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Papivole#6, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Étienne Menu et Musique Journal

musique journal

Pas plus qu’il ne se (la) raconte à travers la musique, Étienne Menu laisse la musique se raconter à travers lui. Personne ne reflète mieux l’esprit de (ce que je pense être) mon époque que ce touche à tout, multipliant les expériences de critique musicale. Tenterait-il de raccommoder ce tissu déchiré en minuscules lambeaux que nous laisse le net après 20 ans de niches et d’esprits de chapelle exacerbés par les réseaux sociaux ? Parce que derrière l’illusion de l’accessibilité et de la connaissance instantanée, se cache un puzzle bien compliqué à rassembler, avec des réflexes de fermeture parfois bien visibles. Étienne Menu est un paradoxe : en apparence isolé, il réussit à activer autour de lui de nombreuses communautés et courants, autour du plaisir simple de l’échange, de la parole et de l’écriture. Continuer « Papivole#6, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Étienne Menu et Musique Journal »

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Papivole#5, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : 
Jean-Philippe Talaga et le fanzine Junior

Junior
Junior #1

Directeur artistique couru dans le monde des musiques pointues et populaires, Jean-Philippe Talaga a exploré toutes les facettes du métier : avant de prendre les commandes du fantastique label Gooom (qui révéla M83 notamment), il a édité le fanzine Junior au milieu des années 90. En graphiste fin et minimal, il évoque pour Section 26 cette expérience fondatrice en pleins (un entretien complet) et en déliés (une playlist évocatrice des années Junior). Continuer « Papivole#5, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : 
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Papivole#4, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Le fanzine Fond de caisse

Fond de Caisse
Fond de Caisse #1

Après Le Gospel dont j’évoquais la naissance avec Adrien Durand, son fondateur, dans Papivole #3, je m’attarde aujourd’hui sur Fond de caisse. Comme le monde est petit, j’en avais appris la gestation en m’entretenant avec Mili & dYmanche pour Langue Pendue, drôle de duo, alors installé à Lyon et qui fréquentait les jeunes gens impliqués dans le projet qui n’avait alors pas encore de nom. Rien ne m’excite plus que de m’incruster devant un média dont je ne parle pas le langage, avec ses références et ses codes, que je mets du temps à maîtriser (ou pas). Avec Fond de caisse, je suis servi. Avec ses pseudos imagés, ses entretiens au coin du feu, ses fausses petites annonces, sa rubrique Cap ou pas cap (ma préférée), le fanzine, aux couleurs chatoyantes, m’a fait pénétrer un monde étrange avec des textes pleins d’humour et des groupes aux noms de société secrètes (plutôt celles qu’on découvrirait dans un téléfilm de Franju) : Golem Mécanique, Terrine, Begayer… Mais point de folie littéraire, Fond de caisse évoque scènes et musiciens de ce sous-sol qui irrigue le territoire, de squats en salles autogérées, et d’où émergent régulièrement de fortes têtes qui prennent un peu de lumière au mainstream : électroniques détournées, folklore renaissant, chansons de traverse, à fond ici, à fond maintenant, à fond la caisse. Continuer « Papivole#4, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Le fanzine Fond de caisse »

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Papivole #3 Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Le fanzine Le Gospel d’Adrien Durand

Gospel Adrien Durand

Il ne faudrait pas trop me pousser pour me laisser sombrer dans une confortable mélancolie liée à mes innombrables lectures passées. Sûr. En réalité, mon inclinaison spleenétique a l’avantage d’être contrebalancée par une curiosité insatiable, vorace et chronophage (et jalouse, évidemment). Depuis que j’écris à nouveau un fanzine, et que je publie Langue Pendue, je m’intéresse au milieu dans lequel je baigne, avec cet effet loupe qui me fait croire à une nouvelle effervescence autour de ce type d’imprimés (en fait elle est constante depuis bien longtemps). Bref, c’est en travaillant sur Langue Pendue n°6 avec Franck Vergeade que ce dernier me mit sur la piste du numéro un du fanzine Le Gospel, écrit par Adrien Durand, installé depuis peu à Bordeaux. Sans le savoir, je connaissais son écriture puisque je fréquentais le webzine musical pointu The Drone (devenu plus tard Le Drone) auquel il participait, je l’apprendrai plus tard. En lui demandant un entretien par correspondance, j’avais surtout envie de rencontrer un acteur actuel, né à l’écriture dans les années numériques et attiré vers le papier et l’objet physique, pour lequel, pour le coup, il ne pouvait être soupçonné d’appétence nostalgique. J’allais découvrir aussi une personnalité moderne, transversale, à la fois née du net, rompue à la pige de large diffusion (Les Inrockuptibles) et aux métiers de la musique (tourneur, programmateur…), tout en cultivant ses goûts uniques et multiples dans son pré carré personnel : Le Gospel. Un goût du présent.

