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I guess you got no one

Photo : Sébastien Berlendis
Photo : Sébastien Berlendis
A propos d’Ex-Girlfriend, extrait d’Everclear, cinquième album d’American Music Club

Nicola longe les bords du Léman au ralenti, il cherche une plage pour atténuer la moiteur,
éloigner la touffeur infernale qui immobilise, depuis des jours, les rues de la grande ville. A
la sortie d’Allaman, Nicola gare la voiture sur un parking qui surplombe le lac. La descente
emprunte un sentier raide, caillouteux, poussiéreux, brûlant, avant l’ombre des grands
pins, qui le transportent, le temps d’un instant, vers ses paysages méditerranéens adorés. Continuer la lecture de « I guess you got no one »

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Les Thugs, IABF, Alternative Tentacles / Vinyl Solution / Bondage Records (1991)

Les Thugs, IABFPourquoi s’embêter à vous parler des Thugs ? Nous sommes certes sûrement quelques‑un(e)s à nous en souvenir, ou à les considérer comme un insondable mystère. Au même titre que La Souris Déglinguée, leur postérité se révèle ainsi si dérisoire dans la mémoire collective de la Gen Z, pourtant gavée de streaming et d’archives sur YouTube. De tous les groupes sortis du ventre fécond du rock alternatif – vous savez, ce grande fourre‑tout stylistique mais indubitable fait social total, entreposé au cœur des années 80 – les Thugs appartiennent à l’infime pourcentage qui a réussi à rayonner hors de nos frontières, y compris outre-Manche et chez l’oncle Sam. Continuer la lecture de « Les Thugs, IABF, Alternative Tentacles / Vinyl Solution / Bondage Records (1991) »

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The Lilac Time, Astronauts Deluxe (rééd. Needle Mythology / Creation, 1991)

NDLR : Quand on aime, on ne compte pas, après celui de la semaine passée, voici un second point de vue sur la réédition du quatrième album des anglais.

Ce qui est bien ici, c’est que je peux radoter les quelques anecdotes sans fin, toujours les mêmes, parce qu’on est quand même dans une grande machine à oubli et qu’il vaut mieux se répéter quarante fois si nécessaire.

J’ai effectué quatre voyages à Londres entre 12 et 22 ans. Pas de quoi écrire des volumes de souvenirs, même si le premier, quand j’étais en 5e, était placé sous le signe de Musical Youth, dont la famille qui m’accueillait semblait épris, puisqu’elle n’écoutait que ça quand on mangeait du poulet-frites, après avoir joué au football. Mais quand même. En 3e, j’étais aussi au HMV pour la sortie de Parade de Prince, il y avait de grands portraits de lui attachés au plafond, j’avais acheté la cassette pour mon walkman Sony jaune, je crois que j’avais aussi volé la cassette d’Indochine à quelqu’un dans le bus, oui c’était moi, j’avoue, je me sentais très mal après – surtout que je trouvais ça nul, en fait. A quelques milliers de km, la centrale de Tchernobyl était en train de clamser. Continuer la lecture de « The Lilac Time, Astronauts Deluxe (rééd. Needle Mythology / Creation, 1991) »

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The Lilac Time, Astronauts Deluxe (rééd. Needle Mythology / Creation, 1991)

Pour une fois, l’ampleur presque démesurée de l’hommage vaut à elle seule d’être saluée. Il n’est pas certain que Astronauts (1991) soit le meilleur album de The Lilac Time – ni même le jalon majeur de la première partie de l’existence du groupe, celle qui s’est déroulée entre 1987 et 1991, avant une parenthèse solo longue de huit ans. Pourtant, Pete Paphides a fait fi de ces réserves éventuelles pour consacrer à ce quatrième volume des longues aventures de Stephen Duffy un mausolée digne des plus grand chefs d’œuvre sur son label Needle Mythology :  trois volumes, pas moins, contenant une version remasterisée de l’album original, une large ration de démos et une autre d’enregistrements live datant de la même période. Un écrin dispendieux, dont l’architecte assume – revendique même : il faut lire le texte remarquable récemment publié par Paphides sur Medium à propos de ce projet –  l’irrationalité des dimensions, érigé par pure passion pour ces chansons et pour se hausser à la hauteur du souvenir qu’en conservent les quelques amoureux, convaincus de leur importance. Trente-trois ans plus tard, Astronauts apparaît encore comme un disque de transition, d’entre-deux. Résolument à côté de son époque, de son label – Creation, donc – et même de son auteur qui, dans plusieurs interviews données au printemps 1991, étale publiquement ses insatisfactions et ses envies de tout abandonner, y compris cet album qu’il envisage d’avorter avant même sa publication. Continuer la lecture de « The Lilac Time, Astronauts Deluxe (rééd. Needle Mythology / Creation, 1991) »

