours. Continuer la lecture de « Lift To Experience, The Texas Jerusalem Crossroads (Mute/PIAS) »