Catégories mardi oldieÉtiquettes , , ,

Guilty Razors, Complete Recordings – 1978 (Born Bad Records)

Parfois l’histoire est plus belle que le dénouement. C’est un peu la sensation que certains d’entre nous éprouveront en écoutant Complete Recordings 1978 de Guilty Razors. Il fallait être là en 1978, dans cette France giscardienne, tournée vers le futur, mais rattrapée par la crise pétrolière. Etre punk à la fin des années 70 dans l’Hexagone était une expérience singulière. Honni par la France profonde comme les gauchistes de la révolution culturelle, le punk était une affaire d’inadaptés. À Rouen (Les Olivensteins) comme dans le XVIe arrondissement, des jeunes cherchaient à tromper l’ennui. Ils se plongèrent dans le meilleur des sixties (Nuggets etc.) et cherchèrent cette précieuse vitalité dans les premiers disques punk britanniques ou étatsuniens. Guilty Razors étaient de ceux-là, des vrais de vrais, des purs et souvent durs. Continuer la lecture de « Guilty Razors, Complete Recordings – 1978 (Born Bad Records) »

Catégories chronique nouveautéÉtiquettes , , ,

Dorian Pimpernel, Flowers Too (Born Bad Records)

Douze ans après Allombon (2014) quelle surprise de revoir le groupe parisien Dorian Pimpernel avec Flowers Too, un nouvel album dans sa besace. Si étonnant que soit ce retour, Dorian Pimpernel a joué la carte de la continuité : même label (Born Bad), même peintre (Silvia Idili) et même contenu.

Oui, Flowers Too est la suite logique d’Allombon. La formation française y explore les contrées reculées de la moonshine pop ; ils en sont les thurifères et inventeurs. Dorian Pimpernel aime à pratiquer l’uchronie sur leur temps libre. En effet, ils imaginent une suite à la sunshine pop des années soixante, comme si la musique avait évolué dans une direction légèrement différente des voies progressives qu’elle empruntait alors. Continuer la lecture de « Dorian Pimpernel, Flowers Too (Born Bad Records) »

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , ,

The High, Somewhere Soon (London Records, 1990)

En Angleterre, le début des années 90 est marqué par le shoegaze et Madchester. La C86 est déjà loin derrière, l’Angleterre a trouvé ses nouveaux hérauts à travers les Stone Roses ou les Happy Mondays. Ces groupes créent une véritable émulation. Des hordes de groupes baggy débarquent au tournant des années 80/90. Ils s’appellent les Charlatans, Mock Turtles, Soup Dragons, Inspiral Carpets ou The High. Ces derniers sortent Somewhere Soon, leur premier album en 1990. Malgré une production signée Martin Hannett sur un morceau, The High ne s’envoleront pas jusqu’aux cimes des charts britanniques. Depuis, le groupe de Manchester est condamné à un certain anonymat, celui que l’on réserve aux seconds couteaux, au mieux un guilty pleasure, au pire une erreur de jeunesse. Continuer la lecture de « The High, Somewhere Soon (London Records, 1990) »

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , ,

Parquet Courts, Wide Awake! (2018, Rough Trade)

Les années 2010 s’éloignent de nous. À mesure que les saisons filent, des groupes apparaissent et disparaissent des radars. Certaines formations émergent à la faveur d’une chanson bien troussée quand d’autres se faufilent plus discrètement dans notre quotidien. Parquet Courts est indéniablement de cette seconde école. La bande new-yorkaise démarre modestement, publiant plusieurs albums au fil de l’eau, sans plan de carrière. Ils sont repérés par les têtes pensantes de Rough Trade, après le succès critique de leur deuxième essai, Light Up Gold (2012). Continuer la lecture de « Parquet Courts, Wide Awake! (2018, Rough Trade) »

Catégories livresÉtiquettes , , ,

Emmanuel Chirache, Rock Australien, Un Continent en 100 disques (Le Mot Et Le Reste)

Avec une régularité exemplaire, l’éditeur Le Mot Et Le Reste explore la musique que nous aimons à travers les livres. À chaque saison, de nouveaux ouvrages viennent ainsi compléter le très riche catalogue de la maison française. Dans cette offre étoffée, peu d’ouvrages sont finalement consacrés à des pays spécifiques. Notre camarade Rosario Ligammari avait proposé un ouvrage autour de la pop italienne en 2021 (Buongiorno Pop) et voici donc Emmanuel Chirache avec une sélection de disques australiens pas piquée des hannetons. L’intéressé n’est pas à son coup d’essai, puisqu’il y a dix ans, il publiait un premier ouvrage sur les reprises dans le rock (Covers, une histoire de la reprise dans le Rock2015). Continuer la lecture de « Emmanuel Chirache, Rock Australien, Un Continent en 100 disques (Le Mot Et Le Reste) »

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , , , , ,

The Nits, Tent (1979, CBS)

Vivre en France pourrait donner à certains amateurs de pop l’impression d’être éloignés de l’action. Certes, nous sommes séparés du Royaume-Uni par un petit bras de mer et des États-Unis par un océan, mais l’aventure est parfois au coin de la rue, et ce, même sans être à Twin Peaks ! À moins de 500 km de Paris se trouve Amsterdam, capitale (constitutionnelle) des Pays-Bas et ville natale des Nits. Ne pas être dans l’œil du cyclone britannique ou américain nous offre cette chance de pouvoir évaluer la formation batave pour ce qu’elle est, un grand groupe de pop. Continuer la lecture de « The Nits, Tent (1979, CBS) »

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , ,

Boudewijn de Groot, Picknick (1968, Decca)

Avec Elvis, les Shadows et enfin les Beatles, la musique pop est devenue un phénomène presque universel. Du Pérou (Los Shain’s), en passant par Singapour (The October Cherries), le Japon, le Zimbabwe, l’Australie et bien sûr l’Europe Continentale, des jeunes gens ont pris les guitares et essayé d’imiter leurs idoles. Ces tentatives furent parfois maladroites mais des voix singulières ont aussi émergé de ce bouillonnement créatif. Le barde batave Boudewijn de Groot est de celles-ci. Né en 1944, dans un camp de concentration japonais, à côté de Jakarta (à l’époque Batavia !), en Indonésie, il débarque aux Pays Bas avec son père. Elevé par sa tante, il s’intéresse très vite à la musique. Continuer la lecture de « Boudewijn de Groot, Picknick (1968, Decca) »

Catégories mardi oldieÉtiquettes , , , , ,

V/A, Wizzz! Vol. 5 (Born Bad Records)

Il y a 25 ans (déjà !) sortait la compilation Wizzz!. Derrière la magnifique pochette de Guy Peellaert se dessinait une vision alternative de la musique sixties française. Loin des bluettes de Claude François ou du rock fort de Johnny Hallyday, nous découvrions que les Français eux aussi s’étaient épris de pop, de psychédélisme, à la mode anglaise ou américaine. Nous sommes en 2026, un quart de siècle plus tard, Jean Baptiste Guillot sort un cinquième volume, sur son label Born Bad (ce n’était pas le cas de la première), quatre ans après la quatrième itération. En découvrant la magnifique pochette de Rocky, une question nous brûle les lèvres: cette Wizzz! sera-t-elle à la hauteur des précédentes ? L’interrogation n’est pas si anodine. Nous sommes désormais éloignés par soixante années de 1966. Continuer la lecture de « V/A, Wizzz! Vol. 5 (Born Bad Records) »