Catégories dossier, fanzines, labelsÉtiquettes , , ,

Essaie de comprendre 7/8

Échantillons d’une histoire du label Lithium, prélevés dans l’édition spéciale du fanzine Langue Pendue #11, Les Années Lithium

On ne peut être plus actif que Bertrand Betsch en 2021. Il a coup sur coup sorti deux albums ces dernières semaines, via la structure Microcultures pour notifier poliment qu’on peut toujours compter sur lui : Demande à la poussière et Orange bleue amère, deux manières de mettre en danger son écriture de porcelaine noire et de la secouer dans tous les sens par l’électricité et les rythmes. Être et avoir été, une des équations à résoudre pour nombre d’artistes Lithium, après des débuts en fanfare, portés par cette structure si atypique et discrète, mais à l’empreinte très forte  : on peut dire que BB ne s’en sort pas trop mal avec une quinzaine d’albums en héritage depuis. Il revient sur ses premières années pour Les Années Lithium.

Continuer la lecture de « Essaie de comprendre 7/8 »

Catégories dossier, fanzines, labelsÉtiquettes , , , , ,

Essaie de comprendre 6/8

Échantillons d’une histoire du label Lithium, prélevés dans l’édition spéciale du fanzine Langue Pendue #11, Les Années Lithium

1996 : au cœur du réacteur, Stéphane Teynié tient le rôle de l’ingénieur, tête froide, idées claires, avec pour but de  mener l’expérience jusqu’au bout. Face à lui, un groupe remanié, en fusion, qui travaille, (se) cherche, sur le point d’enregistrer un album sorti de nulle part : c’est le #3 de Diabologum, bien sûr, chef-d’œuvre reconnu depuis de la discographie du label Lithium, et réédité il y a quelque temps par le label Ici d’ailleurs. Il raconte sa version de l’histoire.

Continuer la lecture de « Essaie de comprendre 6/8 »

Catégories dossier, fanzines, labelsÉtiquettes , , , , ,

Essaie de comprendre 5/8

Échantillons d’une histoire du label Lithium, prélevés dans l’édition spéciale du fanzine Langue Pendue #11, Les Années Lithium

L’année dernière a vu refleurir la tombe de Diabologum avec une réédition bienvenue des premières œuvres du groupe toulousain. C’est le label Ici d’ailleurs qui a pris l’initiative de regrouper la discographie officielle pré #3 sous la forme d’une très belle compilation au titre délicieusement explicite : La jeunesse est un art. Anne Tournerie, chanteuse et clavier, raconte pour Les Années Lithium, ses années d’insouciance passées avec Michel, Pierre, Arnaud et Den’s, notamment autour d’une émission de radio qui va se transformer en quelque chose d’imprévu.  Continuer la lecture de « Essaie de comprendre 5/8 »

Catégories dossier, fanzines, labelsÉtiquettes , , , ,

Essaie de comprendre 4/8

Échantillons d’une histoire du label Lithium, prélevés dans l’édition spéciale du fanzine Langue Pendue #11, Les Années Lithium

On peut penser Lithium comme une organisation informelle, à l’anglo-saxonne : un fondateur, directeur artistique à forte personnalité, une volonté de ne pas se détourner du marché, des groupes proches entre eux, une distribution professionnelle (du moins pendant l’association avec Labels)… Dans ce cadre, Olivier Dangla est celui qui est amené à penser l’identité graphique du label, à la manière d’un Vaughn Oliver pour 4AD, par exemple. Toutes proportions gardées et même s’il n’a jamais eu la prétention de jouer parmi les étoiles du graphisme, il a touché de sa palette graphique quelque chose de l’âme du label : froideur, rigueur, radicalité. Continuer la lecture de « Essaie de comprendre 4/8 »

Catégories dossier, fanzines, labelsÉtiquettes , , , ,

Essaie de comprendre 3/8

Échantillons d’une histoire du label Lithium, prélevés dans l’édition spéciale du fanzine Langue Pendue #11, Les Années Lithium

Lucievacarme, dont on attend avec grand espoir d’éventuelles rééditions sur le label américain Captured Tracks (et ses archives “shoegazing”) était l’un des membres de la trinité originelle de Lithium, avec Candle et Dominique A . Alors que ce dernier va voir paraître en avril une exégèse de sa Fossette fondatrice (Dominique A, La Fossette par Thierry Jourdain et Pierre Lemarchand, Editions Densité), l’oeuvre du groupe noisy pop toulousain est toujours un champ d’exploration relativement vierge. En attendant que leur album Milky Way fête ses 30 ans l’année prochaine, avec tous les honneurs qu’il mérite, David Amsellem, chanteur guitariste, et Valéry Lorenzo, batteur et photographe, se sont confiés sur leur aventure des Années Lithium. Continuer la lecture de « Essaie de comprendre 3/8 »

Catégories dossier, fanzines, labelsÉtiquettes , , , ,

Essaie de comprendre 2/8

Échantillons d’une histoire du label Lithium, prélevés dans l’édition spéciale du fanzine Langue Pendue #11, Les Années Lithium

