Selectorama : Don Idiot

Don Idiot
Don Idiot / Photo Martin Meilhan-Bordes via Libé

Il y a quelques années avec Dream Loser, Don Idiot sortait un premier album, parsemé de titres accrocheurs et inspirés, chantés en anglais dans un registre vocal à la Richard Hell ou Johnny Thunders – l’accent frenchy en plus -, se mariant avec une musique garage rock urgente et râpeuse proche de l’univers de Gun Club. On avait pu apprécier la construction des morceaux, souvent basés sur une alternance habile entre moments de calme et de tempête, ainsi que la qualité des riffs de guitares bien affûtés, ne cédant jamais la place à l’exigence mélodique. Depuis cette première expérience, Pierre Donadio, tête pensante de Don Idiot – si le paradoxe m’est permis – a opté pour la langue française, choix très heureux qui a ajouté une nouvelle dimension à son univers. Si l’ambiance musicale reste globalement proche de celle de son premier disque, les textes en français apportent une sensibilité particulière, un côté lunaire, décalé, souvent drôle, qui se conjugue très bien avec un chant un brin nonchalant et désabusé mais touchant. On se laisse facilement emporter par ses histoires d’amour inabouties, de procrastination, d’errance nocturne et alcoolisée dans des lieux interlopes, à dériver sans but sur le bateau ivre du hasard, à chercher Dieu sait qui Dieu sait quoi. Voici les morceaux que Pierre/ Don Idiot a choisis pour Section26, chansons dont il pense qu’il “les écoutera sûrement toute sa vie.”

01. Renaud, Violette

Renaud, ce sont les premières chansons que j’ai apprises par cœur. Société tu m’auras pas ! Où est ce que j’ai mis mon flingue, Oscar… Je suis fan depuis que je suis môme. J’ai failli me battre avec un con qui le huait a coté de moi la première fois que je l’ai vu en concert. Mais bon, il a arrêté (pourtant il aurait gagné) et il m’a payé un coup, le type était juste déçu de ce que Renaud était devenu. Faut dire qu’il y avait de quoi mais je ne l’ai compris que plus tard. A y repenser, le type était sûrement plus méchant que con. Qu’importe ce que Renaud fait maintenant, je serais toujours un fan grâce aux chansons qu’il chantait dans sa jeunesse.

02. Gainsbourg, Le Rock de Nerval

Un ami à moi m’a fait découvrir cette version cette année… Sortez les verres !!!

03. Iggy Pop, The Passenger

Je ne m’en suis jamais lassé depuis le lycée et je la passe à chaque soirée si j’ai un ordi à portée de main. Quand je rentre chez mes parents, j’en profite pour me mettre au vert et ne voir personne dans un bled un peu paumé et ça fait du bien d’être là-bas pour se reposer. Le problème, c’est que le gérant du Carrefour local a eu la mauvaise idée de mettre cette chanson dans la « playlist » du magasin… Quand je l’entends, d’un coup, j’en oublie un peu les sardines et les pommes de terre ! C ‘est le frisson immédiat, la gorge qui se serre, impossible de résister à cette soudaine envie de vivre : je me dirige vers le rayon liquides, s’en suit un coup de fil aux copains et ça sonne inexorablement la fin de la mise au vert… Bref !

04. Travadinha,  Feiticeira de Cor Morena – 8 Blimundo

Idéal pour souffler un coup et prendre un peu de recul par rapport à la vie. Se marie très bien avec une bouteille de rhum (à fond, en boucle).

05. TV Personnalities, Stop and Smell the Roses

Les habitants de Brest mériteraient d’entendre cette chanson sur leur fréquence 97.4 !

06. Johnny Cash, Sunday Morning Coming Down

Quand tu te réveilles seul, un dimanche et que tu te diriges vers l’épicerie. « On a Sunday morning sidewalk I’m wishing, Lord, that I was stoned ‘Cause there’s something in a Sunday That makes a body feel alone »

07. Joe Strummer, Burning Lights (I Hired a Contract Killer)

La plupart des chansons que j’aime, je les ai découvertes par l’intermédiaire d’un film. Je suis un bon mangeur de pellicule. Même si le film est pas terrible, au moins, il y a souvent une musique à se mettre sous la dent à un moment ou un autre ! Là, l’extrait, c’est la crème de la crème, un de mes réalisateurs préférés !

08.Lou Reed, Sweet Jane

Le chanteur que j’ai le plus écouté dans ma vie. (Cf. 03, The Passenger) Cette chanson me donne une furieuse envie de vivre : à ne surtout pas écouter sobre ! (Pause Pub : une reprise par Don idiot paraîtra prochainement). Idéal dans les écouteurs lors d’une randonnée éthylique (pour ce genre de sport la qualité des chaussures importe peu, il vous faudra un téléphone, des écouteurs, des épiceries sur la route).

09. Lee Hazlewood, Bye Baby

Peut se consommer le matin à l’approche du double cadran, loin d’un congénère qu’on ne reverra probablement plus. Volume à fond évidement.

10. Barbara, Gare de Lyon

À l’amour ! Vive la France !

P.S. : Je n’écoute pas ces chansons au quotidien (ni de musique de manière générale), car elles me donnent envie de boire.


A écouter

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