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Stranger Teens #39 / Guest : Joseph Stevens (Peel Dream Magazine)

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Mon morceau est Smells Like Teen Spirit par vous savez qui. Mon frère avait le CD de Nevermind, et avait l’habitude de l’écouter, ainsi que d’innombrables autres classiques des nineties derrière la porte close de sa chambre, quand j’étais un kid. J’ai appris à comprendre et à composer mes premières pop songs en chantant seul sur ses disques, devinant comment les changements intervenaient dans le morceau, et où les refrains et couplets allaient se placer. Dans ma petite bulle pré-internet, j’ai grandi dans une banlieue où Nirvana était l’alpha et l’oméga de la culture, de la musique et du cool. Je le voyais à la fois comme un échappatoire et un moyen de rentrer dans le genre, si ça fait sens. Continuer la lecture de « Stranger Teens #39 / Guest : Joseph Stevens (Peel Dream Magazine) »

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Stranger Teens #34 / Guest : Adam Miller (ex-Chromatics)

Tout l’été, les morceaux qui ont sauvé notre adolescence.

Je me souviens de la première fois que j’ai vu Nirvana sur MTV. Ce jour-là, ma vie a changé pour toujours. Je venais d’entrer en 6e au collège Lyndale de Minneapolis, Minnesota. Smells Like Teen Spirit était le “Buzz Clip” de la chaine et le groupe était sur le point de se retrouver rotation lourde à peu près partout. Je venais de commencer la longue métamorphose qui mène à la condition d’ado mélancolique, j’étais donc prêt pour ça. Fin prêt. Continuer la lecture de « Stranger Teens #34 / Guest : Adam Miller (ex-Chromatics) »

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Vingt-deux étés

Quelques souvenirs en format fiction pour les 30 ans à venir de « Paris ailleurs » d’Etienne Daho

Etienne Daho
Etienne Daho au dos de la couverture de « Paris Ailleurs »
C’est un dimanche de pluie dans une petite ville de la banlieue avignonnaise, un dimanche de décembre, et Nicola, pour une fois, a devant lui de longues heures libres. Ce n’est pas un jour de match – il a joué la veille en lever de rideau de l’équipe sénior – et le travail scolaire est fait. Nicola va, comme on dit, sur ses dix-sept ans, et en dehors du football, la musique est sa principale passion, celle qui vient d’Angleterre et de Manchester en particulier – sans doute faudrait-il ajouter à cela le lien fort qui le lie à Marianne, son amoureuse du lycée.

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#45+2 : Unrest, A Factory Record (Sub Pop, 1991)

Unrest
Unrest sur le pare-brise.

Ce soir, j’ai comme des envies de Marguerite Duras.

Entendez-moi bien. Pas relire Le Ravissement de Lol V. Stein ou revoir Détruire, dit elle – encore que -, non plus me laisser aller à tout ce qui pourrait traverser votre esprit perturbé par 55 jours de confinement. Non, plutôt me trouver un(e) Yann Andréa et enquiller en sa compagnie nocturne un, deux, trois tours de périph’, à trois du mat’ et à toute blinde. Macadam à trois voies, monte donc Hellman. Ouvrir la vitre en grand, offrir ma calvitie au vent, niquer les radars ou me faire prendre par eux, tant pis, puisque le plaisir, tant qu’à être circulaire, ne saurait être à sens unique. Intérieur / extérieur, in & out, qu’importe, de Bagnolet à Italie, d’Auteuil à Montreuil et retour. Continuer la lecture de « #45+2 : Unrest, A Factory Record (Sub Pop, 1991) »