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Papivole #2, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018

Les chroniques dessinées d’Olivier Josso Hamel dans le magazine Jade

Avant l’avènement d’internet et les changements de mes pratiques de lecture, en gros, en 1997, l’année où j’ouvre ma boîte Hotmail, chaque nouvelle sortie en kiosque était examinée avec soin. C’est sans doute au détour d’une maison de la presse, d’un point presse de la gare de Belfort ou de Strasbourg, que je suis tombé sur Jade. Depuis Métal Hurlant et comme je ne suis pas très BD, ma règle était la même : lire entre les cases. En effet, c’est dans les pages consacrées au cinéma, à la littérature ou à la musique que je trouvais mon compte d’infos sur les disques, sur les livres et sur les films qui allaient compter. Jade, publié par une petite maison d’édition provinciale, avait le goût du fanzine bien fait, avec quelques rubriques qui préfiguraient l’effervescence d’internet et des blogs pointus : obsession des films perdus, chroniques de disques oubliés, niches graphiques… Mieux, on y trouvait les admirables photos d’Eddie Vee, des interviews de Philippe Dumez avec la crème des hurluberlus américains (Make-Up, Calvin Johnson…) et des marges françaises (Diabologum), et des chroniques pointues de Marie-Pierre Bonniol (Supersonic Jazz) et de Philippe Robert. Ce qui me passionnait le plus cependant était la rubrique tenue par Olivier Josso Hamel : des pleines ou des demi-pages dessinées qui compilaient chroniques et nouvelles sorties, voire annonces de concerts autour du rock. Digne héritier de cette façon originale de présenter la musique par le dessin, d’en parler en crayonnant, il reprenait ce que Métal et Rigolo (on y reviendra) avait tenté au milieu des années 80, et posait les bases de l’expression d’un Luz ou d’un David Snug sur la musique. Il rappelait surtout la très grande chronique tenue par Willem dans divers supports (Charlie HebdoLibé), Images, qui évoquait l’actualité visuelle et graphique en dessins. L’aventure d’Olivier s’est prolongée dans Ferraille, et c’est avec générosité qu’il nous détaille son histoire et celle de sa discipline : les Buzzcocks, les Cramps, Jean-Christophe Menu, Les Gories, Cleet Boris, Mr Quintron, Kevin Ayers, Yo La Tengo, Calvin Johnson, Winshluss, Bazooka… Ils sont tous là. Une vraie fête organisée par Salvador Dalí : « Everybody was there », aurait chanté Dan Treacy.

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Papivole #1
 – Mes histoires avec la presse musicale, 1978-2018


Les Inrockuptibles n°9, novembre-décembre 1987, pages 16-17.
« Chilly Willy », The Chills par Jean-Daniel Beauvallet.

Les Inrockuptibles Jean-Daniel Beauvallet Illustration : Pauline Nuñez
Illustration : Pauline Nuñez

Les inrockuptibles Jean-Daniel Beauvallet The Chills1987. À peine débarqué du collège, je glande dans la cours de mon nouveau lycée, le Lycée Courbet, au centre-ville de Belfort. Mon ami Raphaël, qui m’avait fait découvrir Etienne Daho et Tears For Fears, me signale qu’un nouveau magazine propose une interview de Terence Trent d’Arby, qui cartonne, cette année-là, avec son tube Wishing Well. Depuis Michael Jackson, qui m’a scotché avec Beat It, Billie Jean et Thriller, je me trouve une passion pour les chanteurs noirs et funky qui éveillent en moi quelque chose d’inédit, une envie de danse, et sans doute de baise – ça sera pour bien plus tard. Car James Brown, Prince et toute sa clique sont associés dans mon esprit pubère à l’émission Sex Machine des deux gogoles de la télévision française, Dionnet et Manœuvre, qui avaient ouvert en grand mes sept chakras, après des préliminaires délivrés quelques années auparavant par la playmate de Coco Boy. Terence Trent d’Arby, donc, est ma nouvelle passion. Continuer la lecture de « Papivole #1
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