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Selectorama : Maxwell Farrington & Le SuperHomard

Maxwell Farrington & Le SuperHomard
Maxwell Farrington & Le SuperHomard / Photo : Anais Oudar

Il y a des villes avec lesquelles on ne plaisante pas. Brisbane est de celle-ci, berceau de groupes qui comptent, ici et sans doute ailleurs aussi – The Saints dans le rôle de parrains, mais surtout The Go-Betweens et The Apartments. C’est la ville d’où est originaire Maxwell Farrington, baryton gouailleur passionné de cuisine et de vins bio, autant de passions qui pourraient en faire, toute proportion gardée, une sorte de Pepe Carvalho de la pop moderne – version orchestrée. Cette pop moderne orchestrée, elle est imaginée par Christophe Vaillant, son acolyte de quelques années son ainé et au nom de héros de bande dessinée. Continuer la lecture de « Selectorama : Maxwell Farrington & Le SuperHomard »

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Patti Smith, La Poésie du Punk

Patti Smith
Patti Smith / Photo : DR

C’est comme ça. Il y en a qui n’aiment pas Casillas, il y en a qui n’aiment pas Coppola, il y en a qui n’aiment pas Joy Division (et encore moins New Order), il y en a qui n’aiment pas Godard, il y en a qui n’aiment pas Camus, il y en a qui n’aiment pas Leiter, il y en a qui n’aiment pas Madame Bovary, il y en a qui n’aiment pas Huguenin… Moi, je n’aime pas Patti Smith. Ou plutôt, je n’aime pas ses disques, ses chansons. Ou plutôt, je n’aime pas la grande majorité de ses chansons – parce que comme souvent, il y a une exception, et cette exception est ici son plus grand hit – “le seul”, peut-on entendre au début du documentaire et je dirais que ce n’est pas tout à fait exact, en France en tout cas, tant je me souviens des passages en boucle de People Have The Power vers 1988 et exemple quand même assez parfait que le fond, aussi intéressant et pertinent soit-il, a (presque) toujours besoin de la forme. Son plus grand hit, donc ? Une histoire d’amour sur fond de piano entêtant, à la musique composée par Bruce Springsteen, qui en a aussi coécrit le refrain. Because The Night est une belle chanson, une chanson qui fédère, une chanson qui colle des frissons. Et pour moi, ça s’arrête un peu là. Continuer la lecture de « Patti Smith, La Poésie du Punk »

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I Love You But I’ve Chosen Darkness, Fear Is On Our Side (Secretly Canadian, 2006)

On n’y croyait plus. Trop longtemps, ce groupe est resté le secret le mieux gardé de la scène musicale américaine : concerts distillés au compte-goutte, disques livrés avec parcimonie. Depuis ses premiers balbutiements en 2001, il n’en avait sorti que deux – Un CD constitué de cinq morceaux, débarqué sans crier gare au crépuscule de l’année 2003 (et remerciements éternels à Etienne Greib pour avoir attiré notre attention sur We’re Still The Weaker), puis un maxi vinyle, fort de deux nouveaux titres, distribué en catimini quelques mois plus tard. C’était à la fois peu et en même temps, tellement suffisant. Suffisant pour créer une incroyable dépendance, susciter une curiosité quasi-maladive. Qrcrui pouvaient donc bien être ces types ayant trouvé l’un des noms les plus géniaux de l’histoire du rock, de ceux qui donnent juste ce qu’il faut d’indices sur leurs aspirations et ambitions artistiques, sans non plus les étaler au grand jour ? Qui étaient les auteurs de ces chansons à la grâce diffuse, au charme suranné, aux mélodies entêtantes, un pied ancré dans le passé, le regard désespérément tourné vers le futur ? Leur origine, Austin, Texas, ne dévoilait rien du mystère. Leurs accointances, un peu plus. Continuer la lecture de « I Love You But I’ve Chosen Darkness, Fear Is On Our Side (Secretly Canadian, 2006) »

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Chromatics, Night Drive (2007)

Où il sera forcément question de réinvention. Un art qu’ils ne sont pas si nombreux à dominer dans le milieu de la musique moderne. Sans prendre trop le temps de la réflexion, on pense immédiatement à The Beloved, quatuor anglais post-new-wave métamorphosé en duo hédoniste sur un album, le bien nommé Happiness (1990), qui pour avoir tutoyé d’un peu trop près le soleil, n’aura jamais la descendance qu’il aurait été en droit d’espérer. Ou Simian, autre groupe “classique”, adepte d’une pop déstructurée baignée de psychédélisme ouaté auquel peu de gens rendront Justice avant que deux de ses membres, Messieurs James Ford et Shaw, ne se décident à investir dans une Mobile Disco. Aujourd’hui, ces deux-là comptent parmi les producteurs les plus réputés de la planète et leurs noms suffisent à emplir les dancefloors. Et comme le hasard fait parfois bien les choses, dans leurs derniers coups de cœur, ces deux-là citent souvent ChromaticsContinuer la lecture de « Chromatics, Night Drive (2007) »

