Tous les mois, la rédaction de section26 propose une playlist constituée à 100% de nouveautés, entre trouvailles que vous n’écouterez qu’ici, sorties de groupes et d’artistes qu’on adore et retours de flamme inespérés. Les voici, une fois encore, choisis avec amour.
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1. Westside Cowboy, Kick Stones (The Boys) (Island Records)
Foot et Manchester, chapitre… Après Don’t Throw Rocks il y a quelques mois, le quatuor de Westside Cowboy nous propose l’excellent Kick Stones, doublé d’une video hommage au FC United, fanclub « alternatif et militant» des diables rouges, entièrement autogéré par les supporters. Alors ça ne jette pas de pavé dans la mare (Marr ?), mais à l’écoute de leur passage chez Jools Holland, on a hâte de découvrir It Goes On, premier album très attendu outre-Manche, et sur lequel figurera on l’espère, un morceau intitulé Tossing Pebbles. En concert le 13 novembre à Petit Bain. PR
2. @, Autosmile (4AD)
Leur premier album, Mind Palace Music, nous avait déjà laissé sans voix il y a trois ans, eux qui savent si bien accorder les leurs dans des harmonies touchant à quelque chose de céleste, comme les soeurs Roche savaient le faire, de si rare. Jessica Pratt, figure de cette folk mystique contemporaine, écrivait à leur propos cette semaine : « J’ai été foudroyée par @ lorsque je les ai rencontrés pour la première fois. Leurs performances avaient quelque chose de sacré et de puissant, d’une manière difficile à concilier avec leur modestie. J’ai immédiatement compris qu’il s’agissait de quelque chose d’important, qui n’arrive que très rarement. La force de leur musique a brisé mes défenses et m’a guérie, comme si des Bisounours aux pouvoirs psychiques m’avaient visitée. Ils font énormément de bien et je suis heureuse que le monde découvre aujourd’hui le premier titre de cet album qui fera date ». CG
3. Laure Briard, Voyage Mental (Midnight Special)
Ma plage préférée du dernier album de Laure Briard : la musicienne toulousaine continue son exploration d’une pop ambitieuse et grand format qui navigue dans ses temporalités et ses géographies intimes. Ballade super touchante : « voyage mental, direction le passé, revoir l’espace d’un instant ce que je n’aurai plus jamais ». RS
4. Le Bâtiment, Cassandre (autoproduction)
Tout aura toujours flotté de Le Bâtiment
Le Bâtiment nous donne rendez-vous deux fois par an en général. Cette livraison estivale est inspirée, aux mélodies en dedans toujours en plein dans le cœur comme un stylet qui vous tatoue des mots au plus profond. RS
5. Alela Diane, Galloping (Loose Music)
Je ne pensais pas être autant émue par ces nouvelles chansons d’Alela Diane, que j’avais laissée dans le passé, à l’époque de To Be Still et de cette chanson, White as Diamonds ; à l’époque de mes 17 ans. C’est de la mélancolie pure, liée aussi à cette image fantasmée de l’Amérique rurale et de l’héritage amérindien qu’elle a toujours évoquée pour moi et qui m’a tant fait rêver. CG
6. The Reed Conservation Society, Bucky Jay (Hot Puma)
Pour son second album, The Reed Conservation Society retourne à l’anglophonie de ses premiers EPs et atteint des sommets de raffinement pop. En témoigne cet extrait où Stéphane Auzenet et ses camarades nous invitent à voyager sur les traces de David Lynch. MG
7. The Hanging Stars, All Your Yesterdays (Loose Music)
Depuis dix ans, Richard Olson et The Hanging Stars parviennent mieux que la plupart de leurs concurrents à transposer les climats musicaux de Laurel Canyon sur leurs terres londoniennes. L’illusion est toujours aussi parfaite sur leur sixième album, Just A Day, et notamment sur cet extrait plus byrdsien que nature. MG
8. Love, Burns, Dear Carol (Spinout Nuggets)
