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Boris Maurussane : Larmes de joie

Boris Maurussane / Photo : Marjorie Chaumet
Boris Maurussane / Photo : Marjorie Chaumet

La plus belle moustache du douzième arrondissement de Paris remet enfin le couvert quatre longues années après l’inaugural Social Kaleidoscope, et le festin auquel nous sommes conviés dépasse nos espérances : Tears Of English Town vole très haut et confirme s’il en était encore besoin l’immense talent de cet étrange spécimen. De Maxwell Farrington & Le SuperHomard à Dorian Pimpernel en passant par Olivier Rocabois, Orwell, Discover ou Astrobal, la scène pop française n’en finit plus de nous éblouir et Boris Maurussane – qui préfère parler à son sujet de Third Stream Pop Music – fait plus que tenir son rang. Il rayonne, il survole – il stratosphérise. Tears Of English Town aligne les merveilles comme à la parade – il faudrait toutes les citer. Un disque tel un creuset dans lequel s’invitent Musique Populaire Brésilienne, pop sophistiquée et quelques échos de jazz – un sommet psychedelico-bucolique. Continuer la lecture de « Boris Maurussane : Larmes de joie »

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Tchotchke : Poupées de son

Tchotchke / Photo : DR
Tchotchke / Photo : DR

Ne vous fiez pas aux apparences. Derrière leur esthétique délicieusement surannée et leurs looks de Shangri-Las modernes, les filles de Tchotchke ont des compositions aussi solides que leur sens de l’humour et des harmonies vocales. Découvertes en Europe en première partie des Lemon Twigs, le trio est né pendant le confinement des cendres de Pinky Pinky qu’Anastasia Sanchez (chant, voix) et Eva Chambers (basse) avaient formé à Los Angeles en 2017. Continuer la lecture de « Tchotchke : Poupées de son »

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Odessey & Oracle, Technicolor (Dur & Doux)

« Nouvelle génération
Pas d’la chair à patrons
On veut plus travailler
Changer la société »

Quand on s’était repris de passion pour la chanson française dans sa grande acceptation contemporaine, on avait découvert émerveillés le disque d’Odessey & Oracle paru sur Another Record (Crocorama avec entretien dans Groupie, tout ça) puis on était remonté dans le temps pour leur premier francophone sur Bongo Joe, aussi parce qu’on avait l’intuition que leur histoire allait bien finir, genre une trilogie homogène, pochettes à l’avenant, tout ça, ligue de légende. On avait bien vu, même si le dernier chapitre à tarder à s’afficher, on ne rentrera pas dans les cuisines du groupe, mais on a là sans doute un album qui a failli rejoindre les mythes du lost album, si cher à nos cœurs crypto complo-complétistes : déjà enregistré, déjà pressé, mais empêché. Continuer la lecture de « Odessey & Oracle, Technicolor (Dur & Doux) »

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Black Box Recorder : noir, c’est noir

Black Box Recorder, Londres 1998 / Photo : Ramón Escobosa
Black Box Recorder, Londres 1998 / Photo : Ramón Escobosa

Le temps passe toujours un peu plus vite mais il reste quand même quelque chose de rassurant : se dire que finalement, tout (oui, ou presque) reste possible. En tout cas, c’est à peu près (oui, ou plutôt très exactement) ce que j’ai pensé quand j’ai appris un peu plus tôt cette année la reformation de Black Box Recorder le temps d’abord d’un concert londonien, puis d’un concert parisien – ce vendredi 24 septembre, mais c’est complet je crois. Aujourd’hui, je ne suis pas certain que tout le monde se souvienne de Black Box Recorder. Mais dans les bureaux de la RPM canal historique, la découverte de l’existence d’un tel projet avait sans doute été fêté par une semaine d’apéritifs – non pas parce que dans ce trio mixte, figurait le spécialiste de l’humour vache et noir, Luke Haines, enfant presque chéri des critiques  (de part et d’autre de la Manche, mais surtout sur nos rivages) qui avait su faire sien l’art du contre-pied : d’un disque sous très forte influence The Go-Betweens à un album produit par l’ascétique Steve Albini, il n’y avait pour lui qu’un pas. Mais dans les locaux de la RPM, c’est surtout la présence de John Moore qui avait provoqué une certaine excitation. Continuer la lecture de « Black Box Recorder : noir, c’est noir »

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On vous ouvre la porte : rejoignez-nous !

