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Le club du samedi soir #14 : Love songs

Love Songs

Que ce soit à la RPM ou avec Section26, j’ai toujours adoré ça : les conversations à bâtons rompus autour d’un coin de table ou d’un coin de Messenger, une idée qui en amuse un, puis l’autre et c’est la naissance d’un projet. C’est exactement comme ça qu’est née cette mixtape, lors d’un échange à trois (oui, trois) un matin de juillet, une remarque au sujet d’une chanson (je crois qu’il s’agissait de la tourneboulante Love At First Sight de The Gist – et nous y reviendrons) et la balle saisie au bond : “Tenez, et si on faisait un Club du Samedi Soir qu’avec des chansons dont le titre contient le mot ‘Love’”. Environ deux cents échanges de liens YouTube plus tard, nous étions persuadés que nous tenions là une vraie fausse bonne idée. Alors, autant la concrétiser. Continuer la lecture de « Le club du samedi soir #14 : Love songs »

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Sylvie Simmons – Les Mots bleus

Sylvie Simmons
Sylvie Simmons

Six ans après le très sobrement nommé Sylvie, un premier album qui avait fait forte impression, Sylvie Simmons ressort son ukulélé (!) et présente Blue on Blue, un deuxième LP qui semble l’installer enfin comme une chanteuse à part entière, et plus seulement comme une “journaliste ayant enregistré un disque”. Mais, derrière cette réussite, il y a également l’histoire d’une gestation très mouvementée et marquée, notamment, par un grave accident, par une interruption de deux ans dans le processus d’enregistrement et, surtout, par l’idée que ce disque a vraiment failli ne jamais voir le jour. Continuer la lecture de « Sylvie Simmons – Les Mots bleus »

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Dump, That Skinny Motherfucker With The High Voice (Shrimper, 1998)

Tout l’été, les albums qui ont échappé aux radars des plateformes de streaming.

Il y a quelques jours, la chaîne de télé du net Cinephobe s’apprête à diffuser une version inédite du film I’ll Do Anything de James L. Brooks. Cette version, Graal des adeptes du cinéaste américain, serait le fameux mais invisible montage avec la musique composée à l’époque par Prince (dont neuf chansons) et rejeté au dernier moment. Alors que les communautés cinéphiles s’activent à planifier la récupération des données, quelques heures avant la programmation, tombe une malheureuse nouvelle : la chaîne fait part d’un message reçu en dernière minute. Il s’agit du redoutable cabinet Fredrikson qui gère, depuis la mort de la star, ses droits. Froidement, fermement, les juristes et avocats intiment l’ordre de ne pas diffuser ce programme, sous peine de poursuites dévastatrices. Avec un définitif : pouvez-vous nous joindre par courrier électronique pour signifier que vous avez bien compris ? Compris ? Continuer la lecture de « Dump, That Skinny Motherfucker With The High Voice (Shrimper, 1998) »

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Sinaïve reprend « Move On Up » de Curtis Mayfield… et le transforme en « Mont Olympe » (inédit)

« Homme, es-tu capable d’être juste ?
C’est une femme qui t’en fait la question. »
Je ne sais pas si j’ai tout bien compris de l’idée derrière le terme de « craduction » qui m’a été soufflé par l’admirable traductrice Fanny Quément, avec qui nous échangions autour de la traduction de textes de chanson, anglo-saxonnes notamment. Il s’agirait de partir du texte d’origine et de ne pas en tenir compte ou si peu, tout simplement. Quand j’ai eu la possibilité de discuter tranquillement avec Calvin du groupe Sinaïve, nous avons devisé sur la possible édition d’une cassette qui verrait le groupuscule strasbourgeois s’aventurer sur le terrain de l’album de reprises. En toute confiance vis-à-vis de l’agilité du groupe (j’ai écrit tout le bien que je pensais deux à trois reprises dans Section 26, ici, ici, et ), je ne m’attendais pas à les voir s’aventurer sur le champ miné de l’adaptation, plus périlleux dans le sens où il s’agit de traduire dans sa langue des idées, un style, une musicalité. Évidemment, avec toujours un coup d’avance, j’aurais dû le deviner, Sinaïve a enregistré ce déroutant Move On Up de Curtis Mayfield qui ainsi « craduit » devient Mont Olympe, soit un savant essai, croisement fou entre l’agilité féline du tube du compositeur américain et un texte brûlant d’Olympe de Gouges, femme politique sous la Révolution Française, ce qui, vu d’ici, ne devait pas être une mince affaire : elle finit guillotinée, comme beaucoup. Admirable, comme tous les pas de côté du jeune groupe de Strasbourg, quartier gare, dont on est les premiers groupies. La suite des surprises, reprises, sur une petite cassette en cours de fabrication, dont on reparlera sans doute.

