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Un conte de Noël – Chilly Gonzales, Frédéric Pajak, Jean Eustache

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Jean-Pierre Léaud dans "Le Père Noël a les Yeux Bleus" de Jean Eustache
Jean-Pierre Léaud dans “Le Père Noël a les Yeux Bleus” de Jean Eustache

« Au revoir la ville entière, la visite est finie. »
Charles Trenet

J’étais, là, dans mes derniers jours nantais. L’appartement vide, juste un poste radio et quelques cartons à refermer. Fenêtre sur un ciel pur et bleu – la neige, les nuits profondes cisaillées par des néons multicolores, la buée sur les vitres, les parfums de cannelle, les lourdes écharpes enroulant des visages aux joues en feu et la Loire aux reflets vert-givré… tout cela, c’est un vague souvenir. Continuer la lecture de « Un conte de Noël – Chilly Gonzales, Frédéric Pajak, Jean Eustache »

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La note essentielle – Nick Cave, Henry David Thoreau, Jacques Doillon

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Nick Cave
Nick Cave, sur la pochette de “The Firstborn Is Dead” (1985)

On ne devrait se dévouer qu’à l’essentiel, au mot juste, à la note intime – au visage aimé. Lou Reed a tourné, toute sa vie, autour des trois mêmes accords. Et pourtant, que de belles chansons. Je me souviens de Michel Serrault, dans Nelly et Monsieur Arnaud, se séparant de l’ensemble de sa bibliothèque ou presque, ne gardant qu’une étagère. Il avoue – toute sa vie ne tient qu’à ces quelques livres. La vie amène trop de dispersions et de mensonges. Je repense à ma propre expérience, cerclée de lumières et d’errance, à ces trois dernières années sombres qui ont failli me faire perdre le mot juste, la note intime et le visage aimé. Continuer la lecture de « La note essentielle – Nick Cave, Henry David Thoreau, Jacques Doillon »

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Tabula Rasa – Cynthia Fleury, Christophe Granger et Neil Young

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Neil Young
Neil Young

Il m’aura fallu faucher les blés
Apprendre à manier la fourche
Pour retrouver le vrai
Faire table rase du passé…
Alain Bashung

Un sentiment étrange nous vient parfois. On peut ainsi avoir adoré un disque, l’écouter plus qu’il ne le faut – épuiser ses amis à force de références incessantes à son propos – et puis, plus rien. Le vide. J’ai, pour ma part, ce sentiment avec un disque, OK Computer de Radiohead. C’est un album qui m’a accompagné durant des années mais que je n’écoute plus aujourd’hui… J’irai plus loin : cette musique, je crois, je ne l’écouterai plus. Le sentiment esthétique est proche souvent, sans que l’on s’en rende véritablement compte, du sentiment amoureux. Il s’éteint parfois brutalement. Continuer la lecture de « Tabula Rasa – Cynthia Fleury, Christophe Granger et Neil Young »

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Le grand saut – The Replacements, Lisa Fittko, Lewis Trondheim & Alfred

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Longtemps, j’ai fait mes choix de livres ou de disques par une sorte de saut, comme un risque à prendre. Je me souviens, sans rien en connaître, acheter avec empressement Premier Amour de Samuel Beckett. Inutile de préciser que je fus surpris par ce texte aride et prodigieux à la fois, bien loin de mes attentes, suscitées par le titre du livre. Jolie confusion qui nous surprend et nous guide ailleurs. C’est comme regarder, non stop et toute une journée, plusieurs films de Claude Sautet – bruits de bistrots, ambiances lourdes de tabac et corps collés contre le zinc – puis sortir le soir dans les rues de Paris, tiens au hasard la rue de Ménilmontant et ne voir que haute solitude. Incroyable ravissement que ces situations que l’on vit tous, où l’on chemine un peu au hasard droit devant – ainsi le réel semble nous voler un peu de nos mémoires. On en oublierait presque notre dernier amour merdique. Continuer la lecture de « Le grand saut – The Replacements, Lisa Fittko, Lewis Trondheim & Alfred »

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Le festival de l’automne

Collage sauvage et de mauvaise foi de l’actualité culturelle de la semaine

Lee Hazlewood
Lee Hazlewood

C’est une intensité rare qui sort de cette moustache noire de jais frémissante. Lee Hazlewood convoque, mieux qu’un autre, le sentiment d’automne. Grande et hautaine saison pour la pop musique. Peut-être, Fred Neil arrive, le temps d’un This Water Is Wide a retranscrire cette même grâce. Mais pour quelques happy few, cette chanson – My Autumn’s Done Come – relève de la liturgie. Ritournelle qui rend l’empreinte parfaite d’une saison et qui se reformule, comme un sublime aveu, chez les autres – Alpha, Tindersticks, Jarvis Cocker ou encore Richard Hawley. L’automne, c’est le temps de ce qui est réversible, de ce qui se répète mais de manière insaisissable. Continuer la lecture de « Le festival de l’automne »