Visuel : Pauline Nunez
Visuel : Pauline Nunez

Ceux qui nous lisent l’ont remarqué, les publications ont ralenti sur section26. Il en a été question déjà dans le passé, nous sommes sur la toile depuis presque neuf ans, un âge canonique pour un site totalement bénévole et participatif. Derrière les cerveaux de ceux qui vous proposent une version moins dévolue aux règles du marché musical que d’autres mais plus ouverte sur nos obsessions et nos émois, il y a parfois de la lassitude, de la démotivation. Je vous l’avais déjà dit précédemment, nous ne sommes plus les mêmes qu’il y a neuf ans. En cette rentrée, il est de plus en plus difficile de ne pas être concerné par l’atmosphère anxiogène au possible. Pas de recontextualisation politique que personne n’ignore, j’ai plutôt envie de raconter une histoire survenue cet été, un samedi soir de Route du Rock à Saint-Malo. En périphérie du concert à la foule trop compacte de Fontaines D.C., je croise Rhys de Ulrika Spacek. On évoque leur splendide concert tout juste donné entre chien et loup, et il me demande comment va le site. Je ne peux que lui donner un avis en demi-teinte. Le dialogue dévie sur la situation du monde. La politique, la montée des fascismes, l’oppression, la censure. Et on se dit une chose que je pensais depuis quelques temps déjà : ce n’est pas le moment. Pas maintenant. Impossible de lâcher un mode d’expression qui défend ceux qu’on aime, et qui risquent de ne plus arriver à survivre de leur art bientôt. Alors voilà, nous ne sommes plus très nombreux à bord de ce site, mais il faut avancer. En plus de ceux qui sont encore là, on ouvre nos portes. Rejoignez-nous, c’est le moment. Ne vous sentez pas illégitimes, c’est un faux débat. Ici, il s’agit plus que jamais de remuer les souterrains, de raviver la flamme de l’indépendance. En toute modestie et avec amour.

Envoyez vos textes, vos propositions, vos idées à section26.popmoderne@gmail.com

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Bleu Nuit de retour

Bleu Nuit / Photo : Alex Apostolidis
Bleu Nuit / Photo : Alex Apostolidis

Après deux excellents albums (Le jardin des Mémoires paru chez Requiem Pour Un Twister & Métal chez October Tone) et cinq longues années de silence, Bleu Nuit revient avec Echos et Détours, deux titres qui constituent la moitié de leur nouvel EP Mutation à paraître le 25 Septembre prochain.
Discret mais besogneux, le groupe désormais articulé autour d’un duo, Yan Skene (Coins Parallèles, Contact Minimal Records) et Nicolas Gaudreault (Ternet, et derrière de nombreuses productions Canadiennes) fait le pari de reprendre les choses là ou ils avaient marqué la pause. Rythmique impeccable, guitare éthérée, textures dans la composition, l’utilisation en retrait de violon et une voix lancinante sont les éléments qui font la singularité de Bleu Nuit, qui s’éloigne judicieusement des terres rabattues du post punk en saturant ses guitares façon noise-pop d’obédience MBV. Le groupe fêtera sa sortie physique le 10 Octobre à Montréal, prépare un album pour 2027 et une éventuelle tournée en Europe à cette période.


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Le petit train

Catherine Ringer dans "Soigne Ta Droite" de Jean-Luc Godard (1987) / Photo : DR
Catherine Ringer dans « Soigne Ta Droite » de Jean-Luc Godard (1987) / Photo : DR

Il y a des artistes dont on reconnaît la voix en quelques secondes. Celle de Catherine Ringer appartenait à cette catégorie rarissime : une voix capable de tout, du cri au murmure, de la gouaille au lyrisme, de la sensualité à la douleur, avec cette façon absolument unique de faire passer une chanson entière par le corps.

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Blason, Blason (bruit direct disques et [tanzprocesz])

La musique électronique et la pratique du live ont toujours entretenu des relations complexes. Un certain cliché irait même jusqu’à en opposer les termes : quoi de plus éloigné de la plus ou moins grande spontanéité de l’interprétation instrumentale que la soi-disant froideur des séquenceurs et autres systèmes de programmation. Évidemment, comme tout cliché, c’est sa part de fausseté qu’il convient de souligner. On pourrait même établir une histoire passionnante du live électronique et de ses singularités : du concert d’enceintes avec la musique acousmatique à l’impro live néo-psych du côté de la free party, en passant par les expérimentations de la scène indus ou de la scène laptop/Extreme Computer Music. Ou encore plus précisément, ces quinze dernières années, du côté du revival analogique. Continuer la lecture de « Blason, Blason (bruit direct disques et [tanzprocesz]) »