Un extrait du troisième album du projet solo de Phil Sutton (ex-membre de Comet Gain, Velocette et Pale Lights) qui fleure bon les antipodes et ressemble à s’y méprendre à ce qu’aurait pu donner une reprise de Karen des Go-Betweens interprétée par The Bats. MG
9. The Klittens, Have A Heart (autoproduction)
The Klittens est un girl band de type néerlando-zinzin à la tenue tout à fait impeccable alliant âme punk, dissonances savoureuses, finesse du propos, sentiments profonds, riffs lourds, mélodies claires, percus clownesques, chœurs slitiens tirant vers le Le-Bonisme, nous en passons et des meilleures. Pour celleusses qui suivent : 1/5 du groupe, à savoir Yaël Dekker, est dans 1/2 de The Hobknobs déjà évoqué de façon sagace et dithyrambique dans ces colonnes. Si vous avez goût et cœur, pré-commandez le nouvel album Have A Heart qui sortira le 25 septembre des mains seules de leurs créatrices. PN
10. Guiding Light, Shackled By Lust (Post Present Medium)
Ces deux nanas et deux mecs d’Austin, Texas, proposent un post-punk original, mêlant les codes du genre à des éléments presque pop (oui, j’ai dit presque, hein !). Album à sortir en août prochain. BF
11. Sarakiniko, Terre Brûlée (Howlin’ Banana)
Précédemment dans Venera 4, Yann Canévet joue désormais en solo sous le nom de Sarakiniko. Avec ce nouveau groupe il développe une pop baggy en français, avec des touches shoegaze. Excellent morceau, ambitieux et original. AGF
Dans les mêmes eaux mancuniennes chargées d’acide que mettons Bryans Magic Tears, Sarakiniko, sorti de leur manche par les amis d’Howlin Banana, s’amuse aussi dans ce morceau fleuve avec les codes de la noisy pop à papa tout en se risquant in ze French : « Tout brûler, tout recommencer ». Bien sûr que ça passe, c’est encore mieux, même. RS
12. Mesh, Violent Peasant (Cincinnati’s Feel It Records)
A Philadelphie, il y a des gens beaucoup moins relax que Kurt Vile. Le quatuor post-painque qui sortira son prochain disque en juillet prochain nous livre ici son premier single qui tape fort. BF
13. Alien Nosejob, Live Like the Crowd (Iron Lung Records)
Les Australiens survoltés marchent ici sur les pas de Minor Threat avec cet attentat hardcore punk qui rappelle aussi les premiers délires tatapoumesques des Beastie Boys. Leur album sort le 26 juin. BF
14. Le Diable Dégoûtant, Le vin caniculaire (La République des Granges)
Du formol orgonal de La Diable Dégoutant
Sur la très respectable République des Granges, le folk-horreur hypnotique du Diable Dégoutant. J’écoutais ça à la maison, on m’a dit : « ça fait super peur », en effet, et en plus, c’est pas du pipeau, puisqu’on a en plus l’hymne de ce premier été de l’enfer. RS
15. Tony Geranno, Diamants (Brin d’Herbe musique, La Scolopendre, Les Potagers Natures, Grand Ecart Records et La Souterraine)
Dans notre idée de la chanson tamisée, on a tendance à se méfier de la grandiloquence : pourtant, je vous jure, quand on voit Tony en concert, on n’en sort pas indemne. Oui ça hurle au vent, ça postillonne même parfois, ça parle de la rue, de la nuit, de l’alcool, ça transpire, et purée ce que c’est libératoire, parce que l’exilé (Bordeaux > Metz) nous transporte tous sur son dos, seul avec son séquenceur et sa force de conviction. Et cette voix. Et c’est beau, putain. RS
16. Matthieu Malon, La Rivière (Lost In Music)
Nouveau single de l’inusable Malon qui évoque d’une manière toujours aussi touchante des souvenirs lointains. Une Rivière sur les berges de laquelle on croise les fantômes de Daniel Darc et de Murat. MG
17. MEMORIALS, Just A Moon (Dead Oceans)
À l’initiative du label Dead Oceans, des musiciens ont été invités à faire des covers de Bill Fay. MEMORIALS a choisi de ne pas reproduire Just a Moon, mais de recadrer cette chanson dans leur propre univers — et c’est tout simplement magnifique. CM
18. Haylie Davis, Golden Age (Fire Records)
