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New Order (A life), #5

Ou comment la musique de New Order infuse dans nos vies.

Boy Meets Girl de Leos Carax (1984)
Boy Meets Girl de Leos Carax (1984)

1987. Fin de l’histoire.

In the pouring rain / It’s called love / And it belongs to us / It dies so quickly. 1987 ou un peu avant, fin de l’histoire. Deux adolescents s’enlacent timidement sous un réverbère. La pluie est forte, d’une verticalité sans égale. Orage de juin et cette odeur de bitume chaud. Orage de juin et leurs tee-shirts devenus éponges, transparents par endroits. Qu’aucun n’ose regarder vraiment, par pudeur, par peur surtout de rompre ce début d’étreinte. Continuer la lecture de « New Order (A life), #5 »

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Ollie Halsall, Lovers Leaping (1979, Think Like A Key Records)

Ollie Halsall – Lovers LeapingS’évanouir pour mieux revenir. C’est curieux comme les fantômes qui nous hantent le plus intensément sont ceux qui pratiquaient déjà, lors de leur passage terrestre, une forme d’effacement préliminaire. La disparition progressive avant la mort, comme pour ménager une phase de transition aux vivants, mieux les préparer à être hantés sur le long terme. « Barrett, Walker, Drake«  énumérait autrefois Martin Phillips de The ChillsSong For Randy Newman (1992). Chacun poursuivra l’inventaire comme il lui convient. Lorsque Ollie Halsall est mort à Madrid, le 29 mai 1992, il n’avait évidemment laissé derrière lui aucun testament musical qui lui permette de prétendre accéder à la dimension mythologique des figures susmentionnées. A quarante-trois ans, il est sans doute déjà trop tard pour abandonner aux embaumeurs de légende un cadavre vraiment présentable. Et pourtant, il subsiste dans les jalons hétéroclites de la non-carrière de ce guitariste anglais sous-estimé – cité en référence à la fois par Rick Nielsen de Cheap Trick ET par Andy Partridge de XTC : voilà qui vous pose une momie, et pas qu’un peu –  suffisamment de matière pour entretenir bien davantage que les souvenirs nostalgiques ou les regrets rétrospectifs d’une poignée d’érudits. C’est ce que confirment en ce début d’année deux rééditions simultanées et bienvenues. Continuer la lecture de « Ollie Halsall, Lovers Leaping (1979, Think Like A Key Records) »

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KCIDY, Les Gens Heureux (Vietnam)

L’histoire de KCIDY et celle de Section26 se croisent décidément souvent. En décembre 2019, nous organisions un concert à feu l’Espace B au lendemain de l’annonce de sa signature sur le label Vietnam (H-Burns, O, Chevalrex). Passée par Tôle Froide, membre de Satellite Jockey, la musicienne lyonnaise Pauline Le Caignec construit patiemment une solide discographie en solo. Après un premier album chez AB Records en 2017, elle publie, deux ans plus tard, Kcidy a dit, un passionnant projet collectif accompagné de la salle de spectacle du Confort ModerneLes Gens Heureux, nouvel album de l’intéressée, prouve qu’il est encore possible de découvrir de la musique selon le rite immémorial d’un passage chez le disquaire. Continuer la lecture de « KCIDY, Les Gens Heureux (Vietnam) »

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The Cure, Three Imaginary Boys (Fiction Records, réédition Polydor/Universal)

En 2005, la prestigieuse série de rééditions DeLuxe s’attaquait à la prestigieuse discographie d’un des groupes les plus importants de sa génération – voire même un peu plus que ça. La faute à un tracklisting légèrement bancal, Three Imaginery Boys (1979), sa pochette rose et son clin d’œil électroménager n’annonçaient pas complètement la décennie qui se dessinait alors, au cours de laquelle le groupe mené par Robert Smith allait incarner, parfois sur fond de légèreté pop, une certaine idée du spleen idéal et de la mélancolie imaginaire. Mais ce disque devenu légendaire offrait quand même quelques indices de toute beauté… Continuer la lecture de « The Cure, Three Imaginary Boys (Fiction Records, réédition Polydor/Universal) »

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Le club du samedi soir #52 : Knäckebröd, Surströmming & Aquavit