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Machines Hors Série #3: Demander un Delay

King Tubby en studio

Le rôle du studio a très vite évolué avec l’apparition de la musique enregistrée. D’un lieu conçu pour capter le mieux possible des instruments acoustiques, il est très vite devenu un outil à part entière pour magnifier le son et créer des textures impossibles autrement. D’un témoignage au plus proche de l’interprétation, l’enregistrement est devenu une œuvre à part entière avec sa propre dynamique. Les effets ont donc connu, à partir des années cinquante/soixante une trajectoire similaire, cherchant d’abord à imiter le réel puis à ouvrir le champ des possibles. Le delay est, avec la réverbération, l’un des effets les plus présents dans la musique populaire des cinquante dernières années. Inspiré d’un phénomène physique connu (1), l’écho que nous rencontrons à la montagne quand nous crions, l’homme a bien sûr cherché à reproduire ce phénomène à l’enregistrement. Ainsi, de nombreuses catégories de delay sont apparues en fonction des évolutions technologiques, mais aucune n’a réellement disparu, car chacune a sa propre couleur. Continuer la lecture de « Machines Hors Série #3: Demander un Delay »

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Section Sixteen #1 : Gabrielle, 13 ans

Qu’écoutent réellement nos kids ?

Girl In Red
Extrait du clip de Girl In Red, We Fell In Love In October.

Elles ou ils sont des filles de, des fils de – ou peut-être des cousines ou des cousins, des nièces, des neveux. Toute la journée, toute la semaine, ils subissent la musique forcément cool qu’écoutent leurs parents ou les membres de leur famille avant que ces derniers n’écriveent quelques lignes ou des tartines pour Section26 – voire d’autres sites du même acabit. Alors, ces ados et pré-ados sont-ils déjà condamnés à écouter ce qu’on leur impose au presque quotidien ? Pas forcément, la preuve par 16, comme en témoigne la première mixtape de cette série qu’on espère la plus longue possible, concoctée par Gabrielle, 13 ans.

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Jessy Lanza, All The Time (Hyperdub)

Dans l’écurie Hyperdub (Burial, Darkstar…), Jessy Lanza occupe une place assez singulière. Si ses albums respectent dans leur ensemble la doxa dubstep inhérente au fameux label anglais, la canadienne y insuffle une attitude pop voire R&B rendant le genre d’autant plus accessible et attractif. Initialement prévu pour ce début d’année, la crise sanitaire aura retardé comme de nombreux autres la sortie de ce troisième long format et complètement chamboulé le programme promotionnel associé. Continuer la lecture de « Jessy Lanza, All The Time (Hyperdub) »

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Sinaïve, Révélation Permanente Bootleg / Tabula Rasa EP (autoproduit)

Cet été, nous vous avons proposé de relire quelques articles consacrés à des coups de coeur de la rédaction. Celui-ci nous a particulièrement emballés, via notre antenne strasbourgeoise et l’ultra productif Renaud Sachet, à qui l’on doit aussi les publications Langue Pendue et Groupie. Trois, puis quatre vingtenaires ont sorti ce qui sera une collection de trois EP, dont le dernier sortira à la rentrée et en vinyle, cette fois, par l’entremise de nos amis de Buddy Records, et on l’éspère aussi les voir sur scène. Vous avez loupé les premières aventures soniques des brillants Sinaïve? Rewind.

Sinaïve, Révélation Permanente Bootleg (autoproduit)

Sinaïve« à tous ces enjeux mouvants qui ne m’arrêteront pas »

Il y a quelques jours à peine, j’ai eu la chance de (re)voir Sinaïve – trio strasbourgeois dont j’ai déjà fêté avec ferveur les deux premiers EP, ici et – dans les conditions optimales du lieu dont on ne peut dire le nom : son poussé à fort volume, ambiance apaisée, présence attentive et amicale du public, volutes de fumées non identifiées, verres de bière généreux. Durant une petite heure, Sinaïve a déroulé son psychédélisme empreint d’une froideur concentrée, portée par une rythmique robotique et implacable. Sur place, une rumeur persistante promettait un inédit du groupe, enregistré disait-on avec du matériel analogique, à base de cassette, et de matériel d’equalisation en guise de production rudimentaire. Le disque était là, tiré à 69 exemplaires numérotés pour l’occasion, dans sa pochette de carton brun anonyme – si ce n’est les adresses postales et internet du groupe tamponnées, un polaroid du trio, de dos, à genoux et les mains sur la tête (en écho à de marquantes images de l’actualité récente) et un dépliant en noir et blanc avec les paroles des sept nouveaux morceaux. Continuer la lecture de « Sinaïve, Révélation Permanente Bootleg / Tabula Rasa EP (autoproduit) »