Découverte au Trianon en première partie de Weyes Blood en en avril 2023 où elle avait pour moi — et ce n’est pas rien — éclipsé celle pour qui nous étions là, la Californienne Haylie Davis publie enfin son premier album, et il ne déçoit pas : c’est un enchaînement de tubes, entre le soft rock de Fleetwood Mac et la country folk des années 1970, exécutés à la perfection. Une voix au vibrato rare, digne des plus grandes chanteuses de Laurel Canyon et je parle bien de Joni Mitchell ou Judee Sill, qui je l’espère obtiendra la reconnaissance qu’elle mérite. CG
19. Kurt Vile, Zoom 97 (Verve Records)
Kurt Vile, qui jouera à la fin de l’été à Rock en Seine revient avec un album toujours aussi inspiré que les précédents. Il plane dans son monde, quelque part dans la stratosphère. BF
20. Pink Teeth, Hollywood (Howlin’ Banana/Modulor)
Pour celles et ceux mais pas que, qui aiment Hal, The Tyde, la Californie. Pink Teeth, la nouvelle obsession à venir. MV
21. Tara Clerkin Trio, Lazy Daisy (World of Echo)
Le trio de Bristol s’était déjà fait remarquer avec deux mini-albums — In Spring (2021) et On The Turning Ground (2023) — parus sur le très cool label et disquaire londonien World of Echo. Lazy Daisy, Silently et Somewhere Good, les singles faisant la part belle à la voix réconfortante de Tara Clerkin, sont entrecoupés d’instrumentaux ; l’ensemble forme cette musique toujours très exigeante et moderne où se mêlent trip-hop, jazz et indie rock (celui de Broadcast). CG
22. David Nothing, Haunted Hawaii (Coeur Sur Toi)
Et si la chanson à écouter par temps de canicule était cette petite perle pop du Brestois David Nothing, hein ? « One man-band d’un Hawaï hanté, le cercueil en planche de surf. La plage triste, les palmiers en feux. » L’album sortira le 31 octobre en digital et cassette. CM
23. Jonathan Personne, Superstar (Bon Sound)
On avait été bluffé par la production soignée du dernier album de Corridor. Jonathan Personne en solo semble pousser le curseur encore un peu plus loin. Indéniablement, Superstar est un grower, mais il surprend par son ambition et ses idées passionnantes. AGF
24. Graham Coxon, Alright (Transgressive Records)
Graham Coxon a ressorti du placard un album perdu de 2011. Belle surprise que nous fait l’iconique guitariste de Blur ! BF
25. Belle and Sebastian, It Only Takes One Lion (Matador)
A l’heure où les habitants de Boston s’émerveillent de l’entrain des supporters écossais, Belle and Sebastian — les premiers à taper le ballon, même en plein cagnard à Benicassim en août — se frottent à l’exercice de l’hymne de Coupe du monde. Le résultat est un mélange un peu maladroit entre les Lightning Seeds, New Order et The Style Council, donc parfait pour l’été. PR
26. Tahiti 80, Made Up (Human Sounds)
En 1996, Fountains of Wayne était au sommet et Tahiti 80 sortait son premier EP autoproduit. Trente ans et la boucle est bouclée, en quelque sorte. Le groupe français revient avec une perle powerpop/grungy assez surprenante mais toujours aussi efficace mélodiquement. Vraiment hâte d’entendre le reste ! AGF
27. Trashcan Sinatras, Games For The ZX Spectrum (TCS Recordings)
Les vétérans écossais prouvent une fois encore qu’ils n’ont rien perdu de leur talent mélodique et de leur puissance d’évocation nostalgique sur ce nouvel extrait d’un nouvel album annoncé — et donc très attendu — pour l’automne. MG
28. Eels, Cap in Hand (Play It Again Sam/E Works/PIAS)
Le 16 octobre prochain sortira le seizième album de Eels, intitulé Cookie Happened, en hommage au monstre bleu de la rue Sésame, référence des plus joyeuses pour un groupe dont la discographie ne brille pas par sa légèreté, Electro Shock Blues en tête. Et pourtant, avec l’âge, E préfère voir le cookie à moitié mangé, et cela lui va très bien, comme sur ce Cap in Hand, pseudo acte de contrition goguenard dont il dit : « Vous savez comment sont les maisons de disques : « on se moque de ce que vous nous proposez, mais assurez-vous d’avoir l’air abattu sur les deux premiers titres. » » Mission à moitié réussie, donc, si on s’en réfère au sourire que peut provoquer l’écoute. PR
