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Graham Nash, Over The Years… (Rhino/Warner)

L’anecdote provient en ligne directe de l’un des éminents contributeurs de ce site. La scène se déroule dans les coulisses de l’Olympia en 2015, lors de la dernière excursion parisienne de Crosby, Stills & Nash.  Alors que ses deux comparses à la tuyauterie ravagée par les excès se contentent d’arroser leur after-show à l’eau minérale, le plus fringant des trois se paie allègrement leurs fioles en les narguant de toute la hauteur des quelques gin tonic qu’il peut, seul, s’autoriser à écluser sans craindre d’y laisser sa peau de septuagénaire. Elle résume assez bien les détours revanchards et ambivalents d’une très longue histoire qui s’étale désormais sur cinq décennies et que synthétise une fois de plus ce Best Of de Graham Nash. Continuer « Graham Nash, Over The Years… (Rhino/Warner) »

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Crack Cloud, Crack Cloud (Tin Angels Rcds)

Supersonic à Paris, le 23 juin dernier à 23 heures. Nous attendons de pied ferme les Canadiens de Crack Cloud. Le bouche à oreille a fait son petit effet dans le circuit underground rock parisien, et tout ce beau monde est au premier rang en formation resserrée, attendant patiemment le début des hostilités. Sans faire de name dropping, le public dessinait ainsi une étonnante cartographie de ce qu’il peut y avoir d’intéressant en ce moment à Paris, du coté électrique de la force, en terme de groupes, labels, disquaires. Continuer « Crack Cloud, Crack Cloud (Tin Angels Rcds) »

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Sonic Boom, Étienne Jaumet et Céline Wadier, Infinite Music. A Tribute To La Monte Young (Fire Records)

Dans un entretien (pour la revue « L’Art Vivant », en mai 1972) avec le musicologue et critique Daniel Caux, La Monte Young a pu définir en ces termes cette pratique singulière du sonore que constitue le drone  :  “[…] Comment cette expérience m’avait conduit à entrer à l’intérieur du son et comment, une fois entré dans le monde du son, je pouvais me demander comment ce serait si je devais me trouver en dehors.” Continuer « Sonic Boom, Étienne Jaumet et Céline Wadier, Infinite Music. A Tribute To La Monte Young (Fire Records) »

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Ojard

Maxime Daoud – Ojard / Photo : Anne Moyal

Qui ?

Maxime Daoud (composition ; en live guitare : synthétiseur, boîte à rythmes)

Arnaud Sèche (en live : flûte traversière et synthétiseur)

Pierre Antoine (en live : guitare)

Nathan Herveux (en live : ingénieur du son) Continuer « Ojard »

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Vega, l’âme

Alan Vega en 1991 / Photo : Philippe Lévy

Canonisé de son vivant par les Anglais de Blast First Petite qui célébrèrent son soixante-dixième anniversaire en 2009 avec une série de reprises, notamment par Primal Scream, The Horrors, Dave Ball, The Klaxons, Sunn O))), Pan Sonic, Peaches ou… Bruce Springsteen, c’est cette fois la France qui honore Alan Vega, disparu il y a deux ans. Après le superbe album posthume It de 2017, le label Digging Diamonds réédite ses disques les plus rares des années 90. Universe, une exposition de ses œuvres à la galerie Laurent Godin à Paris à partir du 22 juin, précède d’un jour la soirée hommage au New-Yorkais (le 23 juin au Lieu Secret à Paris), avant que ne paraisse le 11 septembre Alan Vega. Martin Rev. Suicide. Five films By Marc Hurtado (La Huit), le coffret DVD de ce collaborateur de longue date du chanteur de Suicide et directeur artistique de l’hommage parisien. Marc Hurtado, musicien et cinéaste, co-fondateur du duo Etant Donnés, revient pour Section 26 sur ses souvenirs les plus marquants du « constructeur dans le chaos », comme il définit son ami, avant que d’autres participants de la scène française ne se remémorent leurs émotions de Suicide ou Alan Vega. Continuer « Vega, l’âme »

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Big Beat, une playlist et 50 raisons de le détester

Le Big Beat fut probablement, quelques années durant, la bande son des troisièmes mi-temps noyées sous les pintes de bières tièdes et des poutres d’amphétamines (selon ceux qui y étaient) dans les pubs du royaume britannique, pourtant le genre représente une sorte de parenthèse délirante et hédoniste dans les (assez) sérieuses quatre-vingt dix. Très loin du rock indépendant faisant une fixette sur le Velvet, tout aussi espacé des expérientations à la lisière de la Drum & Bass ambitieuse (pour ne pas dire chiante) de Photek, à rebours de l’éthique underground de la House américaine, petit frère sous-doué plus marrant du Trip Hop, l’éphémère genre cumule toutes les tares possibles : dégoulinant à souhait, novelty dans son essence, totalement dédié à la fête sans prise de tête. Continuer « Big Beat, une playlist et 50 raisons de le détester »

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Propellerheads, Decksandrumsandrockandroll (Wall Of Sound/PIAS)

Il y a quelque chose d’étrange à voir rééditer un disque dont nous avons vécu les soubresauts (presque) en direct. Je dois me confier, au nom des saintes écritures Nuggets / C86 / Techno de Detroit / House de Chicago / Northern Soul et aux autres parangons du bon goût sûr :  je suis tombé dans la marmite de la musique grâce au Big Beat, cet improbable mélange syncrétique – et souvent cheesy – de samples de rocks, de breakbeats hip hop accélérés et parsemés de lignes acides de TB303. Continuer « Propellerheads, Decksandrumsandrockandroll (Wall Of Sound/PIAS) »

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Le Motel, notre maison.

Le Motel, Ma Maison : était-il possible de trouver un titre qui colle mieux à la compilation d’un bar unique – et à bien des égards irremplaçable – à Paris ? Situé dans le onzième arrondissement, pas très loin des disquaires (et de la Méca), le Motel est depuis onze ans maintenant un  haut lieu de la pop indé, cette nébuleuse aux contours mouvants dont l’existence n’est pas attestée à sa juste valeur dans les écritures officielles. Difficile de s’en tenir à cette description neutre, en tous cas le bar représente depuis longtemps pour certains d’entre nous, un havre pour les musiques qui nous tiennent à cœur. C’est notre QG, nous ne nous posons même pas la question avant d’y aller, tant cela est évident. Situé un peu à l’écart dans un passage, à deux pas de la rue de la Roquette, à quelques mètres de la station Ledru-Rollin, son affiche lumineuse est un phare pour les âmes esseulées.  Derrière le bar, souvent des musiciens, nos potes, des gens intéressants, parfois d’anciens clients passés derrière le comptoir. Peut être qu’un jour un historien de la musique répertoriera les groupes créés entre les murs désormais verts du Motel; et nous y (re)découvrirons les connexions imprévisibles dues à quelques pintes éclusées sur un coin de table, ou accoudés contre le meuble en bois. Continuer « Le Motel, notre maison. »