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Hola Lis, Foravila (El Genio Equivocado / Les Disques Bleus Enregistrements)

Ça commence mal : le premier coup de  – “au” serait peut-être plus pertinent – cœur de l’année 2024 date de 2023. Ça ne continue guère mieux : à l’aune d’une biographie succincte, on n’en apprend guère sur l’auteure de ce disque – a priori, une sorte de deuxième premier album (la formule est je l’avoue un peu tirée par les cheveux car le premier disque “n’est qu’une” collection de maquettes enregistrées pendant le confinement de 2020).  Un disque dont heureusement le titre en catalan confirme l’origine et annonce, lui, la douceur. Foravila, donc. Qui “signifie campagne, nature, monde rural, où la vie s’écoule au rythme du soleil et des saisons…” Continuer la lecture de « Hola Lis, Foravila (El Genio Equivocado / Les Disques Bleus Enregistrements) »

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Musical Ecran 2023 / « The Birthday Party, Mutiny In Heaven » de Ian White

Nick Cave & The Birthday Party
Nick Cave & The Birthday Party

Il y a les faits. Et la légende. Dans le cas présent, les frontières sont plus que ténues. C’est un brouillard épais d’alcool, de fumées de cigarette, d’héroïne – celle bien sûr qu’on croise seulement dans les chansons de Lou Reed –, de notes griffonnées sur des feuilles arrachées, de sueur, de bière et autres alcools, c’est ce brouillard qui empêche de discerner le vrai du faux, de ce qui a été réellement vécu et de ce aurait pu (ou dû) l’être… Et vous savez quoi ? On s’en fout – vraiment. Alors voilà. Avant d’être père martyr et caution pour toute personne désireuse d’avoir une discothèque prise un tant soit peu au sérieux, Nick Cave était le chanteur d’un groupe complètement hors-sol, complètement intransigeant, complètement différent de ce qui se faisait alors. Alors ? Le début des années 1980.  Continuer la lecture de « Musical Ecran 2023 / « The Birthday Party, Mutiny In Heaven » de Ian White »

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Grand Hotel, Phare Ouest (Antimatière, 2002)

Je n’ai jamais été un spécialiste des artistes de l’Hexagone – et mon niveau plutôt médiocre en anglais au collège puis au lycée ne saurait expliquer pourquoi, une fois ma passion déraisonnée pour l’adaptation française par Sacha Distel du fameux Raindrop Keeps Falling On My Head de Burt Bacharach, j’ai jeté mon dévolu sur les chansons et disques anglo-saxons, avec une nette préférence pour les productions britanniques. Pour résumer, sans tomber dans le mépris roboratif  que Luz peut porter à la chanson d’ici – ses drolatiques volumes J’Aime Pas La Chanson Française –, on ne peut pas dire que j’en étais un fan acharné. Continuer la lecture de « Grand Hotel, Phare Ouest (Antimatière, 2002) »

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The Apartments, Thank You For Making Me Beg (live at Les Vinzelles)

Peter Milton Walsh
Peter Milton Walsh / Photo : Sébastien Faits-Divers

Samedi 4 novembre 2023, sous un ciel d’automne noir d’encre, Peter Milton Walsh avait posé sa guitare aux Vinzelles, un lieu dont on dit depuis quelque temps qu’il rend possible l’impossible – mais pour croire à cela peut-être faut-il y avoir vu Frédéric Lo et Bill Pritchard jouer dans la moiteur du printemps l’album Parce Que…. Ou peut-être faut-il avoir été parmi la centaine de personnes présentes samedi dernier à ce concert, pour lequel l’artiste Australien était juste accompagné à la perfection par le guitariste Antoine Chaperon. Parce que ça a été le genre de concert dont on ne peut pas sortir indemne – et dont on sait qu’il y aura forcément un avant et un après. (Ici, je pourrais sans doute parler de The Cure 1984, New Order 1985, Echo & The Bunnymen 1987, Nick Cave 1988, The Go-Betweens 1989 […], Peter Milton Walsh 2009, mais on pourrait y passer plusieurs soirées).

Si l’on avait quand même pas mal fantasmé (avouons-le) sur ce moment – qui durera plus d’une heure et demie, avec des chansons nouvelles, des classiques métamorphosés par la voix d’un Walsh au meilleur de sa forme et quelques anecdotes pince-sans-rire –, la réalité a été bien plus belle que les fruits de notre imagination. Mieux que cela : la réalité sera même beaucoup plus belle que ce que notre mémoire plus ou moins neuve nous offrira dans quelques jours, quelques semaines, quelques mois. Car ce concert a été filmé par Sébastien Faits-Divers, un passionné d’images et de musique qui avait déjà croisé la route de The Apartments à Lyon il y a cinq ans – c’était aussi l’automne, la pluie et la mélancolie de couleur bleue. Sébastien a dévoilé aujourd’hui un premier extrait de ce moment comme suspendu, une version bouleversante d’une chanson écrite par Walsh à l’âge de 25 ans. Une version bouleversée qui vient prendre rendez-vous avec l’éternité.