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Papivole #2, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018

Les chroniques dessinées d’Olivier Josso Hamel dans le magazine Jade

Avant l’avènement d’internet et les changements de mes pratiques de lecture, en gros, en 1997, l’année où j’ouvre ma boîte Hotmail, chaque nouvelle sortie en kiosque était examinée avec soin. C’est sans doute au détour d’une maison de la presse, d’un point presse de la gare de Belfort ou de Strasbourg, que je suis tombé sur Jade. Depuis Métal Hurlant et comme je ne suis pas très BD, ma règle était la même : lire entre les cases. En effet, c’est dans les pages consacrées au cinéma, à la littérature ou à la musique que je trouvais mon compte d’infos sur les disques, sur les livres et sur les films qui allaient compter. Jade, publié par une petite maison d’édition provinciale, avait le goût du fanzine bien fait, avec quelques rubriques qui préfiguraient l’effervescence d’internet et des blogs pointus : obsession des films perdus, chroniques de disques oubliés, niches graphiques… Mieux, on y trouvait les admirables photos d’Eddie Vee, des interviews de Philippe Dumez avec la crème des hurluberlus américains (Make-Up, Calvin Johnson…) et des marges françaises (Diabologum), et des chroniques pointues de Marie-Pierre Bonniol (Supersonic Jazz) et de Philippe Robert. Ce qui me passionnait le plus cependant était la rubrique tenue par Olivier Josso Hamel : des pleines ou des demi-pages dessinées qui compilaient chroniques et nouvelles sorties, voire annonces de concerts autour du rock. Digne héritier de cette façon originale de présenter la musique par le dessin, d’en parler en crayonnant, il reprenait ce que Métal et Rigolo (on y reviendra) avait tenté au milieu des années 80, et posait les bases de l’expression d’un Luz ou d’un David Snug sur la musique. Il rappelait surtout la très grande chronique tenue par Willem dans divers supports (Charlie HebdoLibé), Images, qui évoquait l’actualité visuelle et graphique en dessins. L’aventure d’Olivier s’est prolongée dans Ferraille, et c’est avec générosité qu’il nous détaille son histoire et celle de sa discipline : les Buzzcocks, les Cramps, Jean-Christophe Menu, Les Gories, Cleet Boris, Mr Quintron, Kevin Ayers, Yo La Tengo, Calvin Johnson, Winshluss, Bazooka… Ils sont tous là. Une vraie fête organisée par Salvador Dalí : « Everybody was there », aurait chanté Dan Treacy.

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Papivole #1
 – Mes histoires avec la presse musicale, 1978-2018


Les Inrockuptibles n°9, novembre-décembre 1987, pages 16-17.
« Chilly Willy », The Chills par Jean-Daniel Beauvallet.

Les Inrockuptibles Jean-Daniel Beauvallet Illustration : Pauline Nuñez
Illustration : Pauline Nuñez

Les inrockuptibles Jean-Daniel Beauvallet The Chills1987. À peine débarqué du collège, je glande dans la cours de mon nouveau lycée, le Lycée Courbet, au centre-ville de Belfort. Mon ami Raphaël, qui m’avait fait découvrir Etienne Daho et Tears For Fears, me signale qu’un nouveau magazine propose une interview de Terence Trent d’Arby, qui cartonne, cette année-là, avec son tube Wishing Well. Depuis Michael Jackson, qui m’a scotché avec Beat It, Billie Jean et Thriller, je me trouve une passion pour les chanteurs noirs et funky qui éveillent en moi quelque chose d’inédit, une envie de danse, et sans doute de baise – ça sera pour bien plus tard. Car James Brown, Prince et toute sa clique sont associés dans mon esprit pubère à l’émission Sex Machine des deux gogoles de la télévision française, Dionnet et Manœuvre, qui avaient ouvert en grand mes sept chakras, après des préliminaires délivrés quelques années auparavant par la playmate de Coco Boy. Terence Trent d’Arby, donc, est ma nouvelle passion. Continuer « Papivole #1
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