Catégories interviewÉtiquettes ,

Lawrence : « Je n’ai pas internet »

Go-Kart Mozart / Track by track

Je me souviens d’une chose que m’avait racontée Christopher Owens de Girls un soir, après un concert de Girls à Paris : « Matt Fishbeck m’a dit : écoute Felt, écoute ces dix albums jusqu’à plus soif. Et puis, quand tu les connaitras par cœur, tu seras prêt pour Denim et Go-Kart Mozart. » Une phrase qui faisait écho à un échange que j’avais eu avec Christophe Basterra un peu avant — il ne s’en souviendra sûrement pas — alors que j’étais tout frais stagiaire pour une revue dont-on-ne-prononcera-pas-le-nom : « Les gens qui préfèrent New Order à Joy Division », lui avais-je dit pour répondre à un quolibet sur mon T-shirt Love Will Tear Us Apart, « c’est un peu comme les gens qui préfèrent Denim à Felt, non ? ». Et lui de me répondre « Figure-toi que c’est pas loin d’être le cas. » Et toc. Il avait raison sur New Order, bien sûr. Enfin, tout ça non pas pour faire dire à Christophe que Denim serait mieux que Felt, parce qu’on s’en fout et que là n’est pas la question, mais pour dire que, tout pop soient-ils, Denim ou Go-Kart Mozart sont des acquired taste, comme on dit par chez moi. Et que Felt, lorsque la magie se révèle, n’en devient plus qu’une étape. Quelle étape, certes, mais une étape, où l’on va chercher constamment les indices de la folie future. Je m’étonne presque maintenant de réécouter plus souvent les décrochages stylistiques de Felt (The Seventeenth Century, Train Above the City, Me and a Monkey on the Moon, The Final Resting of The Ark) que les chefs-d’œuvres plus évidents (The Strange Idols Pattern And Other Short Stories ou Forever Breathes the Lonely World).

Continuer « Lawrence : « Je n’ai pas internet » »

Catégories portraitÉtiquettes ,

Felt : une déclaration

Projet né de l’imagination d’un seul homme à la fin des années 1970, Felt reste une sorte d’OVNI dans l’histoire de la pop indépendante britannique. Entre autres raisons à cause de la légende qui voudrait que l’énigmatique Lawrence, qui rêvait de se faire un nom à partir de son seul prénom, ait planifié l’existence de son groupe à géométrie très variable : 10 ans, 10 albums, 10 singles. Dont acte. Ainsi, depuis un dernier concert donné le 19 décembre 1989, Felt continue de susciter passions et vocations, alors que son mentor, réincarné entre temps en Denim puis Go-Kart Mozart, se refuse à toute reformation. Mais peaufine de temps à autres des rééditions, comme en témoignent les… six années passées sur de nouvelles versions à paraître en 2018.
Continuer « Felt : une déclaration »