Le groupe Institut vient de sortir un album aussi étrange que dérangeant, L’effet waouh des zones côtières dont la langue blanche, neutre en apparence, semble coller parfaitement au palais visqueux politique de l’époque. L’un des membres du trio, Arnaud Dumatin, est interviewé longuement à propos de ce nouveau disque sur un site que je vous conseille : Piste 1. Dans Les Années Lithium, il se souvient de ses débuts au sein d’Emma, dont le second album, Trade Winds In A Loft, est sorti en 1998 sur Lithium. Continuer la lecture de « Essaie de comprendre 2/8 »

Catégories dossier, fanzines, labelsÉtiquettes , , ,

Essaie de comprendre 1/8

Échantillons d’une histoire du label Lithium, prélevés dans l’édition spéciale du fanzine Langue Pendue #11, Les Années Lithium

Il y a deux ans et demi, j’ai sorti un numéro de mon fanzine sous-titré, un peu pompeusement, Les Années Lithium. L’idée de rendre hommage à ce label, Lithium (1991-2003), était très importante pour moi, et ce, pour deux raisons :

– parce qu’à l’époque, j’entendais enfin des gens de ma génération qui me parlaient, à moi, sans filtre (style, langue). J’ai ainsi eu, sur le moment, la chance de pouvoir vivre intensément des sorties de disques qui m’ont impressionné (La Fossette, le #3, Mon cerveau dans ma bouche) et d’assister à des concerts de Dominique A, bien sûr, mais aussi de Peter Parker Experience (dans le sous-sol d’un restaurant kebab ou à l’Arapaho à Paris), de Lucievacarme, Mendelson, Diabologum, Françoiz Breut (tous à Colmar), d’Expérience (à la Laiterie de Strasbourg), de Programme (à Ososphère, toujours à Strasbourg)… 

– parce que bien au-delà de cette explosion générationnelle et de la simple nostalgie qui pourrait en découler, le label, malgré sa fermeture vers 2003, a continuellement alimenté mon rapport à la musique, m’a interrogé jusqu’à aujourd’hui, notamment sur l’expression en français, qui est au cœur de Langue Pendue et de Groupie. Une question qui reste centrale dans les textes que j’écris aussi pour Section 26 où j’ai toujours le plaisir de découvrir les nouvelles aventures – et d’en rendre compte parfois – de Superbravo, La Fresto, Michel Cloup, Mocke, Bertrand Betsch, Nicolas Paugam, Institut... Tous, jeunes musiciens en devenir, sont passés par la maison (de disque) fondée par Vincent Chauvier. Continuer la lecture de « Essaie de comprendre 1/8 »

Catégories fanzinesÉtiquettes , , , , ,

Papivole #11, mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : le fanzine Parklife 60

Parklife 060
Parklife 060

En m’installant à Strasbourg en septembre 1989 pour y suivre des études d’Histoire, je ne me doutais pas que toute une région allait m’embrasser dans toute sa diversité et sa flamboyance rock’n’roll et dérivés. Par cercles concentriques, par ensembles proches mais disjoints, j’allais de loin en loin pouvoir me créer mes propres affinités en m’appuyant sur les épaules de mes géants à moi : les frères Danet dont le trio avec Marc Fischer, Ghetto Blaster Blues, allaient devenir Le Plus Simple Appareil et qui me traînaient aux concerts, Hervé et Elsa qui m’ouvraient les portes de leur appartement et de leur discothèque impeccable (Modern Lovers, Television Personalities pour commencer), Isabelle & Valérie avec qui on lisait le New Musical Express et les Inrockuptibles, avec qui on écoutait Bernard Lenoir, la famille Limelight (Emmanuel Abela et Bruno Chibane) qui s’occupaient du ciné club couru, pointu, populaire de l’Université, et de leur revue cinéma format italien, Karine, lumineuse, qui portait les cheveux courts et des vestes en daim d’occasion, Mathieu et Sophie dans leur Simca Aronde dans laquelle j’aimais me lover sur la banquette arrière, la nuit, la Happy Alsatian Family (les futurs Original Folks, le futur Etienne Greib), le studio Downtown de Didier, situé à Illkirch dans une ancienne usine Knorr, les magasins de disques d’occasion (la Seconde Main et sa vendeuse mystérieuse et impassible surtout), la FNAC et plus tard Babouin 1er… Et j’en oublie. Et puis il y avait cette famille régionale éloignée : d’un côté, la cité ouvrière mulhousienne pleine de morgue des Sun Plexus, et KG, réfugiés pour un temps seulement au nord, dans leur Shotgun Gallery puis à la Prison, et de l’autre, la ville plus feutrée, Colmar, tout aussi déterminée dans la pop internationale underground. C’était Hiéro, bicéphale dans la musique (Nicolas Jeanniard) et le cinéma (Jean-Damien Collin), et c’était enfin la nébuleuse Manson’s Child, derrière lequel se cachait une histoire déjà longue comme deux bras, celle de Mathieu Marmillot. Interconnectés, nous l’étions tous, sans fil, sans écran, et sans clavier, et ça prenait du temps. Il y a quelques semaines, j’ai roulé jusqu’à Mulhouse pour voir Joseph Fisher en concert, c’était organisé par Mathieu. J’y ai découvert l’existence de sa revue au numéro unique (pour le moment), Parklife 60, dont il a bien voulu me parler, en plus de tout le reste.  Continuer la lecture de « Papivole #11, mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : le fanzine Parklife 60 »