29. Morgane Imbeaud, I’m Afraid To Die In Pain (Au Nord Production)
La douce Morgane a sorti de ses tiroirs, sans que l’on s’y attende, ce bijou pop inattendu, entêtant, addictif. La pop dans ce qu’elle a de plus pur. MV
30. Lola Sauvageot, Les Flammes (Vous avez dit bizarre)
Très joli morceau dream pop qui n’est pas sans rappeler Requin Chagrin. La production accompagne parfaitement cette pointe de lyrisme que trop rare dans ce style. On serait curieux d’en entendre plus de la part de Lola Sauvageot. AGF
31. Alex Cameron, Jesus Never Had No Porno (autoproduction)
”Jesus never had no porno / Jesus never had cocaine / Jesus never had Ibiza / He never even went to Spain”. Le trublion Alex Cameron explique que cette chanson « est arrivée à trois mecs dans une pièce. Ensuite il y a eu une grosse détonation. Le lendemain L.A. était en feu ». OK. Son nouvel album, Late to Set, sortira le 24 juillet. CM
32. Hidrogenesse, Yo dije la verdad (Austrohúngaro SL)
Toujours aussi exigeant et lettré, le duo barcelonais a publié de nouvelles mises en musique des poèmes de Protocolos, premier recueil de Álvaro Pombo, surtout connu en France pour le roman Du côté des femmes. En ressort une série de titres hypnotiques (notamment le très bel instrumental Melodías Indecisas, qui évoque le thème du film Le Messager), à écouter dans la torpeur estivale, en laissant son imagination dérouler son propre film. PR
33. viragezero, Ticket Fantôme (Bongo Joe)
Super groupe de la scène genevoise, avec des membres de Citron Citron, L’Eclair ou Magic & Naked, viragezero donne du son à l’esthétique Frutiger Aero. On est sur un trip hop indie, très malin, en français. Chers amis suisses, en France on est pauvres mais on aime bien ce que vous faites ! AGF
34. Kelela, outta time (feat. A. K. Paul) (Warp)
Kelela joue depuis son premier exploit (chédeuvrabsolu, NDLRdeMoi) Cut 4 Me sorti en 2013, puis tout le long de son parcours chez Warp, avec un R’n’B ténébreux et profond, dont les scintillements laissent souvent pantois de maîtrise (les plus belles harmonies vocales du genre) et dont les accents atmosphériques font trembler la colonne comme jamais. Élégance totale des citations historiques du genre, et son acolyte pour ce nouveau titre, le londonien A.K. Paul, ose même une totale lovesymbolade du meilleur goût. New Avatar, son nouvel album sortira le 10 juillet. PN
35. Flying On The Ground, Goodbye, My Friend (Golden Lion Sounds)
Flying On The Ground est le nouveau projet d’Archie Dewis et Hani Paskin-Hussain qui, malgré leur jeune âge, ont déjà un bout de carrière derrière eux avec The Lounge Society. « Ce morceau a été inspiré par les nombreuses heures qu’on a passées sur le dancefoor du Golden Lion ». La jeune et vivace scène anglaise ne vient donc pas seulement de Londres ou Manchester, mais aussi de Todmorden (Yorkshire). CM
Bonus track. Dean Blunt, Joanne Robertson & Elias Rønnenfelt, 11 (autoproduction)
On ne sait pas trop ce qui tourne sur la platine de Dean Blunt, Joanne Robertson et Elias Rønnenfelt (qui s’affirme de plus en plus en Sainte-Trinité des temps modernes) mais certainement Bloodflowers, l’album de la crise de quarantaine de Robert Smith, des vinyles chinés à Brixton de LKJ ou bien des mash-ups mp3 entre les Cocteau Twins et Evanescence ? Vient de sortir donc ancnt grz ’22-25 via un lien MediaFire leaké sur l’insta de Joanne Robertson il y a trois jours, une compile-album lysergique qui mêle notre hantologie milléniale favorite : rap codéiné mêlé de vagues froides nouvelles et anciennes (cold et bossa, c’est la même chose), de mélancolie neilyoungienne qui nous fait du bien alors que le monde brûle. EG+PN