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Etienne Daho, Mythomane (1981, Virgin)

Si Etienne Daho vient de sortir un nouvel album (Tirer la Nuit sur les Etoiles) tout a commencé quarante deux ans plus tôt, en 1981 avec Mythomane (Virgin). Né à Oran, le destin d’Etienne Daho est pourtant étroitement lié à la scène rennaise du début des années 80. Le chanteur navigue avec aisance dans cet environnement. Il organise des concerts (Stinky Toys), sympathise avec Hervé Bordier. Ce dernier, disquaire, cofonde les Transmusicales, Etienne Daho y joue les deux premiers années, avec Entre les Deux Fils Dénudés de la Dynamo, en 1979 et en solo l’année suivante. Etienne Daho gravite alors dans cette ruche photographiée par Pierre-René Worms. Continuer la lecture de « Etienne Daho, Mythomane (1981, Virgin) »

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The Exploding Hearts, Guitar Romantic (Dirtnap, 2003)

Le 20 juillet 2003, trois membres des Exploding Hearts perdaient la vie dans un accident de van. Le groupe rentrait d’un concert à San Francisco, en direction de Portland (leur ville). Matt Fitzgerald, bassiste du groupe, se serait endormi au volant. Il décède, de même que le chanteur Adam Cox et le batteur Jeremy Gage. Ils avaient entre 20 et 23 ans. Seuls le guitariste Terry Six et la manageuse du groupe s’en sortent indemnes. Le groupe avait sorti, quelques mois plus tôt, son premier album Guitar Romantic sur le label punk Dirtnap Records. Il bénéficiait d’une excellente presse. Le vénérable fanzine Maximum RockNRoll soutenait ardemment le groupe tandis qu’un Pitchfork pas encore poptimiste lui accordait un excellent 8.8 accompagné d’un Best New Music. La formation avait le vent en poupe. Continuer la lecture de « The Exploding Hearts, Guitar Romantic (Dirtnap, 2003) »

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Arthur Russell, Picture of Bunny Rabbit (Audika)

Ce n’est plus de la musique, mais la matière même des émotions, un écho permanent de ce qui se passe en nous – et en lui, et la façon dont tout cela se répond, avec les années de distance, le disque qui tourne dans la pièce et la manière sans concession de créer en musique, voix et violoncelle et échos à bande, une entité qui relève de l’abysse totale, comme si un tourbillon entraînait au plus profond des sentiments un mélange fragile de mélodies et d’harmonies, de réverbérations nocturnes, de paroles qui disent un amour, une relation, relatent des scènes de vie où le banal côtoie la jalousie côtoie la timidité côtoie l’impossible côtoie la gêne côtoie l’émerveillement côtoie la joie côtoie l’allégresse élégiaque d’un instant vite tu vite disparu. Continuer la lecture de « Arthur Russell, Picture of Bunny Rabbit (Audika) »

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Pernice Brothers, Overcome By Happiness (Sub Pop / New West Records, 1998)

Pernice Brothers, Overcome By HappinessC’est d’abord l’histoire de deux frères qui grandissent à Holbrook, dans le Massachusetts. Le plus grand, Bob et son cadet de six ans, Joe, qui tente d’abord de se glisser dans les traces de ses enthousiasmes musicaux partagés, puis, à l’adolescence, d’épater son aîné, celui qui a touché sa première guitare à l’âge de cinq ans et qui a déjà posé un pied dans le monde des adultes, en élaborant ses premières chansons – quelques pastiches d’abord, inspirés des tubes du moment entendus à la radio. D’autres suivent, au début des années 1990. Le cadet est doué, incontestablement, et cela commence à s’entendre avec ses groupes. The Scuds qui deviennent ensuite Scud Mountain Boys. Comme quelques autres à la même époque, ils redécouvrent les vertus simples d’une écriture country traditionnelle qu’ils tentent, parfois de façon un peu pataude, de transformer en tremplin vers la modernité. Continuer la lecture de « Pernice Brothers, Overcome By Happiness (Sub Pop / New West Records, 1998) »