Sandhamn / Photo : TS

Et pourquoi donc une playlist suédoise ? Je n’ai jamais mis les pieds en Suède, je ne parle pas le suédois – mais il n’est jamais trop tard pour s’y mettre parce qu’une langue qui abuse des trémas et des petits ronds au-dessus de la lettre A est forcément attractive. Je me suis intéressée à la scène suédoise grâce à Reno, taulier chez Badseeds Recordshop et Music From the Masses à l’époque où il co-dirigeait le petit mais excellent label défricheur Beko. Et au hasard des rencontres Facebook, j’avais échangé avec les Suédois de Luxury Records – je me souviens d’un deal parfait, je leur avais fait quelques badges et ils m’avaient envoyé leurs dernières sorties. Et puis il y a eu mon amour définitif pour The Radio Dept., qui m’a aussi donné envie de creuser un peu plus et d’aller piocher dans des labels comme Sincerely Yours, Hybris ou Labrador. Voilà donc une playlist 100% suédoise, bien pop et totalement subjective. Je n’ai pas ajouté Abba (trop facile) mais rien ne vous empêche de mettre Waterloo à fond dans votre salon et de danser comme des petits fous. Continuer la lecture de « Le club du samedi soir #52 : Knäckebröd, Surströmming & Aquavit »

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Queen Of The Meadow – Couple princier

Queen Of The Meadow
Queen Of The Meadow / Photo : Audrey Chapelet

Il est parfois compliqué de poser des mots adéquats sur l’évidence. La beauté radieuse du troisième album de Queen Of The Meadow se révèle plus facilement qu’elle ne se décrit. Les compositions d’Helen Ferguson nourrissent, au fil des écoutes, trop d’impressions contrastées pour que l’on parvienne à en fixer la substance dans une synthèse fixe et bien formulée, un peu à l’image de cette pochette où les postures différentes se superposent. Survival Of The Unfittest apparaît donc comme un album en mouvement, insaisissable. Bien loin, en tous cas, de cette étiquette pop-folk réductrice qui tend pourtant à coller aux basques du duo depuis ses débuts en 2016. Des chansons à la fois limpides et complexes, très intimes et parfaitement pudiques, au diapason de ces arrangements, riches et discrets à la fois, confectionnés par Julien Pras, et qui rehaussent les chansons d’Helen sans les envahir. L’enthousiasme mêlé de perplexité appelait donc un échange avec les principaux intéressés, seuls en mesure d’apporter leurs éclaircissements. Continuer la lecture de « Queen Of The Meadow – Couple princier »

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L’autre miroir – Flaming Lips, Suzanne Lindon, Richard Brautigan

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Richard Brautigan / Photo : Jim Marshall
Richard Brautigan / Photo : Jim Marshall

Il se cache parfois, derrière une apparence scintillante, un élément nocturne – une partie du miroir fêlée. Nietzsche disait qu’il en fallait de la force, de l’énergie vitale pour composer une tragédie. Je n’ai jamais pris The Soft Bulletin pour un simple disque pop et psychédélique. Je ne l’ai jamais écouté comme on écoute un album de plage. C’est bien plus que cela et grâce au Disquaire Day, certains d’entre vous découvriront l’autre partie du miroir de ce disque. Deux galettes couleur ciment où un puissant venin a été injecté : The Soft Bulletin Companion. Continuer la lecture de « L’autre miroir – Flaming Lips, Suzanne Lindon, Richard Brautigan »

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The Purcells reprend « O Solitude » de Henry Purcell et fait chanter Laetitia Sadier

The Purcells / Visuel : Guillaume Long
The Purcells / Visuel : Guillaume Long

Touche à tout aux identités multiples, Mickaël Mottet n’a pas froid aux oreilles. Après Mark E. Smith, le voici rendant hommage à Henry Purcell, compositeur baroque britannique du XVIIème siècle. Ses pièces courtes sont pour lui construites comme de parfaites petites pop songs, qui pourraient facilement sonner comme du « Pavement teinté de krautrock« . Si on ne peut oublier la fabuleuse Cold Song de Klaus Nomi, il fait signe à son comparse Flavien Girard, accompagné du multi instrumentiste JeanChristophe Lacroix pour un 4 titres, accompagné sur l’un d’entre eux par une surprise de taille au chant : leur amie Laetitia Sadier sur cet O Solitude minimal, métronomique et poétique.