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Bill Drummond, The Man (Creation, 1986)

Bill Drummond, The Man (Creation, 1986)Alors que le monde occidental vient de célébrer dans une liesse d’une droiture morale rarement atteinte depuis la libération le septante douzième anniversaire de Jonathan Richman (qui n’en a cure, car ayant toujours seize ans dans sa cabeza), je me suis souvenu, non sans émotion, d’un disque où figurait ce morceau, I’m The King Of Joy,  qu’on peut décemment qualifier de « plus grand morceau de Jojo que Jonathan n’a pas écrit ». Or ce disque n’était pas The Man, improbable tentative solo du futur KLF Bill Drummond, mais bien une des innombrables compilations Creation qui sortaient naguère en rafale*. Complètement abasourdis par cette chanson intouchable, qu’on écoute derechef. Continuer la lecture de « Bill Drummond, The Man (Creation, 1986) »

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Les Abranis, Amazigh Freedom Rock 1973/1983 (Les Disques Bongo Joe)

Dans les années soixante et soixante-dix, le rock touche quasi universellement le monde. Du Pérou, en passant par l’Iran, le Japon, les républiques soviétiques, le Cambodge ou l’Afrique : les guitares électriques résonnent et les cœurs vibrent au son de la pop musique. Le Maghreb n’est pas à l’écart de l’onde de choc : quelques groupes s’essayent au rock en Afrique du Nord. Par exemple, les mythiques Golden Hands au Maroc et, en Algérie, ceux qui nous intéressent aujourd’hui : les Abranis. L’histoire du groupe est fortement liée à l’hexagone. L’Algérie a pris son indépendance en 1962 de la France, cependant de nombreux Algériens continuent de venir étudier ou s’installer de l’autre coté de la Méditerranée. Continuer la lecture de « Les Abranis, Amazigh Freedom Rock 1973/1983 (Les Disques Bongo Joe) »

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The Merry-Go-Round, The Merry-Go-Round (A&M, 1967)

Été 1966, quelque part en Californie, Emitt Rhodes, en rupture de The Palace Gard, improvise des jams avec Gary Kato. Très vite, Bill Rinehart (The Leaves) et Joel Larson (The Grass Roots) complètent le line-up. Ils se baptisent The Merry-Go-Round et signent avec A&M début 1967 suite à des démos prometteuses. Leur premier single Live se faufile à la 63ème place des charts américains, une performance encourageante. Leur deuxième single atteint péniblement le top 100 et incite le label à publier rapidement un album afin de profiter de la petite fenêtre d’ouverture… Continuer la lecture de « The Merry-Go-Round, The Merry-Go-Round (A&M, 1967) »

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Love And Rockets, Express (Beggars Banquet, 1986)

Dans une perspective un peu déceptive de l’ordre du mouvement d’humeur, j’ai nourri le projet de diversifier un peu cette rubrique passant du Mardi Oldie au Merdique Oldie. Soit répertorier (et pourquoi non ?) les pires daubes que la bêtise de l’adolescence, et plus si affinités, voire une bonne vieille chronique de Best, pour ceusses qui plus proches de l’Ephad que des résultats du BEPC, nous auraient fait, dans un grand moment d’inconscience acheter en prix vert. Ceux qui se souviennent du terrifiant sentiment de soulagement au moment de reposer par exemple Outland de Spear Of Destiny (1987) sur le rayonnage de la fédération nationale d’achat des cadres* au profit d’un meilleur disque sauront de quoi je parle. Et puis, au détour d’un post nostalgique d’un vieux sage (Bonjour chez vous, Maître Billing) sur une plateforme sociale, ne voilà pas que je retombe sur le second album de Love And Rockets. Continuer la lecture de « Love And Rockets, Express (Beggars Banquet, 1986) »